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mercredi 4 mars 2020

LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DÉBAT DU RESPECT DES DROITS DE L’HOMME DANS LE CONTEXTE DE LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DÉBAT DU RESPECT DES DROITS DE L’HOMME DANS LE CONTEXTE DE LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME


Freddy Mulongo, Réveil FM International


Freddy Mulongo-Conseil des droits de l'homme 7.jpg, mar. 2020

 

 Il achève par ailleurs son débat sur la situation des défenseurs des droits de l'homme


Le Conseil des droits de l'homme a tenu, cet après-midi, un débat interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection des droits de l’homme et libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, Mme Fionnuala Ní Aoláin.  Il a auparavant achevé son dialogue avec le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits de la personne, M. Michel Forst, en entendant les interventions de nombreuses délégations*.

 

Présentant son rapport, Mme Ní Aoláin a souligné que si elle reconnaît la nécessité impérative de s’attaquer à l’extrémisme violent, elle estime aussi que seules des politiques axées sur les droits de l’homme donneront des résultats tangibles à long terme.  Elle a en outre pointé de manière spécifique des politiques et pratiques qui ne reposent pas sur de solides bases scientifiques, ainsi qu’une absence totale de suivi et d’évaluation de ces politiques, y compris de la part des entités des Nations Unies. 

 

Depuis les marches et la violence des partisans néonazis et jusqu’à la violence fanatique et brutale de l’État islamique de l’Iraq et du Levant, l’idéologie extrémiste violente est présente dans le monde entier, a poursuivi la Rapporteuse spéciale.  Elle a également fait remarquer l’absence d’une définition mondialement agréée de « l’extrémisme violent », voire de « l’extrémisme » même, et a exprimé son inquiétude face à l’absence de clarté autour de ce terme dans les législations nationales, ce qui aboutit parfois à de graves violations des droits de l’homme.  

 

S’agissant de ses activités, Mme Ní Aoláin a indiqué qu’elle avait accordé la priorité à l’approfondissement des relations institutionnelles avec les entités mondiales engagées dans la réglementation antiterroriste aux Nations Unies et ailleurs.  Elle a en outre rendu compte de sa visite au Kazakhstan.

 

En tant que pays concerné, le Kazakhstan a fait une déclaration, avant que ne s’engage avec la Rapporteuse spéciale un dialogue auquel ont pris part de nombreuses délégations**.

 

En fin de séance, le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Arménie, la Mongolie et l’Azerbaïdjan ont par ailleurs exercé leur droit de réponse. 

 

Demain matin, à partir de 10 heures, le Conseil doit achever son dialogue avec Mme Ní Aoláin, avant d’entamer des débats interactifs avec le Rapporteur spécial sur le droit à la vie privée et avec la Rapporteuse spéciale sur le logement convenable. 

Les débats de cette quarante-troisième session et l’ensemble des interventions auxquelles ils ont donné lieu peuvent être suivis et réentendus en consultant le site UN Web TV.

Fin du débat interactif sur la situation des défenseurs des droits de l'homme

 

Aperçu du débat

 

De nombreuses délégations ont appuyé le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial.  Elles ont exhorté à la vigilance s’agissant des droits des défenseurs et ont plaidé pour que leurs droits soient soutenus.  Il est impératif de respecter les normes juridiques internationales et coutumières, en particulier dans le traitement des personnes qui prêtent assistance aux réfugiés et aux populations dans les zones de conflit, a-t-il été souligné. 

 

Les exactions commises sur le terrain dans les situations de conflit et d’après-conflit restent souvent impunies, a-t-il été relevé, certains s’interrogeant alors sur les mesures que peuvent prendre le Conseil et les États pour améliorer la protection dans ce contexte.  Il faut s’opposer catégoriquement aux actes d’intimidation et de représailles à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme, a-t-il été souligné; il a également été observé que les défenseurs appartenant à des groupes vulnérables, comme les autochtones, sont particulièrement visés.

 

Certains intervenants ont dénoncé les régimes militaires qui répriment les défenseurs des droits de l’homme dans les territoires sous occupation étrangère.  Les défenseurs des droits de l'homme jouent un rôle important pour l’édification de sociétés démocratiques et ouvertes, en particulier lors de périodes de transition politique, a-t-il été rappelé.  Il importe en conséquence d’adopter des pratiques transparentes et de leur fournir les moyens de demander justice et de bénéficier de voies de recours. 

 

Les risques encourus par les défenseurs des droits de l’homme vont parfois jusqu’à la mort, a-t-il été rappelé.  L’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI, selon l’acronyme anglais) demeure cruciale en matière de protection des défenseurs, a-t-il été souligné

 

Une délégation s’est toutefois érigée contre l’approche du Rapporteur spécial qui – a-t-elle précisé – semble établir une catégorie de personnes à part; elle a signalé que la Déclaration de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme n’était aucunement contraignante du point de vue juridique et que la question des défenseurs des droits de l’homme était examinée par la Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles (Troisième Commission) de l’Assemblée générale. 

 

Des inquiétudes ont été exprimées face à la généralisation des mesures d’exception, qui affectent les défenseurs et leur travail, et des interrogations ont été soulevées quant aux mesures pratiques qui pourraient permettre d’améliorer la sécurité en ligne des défenseurs et défenseuses des droits de l'homme. 

 

Les recommandations adressées aux États par le Rapporteur spécial ont été jugées particulièrement pertinentes et nombre de délégations ont assuré qu’elles s’efforceraient de les mettre en œuvre et, le cas échéant, de solliciter la coopération du titulaire de mandat. 

 

Les organisations de la société civile ont rappelé qu’il incombait en premier lieu aux États de protéger les défenseurs des droits de l’homme et de prendre toutes les mesures idoines à cette fin.  Pour autant, dans de nombreux pays d’Amérique du sud et d’Asie du sud-est, harcèlements, arrestations, emprisonnements ou assassinats sont le lot quotidien des défenseurs des droits de l'homme, a-t-il été relevé.  Cette violence touche aussi les femmes défenseuses des droits de l’homme, les défenseurs de l’environnement, les leaders communautaires et les journalistes, en raison de l’absence de politiques publiques et de législations robustes pour les protéger. 

 

Remarques et conclusion du Rapporteur spécial

 

M. MICHEL FORST, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'hommea remercié le Gouvernement colombien pour son appui à son mandat maintenant que tout malentendu est dissipé.  Il a proposé une nouvelle visite de suivi dans ce pays.  Il a ensuite salué les efforts de la Mongolie tendant à l’adoption d’une loi nationale sur la protection des défenseurs des droits de l’homme. 

 

Il est fondamental que les responsables des violations des droits de l’homme soient poursuivis et jugés, a poursuivi le Rapporteur spécial.  Il est très important par ailleurs que lorsque les États sont candidats à un siège au Conseil des droits de l'homme, l’on prenne en considération leur position et agissements en matière de respect des droits de l’homme, y compris pour ce qui est du respect des droits des défenseurs. 

 

M. Forst a par ailleurs indiqué que son rapport fournit de nombreux exemples de bonnes pratiques. 

 

Le Rapporteur spécial a souligné que son mandat n’avait pas été créé pour montrer du doigt tel ou tel pays, mais au contraire pour instaurer un dialogue avec tous.  Il a d’autre part déploré que certains États continuent de remettre en question la définition donnée par ses prédécesseurs et par lui-même des défenseurs des droits de l’homme. 

 

Alors qu’il quittera bientôt ses fonctions, le Rapporteur spécial a tenu à remercier toutes les personnes qui ont appuyé son mandat, celles qu’il a rencontrées lors de ses voyages et celles qui l’ont aidé dans son travail quotidien. 

 

*Liste des intervenants : Équateur, Costa Rica, Pakistan, Pays-Bas, Tunisie,  Fidji, Maroc, Danemark,  Lituanie, Irlande,  Monténégro, Honduras, Égypte, Lettonie, Fédération de Russie, Uruguay, Venezuela, Suède, Indonésie, Albanie,  Maldives, Paraguay, Chine, Norvège, Thaïlande, Géorgie, Belgique, Royaume-Uni, Malte, Islande, Slovaquie, Bosnie-Herzégovine, Finlande, Iles Marshall, Cameroun, Arménie, Qatar, Pérou, France, Mexique.  Global Alliance of National Human Rights institutionsHuman Rights Commission of ZimbabweColombian Commission of Jurists, Commisión Mexicana del Defensea y Promoción de los Derechos Humanos Associación Civil, Service international pour les droits de l'homme, Fondation de la Maison des droits de l'homme, Sociedade Maranhense De Direitos Humanos, Peace Brigades International Switzerland, Organisation mondiale contre la torture, Asian Forum for Human Rights and Development, Réseau international des droits de l’homme,Oidhaco. 

 

Débat interactif sur la protection des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme

 

Présentation des rapports

 

Le Conseil est saisi du rapport de la Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection des droits de l’homme et libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme (A/HRC/43/46-à paraître en français), ainsi que du rapport sur la visite de la Rapporteuse spéciale au Kazakhstan (A/HRC/43/46/Add.1). 

 

MME FIONNUALA NÍ AOLÁIN, Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection des droits de l’homme et libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, a présenté un rapport thématique sur l’impact sur les droits de l’homme des politiques et pratiques visant la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.  Tout en reconnaissant la nécessité impérative de s’attaquer à l’extrémisme violent, la Rapporteuse spéciale a néanmoins souligné que seules des politiques axées sur les droits de l’homme donneront des résultats tangibles à long terme.  Mme Ní Aoláin a pointé de manière spécifique des politiques et pratiques qui ne reposent pas sur de solides bases scientifiques, ainsi qu’une absence totale de suivi et d’évaluation de ces politiques, y compris de la part des entités des Nations Unies. 

 

Depuis les marches et la violence des partisans néonazis et jusqu’à la violence fanatique et brutale de l’État islamique de l’Iraq et du Levant, l’idéologie extrémiste violente est présente dans le monde entier, a poursuivi la Rapporteuse spéciale, affirmant que ce n’est pas un hasard si cette tendance s’est accentuée depuis les attentats de septembre 2001.  La Rapporteuse spéciale a également fait remarquer l’absence d’une définition mondialement agréée de « l’extrémisme violent », voire de « l’extrémisme » même, et a exprimé son inquiétude face à l’absence de clarté autour de ce terme dans les législations nationales, ce qui aboutit parfois à de graves violations des droits de l’homme. 

 

S’agissant de ses activités, Mme Ní Aoláin a indiqué qu’elle avait accordé la priorité à l’approfondissement des relations institutionnelles avec les entités mondiales engagées dans la réglementation antiterroriste aux Nations Unies et ailleurs.  Elle a précisé avoir en particulier coopéré avec le Groupe d’action financière (Financial Action Task Force, FATF) ainsi qu’avec le Pacte mondial de coordination contre le terrorisme, et a ajouté avoir effectué en janvier 2020 une visite auprès de l’Union européenne.  Dans le même esprit, elle a collaboré avec le Bureau de lutte contre le terrorisme et avec le Secrétaire général adjoint (à la tête de ce Bureau), M. Vladimir Ivanovich Voronkov. 

 

La Rapporteuse spéciale a attiré l’attention sur les défis que connaît son mandat en raison des ressources limitées dont disposent les procédures spéciales.  Elle s’est en particulier érigée contre le fait que les titulaires de mandats en soient réduits à puiser dans les fonds de recherche de leurs universités pour accomplir des tâches essentielles.  S’agissant des organisations de la société civile, elle a fait état de deux réunions tenues à New York pour faciliter leur engagement avec l’architecture mondiale antiterroriste. 

 

Les victimes du terrorisme demeurent une priorité centrale, a par ailleurs souligné Mme Ní Aoláin, avant de faire état de sa collaboration avec la Commission internationale des juristes dans la préparation d’un Compendium sur les droits de l’homme des victimes du terrorisme, qui repose sur les instruments juridiques du droit international. 

 

La Rapporteuse spéciale a ensuite salué la coopération avec la Belgique, la France, et leurs services de renseignement, ainsi qu’avec l’Irlande et la Turquie, en particulier à la suite des communications relatives aux personnes retournées, ainsi qu’avec Chypre.  Elle a évoqué les législations antiterrorisme de la Chine, de l’Égypte, de l’Éthiopie et de la Tunisie, et a encouragé les États au respect des normes juridiques internationales.   

 

Enfin, la Rapporteuse spéciale a vivement salué la disponibilité du Kazakhstan durant la visite qu’elle a effectuée dans ce pays et s’est réjouie d’avoir pu y avoir accès à plus de 500 femmes et enfants rapatriés ainsi qu’à d’anciennes combattantes étrangères et à leurs enfants.  Elle a plus particulièrement salué les politiques du Kazakhstan en la matière au vu de la grave situation humanitaire dans le Nord de la Syrie, dans les camps, et de l’extrême vulnérabilité des femmes et des enfants dont la grande majorité sont victimes du terrorisme.  Elle a également salué les changements positifs intervenus dans le système pénitentiaire kazakhe, s’agissant notamment des peines de substitution et de la réduction de la population carcérale. 

 

Pays concerné

 

Le Kazakhstan a expliqué que sa politique en matière de contreterrorisme vise non seulement à arrêter et poursuive les auteurs d’actes terroristes, mais aussi à prévenir les actes de terrorisme et d’extrémisme violent, tout en promouvant les droits de l’homme.  Dans ce contexte, le pays s’efforce de promouvoir le dialogue et la tolérance entre les religions, sans exception, tout en préservant la liberté de religion ou de conviction parmi les membres de la société, y compris pour ce qui est des minorités. 

 

La délégation kazakhe a ensuite rappelé que suite aux élections pacifiques qui se sont tenues dans son pays, l’ancien directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève, M. Kassym-Jomart Tokayev, a été élu en juin dernier, Président du Kazakhstan.  M. Tokayev a fixé ses priorités en matière de droits de l’homme et entamé des réformes conformes aux obligations internationales du Kazakhstan, a souligné la délégation.  Le Kazakhstan a aboli la peine de mort et décidé d’accéder au deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a-t-elle fait valoir. 

 

Le Kazakhstan reconnaît la relation complexe entre droits de l’homme et nécessité de lutter contre le terrorisme.  Il estime aussi qu’il est plus que jamais temps de faire prendre conscience des conséquences nationales et internationales des politiques et pratiques visant à prévenir et lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent.  Afin de répondre à l’appel international lancé à nouveau ici, il y a quelques jours, par la Haute-Commissaire aux droits de l’homme, le Kazakhstan a rapatrié ses combattants étrangers, a fait valoir la délégation.  Environ 600 citoyens kazakhes, « victimes de la propagande terroriste » ont été rapatriés de Syrie, a-t-elle précisé. 

 

Aperçu du débat

 

Un groupe d’États a estimé que le fléau du terrorisme reste l’un des principaux défis de sécurité auxquels les États sont confrontés, ce qui constitue une menace réelle pour la paix et la sécurité internationales.  Il a réitéré son appel permanent en faveur d’une coopération et d’efforts mondiaux concertés dans la lutte contre ce fléau, d’autant plus que les groupes terroristes poursuivent leurs activités, causant des pertes de vies et de nombreux biens ainsi que le déplacement de millions de personnes. 

 

Il importe que toutes les mesures antiterroristes se fassent dans le respect du droit international et du droit international humanitaire, en prenant en considération les facteurs ayant conduit à l’extrémisme violent et au terrorisme, parmi lesquels la faible gouvernance, les violations des droits de l’homme, le manque d’état de droit, la corruption, ainsi que les conflits, la pauvreté, la prolifération des armes et la fragilité étatique, a-t-il été souligné.  Il convient en outre, dans le contexte des mesures antiterroristes, de respecter le principe de proportionnalité, a ajouté une délégation, avant de demander à la Rapporteuse spéciale quels seraient selon elle les éléments fondamentaux à prendre en considération dans l’élaboration des stratégies de prévention et de lutte contre le terrorisme. 

 

Certains ont noté, pour s’en inquiéter, l’utilisation à mauvais escient des mesures antiterroristes pour restreindre la liberté d’expression en ligne et hors ligne et réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les opposants politiques et les minorités religieuses ou ethniques. 

 

A été déplorée la poursuite, sans relâche, du profilage de certaines communautés religieuses.  Il a en outre été relevé que la Rapporteuse spéciale confirme l’inexistence d’une définition internationalement agréée de l’extrémisme violent. 

 

Des États en butte au terrorisme ont sollicité l’appui de la communauté internationale aux fins du renforcement de leur sécurité et de leur stabilité sans ingérence, pour autant, dans leurs décisions souveraines. 

 

Les ressorts du processus de radicalisation (surtout chez les jeunes) peuvent être d’ordre psychologique, politique ou social, a-t-il été souligné.  De surcroît, la radicalisation trouve en Internet un vecteur propice, d’où la nécessité pour les États de sensibiliser les opérateurs et entreprises en ligne à leurs responsabilités à ce propos : c’est là l’esprit de l’Appel de Christchurch lancé en mai 2019, a-t-il été rappelé. 

 

Des recommandations spécifiques doivent être faites s’agissant des pays qui appuient, financent et exportent l’extrémisme violent. 

 

Remarques de la Rapporteuse spéciale

 

MME NÍ AOLÁIN a déclaré qu’il fallait souligner et reconnaître que les approches militaires ne constituent pas une solution complète, si l’on ne se penche pas sur les causes profondes de l’extrémisme violent.  Il faut aussi reconnaître que l’action de prévention et de lutte contre le terrorisme peut être intrusive pour les communautés et, de ce fait, aboutir à rompre la confiance; or, il est primordial d’instaurer et de préserver la confiance entre l’État et les communautés si l’on veut avoir des résultats.  Il faut par ailleurs inclure la société civile dans ce travail, a plaidé la Rapporteuse spéciale. 

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jeudi 27 février 2020

LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME POURSUIT SON DÉBAT GÉNÉRAL SUR LES MISES À JOUR ORALES ET LES RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LA HAUTE-COMMISSAIRE

LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME POURSUIT SON DÉBAT GÉNÉRAL SUR LES MISES À JOUR ORALES ET LES RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LA HAUTE-COMMISSAIRE

 

Freddy Mulongo, Réveil FM International


Freddy Mulongo-Siege-de-l-onu-a-geneve.jpg, fév. 2020 

 

Le Conseil des droits de l’homme a poursuivi, cet après-midi, son débat général sur les mises à jour orales et les rapports de pays présentés, ce matin, par la Haute-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet.  De très nombreuses délégations* ont fait des déclarations dans le cadre de ce débat. 


Plusieurs délégations ont fait part de leurs réactions suite à la mention de leur pays dans les rapports ou mises à jour de la Haute-Commissaire.  D’autres ont dénoncé les graves violations des droits de l’homme mentionnées par Mme Bachelet.

 

Plusieurs pays ont fait part de leurs préoccupations face aux pressions exercées à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme et à la restriction de l’espace accordé à la société civile dans de nombreux pays.

 

Le changement climatique a également été l’objet de nombreuses déclarations, les délégations estimant qu’il avait de graves répercussions sur la jouissance des droits de l’homme et sur les populations les plus vulnérables. 

 

De nombreux intervenants ont par ailleurs fait part de leur attachement à l’action et à l’indépendance du Haut-Commissariat, ainsi qu’à l’assistance technique qu’il apporte à travers le monde. 

 

Certaines délégations ont en revanche dénoncé la politisation du Conseil et un manque d’équilibre au regard de la liste des pays qui font l’objet de rapports. 

 

 

Demain matin, à 10 heures, le Conseil doit achever ce débat général avant d’entamer son dialogue interactif avec le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

Les débats de cette quarante-troisième session et l’ensemble des interventions auxquelles ils ont donné lieu peuvent être suivis et réentendus en consultant le site UN Web TV

 

 

Suite du débat général

 

La Croatie, au nom de l’Union européenne, a dit soutenir le système onusien des droits de l’homme, la Haute-Commissaire, de même que le Haut-Commissariat.  Elle a demandé à l’Iraq de cesser l’usage excessif de la force à l’encontre des manifestants, de même que l’intimidation, les arrestations et détentions arbitraires, les enlèvements et les assassinats de défenseurs des droits de l’homme. 

 

La Croatie a demandé au Yémen de mettre fin à la discrimination et à la violence sexiste, à l’utilisation d’enfants-soldats et aux abus contre les migrants qui transitent sur son territoire.  Elle a appelé le Viet Nam à garantir la liberté d’expression, d’association et de réunion et à libérer les blogueurs et les défenseurs des droits de l’homme. 

 

Toutes les parties au Nicaragua ont été encouragées à participer au dialogue, notamment sur les réformes électorales.  Quant au Honduras, il doit faire cesser les attaques contre les défenseurs des droits de l’homme, a demandé la Croatie, toujours au nom de l’Union européenne.  La Croatie a enfin salué les efforts d’application de l’Accord de paix en Colombie. 

 

S’exprimant au nom de « 26 États qui soutiennent son intégrité territoriale », le Maroc a souligné que le Sahara était un différend politique traité à Genève et à New York, où le Conseil de sécurité déploie des efforts pour faciliter la réalisation d’une solution politique négociée et mutuellement acceptable. 

 

Le Conseil de sécurité, a dit le Maroc, s’est félicité des initiatives marocaines et n’a exprimé aucune inquiétude quant à la situation des droits de l’homme au Sahara.  Le Conseil de sécurité a réitéré sa demande d’enregistrement des populations dans les camps de Tindouf; il a aussi reconnu comme sérieuse et crédible l’initiative d’autonomie pour le Sahara lancée par le Maroc, a relevé la délégation de ce pays. 

 

L’Azerbaïdjan, au nom du Mouvement des non-alignés, a salué la détermination de la Haute-Commissaire tendant au renforcement de l’engagement positif autour des droits de l’homme.  Il a partagé ses vues sur la protection des droits économiques, sociaux et culturels, y compris dans des situations de conflit.  En exerçant ses devoirs par rapport aux États membres, la Haute-Commissaire doit veiller à faire preuve d’objectivité et d’impartialité, a insisté l’Azerbaïdjan. 

 

Le Luxembourg, au nom d’un groupe de pays, a rappelé que 2020 marquait le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz.  La Cour pénale internationale (CPI) joue aujourd’hui un rôle-clef pour prévenir les atrocités et lutter contre l’impunité, a dit le Luxembourg.  La CPI est un tribunal de dernier recours qui complète le travail des juridictions nationales en obligeant les auteurs de violations graves des droits de l’homme à rendre des comptes.  La communauté internationale doit renforcer la Cour et protéger son intégrité et son indépendance, a demandé le Luxembourg. 

 

Le Timor Leste, au nom d’un groupe de pays, a déclaré que l’obstruction du référendum était la véritable cause des violations des droits de l’homme au Sahara occidental.  Des violations massives ont été organisées, des milliers de personnes ont été expulsées du territoire par la puissance occupante et « le monde ne dit rien », a regretté la délégation.  Le Timor Leste appelle le Haut-Commissariat à reprendre sa mission au Sahara occidental, à améliorer la coopération avec le Front Polisario et à visiter les camps de réfugiés. 

 

L’Australie, au nom d’un groupe de pays, a déclaré que les droits de l’homme sont l’élément essentiel qui permet de construire des sociétés résilientes, capables de surmonter les menaces et d’avancer vers la prospérité pour tous leurs membres.  Le Haut-Commissariat étant un élément-clef du système international des droits de l’homme, l’Australie a condamné toute tentative de représailles à l’encontre de la Haute-Commissaire ou du personnel du Haut-Commissariat. 

 

La Suisse, au nom d’un groupe de pays, a dit partager les préoccupations de la Haute-Commissaire concernant l’escalade militaire dans le nord-ouest de la Syrie et ses répercussions catastrophiques sur la population.  Le représentant suisse a appelé toutes les parties au conflit à laisser les personnes fuir en toute sécurité et à protéger la population et les travailleurs humanitaires.  La poursuite des hostilités donne lieu à des déplacements massifs de populations et à un chaos humanitaire.  La délégation a appelé tous les États à soutenir le processus de paix de Genève. 

 

Le Rwanda, au nom d’un groupe de pays, a relevé que les violations des droits de l'homme sont souvent les signes avant-coureurs d’atrocités potentielles.  Le Rwanda a souligné le rôle du Conseil et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme dans la prévention des atrocités.  Les mécanismes de Genève sont particulièrement pertinents pour la responsabilité de protéger et les mécanismes d’enquête mandatés par le Conseil peuvent avoir un impact à long terme pour la redevabilité, a noté la délégation. 

 

La Suisse, au nom d’un autre groupe de pays, a évoqué les nombreuses manifestations sociales dans le monde l’année dernière, et exprimé sa préoccupation à face à la répression, à l’utilisation disproportionnée de la force et aux arrestations arbitraires de manifestants.  La participation à ces manifestations est un élément important des droits à la liberté d’expression et de manifestation, a souligné la délégation, qui a jugé essentiel d’entendre et de répondre aux préoccupations exprimées plutôt que de réprimer, menacer et harceler. 

 

Le Royaume-Uni, au nom d’un groupe de pays, a rappelé que Sri Lanka s’était engagé au respect des dispositions de l’accord paix, et que ce pays avait fait l’objet de plusieurs résolutions du Conseil et d’une enquête internationale.  En 2015, des jalons ont effectivement été posés mais la Haute-Commissaire est préoccupée par le harcèlement et l’intimidation de plusieurs défenseurs des droits de l’homme et des journalistes.  La représentante britannique a demandé aux autorités srilankaises de respecter l’état de droit et de poursuivre son dialogue et sa coopération avec le Conseil et ses mécanismes. 

 

La Chine, au nom d’un groupe de pays, a espéré que les buts et principes de la Charte seraient respectés.  Elle a recommandé de redoubler d’efforts pour arriver à une culture des droits sociaux et du développement, tout en luttant contre le discours de haine et l’intolérance.  D’autre part, il est nécessaire de reconnaître les efforts fournis par les États et de partager les informations et les pratiques optimales, a demandé la Chine. 

 

Le Pakistan, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a salué la publication par le Haut-Commissariat de la liste des entreprises impliquées dans des activités dans les colonies de peuplement israéliennes.  Il a demandé aux organes de l’ONU de faire cesser les activités de ces entreprises et d’exiger des comptes pour les violations des droits du peuple palestinien. 

 

Le Pakistan, également au nom de l’OCI, s’est ensuite inquiété de la situation des droits de l’homme dans le Jammu-et-Cachemire.  Il a demandé aux parties concernées de garantir la protection des droits élémentaires et des libertés fondamentales de la population.  Il a aussi exhorté le Conseil à appliquer les recommandations contenues dans les deux rapports du Haut-Commissariat sur cette région, et rappelé à la communauté internationale son obligation de veiller à l’application des résolutions du Conseil de sécurité sur le Cachemire. 

 

Les Îles Marshall, au nom d’un groupe de pays, ont rappelé que la résolution portant création du Conseil dit clairement que les membres doivent appliquer les normes les plus élevées de droits de l’homme.  Il faut travailler avec le Conseil dans un esprit d’autocritique, sachant qu’aucun pays n’a un parcours de droits de l’homme parfait.  Il faut éviter les tactiques de procédure et aller aux questions essentielles; il faut également œuvrer à la réalisation de la fonction de prévention des violations du Conseil.  Le Conseil doit continuer de dialoguer avec la société civile.  Si ces principes sont appliqués, le mandat du Conseil sera atteint, ont dit les Îles Marshall.

 

En son nom propre, le Pakistan s’est inquiété de la situation des droits de l’homme dans la région occupée du Jammu-et-Cachemire.  Ces violations des droits de l’homme prennent de nombreuses formes, notamment des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées.  L’Inde poursuit son plan d’occuper les territoires et de saisir les terres, tout en massacrant des musulmans sur son territoire, qui sont contraints de quitter leur foyer, a déploré la délégation.

 

La République tchèque a recommandé de renforcer le Haut-Commissariat en augmentant son budget régulier.  Le pays s’est réjoui que le Haut-Commissariat aborde des nouvelles thématiques, notamment le changement climatique.  De nombreuses libertés sont bafouées partout dans le monde, y compris dans des pays membres du Conseil, a regretté la République tchèque.  Elle s’est dite inquiète de la situation des droits de l’homme en Érythrée, au Yémen et à Sri Lanka. 

 

L’Allemagne a demandé la fin immédiate de la violence dans l’ouest du Cameroun.  Elle s’est dite préoccupée par les allégations de meurtres de défenseurs des droits de l’homme en Colombie.  L’Allemagne a demandé à l’Iraq de ne pas recourir à la force contre les manifestants.  Elle a appelé le Gouvernement de Sri Lanka à respecter la résolution 30/1 portant sur la réconciliation, la redevabilité et l’octroi de réparations.  L’Allemagne s’est aussi inquiétée des procédures ouvertes contre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes en Tanzanie; et de cas de disparition forcée au Turkménistan.

 

Le Brésil a regretté que la Haute-Commissaire aux droits de l'homme soit si mal informée de la situation dans le pays : la représentante brésilienne lui a demandé de se fonder sur des faits plutôt que sur des racontars.  Elle a affirmé que le Président Bolsonaro avait pris des mesures en faveur des droits des peuples autochtones et étendu le programme national pour la protection des défenseurs, pour y inclure les journalistes et les défenseurs des droits des autochtones.  L’espace civique est vibrant au Brésil, a conclu la représentante brésilienne.

 

Le Qatar a dénoncé le blocus dont il est victime par certains États de la région, se demandant quelles sont les mesures prises par le Haut-Commissariat pour examiner l’impact de ce blocus sur les droits de l'homme.  Le représentant qatarien a aussi dénoncé l’obstination d’Israël à poursuivre ses agressions contre le peuple palestinien.  Il a condamné les opérations militaires du régime syrien et de ses alliés dans le Nord-Ouest de la Syrie.  Le représentant a enfin réitéré l’engagement du Qatar à poursuivre sa coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme.

 

L’Australie s’est vivement inquiétée des allégations persistantes de crimes commis dans le contexte du conflit civil au Cameroun.  Elle a exhorté Sri Lanka à revenir sur le retrait de son parrainage de la résolution 30/1.  L’Australie a déploré par ailleurs le recours excessif à la force lors des récentes manifestations dans plusieurs pays – elle salué, à ce propos, la coopération du Chili avec le Haut-Commissariat aux fins d’identifier des mesures pour y remédier.  L’Australie s’est ensuite alarmée des détentions de journalistes et manifestants en Égypte.  Elle a exhorté le Zimbabwe à protéger l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme; et l’Érythrée à assurer l’indépendance des organisations politiques et de la société civile. 

 

La Libye a déclaré que depuis avril 2019, la guerre de position faisait rage autour de la capitale et que le Gouvernement d’entente nationale faisait tout son possible pour éviter une escalade, protéger la population et rechercher une solution pour mettre fin à une guerre qui déplace des milliers de personnes.  Un centre pour migrants et réfugiés, le port de Tripoli, l’académie militaire et d’autres institutions : tous ont été attaqués, a déploré la délégation libyenne. 

 

Le Mexique a salué le professionnalisme du personnel du Haut-Commissariat, notamment dans ses activités sur le terrain.  Le Venezuela a coopéré avec le Haut-Commissariat mais les parlementaires y sont toujours harcelés et la situation économique ne fait que pousser des Vénézuéliens à quitter le pays.  Le Mexique a encouragé le Nicaragua à mener des enquêtes impartiales sur les manifestations de 2018 et à permettre un accès sans entrave au personnel du Haut-Commissariat et aux mécanismes régionaux des droits de l’homme. 

 

L’Inde a assuré que la situation au Jammu-et-Cachemire revenait lentement à la normale, les forces de sécurité faisant fait preuve de retenue.  Le Pakistan doit arrêter de déstabiliser cette région et s’occuper, plutôt, du sort de ses propres minorités, a recommandé l’Inde.  Les manifestations pacifiques font partie de la tradition démocratique, cependant la violence ne fait pas partie des valeurs indiennes, a-t-elle ajouté.  L’Inde a demandé au Haut-Commissariat de mieux comprendre comment fonctionnent la liberté et les droits protégés dans une démocratie dynamique comme l’Inde. 

 

Le Bangladesh a remercié le Haut-Commissariat de l’avoir félicité pour son accueil des Rohingya.  Le pouvoir judiciaire est entièrement indépendant et le pays lutte contre la culture de l’impunité, a ensuite assuré la délégation bangladaise.  Elle a ajouté que la Commission nationale des droits de l’homme avait été renforcée grâce à une augmentation de son budget.  Quant aux élections de 2018, elles se sont déroulées dans un contexte relativement stable par rapport aux scrutins précédents.  Le Bangladesh défend les médias et leur indépendance, a ajouté la délégation.

 

La Namibie a félicité le Haut-Commissariat de ses efforts inlassables visant à renforcer les capacités des États membres.  S’agissant de la situation en Iran, la Namibie a souligné l’impact néfaste des mesures coercitives unilatérales sur la population et a invité les États à arrêter de prendre ce type de mesures.  La Namibie s’inquiète de l’absence de rapport sur la situation au Sahara occidental, comme si la population du Sahara occidental n’avait pas droit d’accéder aux droits de l’homme, a regretté la Namibie.  Elle a prié le Haut-Commissariat de se rendre dans cette région.

 

Les Philippines ont estimé qu’il fallait optimiser les ressources de l’ONU et sa présence sur le terrain afin de renforcer les capacités nationales et régionales.  L’archipel a également réaffirmé son engagement à continuer de coopérer avec l’ONU, conformément à son programme de bonne gouvernance inclusif et fondé sur les droits de l'homme. 

 

Le Japon s’est dit préoccupé par l’aggravation de la situation des droits de l'homme au Venezuela, espérant que les activités du bureau du Haut-Commissariat allaient contribuer à améliorer la situation.  La délégation japonaise a aussi espéré une amélioration en Erythrée ainsi qu’en Iran.  Le nouveau coronavirus est une question urgente au niveau international, a poursuivi la délégation, assurant que le Japon ferait tout ce qui est possible pour empêcher la propagation de la maladie.  Il a appelé à ce que les ressortissants asiatiques ne soient pas traités de manière discriminatoire dans ce contexte.

 

Le Burkina Faso a exprimé sa reconnaissance pour le soutien technique reçu du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, qui a aidé le pays à mettre en place un programme aux fins du suivi des recommandations issues de son Examen périodique universel.  Le Burkina Faso adhère à la proposition de Mme Bachelet de s’attaquer aux causes de l’extrémisme et du terrorisme, raison pour laquelle il a lancé plusieurs initiatives socioéconomiques.  La délégation du Burkina Faso a également accueilli favorablement la volonté du Haut-Commissariat de s’impliquer davantage dans le pays et l’a assuré de sa coopération dans ce contexte.

 

L’Italie a souligné qu’en sus des défis propres à chaque pays, le monde est également confronté au phénomène croissant du changement climatique, qui ne manque pas d’avoir des effets sur les droits de l’homme, ainsi qu’à l’impact des nouvelles technologies numériques sur ces mêmes droits.  L’Italie a plaidé en faveur d’un engagement global et résolu pour relever le défi du changement climatique.  De leur côté, les nouvelles technologies et leur application comportent des risques considérables, surtout lorsque leur utilisation n’est pas réglementée sous l’angle des droits de l’homme.  Au vu de ces réalités, le Conseil est l’enceinte idoine pour la promotion du dialogue et de la coopération entre les Etats et confirme son caractère central dans l’architecture des Nations Unies relative aux droits de l’homme. 

 

Le Chili a lui aussi loué le rôle du Haut-Commissariat dans l’assistance technique et le renforcement des capacités.  La délégation chilienne a salué l’envoi d’une mission au Chili dans le cadre des manifestants récentes dans le pays – mission qui a fourni un protocole pour traiter ce genre de situation dans une perspective de respect des droits.  Le Chili a encouragé la Haute-Commissaire et le Haut-Commissariat à continuer à s’acquitter de leur tâche en toute indépendance et impartialité. 

 

Les Pays-Bas ont partagé les préoccupations de la Haute-Commissaire.  Ils ont en outre estimé que le Conseil devait établir des critères clairs et objectifs quant au traitement des situations relatives aux droits de l’homme.  Il convient aussi de veiller à ce qu’il dialogue en permanence avec les Etats et les parties concernées pour résoudre des situations d’urgence et mettre fin au cycle de l’impunité, par exemple dans le KasaÏ, a souligné la délégation néerlandaise, rappelant que les situations de violations des droits de l'homme ne surgissent en effet pas du jour au lendemain.  Les Pays-Bas ont en outre appuyé l’Appel à l’action lancé en début de semaine par le Secrétaire général de l’ONU. 

 

L’Uruguay s’est dit préoccupé par les défis rencontrés dans sa région pour promouvoir et protéger les droits de l’homme.  Dans de nombreux pays, les défenseurs travaillent dans des conditions très difficiles, avec un espace accordé à la société civile restreint.  L’Uruguay est préoccupé par les discours de haine et les campagnes de diffamation qui visent les personnes les plus vulnérables dans la région.  L’Uruguay appelle tous les États à renforcer leur coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme afin de renforcer la protection des droits de toutes les personnes.

 

L’Espagne a insisté sur l’importance de l’installation d’un bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme au Venezuela.  Elle s’est dite préoccupée par la pression exercée sur les députés de l’opposition et sur les médias dans ce dernier pays.  L’Espagne s’est également dite préoccupée par la situation au Nicaragua et a exhorté ce pays à autoriser le retour des membres du bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme.  Des dizaines de manifestants sont toujours en prison au Nicaragua, a souligné la délégation espagnole.  Elle s’est en outre dite très préoccupée par le très grand nombre de défenseurs des droits de l'homme persécutés en Colombie et au Honduras.

 

Le Venezuela a déclaré être un pays libre et souverain qui avance sur la voie de la justice sociale.  Ce n’est que par un dialogue sincère que l’on pourra promouvoir et protéger les droits de l’homme sur toute la planète, a déclaré le pays, avant de tirer la sonnette d’alarme face aux tentatives d’utiliser les droits de l’homme pour s’ingérer dans les affaires internes des pays.  Les « mandats sélectifs » mettent à mal les efforts des États pour protéger les droits des peuples du Sud en faisant fi des progrès qui s’y produisent.  Le Venezuela exige l’équilibre et l’objectivité dans la présentation des rapports. 

 

Le Nigéria a réaffirmé son soutien au Haut-Commissariat aux droits de l'homme et autres mécanismes du Conseil.  Confronté à la menace terroriste, le pays a indiqué travailler pour répondre à ces défis sécuritaires et a affirmé avoir enregistré des succès remarquables.  Le Nigéria est conscient que beaucoup reste à faire et que les forces de sécurité doivent continuer à être formées.  Il en a en outre appelé à la coopération internationale pour faire face au changement climatique, qui a de forts impacts sur les moyens de subsistance.  Le Nigéria reste attaché à l’harmonie religieuse au sein de sa population, a ajouté la délégation nigériane.

 

Le Cameroun s’est insurgé contre la désinformation orchestrée par certains médias et sur les réseaux sociaux dans le but de faire oublier que le Cameroun est irréfutablement un Etat de droit – et une terre de démocratie – doté d’institutions qui fonctionnent.  En octobre 2019, un grand dialogue national a été organisé afin que les Camerounais puissent examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations des populations des régions en crise, ce qui s’est traduit par l’attribution d’un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a rappelé la délégation camerounaise.  La priorité du Gouvernement va désormais à l’approfondissement de la décentralisation, à la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, à la reconstruction des multiples infrastructures détruites par les sécessionnistes terroristes et à la relance de l’économie locale. 

 

L’Ukraine est revenue sur le travail de la Mission de surveillance des droits de l'homme des Nations Unies en Ukraine, qui rapporte de graves violations dans les territoires occupés et les Républiques autonomes de Louhansk et du Donbass.  Les zones touchées par le conflit sont contaminées par les mines antipersonnel, a rappelé la délégation ukrainienne.  La Fédération de Russie continue en outre d’envoyer des troupes, des armes et des mercenaires et son but est clair : créer un rideau de fumée pour intervenir en Ukraine sous couvert de défendre les citoyens russes, a poursuivi la délégation ukrainienne, avant d’en appeler à la solidarité internationale et à la vigilance des Nations Unies.

 

Le Népal a applaudi l’accent mis par Mme Bachelet sur la nécessité d’analyser les causes profondes en rapport avec les inégalités et les discriminations, les répercussions du changement climatique, les souffrances des migrants et les situations de conflit.  Il a appuyé une approche « droits de l’homme » dans la réalisation des Objectifs de développement durable aux fins de réduire les inégalités, améliorer le niveau de vie et renforcer le droit au développement.  La Constitution népalaise a été conçue pour garantir les droits de l’homme et les libertés fondamentale et préconise une société égalitaire qui célèbre la diversité culturelle et promeut l’harmonie et la tolérance, a déclaré la délégation népalaise. 

 

Le Pérou a réitéré son appel d’urgence aux autorités du Nicaragua pour qu’elles respectent leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme et reprennent, sans délai, leur coopération avec le Haut-Commissariat et avec les mécanismes régionaux des droits de l’homme, et qu’elles autorisent l’accès à leur territoire.  Le Pérou a en outre réitéré son plein engagement en faveur d’une solution pacifique à la crise sociale, politique, économique et des droits de l’homme que traverse le Nicaragua.  Le Pérou a ensuite demandé à Mme Bachelet quelle réforme électorale et quels aménagements institutionnelles devraient être envisagés dans le but de garantir des élections libres, justes et transparentes en 2021 au Nicaragua. 

 

L’Arménie a appuyé les sept points définis dans l’Appel à l’action du Secrétaire général, exprimant sa préoccupation s’agissant des questions liées aux minorités ethniques et religieuses au Moyen-Orient et encourageant à davantage de protection des migrants.  L’histoire prouve que l’appui aux migrants leur permet de devenir des acteurs dynamiques des sociétés dans lesquelles ils sont accueillis, a rappelé l’Arménie.  Le pays a en outre regretté que les zones occupées de Chypre fassent l’objet de restrictions des libertés religieuses. 

 

La Slovaquie a déclaré que le monde est plus interdépendant et branché que jamais.  Il est impossible de régler les problèmes dans l’isolement.  Il faut coopérer afin de relever les défis émergents liés au changement climatique et au développement technologique.  Le Conseil a un grand rôle à jouer dans ce domaine en renforçant la confiance, a déclaré la Slovaquie.  Ensemble, il est possible de construire un monde où chacun jouit des droits de l’homme et de la prospérité, a-t-elle insisté.  La Slovaquie a dit apprécier les efforts du Haut-Commissariat aux droits de l'homme pour construire des ponts avec la société civile. 

 

Le Danemark a déclaré que pour faire rendre des comptes aux dirigeants politiques, il faut permettre à la population de jouir de ses droits fondamentaux.  La Danemark a dénoncé les graves violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales, notamment les exécutions extrajudiciaires, au Burundi.  Le Danemark a également dénoncé la situation des droits de l’homme au Venezuela, qui déstabilise la région.  Le Danemark s’est en outre dit préoccupé par les actes d’intimidation contre l’opposition au Nicaragua, ainsi que par les agressions contre les autochtones.  Enfin le Danemark s’est dit préoccupé par les situations des droits de l’homme en Syrie et au Yémen.

 

Le Soudan a indiqué renforcer sa coopération avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, notamment par l’installation d’un bureau dans le pays.  Le Gouvernement de transition a placé l’instauration de la paix absolument au cœur de ses priorités, a souligné la délégation soudanaise.  En dépit des défis que doit relever le pays, le Gouvernement a renforcé le rôle des femmes au sein de la société.  Le pays a en outre abrogé les lois qui freinent les libertés et des commissions ont été créées pour enquêter sur les violations qui ont émaillé la vie du pays ces dernières années. 

 

Le Canada s’est félicité de l’assistance technique apportée par le Haut-Commissariat aux États Membres pour renforcer l’état de droit, mettre un terme à l’impunité et veiller à la reddition de comptes.  S’agissant de Sri Lanka, la représentante a estimé que la réconciliation et la reddition de comptes sont inséparables.  Les personnes directement touchées par le conflit, y compris les familles des disparus, attendent des réponses pour construire une paix durable. 

 

La Suisse a mis l’accent sur les femmes défenseuses des droits humains, qui jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les discriminations et les inégalités, la promotion de la justice et la responsabilisation des acteurs au pouvoir.  La représentante a, en particulier, salué les actions menées par les femmes en Colombie, en Argentine, au Soudan, en Thaïlande, en Inde, au Pakistan, au Yémen, en Palestine, à Bahreïn et en Arabie Saoudite.

 

L’Égypte a jugé erronées les informations la concernant et figurant dans la mise à jour orale de la Haute-Commissaire, notamment en ce qui concerne la peine de mort : aucun individu de moins de 18 ans ne peut subir cette peine, a assuré la délégation égyptienne.  En outre, a-t-elle ajouté, nul n’est arrêté à moins d’avoir enfreint la loi.  La délégation a assuré que les manifestants arrêtés avaient été libérés.

 

Intervenant en son nom propre, la Slovénie a loué les efforts de toutes les équipes sanitaires qui luttent en ce moment contre la crise due à l’émergence du coronavirus.  Dans la perspective des discussions sur un environnement sain et sûr, elle a invité le Conseil à se tenir au courant de toutes les nouveautés sur cette question. 

 

Cuba a mis en garde contre toute politisation et partialité du Haut-Commissaire.  Cuba a condamné les menaces et les tentatives de déstabilisation contre le Nicaragua et le Venezuela. 

 

La Finlande a réaffirmé son plein soutien au Haut-Commissariat, dont elle a salué le rapport sur les minorités au Myanmar.  Les violations graves contre les enfants doivent immédiatement cesser, a exigé la représentante.  Les politiques actuelles de l’Iran sont insuffisantes s’agissant de la protection des droits des filles et des femmes, notamment sur la question du viol conjugal, a-t-elle aussi estimé. 

 

Le Bélarus a salué l’accent mis par les rapports et mises à jour du Haut-Commissariat sur les inégalités et la pauvreté, qui sont souvent à l’origine de la violence et de l’extrémisme.  D’autres causes en sont le terrorisme et les sanctions unilatérales, a ajouté le Bélarus.  La liste des États mentionnés dans les rapports témoigne du déséquilibre au sein du Haut-Commissariat, a aussi souligné le Bélarus.  Il a recommandé d’accorder davantage d’attention aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi qu’au droit au développement.

 

Le Liechtenstein a déclaré être inquiet face aux discriminations contre les minorités, notamment les musulmans dans certains pays asiatiques.  Le Luxembourg regrette que Sri Lanka ait décidé de retirer son parrainage de la résolution 30/1 la concernant, et appelle à la pleine mise en œuvre de cette résolution.  Le Liechtenstein regrette aussi les pressions exercées contre les défenseurs des droits de l’homme dans les pays cités dans les rapports.

 

Le Portugal a déclaré que le moment est venu d’interdire toutes les pratiques qui ne respectent pas les droits de l’homme dans l’accès à la santé mentale.  Ce n’est que par un processus pacifique et démocratique que la situation au Venezuela pourra s’améliorer, a ajouté le Portugal. 

 

Le Botswana a salué le travail du Haut-Commissariat dans les différentes régions.  Il a remercié le Haut-Commissariat de son assistance au Botswana dans le domaine du renforcement des mécanismes nationaux de suivi des recommandations relatives aux droits de l'homme. 

 

L’Afrique du Sud a demandé que les auteurs de violations des droits du peuple palestinien cessent de bénéficier de l’impunité.

 

L’Équateur a indiqué avoir pris bonne note des recommandations de la mission du Haut-Commissariat au terme de sa visite sur place, et portant sur des allégations de violations des droits de l'homme que le représentant a condamnées.

 

La Zambie a fait observer que malgré les efforts déployés de par le monde, les crises créent de nouvelles atteintes aux droits de l’homme ce qui devrait inciter le Conseil à une réflexion chaque fois renouvelée sur ces droits. 

 

La Hongrie a affirmé que malgré les défis liés à la migration, le pays honorait pleinement ses engagements dans ce domaine.  Pour atteindre les Objectifs de développement durable, il conviendra de travailler ensemble, de se parler et d’écouter, a ajouté la délégation hongroise. 

 

Le Costa Rica a regretté la non-coopération des autorités du Nicaragua avec le système de l’ONU, déplorant les restrictions de l’espace de la société civile, les arrestations et détentions dans ce pays.  Le Costa Rica a notamment appelé à la libération des personnes détenues au Nicaragua, en particulier les femmes. 

 

La Jordanie a déclaré que le meilleur moyen pour faire face aux violations est le dialogue constructif multilatéral et le respect des instruments internationaux.  La Jordanie a rappelé le droit inaliénable du peuple palestinien de disposer d’un territoire sur les frontières de 1967. 

 

L’Arabie saoudite a précisé que l’arrestation des personnes mentionnées dans la mise à jour de la Haute-Commissaire n’était pas liée à leurs activités militantes, mais au fait que ces personnes ont enfreint la loi, car un activiste n’est pas au-dessus des lois.  L’Arabie saoudite a pris les mesures nécessaires pour poursuivre les auteurs du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, a-t-elle ajouté, et pour éviter que de tels crimes ne se reproduisent.

 

El Salvador a assuré que le respect des droits de l’homme universels était pour lui une priorité, en tant que base solide pour le développement.  Les mesures prises aux Nations Unies pour défendre les droits de l’homme doivent tenir compte des réalités de chaque pays, a ajouté la délégation salvadorienne.

 

La Tunisie s’est félicitée du degré élevé de coopération entre la Tunisie et le Haut-Commissariat.  Pour la représentante, parvenir à des solutions justes et pérennes pour des causes justes, comme la cause palestinienne, est indispensable pour la crédibilité du système onusien.

 

Le Maroc a fait part de ses efforts pour mettre en place une commission nationale contre la traite des êtres humains et un mécanisme national contre la torture.  Des progrès ont également été accomplis en termes d’égalité entre hommes et femmes et dans la lutte contre les discours de haine.

 

L’Irlande s’est dite très préoccupée par le fait que les libertés individuelles les plus basiques soient remises en cause dans le monde entier et par les pressions accrues sur les défenseurs des droits humains.  La représentante irlandaise a assuré du soutien sans faille de son pays au travail du Haut-Commissariat. 

 

Le Monténégro a loué l’objectivité, la non-sélectivité et l’approche constructive de la Haute-Commissaire alors que son bureau se heurte à un manque de ressources financières, ce qu’il faudrait résoudre dans les meilleurs délais.  Des violations des droits de l’homme se poursuivent, certains engagements préalablement pris ne sont pas respectés : il importe donc de renforcer les mécanismes d’alerte précoce et de prévention, a conseillé le Monténégro.

 

Le Myanmar a recommandé au Conseil de se montrer à la hauteur de ses obligations et d’éviter les confrontations.  Il a déploré la politisation contre certains États, alors qu’aucun pays ne peut se targuer d’un bilan impeccable en matière de droits de l’homme.  Le Myanmar traverse une période transitionnelle et a besoin de temps, a demandé sa délégation. 

 

L'Azerbaïdjan a déclaré que les déplacements massifs de personnes à travers le monde continuaient de poser des défis aux droits de l'homme.  Elle a réitéré son appel aux Nations Unies pour qu'elles adoptent une position de principe afin de garantir les droits de l'homme des personnes déplacées et des réfugiés azerbaïdjanais. 

 

La Grèce a indiqué être attaché à une coopération totale avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme.  Le rapport de la Haute-Commissaire ne mentionne malheureusement pas la responsabilité de la puissance occupante à Chypre, ni le problème des colonies illégales et le déni par la Turquie de plus de 250 000 Chypriotes grecs.  La question des personnes disparues est aussi une source de préoccupation pour la Grèce en raison de la disparition de nombreux citoyens grecs.  La Grèce déplore en outre l’utilisation, dans le rapport, des termes « autorité chypriote turque ».

 

La Fédération Russie a réaffirmé la nécessité de coopération entre les États.  Un échange d’informations de qualité entre les États est un gage de bon fonctionnement du Conseil.  Malheureusement, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme réalise mal les mandats demandés par le Conseil, a déclaré la délégation russe, déplorant de nombreux retards dans la remise des documents et des rapports.  Il faut revoir la répartition géographique du personnel du Haut-Commissariat, a-t-elle ajouté.  La Fédération de Russie a jugé inexplicable la politisation des rapports et a demandé au Haut-Commissariat de se baser sur des sources fiables pour évoquer toute situation la concernant.

 

La Syrie a condamné les violations des droits de l’homme des Palestiniens par Israël.  La Haute-Commissaire n’a pas abordé les faits qui ont conduit à la situation à Idlib, a ensuite regretté la délégation syrienne.  L’armée syrienne ne vise pas les installations civiles et son but est de protéger les citoyens, a assuré la délégation.  C’est pourquoi, des corridors humanitaires ont été ouverts pour évacuer les civils des hostilités.

 

La République populaire démocratique de Corée a estimé que les rapports de pays s’écartent du principe d’objectivité et ne reflètent pas correctement la situation des pays concernés car ils sont souvent fondés sur des informations non vérifiées.  La République populaire démocratique de Corée a condamné les tentatives de pression contre des Etats souverains sous le prétexte des droits de l'homme, comme cela s’est vu récemment au sujet de la situation en Iran, au Venezuela et au Nicaragua.  Le pays s’est opposé à la politique de deux poids deux mesures et de confrontation. 

 

La Turquie a rappelé qu’elle lutte depuis longtemps contre les groupes terroristes et a assuré qu’elle respecte l’état de droit.  La délégation a estimé que les commentaires sur les procédures judiciaires en cours relèvent de l’interférence dans l’indépendance de la justice.  Elle a en outre rejeté toutes les allégations de Chypre à l’encontre de la Turquie.

 

La Norvège a fait observer que la Colombie est l’un des pays les plus dangereux pour les défenseurs des droits de l'homme, tout en reconnaissant les efforts du Gouvernement colombien pour mettre un terme au cycle de violence.  La délégation norvégienne s’est inquiétée de l’impunité, de la corruption et de l’état de droit au Guatemala et au Honduras, qu’elle a appelés à renforcer la protection des droits de l'homme.  La Norvège a en outre reconnu les progrès réalisés à Sri Lanka et l’a encouragée à mettre en œuvre les engagements restants. 

 

La Thaïlande accueille favorablement l’Appel à l’action du Secrétaire général et envisage une coordination avec l’ONU à cet égard, a indiqué sa délégation.  Le pays a ajouté avoir adopté un plan d’action sur les entreprises et les droits de l’homme, premier du genre en Asie et fruit de plusieurs années de consultation, notamment avec le Haut-Commissariat et les procédures spéciales. 

 

La Suède a estimé qu’un dialogue national est une condition préalable à une solution pacifique et démocratique à la crise au Nicaragua.  Elle a ensuite espéré que l’Accord de paix signé avec l’Ethiopie et l’amélioration des relations avec d’autres pays de la région favoriseront un changement positif en Erythrée.  Elle a en outre exhorté toutes les parties armées au Yémen de veiller à la protection des civils. 

 

L’Algérie a salué l’implication du Haut-Commissariat dans la réalisation des Objectifs de développement durable, soulignant que l’Algérie avait à cet égard pu enregistrer des progrès socioéconomiques remarquables.  La délégation algérienne a en outre souligné que le mouvement civil actuel dans le pays avait débouché sur des élections et des changements au niveau de la magistrature suprême et d’autres institutions publiques. 

 

Les Maldives ont expliqué que la lutte contre la traite des êtres humains était une priorité du Gouvernement de l’archipel, qui vient d’adopter un plan d’action national dans ce domaine.  Le changement climatique est en outre devenu un défi existentiel pour les Maldives.  Le pays souhaite que les droits de l’homme deviennent un mode de vie aux Maldives, a déclaré la délégation maldivienne.

 

Le Paraguay a souligné que la corruption et l’absence d’état de droit constituent une grave source de violation des droits humains.  Le pays a insisté sur l’importance des mécanismes de droits de l’homme et a salué le soutien apporté par le Haut-Commissariat aux droits de l'homme aux États.  Le Paraguay s’est ensuite dit très préoccupé par la situation des droits de l’homme au Venezuela et au Nicaragua. 

 

La Bolivie a dit partager la préoccupation de la Haute-Commissaire s’agissant des répercussions des changements climatiques sur les droits de l’homme et sur les personnes les plus vulnérables.  La Bolivie estime que les droits économiques, civils et culturels doivent être davantage protégés. 

 

Le Luxembourg a salué les progrès au Soudan et a encouragé le Gouvernement de ce pays à poursuivre sa coopération avec le Haut-Commissariat, notamment en ce qui concerne la lutte contre l’impunité.  Le Luxembourg a en outre exhorté tous les Etats à protéger les droits des manifestants.  Sensible à la situation sécuritaire et à celle des droits de l'homme au Sahel, le Luxembourg a salué l’appui à la Force G5 Sahel et la mise en place d’un bureau du Haut-Commissariat au Niger, estimant qu’il n’y a pas d’alternative à une approche holistique face à l’extrémisme violent et à ses causes.

 

La Jamaïque a dit avoir toujours été inflexible s’agissant du respect des droits et libertés fondamentales de ses citoyens, sans discrimination.  Elle a rappelé qu’elle avait accueilli en 2019 la 172e session de la Commission interaméricaine des droits de l'homme et a indiqué qu’elle présenterait son rapport au titre de l’Examen périodique universel en mai prochain.

 

La Chine a demandé à la Haute-Commissaire aux droits de l'homme d’écouter davantage les pays et de fournir l’assistance technique dont ont besoin les pays concernés.  Les droits de l'homme pour tous restent un projet d’avenir, en particulier face à la faim et à l’insécurité alimentaire dans le monde, a fait observer la délégation chinoise.

 

L’Ethiopie a souligné que la collaboration avec le Haut-Commissariat avait fortement aidé au renforcement de ses institutions nationales et à la revitalisation des cadres législatifs.  Le pays s’est félicité de la coopération avec le bureau régional [du Haut Commissariat] sur des questions telles que celles liées aux Objectifs de développement durable, à l’action humanitaire et à la protection et à l’élargissement de l’espace civique. 

 

Le Royaume-Uni a estimé qu’à Hong Kong, le rétablissement de la confiance dans les forces de l’ordre est nécessaire.  Les démolitions et les exactions persistantes à Gaza sont inquiétantes, a en outre souligné le Royaume-Uni.  Le pays a par ailleurs indiqué demeurer engagé en faveur des efforts de médiation et de reddition de comptes à Sri Lanka. 

 

La Belgique a dit partager les préoccupations exprimées face aux preuves crédibles de la détention sans distinction et à grande échelle des Ouïghours et d’autres minorités dans la région du Xinjiang, en Chine.  La Belgique a réitéré l’appel visant à permettre un accès significatif aux observateurs indépendants pour répondre à ces préoccupations.  La Belgique a par ailleurs exprimé des inquiétudes concernant la mise à jour du Registre national des citoyens de l’Inde et a demandé aux autorités indiennes d’éviter les effets discriminatoires de cette mise à jour sur l’accès des personnes à la nationalité.  La Belgique a ensuite rappelé aux Gouvernements de l’Iraq, du Cameroun, du Honduras et du Kazakhstan que le droit au rassemblement pacifique est un fondement crucial d’une société épanouie et dynamique et d’une coexistence durablement pacifique. 

 

La Géorgie s’est dite préoccupée par la situation au Venezuela, notamment au regard des arrestations arbitraires; il faut que tous les détenus politiques soient libérés.  La Géorgie s’est également dite préoccupée par la situation au Nicaragua, notamment en raison des attaques contre les journalistes et les manifestants dans ce pays.

 

L’Organisation des États américains (OEA) a souligné que la Commission interaméricaine des droits de l’homme documentait les violations des droits de l’homme au Nicaragua, notamment pour ce qui est de la réduction de l’espace accordé à l’espace civile.  La Commission reste préoccupée par l’impunité et l’impossibilité d’accéder à la justice pour les victimes de violences au moment des troubles dans ce pays. 

La République démocratique populaire lao a dit attacher une grande importance au mécanisme de l’Examen périodique universel.  S’agissant de la situation au Xinjiang, la Chine a pris des mesures pour résoudre le problème et maintenir l’ordre social, contribuant ainsi également à la lutte contre le terrorisme, a affirmé la délégation lao, saluant le développement économique de cette région. 

La Mongolie a dit avoir élaboré un programme afin d’appliquer les recommandations issues de l’EPU qui lui ont été adressées et avoir notamment mis en place un mécanisme national de prévention de la torture.  Le pays a aussi adopté un projet de loi sur la condition juridique des défenseurs des droits de l'homme et a fait une demande officielle pour prolonger jusqu’en 2022 l’assistance technique reçue dans ce domaine.

 

Malte a insisté sur la nécessité d’aborder les menaces contre le climat pour lutter contre les inégalités générationnelles, conformément à l’Accord de Paris.  Les droits de l'homme s’appliquent à tous, quelles que soient l’orientation sexuelle et l’identité de genre, a par ailleurs rappelé la délégation maltaise.  Elle a en outre salué le soutien du Haut-Commissariat aux plans d’action contre la violence sexuelle en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. 

 

Le Viet Nam a souligné que les droits de l'homme et les libertés fondamentales sont protégés par la Constitution vietnamienne et par les lois pertinentes.  La délégation vietnamienne s’est dite déçue par les déclarations qu’elle a jugées non objectives de l’Union européenne à l’égard de son pays, ce qui – a souligné la délégation – ne peut que nuire à une atmosphère de dialogue et de coopération. 

L’Islande a rappelé que le droit de manifestation pacifique est un droit fondamental qu’il convient de respecter et de protéger.  Le pays a regretté la décision de Sri Lanka de prendre ses distances par rapport aux décisions antérieures du Conseil. 

 

Le Tchad a souscrit à l’idée que les délibérations du Conseil doivent toujours être guidées par la transparence et rester à l’abri de toute ingérence politique et surtout dans le respect des principes fondamentaux du droit international. 

 

Le Cambodge a déclaré avec regret que la mise à jour orale de la Haute-Commissaire le concernant était basée sur des sources biaisées et non fiables.  En réalité, tous les citoyens au Cambodge sont traités sur un pied d’égalité conformément à la Constitution et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a assuré la délégation cambodgienne. 

 

L’Iraq a dit partager les vues de la Haute-Commissaire quant à l’urgence de s’attaquer au terrorisme, à l’extrémisme violent et à la haine ou encore à la discrimination dans le traitement des migrants et des demandeurs d’asile.  L’Iraq a ensuite dit appuyer les recommandations énoncées dans le rapport sur l’établissement des responsabilités des violations des droits de l’homme dans le Territoire palestinien occupé.  Pour ce qui concerne les manifestations en Iraq, la délégation iraquienne a déclaré que la plupart des jeunes qui y prennent part ne font qu’exercer leur droit constitutionnel de manifester.  Elle a toutefois déploré les violences avec les forces de l’ordre ayant fait des morts et des blessés parmi les manifestants et les forces de police, ainsi que les actes de vandalisme contre des infrastructures publiques et des biens privés.

 

Candidate au Conseil pour la période 2021-2023, la France s’est fixé trois priorités : promotion des droits des femmes, protection des défenseurs des droits et préservation de la liberté d’accéder à une information indépendante, plurielle et fiable.  La France continuera tous les autres combats pour la défense des droits de l’homme, a assuré sa délégation.  Elle a exprimé sa préoccupation face aux arrestations arbitraires, assassinats, disparitions forcées et face au recours indiscriminé à la force létale contre des personnes exerçant leur droit à manifester pacifiquement dans plusieurs pays, dont l’Iraq.  La France a en outre appelé à une solution pacifique à la crise dans les régions anglophones au Cameroun et a encouragé la République démocratique du Congo à poursuivre ses efforts dans la lutte contre l’impunité.  La France a aussi appelé le Nicaragua à mettre fin aux arrestations arbitraires et à l’usage excessif de la force.  Elle a par ailleurs appelé le Cambodge à ouvrir les espaces civils.  Concernant la situation en Palestine, la France a réitéré son attachement à la solution fondée sur deux Etats - avec Jérusalem-est pour capitale de l’Etat palestinien. 

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mardi 25 février 2020

LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME ENTEND LES DECLARATIONS DE VINGT HAUTS DIGNITAIRES

LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME ENTEND LES DÉCLARATIONS DE VINGT HAUTS DIGNITAIRES

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Yves Le Drian 1.jpg, fév. 2020

Cet après-midi, vingt hauts dignitaires se sont succédé à la tribune du Conseil des droits de l'homme dans le cadre du débat de haut niveau que le Conseil tient, depuis hier et jusqu’à demain, dans le cadre de sa quarante-troisième session.

Sont successivement intervenus le Ministre adjoint de l'Europe et des affaires étrangères de l’Albanie ; le Ministre adjoint des affaires étrangères de la République tchèque ; le Représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l'homme ; la Ministre adjointe des affaires étrangères de la Colombie ; le Ministre adjoint des affaires étrangères de la Roumanie ; le Ministre des affaires étrangères de la Grèce ; le Ministre des affaires étrangères des Maldives ; le Ministre des affaires étrangères et européennes de la Slovaquie ; le Ministre des affaires étrangères du Népal ; le Ministre des affaires étrangères de l’Iraq ; le Ministre des affaires étrangères du Guatemala ; le Ministre des affaires étrangères de la République-Unie de Tanzanie ; le Ministre adjoint des affaires étrangères de la Macédoine du Nord ; le Ministre des affaires étrangères et de l’intégration européenne de la République de Moldova ; le Ministre des affaires étrangères du Nigéria ; le Vice-Président de la Commission interaméricaine des droits de l'homme ; la Vice-Ministre parlementaire des affaires étrangères du Japon ; le Ministre d’Etat du Royaume-Uni chargé du Commonwealth, des Nations Unies et de l’Asie du Sud et Représentant spécial du Premier Ministre du Royaume-Uni pour la prévention de la violence sexuelle dans les conflits ; le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile de la Mauritanie ; ainsi que la Directrice générale de l’Organisation internationale de droit du développement.

Les intervenants ont notamment mis en avant leurs réalisations en faveur des droits de l'homme et fait part de leurs priorités à venir, que ce soit au plan national ou au sein du Conseil des droits de l'homme. Ont également été soulignés les défis à relever. Il a à cet égard été affirmé que le coronavirus était une urgence de la communauté internationale et a été encouragée une coopération resserrée face à ce nouveau virus.

Le Conseil reprendra son débat de haut niveau demain matin, à partir de 9 heures.

Suite du débat de haut niveau

M. AGRON TARE, Ministre adjoint des affaires européennes et étrangères de l’Albanie, a indiqué que son pays avait placé la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales au cœur de ses priorités lors de sa présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), cette année. Parmi les priorités de l’Albanie au Conseil des droits de l'homme, le Ministre adjoint a cité l’égalité entre hommes et femmes et les droits des femmes. Les femmes continuent d’être démesurément affectées par les conflits : l’Albanie souhaite donc qu’elles soient davantage intégrées dans les processus de paix. Une autre priorité pour l’Albanie est la défense de la tolérance et de la non-discrimination.

M. Tare a ensuite vanté la coexistence harmonieuse entre les religions, sur la base des principes d’universalité et de non-discrimination, avec en priorité la lutte contre l’antisémitisme. Une autre des priorités de l’Albanie est la liberté d’expression et la liberté des médias, a dit M. Tare, inquiet des menaces contre les journalistes.

M. MARTIN POVEJŠIL, Ministre adjoint des affaires étrangères de la République tchèque, a regretté le sous-financement de l’ONU et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, de même que les mesures budgétaires qui frappent le Conseil. Le Ministre adjoint a aussi recommandé de revoir le fonctionnement du système des organes conventionnels.

M. Povejšil a déclaré que les citoyens jouent un rôle essentiel pour faire respecter les normes des droits de l’homme, au même titre que les organisations de défense des droits de l’homme. La liberté des médias est de plus en plus mise à mal par des acteurs étatiques ou non étatiques qui visent à répandre des fausses informations afin de déstabiliser les démocraties et rompre la confiance entre les Gouvernements, les médias et la société civile. C’est pour cette raison que la République tchèque a décidé de devenir membre de la Media Freedom Coalition, a fait savoir le Ministre adjoint. La République tchèque est préoccupée par la situation des droits de l’homme en Fédération de Russie ; la situation est particulièrement désastreuse dans la péninsule de Crimée, a estimé le Ministre adjoint. Il a aussi rappelé le soutien de son pays au « président par intérim du Venezuela, M. Juan Guaidó ».

M. EAMON GILMORE, Représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme, a appuyé le nouvel Appel à l’action pour les droits de l’homme lancé par le Secrétaire général des Nations Unies pour prévenir les conflits et édifier un monde juste. Le multilatéralisme n’a jamais été aussi indispensable qu’aujourd’hui, a affirmé M. Gilmore, appelant à traduire cette notion noble en actions concrètes. Il a ensuite annoncé que l’Union européenne proposerait plusieurs initiatives pendant la présente session du Conseil.

Ainsi, s’agissant de la situation en République populaire démocratique de Corée, l’Union européenne présentera un projet de résolution qui envoie un message clair au Gouvernement de ce pays pour qu’il cesse immédiatement les violations des droits de l’homme, améliore rapidement les libertés civiles et les droits économiques et sociaux, et coopère sans délai avec le système onusien des droits de l’homme. Un autre texte sur la situation des droits de l’homme au Myanmar sera déposé, aux fins du renouvellement du mandat de la procédure spéciale.

M. Gilmore a demandé que les rapporteurs spéciaux et autres titulaires de mécanismes régionaux et internationaux accèdent librement à la Crimée occupée et à la ville de Sébastopol. Il a enfin dénoncé les représailles à l’endroit des défenseurs des droits de l’homme.

MME ADRIANA MEJIA, Ministre adjointe des affaires étrangères de la Colombie, a rappelé que l’état de droit s’était maintenu en Colombie malgré les années de conflit mais que nombre de défis restaient à relever après la signature de l’accord de paix avec les FARC. Elle a fait savoir que le Président Duque avait mis en place un plan d’action pour améliorer la capacité de riposte du Gouvernement et pour poursuivre le processus de reconstruction, avec la société civile et avec les ONG. S’agissant de l’engagement du Gouvernement colombien dans l’application de l’accord de paix final, Mme Mejia a indiqué qu’il avait décidé d’adopter une vision à long terme et d’accorder la priorité aux victimes, notamment en leur donnant des garanties de non-répétition. La Colombie, dotée d’une tradition de démocratie et de respect pour les institutions, est ouverte à toutes les initiatives de coopération pour garantir les droits de l'homme et des citoyens, a fait remarquer la Ministre adjointe.

Prenant ensuite la parole au nom des pays membres du groupe de Lima, Mme Mejia a fait part de leur préoccupation au sujet des violations des droits de l'homme au Venezuela. Elle a rappelé que les membres du Conseil ont l’obligation la plus stricte de respecter les droits de l'homme. Elle a lancé un appel à la communauté internationale pour un retour de la démocratie au Venezuela et le déploiement d’observateurs indépendants. Le monde a besoin d’être uni pour mettre un terme à cette tragédie humaine, a conclu Mme Mejia.

M. CORNEL FERUTA, Ministre adjoint des affaires étrangères de la Roumanie, a souligné le rôle de la coopération internationale pour créer un avenir sûr au profit des générations futures. Malheureusement, ce sont les droits humains qui souffrent les premiers dans un conflit. La Syrie en est un tragique exemple. La Roumanie est très préoccupée par l’escalade militaire en Syrie, avec son cortège de carnages et de déplacements forcés de populations. La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour mettre un terme aux pertes de vies humaines en Syrie, a demandé M. Feruta.

Dans l’est de l’Ukraine, depuis le début du conflit, 10 300 personnes ont été tuées, a ensuite déploré le Ministre adjoint. Il a demandé que la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies en Ukraine ait un accès total à tout le territoire ukrainien, notamment à la Crimée annexée illégalement. Le Ministre adjoint a appelé toutes les parties au conflit à mettre pleinement en œuvre leurs obligations liées aux Accords de Minsk.

M. NIKOLAOS-GEORGIOS DENDIAS, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, s’est dit convaincu qu’une démarche axée sur le consensus est fondamentale pour avancer dans le domaine des droits de l’homme. La Grèce concentre ses efforts sur des initiatives régionales. Le pays travaille avec plus de 40 pays dans le monde entier sur des initiatives, dans toute une série de domaines, couvrant notamment les droits économiques, sociaux et culturels et la liberté des journalistes. Le Ministre a ensuite évoqué le changement climatique qui met en péril la survie de l’humanité et qui a des conséquences négatives sur l’ensemble des droits de l’homme et sur le patrimoine. C’est dans ce contexte que la Grèce a décidé d’organiser cette année une conférence internationale sur le thème de la sauvegarde du patrimoine culturel.

L’un des défis que rencontrent le pays est la migration, a poursuivi le Ministre. La Grèce, en première ligne de la crise migratoire et des réfugiés, enregistre la plus grande proportion, dans l’Union européenne, de demandeurs d’asile par rapport à la population, a-t-il souligné. Malgré cette pression, la Grèce a pu sauver des milliers de vies. Le Gouvernement a pris plusieurs décisions pour protéger les droits de l’homme des migrants, notamment l’adoption d’une nouvelle loi sur les mineurs non accompagnés. Néanmoins, le Ministre a insisté sur le fait que les pays d’entrée ne pouvaient pas assumer, seuls, tout le fardeau des migrations.

M. ABDULLA SHAHID, Ministre des affaires étrangères des Maldives, a salué celles et ceux qui s’efforcent, de façon inlassable, de faire respecter les valeurs de la Charte, au moment où les Nations Unies célèbrent leur 75e anniversaire. Il a ensuite présenté certains des engagements de son Gouvernement. Ainsi, les Maldives ont-elles ratifié le troisième Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant. Elles prévoient aussi de participer, en mai prochain, au troisième cycle de l’Examen périodique universel. De plus, pour la première fois depuis 2002, il n’y a plus aucune plainte pour violation des droits de l’homme aux Maldives devant le Comité des droits de l’homme de l’Union interparlementaire, s’est réjoui le Ministre. En outre, l’âge de la responsabilité pénale a été élevé à 15 ans ; quant aux Règles Nelson Mandela sur le traitement des détenus, elles ont été intégrées à la réforme des lieux de détention. Le 12 février, le Parlement maldivien a adopté une motion déclarant l’urgence climatique, vu les conséquences du changement climatique sur le bien-être et la jouissance des droits de l’homme, a en outre fait savoir le Ministre.

M. Shahid s’est félicité, par ailleurs, des décisions prises tant par l’ONU que par des organisations régionales au sujet de la situation des Rohingya du Myanmar. Il a enfin appuyé le droit des Palestiniens à l’autodétermination et a appelé la communauté internationale à trouver, collectivement et de manière résolue, une solution à la question palestinienne.

M. MIROSLAV LAJČÁK, Ministre des affaires étrangères et européennes de la Slovaquie, a fait observer que « nous sommes au cœur d’une véritable transformation de l’ordre mondial, dans laquelle la démocratie est remise en question et les droits humains sont bafoués ». « Nous ne savons pas quand cela va se terminer mais nous savons qu’il y aura un prix à payer », a ajouté le chef de la diplomatie slovaque. Les droits de l'homme sont le cœur même de la paix et de la sécurité, a insisté M. Lajčák, ajoutant que la prévention des conflits passe par le respect des droits de l'homme et que les violations de ces droits sont des signes avant-coureurs qu’il faut identifier et dont il faut s’inquiéter.

Les droits de l'homme sont un moteur de paix et de prospérité, et non l’inverse, a continué le Ministre, citant le pouvoir du droit à l’éducation, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Selon le Ministre, coalitions, alliances et partenariats sont nécessaires dans tout le système des Nations Unies pour poser les bonnes questions et y apporter de bonnes réponses. Enfin, le Ministre a évoqué le meurtre de deux journalistes slovaques l’année dernière : il a assuré que justice serait rendue dans cette affaire.

M. PRADEEP KUMAR GYAWALI, Ministre des affaires étrangères du Népal, a déclaré que son pays avait intégré, à ses propres textes législatifs, les valeurs énoncées dans la Charte et dans les traités relatifs aux droits de l’homme. Ainsi, la tolérance religieuse népalaise est-elle exemplaire ; la Commission nationale des droits de l’homme est conforme aux Principes de Paris ; et le pays a été en mesure de jeter les bases d’un État démocratique et juste, a dit M. Gyawali. Les principes d’égalité et de non-discrimination s’appliquent également aux femmes et aux filles népalaises, a assuré le Ministre, ajoutant que plusieurs textes de lois ont été adoptés sur la santé génésique et procréative, de même que sur l’éducation. Le développement des enfants figure aussi parmi les grandes priorités népalaises. D’autre part, la lutte contre la traite des personnes repose sur la coopération nationale, régionale et internationale.

En tant que pays montagneux, a poursuivi le Ministre, le Népal est très préoccupé par le changement climatique et le pays organisera un forum sur les montagnes et le changement climatique. Le Gouvernement est aussi engagé dans la résolution des problèmes qui subsistent après le conflit qu’a connu le pays, conformément à l’accord de paix. Enfin, les recommandations issues du deuxième cycle de l’EPU ont été appliquées et la collaboration avec les procédures spéciales est satisfaisante, s’est félicité le Ministre, pour qui l’expérience au sein du Conseil a favorisé la transformation de cette démocratie naissante. Le Népal a pleinement confiance dans le multilatéralisme, a conclu M. Gyawali.

M. MOHAMED ALI AL-HAKIM, Ministre des affaires étrangères de l’Iraq, a déclaré que son nouveau Gouvernement avait proposé un programme politique très ambitieux qui visait à garantir les droits de l’homme de tous les citoyens iraquiens. Toutefois, un sentiment d’insatisfaction s’est répandu au sein de la population en raison des difficultés rencontrées depuis de nombreuses années. Les jeunes sont sortis dans les rues pour exercer et réclamer leurs droits et pour exprimer leur insatisfaction face à leur quotidien et à l’absence de perspectives économiques.

Malheureusement, les tentatives des forces de l’ordre pour assurer la sécurité des manifestations ont abouti à une escalade de tensions et des actes de violences ont fait de nombreuses victimes de part et d’autre.

Le Gouvernement a chargé un Comité de faire enquête sur ces événements. Cette démarche a abouti au limogeage d’un cadre de la sécurité, en raison du manque de discipline des forces de l’ordre. Le Gouvernement a par ailleurs pris un certain nombre de mesures pour répondre aux aspirations des manifestants ; des mécanismes ont été créés pour prendre connaissance des doléances de la population.

Le Ministre a par ailleurs appelé toutes les parties à la retenue en Syrie, un pays ont il a défendu la souveraineté. M. Al-Hakim a, par ailleurs, pris note du rapport sur les activités des entreprises dans les colonies d’implantation en Palestine publié par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. « Il faut continuer à soutenir les résolutions favorables aux aspirations du peuple palestinien », a plaidé le Ministre. Il a enfin estimé qu’aucune action militaire ne pouvait être une réponse au conflit en Libye.

M. PEDRO BROLO VILA, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, a fait part du plan national d’innovation et de développement présenté par le Gouvernement guatémaltèque. Ce Gouvernement est attaché à la justice et à la solidarité vis-à-vis des victimes de violence sous toutes ses formes, a-t-il souligné. Il a ensuite plaidé que les travaux du Conseil soient orientés en fonction des retombées qu’ils ont sur le terrain pour ceux et celles dont les libertés sont bafouées et les libertés non respectées. « Nous avons besoin d’un multilatéralisme efficace », a-t-il déclaré.

Au sujet des flux migratoires, M. Brolo Vila a indiqué œuvrer avec ses voisins à la formulation d’un plan régional intégral afin de résoudre les problèmes qui expliquent les migrations et de s’attaquer aux violations des droits des migrants. « La migration doit être une possibilité et non une nécessité », a-t-il souligné. Il a en outre rappelé le soutien de son pays à la mise en place du Forum permanent pour les personnes d’ascendance africaine. Sur le plan national, une commission présidentielle contre le racisme est chargée de lutter contre la discrimination et de veiller au respect des obligations internationales en la matière, a indiqué le chef de la diplomatie guatémaltèque. Par ailleurs, a-t-il fait valoir, le Président du Guatemala vient d’entamer une « grande croisade de la nutrition » afin d’améliorer la santé de la population, notamment rurale et autochtone.

M. PALAMAGAMBA KABUDI, Ministre des affaires étrangères de la République-Unie de Tanzanie, a assuré que les élections prévues dans son pays en octobre seraient, comme à l’accoutumée, justes, libres et transparentes. Le Gouvernement entend d’ailleurs inviter des observateurs indépendants, a-t-il ajouté. Dans sa politique de développement fondée sur les droits de l’homme, la Tanzanie accorde la priorité, entre autres, au patriotisme, à la démocratie, à l’inclusion sociale, aux femmes et aux enfants ainsi qu’à la jeunesse, a-t-il indiqué. La pauvreté, l’ignorance et la maladie sont les trois grands ennemis du développement, a-t-il par ailleurs souligné. Pour lutter contre ces fléaux, de nombreux centres médicaux et de santé ont été édifiés, tandis que deux programmes de santé publique de grande ampleur sont mis en œuvre. De son côté, l’enseignement est gratuit à tous les niveaux et l’enregistrement des enfants au cycle primaire a été nettement amélioré, a fait valoir M. Kabudi.

Le Ministre tanzanien des affaires étrangères a fait état de plusieurs initiatives de réduction du taux de la pauvreté et a souligné que des réformes ont aussi été menées dans le système judiciaire afin de faciliter l’accès de tous à la justice, notamment dans les zones densément peuplées qui ne disposaient pas de suffisamment de tribunaux. La bonne gouvernance et la lutte contre la corruption sont aussi au centre des politiques nationales, a poursuivi le Ministre. La Tanzanie s’est engagée à garantir l’autonomisation économique et politique des femmes et a fixé à 30% le quota de femmes au Parlement, dans les cours d’appels et les tribunaux de première instance, a-t-il en outre souligné. Plusieurs fonds d’autonomisation ont aussi été créés pour permettre aux femmes d’avoir des entreprises. Pour compléter tous ces efforts, le Gouvernement s’efforce de consolider le cadre d’enregistrement et de fonctionnement des organisations non gouvernementales (ONG), a indiqué M. Kabudi, précisant que le Parlement avait amendé la loi sur les ONG.

M. ANDREJ ZHERNOVSKI, Ministre adjoint des affaires étrangères de la Macédoine du Nord, a déclaré que la tendance généralisée à la mondialisation engendre des tensions géostratégiques elles aussi mondiales, alors qu’augmentent les inégalités entre pays développés et pays pauvres. Cette situation a aussi mené à la montée des populismes. Le changement climatique témoigne, en outre, du mépris à l’égard d’un environnement sain. Il faut mettre fin à la guerre entre l’homme et la nature, a plaidé le Ministre adjoint. Si le développement technologique ne va pas de pair avec le développement de l’humanité, alors il peut devenir une menace pour l’humanité, comme le montrent les projets d’armes autonomes, a-t-il averti.

M. Zhernovski a ensuite dénoncé la décision du Burundi de fermer le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme dans le pays, malgré les graves violations des droits de l’homme, notamment les exécutions extrajudiciaires, qui y sont perpétrées. Il s’est par ailleurs dit inquiet au sujet de la situation des Rohingya du Myanmar et s’est dit préoccupé par l’escalade militaire en Syrie, qui a fait un nombre effrayant de victimes civiles. Ces situations démontrent la nécessité de voir la communauté internationale redoubler d’efforts pour mettre fin aux conflits et les prévenir, a-t-il souligné. Il a en outre salué l’accord avec la Grèce, qui a permis à la Macédoine du Nord de s’atteler à ses propres réformes, notamment dans le domaine des droits de l’homme. Il a par ailleurs expliqué que le processus d’adhésion du pays à l’Union européenne permettait d’intégrer les normes pertinentes en matière de droits de l’homme.

Pour M. AURELIU CIOCOI, Ministre des affaires étrangères et de l’intégration européenne de la République de Moldova, il est certes important de célébrer les réussites communes, mais il faut aussi que les anniversaires permettent de rappeler les obligations telles que le devoir de protéger. Les droits de l'homme sont confrontés à des périls de plus en plus nombreux défiant nos systèmes de valeur, a fait observer le Ministre moldove. Il a en outre jugé inacceptable, à l’heure de l’intelligence artificielle, d’être encore en proie au fléau des inégalités hommes-femmes et de la violence domestique.

Au niveau national, la République de Moldova passe par une phase de redynamisation des libertés fondamentales et des droits de l'homme, a affirmé M. Ciocoi, précisant que cela passe par la mise en place d’un système judiciaire véritablement indépendant et impartial. Le Gouvernement s’est en outre engagé en faveur de la liberté de l’information, a-t-il ajouté. Quant à la situation des droits de l'homme dans la région de Transnistrie, elle est mauvaise en raison des violations graves et systématiques commises par ceux qui assurent le contrôle effectif de cette région, a poursuivi M. Ciocoi. Les autorités de facto de cette région sécessionniste ne sont pas favorables aux droits des populations, a-t-il insisté.

M. GEOFFREY ONYEAMA, Ministre des affaires étrangères du Nigéria, a souligné que l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes contribueront à la réalisation des 17 Objectifs de développement durable et a plaidé pour que la communauté internationale soutienne les travaux et les mandats des mécanismes du Conseil. La lutte contre le terrorisme reste une priorité du Nigeria, compte tenu de la nécessité de faire respecter les droits de l’homme, a poursuivi le Ministre. Les corps d’armée sont formés et sensibilisés pour faire face aux exigences sécuritaires importantes que cela implique, a-t-il expliqué, renvoyant aux attentats et enlèvements perpétrés par Boko Haram. L’armée nigériane a ainsi obtenu que la population lui fasse confiance et la soutienne, a-t-il ajouté. Des programmes de déradicalisation et de réinsertion ont été réussis, a fait valoir M. Onyeama.

Le Ministre nigérian des affaires étrangères a par ailleurs demandé à la communauté internationale un effort de coopération grâce au rapatriement de fonds usurpés, ce qui – a-t-il affirmé – contribuerait à la jouissance des droits fondamentaux de la population.

M. JOEL HERNANDEZ, Commissaire et Vice-Président de la Commission interaméricaine des droits de l'homme de l’Organisation des Etats américains (OEA), a constaté la persistance, en 2019, d’actes de violence et de discrimination à l’encontre de groupes vulnérables tels que les femmes, les migrants, les journalistes ou encore les défenseurs des droits. La contestation sociale a augmenté et, dans plusieurs cas, les Etats ont eu tendance à faire un usage excessif de la force et à imposer des restrictions au droit de manifestation et aux libertés d’association et d’expression. Les lacunes dans les systèmes judiciaires de la région américaine impliquent que de nombreux crimes ne sont pas punis, a ajouté M. Hernández, avant d’appeler, contre cela, à des mesures adéquates et à des enquêtes.

S’agissant plus particulièrement des migrants, le Commissaire a indiqué que Commission interaméricaine des droits de l'homme est très préoccupée par les migrations forcées des Vénézuéliens, qui concernent plus de 4,6 millions de personnes, ainsi que par la persistance des migrations forcées de personnes du Triangle Nord de l’Amérique centrale ndlr : El Salvador, Guatemala et Ho..., s’agissant en particulier des caravanes en direction des Etats-Unis. M. Hernández a lancé un appel aux Etats de la région pour qu’ils fassent face aux causes sous-jacentes à l’origine de ces migrations forcées et qu’ils se répartissent la charge de les accueillir, en garantissant le respect des droits de l'homme des migrants et des réfugiés.

En 2019, a poursuivi le Commissaire, la Commission interaméricaine a pu répondre de manière effective et immédiate aux situations des droits de l'homme dans différents pays de la région tels que l’Equateur, le Chili, la Bolivie et Haïti. La Commission cherche à obtenir des pays qu’ils respectent leurs obligations internationales et qu’ils mettent en œuvre les recommandations conformément aux normes interaméricaines en matière de droits de l'homme, a-t-il expliqué. Le continent américain continue d’afficher des inégalités sociales extrêmes ainsi que de sérieux problèmes concernant l’accès à la justice et la discrimination contre les femmes, les peuples autochtones, les Afro-descendants, les migrants et une partie de la population en raison de son orientation sexuelle, a souligné le Commissaire.

MME OMI ASAKO, Vice-Ministre parlementaire des affaires étrangères du Japon, a déclaré que le coronavirus était une urgence de la communauté internationale et a indiqué que le Japon faisait en sorte que la situation s’améliore, notamment sur le navire de croisière Diamond Princess. Elle a dénoncé les calomnies et les discriminations à l’encontre des personnes d’origine asiatique dans ce dossier. En avril, le pays va accueillir à Kyoto le quatorzième Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale. Le Japon va par ailleurs veiller à ce que les prochains Jeux olympiques et paralympiques soient pleinement inclusifs, a indiqué Mme Asako.

Le Japon est prêt à jouer un rôle moteur dans la promotion et la protection des droits de l’homme dans la région, a poursuivi Mme Asako. Les droits de l’homme fondamentaux doivent être garantis et la répression des défenseurs des droits de l’homme doit disparaître, a-t-elle ajouté, soulignant que le Japon attache une importance particulière à la communication avec d’autres pays dans ce domaine. Le Japon a ainsi lancé des discussions sur cette question avec le Myanmar, qui s’est dit prêt à poursuivre tous les actes criminels relevant des droits de l’homme commis sur son territoire. La question des enlèvements par la « Corée du Nord » est une autre question qui tient à cœur aux autorités nippones et la « Corée du Nord » doit prendre des mesures pour clarifier la situation dans ce domaine, a déclaré Mme Asako. Elle a enfin indiqué que le Japon élaborait un plan d’action national visant à mettre fin à la violence à l’encontre des enfants.

LORD AHMAD DE WIMBLEDON, Ministre d’Etat du Royaume-Uni chargé du Commonwealth, des Nations Unies et de l’Asie du Sud, et Représentant spécial du Premier Ministre du Royaume-Uni pour la prévention de la violence sexuelle dans les conflits, a présenté ses condoléances pour les personnes ayant succombé des suites du coronavirus et a encouragé à une coopération resserrée face à ce nouveau virus. Il a ensuite invoqué l’esprit des fondateurs de l’ONU qui avaient également prévu le pilier « droits de l’homme » dans la charpente – c’est-à-dire la Charte – de l’ONU. Le Royaume-Uni a par ailleurs sollicité l’appui des Etats à sa candidature au Conseil.

Le Ministre a ensuite salué la déclaration publiée aujourd’hui par la Coalition de la liberté des médias sur la liberté d’expression et des médias. Il a en outre souligné que son pays s’est aussi engagé à travailler à la prévention et à la lutte contre les répercussions du changement climatique. Il a ensuite attiré l’attention, pour les condamner, sur les violations des droits de l’homme en Syrie, en particulier à Idlib. Il a par ailleurs appelé le Gouvernement du Myanmar à appliquer les recommandations de la commission d’enquête internationale et de celle sur l’Etat de Rakhine. Il a d’autre part exhorté la « Corée du Nord » à cesser les violations systématiques des droits de sa population. Ensemble, nous avons forgé un système de reddition de comptes partout dans le monde, s’est-il enfin félicité, appelant chaque Etat à continuer de se soucier des plus vulnérables et à alléger leurs souffrances, tâches qui relèvent également du mandat du Conseil des droits de l’homme.

M. MOHAMED EL HASSEN OULD BOUKHREISS, Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile de la Mauritanie, a mentionné les conflits armés, le terrorisme, le changement climatique et la corruption comme étant autant de défis auxquels la communauté internationale doit sérieusement faire face. C’est ce que la Mauritanie, pour sa part, s’emploie à faire, notamment avec les cinq pays du Sahel pour ce qui concerne la lutte contre l’extrémisme.

La Mauritanie est partie aux principaux instruments internationaux et régionaux en matière de droits de l'homme et a mis en place un plan de travail pour assurer le suivi des recommandations issues du deuxième cycle de l’Examen périodique universel, a ensuite fait valoir le Commissaire. Le pays a également mis en place un plan de lutte contre le trafic d’êtres humains et entend renforcer le cadre légal pour la protection des droits de l'homme, a-t-il ajouté.

MME JAN BEAGLE, Directrice générale de l’Organisation internationale de droit du développement (IDLO), a souligné que les droits de l’homme sont sous pression partout dans le monde. Elle a appelé à prendre conscience du pouvoir de l’état de droit comme moteur pour renforcer les droits de l’homme. Une approche centrée sur les droits et sur l’état de droit serait mieux à même de permettre la mise en œuvre d’États durables, a-t-elle insisté.

L’IDLO travaille du haut vers le bas avec les gouvernements pour les aider dans toute une série de domaines incluant la lutte contre la corruption, a indiqué la Directrice générale de l’Organisation ; mais l’IDLO travaille aussi du bas vers le haut afin de renforcer, notamment, l’accès à la justice pour les citoyens, a-t-elle ajouté. L’IDLO opère selon le principe du pluralisme juridique, tout en respectant celui de l’universalité des droits de l’homme, a-t-elle rappelé. Plus des deux tiers de la population mondiale n’ont pas accès à la justice, a déploré la Directrice générale, appelant plus particulièrement à combler d’urgence les manquements en termes d’accès à la justice pour les femmes et les filles, 25 ans après la Conférence de Beijing.

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