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mardi 2 mai 2017

Bernard Cazeneuve "Sans ambiguïté il faut voter et appeler à  voter Emmanuel Macron"

Bernard Cazeneuve dans le jardin de Matignon

Dimanche, par leur vote, les Français feront un choix historique. Nous savons déjà  qu`ils ne se prononceront pas dans le cadre d`une alternance démocratique classique. Ce que leur vote mettra en jeu, c`est l`ancrage européen de la France, c`est la résistance de son économie face à  la concurrence mondiale. C`est enfin sa volonté de continuer à  faire vivre les valeurs de la République, alors que la menace terroriste demeure élevée. D`un cà´té, l`Union européenne, fragilisée par le Brexit, ne résisterait pas au nouveau choc que constituerait l`arrivée au pouvoir en France d`un gouvernement ouvertement europhobe. Ce sont les principes édictés par les pères fondateurs du projet européen, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pour garantir à  l`Europe la paix, la solidarité et la prospérité qui seraient ainsi brutalement abandonnés. Les nationalismes, dont François Mitterrand avait raison de dire qu`ils préparent à  la guerre, en sortiraient renforcés. Sur un tel chemin, la France se trouverait isolée, sa parole serait abaissée et sa crédibilité durablement entamée.

La sortie de la zone euro aurait pour principale conséquence d`appauvrir les plus modestes des Français, dont l`épargne perdrait en valeur sous l`effet de l`inflation, alors même que les plus riches pourraient conserver des comptes en euros, pour préserver leur patrimoine et leurs intérêts. Sur le plan économique, le protectionnisme dont se réclame Marine Le Pen priverait nos entreprises qui exportent de la possibilité de continuer à  le faire, brisant une dynamique où l`innovation technologique, l`ouverture aux échanges et la formation des ressources humaines permettent à  des millions de salariés français de travailler dans des entreprises compétitives, ayant une renommée mondiale. Sur le site de Whirlpool, où mon gouvernement est résolument engagé dans une démarche de réindustrialisation, Marine Le Pen a promis ce qu`elle sait ne pas pouvoir tenir, affichant, face à  des salariés légitimement inquiets, le visage de la démagogie et du cynisme.

Le Front national affaiblirait aussi la France, au moment même où notre pays est sous le coup d`une menace terroriste très sérieuse, qui ne peut être combattue que dans la recherche constante de l`unité de la nation. Face à  ce péril, qu`il nous faut affronter avec lucidité, Marine Le Pen a tout fait pour diviser le pays, dresser les Français les uns contre les autres, et créer d`irréparables factures, celles-là  même que les terroristes rêvent d`imposer à  la société française en y semant l`effroi. Les Français doivent savoir, à  quelques jours du choix historique qu`ils s`apprêtent à  faire, que les parlementaires du Front national n`ont voté aucune des lois antiterroristes, qu`ils les ont combattues avec détermination et que s`il avait existé une majorité pour les suivre, nos services de renseignement, nos forces de sécurité auraient été privés des moyens qui leur ont permis de déjouer de nombreux attentats au cours des derniers mois. Enfin, la fascination qu`exercent sur Marine Le Pen certains chefs d`Etat, dont le populisme ou la brutalité ne contribuent pas à  la stabilité du monde, créerait une forme d`inféodation aux visées de ceux dont elle se réclame. Elle s`ajouterait à  l`abaissement de notre pays, qui résulterait de l`élection de l`extrême droite, au détriment d`une certaine idée de la France, faite d`indépendance et de respect des principes universels.

Face à  ces risques, aucun responsable politique, s`il est soucieux de l`avenir de la nation ou simplement fidèle aux valeurs républicaines, n`a le droit d`hésiter ou de ne pas dire clairement son choix. A fortiori, toute femme, tout homme de gauche devrait appeler à  voter, dimanche, sans ambiguïté aucune pour Emmanuel Macron. L`amertume, le cynisme, l`absence de lucidité face à  la vraie nature du Front national seraient des fautes que l`histoire jugerait sévèrement. A Jean-Luc Mélenchon et à  ceux qui le suivent ou tergiversent, je veux dire qu`il est encore temps de faire le choix de la République, et que ne pas le faire en vertu d`un goà»t irrépressible pour la rupture ou la révolution relèverait d`une impardonnable faute morale. Bien entendu, le soutien sans restriction que nous apportons à  Emmanuel Macron en cette circonstance ne signifie pas que nous approuvions sans réserve la totalité de son projet. Mais c`est dans le cadre des élections législatives que l`orientation de son quinquennat sera scellée. La gauche de gouvernement ne se dérobera pas face aux responsabilités qui lui incombent. Elle devra être la plus forte possible pour garantir aux Français la stabilité dont le pays a besoin, si l`on veut que soit poursuivie l`œ“uvre de modernisation qu`elle a engagée dans le respect de la justice et du modèle social français.

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mardi 11 avril 2017

Photos. Vidéos. Bernard Cazeneuve visite la basilique Notre Dame d'Afrique à  Alger !

Jeudi 6 avril, le PM Bernard Cazeneuve visite la Basilique Notre Dame d'Afrique

Jeudi 6 avril, le PM Bernard Cazeneuve visite la Basilique Notre Dame d'Afrique

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a visité la Basilique Notre Dame d'Afrique caractérisée par une esthétique remarquable. Cette basilique inaugurée en 1872 est un véritable bijou architectural avec ses différentes façades et son dà´me superbement sculpté.

La vierge noire de Notre Dame d'Afrique

Mgr. Paul Desfarges, archevèque d'Alger et le P. Anselme Tarpaga (Burkina-Faso), recteur de la basilique

Le P. Anselme Tarpaga (Burkina-Faso), recteur de la basilique

Abdessalem Bouchouareb, ministre Algérien de l'Industrie et des Mines, Bernard Cazeneuve,Premier ministre, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, Bernard Emié, ambassadeur de France en Algérie et le maire de la commune de Bologhine

Abdessalem Bouchouareb, ministre Algérien de l'Industrie et des Mines, Bernard Cazeneuve,Premier ministre, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, Bernard Emié, ambassadeur de France en Algérie et le maire de la commune de Bologhine

La vierge noire de Notre Dame d'Afrique

La vierge noire de Notre Dame d'Afrique

Bernard Cazeneuve était accompagné de Claude Bartolone (président de l`Assemblée nationale), Jean-Pierre Chevènement (président de l`Association France-Algérie), Michel Vauzelle (vice-président de la commission affaires étrangères de l`Assemblée nationale), Patrick Mennucci (président du groupe d`amitié parlementaire France-Algérie à  l`Assemblée nationale), Alain Néri (président du groupe d`amitié parlementaire France-Algérie au Sénat), Bernard Emié, 'ambassadeur de France en Algérie, Abdessalem Bouchouareb, ministre Algérien de l'Industrie et des Mines...

Le PM bernard Cazeneuve a signé le livre d'or

Le PM bernard Cazeneuve a signé le livre d'or

La basilique Notre Dame D'Afrique a connu des travaux de réfection de 2007 à  2010.

Même si la Constitution algérienne garantit - en principe - la liberté de culte, l`article 2 de ce texte fondamental stipule cependant que `` l`islam est la religion de l`État ». La justice algérienne condamne systématiquement les personnes qui expriment leurs `` désaccords » avec la religion musulmane, notent les voix critiques.

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dimanche 9 avril 2017

Tunis-Paris, le "OFF" de Bernard Cazeneuve sur la Syrie: "L'ONU, encore l'ONU et toujours l'ONU" !

Le PM Bernard Cazeneuve quitte Tunis pour Paris

Dans l'avion de la République qui nous ramène de Tunis à  Paris, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a enlevé sa veste, il garde sa cravate rouge et sur sa chemise blanche on peut lire les initiales de son nom BC. Il est assis entouré par des journalistes et répond aux questions. Le Premier ministre a écourté sa visite en Tunisie pour participer à  la réunion du Conseil de défense sécurité covonquée par le Président Hollande à  l'Elysée à  19 heures à  Paris.

Une question taraude notre esprit et nous la posons au Premier ministre Bernard Cazeneuve. L'opération punitive en solo des américains en Syrie ne risque-t-elle pas d'affaiblir et marginaliser les Nations-Unies (ONU) ? Réponse de Bernard Cazeneuve dans le brouhaha des vrombissements de moteurs d'avion: "Ces événements montrent la lucidité du regard porté par la France dès 2013. L' attaque chimique en Syrie est une indignité qui mérite la plus grande fermeté de la part de la communauté internationale. Concernant la Syrie, pas de solution en dehors de la résolution 2254 de l'ONU et du processus de Genève" !

Bernard Cazeneuve après son OFF avec des journalistes

Le PM Bernard Cazeneuve quitte la cabine des journalistes

L'imprévisble Président américain Donald Trump a déclenché dans la nuit de jeudi à  vendredi un raid punitif contre le régime de Bachar al-Assad, soupçonné d'avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population à  Khan Cheikhoun. 86 civils dont 27 enfants avaient péri dans une attaque mardi contre ce petit village aux mains des rebelles. Des images insoutenables des corps matyrisés avaient circulé sur le net. En représailles 59 missiles de l'armée américaine, des Tomahawks sont entrés en action, ciblant la base aérienne d'AL-Chaaryate, d'où seraient partis des appareils qui ont mené les raids toxiques. Six soldats syriens ont été tués.

On apprend que Donald Trump a pris le monde de court avec sa frappe ciblée contre le régime syrien. C'est par les canaux militaires que le président Hollande a été informé tard dns la soirée du jeudi de la décision de Trump. C'est son chef d'Etat major particulier, l'Amiral Rogel qui a prévenu François Hollande. Au sommet de l'Etat, les téléphones se mettent à  chauffer. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve est à  Tunis, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault est lui reveillé en pleine nuit à  Nouakchott en Mauritanie. Seul, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian est en France.

Les discussions, selon les termes de la résolution 2254 adoptée à  l`unanimité en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l`ONU, doivent porter sur les modalités de la future gouvernance en Syrie, la rédaction d`une nouvelle Constitution et la tenue d`élections sous supervision des Nations unies. La `` transition » est le point le plus sensible. Pour le régime comme pour les Russes, Bachar Al-Assad doit rester aux commandes, il est hors de question d`organiser une élection présidentielle avant le terme de son mandat, dans quatre ans, et il doit pouvoir se représenter. `` La transition signifie juste, pour eux, quelques réformes de façade et l`intégration de quelques opposants à  la botte », résume un diplomate. L`opposition, avec notamment le soutien de Paris mais aussi d`autres capitales occidentales et arabes, considère qu`Assad ne peut être l`avenir de son pays et qu`il devra partir, au moins au terme du processus. Les positions n`ont pas changé et restent inconciliables.

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mardi 28 mars 2017

Port de Cherbourg: Cazeneuve pour la construction de la future usine de pà¢les d'éoliennes ! Reportage 47 photos !

Etre journaliste rime avec la curiosité. Comment Bernard Cazeneuve qui a été Président de la Communauté urbaine de Cherbourg, de 2008 à  2012, Maire de Cherbourg-Octeville (Manche), de 2001 à  2012, sera-t-il reçu à  Cherbourg ? C'est la question qui taraude notre esprit dans ce train intercités qui amène à  Cherbourg avec une correspondance à  Caen. Il faut dire que le jeudi dernier, le Premier ministre Bernard Cazeneuve était de retour chez lui, à  Cherbourg-en-Cotentin. La construction de la future usine de pà¢les d'éoliennes sur le port de Cherbourg débute symboliquement, avec la traditionnelle pose de la première pierre. Un véritable événement que ne comptait pas rater l'ex-maire de la commune, Bernard Cazeneuve. Car l'actuel Premier ministre a connu et accompagné la genèse du projet lorsqu'il était Maire de Cherbourg-en-Cotentin. Avec la fabrique de pà¢les d'éoliennes de l'industriel LM Wind Power associé avec la branche énergie de General Electric, avec deux ans de retard, mais elle va se faire pour 50 millions d'euros (dont huit millions financés par les collectivités) avec à  la clé 550 emplois directs.

Avant l'arrivée du Premier Ministre Bernard Cazeneuve au port de Cherbourg

Sous la pluie, des élus locaux se préparent pour l'accueil républicain du Premier ministre Cazeneuve

Sous une pluie, arrivée du Premier ministre Bernard Cazeneuve au port de Cherbourg !

Sous la pluie, le Premier ministre Bernard Cazeneuve avec des élus locaux au port de Cherbourg

Pose de la première pierre par le PM Bernard Cazeneuve au port de Chebourg

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lundi 27 mars 2017

Guyane en grève: Le Premier ministre Bernard Cazeneuve décide d'envoyer plusieurs ministres sur place !

Face à  la grève en Guyane, Bernard Cazeneuve a assuré vouloir signer un "pacte d`avenir" dans "les meilleurs délais". Il a promis la venue "d`ici la fin de la semaine" d`une délégation de ministres.

Déclaration de M. Bernard CAZENEUVE , Premier Ministre Situation en Guyane

La Guyane connaît actuellement une crise sociale d`ampleur. Depuis les premiers jours, je suis personnellement la situation, en lien avec le ministre de l`Intérieur et la ministre des Outre-Mer. J`ai un attachement profond à  ce territoire, que je connais bien et où je me suis rendu à  de multiples reprises, y compris comme ministre de l`Intérieur. Je mesure parfaitement les attentes car chaque difficulté que connaît ce territoire de notre République fait l`objet de la plus grande attention du gouvernement que je dirige.

Mais mes liens sont suffisamment étroits avec la Guyane et avec les Guyanais et les Guyanaises pour ne pas céder à  la démagogie ou à  l`électoralisme. Le respect que l`on doit à  la Guyane commence par une exigence de vérité et de responsabilité.

Les solutions aux problèmes que connaît la Guyane ne se construiront pas dans le désordre ni hors du cadre républicain. Depuis 2012, les outre-mer n`ont jamais cessé d`être une priorité gouvernementale. Le budget de la mission outre-mer a été augmenté dès 2012 et porté à  plus de 2 milliards d`euros par an durant tout le quinquennat. Des lois importantes ont été votée : la loi de régulation économique outre-mer votée en 2012 a permis par exemple une baisse de prix d`environ 12 % sur un panier d`une centaine d`articles de grande consommation. La loi égalité réelle outre-mer portée par Ericka BAREIGTS et publiée le 1er mars dernier, rattrapera les retards pour tendre vers une convergence avec la France Hexagonale.

En matière de sécurité, là  aussi, des efforts significatifs ont été faits. Je me suis rendu en Guyane comme ministre de l`Intérieur pour annoncer des renforts importants sur le territoire, notamment la création d`une nouvelle Zone de Sécurité Prioritaire à  Saint-Laurent du Maroni. Alors que la précédente majorité avait supprimé plusieurs milliers de postes parmi les forces de sécurité, 563 policiers et 310 gendarmes ont été affectés ou projetés dans les outre-mer en 2016 et 2017.

S`agissant plus spécifiquement de la Guyane, 75 gendarmes et policiers supplémentaires y ont été affectés depuis l`année dernière. Depuis 2012, les effectifs y ont augmenté de 12% pour la Gendarmerie et de 10% pour la Police nationale.

Il reste aussi beaucoup à  faire pour développer la Guyane. C`était la volonté du Président de la République lorsqu`il a annoncé de conclure un Pacte d`Avenir avec la Guyane.

Depuis, l`échange avec les élus guyanais a été constant, et je souhaite pouvoir le signer avec les élus guyanais dans les meilleurs délais.

Face à  la crise que nous traversons, mon Gouvernement fait le choix du dialogue et du respect. La ministre des Outre-Mer a dans un premier temps invité l`ensemble des parties à  dialoguer avec elle à  Paris.

Elle a par ailleurs multiplié les contacts avec l`ensemble des acteurs guyanais. Afin d`échanger de manière constructive et apaisée, j`ai décidé d`envoyer en Guyane une mission interministérielle de haut niveau pour enrichir et conclure au plus vite le Pacte pour la Guyane.

Cette mission conduite par le préfet Jean-François CORDET, travaille sans relà¢che. Elle a commencé à  rencontrer des personnalités politiques et du monde économique.

Une série de réponses concrètes ont déjà  pu être préparée : des projets de protocole ont été examinés par la délégation, notamment dans le secteur agricole. Un centre pénitentiaire et un tribunal de grande instance seront construits à  Saint-Laurent du Maroni ; un scanner sera déployé à  l`aéroport de Cayenne.

Le projet de cession du Centre médical de Kourou est suspendu. Les bases d`une négociation structurée et apaisée doivent être établies avec tous les acteurs du territoire.

C`est pourquoi une délégation ministérielle sera sur place avant la fin de la semaine pour conclure ces discussions, si, j`insiste sur ce point, si les conditions du respect et de l`ordre républicain sont réunies.

C`est la raison pour laquelle j`appelle une fois encore au dialogue, à  la responsabilité et à  l`apaisement. Il est crucial que dans ce délai, la mission interministérielle ait pu travailler pour que le déplacement des ministres soit fructueux.

Mesdames et Messieurs,

Je le dis aujourd`hui avec force, la Guyane est un territoire de la République française. Et dans la République, chaque citoyen doit pouvoir bénéficier du soutien et de la solidarité de l`Etat. Comme je l`ai fait dans le Pas-de-Calais ou dans la Somme, je veux apporter en Guyane des réponses concrètes et rapides.

Aucun des assauts de démagogie que la période électorale favorise, dans un abaissement qui me consterne, ne détournera le gouvernement de sa volonté d`aboutir à  des solutions concrètes pour les Guyanaises et les Guyanais.

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vendredi 24 mars 2017

Photos. Vidéos. Bernard Cazeneuve a planté un "Magnolia kobus" à  Matignon !

Le mercredi 22 mars 2017, le jardin de Matignon s'est enrichi avec le 14e arbre des Premiers ministres, celui de Bernard Cazeneuve, qui a planté du magnolia kobus.

Le jardin de Matignon est situé derrière l'hà´tel, il se compose d'une immense pelouse savamment entretenue, bordée d'une double allée de tilleuls. Sa particularité réside dans la présence de très beaux arbres, qui créent une série de jardins dans le jardin.

D'une taille de trois hectares, il est le plus grand parc privé de Paris, et sans doute parmi les plus beaux. Il fut d'abord dessiné en 1724 par Claude Desgots, petit-neveu de Le Nà´tre, lors de la construction de l'hà´tel (qui n'appartient à  l'État que depuis 1922). Il fut ensuite remanié, en 1902, par Achille Duchêne.

Pour son ``arbre de Premier ministre», Bernard Cazeneuve a choisi un magnolia à  floraison précoce, un ``symbole de fidélité». Pour perpétuer la tradition initiée par Raymond Barre, l'ancien maire de Cherbourg a choisi un ``magnolia kobus» ou magnolia de Kobé, originaire du Japon, un des premiers magnolias à  fleurir au printemps.

Planter l'arbre de son choix dans le superbe jardin de Matignon est une tradition inventée par Raymond Barre et suivie par tous les locataires de Matignon depuis, à  l'exception de Jacques Chirac lors de son deuxième passage au 57 rue de Varenne (1986-1988), pour la première cohabitation avec François Mitterrand, n'a pas sacrifié à  la tradition.

En 1992, le jardinage a même été intense à  Matignon. Edith Cresson, qui était restée un peu plus de 10 mois au poste de Premier ministre, avait planté un arbre aux quarante écus, également connu sous le nom de Ginkgo Biloba. Selon le site du Jardin des Plantes, l'arbre doit son nom à  un botaniste montpelliérain qui, en 1788, ``acheta 5 plants de cet arbre à  un collègue anglais pour la somme faramineuse de 40 écus d'or chaque plant».

Quelques mois plus tard, la même année, c'est un nouveau Premier ministre, Pierre Bérégovoy, qui plante un tulipier de Virginie. En 1994, son successeur de droite, Edouard Balladur, choisit un érable argenté, originaire d'Amérique du Nord.

Alain Juppé, lui, se tourne vers l'Est, lorsqu'il plante en 1996 un cercidiphyllum, arbre d'origine asiatique. Lionel Jospin, l'année d'après, apparaît tout sourire, pelle en main, lorsqu'il creuse la terre pour installer son orme.

En 2002, Jean-Pierre Raffarin a opté pour un parrotie de Perse, dont le nom vernaculaire l'a sans doute inspiré : l'arbre de fer, ainsi baptisé pour la dureté de son bois, souligne le Jardin des Plantes. Dominique de Villepin, en 2005, a choisi un chêne pédonculé. François Fillon, en 2007, a choisi un cornouiller des pagodes.

Cinq ans plus tard, Jean-Marc Ayrault a planté un magnolia grandiflora, dont Matignon avait souligné à  l'époque que l'espèce est arrivée en France il y a trois siècles... par le port de Nantes, la ville dont Jean-Marc Ayrault fut le maire pendant 23 ans.

A Matignon, les arbres des Premiers ministres successifs sont plantés à  différents endroits du parc. Tous les arbres plantés sont toujours debout, assure-t-on à  Matignon. Manuel Valls avait choisi, comme Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Dominique de Villepin, un chêne. Il s'agit d'un chêne fastigié qui ressemble à  un cyprès !

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Cazeneuve II

A l`instar de ses prédécesseurs, le Premier ministre a planté son arbre, un magnolia kobus, dans le jardin de l`hôtel de Matignon. Situé sur la grande pelouse, l`arbre choisi par Bernard Cazeneuve se couvrira de fleurs dès les premiers jours du printemps. 
A Matignon, Bernard Cazeneuve choisit un magnolia (for ever) Jardinage. Pour son "arbre de Premier ministre", Bernard Cazeneuve a choisi un magnolia à  floraison précoce, un "symbole de fidélité" qui sera planté jeudi, a annoncé Matignon. Pour perpétuer la tradition initiée par Raymond Barre, l'ancien maire de Cherbourg a choisi un "Magnolia kobus"ou magnolia de Kobé, originaire du Japon, un des premiers magnolias à  fleurir au printemps. Lui-même grand amateur de botanique et notamment de roses anciennes, l'ancien ministre de l'Intérieur se prêtera comme le veut la tradition au jeu du jardinier dans le parc de Matignon, lors de la plantation prévue jeudi après-midi. 
Planter l'arbre de son choix dans le superbe jardin de Matignon est une tradition inventée par Raymond Barre et suivie par tous les locataires de Matignon depuis, à  l'exception de Jacques Chirac lors de son deuxième passage au 57 rue de Varenne (1986-1988). 
Le prédécesseur de Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, avait choisi une variété de chêne, comme plusieurs autres Premiers ministres avant lui soucieux de choisir un symbole de longue durée.

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dimanche 5 mars 2017

Collège de France: L'allocution de Bernard Cazeneuve pour lancer le programme d`aide à  l`accueil en urgence des scientifiques en exil (PAUSE)

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a salué, jeudi 2 mars, "la mobilisation de nos établissements de l'enseignement supérieur, qui maintiennent ainsi la tradition d'accueil de la France. Aujourd'hui, des démagogues convoquent les peurs (...). Je ne veux pas que la convocation des peurs organise le déclin scientifique de la France !"

Perrmettre à  des chercheurs et doctorants étrangers en situation d'urgence d'être recrutés de façon temporaire dans les établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche français, telle est l'ambition de Pause (Programme d'aide et d'accueil en urgence des scientifiques en exil).

Discours de M. Bernard CAZENEUVE, Premier ministre au Collège de France

Monsieur le Ministre, cher Thierry MANDON,

Monsieur l`Administrateur du Collège de France,

Madame la coprésidente du Comité de soutien,

Monsieur le président de la Fondation de France,

Monsieur le Recteur,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ce matin par la conviction que la France ne saurait assister passivement à  l`aggravation des menaces qui pèsent sur un grand nombre de vos collègues étrangers. C`est la raison pour laquelle nous avons décidé ensemble de lancer le programme d`aide à  l`accueil en urgence des scientifiques en exil, programme (PAUSE).

Je tiens vraiment du fond du cœ“ur à  remercier le Collège de France et son administrateur d`avoir bien voulu accueillir cette rencontre. Vous confirmez ainsi, Monsieur l`administrateur, l`engagement de votre institution dont le colloque de rentrée était déjà  consacré à  la thématique `` migration, réfugiés, exil ». C`est à  l`occasion de cette rencontre que Thierry MANDON, que je salue pour son engagement, a annoncé le programme d`aide à  l`accueil des scientifiques en situation d`urgence.

Cette initiative fait écho à  un précédent historique que certains d`entre vous sans doute avez à  l`esprit. En 1936, sous le Front populaire, un chercheur d`origine juive russe, Louis RAPKINE, qui lui-même avait travaillé au Collège de France, créait un comité pour l`accueil des réfugiés universitaires juifs d`Europe centrale ainsi que des antifascistes italiens, espagnols et portugais. C`était il y a quatre-vingts ans. Depuis, la communauté scientifique s`est fréquemment mobilisée en faveur des universitaires et des chercheurs fuyant la violence politique notamment celle des dictatures latino-américaines dans les années 70, celle des pays d'Europe centrale et orientale placés sous le joug soviétique. Mais il n`existait jusqu'ici aucun dispositif national pour leur venir en aide, et à  l'heure où la multiplication des conflits donne à  la crise des réfugiés les dimensions dramatiques que l'on sait, que les efforts de la société civile ne suffisent plus, l'intervention de l'Etat devient indispensable.

J`ai de ce point de vue-là , Monsieur l`administrateur, entendu parfaitement que le message que vous venez de m`envoyer. Si j'ai bien compris, ce que nous faisons ensemble est excellent mais nous pourrions faire plus si l'Etat s'engageait davantage. Oui, je ne vous cache pas qu`il ne s'agit plus pour moi simplement d'un problème d'oreille, puisque même si je n'entendais pas comme je l`ai entendu beaucoup partout où je me rends, j`aurais fini par intégrer la demande. Par conséquent, je voulais simplement vous dire que je suis assez enclin à  y accéder et que j'ai demandé au ministre Thierry MANDON, en liaison avec vous et il m`a déjà  fait les propositions, de déterminer le niveau de contribution de l'Etat qui permettrait d`atteindre l'ambition que vous avez exprimée à  cette tribune et que je partage à  mon tour avec vous. Il n`y a pas de raison que je vienne ici sans apporter aussi ma contribution à  ce que nous avons décidé de faire ensemble.

Des réponses, sans attendre cet engagement, ont été apportées, comme en témoigne notre détermination en faveur des réfugiés. Je veux là  aussi en profiter pour réaffirmer un certain nombre de principes pour lesquels je me suis mobilisé, notamment dans l'exercice de mes fonctions précédentes. La France a mis en œ“uvre ses moyens militaires et diplomatiques aussi bien que son dispositif d'asile, et j'aurai l'occasion de le réaffirmer cet après-midi en Grèce à  l'occasion de ma rencontre avec le gouvernement de ce pays.

Les crises internationales appellent des solutions politiques pour s'attaquer aux racines du mal qui jette sur les routes des centaines de milliers de personnes. Mais la réponse devrait être aussi, et vous le savez mieux que quiconque, une réponse humanitaire en concertation avec le Haut - Commissariat aux Réfugiés. Notre pays assume une part importante du programme de réinstallation de réfugiés, notamment des réfugiés vulnérables en provenance de Syrie ou d'Irak.

Plus de trois mille personnes ont été acceptées, dont la moitié sont déjà  arrivées sur notre sol. Elles y sont accompagnées pour tous les aspects de leur intégration par les services de l'Etat, les associations et les élus locaux. La France aura - pour ce qui concerne le processus de réinstallation et de relocalisation pour lequel je m'étais mobilisé au sein de l'Union européenne dès le mois d`aoà»t 2014 avec le ministre allemand Thomas de MAIZIERE - accueilli plus d`un tiers de l`ensemble des réfugiés relocalisés et réinstallés à  partir des hotspots en Grèce et en Italie, ce que l'on ne sait pas et ce que l'on ne dit pas assez.

La France s'est également engagée dès 2014 afin de soulager la Grèce et l'Italie d'une partie des demandes d'asile qu'elles ont à  examiner. Nous continuerons bien entendu à  le faire, je le dirai à  monsieur TSIPRAS dans les heures qui viennent.

La France apporte enfin son aide directe à  des personnes persécutées en Syrie, en Irak, en raison notamment de leur appartenance religieuse. Elle leur attribue en priorité des visas pour asile, des visas étudiant délivrés par nos postes consulaires en Irak, en Turquie, au Liban et en Jordanie.

Ce sont plus de quatre mille Syriens et quatre mille six cents Irakiens qi ont pu venir en France au cours des trois dernières années ; cela également n'est pas suffisamment connu.

Aux bénéficiaires de ces divers dispositifs s'ajoutent enfin les personnes qui déposent directement une demande d'asile sur notre sol. Elles sont passées à  quatre-vingt-cinq mille l'an dernier alors que nous étions à  quelque cinquante-cinq mille il y a de cela quelques années seulement.

Nous avons adapté, je le dis aussi devant les chercheurs, les universitaires qui sont là , notre dispositif d'accueil des demandeurs d'asile à  la réalité nouvelle à  laquelle nous sommes confrontés. Je souhaite donner quelques chiffres.

Le nombre de places dans les centres d'accueil pour demandeurs d'asile en France sera passé de vingt mille en 2012 à  quarante-deux mille en 2017, ce qui montre un doublement du nombre de places en centre d'accueil pour demandeurs d'asile.

J'aurais créé avec la ministre du Logement, dans mes fonctions précédentes de ministre de l'Intérieur, près de cent soixante-cinq centres d'accueil et d'orientation répartis sur le territoire national. Il s`agit de structures en dur dans des locaux appropriés permettant aux migrants, qui relèvent du dispositif national d'asile, d'être accueillis dans ces structures plutà´t que dans des campements du type de ceux de Calais, pour pouvoir accéder en étant encadrés à  l'asile en France.

Ces cent soixante-cinq centres d'accueil et d'orientation auront permis de mettre à  l'abri et dans le dispositif d'asile dix-sept mille personnes en quelques mois. Nous essayons, dans le cadre d'une relation que je dirais tendue parfois avec la Grande-Bretagne, de faire en sorte que les mineurs isolés puissent être accueillis dans de bonnes conditions. Nous prenons notre part et nous demandons aux Britanniques, en raison de la responsabilité qui leur incombe, au regard des règles qui doivent s'appliquer, de bien vouloir prendre la part qui résulte là  aussi de leurs traditions et de leurs droits.

Je sais, Monsieur l`administrateur, Mesdames, Messieurs, que les universités ont mis aussi beaucoup en œ“uvre pour accueillir les nombreux étudiants qui se trouvent au nombre des réfugiés dont je parlais à  l'instant. Elles ont facilité leur intégration par la communauté universitaire afin qu'ils puissent, en dépit des drames auxquels ils peuvent être confrontés, poursuivre leur parcours dans les meilleures conditions possibles. Je pense en particulier à  l'action formidable - et que j'ai visitée - menée par l'université de Lille, en faveur des étudiants réfugiés ou demandeurs d'asile, lorsque nous avons entrepris le démantèlement du campement de Calais. Répondant à  une initiative des étudiants et des enseignants-chercheurs, l'université de Lille, le CROUS, d'autres acteurs encore se sont engagés avec le concours financier des services de l'Etat. A la rentrée 2016, ce sont quatrevingts étudiants migrants qui ont pu être ainsi accueillis à  l'université.

Je pourrais citer aussi, pour leur action en faveur des réfugiés, les universités de Grenoble, de Strasbourg, de Paris I, l'Ecole normale supérieure ou le CNAM qui, eux aussi, ont fait un travail absolument formidable. Lors de la dernière rentrée universitaire, le ministère de l'Enseignement supérieur a organisé la deuxième journée d'échanges autour de l'accueil des étudiants réfugiés, afin de favoriser la coordination de toutes les actions entreprises, souvent à  l`initiative d'étudiants ou d'enseignants engagés au service de cette cause.

Parmi les réfugiés se trouvent aussi des intellectuels et des scientifiques. Parce qu'ils cherchent à  établir la vérité par des faits, que les sciences soient exactes ou qu'elles soient sociales ou humaines, parce qu'ils opposent cette vérité aux édits arbitraires, ils sont devenus des cibles désignées pour les mouvements obscurantistes comme pour les régimes autocratiques. Leur situation particulière appelle de notre part à  nous, de la part de la France, une réponse forte parce que nous sommes une société ouverte, démocratique, qui a des valeurs universelles que nous devons continuer à  porter ardemment.

Telle est précisément la vocation du programme d`aide à  l`accueil en urgence des scientifiques en exil. Il complète les mesures d'accueil déjà  mises en place en venant en aide aux enseignants et aux chercheurs qui sont menacés dans leur liberté d'expression, de travail, parfois dans leur vie-même, et je tiens à  saluer encore une fois cette initiative du ministre Thierry MANDON.

Lancé le 16 janvier au Collège de France, le programme PAUSE permet d'insérer au sein des établissements français les scientifiques en exil et cette action était absolument indispensable. Aujourd'hui, nous lançons le fonds de souscription ouvert à  la Fondation de France dont je sais qu'elle s'est particulièrement mobilisée sur ce sujet. Je veux en remercier Philippe LAGAYETTE, son président, qui est parmi nous aujourd'hui.

Il complètera l'apport du CNRS qui vient de décider de consacrer deux cent cinquante mille euros à  ce projet. Je veux remercier là  aussi le président Alain FUCHS pour cet engagement décisif. Nous comptons bien entendu sur les fonds privés aux cà´tés de ceux de l'Etat et j'ai indiqué à  l'instant, je le redis, que l'Etat abondera les fonds qu`il a déjà  décidé d'engager. Votre présence ici témoigne de votre mobilisation à  tous pour cette cause et je vous en remercie. L'engagement que je prends devant vous, et je le redis, c'est que le gouvernement soutiendra ce dispositif dans la durée en l'abondant pour que la France soit à  la hauteur de la situation particulière à  laquelle ces scientifiques de haut niveau se trouvent confrontés.

Parce que vous avez su répondre à  l'urgence, PAUSE a pu être mis en place avec une belle rapidité. Une quarantaine d'établissements d'enseignement supérieur et de recherche français se sont déjà  portés volontaires pour y participer. De grandes universités à  Paris ou en région, des laboratoires de recherche de toutes disciplines, du génie agronomique à  l'archéologie en passant par l'agronomie, les sciences politiques, la sociologie et la physique. Je salue la mobilisation de nos établissements qui font vivre la tradition d`accueil de la France.

Plus d`une cinquantaine de candidatures vous ont déjà  été transmises par des scientifiques, hommes et femmes à  part égale, scientifiques qui fuient les persécutions et la guerre, et une majorité d`entre eux sont des Syriens, venus d'Homs ou d`Alep, mais aussi d'autres pays du Proche et du Moyen-Orient, le Yémen, l'Irak, l'Iran et la Turquie.

Nous avons appris, il y a quelques jours, le souci de l`un de ces candidats turcs, Mehmet FATIH TRAS, un jeune universitaire récemment limogé, qui avait postulé au programme PAUSE. Il s`agit-là  d`une circonstance tragique qui suffirait à  elle seule à  démontrer, s'il en était besoin, qu'une action urgente de notre part est nécessaire.

Elle justifie votre mobilisation, et l'engagement absolu de mon gouvernement pour le développement de l'initiative que vous avez décidé de prendre. La Turquie est un allié, un partenaire indispensable dans la lutte contre DAESH, un partenaire de l'Union européenne avec lequel j'ai personnellement signé, en 2014, un accord déterminant pour réguler les mouvements passifs de migrants qui fuient les violences de la région.

Mais entre partenaires, et au nom même de la confiance qui lie nos deux pays, les choses doivent aussi être dites. Nous ne pouvons passer sous silence le fait que depuis le coup d`Etat manqué du 15 juillet dernier, près de 5.000, ce n'est pas rien, 5.000 enseignants, chercheurs ont été démis de leurs fonctions ou arrêtés. Et le 7 février dernier, plus de 300 chercheurs ont à  nouveau été inquiétés.

La France a le devoir de dire les choses, de manifester sa solidarité, elle a le devoir d'accueillir ceux de ces chercheurs qui la sollicitent, et elle le fera. C'est pourquoi d'ailleurs l`Etat a décidé d'apporter le soutien de ses plus hautes instances à  la mobilisation de la communauté scientifique, c'est le sens de ma présence parmi vous ce matin : porter au niveau national, le programme PAUSE réunit dans son comité de direction des représentants du ministère des Affaires étrangères, du ministère de l`Intérieur, qui sont, eux aussi, associés à  ce dispositif.

Il peut ainsi s'appuyer sur notre réseau diplomatique, sur nos préfectures, sur l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sur l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.

En conclusion, puisque nous avons la chance de nous trouver au Collège de France, permettezmoi de mentionner un point d'histoire qui concerne votre institution, en 1933, au lendemain de l'arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne, le ministre de l'Education nationale, Anatole de MONZIE, soumît au Parlement un projet de loi appelant à  la création au Collège de France d'une chaire qui, à  l'époque, était destinée à  Albert EINSTEIN, et cette chaire destinée à  Albert EINSTEIN, et accordant toute facilité aux étudiants allemands, qui étaient contraints, comme lui, à  l'exil, avait pour vocation d`accueillir tous ceux qui voulaient poursuivre, dans ce contexte particulier, et qui commençait à  être tragique, leur formation en France.

Ce projet, dont je viens de parler, était soutenu au centre gauche par le radical Emile BOREL, et au centre droit par une autre personnalité, Louis MARIN. Et ce projet, qui était soutenu par de grandes figures et de grandes sensibilités de la 3ème République, fà»t violemment, très violemment combattu par l'extrême droite de l'époque, et l'une de ces figures, François COTY, qui allà¢t jusqu`à  soutenir que son objectif, ce que vous aviez mis en place à  l'époque, était de permettre à  EINSTEIN `` d'installer le communisme au Collège de France ».

L`on voyait d`ailleurs déjà  l`esprit de nuance dominé, l`outrance était interdite, et les arguments les plus pertinents convoqués. On sait comment l`histoire a fini, Albert EINSTEIN fà»t invité à  Princeton, où il a poursuivi sa carrière pour le plus grand bénéfice de la recherche américaine et de la recherche mondiale. Cet épisode que je viens d'évoquer pourrait nous faire collectivement sourire, mais, il ne me fait pas sourire du tout parce que je mesure la force de ces échos contemporains. En 2017, comme en 1933, des démagogues convoquent les instincts et les peurs pour empêcher les démocraties d'accueillir, comme elles le doivent, des réfugiés fuyant les persécutions, y compris des étudiants et des chercheurs.

Certains profitent de la campagne électorale pour proposer l'établissement de quotas d'immigration, en contradiction absolue avec le principe du droit d'asile, comme avec les obligations internationales que la France a contractées. D`autres, et je les cite, et je les nomme, je pense à  la candidate du Front national, soutiennent vouloir ramener les flux migratoires à  un niveau si faible qu'il rendrait impossible, non seulement le regroupement des familles, mais aussi le respect du droit d'asile, et le recrutement dans nos universités d'étudiants étrangers.

Ces étudiants étrangers sont aujourd'hui, en raison de la qualité des universités françaises, que vous incarnez, et d'une politique d'attractivité active, plus de 270.000 dans nos universités et nos grandes écoles. Ils sont des ambassadeurs, ils ont des étudiants brillants. J`étais à  l`université de Beida, à  Pékin, il y a de cela quelques jours, devant près de 400 étudiants chinois, et parmi eux, beaucoup étaient passés par les universités françaises et m'interrogeaient dans un français absolument impeccable sur des sujets qui témoignaient, dans la manière dont ils les exprimaient et en raison des sujets qu'ils convoquaient, d'une grande intelligence du monde et des défis qui se présentent à  lui.

Et j'ai éprouvé quelque fierté à  les voir m'interroger dans notre langue si magnifiquement parlée, avec une intelligence et une élévation d'esprit que j'aimerais voir de temps en temps rencontrer le débat public, au moment où celui-ci doit nous aider à  procéder à  des choix essentiels. Je ne veux pas que l'on laisse partir ces étudiants. Je ne veux pas que l'on renonce à  attirer en France - parce que la France est la France. Je ne veux pas que l'on se résigne à  voir ces chercheurs alimenter la recherche en Europe, au Royaume-Uni, en Allemagne ou ailleurs dans le monde, en nous privant de leurs concours.

Bref, je ne veux pas que la convocation des peurs et des instincts, par le truchement du mensonge, organise le déclin scientifique de la France. Mais je veux aussi dire à  ceux qui raisonnent ainsi, avec ces méthodes et ces moyens, que parmi les trois derniers lauréats français de la médaille Fields, deux sont d'anciens étudiants étrangers, Artur AVILA, Ngà´ BAO CHAU, venus en France pour y poursuivre leurs études de mathématiques. C'est aussi cela la France, c'est la France que j'aime, et la France que j'ai envie de défendre dans le contexte particulier où nous nous trouvons, dans ma responsabilité de Premier ministre.

Car si cette France abandonnait ce qu`elle est, alors, elle cesserait d`être elle-même. Accueillir des étudiants et des chercheurs étrangers constitue - et je le dis solennellement et avec sincérité en ces lieux - une nécessité pour accroître le rayonnement scientifique, économique, technologique de notre pays. Mis c'est aussi une obligation juridique, et c`est surtout un élément constitutif du patrimoine, non seulement politique, mais aussi moral de la nation française.

Depuis que les hommes de la Révolution ont proclamé que la République donne asile aux étrangers persécutés, pour la cause de la liberté, la France a incarné quelque chose de spécial, de singulier aux yeux du monde. Sa grandeur, celle de notre pays, a consisté à  accueillir, depuis deux siècles, les patriotes italiens, polonais, les Juifs, les Arméniens persécutés, les résistants antifascistes, les victimes de tous les goulags. Et les Français n'accepteront pas que l'on récuse en leur nom cet héritage, ni que soit trahi le message de la France, ce message que les peuples du monde ont appris à  aimer d`elle, pour reprendre la tête très, très belle formule prononcée par François MITTERRAND.

Accueillir des chercheurs en exil, c'est donc continuer à  faire de la France un grand pays, une terre d'asile, un lieu de création, d'imagination, d'innovation, c'est continuer à  faire de la France une grande et belle puissance scientifique. C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs, il est si important que ce programme puisse se déployer à  la hauteur des enjeux auxquels il répond, et des attentes qu'il suscite.

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Collège de France: Le Programme d`aide à  l`Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE)

Le Programme d`aide à  l`Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE), créé le 16 janvier 2017, accorde des subventions aux établissements d`enseignement supérieur et/ou de recherche publics projetant d`accueillir des scientifiques en situation d`urgence.

La prolifération accrue des conflits à  travers le monde et les dérives autoritaires de certains régimes alimentent ce qu`il est convenu d`appeler la `` crise des réfugiés » en Europe. Les scientifiques et les intellectuels, dont la mission est de chercher la vérité et s`oppose par nature à  l`arbitraire et au mensonge qui nourrissent ces crises, sont des cibles désignées de la répression.

à€ ce jour, aucun dispositif national d`aide à  l`accueil des chercheurs et enseignants-chercheurs n‘existait en France, contrairement aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Le Secrétaire d`État à  l`Enseignement supérieur et à  la Recherche, Thierry Mandon, a ainsi décidé et annoncé, le 13 octobre 2016, lors du colloque de rentrée du Collège de France `` Migrations, réfugiés, exils », la création d`un programme d`aide à  l`accueil en urgence des scientifiques en exil (PAUSE).

Doté d`un financement initial du Ministère de l`Éducation nationale de l`Enseignement supérieur et de la Recherche de un million d`euros, ce programme sera piloté depuis le Collège de France et abrité dans les locaux de la Chancellerie des universités de Paris. Une convention entre ces trois institutions portant création du programme a été signée le 16 janvier 2017. Le programme est soutenu par un prestigieux comité de parrainage co-présidé par Edith Heard, professeure au Collège de France, et Alain Prochiantz, Administrateur du Collège de France.

Au terme d`un processus d`évaluation, le programme accorde des aides à  des établissements d`enseignement supérieur et de recherche publics projetant d`accueillir en leur sein des chercheurs et enseignants-chercheurs étrangers en situation d`urgence, en accordant une subvention de co-financement pour des recrutements variant de 20 000 à  60 000 euros. PAUSE a vocation à  se développer grà¢ce à  de nombreux partenariats publics comme privés.

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