Réveil FM, la première radio libre et citoyenne de Kinshasa en République démocratique du Congo !

Mot-clé - Charles onana

Fil des billets Fil des commentaires

dimanche 15 mars 2020

Colloque de l'Afrique des Grands Lacs au sénat: Charles Onana répond à Réveil FM International

Colloque de l'Afrique des Grands Lacs au sénat: Charles Onana répond à Réveil FM International

Freddy Mulongo, Réveil FM International

freddy-mulongo-onana.jpg, mar. 2020

Journaliste et politicologue, Charles Onana a mis vingt-ans de sa vie pour ses investigations sur l'Afrique des Grands Lacs. Il en est l'un des experts. Personne ne nie qu'il y a eu génocide au Rwanda en 1994. Panafricaniste avéré et digne fils d'Afrique, Charles Onana a braqué ses projecteurs sur les morts Congolais. Il est devenu l'ambassadeur itinérant et plénipotentiaire des victimes congolaises du régime dictatorial du Rwanda. Paul kagamé et ses affidés européens et anglo-saxons ont "boutiqué" l'histoire du génocide au Rwanda. Ce génocide rwandais est devenu un fonds de commerce pour Paul kagamé, qui le brandit pour culpabiliser le monde entier d'avoir laissé faire. C'est son faire valoir. C'est l'histoire des vainqueurs. Or il s'est avéré que le même Paul Kagamé qui crie au génocide pour son peuple, commet des crimes de sang, crimes de génocide et crimes contre l'humanité en République démocratique du Congo. Mieux, Kagamé pille et recel les ressources du Congo en toute impunité. Ayant culpabilisé le monde entier, les crimes de Kagamé sont tus, ignorés et oubliés. Et Charles Onana à la manière d'Emile Zola au cours de l'affaire Dreyfus dit: "J'accuse Paul Kagame de massacrer les populations congolaises pour piller les ressources du Congo". Cela choque et gène, tous ceux qui ont bâti le château des cartes de Paul Kagamé sur des mensonges et manipulations. A la différence de Pierre Péan, Charles Onana est un africain, on ne peut donc pas l'accuser de raciste. Et donc on l'accuse d'être "Négationniste" ! Simplement parce qu'Onana a choisi d'écrire l'histoire avec les lunettes du gibier pas avec celles du Chasseur. Sauf que dans les pays des Grands Lacs: prédateurs, pillards, receleurs et chasseurs sont nombreux. Les victimes, plus de 12 millions de morts uniquement en RDC, les Hutus et Twa Rwandais sont décimés, on regarde ailleurs. Un mort est un mort qu'il soit Congolais, Hutu, Tutsi ou Twa dans les pays des Grands Lacs. Charles Onana a été l'un des intervenants du Colloque sur l'Afrique des Grands Lacs au Sénat francais , le lundi 9 mars dernier...colloque que le président du Sénat rwandais et plusieurs associations tutsies rwandaises ont réclamé l'annulation. Le Colloque a bien eu lieu.

1. Réveil FM International: Le palais du Luxembourg, siège du sénat français était imprenable avec le colloque sur l'Afrique des Grands Lacs, le lundi 9 mars. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères a même dit que jamais le sénat n'avait subi autant de pressions extérieures pour l'annulation de ce colloque...

Charles Onana: Oui, la campagne contre ce colloque sur la tragédie des Grands Lacs africains a été d'une violence et d'une agressivité inouïes. Il s'agissait pourtant d'un simple débat intellectuel qui regroupait des chercheurs européens, africains et nord-américains très compétents et très qualifiés que l'on n’a pas l'habitude d'entendre. L’assistance était composée de chercheurs, de sénateurs, de diplomates, de députés, d'anciens ministres, de responsables politiques, de militants associatifs et de citoyens africains et français de tous bords. C'était un grand moment d'échanges, très civilisés et de réflexion intellectuelle de haut niveau. Mais ce n'est pas nécessairement ce qui ressort du compte rendu des médias en général.

2. Réveil FM International: Aucun média n'a relayé ce que vous avez dit au sénat.. qu'avez réellement dit dans votre intervention ?

Charles Onana: Je crois que certains ont des difficultés à reprendre mes propos tellement ils s'obstinent à dresser de moi un portait peu flatteur comme le leur demandent les amis du régime de Kigali. Mon propos s'inscrivait plutôt dans le prolongement de ma démarche scientifique relative à mon livre sur l'opération Turquoise. J'ai d'abord précisé que depuis vingt-cinq ans, les accusations contre l'opération Turquoise étaient d'une pauvreté affligeante et que les assertions des accusateurs ne résistaient pas à l’examen des faits et des preuves. J'ai également rappelé que j'avais minutieusement examiné les archives émanant du Conseil de sécurité pendant dix ans et ce que j'ai découvert m'a donné le vertige. Contrairement à ce qui a été dit et écrit depuis plus de deux décennies, le conseil de sécurité ne s'est jamais désintéressé du Rwanda ni des Rwandais en 1994 mais c'est le FPR de Paul Kagame qui a écrit, entre avril et juin 1994, plusieurs lettres au président et aux membres du Conseil de sécurité pour exprimer son refus catégorique d'une intervention multinationale permettant de mettre fin aux massacres et au génocide. Cette découverte m'a bouleversé. L’existence de ces lettres de la rébellion est une bombe sur le plan scientifique et elle remet en cause l'histoire officielle telle qu'elle est racontée depuis vingt-cinq ans.

3. Réveil FM International: L'hommage à Pierre Péan, grand journaliste Français d'investigation dont vous avez repris le flambeau, doit vous honorer...

Charles Onana: Un hommage a effectivement été rendu à Pierre Péan par Judi River et moi-même car il a été très violemment attaqué, lui aussi, par ceux qui sont hostiles à la vérité et aux révélations qu'il avait apportées dans le dossier de la tragédie des Grands Lacs. Il a fait le travail que peu de journalistes ont eu le courage de faire. En cela, il a fait honneur à toute la profession.

4. Réveil FM International: Que répondez vous à ceux qui vous accuse d'être "Négationniste » ?

Charles Onana: Je n'ai pas de temps à consacrer à des individus qui sont spécialisés dans l'invective et refusent le débat scientifique. Dire de quelqu'un qui publie un livre que personne n'a d'ailleurs attaqué devant les tribunaux qu'il est « négationniste » n'apporte rien au progrès de la connaissance sur les événements du Rwanda et sur ce qui se passe au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) depuis 1994. Ceux qui me qualifient ainsi sont précisément ceux qui nient l'extermination des millions de Congolais, des Twa, des Hutu et aussi de Tutsi au Rwanda et au Zaïre par les troupes de Paul Kagame. Qui est donc « négationniste », eux qui nient ces victimes ou moi qui apporte les preuves des crimes commis par le « camp des vainqueurs » ? En fait, ces soutiens inconditionnels de criminels contre l'humanité attribuent à des auteurs ou à des responsables politiques un qualificatif qui pour moi relève du même mépris et de la même arrogance avec laquelle ils traitent les victimes congolaises et rwandaises.

5. Réveil FM International: Vous n'avez jamais tué personne, ni fait un coup d’État en Afrique ni envahi un autre pays africain pour piller ses ressources, pourquoi faites-vous peur ? Pourquoi cette volonté de vous bannir dans l'espace francophone ? Vous donner la parole, c'est s'attendre aux ennuis ?

Charles Onana: Manifestement, des messages circulent dans plusieurs rédactions parisiennes interdisant de m'inviter surtout dans les médias publics. Il n'y a toutefois aucune restriction, dans les mêmes médias, envers ceux qui défendent le régime rwandais et qui me traitent de tous les noms d'oiseaux. Je n'écris pourtant que des livres très appréciés du public des Grand lacs africains et je fais simplement de la recherche scientifiques avec un certain niveau d'exigence et de probité. Je crois que les livres et les auteurs qui osent examiner les choses en profondeur sont en principe « dangereux », d'après certains régimes criminels et leurs sympathisants. Aller en profondeur, c'est aussi porter la lumière là où certains préfèrent absolument conserver l'obscurité et le silence de leurs cadavres. Tenter d'apporter des preuves du mensonge là où certains refusent qu'on les montre est effectivement propice aux ennuis.

6. Réveil FM International: Le colloque Afrique des Grands lacs a eu lieu, quelle suite donner à cette rencontre ?

Charles Onana: Une suite qui viserait à cesser de se soumettre intellectuellement au discours officiel de la tragédie rwandaise. La suite serait de ne plus accepter que l'on prétende que le génocide du Rwanda a eu des conséquences non prévues en République Démocratique du Congo (RDC). C'est inexact ! Le drame du Rwanda visait l'invasion et le pillage du Congo. Les preuves existent. Il est donc urgent de réexaminer ce discours stigmatisant, continuellement méprisant et discriminant envers les autres victimes de la tragédie des Grands Lacs. Il faut faire entendre les voix de toutes les victimes : Hutu, Twa, Tutsi et Congolais, tués par les troupes de Paul Kagame au Rwanda et en RDC. C'est une exigence intellectuelle, humaine et scientifique que de refuser de trier dans les charniers. Fléchir et ramper devant les pressions d'une caste de criminels contre l'humanité ou de leurs thuriféraires est une renonciation à notre propre humanité. Tous ceux qui furent tués au Rwanda et en RDC méritent, sans discrimination ni restriction, d'être considérés et respectés. Je ne trie pas les morts Tutsi, Hutu et Twa. De même qu'on ne saurait, pour un enfant né d'un parent Tutsi et d'un parent Hutu et qui a perdu ses deux parents en 1994, s'intéresser à une seule partie de sa famille et considérer que l'autre n'existe pas.

7. Réveil FM International: On dit que vous êtes le chouchou des Africains silencieux, la prunelle des yeux des Congolais l'avez-vous ressenti au Sénat ?

Charles Onana: En tout cas, j'ai le sentiment d'avoir fait mon travail de façon honnête et avec humilité. Je n'ai jamais prétendu détenir la vérité, loin de là. Mais les lecteurs sont ravis et me disent merci d'avoir osé. Ils connaissent bien les enjeux qui pèsent sur ce dossier. Les milliers de femmes violées de la RDCongo en savent quelque chose. J'ai rencontré des lecteurs et lectrices venus de loin, du Canada et même d'Afrique pour ce colloque. C'est dire son importance. Les organisateurs de la rencontre du Sénat ont réussi leur pari. En plus d'ouvrir un débat démocratique et intellectuel d'une grande tenue, ils ont aussi posé un acte de catharsis. Les victimes congolaises ont eu droit à la parole qu'on leur refuse. Les visages, tantôt émus tantôt souriants, exprimaient une grande satisfaction. L'ambiance était chaleureuse et les poignées de mains franches. Dans les médias, on avait plutôt annoncé un « colloque de la honte » et « de la haine » ou du « négationnisme ». Il n'y a rien eu de tout cela. Et c'est dommage que les médias soient passés, une fois de plus, à côté de la réalité en restant sur leurs préjugés plutôt que de rendre compte en toute objectivité.

8. Réveil FM international: Il y a un procès au pénal contre vous pour avoir nié le génocide des Tutsi. Etes-vous déjà fixé ?

Charles Onana: N’importe quoi ! Le ridicule ne tue pas et que rien ne les arrête dans la diffusion du mensonge... Ils seraient bien inspirés de s'intéresser à la situation dramatique de mon ami Déo Mushayidi, victime Tutsi du génocide de 1994, condamné à perpétuité parce qu'il a réclamé, comme moi, vérité et justice pour les Tutsi et les Hutu. Demandez à tous les journalistes et associations qui ont diffusé cette rumeur à quelle date se tient le procès ? C'est hallucinant ! Ce sont des méthodes de voyous. Le droit français reste tout de même précis. Vous aurez remarqué qu'ils m'ont même baptisé « Adrien » pour l'occasion. Je n'ai jamais vu ce prénom dans mes papiers d'identité. Cela vous donne une idée du niveau de rigueur de ceux qui me poursuivent. S'ils en sont à ne même pas savoir comment je m'appelle alors que mon nom est sur tous mes livres, je serais tenté de dire qu'ils vont jusqu'à nier publiquement le nom que m'ont donné mes parents... N'est-ce pas du « négationnisme » ça ?

9. Réveil FM International: 20 ans de votre travail sur les Grands Lacs pour que seulement aujourd'hui la vérité commence petit à petit à faire son chemin...avec la conséquence de votre diabolisation...

Charles Onana: Souvenez-vous que Mandela fut longtemps traité de « terroriste » avant que le monde entier le traite de « Grand homme » ou de « démocrate », Martin Luther King était aussi présenté comme un homme « dangereux pour la sécurité de l’État » simplement parce que ces gens réclamaient la vérité et la justice dans leur pays. Moi je n'ai ni la taille ni le niveau de combativité de ces illustres personnalités. J'écris simplement des livres en apportant généralement des preuves sur ce que j'avance. Ce sont ces preuves qui permettent d'expliquer et de comprendre l'origine ou la cause principale de la tragédie du Rwanda et du Zaïre. Ce sont les même preuves qui me valent toutes les insultes, attaques et autres dénigrements. J'ai découvert des documents que je ne devais pas découvrir, des documents qui devaient rester cachés pour toujours au Conseil de sécurité. Voilà mon crime !

Lire la suite...

Partager sur : Partager

lundi 8 avril 2019

Charles Onana: 6 avril 1994-6 avril 2019, 25 ans de mensonges, de silence sur l'assassinat de deux chefs d'Etat africains!

Charles Onana, journaliste d'investigation, politicologue... Il est l'un des dignes fils d'Afrique !

6 avril 1994- 6 avril 2019, 25 ans de mensonges, 25 de silence sur l'assassinat de deux chefs d'Etat africains, 25 ans d'impunité et ça continue,... Celui qui a tiré le missile SAM 16 et pulvérisé le Falcon 50 du chef de l'Etat rwandais court toujours, couché dans une colline de Kigali et buvant une bière de banane, la spécialité rwandaise en temps de chaleur. Tuer deux chefs d'Etat africains et dormir sous le soleil, l'alcool à  l`œ“il est un plaisir que certains savourent encore 25 ans après les faits.

Le pays reçoit, le 7 avril de chaque année, des invités Européens et africains pour pleurer devant des tas de squelettes dont on ne sait s'ils sont ceux des Rwandais ou des Congolais. Ce spectacle macabre et indigne des traditions africaines expose sans pudeur des morts au lieu de les enterrer dans la dignité. C'est le cercle d'exposition des ossements humains dont le principal objectif est de perpétrer le mensonge sur la tragédie rwandaise et au passage de dissimuler les noms de ceux qui ont commandité et tué deux chefs d'état africains le 6 avril 1994 au Rwanda. Demain 7 avril 2019, des discours larmoyants seront de mise. Les mouchoirs sortiront des poches pour les caméras de télévision dans le dessein d'émouvoir, de tromper et de mentir à  nouveau.

Les assassins des deux chefs d'état seront peut-être de la partie, les lunettes noires dissimulant leur regard fuyant et leurs yeux rougis d'insomnie, la mine sombre, les mains moites, la gorge serrée par cette émotion feinte et ambiguà«. Ils feront semblant d'être tristes, d'être touchés et nul ne saura si ce sont les morts qui pèsent sur leur conscience ou si c'est la honte de leur mise en scène. Les médias raconteront la même histoire, 800 000 morts? 1 million de morts ? Plus d'un million de morts ? Tous du même groupe ethnique? De toute façon, compter les morts avec précision dans ce pays n'a aucune importance puisque ce qui prime, c'est d'imposer un mensonge officiel. Pour les deux présidents africains, personne ne versera de larme. Ils n'étaient rien, ils n'ont pas existé, leur assassinat n'existe donc pas! Pourtant les Nations Unies soutiennent que c'est leur assassinat qui a déclenché l'apocalypse au Rwanda ...

Le mensonge étant devenu la première religion de ce pays, il ne faut pas parler de ce qui a déclenché le fameux "génocide" au risque de diviser les Rwandais qui seraient actuellement très unis derrière les commémorations du mensonge. La machine à  mentir gagne l'Europe après avoir structuré les esprits des jeunes rwandais. Ils veulent désormais formater les petits européens au mensonge sur leurs morts qu'ils n'ont toujours pas réussi à  compter.

Nous assistons déjà  et assisterons dans les prochains jours à  une campagne de propagande macabre et retentissante sur les événements de 1994 au Rwanda. C'est le 25ème anniversaire de la stigmatisation politico-ethnique, du particularisme victimaire et de la discrimination volontaire des victimes dans un pays où Tutsi, Hutu et Twa ont été massacrés de façon atroce et inhumaine. Mais, depuis 25 ans, il n'est question et il n'y a d'attention que pour un seul groupe de victimes et pas pour toutes les victimes.

Souvenez-vous au début, tous les médias occidentaux, membres d'ONG et chercheurs nous expliquaient que ce qui s'était produit au Rwanda était un "génocide visant les Tutsi et les Hutu modérés". Progressivement, cela a changé. Avez-vous remarqué qu'on ne parle plus des "Hutu modérés"? Que s'est-il donc passé? Pourquoi ont-ils disparu ? N'avaient-ils pas été victimes d'un génocide? Était-ce une erreur initiale de formulation? Même des chercheurs "respectables" les ont rayés d'un trait de plume. Ce n'est pas très humain ni très rigoureux de rétrograder ou d'exclure ainsi du registre des victimes sans préavis ni explication les "Hutu modérés".

Autre curiosité dans ce dossier à  multiples zones d'ombre. Avez-vous jamais entendu parler des Twa? C'est la première minorité au Rwanda. En 1994, ils étaient 1% de la population. Les Nations Unies reconnaissent qu'ils ont été massacrés en masse. N'y a t-il personne pour se préoccuper de leur sort ? Ne sont-ils pas des victimes des crimes contre l'Humanité commis en 1994? Ne sont-ils pas des êtres humains méritant le même traitement que celui réservé à  d'autres? Voilà  des trous d'air ou des trous noirs qui permettent de douter, sinon du sérieux et de la véracité de l'histoire officielle du "génocide" au Rwanda, du moins des intentions réelles et profondes de ceux qui imposent une version contraire à  la réalité.

L'attentat contre deux chefs d'Etat africains le 6 avril 1994 est du même ordre. Il ne compte pas. Il n'existe pas. C'est le principal trou noir et le début de la falsification de l'histoire officielle du "génocide". Toutes les victimes de cet attentat sont méprisées et ostensiblement ignorées depuis 25 ans. Ceci questionne tout de même ceux qui recherchent de la vérité.

A la différence de beaucoup de chercheurs et de journalistes, je m'intéresse à  toutes les victimes de la tragédie rwandaise car je considère qu'elles méritent toutes respect et considération. Ne parler que d'une seule catégorie ou d'un seul groupe est un acte suspect et de discrimination volontaire ou involontaire envers les autres victimes. Parler de la mémoire d'un seul groupe et d'une seule catégorie, c'est instaurer et structurer le rejet et l'exclusion de la mémoire des autres victimes. Après la discrimination des ethnies est-ce désormais la discrimination des mémoires? J'aimerais d'ailleurs que ceux qui penchent pour un seul groupe et une seule catégorie de victimes aient une petite pensée pour mon ami Déo Mushayidi, victime Tutsi de 1994 en prison actuellement à  Kigali pour ses appels à  la vérité et à  la réconciliation. La vérité et la réconciliation peinent à  progresser au Rwanda tant que l'on refuse de raconter l'histoire des événements de 1994 de façon objective, honnête et impartiale.

Toutes les victimes doivent avoir une sépulture et méritent le recueillement, les Tutsi mais également les Twa et les Hutu. Tous les auteurs de massacres et de crimes contre l'Humanité doivent aussi être identifiés et désignés parmi les Hutu, les Tutsi ou les Twa. Ce n'est pas ce qui se passe depuis 25 ans au Rwanda. Si certains considèrent qu'il y a eu des massacres pour des raisons ethniques dans ce pays, pensent-ils aussi qu'il faut discriminer les victimes pour des raisons ethniques? En cherchant à  satisfaire, à  mettre en valeur et à  "apaiser" seulement un groupe, pense-t-on qu'on rend service à  la paix et à  la réconciliation au Rwanda? Quand et comment permettra-t-on l'apaisement des autres groupes et de tous les Rwandais ? Quand comprendra-t-on que l'on est tous égaux devant la souffrance, l'injustice et la mort ? Ma bataille intellectuelle et humaine depuis plus d'une décennie est de faire cesser l'apartheid ou la ségrégation officielle, médiatique et scientifique entre les victimes de la tragédie rwandaise mais aussi entre les bourreaux de celle-ci.

Je conçois parfaitement que cette lecture, apparemment minoritaire et dérangeante, rencontre l'hostilité des esprits réfractaires à  la vérité et à  la justice pour tous. Je conçois aussi que cette démarche qui ébranle le discours médiatique dominant et quelques certitudes provoque différentes réactions plus ou moins rationnelles. Elle fait néanmoins son chemin et irrigue malgré tout une partie non encore totalement intoxiquée de l'opinion. Elle finira par s'imposer comme une donnée essentielle et incontournable dans la recherche de la vérité. Il est totalement inutile de vouloir la combattre car les victimes "oubliées" et discriminées du Congo-Zaïre frappent, elles-aussi, vigoureusement à  la porte hermétiquement fermée de la vérité. Il faudra ouvrir cette porte pour expliquer aux Congolais, qui n'ont jamais participé aux massacres de 1994 au Rwanda, l'origine et les raisons de leurs millions de morts et de femmes violées... Dans la vidéo qui suit, j'essaye modestement de contribuer à  une relecture objective de l'histoire de la tragédie rwandaise en puisant dans toutes les sources disponibles et en évitant de me réfugier dans le manichéisme, posture apparemment confortable que beaucoup adoptent depuis 25 ans. C'est une démarche très difficile dans un environnement où tous les médias disent la même chose et où le mensonge est tellement répété, construit et distillé, qu'il semble indestructible.

Pour ceux qui ont la mémoire des vérités apparentes, souvenez-vous lorsque le gouvernement des Etats-Unis prétendait avoir des preuves que Saddam Hussein avait les armes de destruction massive, c'était très compliqué voire impossible de dire le contraire sans être attaqué, ridiculisé, marginalisé,... Ce fut encore le cas dans le dossier de la crise ivoirienne. En 2011, lorsque j'ai publié, dans une atmosphère d'hostilité et de conditionnement médiatique des esprits, Cà´te d'Ivoire le coup d'Etat, il était impossible de faire entendre autre chose que les discours incendiaires sur Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Il a fallu 8 ans pour que la Cour Pénale Internationale (CPI), démunie et dépitée, accepte de remettre le chef de l'Etat ivoirien et son ministre en liberté; poussant par ce fait certains à  reconsidérer les accusations portées contre l'un et l'autre. La vérité, petit à  petit, a pris le dessus malgré la propagande colossale déployée en 2011 et après. Le dossier du "génocide" de 1994 au Rwanda subira le même sort...

Lire la suite...

Partager sur : Partager