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mercredi 11 juin 2008

Dr.Cheik Modibo Diarra:"Des lions qui marquent leur territoire est le scénario idéal pour le développement de l'Afrique"

Dr. Cheick Modibo Diarra, Le président de la firme de Bill Gates- Microsoft en Afrique, avait invité la crème de la diaspora africaine en occurrence la société civile et les journalistes à  une édition spéciale des Leadership Lecture Series. La rencontre a eu lieu le lundi 19 mai dernier au salon Orsay de l'hà´tel Hilton qui se trouve au pied de la Tour Eiffel à  Paris. "Nous avons le devoir de nous retrouver et de discuter des futurs possibles de notre continent." C`est par ces mots que Cheick Modibo Diarra, l`astrophysicien malien de la Nasa, organisateur de l`événement a introduit la conférence sur le thème : `` Quels avenirs peut-on envisager pour l`Afrique ? ». Il avait invité Alioune Sall, directeur de l`Institut des Futurs Africains, à  venir exposer ses recherches sur les devenirs probables du continent noir. La conférence débat s`est appuyée sur les recherches que le Dr. Sall a menées pour préparer son ouvrage intitulé `` Afrique 2025 : quels futurs possibles pour l`Afrique au sud du Sahara ? » et qui propose des pistes originales pour l`entrée de l'Afrique dans le XXIe siècle.

Se confiant à  Freddy MULONGO, le président de Microsoft Afrique, Cheick Modibo Diarra partage son optimisme pour l'Afrique grâce à  une société civile forte et compétente Crédit photo: Oussouf DIAGOLA, Agence Nabara.

"L`avenir de l`Afrique en débat : quel scénario pour les lions ?" !

"Il n`y a pas de fatalité qui ferait de l`Afrique un spectateur de l`Histoire, s`exclame Alioune Sall. Prospecter sur l`avenir de notre continent n`est pas un luxe réservé à  quelques intellectuels. C`est une exigence pour réduire les incertitudes". Avec 1 milliard 500 millions d`habitants en 2050 (dix fois plus qu`aujourd`hui), une population très jeune, des ressources naturelles importantes et un vaste territoire, l`Afrique aurait tous les atouts pour devenir un centre économique mondial incontournable.

Tel est le constat de départ des recherches conduites par Alioune Sall et son équipe. Mais, au-delà  de l`explosion démographique et des richesses non exploitées, les chercheurs pointent du doigt les nombreuses difficultés auxquelles doivent faire face les Africains. A commencer par la santé, qui reste un problème majeur.  "La malaria fait perdre à  l`Afrique 13 milliards de dollars chaque année, souligne le directeur de l`Institut des Futurs Africains. De plus, la jeunesse du continent peut s`avérer être aussi une faiblesse, car elle entraîne des besoins sociaux importants". Autres difficultés mises en exergue : les régimes dictatoriaux qui n`ont pas totalement disparu, la logique rentière qui empêche le continent de se lancer dans la compétition mondiale, l`extraversion économique. Face à  ces réalités, beaucoup d`incertitudes subsistent quant au devenir de l`Afrique. Celui-ci dépend principalement, selon Alioune Sall, de l`évolution des mentalités et des régimes de gouvernance.

"Des Lions qui marquent leur territoire" !

"La logique relationnelle, qui nous fait investir davantage dans le capital social, communautaire, que dans le capital productif, va-t-elle céder la place à  la logique économique, faite de compétition ? Allons-nous vers une démocratisation plus forte ou bien les régimes prédateurs vont-ils se maintenir au pouvoir ?" Ces interrogations, soulevées par Alioune Sall, induisent plusieurs scénarios possibles concernant le futur de l`Afrique. Le chercheur et son équipe en ont relevé quatre. Deux scénarios catastrophe : celui des "lions pris au piège", dans lequel l`Afrique demeurerait incapable de mettre ses richesses et ses talents au service de ses citoyens, et celui des "lions affamés", caractérisé par la prédominance des logiques guerrières.

Deux autres plus optimistes :  "Les lions sortent de leur territoire" est un scénario dans lequel l'Afrique valorise ses productions minières et agricoles, investit fortement dans la science, la formation et développe ses organisations sociales, explique le directeur de l`Institut des Futurs Africains. Le problème de cette situation c`est l`accroissement des disparités géographiques et sociales et les conséquences néfastes sur l`environnement. Le défi, selon nous, c`est de se développer sans perdre son à¢me. Ce quatrième scénario, nous l`avons baptisé " les lions marquent leur territoire ".

Pour l`atteindre, il faut, selon Alioune Sall, insuffler des changements dans les modes de vie et de développement. C`est tout à  fait possible. L`Afrique doit faire sa révolution, s`exclame-t-il. Il appartient aux Africains d`être responsables et de faire en sorte que leurs ressources cessent d`être pillées. Aujourd`hui des élites se contentent de tirer profit des richesses du continent.

Mais une série de revendications émane de la base et amène les Etats à  se dire qu`il faut changer. Nous devons soutenir ces revendications pour que les hommes politiques soient moins soucieux de gagner les prochaines élections que de savoir ce qu`ils vont léguer aux futures générations.  Autre condition nécessaire : faire le tri dans les "valeurs africaines". Car certaines sont peu favorables au développement. C`est le cas, selon le chercheur, du patriarcat. Au contraire la solidarité est, elle, porteuse d`espoir. Enfin, " l'Afrique ne pourra s`en sortir si elle reste divisée entre 53 pays, estime Alioune Sall. Nous devons mettre en commun nos ressources. Les organisations régionales comme la CEDEAO ou la SADC doivent devenir les piliers de cette intégration. Quant à  l`Union Africaine, ses structures doivent être investies par la société civile. 

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