Réveil FM, la première radio libre et citoyenne de Kinshasa en République démocratique du Congo !

mercredi 15 juillet 2020

LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME SE PENCHE SUR L’IMPACT DE LA PANDÉMIE DE COVID-19 SUR LES DROITS DES FEMMES

LE CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME SE PENCHE SUR L’IMPACT DE LA PANDÉMIE DE COVID-19 SUR LES DROITS DES FEMMES


Freddy Mulongo-Conseil des droits de l'homme 160.jpg, juil. 2020

 

 

Il engage par ailleurs son dialogue avec la Commission d’enquête sur le Burundi

 

 

Le Conseil des droits de l’homme a tenu, ce matin, la deuxième partie de sa journée annuelle de discussion sur les droits des femmes, qui était plus spécifiquement consacrée à l’impact de la COVID-19 sur ces droits.  Il a ensuite engagé son dialogue avec la Commission d’enquête sur le Burundi, dont le Président, M. Doudou Diène, a présenté une mise à jour.

 

Dans une déclaration d’introduction du débat sur la COVID-19 et les droits des femmes, Mme Peggy Hicks, Directrice des activités thématiques, des procédures spéciales et du droit au développement au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a montré en quoi la pandémie de COVID-19 avait des répercussions plus graves pour les femmes et les filles.  Elle a en particulier souligné que la crise actuelle s’accompagne d'une recrudescence de la violence à l’égard des femmes, au point que l’on peut parler de « pandémie dans la pandémie ».

 

Mme Hicks a également attiré l’attention sur le fait que les restrictions de déplacement et la surcharge des systèmes de santé rendent les services de santé sexuelle et procréative moins accessibles et sur le fait que les femmes subissent plus durement les effets de la crise économique car elles accèdent plus difficilement aux ressources financières et occupent souvent des emplois précaires dans le secteur informel.  Enfin, les femmes sont généralement exclues de la prise de décision, notamment parce qu'elles sont sous-représentées dans les équipes nationales de direction de la riposte à la COVID-19, a fait observer Mme Hicks.

 

Mme Arancha González Laya, Ministre des affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coopération de l’Espagne, a indiqué que son pays, depuis le début de la pandémie, travaillait pour défendre au niveau multilatéral une riposte coordonnée et efficace qui garantira une reprise durable et transformatrice après la COVID-19.  Pour cela, a-t-elle recommandé, il faut placer les droits humains au cœur des plans et politiques.  Les femmes doivent être effectivement associées à toutes les phases de la planification et de la prise de décision concernant la réponse à la COVID-19, a-t-elle notamment souligné.

 

Ont ensuite présenté des exposés les panélistes suivants : Mme Editar Adhiambo Ochieng, fondatrice du Feminist for Peace Rights and Justice Centre et défenseuse des droits des femmes à Kibera (un habitat informel au Kenya), qui a rendu compte des nombreux problèmes rencontrés tous les jours pendant la pandémie par les femmes de Kibera ; Mme Natalia Kanem, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), qui a souligné qu’il faut vigoureusement défendre les droits à la santé sexuelle et génésique des femmes pendant la pandémie de COVID19 et qu’il faut également faire face à l'augmentation alarmante des niveaux de violence sexiste ; Mme Jayati Ghosh, Professeure d'économie à l’Université Jawaharlal Nehru en Inde, qui - avant de proposer un «New Deal mondial» - a notamment souligné que la pandémie et les mesures de confinement y associées ont, du point de vue des moyens de subsistance, eu un impact encore plus grave pour les femmes que pour les hommes ; et Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), qui a en particulier rappelé que partout, les femmes continuent de faire face à des obstacles pour être présentes au niveau du leadership politique. 

 

Mme Åsa Regnér, Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, ainsi que de très nombreuses délégations* ont ensuite pris part au débat.

 

Présentant sa mise à jour orale, le Président de la Commission d’enquête sur le Burundi a indiqué que le processus électoral dans le pays a été jusqu’à présent caractérisé par une intolérance politique et entaché d’incidents violents et de multiples violations des droits de l’homme.  M. Diène a précisé que ces actes ont été commis principalement par des Imbonerakure et des responsables administratifs locaux agissant généralement avec l’appui de policiers ou d’agents du Service national de renseignements. 

 

Si la communauté internationale est réellement soucieuse de voir la situation des droits de l’homme évoluer positivement au Burundi au cours des prochains mois et années, elle doit rester vigilante car le système de gouvernance mis en place au profit du parti CNDD-FDD reste en place, a déclaré M. Diène.  La communauté internationale ne devrait pas se contenter de tourner la page comme si l’entière et exclusive responsabilité [de tout cela] reposait sur feu le Président Nkurunziza et lui seul et comme si une élection et une transition politique pouvaient suffire à garantir automatiquement que la situation des droits de l’homme va désormais s’améliorer, a souligné le Président de la Commission d’enquête. 

 

Intervenant à l’issue de cette présentation en tant que pays concerné, le Burundi a déclaré que le mandat de la Commission d’enquête mérite simplement d’être rejeté et a réitéré son refus de coopérer avec une telle Commission.

 

Outre Mme Françoise Hampson, membre de la Commission d’enquête, un grand nombre de délégations** ont ensuite pris part au dialogue qui s’est noué. 

 

 

Cet après-midi, à 15 heures, le Conseil doit poursuivre son dialogue avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar, avant d’entamer un dialogue avec la Commission d’enquête sur la Syrie. 

 

Les séances de la quarante-quatrième session du Conseil sont retransmises sur le site UN Web TV.

 

 

Débat annuel d’une journée sur les droits humains des femmes, deuxième partie : la COVID-19 et les droits des femmes

 

Déclarations liminaires

 

M. NASIR AHMAD ANDISHA, Vice-Président du Conseil des droits de l’homme, a ouvert la discussion. 

 

MME PEGGY HICKS, Directrice des activités thématiques, des procédures spéciales et du droit au développement au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a d’abord montré en quoi la pandémie de COVID-19 avait des répercussions plus graves pour les femmes et les filles.  D’abord, la crise actuelle s’accompagne d'une recrudescence de la violence à l’égard des femmes, au point que l’on peut parler de « pandémie dans la pandémie ».  Ensuite, les restrictions de déplacement et la surcharge des systèmes de santé rendent les services de santé sexuelle et procréative moins accessibles – ce qui, a mis en garde Mme Hicks, entraînera une augmentation de la mortalité maternelle et infantile, ainsi que davantage d'avortements à risque et d'infections sexuellement transmissibles.

 

De même, les femmes subissent plus durement les effets de la crise économique car elles accèdent plus difficilement aux ressources financières et occupent souvent des emplois précaires dans le secteur informel, a poursuivi Mme Hicks.  Enfin, les femmes sont généralement exclues de la prise de décision, notamment parce qu'elles sont sous-représentées dans les équipes nationales de direction de la riposte à la COVID-19.

 

Pour mieux reconstruire après la COVID-19, il faudra tirer parti des possibilités offertes par la pandémie.  En effet, la crise a mis en évidence la charge disproportionnée des soins assumée par les femmes et les filles, ce qui pourrait accélérer les efforts pour valoriser ce travail et le redistribuer, a indiqué Mme Hicks.  Autre opportunité : certains États s'efforcent d'élargir l'accès aux services de santé sexuelle et procréative, ce qui pourrait avoir un effet durable sur l'exercice du droit des femmes et des filles à la santé.  Enfin, la crise a montré la capacité de leadership des femmes, car là où elles sont aux commandes, la riposte à la COVID-19 s’est révélée plus efficace, a souligné Mme Hicks.

 

MME ARANCHA GONZÁLEZ LAYA, Ministre des affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coopération de l’Espagne, a indiqué que son pays, depuis le début de la pandémie, travaillait pour défendre au niveau multilatéral une riposte coordonnée et efficace qui garantira une reprise durable et transformatrice après la COVID-19. 

 

Pour cela, a recommandé la Ministre, il faut placer les droits humains au cœur des plans et politiques.  D’abord, les femmes doivent être effectivement associées à toutes les phases de la planification et de la prise de décision concernant la réponse à la COVID-19.  Il convient aussi de soutenir les organisations qui travaillent pour garantir l'accès des femmes et des filles aux services de base et protéger leurs droits dans la crise actuelle.

 

Ensuite, face à une violence sexiste avérée et en progression, les services de protection doivent être considérés comme essentiels et des données désagrégées et transparentes collectées pour rendre visible la réalité de cette violence.  Il s’agira aussi de renforcer les services de prévention, les lignes d'assistance téléphonique et l'accès à des informations fiables. 

 

Enfin, la manière dont nous réagissons aujourd'hui déterminera l'avenir de nos sociétés, a affirmé Mme González Laya.  La reconnaissance du travail de soin non rémunéré effectué par les femmes, la réduction de l'écart salarial entre les sexes, ainsi que des politiques fiscales et de protection sociale adaptées peuvent favoriser une véritable autonomisation économique des femmes et ainsi éviter une nouvelle féminisation de la pauvreté. 

 

Exposés des panélistes

 

MME EDITAR ADHIAMBO OCHIENG, fondatrice du Feminist for Peace Rights and Justice Centre et défenseuse des droits des femmes à Kibera (un habitat informel au Kenya), a rendu compte des nombreux problèmes rencontrés tous les jours pendant la pandémie par les femmes de Kibera.  Elle a d’abord cité la violence sexuelle et sexiste ainsi que la violence domestique.  Elle a expliqué que son organisation aide les femmes et les jeunes filles victimes à dénoncer les faits aux autorités, notamment à la police, et à prendre soin de leur santé.  L’organisation apporte également aux femmes un soutien matériel et psychosocial pendant la pandémie, a-t-elle ajouté.  La violence domestique a progressé du fait des conditions économiques difficiles et du fait que de nombreuses femmes ont perdu leur emploi de domestique, alors même que ce sont souvent elles qui assurent la subsistance de la famille. 

 

Autre sujet de préoccupation : les grossesses forcées d’adolescentes, résultant de viols et du manque d'informations relatives à la santé sexuelle et procréative.  L’ONG aborde les questions de violence sexuelle et sexiste et s’occupe des questions de santé procréative en fournissant des préservatifs, a indiqué la panéliste.  Enfin, il s’avère difficile de sensibiliser la communauté : certaines personnes pensent que le coronavirus n’existe pas.  Il a donc fallu les sensibiliser au lavage des mains avec de l'eau et du savon – savon fourni par l’organisation, a expliqué Mme Ochieng.

 

MME NATALIA KANEM, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a mis en exergue le message qu’elle entend faire passer, à savoir qu’il faut vigoureusement défendre les droits à la santé sexuelle et génésique des femmes pendant la pandémie de COVID19 et qu’il faut également faire face à l'augmentation alarmante des niveaux de violence sexiste – et même de féminicides – dont le monde est actuellement témoin.  Cette situation est urgente et affecte tous les pays, a insisté Mme Kanem.

 

D'innombrables femmes ont expliqué au FNUAP que leur expérience de la violence domestique a empiré sous les restrictions de mouvement liées à la COVID-19 et au confinement.  Beaucoup restent prises au piège des agresseurs, coupées de tout soutien.  En outre, la peur de contracter la COVID-19 ou les pertes de revenus du ménage peuvent conduire les femmes enceintes à retarder ou renoncer aux soins prénatals, a poursuivi Mme Kanem.  L'inégalité entre les sexes imprègne le système de santé, a-t-elle ajouté.  Alors qu’au niveau mondial, les femmes représentent environ 70% du total des personnels de santé, les besoins spécifiques des femmes, y compris sur les lignes de front de la COVID-19, ne sont pas suffisamment pris en compte, a fait observer Mme Kanem.

 

Alors que la communauté mondiale se rassemble pour lutter contre la COVID-19, il faut que le monde œuvre à apporter la paix dans les foyers et à défendre les droits des femmes et des filles.  Ainsi, nous jetterons les bases d'un avenir plus égal, sain, heureux et prospère pour tous, a conclu Mme Kanem.

 

MME JAYATI GHOSHProfesseure d'économie à l’Université Jawaharlal Nehru en Inde, a rappelé que la crise de COVID-19 a touché les femmes et a affecté leurs droits humains de multiples façons.  Elle a touché les femmes en tant que travailleuses et ce, à la fois en tant que travailleuses rémunérées et en tant que travailleuses non rémunérées.  Elle a également touché les femmes migrantes, en situation de déplacement à l’échelle nationale ou internationale. 

 

La pandémie et les mesures de confinement y associées telles que les fermetures ont, du point de vue des moyens de subsistance, eu un impact encore plus grave pour les femmes que pour les hommes.  Pendant la période de confinement, dans la plupart des pays, les travailleuses sont davantage susceptibles que les hommes de perdre leur emploi ou de voir leurs revenus baisser.  L'une des principales raisons de l'impact disproportionné sur les travailleuses est que les femmes, en particulier dans les pays en développement, sont davantage susceptibles d'être des travailleuses informelles, sans protection juridique ni sociale.  Cette situation a alors été particulièrement préjudiciable pour elles pendant les périodes de confinement qui ont limité tant l'activité économique que leur accès aux soins.

 

Pour relever ce défi, Mme Ghosh a proposé de réalisé un «New Deal mondial» qui prenne en compte les dimensions environnementales, qui mette l’accent sur le financement des soins de santé et qui lutte contre les inégalités.  Il faut une coopération mondiale pour mettre en œuvre ce «New Deal», a insisté la panéliste. 

 

MME PHUMZILE MLAMBO-NGCUKADirectrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), a regretté que partout, les femmes continuent de faire face à des obstacles pour être présentes au niveau du leadership politique.  Ainsi, les femmes ne détiennent qu’un quart des sièges dans les chambres parlementaires ; seuls 7,2% des chefs d'État et 6,2% des chefs de gouvernement sont des femmes ; moins du quart des ministres de la santé du monde sont des femmes – et ce, bien que les femmes représentent 70% des agents de santé de première ligne ; et pour trois hommes cités dans les médias à propos de la COVID-19, une seule femme est citée.  En même temps, les femmes leaders ont été saluées pour leur implication dans la réponse à la pandémie, a relevé Mme Mlambo-Ngcuka. 


Par ailleurs, la crise a aggravé les inégalités de genre, a poursuivi la Directrice exécutive d’ONU Femmes : la violence basée sur le genre augmente au domicilie et en ligne, l'accès à la justice et aux tribunaux est souvent compromis, et la capacité d’avoir accès à la santé sexuelle et génésique est réduite.  Les gouvernements ont la responsabilité de placer les femmes au centre de la réponse à la pandémie, en assurant notamment l'équilibre entre les sexes au sein des organes de stratégie et de prise de décision en rapport avec la COVID-19 et en intégrant les questions de genre dans les plans et les budgets relatifs au plan de lutte contre la maladie. 

 

La participation des femmes est cruciale à toutes les étapes des processus de décision législative, politique et budgétaire, a insisté Mme Mlambo-Ngcuka.  Une poignée de femmes chefs d'État et de gouvernement montrent au monde comment trouver des solutions durables à la pandémie : il faut suivre leur exemple et veiller à ce que davantage de femmes puissent se joindre à elles en tant que leaders et modèles, pendant et au-delà de la pandémie, a conclu la Directrice exécutive.

 

Aperçu du débat

 

Pendant le débat, les délégations ont largement partagé les constats des panélistes s’agissant du fait que les conséquences de la COVID-19 touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, notamment parce qu’elles sont plus exposées en tant que principales responsables des soins au foyer et en tant qu'agents de santé en première ligne. 

 

Dans ce contexte, a-t-il été avancé, il est essentiel que les femmes et les filles soient associées aux processus décisionnels afin que les réponses soient adaptées à leurs besoins et n'entraînent pas de nouvelles discriminations ou exclusions.  Il est également essentiel que l'accès aux services essentiels de santé sexuelle et procréative se poursuive pendant et après la crise ; à ce propos, une ONG a demandé aux États membres et à la société civile de contrer les positions extrémistes qui cherchent à empêcher les femmes et les filles d’accéder aux droits sexuels et procréatifs.

 

D’autre part, a-t-il été souligné, la pandémie a mis en évidence la nécessité de faire respecter le principe «à travail égal, salaire égal» et de s'attaquer au problème du travail non rémunéré des femmes.  L'autonomisation des femmes et des filles dans le contexte de la COVID-19 est d’ailleurs l'une des clefs pour minimiser les conséquences sociales et économiques de cette pandémie, a estimé une délégation.  D’une manière générale, a ajouté un autre intervenant, la priorité devrait être accordée aux femmes occupant des emplois peu rémunérés dans les secteurs économiques informels, qui constituent l'épine dorsale de l'économie de la plupart des pays en développement. 

 

Plusieurs délégations ont décrit les mesures concrètes prises par leur pays, pendant la période de confinement, pour prévenir la violence domestique et protéger les femmes et les filles qui en sont victimes.  Une ONG a déploré que des États profitent de la crise pour faire adopter des lois homophobes et transphobes.

 

Vingt-cinq ans après la Conférence mondiale sur les femmes de Beijing, il faut redoubler d’efforts pour faire respecter les droits des femmes, ont insisté plusieurs délégations. 

 

Certains intervenants ont condamné l’imposition de mesures coercitives unilatérales et illégales contre les pays du Sud, mesures qui compliquent la gestion de la pandémie et viennent saper les droits humains des femmes et des filles, notamment leur droit à la santé. 

 

Les panélistes ont été priés de dire comment tirer parti de l’expérience acquise au cours de cette crise sanitaire pour améliorer la prévention des violences domestiques et de la discrimination.  L’importance de l’accès à l’information en temps de pandémie a été soulignée.

 

Réponses et conclusions des panélistes

 

Une représentante du Feminist for Peace Rights and Justice Centre a remercié les organisations internationales qui viennent en aide aux femmes de Kibera.  Elle a regretté que les mesures visant à prévenir la violence envers les femmes ne soient pas appliquées au Kenya. 

 

MME KANEM a recommandé aux États de se doter de services plus complets en faveur des femmes victimes de violence, qu’il s’agisse de refuges (centres d’accueil) ou de services de police dûment formés.  Elle a aussi insisté sur l’importance d’atténuer dès maintenant les effets socioéconomiques de la pandémie préjudiciables aux femmes, faute de quoi le coût pourrait être beaucoup plus élevé à l’avenir. 

 

MME ÅSA REGNÉR, Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes, a fait observer que de nombreuses femmes se trouvent actuellement dans une position paradoxale, dans la mesure où elles sauvent la vie du reste de la population en exerçant des fonctions vitales dans les secteurs alimentaire et sanitaire, tout en occupant des emplois mal ou pas payés, dévalorisés et invisibles.  La crise doit être l’occasion de changer la logique et la mentalité qui président encore à la gestion des affaires, a conclu la Directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes.

 

*Liste des intervenants : Union européenne, Norvège (au nom d’un groupe de pays), Liechtenstein, Danemark (au nom d’un groupe de 56 pays), Chili (au nom d’un groupe de pays d’Amérique du Sud), Monaco, Équateur, Qatar, Angola, Chine, Asian-Pacific Resource and Research Centre for Women (ARROW), Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, Fédération internationale pour la planification familiale, Belgique, Venezuela, Tunisie, Inde, Syrie, Iran, Cuba, Brésil, Botswana, Afrique du Sud, Pays-Bas, Grèce, Soudan, Association lesbienne et gay internationale - Europe, Action Canada pour la population et le développement et Plan International

 

Dialogue avec la Commission d’enquête sur le Burundi

 

Mise à jour orale de la Commission d’enquête

 

M. DOUDOU DIÈNEPrésident de la Commission d’enquête sur le Burundi, a déclaré que le Burundi a été un des seuls pays au monde où, malgré la présence de cas avérés de COVID-19, n’ont été ni règlementé l’accès aux lieux de réunion tels que les églises, les bars et les restaurants, ni interdits les grands rassemblements sportifs et politiques.  Le 12 mai, le Gouvernement a même déclaré persona non grata le Représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans le pays et trois de ses experts.

 

Au-delà des droits à la vie et à la santé mis en danger par une telle crise sanitaire, la crise économique à l’échelle mondiale qui en découle a des effets négatifs sur la jouissance de quasiment tous les droits de l’homme, notamment ceux des femmes et des personnes vivant dans une grande pauvreté.  Et le Burundi n’est pas épargné, a souligné M. Diène. 

 

L’élection présidentielle et les élections législatives et communales se sont déroulées le 20 mai comme prévu par le calendrier électoral, sans présence d’observateurs internationaux, a poursuivi le Président de la Commission d’enquête.  Cette période a été marquée par le décès du Président Pierre Nkurunziza, le 8 juin dernier.  La Commission prend note de la participation relativement forte des femmes dans le processus électoral, y compris le nombre de candidates élues, malgré des discriminations à leur égard et de nombreux obstacles matériels et culturels liés aux préjugés négatifs sur l’engagement des femmes en politique, a indiqué M. Diène. 

 

Le processus électoral – toujours en cours en ce qui concerne les élections sénatoriales et collinaires, prévues respectivement le 23 juillet et le 24 août - a été jusqu’à présent caractérisé par une intolérance politique et entaché d’incidents violents et de multiples violations des droits de l’homme, a fait observer le Président de la Commission d’enquête.  Ces actes ont été commis principalement par des Imbonerakure et des responsables administratifs locaux agissant généralement avec l’appui de policiers ou d’agents du Service national de renseignements, a-t-il indiqué.  Des messages de haine et d’hostilité particulièrement virulents à l’encontre des opposants politiques ont circulé largement sur les réseaux sociaux sans faire l’objet de dénonciation, de condamnation ou de sanction de la part des autorités, a-t-il déploré.  Le système judiciaire reste marqué par son manque d’indépendance et d’impartialité, a souligné M. Diène. 

 

Si la communauté internationale est réellement soucieuse de voir la situation des droits de l’homme évoluer positivement au Burundi au cours des prochains mois et années, elle doit rester vigilante car le système de gouvernance mis en place au profit du parti CNDD-FDD reste en place, a déclaré M. Diène.  La communauté internationale ne devrait pas se contenter de tourner la page comme si l’entière et exclusive responsabilité [de tout cela] reposait sur feu le Président Nkurunziza et lui seul et comme si une élection et une transition politique pouvaient suffire à garantir automatiquement que la situation des droits de l’homme va désormais s’améliorer.  Cette transition politique pourrait devenir une telle opportunité si – et uniquement si – la communauté internationale reste vigilante et mobilisée pour encourager la prise de mesures propres à remédier aux causes profondes des violations que la Commission d’enquête a mandat de documenter, a expliqué M. Diène. 

 

Pays concerné   

 

Le Burundi a déclaré que la mise à jour orale présentée ce matin est un rapport qui vient enfin clarifier le véritable mandat de cette Commission [d’enquête] et qui mérite simplement d’être rejeté.  Le mandat de cette Commission est de tout faire pour faire changer le système de gouvernance au Burundi, et tout le monde comprend ce que cela signifie, a affirmé la délégation burundaise.  Le Burundi a toujours clamé haut et fort que cette Commission n’est pas un mécanisme d’enquête à caractère onusien et objectif doté d’un mandat temporaire, mais plutôt un mécanisme sui generis ayant un ordre du jour géopolitique minutieusement préparé au profit notamment de l’opposition politique burundaise, a insisté la délégation.  Le contenu des rapports de cette Commission n’offre ni l’odeur, ni la qualité d’une expertise onusienne neutre et c’est pourquoi le Burundi réaffirme son refus de coopérer avec une telle Commission, a indiqué la délégation.

 

Les scénarios apocalyptiques de violations massives de droits de l’homme, présentés par cette Commission dans ses précédents rapports et basés sur de prétendus facteurs de risque à l’occasion des élections de 2020, ont été balayés d’un revers de main par le peuple burundais qui a plutôt défié cette Commission et témoigné de sa maturité à prendre en main sa propre destinée, a affirmé la délégation. 

 

Aperçu du dialogue

 

Plusieurs délégations se sont dites préoccupées par les graves violations des droits de l’homme commises notamment par les Imbonerakure et documentées dans le rapport de la Commission d’enquête.  Ont maintes fois été dénoncées les violences à l’encontre des membres de l’opposition. 

 

Il a été demandé au Burundi de prendre des mesures pour mettre fin aux violations des droits de l’homme, y compris en ce qui concerne les exécutions sommaires, les disparitions forcées, les actes de torture et les violences sexuelles.  La lutte contre l’impunité des responsables de ces violations est un élément fondamental pour consolider le climat de confiance au lendemain des élections et garantir ainsi une sortie de crise durable, a estimé une délégation.  Le Burundi a également été invité à reprendre la coopération avec les mécanismes internationaux et régionaux des droits de l’homme. 

 

L’élection du Président Ndayishimiye à l’issue d’un processus électoral globalement pacifique doit être l’occasion de sortir définitivement de la crise qui persiste depuis 2015 au Burundi, a estimé une délégation.  Le transfert pacifique du pouvoir est une opportunité historique pour le Burundi et pour les Burundais, pour s’engager fermement sur la voie d’un changement et d’une réforme qui seraient fondés sur le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales, des principes démocratiques et de l’état de droit, a déclaré une délégation.  Les autorités doivent prendre les mesures nécessaires pour consolider le climat de confiance au lendemain des élections et garantir une sortie de crise durable, a plaidé une autre. 

 

Plusieurs délégations ont estimé que la communauté internationale ne devait pas s’ingérer dans les affaires internes du Burundi et ont appelé à l’arrêt [des activités] de la Commission d’enquête. 

 

**Liste des intervenants : Union européenne, Norvège (au nom des pays nordiques), Chine, France, Fédération de Russie, Venezuela, Australie, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Suisse, Myanmar, Royaume-Uni, Union of Northwest Human Rights OrganisationEast and Horn of Africa Human Rights Defenders Project, CIVICUS – Alliance mondiale pour la participation des citoyens, Amnesty International, et United Nations Watch.

 

Remarques de conclusion

 

MME FRANÇOISE HAMPSON, membre de la Commission d’enquête, a déclaré que les violations des droits de l’homme se poursuivaient après les élections présidentielles – élections qui ont elles-mêmes été marquées par de nombreuses violations.  L’église catholique a elle-même communiqué sur ces violations, a-t-elle fait observer.  S’il n’y a pas eu de violences de masse, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de violations ou que ces élections répondent aux normes internationales, a souligné Mme Hampson.

 

L’entière responsabilité des violations des droits de l’homme ne repose pas sur le seul ancien Président décédé le mois dernier, a poursuivi Mme Hampson, déplorant que le nouveau Président ait nommé dans son Gouvernement cinq anciens ministres dont plusieurs sont interdits de visite par plusieurs pays en raison de leur responsabilité dans les graves violations des droits de l’homme. 

 

Lire la suite...

Partager sur : Partager

lundi 18 mai 2020

Covid19: Après une victoire du concert à la Pyrrhus, "Fally" doit gagner en justice!

Covid 19: Après une victoire du concert à la Pyrrhus, Fally Ipupa doit gagner en justice!

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Fally Ipupa 310.jpg, mai 2020

Muana Mayele Ayokaka ! Après une victoire à la Pyrrhus pour son concert du 28 février 2020, à Paris-Bercy, malgré le Coronavirus-Covid 19. Le chansonnier Fally Ipupa est pointé du doigt par la communauté congolaise de France. En effet, nombreux de nos compatriotes qui ont été emportés par le Covid 19, sont en majorité ceux qui étaient au concert de Fally Ipupa.

freddy-mulongo-fally-ipupa-15

Le 28 février 2020, des graves incidents regrettables s'étaient produits à la Gare de Lyon, suscitant d'importants panaches de fumées noires, en marge du concert du chansonnier Fally Ipupa aux 1,4 million d'abonnés sur YouTube. Depuis plusieurs jours, la bataille d'opinions faisait rage sur Twitter autour de la venue du chanteur. Les premières interpellations de manifestants bravant l'interdiction ont débuté dès la mi-journée. A 23h00, 71 personnes avaient été interpellées, selon la préfecture, qui a dénoncé le « comportement scandaleux » de certains manifestants qui ont entravé l'action des pompiers. Le « meneur des incendiaires » fait partie des personnes interpellées, avait précisé une source policière.

Sur la page Facebook 100% Congolaise, le 21 mars 2020 on pouvait lire: LES PARTICIPANTS AU CONCERT DE FALLY IPUPA du 28 février 2020 sont priés de se signaler pour dépistage de Covid-19 !

Didier Bandubola dircab adjoint au ministère de l’économie RDC mort à 23h heure de Kinshasa causé par le Coronavirus,
Le journaliste chroniqueur Jean Michel Denis qui a introduit l’artiste musicien congolais (FALLY IPUPA) dans la salle de Bercy le 28 Février dernier, s’est éteint le 18 Mars à Paris, des suites du Covid-19.
Les sources médicales indiquent que le chroniqueur musical a commencé à tousser, a accuser des signes de fatigue et des maux de tête le lendemain du concert.


Le 28 février, Jean-Michel Denis était encore en train d’ambiancer à Bercy au concert de Fally Ipupa, qu’il suivait depuis ses débuts en solo. C’est après que sa santé s’est gâtée. Et que le coronavirus l’a emporté. Il avait 70 ans. « Les services médicaux affirment que Jean-Michel Denis n’est pas la première victime de Covid-19 recensée parmi les personnes ayant assisté au concert de l’artiste congolais, Fally Ipupa ». Depuis le confinement, il y a eu plusieurs morts dans la communauté congolaise. Combien sont-ils ? Impossible de dire le nombre exact. La justice qui va entrer en danse, peut-être saurons-nous enfin la vérité. La diaspora congolaise vit une double peine pour ses morts du Coronavirus-Covid 19: pas de visite à l'hôpital, impossible de voir le corps du décédé et l'enterrement autorisé pour dix personnes. Douleur indescriptible et impossible d'envoyer le corps au pays pour y être enterré.

Après le confinement, Fally Ipupa se prépare à affronter la communauté congolaise de France et de la Belgique en justice. En effet, plusieurs compatriotes congolais qui avaient participé au concert du chansonnier Fally Ipupa au fameux concert  ont été emportés par le Coronavirus-Covid 19,  depuis le fameux concert du 28 février 2020, à Paris-Bercy. La colère gronde dans la diaspora congolaise. C'est la justice qui tranchera. 

L'erreur de Fally Ipupa est d'avoir méprisé ses frères et sœurs congolais. Son arrogance l'a perdu. Et l'orgueil précède la chute.  

 

© sputnik_fr

Vous vous souviendrez qu’au début du troisième siècle avant notre ère, la République romaine qui avait étendu son influence sur toute la botte italienne rencontrait une seule résistance dans cité de Tarente, à l’extrême sud de l’Italie. Cette dernière Républiquette qui tenait tête au pouvoir de Rome fera alors appel à un puissant allié, nommé Pyrrhus qui fut alors le roi de Macédoine et d’Épire, pour la défendre des armées romaines.

En 280 av. J.-C., Pyrrhus débarque donc dans le sud de l’Italie à la tête d’une armée de plus de 30.000 hommes et d’une dizaine d’éléphants de guerre. Il remporte coup sur coup deux victoires, à Héraclée en 280 av. J.-C. et à Ausculum en 279 av. J.-C. Ces deux victoires lui coûtèrent très cher, car Pyrrhus y perdit la majeure partie de ses soldats, à telle enseigne qu'il s'écria : "Encore une autre victoire comme celle-là et je rentrerais seul en Épire !".

L’expression « Victoire à la Pyrrhus » (victoire lourdement acquise au prix de terribles pertes pour le vainqueur) a depuis lors quitté le champ sémantique militaire pour se retrouver par analogie dans l’usage courant comme ce fut le cas hier soir à Paris Bercy. Comme il avait annoncé par médias et réseaux sociaux interposés, Fally a pu jouer son concert grâce à un déploiement impressionnant de forces de sécurité françaises. Lequel impressionnant déploiement traduit, sans le dire expressément, l’importance même accordée à l’adversaire en face.

Sans le savoir ni le vouloir, Fally Ipupa a servi sur un plateau d’or aux combattants ce que ces derniers n’avaient jamais obtenu dans le passé, à savoir l’attention des médias internationaux à leur message et revendications. Pour la première fois dans l’histoire du combat, le cas du Congo est à la une de l’actualité occidentale via les grands médias du monde.
Les détenteurs du pouvoir sur la RD Congo qui ont voulu mordicus organiser ce concert de Fally pour vouloir faire fi de la guerre qui lamine le Congo de Lumumba et vouloir faussement dire à l’opinion du monde que tout va bien se sont trompés de stratégie et ont reçu le revers de la médaille.

Le concert de Bercy les a desservis dans la mesure où c’est l’effet contraire qu’ils ont obtenu. Désormais le monde s’interrogera sur le pourquoi des incendies de la Garde de Lyon et sur ce qui se cache derrière le jusqu’auboustisme des concerts des artistes congolais dans les capitales occidentales.

Hier donc, nous avons vécu le remake de la guerre d’Héraclée. Fally a répété l’erreur de Pyrrhus en arrachant une victoire difficile, trop chèrement acquise, au résultat terrible, coûtant cher au vainqueur. Matériellement, humainement mais surtout en terme d’image d’artiste qui quitte le terrain de la neutralité de l’art d’Orphée pour mettre pied sur le terrain d’idéologie politique. Au final, la victoire de Fally s’avère ruineuse contre lui-meme.

Sur le plan tactique, Fally a gagné mais a perdu sur le terrain stratégique. Il a gagné avec d’énormes pertes sur le moyen et le long terme. Contrairement aux combattants qui, eux, ont réussi à allumer la colère du peuple français contre les futures productions musicales congolaises sur leur territoire. Ils ont, pour ainsi dire, réussi à mettre en place les préalables d’impossibilité des prochains concerts en France des musiciens congolais.

Mais leur plus grande victoire est plutôt de l’ordre médiatique : ils ont réussi à faire passer le message sur la vérité de ce qui se passe en RDC, sur l'existence de milliers des fosses communes et de nombreux crimes de guerre et de crimes contre l'humanité mais surtout sur le martyre subi par tout un peuple vivant dans la misère et la précarité innommables et croulant sous le poids d’un pouvoir d’occupation barbare et impitoyable, utilisant les mêmes musiciens congolais comme son bouclier et son armée soft power en vue de pouvoir masquer la vérité d’une guerre permanente et sanglante en Rd Congo, ayant déjà couté la vie à huit millions de congolais innocents.

Si cet artiste congolais a encore un brin de conscience patriotique, qu’il fasse sienne la réflexion du roi Pyrrhus après sa deuxième victoire à Ausculum : "Encore une autre victoire comme celle-là et je rentrerais seul à Kinshasa!". Non seulement il a occasionné l’éclatement de son fanclub en diaspora et qu'il a écorné son image à l'échelle internationale, il a surtout réussi à diviser tout un peuple, à le distraire massivement deux semaines durant et à le détourner de son principal objectif du combat de libération contre l’occupant…

Lire la suite...

Partager sur : Partager

jeudi 7 mai 2020

Me Alhongo peaufine son dossier "Concert de Fally Ipupa et Covid 19"!

Me Alhongo peaufine son dossier "Concert de Fally Ipupa et Covid 19"!

Freddy Mulongo, Réveil FM International 

Freddy Mulongo-Me Alhongo 3.jpg, mai 2020

En plaidoirie, Me Wilkens Alhongo est comme un Pit Bull, il ne lâche pas son affaire. Il est le premier à avoir dénoncé publiquement le concert du chansonnier Fally Ipupa à Bercy, à cause du Coronavirus-Covid 19 le 28 février dernier. Au sein de la diaspora congolaise, de nombreux trémousseurs sont emportés par cette pandémie. La bataille juridique commence après confinement.freddy-mulongo-me-alhongo-3

Fally Ipupa est soutenu par des lobbyistes y compris par le régime d'imposture de Tshilombo. Grâce à eux, le chansonnier s'est entêté de jouer son concert le 28 février dernier à Bercy, en pleine période de Coronavirus-Covid 19. Le jour même, au tribunal administratif de Paris, Me Wilkens Alhongo a eu à soulever la cause sanitaire de la pandémie Coronavirus-Covid 19, qui peut-être la source de trouble publique. Son argument dit publiquement a été balayé. Le concert de Fally Ipupa a eu lieu, mais dès le lendemain, des Congolais Trémousseurs qui étaient à son concert, ont commencé à tomber comme des mouches et ramasser à la pelle. La France connaît 25 897 décès, 55 027 guérisons et  137 150 cas confirmés de Covid-19.  La communauté congolaise  est parmi les communautés les plus touchées. Combien de Congolais ont été emportés par le Coronavirus-Covid 19 ? 150, 400, 1000 ou plus ?  Personne ne connait le nombre exact.  La fin du confinement risque de révéler plus .  La recommandation du gouvernement a été respectée: "Coronavirus : plus que jamais, pour sauver des vies, restez chez vous" !

freddy-mulongo-me-alhongo-2

Me Wilkens Alhongo avait même tenté de convaincre le compatriote Fally Ipupa, en kimongo, langue parlée  dans le Nord-Ouest de la République démocratique du Congo, afin d'éviter de se faire griller avec cette affaire du "concert coronavirus-covid 19".  Fally Ipupa n'a daigné répondre. A cause du concert de Fally Ipupa , il y a eu des morts dans la communauté congolaise de France, Belgique, Italie...L'aigle doit descendre de son arbre perché pour répondre devant la barre. Certes, Fally Ipupa pourra arguer que les autorités françaises avaient accordé l'autorisation pour son concert. Le chansonnier ne pourra pas se défiler sur le clause de sa conscience. D'après cette vidéo, les premiers cas de cCoronavirus-Covid 19 sont apparues fin janvier, avant l'Italie. 

https://www.facebook.com/televisionafricaine.afriquetv/videos/4471365906237610/

Security Check Required © Afrique

Le dossier de Me Wilkens Alhongo est bien ficelé. La fin du confinement pour le 11 mai est une aubaine pour Me Alhongo et ses soutiens. On ne défie pas toute la communauté congolaise sans conséquences. Fally Ipupa aurait dû écouter, la voix de sa conscience. Comme son désir était de "défatwaïser" des concerts en Europe, de musiciens collabos proches du régime, il est tombé dans le panneau. Avec une arrogance inouïe d'un arriviste parvenu, Fally Ipupa a envoyé tout le monde balader. Ignorant que s'il est "Fally", c'est parce que les Congolais l'ont porté et soutenu avant d'autres fanatiques et peuples.  

Lire la suite...

Partager sur : Partager

samedi 4 avril 2020

La diaspora congolaise touchée, de France et Belgique, par le Coronavirus-Covid19, Berry Muekatone répond à Réveil FM International

La diaspora congolaise touchée, de France et Belgique, par le Coronavirus-Covid19, Berry Muekatone répond à Réveil FM International

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Berry Muekatone.jpg, avr. 2020


Berry Muekatone est le meilleur de la twittosphère sur la RDC. Ses tweets sont pointus et interppelateurs. C'est lui le premier qui avait tweeté de confiner Kinshasa des autres provinces.

1. Réveil FM International : Votre tweet alerte sur l'inconscience et indiscipline au sein la communauté congolaise est révélateur. Plusieurs de nos compatriotes sont emportés par le Coronavirus-Covid 19 en France et Belgique...

Berry Muekatone: Les africains ont échappé 'avec peu de morts)aux grandes pandémies qui ont décimé le monde moderne ; La peste noire '1347/1353) 25 à 34 millions de morts à travers la planète, le choléra (1830), plus de 100.000 morts en France et plus d'un million en Europe, la grippe Espagnole
(1919) 25/50 millions de morts, etc.
​Aujourd'hui le monde est un village planétaire et l'africain ne peut plus comme hier échapper à cette pandémie. Nous avons vu les images surréalistes de la région parisienne (quartier Château Rouge, St-Denis, Belleville...) où nos compatriotes s'agglutinaient comme d'habitude sans respecter les consignes et les gestes barrières au début du confinement, ils fréquentaient clandestinement les "nganda" comme à l'accoutumée, malheureusement le résultat est là aujourd'hui,plusieurs morts et nombreux sont dans des hôpitaux en soin intensifs sous respiratoire artificielle,à la pandémie s'ajoute le drame de l'inconscience, de l'irresponsabilité et de l'inconscience.
Je ne dis pas que c'est la cause principale de morts, mais le nombre élevé est dû en partie à un mélange de je-m'en-foutisme légendaire et l'indiscipline du peuple congolais. Le Bourgmestre d'une commune de Liège en Belgique vient d'abonder dans le même sens ,en disant que malgré le confinement, au début les congolais se réunissaient clandestinement dans leurs "églises" de fortune pour prier, résultat de cette irréflexion, plusieurs personnes contaminées.
Espérons que cette pandémie amènera notre peuple a changer sa façon d'appréhender les choses et en respectant l'ordre établi.
Nous savons que en RDC, personne ne respecte rien de rien, mais il s'agit actuellement d'une question de vie ou de mort. On ne peut pas mettre la vie des autres en danger par des comportements déraisonnables et inconséquents.
​Si nous ne changeons pas notre façon de vivre à l'issue de cette pandémie, alors c'est à désespérer !

2. Réveil FM International: Le concert de Fally Ipupa le 28 février dernier à Bercy n'était-il pas déjà l'épicentre de la propagation du coronavirus ? Les femmes congolaises qui s'étaient regroupés pour le 8 mars à Paris sont parmi de victimes...ceux qui fréquentent les Nganda et salons de coiffure...c'est une hécatombe !

Berry Muekatone: Tous les concerts et spectacles prévus le 28/02 ont été annulés en France à cette date, sauf ce fameux récital, et pourtant les avocats représentant les "combattants" et les activistes politiques ont invoqué le risque inhérent à la contamination par le Covid-19 parmi les griefs pour l'annulation de ce concert. Le préfet de Paris devra s'expliquer à la sortie de cette pandémie, car les plaintes s'accumulent contre lui pour non seulement ce concert mais également lors du match Psg/Dortmund. Le 8 mars est une journée des droits des femmes, mais à comme à l'accoutumée ,c'est une journée de dépravation et de débauche pour nos compatriotes, plusieurs sont aujourd'hui atteintes ou malheureusement disparues. Le coronavirus tue mais l'être humain trouvera une parade, mais la plus grande épidémie de l'inconscience est apparemment sans remède pour nos compatriotes.

3. Réveil FM International: 3. Vous êtes le premier a avoir tweeté qu'il fallait confiné Kinshasa des autres provinces. La décision au pays a été prise plusieurs jours après...

Berry Muekatone: Je n'ai pas de mérite particulier pour avoir suggérer cette forme de confinement par pallier. Nous ne pouvons pas toujours faire du copier-coller, car devons tenir compte de notre structure sociale, de notre situation économique, les réalités structurelles de notre pays sont à des années lumière des pays occidentaux. Pour un peuple qui vit d’expédients et au jour le jour, le confinement total est quasi impossible. Il fallait tout simplement faire appel au bon sens, ancêtre de l'intelligence pour trouver des solutions idoines à la réalité de notre situation propre.
​J'avais aussi préconisé aussi la gratuité de l'eau et l’électricité pendant cette période, mais quand on n'est pas l'initiateur d'une idée, on balance des mesures sans prendre le temps de les accompagner d'un suivi et d'une bonne applicabilité des mesures. L'arrivée de cette pandémie prouve à dessein l'irresponsabilité et la nullité des "dirigeants" congolais.Comme je le dis souvent : "Celui qui accepte une fonction dont il n'a pas les capacités est un criminel " Il y a pléthore de ce genre en RDC !

Il fallait tout simplement...trouver des solutions idoines à la réalité de notre propre situation, comme par ex, un confinement par paliers, zone par zone, commune par commune, etc.

4. Réveil FM International: On a l'impression que les Congolais ironisent et blaguent avec Coronavirus, ce tueur invisible qui décime des populations...Le confinement et barrières sanitaires ne sont respectés doit-on s'attendre à un hécatombe au pays de Lumumba ?

Berry Muekatone: Du sommet de l'état au citoyen lambda, les congolais prennent cette pandémie à la légère. Si nous restons les bras ballants, la crise alimentaire va se mêler à la crise sanitaire et les dégâts seront monstrueux. Il ne s'agit pas ici d'être alarmiste mais réaliste et clairvoyant , on doit se préparer au pire, car le peuple congolais est embarqué dans un carrosse brinquebalant sans frein conduit par un chauffeur sans permis et qui dévale la pente à une vitesse vertigineuse pendant que les passagers chantent et dansent au rythme de Covid-19. La question est de savoir , comment pourrions-nous combattre cette pandémie avec des "politiciens" irresponsables et un peuple apathique qui excelle dans le je-m'en-foutisme ? Une hécatombe est malheureusement à craindre. En définitive,on ne peut rien attendre d'un gouvernement amorphe,incompétent et irresponsable. 

Lire la suite...

Partager sur : Partager

mardi 17 mars 2020

Suisse: Positif au Covid-19 à son retour à Kinshasa, Jean-Pierre Kambila, l'ex-conseiller d'Alias Kabila, sa résidence à Lausanne et sa boutique exotique visitées par la police helvète !

Suisse: Positif au Covid-19 à son retour à Kinshasa, Jean-Pierre Kambila, l'ex-conseiller d'Alias Kabila, sa résidence à Lausanne et sa boutique exotique visitées par la police suisse

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Jean Pierre Kambila 4.jpg, mar. 2020

Né le 22 juillet 1950, Jean-Pierre Kambila kankwende wa Mpunga a 70 ans. Il est donc candidat à risque au Covid-19.

Mais Jean-Pierre Kambila Kankwende wa Mpunga n'est pas n'importe qui! Il est ancien Directeur de cabinet adjoint à la présidence de la république, sous Alias Kabila, l'homme de Kingakati et son régime d'imposture.

Il fait partie de la vague avec She Okitundu, Eddy Mabengi Angulu, Ghislain Demofike Kenda, José (dit-Mi-José) Mutombo Kadi et d'autres politicailleurs ventriotes qui en 1996 ont quitté la Suisse pour rejoindre l'AFDL, avant d'adhérer au PPRD, et à travers le PPRD au FCC d'Alias Joseph Kabila. Tous ces anciens de Suisse ont oublié que le pays de Guillaume Tell était démocratique.

Freddy Mulongo-Jean Pierre Kambila 1.jpg, mar. 2020

Jean-Pierre Kambila Kankwende wa Mpunga est parmi les 4 compatriotes qui ont le Coronavirus. Il a quitté Lausanne, où il s'était déjà acheté une résidence pour Kinshasa le 15 mars 2020 en transitant par Brazzaville.

Depuis que la Suisse a appris la nouvelle de la positivité de Jean Pierre Kambila Kankwende wa Mpunga au Coronavirus, sa résidence a été visitée à Lausanne par la police suisse et les services sanitaires, y compris la boutique exotique que gère son épouse à Genève, ironie du sort qui se trouve sur l'avenue Lausanne !

Freddy Mulongo-Jean Pierre Kambila 2.jpg, mar. 2020

Cadre du FCC, apparatchik Joséphiste, Jean Pierre Kambila Kankwende wa Mpunga est l'un des nombreux "Ambassadeurs" nommés, sur proposition de Léonard She Okitundu, par Alias Kabila, le 28 décembre 2018, soit le deux jours avant l'élection présidentielle.

Très actif sur twitter, Kambila est parmi ceux qui soutiennent la Nomination Électorale d'Angwalima Tshilombo et le maintien de l'alliance contre nature FCC-CACH !

Lire la suite...

Partager sur : Partager

COVID-19: Emmanuel Macron "Nous sommes en guerre" !

COVID-19: Emmanuel Macron "Nous sommes en guerre" !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Macron Covid19.jpg, mar. 2020

La phrase est martiale et martelée pas moins de six fois. "Nous sommes en guerre" annonce Emmanuel Macron, visage sombre et ton grave. "L'ennemi est là, invisible, insaisissable, il progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale".  6 633 cas de COVID-19 confirmés en France. 148 décès, cinq régions les plus touchées: Ile-de-France 1762; Grand-Est 1543; Auvergne-Rhône-Alpes 618; Hauts-de-France 585; Bourgogne-Franche-C 507. 

ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

SUR LE CORONAVIRUS - COVID19

 

 

Françaises, Français,

Jeudi soir, je me suis adressé à vous pour évoquer la crise sanitaire que traverse notre pays. Jusqu'alors, l'épidémie était peut-être pour certains une idée lointaine, elle est devenue une réalité immédiate, pressante.

Le Gouvernement a pris, comme je vous l’avais annoncé, des dispositions fermes pour freiner la propagation du virus. Les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités sont fermées depuis ce jour. Samedi soir, les restaurants, tous les commerces non-essentiels à la vie de la Nation ont également clôt leurs portes. Les rassemblements de plus de 100 personnes ont été interdits. Jamais la France n'avait dû prendre de telles décisions - évidemment exceptionnelles, évidemment temporaires - en temps de Paix. Elles ont été prises avec ordre, préparation, sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus.

Dans la journée de jeudi, un consensus scientifique et politique s'est formé pour maintenir le premier tour des élections municipales et j'ai pris, avec le Premier ministre, la décision de maintenir le scrutin. Hier dimanche, les opérations de vote ont donc pu se tenir. Je veux ce soir remercier les services de l'Etat, les maires, l’ensemble des services des mairies, tous ceux qui ont tenu les bureaux de vote et qui ont donc permis l’organisation de ce scrutin. Je veux aussi saluer chaleureusement les Françaises et les Français qui, malgré le contexte, se sont rendus aux urnes, dans le strict respect des consignes sanitaires, des gestes barrières contre le virus. Je veux aussi ce soir adresser mes félicitations républicaines aux candidats élus au premier tour. Environ 30 000 communes sur 35 000 ont après ce premier tour un conseil municipal. Mais dans le même temps, alors même que les personnels soignants des services de réanimation alertaient sur la gravité de la situation, nous avons aussi vu du monde se rassembler dans les parcs, des marchés bondés, des restaurants, des bars qui n’ont pas respecté la consigne de fermeture. Comme si, au fond, la vie n’avait pas changé.

A tous ceux qui, adoptant ces comportements, ont bravé les consignes, je veux dire ce soir très clairement : non seulement vous ne vous protégez pas vous - et l’évolution récente a montré que personne n’est invulnérable y compris les plus jeunes - mais vous ne protégez pas les autres. Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous pouvez transmettre le virus. Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous risquez de contaminer vos amis, vos parents, vos grands-parents, de mettre en danger la santé de ceux qui vous sont chers.

Dans le Grand Est, dans les Hauts-de-France, en Île-de-France, nos soignants se battent pour sauver des vies, avec dévouement, avec force. Au moment où la situation sanitaire se dégrade fortement, où la pression sur nos hôpitaux et nos soignants s’accentue, tout notre engagement, toute notre énergie, toute notre force, doivent se concentrer sur un seul objectif : ralentir la progression du virus.

Je vous le redis avec force ce soir : respectons les gestes barrières, les consignes sanitaires. C'est le seul moyen de protéger les personnes vulnérables, d'avoir moins de concitoyens infectés et ainsi de réduire la pression sur les services de réanimation pour qu'ils puissent mieux accueillir, mieux soigner.

Sans signe grave, contactons notre médecin traitant. N’appelons le Samu et ne nous rendons à l’hôpital qu’en cas de forte fièvre, de difficulté à respirer, sans quoi, ils ne pourront faire face à la vague de cas graves qui déjà se profile dans certaines régions.

Faisons preuve au fond d’esprit solidaire et de sens des responsabilités. Chacun d’entre nous doit à tout prix limiter le nombre de personnes avec qui il est en contact chaque jour. Les scientifiques le disent, c’est la priorité absolue. C'est pourquoi, après avoir consulté, écouté les experts, le terrain et en conscience, j'ai décidé de renforcer encore les mesures pour réduire nos déplacements et nos contacts au strict nécessaire. Dès demain midi et pour 15 jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits.

Cela signifie que les regroupements extérieurs, les réunions familiales ou amicales ne seront plus permises. Se promener, retrouver ses amis dans le parc, dans la rue, ne sera plus possible. Il s'agit de limiter au maximum ces contacts au-delà du foyer. Partout sur le territoire français, en métropole comme Outre-mer, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires, nécessaires pour aller faire ses courses avec de la discipline et en mettant les distances d'au moins un mètre, en ne serrant pas la main, en ne s'embrassant pas, les trajets nécessaires pour se soigner, évidemment, les trajets nécessaires pour aller travailler si le travail à distance n'est pas possible et les trajets nécessaires pour faire un peu d'activité physique mais sans retrouver, là encore, des amis ou des proches. Toutes les entreprises doivent s'organiser pour faciliter le travail à distance, et quand cela ne sera pas possible, elles devront adapter dès demain leur organisation pour faire respecter ces gestes barrières contre le virus, c'est à dire protéger leurs salariés, ou, quand il s'agit d'indépendants, se protéger eux-mêmes. Le Gouvernement précisera les modalités de ces nouvelles règles dès ce soir, après mon allocution. Toute infraction à ces règles sera sanctionnée. Je vous le dis avec beaucoup de solennité ce soir, écoutons les soignants, qui nous disent : si vous voulez nous aider, il faut rester chez vous et limiter les contacts. C'est le plus important. Evidemment, ce soir, je pose des règles nouvelles, nous posons des interdits, il y aura des contrôles. Mais la meilleure règle, c'est celle qu'en tant que citoyen, vous vous appliquez à vous-mêmes. Une fois encore, j'en appelle à votre sens des responsabilités et de la solidarité.

Dans ce contexte, après avoir consulté le Président du Sénat, le Président de l'Assemblée nationale mais également mes prédécesseurs, j'ai décidé que le second tour des élections municipales serait reporté. Le Premier ministre en a informé aujourd'hui même les chefs de parti représentés au Parlement. Cette décision a fait l'objet d'un accord unanime.

Mes chers compatriotes, je mesure l'impact de toutes ces décisions sur vos vies. Renoncer à voir ses proches, c'est un déchirement ; stopper ses activités quotidiennes, ses habitudes, c'est très difficile. Cela ne doit pas nous empêcher de garder le lien, d'appeler nos proches, de donner des nouvelles, d'organiser aussi les choses avec nos voisins, d'inventer de nouvelles solidarités entre générations, de rester, comme je vous l'ai dit jeudi dernier, profondément solidaires et d'innover là aussi sur ce point. Je sais que je vous demande de rester chez vous. Je vous demande aussi de garder le calme dans ce contexte. J'ai vu, ces dernières heures, des phénomènes de panique en tout sens. Nous devons tous avoir l'esprit de responsabilité. Il ne faut pas que les fausses informations circulent à tout va. En restant chez vous, occupez-vous des proches qui sont dans votre appartement, dans votre maison. Donnez des nouvelles, prenez des nouvelles. Lisez, retrouvez aussi ce sens de l'essentiel. Je pense que c'est important dans les moments que nous vivons. La culture, l'éducation, le sens des choses est important. Et évitez l'esprit de panique, de croire dans toutes les fausses rumeurs, les demi-experts ou les faux-sachants. La parole est claire, l'information est transparente et nous continuerons de la donner. Mais croyez-moi, cet effort que je vous demande, je sais qu'il est inédit mais les circonstances nous y obligent.

Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale.

Nous sommes en guerre. Toute l'action du Gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l'épidémie. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. C'est pourquoi, j'ai décidé que toutes les réformes en cours seraient suspendues, à commencer par la réforme des retraites. Dès mardi, en Conseil des ministres, sera présenté un projet de loi permettant au gouvernement de répondre à l’urgence et, lorsque nécessaire, de légiférer par ordonnances dans les domaines relevant strictement de la gestion de crise. Ce projet sera soumis au Parlement dès jeudi.

J’ai vu tout à l’heure les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat afin que ces textes soient votés le plus rapidement possible, afin aussi que la vie démocratique et le contrôle du Parlement continue dans cette période. Je les en remercie et je remercie tous nos parlementaires en cet instant. 

Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé.

Nous sommes en guerre. La Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. Nous leur devons des masques, du gel, tout le matériel nécessaire et nous y veillons et veillerons. Nous avons décidé avec les scientifiques de réserver les masques en priorité pour l’hôpital et pour la médecine de ville et de campagne, en particulier les généralistes, les infirmières désormais en première ligne aussi dans la gestion de la crise. Des masques seront livrés dans les pharmacies dès demain soir dans les 25 départements les plus touchés. Mercredi pour le reste du territoire national. J'ai aussi entendu le message des spécialistes, en particulier des chirurgiens-dentistes et beaucoup d'autres. Des solutions seront trouvées avec le Ministre de la Santé dans les prochaines heures.

Nous devons aussi aux soignants la garde de leurs enfants : un service minimum de garde est en place depuis ce jour dans les crèches et dans les écoles. Nous leur devons aussi sérénité dans leurs déplacements et repos. C'est pourquoi j'ai décidé que, dès demain, les taxis et les hôtels pourront être mobilisés à leur profit. L'Etat paiera.

Nous sommes en guerre, oui. Le pays accompagnera dans cette période les régions les plus touchées aujourd'hui comme celles qui le seront demain. A ce titre, je veux assurer les habitants et les personnels soignants du Grand Est que nous serons au rendez-vous pour les appuyer face à l'afflux de patients et à la saturation des hôpitaux. Je sais ce qu'ils vivent depuis des jours et des jours, nous sommes avec eux. J'ai décidé pour cela qu'un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé dans les jours à venir en Alsace. Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades des régions les plus affectées et ainsi réduire la congestion des hôpitaux de certains territoires.

Nous sommes en guerre. Comme je vous l'ai dit jeudi, pour nous protéger et contenir la dissémination du virus mais aussi préserver nos systèmes de soins, nous avons pris ce matin entre Européens une décision commune. Dès demain midi, les frontières à l'entrée de l'Union européenne et de l'espace Schengen seront fermées. Concrètement, tous les voyages entre les pays non-européens et l'Union européenne seront suspendus pendant 30 jours. Les Françaises et les Français qui sont actuellement à l'étranger et souhaitent rentrer pourront bien entendu rejoindre leur pays.

Nous devons prendre cette décision parce que je vous demande ce soir d'importants efforts et que nous devons, dans la durée, nous protéger. Je veux dire à tous nos compatriotes qui vivent à l'étranger que là aussi, en bon ordre, ils doivent se rapprocher des ambassades et consulats et que nous organiserons, pour celles et ceux qui le souhaitent et là où c'est nécessaire, leur rapatriement. Vous l'aurez compris, vous le pressentiez, cette crise sanitaire sans précédent aura des conséquences humaines, sociales et économiques majeures. C’est aussi ce défi que nous devons mener.

Je vous demande des sacrifices pour ralentir l’épidémie. Jamais ils ne doivent mettre en cause l’aide aux plus fragiles, la pérennité d’une entreprise, les moyens de subsistance des salariés comme des indépendants. Pour les plus précaires, pour les plus démunis, pour les personnes isolées, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivités locales et leurs services, qu’ils puissent être nourris, protégés, que les services que nous leur devons soient assurés. 

Pour la vie économique, pour ce qui concerne la France, aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne sera livrée au risque de faillite. Aucune Française, aucun Français, ne sera laissé sans ressources.

S’agissant des entreprises, nous mettons en place un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien au report d’échéances bancaires et de garanties de l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques. Pour les plus petites d’entre elles et tant que la situation durera, celles qui font face à des difficultés n’auront rien à débourser, ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales. Les factures d’eau, de gaz ou d’électricité ainsi que les loyers devront être suspendus. 

En outre, afin que personne ne soit laissé sans ressources, pour les salariés, le dispositif de chômage partiel sera massivement élargi, comme je vous l’avais annoncé jeudi dernier et comme le Gouvernement a commencé à le préciser. Pour les entrepreneurs, commerçants, artisans, un fonds de solidarité sera créé, abondé par l'Etat, et auquel le Premier ministre proposera aux régions aussi de contribuer. Le Gouvernement, dès demain, précisera toutes ces mesures. Elles seront en fonction des besoins, des réalités économiques, des nécessités secteur par secteur, évidemment adaptées. Nous serons au rendez-vous pour que notre économie soit préservée dans cette période si dure et pour que l'ensemble des travailleuses et des travailleurs puissent avoir cette sécurité aussi en termes de pouvoir d'achat, de continuité de leur vie. 

Mes chers compatriotes, la France vit un moment très difficile. Nul ne peut en prévoir précisément la durée. À mesure que les jours suivront les jours, que les problèmes succéderont aux problèmes, il faudra, en lien avec les éclairages donnés par les scientifiques, des expériences de terrain, il faudra nous adapter. Nous allons continuer aussi, pendant cette période, de travailler et de progresser sur les traitements.

Je sais le dévouement de plusieurs équipes partout sur notre territoire avec les premiers espoirs qui naissent, et nous continuerons aussi d'avancer sur le vaccin. Régulièrement, je m'adresserai à vous. Je vous dirai à chaque fois, comme je l'ai fait, comme le Gouvernement le fait, la vérité sur l'évolution de la situation.

J'ai une certitude : plus nous agirons ensemble et vite, plus nous surmonterons cette épreuve. Plus nous agirons en citoyens, plus nous ferons preuve de la même force d'âme, de la même abnégation patriote que démontrent aujourd'hui nos personnels soignants, nos sapeurs-pompiers, l'ensemble des acteurs de la sécurité civile, plus vite nous sortirons de cette vie au ralenti. Nous y arriverons, mes chers compatriotes, en étant unis, solidaires. Je vous demande d'être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique, d'accepter ces contraintes, de les porter, de les expliquer, de vous les appliquer à vous-mêmes, nous nous les appliquerons tous, il n'y aura pas de passe-droit, mais, là aussi, de ne céder ni à la panique, ni au désordre. Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner. Agissons avec force mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences.

Lire la suite...

Partager sur : Partager

vendredi 13 mars 2020

France: Allocution du président de la République, Emmanuel Macron sur le Coronavirus-Covid 19 !


Freddy Mulongo-Emmanuel Macron.jpg, mar. 2020


ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

SUR LE CORONAVIRUS - COVID19

 

 

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

 

Depuis quelques semaines, notre pays fait face à la propagation d'un virus, le Covid-19, qui a touché plusieurs milliers de nos compatriotes. J'ai, bien entendu, ce soir, avant toute chose, une pensée émue et chaleureuse pour les familles et les proches de nos victimes. Cette épidémie qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens est la plus grave crise sanitaire qu'ait connu la France depuis un siècle. Dans l'immense majorité des cas, le Covid-19 est sans danger, mais le virus peut avoir des conséquences très graves, en particulier pour celles et ceux de nos compatriotes qui sont âgés ou affectés par des maladies chroniques comme le diabète, l'obésité ou le cancer.

 

Durant plusieurs semaines, nous avons préparé, agi. Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des Samu et de nos hôpitaux, les médecins de ville, l'ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité. Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c'est grâce à eux parce que tous ont répondu présents. Tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale, pour notre santé. C'est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la Nation à ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d'hommes admirables qui n'ont d'autre boussole que le soin, d'autre préoccupation que l'humain, notre bien-être, notre vie, tout simplement.

 

Je veux aussi, ce soir, saluer le sang-froid dont vous avez fait preuve. Face à la propagation du virus, vous avez pu ressentir pour vous-mêmes, pour vos proches, de l'inquiétude voire de l'angoisse, et c'est bien légitime. Tous, vous avez su faire face en ne cédant ni à la colère, ni à la panique. Mieux, en adoptant les bons gestes, vous avez ralenti la diffusion du virus et ainsi permis à nos hôpitaux et nos soignants de mieux se préparer. C'est cela, une grande Nation. Des femmes et des hommes capables de placer l'intérêt collectif au-dessus de tout, une communauté humaine qui tient par des valeurs : la solidarité, la fraternité.

 

Cependant, mes chers compatriotes, je veux vous le dire ce soir avec beaucoup de gravité, de lucidité mais aussi la volonté collective que nous adoptions la bonne organisation, nous ne sommes qu'au début de cette épidémie. Partout en Europe, elle s'accélère, elle s'intensifie. Face à cela, la priorité absolue pour notre Nation sera notre santé. Je ne transigerai sur rien.

 

Un principe nous guide pour définir nos actions, il nous guide depuis le début pour anticiper cette crise puis pour la gérer depuis plusieurs semaines et il doit continuer de le faire : c'est la confiance dans la science. C'est d'écouter celles et ceux qui savent. Les plus grands spécialistes européens se sont exprimés ce matin dans une publication importante. J'ai réuni aujourd'hui, avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, notre comité scientifique de suivi. Nous avons en France les meilleurs virologues, les meilleurs épidémiologistes, des spécialistes de grand renom, des cliniciens aussi, des gens qui sont sur le terrain et que nous avons écouté, comme nous le faisons depuis le premier jour. Tous nous ont dit que malgré nos efforts pour le freiner, le virus continue de se propager et est en train de s'accélérer. Nous le savions, nous le redoutions.

 

Ce qui risque de se passer, c'est que la maladie touchera d'abord les personnes les plus vulnérables. Beaucoup d'entre eux auront besoin de soins adaptés à l'hôpital, souvent d'assistance respiratoire. C'est pourquoi, et j'y reviendrai dans un instant, nous prenons des mesures très fortes pour augmenter massivement nos capacités d'accueil à l'hôpital car l'enjeu est de continuer à aussi soigner les autres maladies. C'est aussi de se préparer à une possible deuxième vague qui touchera un peu plus tard, en nombre beaucoup plus réduit, des personnes plus jeunes, a priori moins exposées à la maladie, mais qu'il faudra soigner également.

 

Dans ce contexte, l'urgence est de protéger nos compatriotes les plus vulnérables. L'urgence est de freiner l'épidémie afin de protéger nos hôpitaux, nos services d'urgence et de réanimation, nos soignants qui vont avoir à traiter, comme je viens de vous l'expliquer, de plus en plus de patients atteints. Ce sont là nos priorités. C'est pour cela qu'il nous faut continuer de gagner du temps et suivre celles et ceux qui sont les plus fragiles. Protéger les plus vulnérables d'abord. C'est la priorité absolue.

 

C'est pourquoi je demande ce soir à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile. Elles pourront, bien sûr, sortir de chez elles pour faire leurs courses, pour s'aérer, mais elles doivent limiter leurs contacts au maximum. Dans ce contexte, j'ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales, dont le premier tour se tiendra dans quelques jours. Ils considèrent que rien ne s'oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes. J'ai aussi demandé au Premier ministre, il l'a fait encore ce matin, de consulter largement toutes les familles politiques, et elles ont exprimé la même volonté. Mais il conviendra de veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires. Je fais confiance aux maires et au civisme de chacun d'entre vous. Je sais aussi que les mairies et les services de l'Etat ont bien organisé les choses. Des consignes renforcées seront données dès demain afin que nos aînés n'attendent pas longtemps, que des files ne se constituent pas, que les distances soient aussi tenues et que ces fameuses mesures barrières soient bien respectées. Mais il est important, dans ce moment, en suivant l'avis des scientifiques comme nous venons de le faire, d'assurer la continuité de notre vie démocratique et de nos institutions. Voilà, la priorité des priorités aujourd'hui est donc de protéger les plus faibles, celles et ceux que cette épidémie touche d'abord.

 

La deuxième, c'est de freiner l'épidémie. Pourquoi ? Le ministre de la Santé et le directeur général de la Santé vous l'ont expliqué à plusieurs reprises : pour éviter l'accumulation de patients qui seront en détresse respiratoire dans nos services d'urgence et de réanimation. Il faut continuer de gagner du temps, et pour cela, je vais vous demander de continuer à faire des sacrifices et plutôt d'en faire davantage, mais pour notre intérêt collectif.

 

Dès lundi et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n'ont parfois pas de symptômes et, heureusement, ne semblent pas aujourd'hui souffrir de formes aiguës de la maladie. C'est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire.

 

Un service de garde sera mis en place région par région, nous trouverons les bonnes organisations pour qu'en effet, les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d'aller au travail pour vous protéger et vous soigner. Cette organisation sera travaillée par le Gouvernement dans les prochains jours avec l'ensemble des élus et tous les responsables sur notre territoire.

 

Quand cela est possible, je demande aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance. Les ministres l'ont déjà annoncé, nous avons beaucoup développé le télétravail. Il faut continuer cela, l'intensifier au maximum. Les transports publics seront maintenus, car les arrêter, ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de soigner. Mais là aussi, c'est à votre responsabilité que j'en appelle, et j'invite tous les Français à limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Le Gouvernement annoncera par ailleurs des mesures pour limiter au maximum les rassemblements.

 

Dans le même temps, notre système de santé, notamment dans les services de réanimation, doit se préparer à accueillir de plus en plus de cas graves de Covid-19 et continuer à soigner les autres malades. Des places doivent se libérer dans les hôpitaux. Pour cela, toutes les capacités hospitalières nationales ainsi que le maximum de médecins et de soignants seront mobilisés. Nous allons aussi mobiliser les étudiants, les jeunes retraités. Des mesures exceptionnelles seront prises en ce sens. Beaucoup, d'ailleurs, ont commencé. Je veux les remercier. J'ai vu il y a quelques jours, au Samu de Paris, une mobilisation magnifique, émouvante, exemplaire, où des étudiants, à quelques mois de leur concours, étaient là pour répondre aux appels, aider, et où des médecins à peine retraités étaient revenus pour prêter main forte. C'est cela que nous allons collectivement généraliser en prenant les bonnes mesures. En parallèle, les soins non essentiels à l'hôpital seront reportés, c'est à dire les opérations qui ne sont pas urgentes, tout ce qui peut nous aider à gagner du temps. La santé n'a pas de prix. Le Gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu'il en coûte. Beaucoup des décisions que nous sommes en train de prendre, beaucoup des changements auxquels nous sommes en train de procéder, nous les garderons parce que nous apprenons aussi de cette crise, parce que nos soignants sont formidables d'innovation et de mobilisation, et ce que nous sommes en train de faire, nous en tirerons toutes les leçons et sortirons avec un système de santé encore plus fort.

 

La mobilisation générale est également celle de nos chercheurs. De nombreux programmes français et européens, essais cliniques, sont en cours pour produire en quantité des diagnostics rapides, performants et efficaces. Nous allons améliorer les choses en la matière, et au niveau français comme européen, les travaux sont lancés. Nos professeurs, avec l'appui des acteurs privés, travaillent d'ores et déjà sur plusieurs pistes de traitement à Paris, Marseille et Lyon, entre autres. Les protocoles ont commencé. J'espère que dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons des premiers traitements que nous pourrons généraliser. L'Europe a tous les atouts pour offrir au monde l'antidote au Covid-19. Des équipes sont également à pied d'œuvre pour inventer un vaccin. Il ne pourra pas voir le jour avant plusieurs mois, mais il est porteur de grands espoirs. La mobilisation de notre recherche française, européenne, est aussi au rendez-vous et je continuerai de l'intensifier.

 

Cette épreuve exige aussi une mobilisation sociale envers les plus démunis, les plus fragiles. La trêve hivernale sera reportée de deux mois, et je demande au Gouvernement des mesures exceptionnelles, dans ce contexte, pour les plus fragiles. Enfin, l'épreuve que nous traversons exige une mobilisation générale sur le plan économique. Déjà, des restaurateurs, des commerçants, des artisans, des hôteliers, des professionnels du tourisme, de la culture, de l'événementiel, du transport souffrent, je le sais. Les entrepreneurs s'inquiètent pour leurs carnets de commandes, et tous, vous vous interrogez pour votre emploi, pour votre pouvoir d'achat. Je le sais, c'est légitime. Avec les décisions que je viens d'annoncer ce soir, cette inquiétude économique va évidemment s'accroître.

 

Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l'angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés. Aussi, tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises quoi qu'il en coûte, là aussi. Dès les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en œuvre. Des premières annonces ont été faites par les ministres. Nous irons beaucoup plus loin. L'Etat prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. Je veux, en la matière, que nous nous inspirions de ce que les Allemands ont su par exemple mettre en œuvre avec un système plus généreux, plus simple que le nôtre. Je veux que nous puissions préserver les emplois et les compétences, c'est à dire faire en sorte que les salariés puissent rester dans l'entreprise, même s'ils sont obligés de rester à la maison, et que nous les payions. Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique.

 

Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité le paiement des cotisations et impôts dus en mars. Nous travaillerons ensuite sur les mesures nécessaires d'annulation ou de rééchelonnement, mais je nous connais collectivement, on prend toujours trop de temps à faire cela. Je veux, pour nos forces économiques, des mesures simples. Les échéances qui sont dues dans les prochains jours et les prochaines semaines seront suspendues pour toutes celles et ceux qui en ont besoin. Nous défendrons nos entreprises de toutes tailles. Nous défendrons l'ensemble des travailleurs et des travailleuses. En parallèle, j'ai demandé au Gouvernement de préparer d'ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l'avenir.

 

Nous devons aussi porter une réponse européenne. La Banque centrale a déjà, aujourd'hui, fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas. Il lui appartiendra d'en prendre de nouvelles. Mais je vais être là aussi très clair avec vous ce soir : nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager. Nous réagirons fort et nous réagirons vite. L'ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l'activité puis de relance quoi qu'il en coûte. La France le fera, et c'est cette ligne que je porterai au niveau européen en votre nom. C'est déjà ce que j'ai fait lors du conseil exceptionnel qui s'est tenu hier. Je ne sais ce que les marchés financiers donneront dans les prochains jours, et je serai tout aussi clair. L'Europe réagira de manière organisée, massive pour protéger son économie. Je souhaite aussi que nous puissions nous organiser sur le plan international, et j'en appelle à la responsabilité des puissances du G7 et du G20. Dès demain, j'échangerai avec le président TRUMP pour lui proposer une initiative exceptionnelle entre les membres du G7, puisque c'est lui qui a la présidence. Ce n'est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd'hui une crise mondiale, mais bien notre capacité à voir juste et tôt ensemble et à agir ensemble.

 

Mes chers compatriotes, toutes ces mesures sont nécessaires pour notre sécurité à tous et je vous demande de faire bloc autour d'elles. On ne vient pas, en effet, à bout d'une crise d'une telle ampleur sans faire bloc. On ne vient pas à bout d'une crise d'une telle ampleur sans une grande discipline individuelle et collective, sans une unité. J'entends aujourd'hui, dans notre pays, des voix qui vont en tous sens. Certains nous disent : "vous n'allez pas assez loin" et voudraient tout fermer et s'inquiètent de tout, de manière parfois disproportionnée, et d'autres considèrent que ce risque n'est pas pour eux. J'ai essayé de vous donner, ce soir, ce qui doit être la ligne de notre Nation tout entière. Nous devons aujourd'hui éviter deux écueils, mes chers compatriotes.

 

D'une part, le repli nationaliste. Ce virus n'a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La France est à pied d'œuvre. La coordination européenne est essentielle, et j'y veillerai. Nous aurons sans doute des mesures à prendre, mais il faut les prendre pour réduire les échanges entre les zones qui sont touchées et celles qui ne le sont pas. Ce ne sont pas forcément les frontières nationales. Il ne faut céder là à aucune facilité, aucune panique. Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, des fermetures de frontières à prendre, mais il faudra les prendre quand elles seront pertinentes et il faudra les prendre en Européens, à l'échelle européenne, car c'est à cette échelle-là que nous avons construit nos libertés et nos protections.

 

L'autre écueil, ce serait le repli individualiste. Jamais de telles épreuves ne se surmontent en solitaire. C'est au contraire en solidaires, en disant nous plutôt qu'en pensant je, que nous relèverons cet immense défi. C'est pourquoi je veux vous dire ce soir que je compte sur vous pour les jours, les semaines, les mois à venir. Je compte sur vous parce que le Gouvernement ne peut pas tout seul, et parce que nous sommes une nation. Chacun a son rôle à jouer. Je compte sur vous pour respecter les consignes qui sont et seront données par les autorités, et en particulier ces fameux gestes barrières contre le virus. Elles sont, aujourd'hui encore, trop peu appliquées. Cela veut dire se laver les mains suffisamment longtemps avec du savon ou avec des gels hydroalcooliques. Cela veut dire saluer sans embrasser ou serrer la main pour ne pas se transmettre le virus. Cela veut dire se tenir à distance d'un mètre. Ces gestes peuvent vous paraître anodins. Ils sauvent des vies, des vies. C'est pourquoi, mes chers compatriotes, je vous appelle solennellement à les adopter.

 

Chacun d'entre nous détient une part de la protection des autres, à commencer par ses proches. Je compte sur vous aussi pour prendre soin des plus vulnérables de nos compatriotes, ne pas rendre visite à nos aînés. C'est, j'en ai bien conscience, un crève-cœur. C'est pourtant nécessaire temporairement. Écrivez, téléphonez, prenez des nouvelles, protégez en limitant les visites. Je compte sur vous, oui, pour aussi aider le voisin qui, lorsqu'il est personnel soignant, a besoin d'une solution de garde pour ses enfants pour aller travailler et s'occuper des autres. Je compte sur les entreprises pour aider tous les salariés qui peuvent travailler chez eux à le faire. Je compte sur nous tous pour inventer dans cette période de nouvelles solidarités. Je demande à ce titre au Gouvernement de travailler avec les partenaires sociaux, avec les associations dans cette direction. Cette crise doit être l'occasion d'une mobilisation nationale de solidarité entre générations. Nous en avons les ressorts. Il y a déjà des actions qui existent sur le terrain. Nous pouvons faire encore plus fort tous ensemble.

 

Je compte évidemment aussi sur tous nos soignants. Je sais tout ce qu'ils ont déjà fait, je sais ce qu'il leur reste à faire. Le Gouvernement et moi-même serons là, nous prendrons toutes nos responsabilités pour vous. Je pense à tous nos soignants à l'hôpital, qui auront les cas les plus graves à traiter mais aussi beaucoup d'urgences. Je pense aux médecins, aux infirmiers, aux infirmières, à tous les soignants qui sont aussi hors de l'hôpital qui se sont formidablement mobilisés et que nous allons de plus en plus solliciter dans les semaines à venir.

Je sais pouvoir compter sur vous. Le ministre de la Santé aura l'occasion aussi de préciser, dans les prochaines heures, les règles pour que nous vous aidions à bien vous protéger contre le virus. C'est le respect que nous avons envers vous, et c'est évidemment ce que la Nation vous doit. Les règles seront claires pour chacun, elles seront là aussi proportionnées et expliquées.

 

Je compte sur vous toutes et tous pour faire Nation au fond. Pour réveiller ce qu'il y a de meilleur en nous, pour révéler cette âme généreuse qui, par le passé, a permis à la France d'affronter les plus dures épreuves.

 

Mes chers compatriotes, il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai.

 

Mais le temps, aujourd'hui, est à la protection de nos concitoyens et à la cohésion de la Nation. Le temps est à cette union sacrée qui consiste à suivre tous ensemble un même chemin, à ne céder à aucune panique, aucune peur, aucune facilité, mais à retrouver cette force d'âme qui est la nôtre et qui a permis à notre peuple de surmonter tant de crises à travers l'histoire.

 

Lire la suite...

Partager sur : Partager