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samedi 21 septembre 2019

Patriarche Clovis Passy:"Les politiciens africains sont méchamment Machiavéliques" !

C'est un patriarche mais surtout un papa qui m'a reçu chez lui, dans sa coquette villa à  Noisy-Champs dans la région parisienne. Remerciements à  Maman Yollande Passy, très discrète mais efficace dans l'hospitalité des invités. Papa Clovis Passy est originaire du Congo-Brazzaville. Il a tellement vécu en France et beaucoup voyagé qu'il est difficile de le cantonner dans un seul pays et une seule nation. Le 17 décembre prochain, il fêtera ses 82 ans! Il y a 65 ans, c'est-à -dire en 1954, il a vécu l'apparition mariale. La vision de Marie, mère de Jésus guide sa vie. Lorsqu'on parle avec papa Clovis Passy, c'est l'Afrique qui revient dans la conversation. Il est un passionné de l'Afrique et son amour pour les peuples d'Afrique n'est pas à  démontrer. D'ailleurs, ses fleurs ont dessiné une carte d'Afrique avant de monter les marches de sa villa et Madagascar n'est pas oublié ! Dans ce bas monde, la morale, sagesse et recherche de la lumière divine sont bafouées. Aimer son prochain et élever son à¢me sont devenus des missions impossibles.

Papa Clovis Passy est toute une bibliothèque à  lui tout seul. Il me parle des événements qui ont secoué le monde. L'année 1963, alors que je n'était pas pas encore né, fut une année catastrophique dans le monde. Papa Clovis Passy a toute une collection reliée de Paris Match. En feuilletant certains numéros, on peut y lire le discours de Mao Tsé qui prédisait l'évolution de la Chine. Il faut dire que "La Chine, qui n`était qu`un pays pauvre depuis l`avènement du maoïsme et où les famines n`étaient pas rares, a depuis quarante ans, d`abord sous Deng Xiaoping, puis avec ses successeurs, opéré un essor économique fulgurant auquel personne n`aurait cru à  l`époque. Assise sur des réserves de change colossales de plus de 3 000 milliards de dollars, la Chine est aux aguets pour acheter ce qui est à  vendre dans tous les secteurs des économies occidentales.

La liste est longue des rachats d`entreprises par ce nouveau géant et l`on voit désormais une classe moyenne devenir une classe de consommateurs relativement riches (toutes proportions gardées). La Chine est partie sans complexe à  la conquête du monde, et ce dernier assiste, médusé, à  cette reconversion étonnante que personne n`aurait pu prédire il y a quarante ans. Partout, les Chinois sont accueillis en sauveurs. Depuis 2000, les investissements chinois à  l`étranger ont été multipliés par 40. Une boulimie qui ne connaît pas de limite géographique, ni sectorielle. Ce mouvement a un nom en chinois : `` Zouchuqu, 走出去 », c`est-à -dire `` sortir des frontières », slogan lancé par les dirigeants du pays à  la fin des années 2000. En même temps qu`elle inonde le monde de ses produits, la Chine est devenue l`atelier du monde, mais aussi le premier marché pour de nombreux produits de ses partenaires économiques. Il en va ainsi de l`automobile, l`aéronautique, les produits miniers et de bien d`autres secteurs de l`économie." Pierre-Antoine Donnet, QUAND LA CHINE ACHàˆTE LE MONDE !

Lorsqu'il parle des multitudes du Congo-Brazzaville, que sa voie demeure cassée.Il est abasourdi du fait que les gens meurent de disette au Congo-Brazzaville." les gens meurent de maladie mais la plupart meurent de faim. Et quand un peuple meurt de faim, c'est de la responsabilité de l'Etat" dit-il. Il trouve inacceptable que les Congolais de Brazzaville puissent continuer de vivre sans eau ni électricité. Ils dénoncent le fait que des officiers se suicident par manquent des moyens de subvenir aux besoins de leurs familles. "A Brazzaville, les gens de mon à¢ge sont à  compter au bout des doigts. Ils sont paralysés, diabétiques, souffrent d'hypertension et de la disette". La prostitution enfantine est alarmante.

Papa Clovis Passy est la personne qui avait prédit à  Massamba Débat qu'il deviendrait le deuxième Président de la République du Congo. Et Massamba Débat a été président de la République du Congo de 1963 à  1968. Papa Clovis Passy allait au palais tous les jours. Bien que le pays soit Marxiste-Léniniste, papa Clovis Passy avait bravé l'interdit. Il alla aux Etats-Unis et ramena Général Motors au Congo. La jeep GM que Massamba Débat roulait avec dans ses moments de détente, c'est lui qui l'avait offert. Trois jours avant sa démission, Massamba Débat l'appelle au palais présidentiel et lui dit "Reprend ton pouvoir, moi je démissionne" ! "On a ramené un cadavre devant mon palais, moi je refuse d'être un président des cadavres" !

Les hommes politiques africains sont méchamment machiavéliques. Ils sont souvent ingrats et sont prêts à  tuer pour le pouvoir, y compris ceux qui les ont aider à  y accéder. L'histoire du Congo-Brazzaville est aussi tragique que celle de plusieurs pays africains, avec son lot de traîtrise, exécutions sommaires et bains de sang. La soif du pouvoir s'assouvi souvent dans la traîtrise des aspirations du peuple. On ment au peuple, que l'on est là  pour le servir alors que c'est pour son propre pouvoir. Le peuple est floué, méprisé et embastillé lorsqu'il réclame ses propres droits. :

Le 15 aoà»t 1963, les chefs militaires Mountsaka et Mouzabakani appellent Alphonse Massamba-Débat au pouvoir. Il devient chef du gouvernement provisoire et constitue un cabinet réduit constitué de techniciens (Antoine Maboungou-Mbiba, Germain Bicoumat, Bernard Galiba, Pascal Lissouba, Paul Kaya, Charles David Ganao, Edouard Ebouka-Babakas et Jules Kounkound).

Le 8 décembre 1963, la nouvelle constitution est adoptée par référendum. Elle institue un Conseil National de la Révolution (CNR), présidé par le président de la République. Elle prévoit, outre la fonction de président de la République, celle de Premier ministre, chef du gouvernement.

Le 19 décembre, il est candidat unique à  l'élection présidentielle. Il est élu à  100 % des suffrages exprimés. Le 24 décembre 1963, il publie son gouvernement, au sein duquel Pascal Lissouba devient Premier ministre.

En aoà»t 1964, le Mouvement National de la Révolution (MNR) est créé et institué parti unique. Massamba-Débat en est le secrétaire général et Ambroise Noumazalaye le Premier secrétaire politique.

L'idéologie du régime est de gauche et le Congo se rapproche des pays socialistes, notamment Cuba et la Chine, tout en s'éloignant des pays capitalistes. Che Guevara vient rencontrer Massamba-Débat en janvier 1965. Les relations diplomatiques sont rompues avec les États-Unis. Les rapports se tendent avec le Congo démocratique voisin dont l'itinéraire politique est de plus en plus influencé par les velléités mobutistes. En conséquence, le gouvernement de Tshombe expulse les ressortissants du Congo-Brazzaville vivant dans l'ex-Congo belge. Massamba-Débat apporte par ailleurs son soutien au MPLA angolais et à  l'UPC camerounaise.

Sur le plan intérieur, le régime de Massamba-Débat, aux prises avec les complots alimentés par une jeune garde politique congolaise avide de plus de pouvoir, se montre en contrepartie plus répressif et brutal, notamment par le biais de sa milice politique, la Défense civile et l'organisation de jeunesse du parti unique, la JMNR. Le point culminant de cette atmosphère de `` terreur » est constitué par l'assassinat en février 1965, de trois personnalités dont les positions ne sont pas du goà»t du pouvoir : le président de la Cour suprême Joseph Pouabou, le procureur de la République Lazare Matsocota et le directeur de l'Agence Congolaise d'Information Anselme Massoueme auxquels on ne pourra attribuer la responsabilité à  Massamba-Débat dont la mémoire réhabilitée en 1991 commencera à  rétablir la vérité sur l'ensemble de son œ“uvre marquée autant par la rigueur, l'intégrité, que le pacifisme. Il s'agira néanmoins des premiers crimes politiques reconnus de l'histoire du Congo indépendant.

Sur le plan économique et social Massamba-Débat mène une gestion saine et rigoureuse. Sous sa présidence le Congo connaît un début d'industrialisation et le niveau de vie des Congolais s'améliore. Quelques grandes unités de productions à  grande main d'œ“uvre sont construites : l'usine textile de Kinsoundi, les palmeraies d'Etoumbi, l'usine d'allumettes de Bétou, les chantiers de constructions navales de Yoro, etc. Des centres de santé sont créés (deux à  Brazzaville et un à  Pointe-Noire) ainsi que des groupes scolaires (collèges et écoles primaires). Le taux de scolarisation du pays devient le plus élevé d'Afrique noire.

L'assise populaire de Massamba-Débat est incertaine dès le départ, car une partie des ressortissants de la région du Pool, dont sont originaires les deux premiers présidents du Congo, lui reproche d'avoir remplacé Youlou à  la tête du pays. La brutalité des milices rend le régime impopulaire. Massamba-Débat, devient de plus en plus isolé. Les contradictions idéologiques (socialisme bantou contre socialisme scientifique) et les luttes de factions, principalement entre les pro-lissouba et les pro-noumazalaye ; les tentatives de l'opposition de droite (Mouzabakani, Kolelas, Kinganga) et l'activisme des officiers progressistes, conduits par le capitaine Ngouabi, affaiblissent Massamba-Débat.

Le 26 avril 1966, il nomme un nouveau gouvernement. Ambroise Noumazalaye devient Premier ministre en remplacement de Lissouba. Une lutte sourde s'instaure entre le président et son Premier ministre sur les options idéologiques, la politique de nationalisation des entreprises et la diplomatie.

Le 12 janvier 1968, il démet Noumazalaye et décide d'assumer lui-même la fonction de Premier ministre.

En juillet 1968, devant la montée de la contestation, il fait arrêter le capitaine Ngouabi, dissout l'Assemblée nationale et le bureau politique du MNR et suspend la Constitution de 1963. Il en résulte un affrontement entre ses partisans au sein de la Défense civile et une partie de l'armée. Il est alors contraint d'amnistier tous les prisonniers politiques et composer avec ses opposants.

Une autre version de ces événements consisterait en la simple reconnaissance d'un coup d'État qui conclura logiquement les manœ“uvres de ces grandes figures du Nord que sont Marien Ngouabi ou encore et déjà  l'actuel président Denis Sassou-Nguesso ; car en tout état de cause, les problèmes internes du Congo sont depuis toujours liés à  des conflits relativement ethniques dont ont su malignement profiter les intérêts français et occidentaux via la soif de pouvoir des jeunes pousses politiciennes d'alors que l'on retrouvait pour l'heure dans les camps sudistes aussi bien que nordistes. On pourra noter alors la volonté manifeste de Massamba-Débat d'éviter tout bain de sang et ainsi de se contraindre à  démissionner.

Le 5 aoà»t 1968, il forme un nouveau gouvernement, et un nouveau Conseil National de la Révolution (CNR) de 40 membres et doté de pouvoirs étendus, est mis en place. Celui-ci est présidé par Ngouabi et Massamba-Débat y est un simple membre. Outre Ngouabi, plusieurs officiers ont font partie : Norbert Ntsika, Alfred Raoul, Joseph Ngabala, Denis Sassou-Nguesso, Luc Kimbouala-Nkaya, etc., ainsi que le chef de la Défense civile, Ange Diawara.

Le 4 septembre 1968, Massamba-Débat, dont les prérogatives de président de la République ont été rognées par le CNR, se résout officiellement de démissionner. La fonction de président de la République est provisoirement suspendue. Le capitaine Raoul assume l'intérim du chef de l'État.

Le 31 décembre 1968, la fonction de président de la République est rétablie. Marien Ngouabi est le nouveau président.

Le 16 octobre 1969, il est arrêté par le nouveau régime et accusé des assassinats de février 1965. La cour martiale chargée de le juger l'acquitte, le mois suivant, le procès ayant démontré la seule implication de ses collaborateurs d'alors (Ambroise Noumazalaye, Lissouba, Ndalla, Hombessa, etc.) réunis au sein du groupe de M'Pila. La conférence nationale souveraine de 1991 qui revient sur cette période historique rétablit les faits et les responsabilités de chacun des acteurs. Le président Alphonse Massamba-Débat ne pouvait pas ignorer les soupçons et les preuves que ses services de sécurité avaient accumulés relatifs aux activités subversives de Matsocota et Pouabou. Libéré, il se retire dans son village natal. Le Congo entre alors dans une phase de grande instabilité (installation du `` socialisme scientifique », instauration de la République populaire du Congo en 1970, multiples tentatives de coup d'État) dont le point culminant sera l'assassinat de Ngouabi en mars 1977.

Massamba-Débat est arrêté à  son domicile brazzavillois, le 18 mars 1977, probablement quelques heures après l'assassinat de Marien Ngouabi. L'un de ses enfants sera lui aussi emmené de force avec lui et ne reverra plus jamais son père, pas plus que ses autres frères et sœ“urs. Selon certains témoignages, l'ancien président est victime de graves sévices durant sa détention. La cour martiale instituée pour la circonstance par le Comité Militaire du Parti, nouveau détenteur du pouvoir, le condamne à  mort. Il est présenté comme l'instigateur du complot ayant conduit à  la mort du président Ngouabi. Il est exécuté durant la nuit du 25 mars 1977, dans des circonstances mystérieuses. Son corps n'a jamais été rendu à  sa famille. Sa mémoire a été réhabilitée par la Conférence nationale souveraine de 1991, mais l'emplacement de sa sépulture n'a jamais été révélé. Des sources le disent assassiné, dépecé en menu morceau et jeté aux fauves du parc zoologique de Brazzaville.

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