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mardi 31 juillet 2018

Affaire Benalla : rejet des motions de censure contre Edouard Philippe et son gouvernement !

Edouard Philippe, Premier ministre

Le Premier ministre Edouard Philippe a répondu aux discours de Christian Jacob et André Chassaigne, avant des votes sur les motions de censure de droite, puis de gauche. Avec respectivement 143 et 74 voix, elles n'ont pas été adoptées.

Les députés ont examiné à  partir de 15 heures deux motions de censure, l'une de droite, l'autre de gauche, déposées à  la suite de l'affaire Benalla.

Christian Jacob, Président du groupe parlementaire Les Républicains

Les deux premiers signataires de chacune d'entre elles, Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) ont pris la parole avant le reste des chefs de groupe. Le Premier ministre Edouard Philippe leur a répondu ensuite.

Avec 143 voix, la première motion de censure, issue de la droite, n'a pas été adoptée. La seconde, avec 74 voix, n'a pas été adoptée non plus. Le gouvernement reste donc en place.

19h42 : la deuxième motion également rejetée. Il y avait encore moins de suspense que pour la première motion, rejetée : la deuxième motion de censure, déposée par les trois groupes de gauche à  l'Assemblée nationale, n'a pas été adoptée. Avec 74 voix, la majorité absolue de 289 suffrages n'est une nouvelle fois pas atteinte. La séance est close et le gouvernement reste en place.

18h35 : la première motion rejetée. C'était attendu, c'est confirmé : la motion de censure déposée par LR n'a pas été adoptée. Avec 143 voix, elle n'atteint pas la majorité absolue nécessaire (289 suffrages). Les explications de vote sur la deuxième motion de censure s'enchaînent. Sébastien Jumel (GDR) la défend avec force tandis qu'Isabelle Florennes, pour le MoDem, la rejette, ainsi que Bruno Questel pour LREM.

Appelé à  la tribune pour le groupe Nouvelle Gauche, Olivier Faure défend une motion de censure qu'il a cosignée, tout en précisant que "le but n'est pas de faire tomber le gouvernement". Mathilde Panot de la France insoumise, elle, dénonce une "atmosphère irrespirable" dans une Assemblée "monolithique" où tout débat est devenu impossible. Et charge la majorité pour son "obstruction à  la vérité" dans l'affaire Benalla.

17h26 : on passe aux explications de vote. L'heure est désormais aux explications de vote. D'abord sur la motion de censure issue de la droite. Guillaume Larrivé, le co-rapporteur de la commission d'enquête qui a suspendu sa participation la semaine dernière, et député LR, la soutient bien évidemment. C'est aussi le cas, et c'est moins attendu, du groupe communiste. Du cà´té du MoDem, en revanche, on dénonce une alliance contre-nature des oppositions.

Tout en reconnaissant que la motion de censure des LR est "légitime", car l'affaire Benalla est "grave", le groupe Nouvelle Gauche ne veut pas la voter. Car son objectif n'est pas de renverser le gouvernement pour le remplacer. En revanche, la France Insoumise est bien décidée à  apporter sa voix aux LR. Sans surprise, les députés LREM dénoncent un dévoiement de l'utilisation de la motion de censure.

17h07 : Richard Ferrand clà´t le bal. Le président du groupe LREM, Richard Ferrand, est le dernier à  s'exprimer. Il regrette que les "beaux enjeux" ne soient pas à  l'ordre du jour. "Ces deux motions de censure qui nous préoccupent ont quelque chose de rance, de marécageux, aux antipodes du débat d'idées. Elles sont le symbole de manœ“uvres politiciennes qui ne trompent plus grand monde."

Richard Ferrand dénonce le blocage des débats sur la réforme constitutionnelle. "Vous tentez de mettre à  jour un complot qui n'existe pas", s'agace-t-il, pointant l'"aigreur de la défaite" et le "désir de revanche" de l'opposition. "Aujourd'hui, c'est la braderie des motions de censure. Deux pour le prix d'une. Elles finiront dans les archives de l'Assemblée nationale, parmi les moins glorieuses de l'Histoire."

17h02 : Sébastien Chenu (RN) parle pour les non-inscrits. Disposant de moins de temps que ses collègues, Sébastien Chenu (RN) monte à  la tribune. "L'affaire Benalla-Macron est le petit grain de sable qui met au jour une mécanique", fustige-t-il. "Notre démocratie est profondément malmenée, nous constatons une dérive autoritaire dans notre pays. Une sorte d'autoritarisme soft mal dissimulé derrière une bienveillance de façade." Selon Sébastien Chenu, l'affaire Benalla montre la constitution d'une "garde prétorienne" auprès du président de la République.

16h48 : Mélenchon fustige les "Pieds Nickelés de l'Élysée". Jean-Luc Mélenchon prend la parole pour le groupe de la France Insoumise et pointe du doigt les "Pieds Nickelés de l'Élysée", Alexandre Benalla et Vincent Crase. Il dénonce l'absence de réponse du gouvernement jusqu'ici, la communication de l'Élysée, et la "chaîne ininterrompue de turpitudes au sommet de l'État". Jean-Luc Mélenchon poursuit en appelant à  une VIe République et la mise en oeuvre d'une constituante.

: Valérie Rabault prend la parole. La présidente du groupe Nouvelle Gauche (PS), Valérie Rabault, monte à  son tour à  la tribune. Elle estime qu'avec une vraie sanction effective dès le 1er mai, "il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla". "Mais il semble avoir été couvert", regrette-t-elle, avant de fustiger plus largement la "conception du pouvoir" du gouvernement et de la majorité. La députée fustige la gestion des auditions en commission d'enquête et le refus, par les élus LREM, d'élargir la liste des personnes entendues. "Le Sénat sauve heureusement l'honneur du Parlement", selon elle.

16h17 : Franck Riester s'exprime pour le groupe UDI, Agir et indépendants. "Les faits révélés par l'affaire Benalla sont graves", commence Franck Riester, appelé à  son tour à  la tribune. "Nos compatriotes ont le droit de connaître la vérité." Le député dénonce l'immixtion de "procès politique" dans les procédures d'enquête parlementaire. Il regrette le "lamentable spectacle" donné à  l'Assemblée, notamment le blocage des débats sur la réforme constitutionnelle, puis le "temps stupéfiant de la commission d'enquête". Franck Riester en profite pour tacler violemment ces élus qui se sont mués "en procureur politique" avant de "tuer la commission d'enquête". "C'est à  croire que la recherche de la vérité intéresse moins certains que la récupération politique."

Néanmoins, le député nuance son propos en appelant le gouvernement à  nuancer son projet de réforme constitutionnelle et mieux prendre en compte les corps intermédiaires en général.

16h01 : Marc Fesneau renvoie l'opposition à  ses "incompréhensibles alliances". C'est maintenant aux chefs de groupe de s'exprimer, en commençant par Marc Fesneau pour le MoDem. Celui-ci dénonce les "improbables et si incompréhensibles alliances" de la droite et la gauche d'opposition, qui ont selon lui "abandonné leur sens de l'histoire et de leurs propres responsabilités". "Qu'avez-vous en commun ? Rien. Partagez-vous la même vision institutionnelle du pays ? Même pas. Il n'y a qu'un motif à  vos attitudes : vous n'avez toujours pas accepté le sort des urnes de 2017."

15h55 : Edouard Philippe défend la politique gouvernementale. Dans sa réponse, le chef de gouvernement s'éloigne quelque peu du sujet pour défendre l'intégralité des réformes entreprises depuis un an. Puis, il esquisse les chantiers à  venir, de la retraite au plan pauvreté. "Hors sujet !", hurle l'opposition.

15h36 : Edouard Philippe à  la tribune. Le Premier ministre est appelé à  répondre à  l'opposition. Il a droit à  une standing ovation des députés LREM et des huées de l'opposition. Sa ligne de défense est claire : il appuie sur le fait que la "soi-disant grande affaire dite Benalla" ne relève que de mauvais comportements individuels. "C'est l'affaire de dysfonctionnements dans la préparation et le déroulement de cette mission d'observation [celle de Benalla]", explique-t-il. "C'est inacceptable, je l'ai dit devant votre Assemblée et devant le Sénat. Mais ce qui devait être fait l'a été."

Le chef du gouvernement reprend aussi un élément de langage largement développé par la majorité ces derniers jours : "la République exemplaire n'est pas la République infaillible." Il critique également la constitution de commissions d'enquête parlementaire alors qu'une instruction est en cours. "C'est une confusion institutionnelle", estime-t-il. Enfin, Edouard Philippe dénonce une "instrumentalisation politique" et "une volonté d'atteindre" Emmanuel Macron. Selon lui, cette crise politique permet à  l'opposition de "ralentir le rythme de transformation du pays". "Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage."

15h21 : Au tour d'André Chassaigne. Le chef du groupe GDR monte à  son tour à  la tribune et n'a pas de mots plus tendres que son collègue LR. Il dénonce un "scandale d'État" qui "ternit l'image de la France à  l'international". "Ce scandale révèle les dérives que produit un régime hyper présidentialiste", s'agace-t-il, avant de fustiger la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui "s'achève dans l'indignité après seulement six auditions". Pour André Chassaigne, les députés LREM sont des "digéreurs, intestins silencieux de la bouche élyséenne". Le député communiste élargit quelque peu son propos en critiquant l'intégralité de la politique "néo-libérale" d'Emmanuel Macron, entre "cadeaux aux premiers de cordées" et hausse de CSG pour les retraités.

15h : Christian Jacob dénonce des "zones d'ombres". Premier à  prendre la parole pour 15 minutes, le chef du groupe LR à  l'Assemblée attaque fort, estimant que l'affaire Benalla "laissera des traces profondes, morales et politiques sur le chef de l'État". Fustigeant le "barbouze" de l'Élysée, Christian Jacob dénonce les "zones d'ombres" et les "mensonges" de la majorité. "Les Français restent sidérés par cette affaire."

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lundi 30 juillet 2018

Affaire Benalla: Le Premier ministre Edouard Philippe affronte deux motions de censure !

Edouard Philippe, Premier ministre

Pour Benalla lui même qui s'exprimé sur TF1, son "Affaire", c'est une Affaire d`été dont l'objectif est d'atteindre Emmanuel Macron, Président de la République. L'Affaire Bennalla du nom de l'ancien collaborateur de l'Élysée surpris en vidéo en train de jouer au policier en marge d'un rassemblement du 1er Mai. Pour les oppositions, c'est une Affaire d'Etat dont le feuilleton n'est pas encore fini. Sans devenir thuriféraire ni flagorneur, il y a lieu de dire que le Premier ministre Edouard Philippe est excellent. Dans l'affaire Benalla, c'est lui qui défend le mieux La République En Marche. C'est lui qui monte au créneau, va au front car il y en a plusieurs fronts (Les Républicains, La France Insoumise, le Rassemblement National ex-Front National ) surtout dans l`hémicycle pour défendre le Président Macron, sans rabaisser les députés qui l'interpellent.

Une joute verbale qui vivifie la démocratie française. Le Premier ministre Edouard Philippe n'use ni n'abuse d'un mot de trop à  l'égard des représentants du peuple français. C'est aussi ça le respect des institutions. Le Premier ministre Edouard Philippe n'est pas un fusible, il est chef du gouvernement...mais pas chef de la Majorité au sens strict car il n'a pas de carte de membre de la République En Marche. Il est contraint de répondre aux deux motions de censure pour une faute non commise par son gouvernement. Les oppositions disparates qui n'ont pas vraiment existé durant la première année du quinquennat Macron se coalisent. L'affaire Benalla est du grain à  moudre.

Comme l`explicite bien Le Figaro : "Fait rarissime dans l'histoire de la Ve République, Édouard Philippe affrontera mardi dans l'hémicycle deux motions de censure contre son gouvernement. Fait rarissime également, ces deux motions de censure ne portent pas sur la politique conduite par le premier ministre mais sur l'affaire Benalla, qui concerne plutà´t l'Élysée. Fait rarissime toujours, ces deux motions de censure, déposées en même temps, émanent de la droite et de la gauche. Fait beaucoup plus courant, en revanche, elles n'ont aucune chance d'aboutir. Si ces deux textes, déposés par Les Républicains pour le premier, par le PS, LFI et les communistes pour le second, se traduiront bien par deux votes, ils ne donneront toutefois lieu qu'à  un seul débat. Pour l'opposition, droite et gauche confondue, l'enjeu est de toute façon le même: contraindre le gouvernement à  ``s'expliquer» sur l'affaire Benalla et dénoncer un ``verrouillage» qui empêche ``la vérité» d'émerger."

Le Parti socialiste est maintenant un parti d'opposition frontale au gouvernement hésite encore sur l'attitude à  adopter à  l'égard de la motion de censure déposée par la droite. Le patron du PS Olivier Faure souligne l'embarras de se retrouver à  cà´té de Christian Jacob et de Marine Le Pen pour mener l'offensive contre Emmanuel Macron.

à€ l'Élysée, on attend d'ailleurs avec gourmandise le vote de mardi. D'abord parce qu'Emmanuel Macron compte sur l'offensive de ses oppositions disparates pour ressouder ses troupes. Ensuite parce que cette alliance hétéroclite vient signer, selon ses proches, l'``instrumentalisation politique» de l'affaire Benalla.

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mardi 5 juin 2018

Intégration des étrangers: Edouard Philippe au front !

Edouard Philippe, Premier ministre

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé, ce mardi 5 juin, que le nombre d'heures de français proposées aux étrangers s'installant légalement en France serait doublé dans le cadre d'une réforme de la politique d'intégration qui jusque-là  "manque d'ambition". Le volume des cours passera respectivement, suivant les cas, de 50, 100, et 200 heures à  100, 200 et 400. Souvent jugée indigeste, la formation civique dispensée aux étrangers venant s'installer durablement en France, y compris les réfugiés, sera réformée et étalée sur "24 heures" au lieu de 12 actuellement. Garde d'enfants pour les jeunes parents pendant les cours de langue, accès au "Pass culture" pour les jeunes... Le Premier ministre a rappelé que donner les moyens de l'intégration est un enjeu "de cohésion sociale et nationale".

Déclaration de M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre

Comité parlementaire, la nomination d`un délégué interministériel pour l`accueil et l`intégration des réfugiés, et des décisions prises à  l`occasion d`un comité interministériel.

La mission parlementaire, comme vous le savez, a été confiée au député Aurélien TACHÉ. Celui-ci a fait un travail de très grande qualité qui a inspiré nombre des décisions dont je vais vous rendre compte. Aurélien TACHÉ a consulté très largement : des associations, les services publics concernés, les associations représentant les collectivités territoriales, des entreprises, les organisations professionnelles et les acteurs de la formation professionnelle et de l`emploi. Si bien que le programme de travail du comité interministériel est aussi directement inspiré des idées, des avis, des observations de l`ensemble de ces acteurs.

Nous avons donc, aujourd`hui, pris un certain nombre de décisions de renforcement de notre politique d`intégration.

Ces décisions sont guidées par deux lignes directrices :

- d`une part, la mobilisation d`efforts et de moyens au tout début du parcours d`intégration, car les premières étapes du séjour en France sont décisives. D`autres politiques publiques prennent ensuite le relais : politique de la ville, politiques d`inclusion sociale au sens large ;

- d`autre part, la conjugaison de l`investissement collectif de la société qui accueille, et de l`investissement individuel de l`étranger accueilli : `` s`investir ensemble », c`est cela le sens de notre démarche.

Ces lignes directrices, nous devons les appliquer aux priorités bien identifiées de la politique d`intégration :

1. la maîtrise de la langue française ;

2. la formation civique et la participation à  la vie de la société ;

3. l`accès à  l`emploi ;

4. la prise en compte de certaines situations particulières, comme celle des réfugiés.

Dès 2019, nous doublerons le volume horaire des cours de langue française dispensés dans le cadre du contrat d`intégration républicaine. Selon les niveaux de départ, ces forfaits sont aujourd`hui de 50 heures, 100 heures ou 200 heures. Demain, ils seront donc de 100 heures, 200 heures ou 400 heures.

Ces cours de français seront mieux adaptés à  leur public. Pour les personnes qui ne maîtrisent pas la lecture ou l`écriture, les cours pourront aller jusqu`à  600 heures.

Pour l`ensemble des étrangers, les formats des cours seront adaptés, avec des classes plus petites et une modernisation des outils pédagogiques.

Ceux qui auront atteint le niveau visé pourront obtenir une certification de ce niveau, ce qui constituera un atout dans leur recherche d`emploi.

Alors que le contrat d`intégration républicaine n`est pas ouvert aux demandeurs d`asile, puisque ceux-ci sont en attente d`une décision leur accordant ou pas le statut de réfugié, nous avons tout de même décidé d`ouvrir le bénéfice des cours de français à  certains de ces demandeurs : ceux qui ont les plus grandes chances d`obtenir le statut. Il s`agit concrètement des étrangers titulaires d`un visa pour asile et des bénéficiaires de la relocalisation.

Pour que les étrangers qui ont charge de famille puissent accéder facilement à  ces cours de français, nous développerons des offres de gardes d`enfants. Nous ne voulons pas que le fait d`avoir des enfants à  charge soit un frein - et nous savons trop bien que les femmes sont les premières concernées.

Nous voulons aussi que les étrangers primo-arrivants participent activement à  la vie de la société.

Il s`agit tout d`abord de partager nos valeurs. La formation civique dispensée dans le cadre du contrat d`intégration républicaine sert précisément à  cela. Nous avons décidé d`en doubler la durée, dès 2019, de 12h à  24h. Nous voulons en profiter pour mieux l`organiser.

Aujourd`hui, les 12h sont concentrées en tout début de parcours, au moment où les personnes concernées maîtrisent encore mal notre langue. Nous allons répartir ces temps de formation en plusieurs étapes, pour que chacun en tire le meilleur profit. Nous voulons centrer ses contenus sur ce qui fait le cœ“ur de notre pacte républicain : les valeurs de la République, la laïcité, l`égalité entre les femmes et les hommes. Et nous rendrons ces principes concrets, avec des illustrations. Avec des intervenants extérieurs, avec des visites à  l`extérieur.

Nous voulons aussi miser sur le rà´le de l`école. Pour l`intégration des enfants, bien sà»r. Mais aussi pour celle des parents. Avec Gérard COLLOMB et Jean-Michel BLANQUER, nous avons décidé de doubler les moyens de l`opération `` Ouvrir l`école aux parents pour la réussite des enfants ». Cela permettra de toucher 10.000 parents en 2019. Ce sont 10.000 parents qui amélioreront ainsi leur maîtrise de notre langue, leur connaissance du système éducatif français et des principes de la citoyenneté.

Enfin, l`accès à  l`enseignement supérieur doit être facilité. Comme l`a proposé Frédérique VIDAL, les bourses sur critères sociaux seront étendues aux jeunes bénéficiant de la protection subsidiaire.

Nous avons également décidé de nous mobiliser pour l`insertion professionnelle des étrangers primo-arrivants.

Comme le prévoit le projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d`asile effectif, le contrat d`intégration républicaine inclura désormais une dimension professionnelle.

Concrètement, au début de ce contrat, un accueil à  visée professionnelle sera organisé par l`office français de l`immigration et de l`intégration (OFII). Par ailleurs, chaque bénéficiaire du contrat d`accueil et d`intégration sera reçu en entretien à  la fin du parcours, pour l`orienter de la manière la plus adaptée à  son profil et à  ses aspirations. Et le service public de l`emploi organisera un entretien approfondi d`orientation professionnelle pour chaque primo-arrivant en recherche d`emploi.

Mais il nous faut aussi lever les différents freins qui bloquent l`accès à  l`emploi. Nous mobiliserons les réseaux d`entreprises pour faciliter la mise en relation des demandeurs d`emploi et des offres adaptées à  leurs talents et à  leurs compétences.

Nous mettrons en place, des formations linguistiques à  visée professionnelle, adaptées aux secteurs d`activité et au tissu économique de chaque région. Plus largement, les préfets disposeront de moyens pour accompagner les initiatives locales, et notamment pour stimuler les projets à  co-construire avec les régions.

Nous favoriserons la reconnaissance des qualifications des primo-arrivants. 1.000 parcours de validation des acquis de l`expérience seront financés en vue de l`obtention d`un titre professionnel.

Les freins à  l`emploi sont aussi réglementaires ou législatifs. Dans le projet de loi en cours de discussion, nous prévoyons de réduire, de 9 à  6 mois, le délai dans lequel les demandeurs d`asile peuvent accéder au marché du travail. Nous prévoyons aussi d`éviter les ruptures de droits sociaux pour les personnes qui viennent d`obtenir le statut de réfugié. Et une circulaire sera adressée aux préfets pour faciliter la délivrance d`autorisations de travail aux mineurs étrangers qui obtiennent un contrat d`apprentissage ou un contrat de professionnalisation.

Je voudrais aussi souligner que nous allons mettre en place des parcours spécifiques correspondant aux besoins des jeunes primo-arrivants. Cela prendra la forme d`un sas linguistique et socio-professionnel d`une durée de 3 à  6 mois, incluant des actions de formation et de renforcement linguistique. Les jeunes concernés bénéficieront de l`allocation du parcours contractualisé d`accompagnement vers l`emploi.

Dans cette démarche d`ensemble, nous devons accorder une attention particulière aux plus vulnérables - et je pense notamment aux réfugiés.

Le préfet Alain RÉGNIER, délégué interministériel à  l`accueil et à  l`intégration des réfugiés, nous a présenté une stratégie nationale. Dès 2019, les réfugiés bénéficieront d`un accompagnement social et administratif renforcé pour les aider dans les démarches des premiers mois qui suivent l`obtention du statut.

Nous voulons aussi favoriser l`essaimage des dispositifs innovants d`accès à  l`emploi, dont le programme HOPE, dont nous voulons faire bénéficier plusieurs milliers de personnes dès 2019.

De même, le programme ACCELAIR, dont j`ai pu mesurer les résultats très positifs à  Lyon, sera étendu dans toutes les régions d`ici 2020. Nous avons décidé, comme vous le savez, de mobiliser 20.000 logements d`ici la fin de l`année en faveur des réfugiés. Cela nécessite un effort important de la part des bailleurs sociaux, du tissu associatif, des élus et des services de l`Etat.

Je m`en voudrais enfin de ne pas évoquer les problématiques de santé. Avec Agnès BUZYN, nous avons décidé de faciliter l`accès aux soins, et notamment la prise en charge des syndromes psycho-traumatiques. Cela passera par un accroissement de notre soutien aux structures spécialisées en la matière.

Mesdames et Messieurs,

Les mesures que je viens d`annoncer ne soldent bien évidemment pas le sujet de l`intégration. Disons qu`elles forment notre feuille de route et qu`elles musclent de manière significative notre capacité à  accueillir ceux à  qui nous donnons le droit de séjourner en France.

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mercredi 25 avril 2018

Villers-Bretonneux: Edouard Philippe, Malcolm Turnbull et le prince Charles au mémorial australien !

Le Premier ministre Edouard Philippe, le prince Charles représentant de la couronne britannique et Malcolm Turnbull, le Premier ministre Australien

Deux jours de célébration, les 24 et 25 avril 2018, du centenaire de la bataille de Villers-Bretonneux située à  une vingtaine de kilomètres à  l'est d'Amiens où se sont impliqués les corps d`armées australiens et néo-zélandais. Le Premier ministre Edouard Philippe s'est joint à  l'aube aux milliers d'Australiens rassemblés au mémorial de la Grande Guerre à  Fouilloy, dans la Somme, pour célébrer le centenaire de la victoire de Villers-Bretonneux, qui empêcha les Allemands de progresser vers l'ouest. Il était accompagné du Premier ministre australien Malcolm Turnbull et du prince Charles, représentant la Grande-Bretagne, engagée également.

Le Premier ministre Edouard Philippe, le prince Charles représentant de la couronne britannique et Malcolm Turnbull, le Premier ministre Australien

Plusieurs milliers d'Australiens se sont rassemblés dans la nuit de mardi à  mercredi dans le nord de la France, pour célébrer à  l'aube le centenaire de la victoire de Villers-Bretonneux, qui empêcha les Allemands de progresser vers l'Ouest. Le Premier ministre Édouard Philippe a rendu hommage, mercredi 25 avril, aux Australiens venus en France et en Belgique pendant la Grande Guerre pour combattre l'avancée des forces allemandes.

Les murs du Mémorial éclairés de bleu !

Des jeunes soldats Australiens

C'est au "point du jour" le 25 avril 1918 que les soldats australiens, aidés par quelques unités britanniques, percèrent les lignes allemandes de la petite ville de 4.000 habitants, trois ans après une offensive ratée en Turquie - également à  l'aube -, d'où la cérémonie organisée ce mercredi très tà´t, à  laquelle assistaient 8.000 personnes.

Les murs du Mémorial éclairés de bleu !

Des jeunes soldats Australiens

Même les choristes portaient les médailles de leurs ancêtres à  cette commémoration, organisée au Mémorial australien de la Grande Guerre à  Fouilloy, dans la Somme (nord), sur les lieux de la bataille, en présence des Premiers ministres français et australiens, ainsi que du prince Charles, représentant la couronne britannique.

Des milliers d'Australiens dans la Somme pour les 100 ans de la bataille de Villers-Bretonneux

Des gerbes déposés au mémorial

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lundi 19 mars 2018

Le PM Edouard Philippe dévoile son plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme !

Edouard Philippe, Premier ministre

Le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé son plan national de lutte contre le racisme et l`antisémitisme au au Musée national de l`histoire de l`immigration à  Paris. national de l'immigration à  Paris. Trois réponses:

1. Lutter contre la haine sur internet,

2. Mieux éduquer et protéger les citoyens, accompagner les victimes,

3. Mobiliser les territoires, le sport, les médias

Discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre

Plan national de lutte contre le racisme et l`antisémitisme

Musée National de l`Histoire de l`Immigration

Paris, lundi 19 mars 2018

Mesdames et messieurs les ministres,

Madame la présidente, chère Mercédès Erra,

Monsieur le président, cher Benjamin Stora,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Madame la maire du 12ème arrondissement,

Mesdames et messieurs les présidents d`associations,

Mesdames et messieurs,

J`ignore si vous vous souvenez de la première fois où vous avez été confrontés au racisme et à  l`antisémitisme. Pas forcément en tant que victime, mais en tant que témoin. En ce qui me concerne, je devais être à¢gé de huit ou neuf ans. J`assistais à  un repas de famille. Un repas auquel nous avions invité un vieil ami. Un homme très respectable, très généreux. Un homme de son époque, c`est-à -dire né aux alentours de 1914. Ma première confrontation avec l`antisémitisme a eu lieu à  l`occasion de ce dîner et a pris la forme d`une apposition. Il parlait de quelqu`un et s`est senti obligé de préciser, sans que cela n`ait aucun rapport avec ce qui précédait, ou ce qui suivait : `` Monsieur Duchmol, qui est juif ». Puis, la conversation avait repris son cours, sans que personne ne veuille ou n`ose rectifier quoi que ce soit.

C`était la première fois que, dans mon milieu enseignant, intellectuel, normand, j`entendais parler de `` Juif » pour désigner un Français. Et c`était donc la première fois que je découvrais ce qui ressemblait à  une sorte `` d`antisémitisme tranquille », de racisme ordinaire de fin de repas. Et ce, j`insiste sur ce point, dans la bouche d`un homme fin, éduqué, démocrate, bon, j`ose le dire, qu`à  bien des égards, j`admirais et que j`admire encore. J`imagine que c`est un peu la même surprise qui a saisi certains lecteurs en découvrant il y a quelques semaines, le journal d`Emile Chartier, plus connu sous le nom d`Alain. Le journal d`un grand philosophe, d`un professeur admiré, celui de Simone Weil, de Raymond Aron, de Julien Gracq, le journal d`un grand humaniste qui a présidé en 1934 le comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Un journal qui, à  partir des années 1938, contient des propos clairement antisémites, hélas en phase si j`ose dire, avec ceux que l`on pouvait lire dans la presse ou dans les livres de l`époque.

Si j`ai choisi cette anecdote, ce clair-obscur c`est parce que je pense qu`ils sont fréquents.

Premier clair-obscur : les statistiques. En particulier celles relatives aux actes racistes et antisémites. Comme vous, j`en ai constaté la baisse. Mais je voudrais qu`on regarde ces statistiques avec une très grande prudence et une très grande lucidité. Non qu`il soit inutile de disposer d`un thermomètre. Briser un thermomètre n`a jamais fait disparaître un problème. Mais ces chiffres, nous le savons, ne donnent qu`une image imparfaite de la réalité. De cette réalité vécue, ressentie tous les jours par des millions de Français qui subissent des injures, des violences en raison de leur couleur de peau, de leur kippa, de leur voile, de leur patronyme. Dans la rue, dans les transports, sur internet, à  l`école ou devant leur lieu de culte.

Et quand on se penche plus précisément sur ces statistiques, on constate que si les menaces racistes et antisémites diminuent, les actes et les agressions augmentent. Veillons donc à  ce que ces statistiques ne deviennent pas un nouveau `` voile d`ignorance ».

Deuxième clair-obscur : le rapport que notre pays entretient avec le racisme et l`antisémitisme. Vous connaissez sans doute le livre de l`historien Gérard Noiriel, `` Le creuset français ». Vous savez donc que la France, contrairement aux Etats-Unis par exemple, ne s`est pas toujours construite avec l`immigration. Que `` penser cette immigration » lui a demandé du temps. En attendant, Belges, Piémontais, Arméniens, Juifs d`Europe de l`Est se sont heurtés, à  la fin du 19è siècle et au début du 20è siècle, à  une hostilité plus ou moins violente en fonction des périodes. Des Belges que l`on traitait à  Paris de `` Peaux de beurre » ou de `` vermine » à  la fin du Second Empire. Des Piémontais que l`on massacrait à  Aigues Mortes en 1893 parce qu`ils `` volaient » le travail des locaux. Des Juifs que l`on soupçonnait de complot mondial. C`est le Protocole des Sages de Sion. C`est la `` Terreur juive » d`Urbain Gohier. Ce sont les ligues. Les pamphlets de Drumont, de Rochefort, de Déroulède. C`est l`affaire Dreyfus. C`est un torrent inouï de haine. Une haine qui a fini par passer à  l`acte du massacre de masse. J`aurais aussi pu parler des `` zoos humains » qui agrémentaient chaque exposition universelle jusqu`à  la veille de la Seconde Guerre mondiale. Avec, pour celle de 1897 en Belgique, ce panneau terrible sur lequel on pouvait lire : `` Ne pas donner à  manger aux Congolais. Ils sont nourris ». J`aurais pu parler de l`exposition que je viens de voir sur le traitement que les Tsiganes ont subi. Donc, je ne crois pas à  un hypothétique à¢ge d`or durant lequel la France, comme les autres nations d`ailleurs, aurait entretenu une relation respectueuse, apaisée, avec l`étranger, avec l`autre. Toujours, même sous la République, la conjugaison du déjà  là , et du nouvel arrivant a été compliquée.

Troisième clair-obscur, troisième hésitation, qui est en fait une mise en garde. Cette mise en garde consiste à  éviter deux pièges. Le premier, c`est celui de la naïveté. La naïveté de croire que par un coup de baguette de magique, on parviendrait à  éradiquer le racisme et l`antisémitisme. Si c`était possible, nous l`aurions déjà  fait. Le second piège, c`est celui du découragement. Celui du laisser-aller et du laisser-faire. C`est celui qu`on nous tend parfois avec des phrases du type : `` Laissez-les vous traiter de racistes » ; `` On ne peut plus rien dire de nos jours » ; `` ça a toujours été comme ça ». à€ ces deux pièges, je veux opposer deux réalités :

D`abord, depuis deux siècles, l`Humanité a remporté des victoires sur elle-même. Ces victoires sont parfois symboliques, sans doute trop rares, mais elles sont réelles.

Ensuite, chaque période a produit ses haines, ses zélateurs et ses bourreaux. Mais chaque période a aussi produit ses héros, ses armes, ses combats. Combat de Zola, de Péguy, de Clemenceau pour Dreyfus. Combat de millions d`hommes et de femmes contre la barbarie nazie. Combat d`intellectuels, de militants, d`hommes politiques pour la décolonisation. Combat de l`antiracisme et de la lutte contre l`antisémitisme aujourd`hui.

Face à  cette haine, ce qui compte c`est le combat. Le combat, les combattants et les armes dont ils disposent. Face à  une haine qui se métamorphose, notre devoir de Républicain, c`est de continuer le combat. De le continuer en l`adaptant. En le portant là  où s`ouvrent les nouveaux fronts. En se dotant des bonnes armes. Et en les utilisant aux bons endroits, aux bons moments. C`est la logique du plan que je vous propose aujourd`hui. Plus que des mesures - il y en a, elles sont nombreuses et utiles - je voudrais identifier avec vous, les quatre combats de ces prochaines années. Des combats que nous devons absolument mener.

Le premier, c`est celui d`internet. De ce torrent de boue qui se déverse dans les forums de discussion et sur les réseaux sociaux. Nous venons d`en entendre des exemples ahurissants. Ces propos ne sont pas des opinions. Ce sont des délits. Et un délit, ça se constate et ça se punit. En tous cas, dans un Etat de droit digne de ce nom. On ne me fera jamais croire que les réseaux sociaux sont des espaces hors-sol.

Pour moi, tout ce qui est publié et diffusé en France, est publié et diffusé en France. Et doit donc répondre aux lois de la République. A fortiori quand ces propos `` virtuels » infligent des blessures qui sont hélas, bien réelles.

En général, c`est à  ce moment-là  que je m`énerve. Que je m`énerve vraiment. Mes collaborateurs pourront en témoigner. Ce qui m`énerve, c`est que de nos jours, il semble plus facile de retirer la vidéo pirate d`un match de foot que des propos antisémites. Et quand je m`en étonne, on me répond certes poliment, mais avec une once de lassitude: `` Oh, c`est compliqué. Faut voir ça au niveau européen ».

Très bien, allons-y, s`il faut voir ça au niveau européen, voyons ça avec l`Europe. Portons ce combat. Portons-le vraiment, comme on l`a fait sur les travailleurs détachés. Je ne me résigne pas, voyez-vous, à  l`idée scandaleuse que la LFP aurait plus de succès avec Facebook que le gouvernement français !

Le président de la République l`a dit lors du dîner du C.R.I.F : la France défendra au niveau européen un projet législatif pour contraindre les opérateurs à  retirer dans les plus brefs délais, tout contenu haineux, raciste ou antisémite. Et on ne va pas se contenter de l`espérer. On va se battre. On va, avec Jean-Yves Le Drian et Nathalie Loiseau, faire le tour des chancelleries. On va mobiliser les parlementaires européens français. Le président de la République en parlera à  ses homologues. On va y mettre tous nos moyens. Parce que s`il y a un sujet sur lequel, au nom de nos valeurs et de notre histoire, nous devons tous nous retrouver en Europe, c`est celui-là . Ou alors, c`est que nous sommes devenus amnésiques en plus d`être aveugles.

Ce projet devra permettre de construire le cadre juridique d`une responsabilité des plateformes. Aujourd`hui, le directeur d`un journal est pénalement responsable des commentaires haineux qui sont postés sur son site internet. En revanche, si vous dirigez un réseau social, tout est possible. On ne peut pas en rester là . On ne peut pas continuer de vivre avec un cadre juridique européen qui date des années 2000. Un cadre qui visait à  l`époque à  transposer les principes du marché unique dans le domaine du numérique. Mais aujourd`hui, on ne peut plus se satisfaire de la distinction un peu binaire entre d`un cà´té des éditeurs de contenus qui en sont responsables et de l`autre, des hébergeurs techniques, plus passifs, dont la responsabilité est très limitée. En effet, ce cadre n`a pas été conçu pour appréhender les grandes plateformes qui, sans produire elles-mêmes leurs contenus, mettent ceux-ci à  la disposition du public en les hiérarchisant, voire en les filtrant. Soyons lucides : ces plateformes jouent désormais un rà´le actif dans l`édition de leurs contenus.

Alors, heureusement, le sujet progresse. La révision en cours de la directive européenne `` Services de médias audiovisuels » va par exemple dans le bon sens. Elle permettra en effet aux régulateurs nationaux de contribuer à  la lutte contre les contenus haineux sous forme de vidéo. Mais il faut aller plus loin. Entre les deux statuts d`éditeur et hébergeur, il y a de la place pour un troisième statut. Un statut qui tienne compte des spécificités des grandes plateformes, mais qui les contraigne aussi à  prendre leurs responsabilités.

Mais, sans attendre l`aboutissement de ce chantier européen, nous modifierons la législation nationale. Car nous avons des marges de manœ“uvre. Des marges qui permettent de renforcer les obligations de détection, de signalement, de suppression et de prévention de contenus illicites. Ces marges, je veux que nous les exploitions au maximum pour enclencher la dynamique et soutenir la démarche que nous engagerons au niveau européen.

C`est un immense chantier. Un chantier politique. Un chantier technique. Pour convaincre nos partenaires, on doit leur proposer un projet bien ficelé et crédible. C`est le sens de la mission que le président de la République a confiée à  Gil TAIEB, à  Karim AMELLAL et à  la députée Laetitia AVIA à  qui je veux rendre hommage et à  qui je redis ici mon amitié. Nous engagerons donc une concertation avec les acteurs du secteur et les associations.

Je profite de l`occasion pour remercier SOS Racisme, la LICRA, `` J`accuse », le MRAP et l`UEJF des contributions qu`ils nous ont fait parvenir à  ce sujet. Et je les remercie par avance de ce qu`ils pourront faire pour mobiliser leurs homologues et leurs relais en Europe.

Le deuxième combat, c`est celui de l`éducation. Au sens large, c`est à  dire qui englobe l`apprentissage des savoirs fondamentaux, l`accès à  la culture, la citoyenneté. On le sait : la connaissance réunit. L`ignorance sépare. C`est un vrai combat. Qui ne date pas d`hier puisqu`il est aussi vieux que la République, et en vérité, aussi vieux que l`humanité.

Pour le mener, la République avait missionné ceux que l`on appelait à  l`époque ses `` hussards noirs ». La métaphore guerrière n`est pas un hasard. Parce que combattre des préjugés, combattre l`obscurantisme, c`est à¢pre, c`est violent. C`était violent en 1870. à‡a l`est en 2018 dans certaines zones où des professeurs n`osent plus parler de la Shoah devant leurs élèves.

Avec le président de la République, avec Jean-Michel Blanquer, nous avons voulu amorcer la reconquête de nos écoles. Et avec elles, la reconquête des consciences.

Une reconquête qui commence dès l`école primaire. C`est le sens du dédoublement des classes de CP dans les zones dites `` REP+ » qui permet aux enseignants de disposer de plus de temps pour aider les enfants le plus en difficultés.

Une reconquête qui se poursuivra tout au long de la scolarité. J`ai demandé à  Jean-Michel Blanquer de constituer une équipe nationale d`intervention rapide associant des enseignants, des représentants de l`Etat, des associations et des représentants des lieux de mémoire.

Leurs missions ? D`abord, libérer la parole, en demandant aux chefs d`établissement de signaler les difficultés ou incidents qui se produisent en matière de racisme et d`antisémitisme. Mais aussi épauler les enseignants, intervenir devant les élèves dans les établissements où des difficultés sont signalées lors de certains enseignements.

J`aime l`histoire. J`aime passionnément mon pays. Avec ses heures de gloire, avec ses erreurs, avec ses hontes. L`histoire est un bloc, qu`il faut savoir regarder en face. Qu`il faut savoir comprendre. Pour s`en libérer. Parce que nous ne sommes pas nos ancêtres. Nous sommes les acteurs bien vivants de l`histoire qui s`écrit. Ne soyons pas des esclavagistes, des collabos, des résistants, des blancs, des Asiatiques, des Africains des Juifs `` imaginaires » pour paraphraser le titre d`un ouvrage d`Alain Finkielkraut. Soyons des citoyens réels et agissants.

Pas au nom d`un passé revisité. Magnifié ou diabolisé. Mais au nom de l`avenir. Ce n`est pas simple. C`est loin d`être gagné, je ne suis pas naïf. Mais c`est la seule solution que je connaisse pour envisager l`avenir. Parce qu`on ne me fera jamais croire qu`on peut bà¢tir une société pacifiée et sà»re sur la haine de son voisin. En général, ça finit mal. Et pour tout le monde.

C`est la raison pour laquelle, nous ne transigerons pas sur les programmes scolaires. Et que nous ne laisserons pas les enseignants seuls, isolés, face à  la violence physique ou verbale de leurs élèves, en particulier lors des cours d`histoire. Cette histoire, nous l`enseignerons. Dans sa grande, parfois triste et cruelle vérité.

Troisième combat : la protection et l`accompagnement des victimes. On le sait, les victimes d`actes ou d`injures racistes n`osent pas porter plainte. Parce que c`est compliqué. Parce que ça prend du temps. Que c`est intimidant de pénétrer dans un commissariat. Et puis, certaines de ces personnes se disent : `` à€ quoi bon ? ». Quand elles osent franchir le pas, leur statut de victime n`est pas toujours reconnu ; leur parole pas toujours entendue comme elle le devrait.

Or, nous avons besoin que les victimes portent plainte. D`abord pour que les statistiques, les fameuses statistiques dont je parlais plus haut, reflètent mieux la réalité vécue sur le terrain. Et puis parce que la plainte, c`est le contrepoison de l`impunité. Sans plainte, pas d`enquête, pas de responsable, pas de sanction.

Comme vous le verrez, le plan comprend un certain nombre de mesures pour faciliter le dépà´t de plaintes. Retenez simplement :

Qu`avec Gérard Collomb et Nicole Belloubet, nous expérimenterons dans les prochains mois, un réseau d`enquêteurs et de magistrats spécialement formés à  la lutte contre le racisme et l`antisémitisme.

Dans ce cadre, nous présenterons un nouveau modèle d`audition qui permettra de mieux guider la discussion et d`ainsi accorder sa juste place à  la parole de la victime.

Sur le fondement de cette expérimentation, nous procèderons à  une révision des logiciels de rédaction des procédures. L`idée, quelle est-elle ? Elle est de faciliter la reconnaissance de circonstances aggravantes dans les cas d`insulte ou de violences.

Enfin, dès la fin de ce premier semestre, nous rendrons opérationnel un système de pré-plainte en ligne pour les infractions de nature raciste et antisémite.

Dernier combat : celui de la présence. En particulier dans les domaines où la mobilisation n`est pas suffisante. Un de ces domaines, c`est le sport. Le sport, c`est à  la fois un secteur où s`exprime le racisme. Certains joueurs ou certains athlètes, en général de couleur, subissent crachats et insultes presque quotidiennement. Dans les stades et sur les réseaux sociaux.

Mais le sport, chère Laura Flessel, c`est aussi une formidable école d`égalité. Parce que sur un terrain, sur un ring me concernant, sur une piste, sur des skis, sur un vélo, ça n`est pas la couleur ou la croyance qui compte, mais la performance. Et le sport, c`est une école qui parle à  peu près à  tout le monde.

Je ne voudrais pas tomber dans le travers que je dénonçais tout à  l`heure, celui d`un hypothétique `` à¢ge d`or ». Mais il se trouve que vers l`à¢ge de 27-28 ans j`ai, comme beaucoup de Français, connu l`ivresse - symbolique j`entends- d`un soir de finale de coupe du monde.

Et ce court laps de temps durant lequel nous étions 60 millions à  nous moquer pas mal de savoir si celui qui avait marqué était `` Black Blanc ou Beur ». Parce que sur le terrain, ils étaient tous `` Bleu-Blanc-Rouge ».

C`est pour ça que le sport est une des nouvelles frontières de la lutte contre le racisme et l`antisémitisme. Comme d`ailleurs il l`a été, dans le passé, lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Et c`est pour cette raison que nous signerons, de manière systématique, des conventions avec toutes les fédérations. Des conventions pour sensibiliser, pour former, pour construire et relayer un `` contre-discours ». Et je sais pouvoir compter dans ce combat, sur l`implication des sportifs de haut niveau.

Les mesures que je viens d`évoquer ne résument pas à  elles-seules le plan que je tenais à  vous présenter en ce jour particulier. Un jour qui marque le début de la Semaine d`éducation contre le racisme et de l`antisémitisme. Un jour, le 19 mars, qui est aussi celui du deuil et du souvenir, six ans après la tuerie de l`école juive de Toulouse. Un 19 mars, cher Benjamin Stora qui est enfin le jour anniversaire de la signature des accords d`Evian.

Justement, vous avez publié, je crois, au début des années 1990 un livre qui s`intitule `` La gangrène et l`oubli ». Ce livre ne concerne pas directement le sujet qui nous rassemble. Mais son titre m`a frappé. Parce qu`au fond, c`est de cela dont il s`agit : lutter contre l`oubli pour contrà´ler et faire reculer cette gangrène qui, à  intervalles réguliers de notre histoire, menace d`emporter tout le corps social.

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samedi 10 mars 2018

Stade de France: Coupe du monde de rugby 2023, Edouard Philippe lance la création du comité d`organisation !

Edouard Philippe, Premier ministre

Dans le grand auditorium de l'enceinte dyonisienne, c'est le Premier Ministre Edouard Philippe qui, en compagnie de Bernard Laporte, Président de la FFR et Jean-Michel Brun, Secrétaire Général du CNOSF, a signé, en présence de Bill Beaumont, patron de World Rugby, la convention constitutive du Groupement d`Intérêt Public (GIP), constitué pour l`organisation de l`événement.

Edouard Philippe, Bill Beaumont, Bernard Laporte et Jean-Michel Brun ont lancé le compte à  rebours menant à  la coupe du monde de rugby 2023, en France

De l`engagement, du fair-play, du beau jeu, de l`intensité, de l`éthique : voilà  l`alchimie que nous voulons créer Edouard Philippe a clamé le Premier ministre. "La France est redevenue une terre d`accueil de grands événements sportifs. Parce qu`elle a à  cœ“ur de faire et elle sait faire. Elle aime organiser et donner à  ces événements leur pleine dimension mondiale. De l`engagement, du fair-play, du beau jeu, de l`intensité, de l`éthique : voilà  l`alchimie que nous voulons créer lors de cette coupe du monde de rugby 2023 !", a déclaré le chef du gouvernement. A ses cà´tés, Bernard Laporte, loin des affaires et de la question, légitime, de la capacité du XV de France à  se relever d'ici 2023, ne cachait évidemment pas sa satisfaction.

"La création du GIP #FRANCE2023 est le véritable coup d`envoi de l`organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023. Le Comité Directeur de la FFR a validé la convention constitutive du GIP. Le cadre est posé pour organiser un événement extraordinaire. Je me réjouis de la présence aujourd`hui de M. le Premier Ministre et de Bill Beaumont, qui marque l`implication de l`Etat et du rugby international pour la réussite de l`événement. Je souhaite également remercier la famille du rugby, les acteurs du sport français et tous les représentants des collectivités et des pouvoirs publics qui sont présents aujourd`hui et qui s`impliqueront à  nos cà´tés pour ensemble réussir 2023 !" a déclaré Bernard Laporte.

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vendredi 9 mars 2018

Paris: 20ème Rencontre alternée entre les Premiers ministres français et québécois

Edouard Philippe et Philippe Couillard, Premier ministre Québécois à  Paris

Le Premier ministre Edouard Philippe a invité son homologue Québécois, Philippe Couillard, à  participer ce matin au Conseil interministériel de l`égalité entre les femmes et les hommes.

Discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre

20ème Rencontre alternée entre les Premiers ministres français et québécois Paris, jeudi 8 mars 2018

Monsieur le Premier ministre, cher Philippe, Mesdames et Messieurs,

La France et le Québec entretiennent depuis toujours des relations qui sont directes, privilégiées, stratégiques, structurelles, mais je dirais aussi des relations de cœ“ur. Depuis plus de 40 ans, nos prédécesseurs - et ils ont eu en la matière bien raison de s`y engager - se sont réunis selon le format des rencontres alternées. Et aujourd`hui, nous venons d`en tenir la 20e édition. Je veux dire qu`elle s`est tenue probablement comme les précédentes dans une atmosphère de chaleur, d`amitié, de décontraction aussi et de détermination car nous partageons l`envie d`avancer dans ce chemin commun que nous nous sommes tracé et que nos prédécesseurs ont tracé.

J`avais ce matin convié Monsieur le Premier ministre à  participer, avec un certain nombre de ministres de son gouvernement, au Conseil interministériel de l`égalité entre les femmes et les hommes que je présidais aujourd`hui, le 8 mars, en cette Journée internationale des droits des femmes.

Nous y avons notamment évoqué et décidé, avec Madame la Secrétaire d`Etat à  l`Egalité entre les Femmes et les Hommes, de définir ou, plus exactement, de travailler avec le Québec à  la définition d`un indice de l`égalité en se fondant sur l`idée et sur les travaux qui sont bien engagés chez vous, Monsieur le Premier ministre, de nous permettre de créer un outil qui soit un outil de mesure, un outil d`aide à  la décision, un outil de comparaison qui permettra d`objectiver les choses et qui permettra l`orientation des actions politiques à  la fois nationales et internationales en matière d`égalité entre les femmes et les hommes.

Je suis convaincu que ce qu`on veut améliorer, il faut d`abord pouvoir le mesurer et que si on veut faire des comparaisons internationales, il faut les faire avec des instruments qui sont robustes et qui sont conformes à  la réalité internationale et qui sont partagés. C`est l`objectif que nous avons évoqué ce matin.

Le deuxième point que je retiens de nos échanges, c`est évidemment le climat. Le Québec est très engagé en matière de lutte contre le dérèglement climatique et, avec la France, je dirais que le constat, l`envie, la détermination sont partagés. Nous allons organiser un travail collectif pour étudier les rapprochements possibles entre ce que fait l`Union européenne en matière de marché carbone et le marché que vous avez mis en place avec la Californie et l`Ontario qui est de toute évidence une initiative remarquable, impressionnante et dont nous devons nous inspirer.

Autre mesure très concrète, nous allons débloquer des crédits pour des projets cherchant à  réduire les émissions de gaz à  effet de serre du transport maritime. Le transport maritime n`est pas la partie la plus spectaculaire spontanément de la mondialisation mais elle est la partie du commerce et du transport qui est la plus essentielle pour la mondialisation puisque près de 80 à  85 % des échanges physiques de marchandises passent par la mer et par les ports.

Tout ce qui peut être fait pour que ce transport de marchandises ait un impact écologique réduit, que ce soit pour les bateaux qui restent à  quai ou pour les bateaux qui traversent les océans, est évidemment quelque chose de positif pour la planète et pour le commerce mondial.

Une initiative conjointe qui va permettre de développer la recherche, de prendre des initiatives, qui s`inscrit d`ailleurs dans le bilan d`un certain nombre de rencontres alternées précédentes et qui me semble extrêmement bienvenue, je m`en réjouis, Monsieur le Premier ministre.

Les échanges commerciaux, évidemment, il faut en dire un mot et il en a été question avec le CETA qui amorce une impulsion progressiste sur le plan environnemental et social. La France est évidemment extrêmement vigilante sur ce point avec son plan d`action mais nous considérons qu`il faut que les entreprises soient mieux informées des opportunités offertes par l`accord pour qu`il bénéficie aux entreprises et notamment aux petites et aux moyennes entreprises. Je me réjouis des accords qui ont été signés hier entre incubateurs, notamment parce que ça montre que le CETA, c`est aussi un traité qui va favoriser l`innovation, le développement de l`innovation entre la France et le Québec, mais aussi en France et au Québec.

Cette dynamique dans le numérique, elle est un enjeu considérable, nous l`avons évoquée ce matin, et nous allons poursuivre cet engagement très fort du Québec et de la France à  travers le développement d`outils conjoints visant à  développer la découvrabilité des contenus francophones sur Internet. Le sens et l`enjeu, eux, sont considérables car il s`agit bien de promouvoir, de défendre la langue française et les contenus en français sur Internet.

Enfin il a été question de la jeunesse qui est un des éléments les plus vifs et les plus prometteurs de la relation entre la France et le Québec. 12 000 étudiants français sont inscrits dans les universités du Québec, 4 500 élèves fréquentent nos établissements scolaires et vous fêterez ce soir, Monsieur le Premier ministre, nous fêterons ensemble, les 50 ans de l`Office franco-québécois de la jeunesse, institution qui a suscité, développé l`amitié entre le Québec et la France et qui nous permet d`envisager l`avenir avec confiance.

Comme l`a indiqué le président de la République, nous favoriserons à  l`avenir la venue des étudiants québécois en France dans nos universités, dans nos grandes écoles. Nous avons évoqué ce matin avec Madame la Ministre de l`Enseignement supérieur, de la Recherche et de l`Innovation ce sujet.

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8 Mars: Le PM Edouard Philippe a appelé professeurs et artistes à  lutter contre les inégalités!

8 mars 2018, conférence de presse du Premier ministre Edouard Philippe

Le Premier ministre Edouard Philippe a réuni ce jeudi tous les ministres pour annoncer `` une cinquantaine de mesures » tirées d`initiatives locales pour l'égalité femmes-hommes. Le Premier ministre a appelé toute la société à  s`impliquer.

`` La promotion de la culture de l`égalité entre les femmes et les hommes ne se fera pas seulement par des déclarations officielles », a souligné le Premier ministre devant la presse, en cette journée internationale des droits des femmes. `` Il faut que tous ceux qui ont quelque chose à  dire dans la société s`en saisissent », a-t-il dit en citant professeurs, artistes, et `` toute la production culturelle à  destination de la jeunesse ».

Lutter contre les préjugés sexistes à  l`école

`` Tout le monde a son rà´le à  jouer, quelle que soit sa place dans la société », a ajouté Edouard Philippe, précisant que l`égalité hommes-femmes sera `` une priorité de l`agenda de la présidence française du G7 en 2019 ». Le chef du gouvernement a réaffirmé que `` tout commence à  l`école », car c`est `` au début du processus de socialisation que nous devons lutter contre les préjugés sexistes ». Le Premier ministre a confirmé qu`un `` référent égalité serait nommé dans chaque établissement scolaire ». Cette mesure doit prendre effet à  la rentrée 2019, avait annoncé lundi le gouvernement.

Pour l`enseignement supérieur, l`objectif d`avoir 40 % de filles dans les filières scientifiques d`ici à  2020 a été fixé. Ce comité interministériel, qui s`est tenu au musée Curie, a également fixé des objectifs de 30 % à  50 % de femmes bénéficiaires des formations proposées par la Grande Ecole du numérique. Le Premier ministre a rappelé qu`un budget interministériel de 420 millions d`euros était prévu en 2018 pour l`égalité femmes-hommes.

Lieu d`écoute et d`accompagnement contre les violences

Concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, le chef du gouvernement a annoncé que `` 5 000 places d`hébergement seraient garanties en 2018 » pour les victimes. Certains centres d`hébergement seront spécialisés pour la mise en sécurité de demandeuses d`asile victimes de violences ou de traite. Des stages de prévention de la récidive seront déployés pour les auteurs de violences condamnés. Un lieu d`écoute et d`accompagnement sera créé dans chaque université pour les victimes et témoins de violences sexistes et sexuelles.

Des contrats locaux seront par ailleurs signés entre préfets, magistrats, hà´pitaux et associations pour mettre en place un système d'`` alerte en réseau » et une plateforme de géolocalisation des hébergements d`urgence des femmes victimes, accessible seulement aux professionnels (associations, urgentistes, travailleurs sociaux…) sera développée pour les aider à  trouver un refuge. Pour une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée, l`éventuel allongement du congé paternité (11 jours calendaires ou 18 jours pour une naissance multiple actuellement), sera tranché `` en juin », a précisé le chef du gouvernement.

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mardi 27 février 2018

SNCF: Edouard Philippe met sur les rails une réforme explosive !

Edouard Philippe, Premier ministre

Le gouvernement a lancé hier un processus à  haut risque qui vise à  moderniser l'opérateur ferroviaire national. "La situation est alarmante, pour ne pas dire intenable. Les Français, qu'ils prennent ou non le train, paient de plus en plus cher pour un service public qui marche de moins à  moins bien"a déclaré le Premier ministre Edouard Philippe, dans une allusion à  la dette de la SNCF, proche de 50 milliards d'euros.

Paris souhaite abolir à  terme le statut de cheminot, qui comprend une garantie de l'emploi et un départ à  la retraite possible à  partir de 50 ou 55 ans, selon les métiers. Près de 90 des employés de la SNCF, soit 140 000 personnes, en bénéficient.

Pour adopter les principes clés de la réforme "avant l'été", le gouvernement prévoit de recourir à  des "ordonnances". Un temps évoquée, la fermeture des "petites lignes" régionales jugées non rentable a été écartée.

Très revendicative, la CGT, syndicat majoritaire de la SNCF, a déjà  annoncé une journée de mobilisation le 22 mars. Les autres syndicats doivent se réunir pour décider s'ils se joignent au mouvement. Plusieurs organisations ont menacé le gouvernement d'un "conflit majeur" s'il choisissait la voie des ordonnances, plus expéditives qu'une loi.

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lundi 12 février 2018

Dubaï: Le Premier ministre Edouard Philippe rencontre la communauté française à  bord du "Tonnerre" !

Le Premier ministre Edouard Philippe a rencontré ses compatriotes à  Dubaï

A Dubaï, c'est à  bord du bateau de la marine nationale française le "Tonnerre", que le Premier ministre Edouard Philippe a rencontré la communauté française. Avec une silhouette impressionnante, le navire est qualifié de couteau suisse de la marine nationale française: Outre les hélicoptères, il accueille dans sa coque de petits bateaux de débarquement, un hà´pital ou encore des installations d'état-major !

Le Premier ministre Edouard Philippe signe le livre d'or du "Tonnerre"

Le "Tonnerre", avec ses 199 mètres de longueur, ses 32 mètres de largeur, sa capacité de 22 000 tonnes et son équipage de 180 personnes, assure un `` prépositionnement opérationnel dans une zone d' intérêt stratégique, et offre au pouvoir politique des moyens d'action très rapides en cas de prise d'otage, d' escalade d'un conflit ( évacuation de ressortissants), de catastrophe humanitaire ou encore d'actes de piraterie.

Le Tonnerre (L9014) est un porte-hélicoptères d'assaut amphibie de la Marine nationale française de la classe Mistral

Cela fait déjà  exactement dix ans que le Bà¢timent de projection et de commandement (BPC) Tonnerre sillone les mers sous les couleurs de la Marine nationale

Samedi soir devant plusieurs centaines de membres de la communauté française de Dubaï, le Premier ministre Edouard Philippe déclare: "Il faut faire en sorte que notre pays soit plus attractif auprès des investisseurs étrangers, et il y a du travail" (...) `` Depuis huit mois, la perception de notre pays a changé. Il faut utiliser ce changement de perception (...) pour accélérer encore », a ajouté le chef de gouvernement qui profite de l'occasion pour expliquer la politique de la France aux expatriés. Depuis huit mois en France, le jeu de ping-pong, droite-gauche a cessé d'exister. Le dégagisme politique prà´né par Jean-Luc Mélenchon, c'est Emmanuel Macron qui a réussi à  l'appliquer sans crier sur le toit.

Le PS (Gauche) est laminé, il doit renaître de ses centres encore fumantes. Quant aux Républicains (Droite) a quand même résisté mais pas sans casse. La France a élu le plus jeune président de la cinquième République: Emmanuel Macron. Le paysage politique a changé. Des acteurs politiques de premier ordre, de droite comme ceux de la gauche ont disparu. Les Français de l'étranger ont droit de savoir. Le chef du gouvernement est dans son rà´le d'expliquer à  ses compatriotes de l'intérieur surtout ceux de l'extérieur sur ce qui se passe en France. La France rayonne aussi grà¢ce à  ses expatriés. Le Français de l'extérieur ont droit de vote, ils ont des députés même s'ils ne vivent plus au pays de Voltaire. Ne pas couper des ponts, l'ambassade de France dans chaque pays joue ce rà´le de rapprochement.

Chaque jour, trois nouveaux Français s'installent à  Dubaï. Le nombre de Français installés dans cet Émirat a doublé en cinq ans. Et ce n'est pas fini : 100 nouveaux ressortissants français s'inscrivent chaque mois au consulat. à€ Dubaï, ils constituent désormais la deuxième population d'origine européenne, après les Britanniques. 75% d'entre eux ont moins de 40 ans. Près de 30 000 Français sont établis aux Emirats, dont 2/3 sont enregistrés à  Dubaï et 1/3 à  Abu Dhabi.

C'est un exercice républicain auquel ne déroge aucun Premier ministre de la République: la rencontre avec la communauté française lors du voyage officiel (VO). Avec l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayraut, à  la Résidence de France à  Buenos Aires en Argentine. Coïncidence ou non, le plus Argentin des Français, David Trezeguet, joueur de River Plate était présent. Au Chili à  Santiago, la Résidence de France est mythique. On apprend que lors lors du coup d'Etat par Augusto Pinochet en 1974: Jean Mendelson, ancien ambassadeur et ancien directeur des Archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères, explique dans note diplomatique le `` Financement du séjour des asilés (sic) à  l`ambassade » ; derrière cet hispanisme, l`ambassade explique au `` Département » (c`est-à -dire au ministère) comment elle a trouvé les fonds indispensables pour nourrir, aider, vêtir, soigner les centaines de militants de gauche qui y avaient cherché et trouvé un asile provisoire, avant d`être accueillis en France. Ces personnes étaient les victimes de la chasse à  l`homme (et à  la femme) lancée par le régime d`Augusto Pinochet contre ceux qui avaient soutenu le gouvernement légal, et légitime, de Salvador Allende.

Avec l'ex-Premier ministre Manuel Valls, à  Accra au Ghana. Après un dépà´t de gerbe au mausolée de Kwame Nkrumah, c'est Bibi, née Béatrice Adjorkor Anyankorla, chanteuse Bibi la franco-Ghanéenne qui chante La Marseillaise. A Saint-Pierre et Miquelon, Manuel Valls, après son discours descend de l'estrade pour s'entretenir avec deux religieuses présentes. L'ancien Premier ministre veut comprendre comment les deux religieuses vivent dans l'archipel français, situé à  25 km au sud de Terre-Neuve, face au Canada, le seul territoire français dans l'Atlantique nord.

Avec l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qui n'est resté à  Matignon que cinq mois, à  Alger en Algérie et à  Tunis en Tunisie, il a rappelé le soutien le lien indéfectible entre les Français de l'Hexagone et ceux qui vivent au Maghreb.

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jeudi 25 janvier 2018

Migrants: Le Premier ministre Edouard Philippe inflexible face aux protestants "Tutoyeurs de Dieu ne se sont jamais tus devant l'Etat" !

Edouard Philippe, Premier ministre

Lors des vœ“ux de la Fédération Protestante de France (FPF), à  la maison du protestantisme, le Premier ministre Edouard Philippe est interpellé sur l'accueil des migrants par le pasteur François Clavairoly, président de la FPF. Très fin, Edouard Philippe use un ton amical et policé. Il souligne que la République aime bien les protestants qui furent, parmi les initiateurs de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cette loi historique de la laïcité qui permet aux Français de croire ou de ne pas croire.

Dans son allocution cultivée et truffé de références à  de vieilles gloires protestantes (et très peu connues) telles que Sébastien Castellion ou Jean de Léry, le Premier ministre salue et loue l```humanisme combatif» des protestants mais ne là¢che rien sur les dossiers qui fà¢chent. La question de l`accueil des migrants est une grosse pomme de discorde entre le gouvernement et la FPF. Cette dernière compte dans ses rangs deux grandes associations la Cimade et l`Entraide protestante très engagées sur le terrain. Avec d`autres, elles bataillent pour le retrait du circulaire Collomb. Dans sa réponse, Edouard Philippe a assuré avoir "bien entendu" l'interpellation des protestants, ces "tutoyeurs de Dieu" qui "ne se sont jamais tus devant l'Etat" et affichent "un esprit critique aiguisé, très aiguisé, et c'est très bien ainsi". Mais il a surtout rappelé les "deux principes" qui guident selon lui l'action de son gouvernement dans l'accueil des migrants: "humanité et efficacité".

"L'humanité, cela veut dire honorer la tradition française de l'asile en accueillant dans les meilleures conditions ceux qui ont besoin de notre protection", a-t-il relevé.

En défense de la "circulaire Collomb", il a redit son souhait de "faire prévaloir dans l'hébergement d'urgence le principe (...) d'accueil inconditionnel, tout en sachant et en assumant qu'il ne s'agit ni d'un accueil indifférencié ni d'un droit au séjour inconditionnel".

Quant à  "l'efficacité", "cela veut dire tout simplement appliquer les décisions prises conformément aux lois de la République: assurer la reconduite effective des étrangers qui se sont vu refuser l'asile" et "offrir à  ceux qui séjournent régulièrement dans notre pays de bien meilleures conditions d'intégration", a fait valoir le Premier ministre.

Les protestants sont très allergiques aux extrêmes. Leur implication dans le débat public a des origines historiques. Les protestants contribuèrent ainsi activement à  la vie politique sous la IIIe République. "Au cours de cette période, ils jouèrent un rà´le bien supérieur à  leur poids numérique", souligne l`historien du protestantisme Jean-Paul Willaime. Plus tard, ils se distinguèrent à  la pointe du combat en faveur de la laïcité puis du cà´té de la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. L`histoire politique de la deuxième moitié du XXe siècle est également marquée par de grandes figures protestantes, de Michel Rocard à  Pierre Joxe, sans oublier Lionel Jospin.

Trois leçons à  retenir:

1. En France, le dialogue est permanent entre le gouvernement, les services de l'Etat et les représentants des églises et confessions religieuses. On s'interpelle parfois de manière ferme, pour améliorer la France, défendre ses valeurs et habitants. Ne pas trop écorner son image surtout à  l'extérieur. La 5è puissance mondiale doit garder son rang. Les protestants sont des électeurs. La majorité d'entre eux ont voté Emmanuel Macron, Président de la République face à  Marine Le Pen du Front National. Le droit est un pouvoir énorme de chaque citoyen Français.

2. Le Premier Edouard Philippe est au service de la France et des Français. Il a beaucoup des pouvoirs, mais il est à  l'écoute des aspirations de citoyens. Il a répondu à  l'interpellation du pasteur François Clavairoly de la Fédération Protestante de France, sans faire recours aux CRS ni bombes lacrymogènes.

3. Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale en République démocratique du Congo, qui a envoyé ses policiers-militaires-mercenaires avec des gaz lacrymogènes pour gazer les fidèles entrain de prier et tirer à  balles réelles, sur des catholiques dans des paroisses puisqu'il est interpellé sur son fin de mandat, use de la barbarie. Dans un pays démocratique la loi est pour tous. On dirige parce qu'on a la légitimité. On abuse pas de la loi de la force contre ses concitoyens sans défense.

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vendredi 22 décembre 2017

Bercy. Edouard Philippe, le Premier ministre a clà´turé les Etats Généraux de l'Alimentation

Bercy, le PM Edouard Philippe, le Ministre des Finances Bruno Le Maire, le Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert

Très attendu, Nicolas Hulot, le ministre de l'Environnement a déclaré forfait. Officiellement pour `` un problème d'agenda » et selon un proche parce qu'il attendait de connaître les arbitrages finaux d'Edouard Philippe. Le Premier ministre a clà´turé les Etats généraux de l'alimentation. La démarche a ouvert plus de chantiers qu'elle n'a pris de mesures nouvelles.

Arrivée du PM Edouard Philippe à  Bercy

Après trois mois d'un travail au pas de charge pour des centaines d'experts et de professionnels chargés de poser les jalons de l'alimentation du futur, les Etats généraux se sont clos ce jeudi à  Paris. La démarche a débouché sur une pluie de projets et deux décisions à  ce stade : l'encadrement des promotions et l'obligation pour les distributeurs de revendre les denrées alimentaires à  un prix supérieur d'au moins 10 % au prix d'achat fournisseur. Des décisions de nature législatives, qui seront expérimentées pendant deux ans pour voir si la distribution et l'industrie agroalimentaire font un effort pour remonter une partie des marges vers les producteurs.

Discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre

Conclusion des Etats généraux de l`alimentation

Centre de conférence Pierre Mendès France, le jeudi 21 décembre 207

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les présidents d`organisations professionnelles,

Mesdames et messieurs,

`` Lorsqu`ils voulaient louer un bon citoyen, les ancêtres lui donnaient les titres de bon agriculteur, de bon fermier : ces expressions étaient pour eux la dernière limite de la louange (…). C`est parmi les cultivateurs que naissent les meilleurs citoyens ». L`éloge n`est pas de moi. Même si bien sà»r je le partage. Il est du premier homme politique que je connaisse qui s`est intéressé à  l`agriculture. Il s`y est tellement intéressé, qu`il a écrit une sorte de traité dans lequel il donne des conseils pour gérer une exploitation. Une exploitation d`oliviers en l`occurrence. Avec quelques ceps de vigne parce qu`il habite près de la Méditerranée. Ce traité, c`est le De Agri Cultura. Cet homme, c`est Caton l`Ancien. Celui qui voulait détruire Carthage. Qui y a d`ailleurs réussi. Pas lui directement, mais par son verbe. Et qui, entre deux harangues, s`adonnait à  l`agriculture. Ce qui me fait dire qu`il a aussi été le premier `` néorural » de l`histoire.

Vous êtes de bons, d`excellents cultivateurs, je n`en doute pas. Et ceux qui dans cette salle, ne le sont pas, sont d`excellents artisans et dirigeants d`entreprises. Quant à  ceux qui ne seraient ni l`un, ni l`autre, ils sont de fins connaisseurs d`une activité dont je ne rappellerais pas ici les dimensions à  la fois stratégique, industrielle et culturelle.

Vous êtes tout cela. Et ces Etats généraux de l`alimentation ont montré que, pour reprendre l`expression de Caton, vous étiez aussi de bons, de très bons citoyens. Certes, vous l`étiez déjà  avant. Mais, en ce mois de juillet 2017 et alors que rien ne vous y obligeait, vous n`avez pas hésité à  dialoguer. à€ échanger. Des idées, des analyses, des désaccords. Vous avez accepté de travailler, de construire ensemble. Dit comme ça, cela semble tout simple. Mais voyez-vous, dialoguer demande du courage. Et croyez-moi, il est bien plus simple de s`invectiver. Plus simple de ne pas chercher à  comprendre. De caricaturer.

Oui, dialoguer demande du courage. Le courage de défendre ses convictions. Celui aussi de reconnaître que la vérité d`hier n`est plus forcément celle d`aujourd`hui. Le courage de rechercher, non des compromis, mais des solutions durables. Et la vie est bien faite. La vie est bien faite car souvent, le courage paye. Il coà»te aussi, surtout au début. Mais il paye. En général à  la fin. Ce que Robert Louis Stevenson, l`auteur de L`île aux trésors, résumait d`une belle métaphore agricole : `` Ne juge pas chaque jour à  la recette que tu fais, mais aux graines que tu sèmes ». Alors on a semé.

Quand le président de la République et moi-même avons imaginé puis lancé ces Etats généraux, nous n`ignorions rien des tensions entre certains d`entre vous. Vous reconnaîtrez qu`il était assez difficile de les ignorer : elles faisaient régulièrement la `` une » des média. Et puis, l`Etat, en général le ministre de l`Agriculture, intervenait, et ça se calmait. Jusqu`à  la prochaine crise. Ce mode de fonctionnement était devenu d`une certaine manière, quasi rituel.

Il n`était pourtant pas le signe d`une organisation qui garantissait, je dirais, la stabilité, la sérénité, la prévisibilité nécessaires à  la conduite d`une activité économique de cette importance.

Oui, il fallait se parler. Il fallait se parler parce qu`on sent que ce modèle, notre modèle agricole, donne de vrais signes d`essoufflement. Il fallait se parler parce que dans certaines exploitations, des agriculteurs préfèrent se donner la mort plutà´t que d`envisager l`avenir. Il fallait se parler parce que les consommateurs, vos clients en somme, expriment de nouvelles demandes. Des demandes qui ne sont pas un effet de mode, mais des tendances de fond. Il fallait se parler parce que les défis qui sont devant nous -je m`inclus dans le lot- ne relèvent pas d`un métier, d`une filière, d`un acteur mais de chacun d`entre nous. Nous avons tous, collectivement, une partie de la réponse.

La réponse à  quoi ? à€ trois défis que vous connaissez bien.

D`abord, faire en sorte que chacun puisse vivre dignement et sereinement du fruit de son travail. à‡a veut dire en finir avec la `` gestion par la crise » pour inventer des solutions pérennes. Des solutions qui fonctionnent dans le cadre de relations commerciales, qui peuvent être dures, mais qui doivent se dérouler entre `` égaux » et aboutir à  une répartition équitable de la valeur.

Deuxième défi : rétablir la confiance.

La confiance entre vous. Alors, la confiance ne se décrète pas, elle se construit. C`est ce que nous avons essayé de faire avec ces Etats généraux. En choisissant des présidents d`ateliers issus de milieux très divers : agriculteurs, distributeurs, O.N.G., experts, élus. En confiant la présidence des ateliers qui ont traité de ces questions de la valeur à  un distributeur (M. Papin) et à  un magistrat (M. Canivet). Au début, ces nominations ont suscité des interrogations, pour ne pas dire plus. Certains et je ne les blà¢me pas, demandaient qu`un `` agriculteur » assure la présidence de ces ateliers stratégiques. On peut les comprendre. Et puis, les ateliers ont travaillé. Les présidents ont présidé. Et aujourd`hui, tout le monde reconnaît que leur travail est de très grande qualité. Enfin, nous avons voulu construire cette confiance en sollicitant les interprofessions agricoles, en métropole et dans les départements et régions d`outre-mer.

Parce que malgré leurs limites, elles sont les seules capables de proposer des contrats ou des plans de filières. Et ce, sans multiplier à  l`infini les lieux de discussion et de décision. Ni Ni faire intervenir le ministre de l`agriculture à  tout bout de champ.

Rétablir aussi la confiance avec les consommateurs. Le hasard a fait que durant ces Etats généraux, nous avons affronté une `` crise sanitaire ». Celle du Fipronil. Qu`a-t-elle montré ?

Eh bien que l`opinion, et c`est normal, a réagi avec vivacité. Avec inquiétude même. Nous étions tous inquiets. Mais cette séquence a aussi montré qu`avec de la transparence, avec de la pédagogie, avec des preuves de traçabilité, la profession a su rassurer et renforcer la confiance du consommateur. Voilà  : les pouvoirs publics, les professionnels ont su gérer ce cas, qui était presque un cas d`école, avec sang-froid, avec rigueur et je dirais, avec psychologie. Un cas qui, il y a quelques années, aurait peut-être pris des proportions bien plus grandes et eut des répercussions bien plus graves sur la filière.

Enfin, troisième défi : répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. Manger mieux, local, sainement, réduire ses apports en protéines animales. Garantir aussi aux producteurs un revenu décent. Mieux connaître la composition des produits. La liste est longue. Elle est foisonnante. Mais elle est surtout très précise. Et assez impérative.

Ces défis ne sont pas des constructions intellectuelles. Il suffit de regarder les conclusions de la consultation que vous avez menée pour s`en convaincre. Je ne sais pas si elle a valeur de sondage. Mais avec 150 000 visites sur le site, 18 000 participants et 163 000 votes, elle donne, je crois, une bonne indication de ce que veulent les consommateurs. Elle confirme les attentes que je viens d`évoquer. Et la nécessité d`y répondre. Or, comme je l`ai dit, cette réponse, nous en détenons tous une partie. Nous en sommes un peu les `` copropriétaires ». Les agriculteurs tout d`abord, en se regroupant pour négocier les prix et les volumes. En adaptant aussi leurs productions, en lien avec leurs débouchés. Ils sont nombreux à  le faire. Je sais que la question du regroupement des agriculteurs et du droit de la concurrence soulève des interrogations récurrentes. Il est difficile d`édicter des règles pouvant s`appliquer a priori à  tous les cas de figure. Cependant, la jurisprudence et le droit européen ont récemment confirmé les possibilités de regroupement des producteurs. Ceux-ci, s`ils le souhaitent, peuvent constituer des organisations de producteurs, des `` O.P. », pour mettre en commun la commercialisation de leur production. L`O.P. peut par exemple négocier les prix et les volumes. Dans le futur cadre législatif que je vais détailler, elle proposera les termes du contrat avec l`acheteur, en particulier sur la détermination des prix et des volumes. Et elle proposera aussi, avec, le cas échéant, l`appui de l`interprofession, des indicateurs pour prendre en compte les coà»ts de production de ses adhérents.

Les industriels et les distributeurs ont une partie de la réponse, en acceptant de mieux rémunérer les producteurs, en investissant et en rénovant le fonctionnement des interprofessions. Là  aussi, je sais que les interprofessions s`interrogent sur le droit de la concurrence. Or, là  aussi, le droit européen a évolué. Par exemple, la réglementation européenne définit et conforte les missions des interprofessions. Il existe également une procédure de consultation préalable de la Commission. Ces possibilités existent. Elles ne sont pas peut-être pas assez connues. Nous les ferons connaître. Nous renforcerons l`information sur ces règles. Et nous diffuserons aussi les bonnes pratiques : celles qu`on constate en France et celles qu`on observe à  l`étranger.

Les consommateurs ont une partie de la réponse. Parce que quand ils décident d`acheter tel produit plutà´t que tel autre, un produit d`ailleurs parfois un peu plus cher, ils contribuent à  modifier l`ensemble du système. Ils l`encouragent. Ils le révolutionnent.

L`ensemble des associations et des O.N.G ont une partie de la réponse. En alertant bien sà»r.

En informant. Mais aussi en aidant, par le dialogue, les consommateurs et les professionnels à  changer.

Et enfin, les pouvoirs publics ont une partie de la réponse. En adaptant la réglementation. En encourageant l`expérimentation et la diffusion des bonnes pratiques. En assurant aussi le suivi des décisions qui sont prises.

Tout le monde a une partie de la réponse. Donc maintenant il faut assembler les pièces du puzzle.

Un des domaines dans lesquels les discussions ont le mieux avancé, est celui de la négociation commerciale. Pour la première fois, tous les représentants de toutes les professions ont signé une charte d`engagements volontaires. Oh, je sais ce qu`on dit des chartes : ça fait bien sur la photo, mais passée l`émotion du moment, les promesses n`engagent plus que ceux y croient.

à‡a a peut-être été le cas dans d`autres domaines et à  d`autres époques, mais celle que vous avez signée est un peu particulière :

D`abord, cette charte, beaucoup la réclamaient depuis longtemps et jusqu`à  présent en vain. Son premier mérite est donc celui d`exister. Ensuite, tout le monde a signé. Les distributeurs bien sà»r. Les producteurs. Mais aussi les acteurs de la coopération agricole, les entreprises de la distribution. Chacun pourra le vérifier dans les dernières pages, celles des signatures : il ne manque personne.

Troisième chose : cette charte n`est pas une succession de concepts généraux qui, à  force de vouloir tout dire, finissent par ne plus rien dire. C`est souvent le défaut des chartes. Celle-ci est extrêmement précise. Très concrète aussi. On y parle de `` construction de prix à  partir de l`amont », `` d`intégration des coà»ts de production des produits agricoles », de `` montée en gamme de l`offre alimentaire ». On y parle surtout des vrais sujets, ceux qui fà¢chaient avant qu`on décide de se parler et qui aujourd`hui, ressemblent de plus en plus à  des objectifs communs : permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, offrir une alimentation saine et sà»re, créer plus de valeur. Pour moi, c`est plus qu`une charte : c`est une stratégie. Une vision de ce que doit être l`avenir du modèle agricole français. De ce qu`il doit proposer pour résister à  la concurrence. Et pour partir à  la conquête des marchés français et internationaux.

Enfin, dernière chose : je le disais tout à  l`heure, la confiance ça se construit. L`avantage de signer une charte d`engagements volontaires dès le début d`un quinquennat, c`est qu`on verra vite qui joue le jeu. Tout le monde, je l`espère. Mais, disons, qu`on saura vite si le climat de confiance existe. S`il est bien réel, s`il est robuste. Si on peut continuer à  construire dessus ou si au contraire, je dirais malheureusement, nous sommes condamnés à  fonctionner par ``oukases » et par `` à -coups ». Je ne le crois pas. Je ne le souhaite pas.

Alors, c`est un test. On m`a dit, lors d`un déplacement en province, que certains auraient déchiré la charte, en parlant d`un document signé à  Paris, sans valeur. Je le dis calmement, chacun doit mesurer les engagements pris vis-à -vis du président de la République et du premier ministre.

Comme j`y attache du prix et que la confiance n`exclut pas le contrà´le, le Gouvernement réunira le groupe de suivi des négociations commerciales en début d`année, pour faire un point précis sur leur déroulement. Nous en tirerons les conséquences sur les contrà´les à  effectuer et sur le contenu des textes en préparation.

Une des choses les plus précieuses des Etats généraux, c`est le constat partagé que la guerre des prix dans la grande distribution détruit de la valeur. De la valeur pour les agriculteurs, pour les PME de l`agroalimentaire. De la valeur aussi pour le commerce, la distribution et les consommateurs, privés du développement de nouveaux produits et de l`innovation. La création et la répartition de valeur vont de pair, c`est ce qui vous a guidé dans ces Etats généraux, nous y veillerons pour la suite.

Ainsi, plusieurs filières proposent de se réorganiser à  la suite des Etats généraux, pour rassembler l`ensemble des opérateurs économiques dans les interprofessions, comme l`interprofession laitière qui intègre la grande distribution. Dans le lait, les viandes, elles prennent l`engagement de développer la contractualisation, les organisations de producteurs et de nouveaux indicateurs pour mieux prendre en compte les coà»ts de production agricole. Cela s`accompagne d`objectifs précis de développement de nouveaux produits répondant aux attentes des marchés. Je salue ces propositions. Je souhaite que leur mise en œ“uvre démarre au plus vite en 2018. Le Gouvernement vous accompagnera en adaptant la loi sur les négociations commerciales, j`y reviendrai. Nous voulons pouvoir adopter la loi en constatant que de réels progrès ont été accomplis dans les filières, en matière de contractualisation, d`indicateurs et de regroupement des producteurs. Concrètement, ça veut dire que dès cette année, les nouveaux contrats de filières, par exemple ceux des filières du lait, de la viande ou des œ“ufs, mettront l`accent sur une meilleure répartition de la valeur, sur le bio, sur la qualité, sur le bien-être animal. Sur tous ces sujets qui se trouvent désormais au cœ“ur des attentes des consommateurs. Alors, évidemment, vos discussions n`ont pas porté que sur ça. D`autres engagements ont été pris.

Je pense à  ceux des industries de l`alimentaire sur la composition des produits et sur l`accès à  l`information, en particulier grà¢ce au numérique. Là  encore, cela se traduira à  terme, pour le consommateur, par des choses très concrètes. Comme quoi ? Comme la possibilité de savoir, grà¢ce à  son smartphone, quels sont les ingrédients qui composent le produit qu`on veut acheter, de quelle région il provient, quel est le nom de l`exploitant. Il faudra peut-être compter un peu plus de temps pour faire ses courses. Mais on ne perdra pas son temps. Parce qu`on va apprendre plein de choses intéressantes. On apprendra surtout à  faire un choix raisonné, responsable. On pourra ainsi voter un peu tous les jours pour le modèle agricole de notre choix. Et quelque chose me dit que ce modèle sera un modèle plus juste, plus responsable, plus local, plus respectueux de l`environnement et de la santé.

C`est un bel acquis. Un acquis qu`il faut faire fructifier. Vous avez pris vos responsabilités. L`Etat prendra les siennes.

Nous déposerons un projet de loi au début de cette année, après avoir sollicité l`avis du Conseil d`Etat. L`idée est bien de remettre totalement à  plat les règles du jeu. En particulier celles qui sont `` faussées ». Non pour soutenir des activités de manière artificielle, ce qui n`est rendre service à  personne. Mais pour garantir des conditions de marché justes, efficaces, saines.

En ce qui concerne les relations commerciales d`abord :

Nous proposons d`habiliter le Gouvernement à  relever le seuil de revente à  perte de 10% et à  encadrer les promotions à  titre expérimental, pour une durée de deux ans. Quel est l`objectif du relèvement du seuil de revente à  perte ? Il est d`essayer de rééquilibrer les relations commerciales au profit du revenu des agriculteurs. En clair, on modifie un peu les termes de l`équation qui sert de base au calcul des péréquations des distributeurs entre les produits qu`ils vendent à  un prix plancher et les autres. Le tout dans un sens plus favorable au producteur. Et puis, nous voulons encadrer en valeur et en volume les promotions de produits alimentaires. Alors, évidemment, il ne s`agit pas d`interdire les promotions. Elles sont un argument de vente important pour les enseignes. Les Français veulent en profiter et c`est bien normal. Mais ces promotions ne peuvent pas se faire au détriment du producteur. Ni conduire un exploitant ou chef de TPE au bord de la faillite. D`où cet encadrement, qui permet à  la fois de maintenir l`existence de promotions, de belles promotions, mais dans de justes proportions.

Celles d`une politique commerciale que je qualifierais de normale ou de classique. Ces mesures seront mises en œ“uvre en 2018, en tenant compte de l`avancement des plans de filières. Nous évaluerons leurs conséquences durant deux ans, sur les agriculteurs, les entreprises de l`agroalimentaire, en particulier les PME et sur le développement de nouveaux produits. à‡a sera assez facile de vérifier si ça fonctionne ou pas. Et nous attendons que chacun se saisisse de ces nouvelles dispositions dans le domaine de la contractualisation et des opportunités qu`elles ouvrent de développement sur les marchés.

Deuxième sujet : la réforme des règles de contractualisation entre agriculteurs et transformateurs d`un cà´té et entre fournisseurs et grande distribution de l`autre.

D`abord, on va inverser la logique traditionnelle : désormais, ce seront les producteurs et leurs OP qui proposeront les termes du contrat. Et cette proposition prendra en compte les coà»ts de production des agriculteurs, avec l`appui notamment des interprofessions.

Nous faciliterons également la renégociation des prix en cas de volatilité. Le prix des matières premières et celui de l`énergie. Le sujet est complexe. Je me garderai bien de l`aborder ici dans toute sa technicité. Je dirais juste que pour les Français, ça veut dire qu`on va essayer de ne pas revivre l`épisode, assez incompréhensible, que nous avons connu avec le beurre. Je ne sais pas pour vous, mais je n`imaginais pas qu`en France, en 2017, on pouvait connaître une pénurie de beurre. Je ne dis pas ça seulement parce que je suis Normand. Mais parce que ça fait désordre. Et que c`est très difficile à  expliquer à  des Français qui entendent par ailleurs que des producteurs de lait ont du mal à  joindre les deux bouts. Aucun autre pays d`Europe n`a connu cette situation. Raison de plus pour modifier les comportements de chacun. N`en déplaise à  ceux qui pensent que c`est impossible. Je suis désolé : tous nos voisins nous montrent que c`est possible.

Nous lutterons enfin contre les prix `` abusivement bas ». Quelle est l`idée ? Elle est de dissuader les acheteurs d`acquérir des produits agricoles ou alimentaires à  un prix qui n`en reflète pas la valeur. La valeur de production j`entends. Et donc à  un prix qui ne permet pas à  la filière `` amont » d`en tirer un revenu équitable, indépendamment d`ailleurs des situations de crise. C`est un sujet absolument crucial pour ramener un peu de dignité, un peu de respect aussi dans certaines relations commerciales- pas toutes-, qui commençaient à  en manquer cruellement.

Un mot peut-être au sujet de trois autres chantiers qui ont nourri vos travaux. Et qui connaîtront aussi une traduction législative. Je me contente de les évoquer rapidement. Le temps file. Je ne voudrai pas abuser de votre patience. Surtout à  quelques jours de Noà«l. Ces chantiers, quels sont-ils ?

Le premier concerne le bio. Le président de la République l`a dit. Nous inscrirons dans la loi, l`objectif de 50% de produits bio, locaux ou écologiques dans la restauration collective d`ici la fin du quinquennat. Cet objectif il faut bien sà»r l`atteindre. En cela, il est un but en soi. Mais il est aussi un moyen. Celui de permettre au plus grand nombre d`accéder à  des produits de qualité et de vous encourager à  investir, en vous garantissant des débouchés.

D`ici le salon de l`agriculture, nous élaborerons un nouveau programme en faveur du développement de l`agriculture biologique. Le Gouvernement est prêt à  reprendre à  son compte l`objectif de 15 % de surface agricole utile française en 2022, contre 6% aujourd`hui. C`est un effort considérable.

Mais avant de le confirmer, je voudrais que la concertation qui s`ouvre nous permette de bien déterminer les moyens d`y parvenir. à‡a implique d`anticiper et de préparer les arbitrages nécessaires pour ne pas reproduire la situation de cet été. Chacun s`en souvient : nous avons dà» modifier la répartition des aides de la PAC pour garantir les aides aux zones défavorisées, au bio, à  l`assurance récolte jusqu`à  la fin de la période de programmation. Nous avons dà» le faire alors que les risques de dérapage budgétaire étaient connus depuis longtemps, sans que les mesures de régulation nécessaires aient été mises en œ“uvre.

Je souhaite donc que l`on évalue dès maintenant les risques de dérapage budgétaire pour éviter les mauvaises surprises : le montant des aides prioritaires, leur financement par l`Etat, les Régions, les Agences de l`Eau, le fonds européen FEADER, la contribution des filières et des consommateurs au développement du secteur et au financement de l`agriculture biologique. Tous ces éléments doivent être évalués, analysés finement pour construire la trajectoire qui nous permettra d`atteindre l`objectif de 15%.

Le deuxième chantier est celui de la lutte contre le gaspillage alimentaire qui est un scandale social et un non-sens écologique. Les ateliers des Etats généraux ont discuté de l`instauration d`un `` doggy-bag » dans les restaurants. Le débat doit se poursuivre et prospérer sur cette question. D`ores et déjà , nous encouragerons davantage les dons, en intégrant cet enjeu à  la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises.

Je parlais de respect et de dignité tout à  l`heure. La lutte contre le gaspillage, c`est le respect et la dignité qu`une société se doit à  elle même. Et en particulier à  ses membres les plus fragiles.

Enfin, nous renforcerons les sanctions pour non-respect des règles de bien-être animal. Nous passerons ainsi de 6 mois d`emprisonnement et 7 500 euros d`amende à  1 an et 15 000 euros d`amende. Les O.N.G pourront également se porter partie civile en cas de procédure à  la suite de mauvais traitements, au titre du Code rural et de la pêche maritime - c`est déjà  le cas au titre du Code pénal. Au-delà  des questions philosophiques - importantes- sur le rapport entre l`homme et l`animal - il s`agit d`abord de faire respecter la loi.

Avant de conclure, je voudrais revenir, là  aussi très brièvement parce qu`on en a déjà  beaucoup parlé, sur la question du glyphosate. Je n`en retrace pas la genèse. Vous la connaissez. Vous savez que le Gouvernement s`est engagé à  rendre public, d`ici la fin de l`année, des propositions pour limiter l`usage des pesticides et sortir du glyphosate dans un délai de 3 ans, comme l`a demandé le président de la République.

Les propositions du Gouvernement s`appuient, pour une large part, sur les recommandations de la mission menée de manière conjointe par trois corps d`inspection. Elles s`appuient aussi sur un rapport de l`INRA.

Je précise que ces réflexions sont publiques. On ne cache rien. On dit et on montre tout. Parce que ce sont des questions complexes. Parce que les Français doivent avoir un maximum d`informations, ce qui implique aussi d`assumer nos questionnements, nos doutes. Parce qu`il ne s`agit pas de changer seulement une méthode de culture, mais parfois toute une filière. Et ça, ça se prépare, ça s`organise, ça s`accompagne. Surtout quand les filières concernées sont exposées à  la concurrence internationale et craignent des distorsions de concurrence, comme c`est le cas dans les grandes cultures.

Nous voulons agir à  la fois au niveau européen et national pour relever trois défis ou atteindre trois objectifs, dans un cadre européen :

D`abord : exclure et substituer les molécules et les produits les plus dangereux. Je sais que c`est difficile. Mais rien n`a été obtenu dans ce domaine sans objectif ambitieux. Vous le savez, cette démarche est déjà  engagée depuis 2009 an niveau de l`Union Européenne.

Certaines substances ont d`ores et déjà  vocation à  être exclues du marché européen. La France se mobilisera pour s`en assurer et pour améliorer le cadre européen relatif à  la substitution. Le Gouvernement saisira l`ANSES sur la base des recommandations du rapport des trois inspections.

Deuxième objectif : renforcer les actions de recherche et évaluer les substances dont l`exclusion ou la substitution ne sont pas prévues. Le glyphosate entre dans cette catégorie.

Une expertise collective sera lancée par l`INSERM dès 2018. L`ANSES élaborera le cahier des charges des études complémentaires à  mener sur la dangerosité du glyphosate.

Enfin, et c`est peut-être le plus important, nous voulons aider les filières agricoles à  développer des alternatives, en particulier au glyphosate, pour être en mesure d`en sortir d`ici 3 ans. Nous nous engagerons résolument dans cette voie, en mobilisant les leviers de la recherche et du développement dans le domaine agricole. Je suis absolument convaincu de la mobilisation des agriculteurs. Je sais qu`il existe des exemples de bonnes pratiques, et des propositions pour aller dans ce sens, en prenant appui sur les engagements volontaires.

Je sais aussi qu`il faut être capable d`accompagner, d`encourager ces démarches volontaires grà¢ce à  des évolutions ou à  des adaptations réglementaires. C`est pourquoi :

Nous séparerons, conformément à  l`engagement du Président de la République, les activités de conseil et de vente de pesticides. Une habilitation du Gouvernement à  légiférer sur ce sujet est proposée.

Nous modifierons la redevance pour pollutions diffuses pour tenir compte de la dangerosité des produits et financer l`accompagnement des agriculteurs et les actions que je viens d`évoquer dans le cadre du programme Ecophyto ;

L`ensemble des propositions du Gouvernement seront soumises à  concertation avec les parties prenantes afin de finaliser notre plan d`actions avant la fin du premier trimestre 2018. Elles seront rendues publiques tout prochainement.

Enfin, j`ai demandé aux ministres de l`agriculture, de la transition écologique et de la santé, de revoir les programmes nationaux sur l`alimentation, la nutrition, la santé, l`environnement, la précarité alimentaire à  la lumière de vos recommandations, pour la fin du premier semestre 2018.

Il s`agira de promouvoir une alimentation saine et durable, grà¢ce à  l`amélioration de l`information des consommateurs :

en adaptant les repères nutritionnels qui sont aujourd`hui fixés pour des aliments bruts quand 50 %des aliments sont transformés ;

en améliorant progressivement l`étiquetage nutritionnel simplifié (Nutriscore) dont l`expérimentation vient d`être lancée ;

en révisant la charte alimentaire du CSA pour renforcer son contenu sur les comportements alimentaires et prendre en compte les différents supports.

Nous tiendrons compte, là  aussi, des engagements volontaires des opérateurs pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits, pour participer aux actions de prévention et d`information des consommateurs.

Nous renforcerons aussi la surveillance pour identifier et évaluer les risques dans le domaine alimentaire, en tirant les leçons des épisodes de crise récents.

Je terminerai en revenant sur un point, celui de l`attractivité des métiers de vos filières. Vous avez proposé de nombreuses actions pour améliorer l`image, la formation, les diplà´mes. Je connais aussi vos attentes au sujet du renouvellement des générations, de la transmission des entreprises, en particulier dans l`agriculture. Nous poursuivrons ces chantiers en 2018. Mais d`ores et déjà , ces Etats généraux ont permis, je crois, d`adresser un vrai signal.

Je sais que beaucoup d`autres mesures ont été discutées durant votre journée, sur les aspects internationaux et la priorité à  l`agro-écologie dans l`action de la France, sur l`accompagnement des entreprises à  l`exportation et la mise en place d`une ``marque France», sur la future politique agricole commune, sur les priorités pour le grand plan d`investissement, sur la recherche-développement, le conseil agricole.

Toutes ces propositions, ces actions seront précisées, ajustées et mises en œ“uvre en 2018. Cette fois, j`ai vraiment été trop long ! Heureusement, nous allons continuer de nous voir et d`échanger. Nous aurons deux rendez-vous pour suivre l`avancement de ces chantiers : le Salon international de l`agriculture et la fin du premier semestre 2018. Ces Etats généraux ne sont évidemment pas un aboutissement, mais un commencement. `` Ce qui sauve, écrivait un jour Antoine de Saint-Exupéry, c`est de faire un pas. Encore un pas ».

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mercredi 22 novembre 2017

Congrès des Maires: Edouard Philippe fait de la pédagogie avant Emmanuel Macron !

Arrivée du PM Edouard Philipp au Congrès des Maires

Édouard Philippe a tenté d'apaiser la colère des maires de France réunis pour leur 100e congrès en leur expliquant la politique de réduction des déficits publics engagée par le gouvernement. Le premier ministre a surtout cherché à  faire de la pédagogie et à  tenter de rassurer les maires. Il a évoqué, un à  un, les sujets qui fà¢chent. Edouard Philippe a laissé le soin à  Emmanuel Macron de faire les principales annonces, alors que la grogne des élus locaux a marqué le début du quinquennat Macron

Discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre

Congrès des Maires de France Porte de Versailles, mardi 21 novembre 2017

Mesdames et messieurs les ministres,

Monsieur le président, cher François BAROIN,

Monsieur le vice-président, cher André LAIGNEL,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les maires,

Chers élus,

Si j`étais, non pas sur cette estrade, mais, comme l`an passé, assis à  votre place, peut-être ferais-je partie de ceux d`entre vous qui sont aujourd`hui inquiets. Parce que je lirais tous les jours des articles de presse ou des commentaires plus alarmants les uns que les autres. Parce que je me dirais qu`il n`y a pas de fumée sans feu et qu`il y a peut-être un loup quelque part. Peut-être même, instruit par l`expérience, aurais-je un a priori de défiance à  l`égard d`un Premier ministre qui, c`est fatal, serait frappé d`amnésie dès sa nomination, et oublierait nécessairement d`où il vient, ce à  quoi il croit et ce qu`il a vécu lorsqu`il exerçait le plus noble des mandats. Peut-être.

Mais peut-être aussi, compte tenu de l`importance des enjeux, aurais-je souhaité pouvoir échanger avec lui et entendre, de sa bouche, ce qu`il a à  dire, pour autant qu`il le dise clairement.

à‡a tombe bien. Je veux vous parler clairement. Directement, et clairement. Jeudi, le Président de la République vous exposera sa vision de la relation entre l`Etat et les collectivités territoriales, une vision moderne, responsabilisante. Aujourd`hui, je veux évoquer devant vous les sujets qui ont pu s`imposer dans le débat, depuis quelques mois, pour mieux nous tourner, ensemble, vers l`avenir.

Commençons par les sujets financiers, qui ne sont pas toujours les plus simples. Comme moi, vous vous souvenez certainement de vos premiers jours de maire. Ce sont des jours qu`on n`oublie pas. Vous venez d`être élu, et vous découvrez la situation de votre commune. Vous devez prendre les choses en main, gérer votre budget pour l`année en cours, et préparer l`année qui vient. Eh bien c`est exactement ce qui m`est arrivé au mois de mai dernier. A ceci près que ce n`était pas le budget d`une commune, mais celui de la France toute entière. Je ne vous dirais pas qu`avant d`être nommé, j`étais optimiste sur la situation de nos finances publiques, mais enfin, je ne pensais pas non plus que le mal était si profond.

Imaginez que, dans votre département, parmi les communes comparables, seules deux sur 28 voient leur budget transmis à  la chambre régionale des comptes. Qu`une de ces deux communes soit la và´tre. Et en plus, imaginez qu`on vous menace de sanctions. Je suppose que vous essayeriez de redresser la situation, tout en sachant que vous n`allez pas vous faire que des amis. Vous et moi nous savons que notre mission consiste bien plus souvent à  dire non qu`à  dire oui.

Sous l`autorité du Président de la République, avec l`ensemble du gouvernement, nous avons cherché, je ne dis pas, les meilleures solutions, il n`y en a jamais dans ces cas-là , mais enfin, les moins mauvaises possibles, pour finir l`année. Au même titre que les autres acteurs de la dépense publique, les collectivités locales ont donc été mises à  contribution. A notre arrivée et à  très court terme pour 2017, nous avons donc dà» prendre des décisions rigoureuses et trouver environ 4 milliards d`euros pour respecter notre objectif de déficit et passer sous la barre des 3%.

Sur ces 4 milliards d`efforts, auxquels tous les Ministères sans exception ont contribué, y compris nos Armées, nous avons dà» annuler 300 millions d`euros de crédits pour les collectivités. Il s`agissait de crédits gelés, non encore engagés. Certains de vos projets ont donc pu connaître des retards, et croyez que si j`avais pu l`éviter, je l`aurais fait, car je sais le temps et l`énergie que demande chacun d`entre eux. Mais aucun d`entre eux n`est compromis.

Nous avons eu un peu plus de temps pour bà¢tir le budget 2018. Dans un contexte très difficile,nous avons pris en ce qui vous concerne des décisions que je crois équilibrées. Tout d`abord, à  la différence de nos prédécesseurs, à  la différence de ce qu`annonçaient la plupart des forces politiques pendant la campagne, nous avons pris la décision de ne pas baisser les dotations.

Nous avons maintenu le niveau de la DGF, qui avait connu une baisse constante depuis 2013. Parallèlement, nous avons choisi de pérenniser les dotations de soutien à  l`investissement local qui avaient quasiment triplé sur les deux dernières années de la précédente mandature, pour amortir l`effet de la baisse de la DGF. Vous allez donc conserver cette hausse pour les 5 prochaines années. Au total, ces dotations mobiliseront 1,8 milliards d`euros, c`est-à -dire précisément le même montant qu`en 2016.

Nous avons en effet décidé de maintenir la dotation d`équilibre des territoires ruraux (DETR) au niveau exceptionnel auquel le précédent Gouvernement l`avait portée, c`est-à -dire à  1 milliard d`euros. Comme vous le savez, les catégories d`opérations prioritaires de la DETR sont définies au niveau local par une commission d`élus. Je ne crois donc pas que l`on puisse décemment considérer la DETR comme une arme de recentralisation massive.

Même chose pour la dotation exceptionnelle de soutien à  l`investissement local (DSIL), créée en 2016 à  hauteur de 800 M€. Elle était vouée à  disparaître, mais nous avons choisi de la maintenir en 2018 à  hauteur de 665 M€, au point même de l`inscrire dans le Code général des collectivités territoriales.

Parce que le président de la République a été élu sur un mandat clair de transformation, nous avons décidé, avec Gérard COLLOMB, d`orienter cette dotation autour de plusieurs politiques publiques prioritaires pour transformer nos territoires : la rénovation thermique des bà¢timents publics, le développement des énergies renouvelables, le dédoublement des classes, le soutien aux projets d`investissement dans les mobilités ou la construction de logements, le développement du numérique et de la téléphonie mobile, les contrats de ruralité. Je crois que nous pourrons être d`accord pour dire que ces priorités ne sont pas uniquement celles du Gouvernement et qu`elles recoupent les và´tres.

Enfin, nous avons dà» construire le cadre budgétaire du quinquennat qui s`ouvre. En matière de gestion de nos finances publiques, je vous le disais à  l`instant : nous sommes en passe de devenir les derniers de la classe au niveau européen. Je pense à  titre personnel que c`est grave, pour notre influence dans le monde et pour le bien de nos enfants. Je sais - et François BAROIN l`a rappelé à  plusieurs reprises - que vous êtes également parfaitement conscients de la situation, et que vous comprenez qu`on ne peut laisser les choses en l`état. Et pour baisser cet endettement, nous pensons qu`il vaut mieux essayer de maîtriser le poids de la dépense publique plutà´t que d`augmenter encore et toujours les impà´ts. Partant de là , il faut bien voir que l`Etat, les collectivités et la sécurité sociale ne sont pas trois acteurs distincts de la dépense publique, mais bien un seul compte pour l`ensemble `` de la Nation France ». Parce que chacun doit assumer sa part de l`effort collectif, le Gouvernement a donc pris deux décisions :

D 'abord, nous avons décidé de fixer un objectif d`économies pour les collectivités territoriales : nous voulons limiter la hausse des dépenses locales. Nous ne demandons pas qu`elles diminuent, contrairement à  ce que j`ai entendu ici où là . Nous souhaitons qu`elles augmentent à  un rythme soutenable. Les fameux 13 milliards, ce ne sont pas des baisses de dépenses, c`est une moindre augmentation des dépenses de fonctionnement par rapport au tendanciel - c`est-à -dire l`évolution spontanée des dépenses. Ce n`est pas tout à  fait la même chose.

Cette hausse sera encadrée par un taux fixé par la loi à  +1,2% en moyenne par an sur la mandature. A l`échelle du pays, cela veut dire que les budgets des collectivités vont continuer de progresser de 2 milliards d`euros. C`est un effort très important. Il est inférieur à  la part des dépenses des collectivités territoriales dans la dépense publique, précisément parce que nous avons voulu tenir compte des efforts qui ont déjà  été faits. Je ne dirai jamais que c`est facile, car rien ne l`est, mais je crois, en conscience, que c`est raisonnable et réaliste. Parce que je sais que beaucoup de collectivités ont déjà  fait d`importants efforts. Je l`ai moi-même vécu au Havre.

D`ailleurs, en 2015, si les dépenses de fonctionnement des communes et des intercommunalités ont augmenté d`1,4% en moyenne, en 2016 elles ont légèrement baissé (- 0,2 % soit 300 millions d`euros). C`est la preuve que ce que nous proposons est réaliste. La proposition que vous fait le Gouvernement, c`est donc de discuter d`une hausse maîtrisée. C`est quand même autre chose qu`une baisse nette. Deuxième décision, ne pas diminuer les dotations. Je vous accorde que ça aurait été plus facile. D`une certaine manière, mes prédécesseurs vous y ont habitués. C`est automatique, c`est brutal et, c`est redoutablement efficace…. Eh bien non. Notre méthode à  nous, c`est le contrat. Ce contrat sera conclu avec les plus grandes collectivités qui représentent jusqu`à  trois quarts de la dépense locale. Parce que nous voulons faire le pari d`une nouvelle relation entre l`Etat et les collectivités territoriales, une relation fondée sur la confiance, et plus respectueuse de vos choix de gestion locaux.

Alors, une nouvelle méthode suscite forcément des inquiétudes. C`est normal. Mais je vous rassure : nous n`avons pas conçu ce dispositif seuls dans notre coin. Pour nous aider dans cet exercice inédit pour l`Etat, nous avons missionné un groupe présidé par Alain RICHARD, ancien Ministre et sénateur du Val d`Oise et Dominique BUR, ancien préfet de région, auquel trois élus locaux ont participé : Alain LAMBERT, qui était à  l`origine même de cette idée des contrats il y a quelques années avec Martin MALVY, Olivier DUSSOPT, député de l`Ardèche, et Jean-Luc WARSMANN, député des Ardennes. Vendredi dernier, la mission m`a remis ses propositions. Elles sont le fruit de nombreuses auditions, et j`en profite pour remercier toutes les associations d`élus de leurs contributions. Nous sommes maintenant dans le temps de la concertation en vue de nourrir les textes législatifs à  la mi-décembre, et de disposer dès 2018 d`une base juridique pour ces contrats. Le Sénat a voté l`article qui préfigure cette contractualisation et je le sais si attaché aux libertés locales, que j`en suis rassuré sur le fait que ce que nous proposons va dans le bon sens.

Pour choisir les collectivités concernées par le contrat, nous retiendrons soit un critère démographique, recouvrant environ 320 collectivités, soit, suivant la recommandation de la mission sur les finances locales, un critère budgétaire, pour les collectivités dont les dépenses dépassent 30 millions d`euros, ce qui représente environ 600 collectivités (moins de 400 communes et moins de 200 EPCI).

Cela veut dire qu`en tout état de cause, dans votre immense majorité, vous n`êtes pas concernés par ce mécanisme contractuel. Je voudrais insister sur ce point et lever un malentendu : pour 35 500 communes, leur seule obligation sera de délibérer au moment du débat d`orientation budgétaire sur leurs objectifs en matière de dépense locale, de dépenses de fonctionnement et de réduction du besoin de financement. Parce que nous avons confiance en la capacité des maires des petites villes et des maires ruraux à  gérer leur budget et à  tenir cet objectif de maîtrise des dépenses.

S`agissant maintenant des 3 ou 400 collectivités concernées par ce contrat, qu`est-il prévu ? Nous réfléchissons à  un dispositif où, de la même manière que vous discutez avec le préfet et ses équipes sur les contrats de ville, les contrats de ruralité, les contrats de bassin, etc., vous discuteriez avec lui de votre projet de contrat, sur la base du fameux taux de +1,2% d`augmentation dont je vous parlais, et avec des marges d`adaptation. Des marges qui pourraient par exemple prendre en compte :

- La croissance démographique du territoire, avec un mécanisme d`appui aux maires bà¢tisseurs ;

- La composition démographique qui impacte vos charges ;

- Les efforts accomplis, ou non, dans le passé ;

- Ou encore la situation socioéconomique du territoire, en prenant par exemple en compte l`indice de pauvreté et la proportion d`habitants de la commune en quartier politique de la ville.

Enfin, je voudrais aller au bout, parce que si je n`étais pas parfaitement clair vous pourriez, plus tard, m`en faire le reproche. Que se passera-t-il si ce contrat de modération de la dépense ne fonctionne pas, concrètement si les 1,2 % d`augmentation ne sont pas respectés, si les objectifs d`endettement ne sont pas tenus ? Alors, il faudra que nous en tirions les conséquences, et, sans doute dans le projet de loi de finances pour 2020, le temps de faire en 2019 les comptes de 2018, il faudra envisager de revenir aux `` vieilles méthodes ». Proposer au Parlement une nouvelle contribution au redressement des finances publiques, dont seules seraient exonérées les collectivités qui auraient respecté leur contrat. Franchement, je souhaite que nous l`évitions. Je pense que nous pouvons l`éviter. Sinon, je ne serais pas là , devant vous, pour vous proposer ce pacte.

Vous voyez que, contrairement à  ce qui a pu être dit ça et là , nous ne sommes en aucun cas dans une logique de recentralisation. Car enfin, depuis quand le contrat est-il acte centralisateur ? Le contrat a été au cœ“ur de la décentralisation depuis ses débuts. Nous n`allons pas demander aux préfets de vous convoquer pour contrà´ler vos budgets ligne à  ligne… Evitons les caricatures. Et parlons-nous.

J`entends dire que cela mettrait en cause l`investissement local. Là  encore, soyons clairs. Notre objectif, c`est de vous aider à  améliorer votre capacité d`autofinancement, et à  maîtriser ainsi votre besoin de financement. Car l`investissement local est indispensable au développement économique dans les territoires. Je sais que beaucoup de collectivités sont déjà  globalement bien gérées et peu endettées, mais je vous le dis : notre pays, nos enfants, ont besoin que l`on fasse collectivement encore mieux.

Voilà  pour ce qui concerne le pacte financier que nous vous proposons. Je sais que certains d`entre vous nous objectent que vous n`avez pas la main sur tous les paramètres qui conditionnent l`évolution de vos dépenses. C`est une réalité. Parlons-en.

Entre les transferts de compétences, les normes qui vous sont imposées, les décisions sur le point d`indice ou les autres curseurs qui jouent sur les dépenses de personnel, vous me direz que les paramètres qui vous échappent sont nombreux. Je le sais mieux que quiconque, j`ai été à  votre place et, encore une fois, je sais que c`est très étonnant, mais figurez-vous qu`être Premier ministre ne rend pas totalement amnésique… Je veux, nous voulons avec le Président, avec le ministre de l`Intérieur, avancer au cours des prochains mois, sur ces sujets avec les associations d`élus et les parlementaires. Nous avons déjà  commencé à  traiter certaines questions.

Sur les normes, nous avons pris des décisions que le Président de la République vous exposera jeudi.

Sur la question de la maîtrise de la masse salariale, de la même manière, regardons-les faits. Par exemple, nous avons décidé dès notre arrivée le rétablissement du jour de carence qui vous permettra d`obtenir rapidement de meilleurs résultats sur l`absentéisme.

Concernant la hausse de la CSG : nous allons la compenser intégralement à  l`échelle de la fonction publique territoriale et hospitalière. [Certains affirment que la compensation n`est pas intégrale au niveau de chaque collectivité. Là  encore, revenons-en aux faits. Quels sont-ils ?

- Au niveau individuel, l`Etat ne dispose pas d`un système d`information intégré avec la répartition, commune par commune, des effectifs des collectivités. Il se peut donc qu`il y ait des écarts à  la marge. Aussi avons-nous demandé aux associations d`élus de nous éclairer à  ce sujet. Nous attendons leur retour.

- En revanche, ce qui est certain, c`est que de manière consolidée sur la France entière, la compensation du montant de la CSG est bien intégrale grà¢ce à  des baisses de cotisations patronales d`un montant total de 530 M€.]

Enfin, je ne serais pas complet si je ne vous disais pas quelques mots de la taxe d`habitation. Le Président de la République vous en parlera plus longuement. Vous savez que nous avons fait le choix d`exonérer progressivement, sur trois ans, 80 % des contribuables assujettis à  cet impà´t. Cela prendra la forme d`un dégrèvement, qui préservera vos ressources et votre pouvoir de fixation des taux. Mais cela n`épuise évidemment pas le sujet de cet impà´t et, plus généralement, de la fiscalité locale dont chacun connaît l`imperfection et même l`obsolescence. L`horizon de temps qu`ouvre cette réforme doit nous permettre, ensemble, éclairés par les travaux de la mission Richard-Bur et par ceux du comité des finances locales, de réfléchir avec vous à  une nouvelle fiscalité locale, juste, équitable, et qui préserve le principe de libre administration des collectivités.

Voici ce que je souhaitais vous dire sur les sujets financiers, le nerf de la guerre. Mais je sais que d`autres décisions de mon Gouvernement méritent quelques précisions. Je pense notamment aux contrats aidés.

Parlons-nous franchement : à  quoi ont-ils servi, depuis qu`ils existent. D`abord à  faire baisser les chiffres du chà´mage, et, comme par hasard, surtout avant les élections. Dire cela, ce n`est pas faire de reproche à  tel ou tel d`entre vous : je sais parfaitement que vous avez été encouragés à  y recourir ; je sais aussi que ces contrats ont permis d`accompagner, dans vos communes, des personnes éloignées de l`emploi ; et personne ne me fera dire que les tà¢ches qui leur ont été confiées étaient inutiles ou superflues. Mais nous connaissons aussi la réalité. La réalité, c`est que les contrats aidés ne sont pas une solution satisfaisante, ni pour résoudre le problème du chà´mage de masse, ni pour faire fonctionner les services publics de nos territoires : nous connaissons tous les limites des cautères posées sur des jambes de bois. Je me souviens d`ailleurs que certains candidats à  l`élection présidentielle proposaient leur suppression complète ; je me souviens aussi des très vives critiques émises il y a un an par la commission des finances du Sénat, qui accusait le Gouvernement de l`époque de, je cite, `` faire de la cavalerie budgétaire pour tenter de maîtriser les chiffres du chà´mage ». Alors, est-ce que nous pouvions continuer comme cela, faire comme si de rien n`était ?

Lorsque nous avons pris nos fonctions en mai, avec Muriel Pénicaud, nous avons découvert que le précédent gouvernement avait budgété 280 000 contrats aidés pour l`année 2017, contre 459 000 en 2016, soit une baisse de 40%. Cela faisait un bien beau budget… Le problème, c`est que deux tiers de ces contrats aidés avaient été consommés dès le premier semestre, et qu`on s`acheminait donc, non vers une baisse de 40%, mais vers une hausse de 30%... Pour faire face à  l`urgence, nous avons dà» remédier à  cette situation, en rajoutant des contrats, environ 40 000, pour porter l`effort global à  320 000. Ensuite, nous avons défini des secteurs prioritaires :

- L`éducation nationale, en particulier l`accompagnement des élèves en situation de handicap pour lequel 50 000 contrats ont été réservés ;

- L`urgence sanitaire et sociale ;

- Les territoires ruraux ;

- Les quartiers en politique de la ville qui ont toujours bénéficié de 13% des contrats aidés ;

- L`outre-mer, avec près de 12 000 contrats au second semestre. Nous avons également décidé de donner aux préfets la souplesse de gestion nécessaire pour traiter les situations les plus sensibles au moment de la rentrée scolaire. Tout n`a pas été parfait, et j`ai bien conscience que nombre d`entre vous ont eu à  gérer des cas difficiles, chacun dans vos communes. Mais nous avons pris nos responsabilités, et dans l`ensemble, nous avons pu, je crois, répondre aux urgences. Pour l`année prochaine, nous avons prévu, non pas de les supprimer totalement comme je l`ai parfois entendu, mais d`ouvrir 200 000 contrats, destinés aux secteurs prioritaires que je viens d`évoquer.

Pour le reste, les chiffres sont sans appel, et nous devons réformer une politique quand elle ne fonctionne pas : dans l`immense majorité des cas, les contrats aidés ne permettent pas de sortir durablement du chà´mage les personnes les moins qualifiées. Notre objectif, c`est donc de remplacer ces contrats par nature précaires par une véritable politique de la formation et de l`apprentissage au niveau national. C`est le sens du plan compétences de 15 milliards d`euros que le gouvernement a annoncé en septembre. Autre sujet sur lequel je voulais revenir avec vous : le logement.

Oui, nous voulons remettre en question une politique à  40 milliards d`euros qui n`a pas résolu le mal-logement. Oui, nous voulons mettre fin à  la spirale de hausse des APL et de hausse des loyers, cette situation absurde, où d`un cà´té, l`Etat soutient financièrement la construction et la réhabilitation des logements sociaux, et de l`autre, verse des APL aux bénéficiaires de ces mêmes logements. Cela entretient un mouvement de hausse des loyers, et cela fait que même réglementés, les loyers du parc social sont souvent trop élevés. Ce que je suis en train de vous dire, le Mouvement HLM l`a lui-même reconnu.

Nous allons donc diminuer les APL dans les logements sociaux, mais cette baisse ne peut être supportée par les locataires, qui sont les plus fragiles d`entre nous. Nous allons donc demander aux bailleurs sociaux de baisser à  proportion le montant des loyers. Mais il n`est bien sà»r pas question non plus de mettre en difficulté les bailleurs. Toutes les études et analyses montrent que le secteur peut dégager d`importantes économies, et que la majorité des bailleurs sociaux sont dans une situation financière globalement saine, même si des disparités fortes existent, notamment entre les territoires.

Nous allons donc proposer un système de péréquation dynamique entre bailleurs, afin que ceux qui se retrouveraient éventuellement fragilisés puissent bénéficier de la solidarité de l`ensemble du réseau. Je tiens donc à  vous rassurer : il n`est pas question de faire jouer les garanties octroyées par les collectivités locales. Il n`y aura pas d`impact pour vous. J`ajoute que ce système de péréquation devra accompagner la recomposition du tissu HLM, en recherchant un bon équilibre entre efficacité et proximité, sans laisser aucun territoire en déshérence.

L`ensemble du dispositif sera présenté dans le Projet de Loi Finances en cours de discussion. Au-delà  de la réforme des APL et des loyers, le gouvernement propose aux bailleurs sociaux une réforme structurelle, ainsi qu`un ensemble de mesures qui doivent permettre d`accompagner les évolutions du modèle économique du secteur sur les 3 prochaines années. J`ai rencontré à  plusieurs reprises les représentants des bailleurs sociaux et le dialogue se poursuit. Nous avons d`ores et déjà  envisagé 3 pistes d`évolution:

- Tout d`abord, comme cela a été voté en première lecture à  l`Assemblée, la baisse des APL se fera de façon progressive, étalée sur les 3 prochaines années ; je proposerai au Sénat, conformément à  la demande des bailleurs, que cette baisse soit complétée, sur cette période de trois ans, par une hausse de la TVA.

- Deuxième piste : le renforcement des instruments financiers pour accompagner les bailleurs dans leur mutation et dans leurs projets d`investissement : la Caisse des dépà´ts et consignations mettra en place pas moins de 6 milliards d`euros de facilités de paiement dédiés à  la construction et à  la rénovation. Il s`agit d`un effort totalement inédit.

- Troisième piste : faire évoluer le modèle économique des bailleurs sociaux. Il s`agira notamment de favoriser des regroupements, de renforcer la politique de vente au bénéfice de la construction de nouveaux logements, de réformer la politique des loyers, et de faire évoluer un cadre juridique trop souvent mal adapté.

L`Etat mettra en place un vaste plan de soutien financier ; les bailleurs auront les moyens et le temps de générer, sur trois ans, des économies intelligentes ; et les locataires ne seront pas touchés : c`est cela notre réforme !

Je discute de tous ces points avec les bailleurs sociaux dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018 et pour préparer le projet de loi Logement qui sera discuté au parlement au 1er trimestre 2018.

Enfin, nous avons d`ores et déjà  prévu d`accélérer la construction de logements abordables grà¢ce à  la simplification des normes et des procédures. Les collectivités territoriales, qui ont un rà´le majeur dans la construction, se verront ainsi proposer, dans le cadre de partenariats, de nouveaux outils visant à  accélérer les grandes opérations d`urbanisme.

Dotations, contrats d`objectifs, contraintes budgétaires, contrats aidés, logement : voilà  pour les points qui je crois, méritaient précisions. Je ne sais pas si je vous ai convaincus, mais j`espère avoir au moins rétabli la vérité des faits, afin que notre dialogue puisse se poursuivre sur la base d`informations exactes.

II. Parlons maintenant de ce que nous pouvons faire ensemble.

J`ai évoqué des sujets techniques. C`est important de le faire. Mais derrière ces mesures, il y a quelques convictions. La première, c`est qu`on n`a jamais regretté de donner de la liberté aux élus.

C`est le sens des décisions que nous avons prises, dès notre arrivée, sur les rythmes scolaires. C`était une souplesse très attendue par beaucoup de maires - la preuve, c`est que 40% d`entre vous s`en sont saisis pour revenir à  une semaine de 4 jours à  la rentrée scolaire. Et pour ceux qui ont décidé de préserver la semaine avec 5 matinées, nous avons maintenu le fonds de soutien aux communes pour les activités périscolaires. Dit autrement, nous n`avons rien retiré à  personne. En revanche, avec Jean-Michel BLANQUER, nous avons redonné de la liberté aux maires qui la demandaient pour gérer le périscolaire.

C`est ce que nous voulons faire aussi avec la loi NOTRe. Entendons-nous bien : beaucoup d`entre vous ont exprimé, après une période de grands mouvements, parfois imposés, sur les périmètres et les compétences, un besoin de stabilité. C`est pourquoi nous ne souhaitons pas revenir sur les principes de la loi NOTRe.

Mais sur certains points, je perçois bien qu`il faut apporter de la souplesse dans la mise en œ“uvre. Je pense par exemple au transfert de la compétence `` eau et assainissement » aux intercommunalités, obligatoire au 1er janvier 2020.

Le sujet a suscité beaucoup de débats à  l`époque ; il en suscite encore. Je n`élude pas le débat. Il pose des questions importantes pour nos concitoyens, notamment sur le prix et la qualité de l`eau.

Pourquoi la loi NOTRe est-elle venue confier cette compétence aux intercommunalités ? Très simplement parce que notre réseau d`adduction d`eau, qui date pour une part non négligeable des années 70, a besoin de sérieux efforts de modernisation et donc d`investissements. Et que cela passe souvent par le partage de la charge de ces investissements.

Pour accompagner ce mouvement de réorganisation et pour relancer les investissements dans le domaine de l`eau et de l`assainissement, le Gouvernement proposera un plan qui facilite le montage des opérations d`investissements en milieu rural et permettra d`utiliser des offres de financements de la Caisse des Dépà´ts et des agences de l`eau. Ces investissements sont nécessaires dans un contexte de changement climatique, qui va avoir des conséquences à  la fois sur l`alimentation en eau potable (risque de pénurie accrus ) et sur la gestion de l`assainissement (risques liés aux ruissellements). Je souhaite aussi que les agences de l`eau vous accompagnent dans la connaissance des réseaux.

Sur la moitié du territoire français, le transfert à  l`intercommunalité a d`ores et déjà  été mis en œ“uvre, sur la base du volontariat, sans attendre l`échéance fixée par la loi. Pour ces intercommunalités, pas de changement. Mais nous avons bien conscience que, dans certaines communes, cela peut faire craindre un renchérissement du coà»t de l`eau, une gestion moins directe de la ressource, une perte de la connaissance du réseau. Avec Jacqueline GOURAULT, qui a mené un travail de concertation important, nous souhaitons donc faire évoluer la loi. Nous proposons, pour une période transitoire, de donner la même souplesse que celle qui a prévalu pour la mise en œ“uvre des plans locaux d`urbanisme intercommunaux (PLUi), en laissant la possibilité de maintenir la compétence au niveau des communes si un certain nombre de maires s`expriment clairement en ce sens.

La seconde conviction que je voudrais partager avec vous, c`est que les solutions qui fonctionnent ne sont pas celles que l`on `` plaque » sur les territoires, mais celles que les territoires construisent.

C`est vrai de la réforme de la justice que nous avons engagée avec Nicole BELLOUBET. Nous avons voulu lancer cette réforme, non à  Paris, mais à  Nantes. C`est une façon de dire : nous partirons du terrain pour remonter les expériences et les propositions ensuite vers les ministères, et non l`inverse. Et nous avons voulu confirmer une chose : nous conserverons le maillage actuel. Cela ne veut pas dire qu`il ne faudra pas, parfois, s`organiser autrement.

Dominique RAIMBOURG et Philippe HOUILLON mènerons une mission de concertation sur ce thème. Ils conduiront cette mission autour de deux principes : le maintien du contentieux du quotidien à  proximité des justiciables et la mise en place d`équipes pluridisciplinaires autour des magistrats. Ce que nous voulons faire avec cette réforme, en somme, c`est apporter la preuve que l`on peut moderniser une des plus anciennes institutions de notre pays en partant des territoires, et la réorganiser en profondeur en évitant la brutalité d`une réforme imposée de la carte judiciaire.

Autre illustration : les déserts médicaux. A l`évidence, nous avons là  un sujet majeur de cohésion territoriale. C`est vrai dans les territoires ruraux, c`est vrai aussi dans les territoires urbains. Avec Agnès BUZYN, nous nous sommes lancés très tà´t dans ce chantier, parce que nous en percevons l`urgence. Aucun d`entre vous ici ne me dirait le contraire.

Le diagnostic n`est pas nouveau, et différentes mesures ont été prises par les gouvernements précédents, mais cela n`a pas suffi à  renverser la tendance, ni même à  l`enrayer. Alors qu`allons-nous faire ? Eh bien, comme je l`ai dit à  Chalus le 13 octobre, nous allons adopter une méthode simple : amplifier les mesures qui fonctionnent et lever les obstacles qui vous empêchent de mettre en place des solutions adaptées à  votre territoire.

Je sais que certains d`entre vous aimeraient m`entendre dire que, puisque c`est l`Etat qui paie la formation des médecins à  l`hà´pital, il pourrait les forcer à  s`installer là  où sont les besoins ? Je ne crois pas à  ce type de méthode. Elle ne correspond pas à  la vision que je porte de notre société et de ses équilibres. Je crois à  la liberté.

Je dirais la même chose aux médecins libéraux qu`aux maires : il vaut mieux convaincre que contraindre, il vaut mieux contractualiser que sanctionner.

Autre point d`attention, pour vous comme pour nous : le développement durable. Pour mettre en marche la transition écologique dans l`ensemble de nos territoires, dans le cadre du `` Green New Deal » de Nicolas HULOT, Sébastien LECORNU prépare une nouvelle politique écologique territoriale : les contrats de transition écologique.

Avec ces contrats, l`ambition est d`accompagner les territoires dans tous les aspects de la transition écologique y compris les mutations économiques et sociales. Ils permettront de mobiliser des financements publics et privés, de faire aboutir rapidement les projets, de simplifier les procédures et de mettre en place toute l`ingénierie nécessaire. Dans un premier temps, une quinzaine de territoires vont être identifiés pour couvrir toutes les situations :

- Des métropoles, des villes moyennes et des communes rurales ;

- Des territoires en difficulté et d`autres en avance ;

- Des thématiques couvrant tout le champ de la transition écologique : la transition énergétique, la mobilité, la biodiversité, la préservation des terres agricoles, la pollution et la vulnérabilité. La philosophie des contrats sera arrêtée en décembre à  l`issue de la prochaine Conférence des territoires. Les négociations avec les territoires sélectionnés commenceront début 2018 pour s`engager dès l`été dans la mise en oeuvre opérationnelle.

Par ailleurs, vous êtes nombreux à  être concernés par les fameux `` territoires à  énergie positive pour la croissance verte » (TEPCV) de Mme Royal. Sous le précédent gouvernement, de nombreuses collectivités avaient conclu avec l`Etat une convention en ce sens. Nombre d`entre elles ont exprimé leur inquiétude et demandé la confirmation des financements annoncés, et non budgétés.

Nicolas HULOT et Sébastien LECORNU ont confirmé qu`ils s`engageaient à  financer les actions prévues par ces conventions, dès lors qu`elles seraient menées à  leur terme dans le respect des délais. A cet effet, 75 M€ de crédits nouveaux seront mobilisés en faveur du budget du ministère de la transition écologique et solidaire. La loi de finances rectificative pour 2017 inclura cet abondement, qui portera à  475 M€ l`enveloppe spéciale de transition énergétique et permettra de continuer à  financer en 2018 les actions déjà  engagées dans les territoires. Dernière illustration - il y en aurait d`autres - : la question du numérique.

Un Français sur 5 souffre aujourd`hui de la fracture numérique. C`est un défi qu`il nous faut prendre à  bras-le-corps, car cette fracture-là  n`est pas moins violente que les autres. C`est le défi de l`accès au très haut débit pour tous, sur lequel nous sommes engagés. Mais c`est aussi un défi pour les services publics, car nous ne pouvons pas dématérialiser les démarches sans tenir compte de ceux qui sont aujourd`hui éloignés du numérique. Avec Mounir MAHJOUBI, nous portons l`ambition de l`inclusion numérique.

Cela veut dire mieux coordonner les acteurs locaux - associations, services décentralisés, collectivités, syndicats professionnels… - qui aident et forment nos concitoyens à  l`usage du numérique au quotidien. Cela veut dire pousser plus loin l`action d`entreprises du quotidien comme La Poste qui, chaque jour, est au contact des Français. Cela veut dire les médiateurs du numérique dans nos services publics, par exemple dans les maisons de services au public, dans les CAF ou dans les préfectures et sous-préfectures. Notre objectif, c`est de ne laisser aucun citoyen au bord du chemin.

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mardi 31 octobre 2017

Universités : Le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé son "plan étudiants"

Edouard Philippe, Premier ministre

Le Premier ministre a présenté un plan `` global » touchant à  la fois la santé, l'enseignement mais aussi le pouvoir d'achat des étudiants. Un plan qui forcément a un coà»t : l'exécutif entend ainsi débloquer 450 millions d'euros pour accompagner la mise en place de nouveaux cursus et 500 millions d'euros sur l'ensemble du quinquennat visant à  ouvrir des places et créer des postes dans les filières...Sur le papier, l'objectif est d'améliorer l'accompagnement des lycéens de terminale à  l'université en misant sur l'orientation plutà´t que la sélection. Admission Post Bac (APB), dont le nouveau nom n'a pas été annoncé, va connaître d'importantes modifications. Le gouvernement tente ainsi de répondre aux critiques qui ont émaillé la rentrée scolaire au mois de septembre. à€ en croire les syndicats étudiants et lycéens, la réforme est toutefois loin de répondre à  toutes leurs questions.

Discours de M. Edouard PHILIPPE, Premier ministre

Présentation du Plan Etudiants

Au Ministère de l`Enseignement supérieur, de la Recherche et de l`Innovation Lundi 30 octobre 2017

Monsieur le ministre de l`éducation nationale, Madame la ministre de l`enseignement supérieur, de la recherche et de l`innovation Mesdames et messieurs, Bonjour à  tous et merci d`avoir répondu à  notre invitation pour cette présentation de notre plan étudiant qui va nous permettre d`engager une réforme profonde du premier cycle universitaire et proposer aux étudiants un nouveau contrat pédagogique. Je voudrais, avant de vous présenter ce plan avec madame la Ministre de l`Enseignement supérieur, de la Recherche et de l`Innovation et monsieur le Ministre de l`Education nationale, vous dire que notre réflexion sur ce plan a été évidemment organisée et conduite par la ministre, avec le souci d`une très large concertation de tous les acteurs de l`enseignement, ceux du supérieur mais aussi ceux du secondaire qui ont pu exprimer leurs convictions, leurs attentes, leurs interrogations lors d`une des cinquante-cinq réunions de travail organisées avant notre rendez-vous aujourd'hui ou à  l`occasion d`un des cinquante rendez-vous bilatéraux que madame le Ministre a présidés ou organisés, en lien très étroit avec les services et les équipes du ministre de l`Education nationale.

Je voudrais d`ailleurs, avant de détailler le plan, saluer l`engagement et l`énergie avec lesquels madame Frédérique VIDAL s`est emparé de ce chantier. Avant d`être ministre de l`Enseignement supérieur, de la Recherche et de l`Innovation, elle était présidente d`une université dynamique et je pense que pour appréhender ce sujet, pour le saisir, au-delà  parfois des présentations tranchées qui prévalent en la matière, il faut le connaître intimement, connaître ses qualités, connaître ses atouts, connaître aussi ses dysfonctionnements et l`ensemble des acteurs de ce monde de l`Enseignement supérieur qui est à  la fois complexe et décisif pour l`avenir du pays.

Durant la phase de concertation, la ministre de l`Enseignement supérieur, de la Recherche et de l`Innovation, Monsieur le ministre de l`Education nationale ont rencontré l`ensemble des acteurs. J`ai moi-même avec eux rencontré les organisations étudiantes et les représentants des présidents d`université. J`ai entendu leurs inquiétudes sur le droit d`accès à  l`enseignement supérieur, sur l`orientation telle qu`elle fonctionne aujourd`hui, sur la possibilité pour les étudiants de choisir la filière dans laquelle ils voulaient s`inscrire, sur le manque de places disponibles, sur les difficultés matérielles qui peuvent venir percuter un parcours universitaire ou un parcours dans l`enseignement supérieur.

J`ai aussi entendu les messages sur la paupérisation d`une partie des étudiants, sur la dégradation de leur état de santé. Derrière ces inquiétudes formulées, j`ai parfaitement conscience qu`il y a celles de millions de familles qui savent que se joue pendant le moment de l`enseignement supérieur quelque chose de décisif, pour leurs enfants et qu`ils veulent évidemment la réussite la plus large possible de ces enfants.

Il faut bien reconnaître que l`épisode que nous avons connu entre le mois de juin et le mois de septembre, lié à  l`inscription dans le premier cycle de l`enseignement supérieur, à  la faillite ou en tout cas aux très graves dysfonctionnements dans le fonctionnement de la plate-forme APB, a fait douter nos compatriotes sur ce qui est au cœ“ur de la promesse républicaine, c`est-à -dire la capacité à  s`élever grà¢ce à  son travail, grà¢ce à  ses études, grà¢ce à  la réussite scolaire et universitaire. C`est pourquoi le plan que nous allons présenter aujourd`hui est un plan global, qui traite du sujet de l`accès à  l`enseignement supérieur dans toutes ses composantes. Parce que pour réussir, notre conviction est qu`il faut se préparer le plus tà´t possible même si ça n`est pas toujours facile, mais au moins dès le lycée pour s`orienter dans la bonne filière, celle qui correspond à  ses goà»ts et à  ses qualifications.

Il faut aussi se sentir bien, se loger de manière convenable, faire face à  des dépenses courantes, sans que les soucis matériels ne viennent trop perturber les études. Avant de détailler les grands axes de ce plan, je voudrais revenir quelques minutes sur un constat. Au cours des cinquante dernières années, les inscriptions dans l`enseignement supérieur ont été multipliées par huit et c`est évidemment une bonne nouvelle parce que ça veut dire que l`accès à  l`enseignement supérieur en France s`est considérablement massifié, parce que ça veut dire que le niveau général de qualification dans notre pays s`accroît. A tous les égards, c`est une excellente nouvelle. Mais quand on regarde les chiffres de manière un peu plus fine, on constate que cette formidable massification est teintée d`un certain nombre de questionnements, de problématiques et de bémols. Quels sont ces bémols ?

- D`abord, un chiffre : seuls 30% des étudiants obtiennent leur licence en trois ans, ils sont 10% de plus à  l`obtenir en quatre ans. Ca veut dire qu`au bout de quatre ans, il y a 60% d`échec à  la fin d`une licence. Alors, les chiffres varient évidemment beaucoup selon la voie, selon la filière, selon les résultats au baccalauréat, mais une chose est certaine, les bacheliers sont très inégalement armés pour affronter le premier cycle universitaire. Ce taux d`échec, qui est parmi les plus élevés du monde, est un signe incontestable que le système ne fonctionne pas comme il le devrait. Je ne suis pas sà»r, du reste, que ce chiffre soit suffisamment connu. Je ne suis pas sà»r que l`importance de l`échec de `` cette sélection par l`échec » au terme du premier cycle soit suffisamment appréhendée par l`ensemble des familles françaises et l`ensemble des étudiants ou des lycéens français.

- Deuxième constat : Les bacheliers technologiques et professionnels sont très largement exclus des IUT, des Sections de Techniciens Supérieurs qui sont des filières sélectives. Ce qui a une conséquence : c`est que les bacheliers issus de ces filières qui ont pour la plupart formulé le vœ“u de la poursuivre leur formation professionnelle sont souvent contraints entre guillemets de s`inscrire à  l`université. Ils sont contraints de s`inscrire à  l`université alors que l`université ne correspond pas forcément aux enseignements qu`ils ont reçus au lycée ni même à  leurs goà»ts. On a donc un système qui, sans avoir été conçu pour cela, conduit à  un choix pour l`université qui est parfois et trop souvent et notamment pour les bacheliers de ces filières un choix par défaut.

- Troisième constat : nous savons que l`accès à  l`enseignement supérieur va être marqué par une massification encore plus importante dans les années qui viennent, c`est le produit d`une démographie vigoureuse. Nous savons que l`année prochaine, il y aura 40 00 étudiants supplémentaires, et que dans les cinq ans qui viennent, c`est de l`ordre de 200 000 étudiants supplémentaires qui seront inscrits ou qui voudront accéder à  l`enseignement supérieur.

Autrement dit, il y a eu massification, elle va se poursuivre mais cette massification n`a pas été suffisamment synonyme de succès et je dirais même d`une certaine façon de démocratisation.

Et puis, je l`ai dit en un mot mais je voudrais y revenir il y a eu le scandale APB, le tirage au sort, ce qu`il a suscité comme angoisse, ce qu`il a révélé en absurdité et le nombre d`injustices qui en ont découlé. L`actualité de cet été en a donné des exemples d`une tristesse affligeante: - C`est le cas de Titouan qui obtient son bac avec mention très bien, 18,34 de moyenne et qui essuie trois refus pour s`inscrire en STAPS avant qu`un réexamen de son dossier ne lui permette in extremis (c`est une décision du 14 juillet).

- C`est le cas de Tancrède, bachelier de Versailles, mention assez bien, qui veut s`inscrire en sciences humaines et qui après avoir essuyé plusieurs refus décide de poursuivre ses études au Canada.

- C`est le cas de Maà«lle, une bachelière de Montpellier, mention très bien au bac, qui ne parvient pas à  intégrer la fac de psychologie ou de langues étrangères à  Lyon.

- C`est le cas d`un autre bachelier Versailles, Antoine, série ES, mention très bien qui formule un vœ“u groupé auprès de 14 universités et qui ne peut pas s`inscrire en droit.

Je cite ces exemples, nous savons que malheureusement il y en a eu d`autres. Le tirage au sort et la façon dont APB fonctionne ou a fonctionné jusqu`à  cette année relèvent - et pardon d`utiliser un terme rude - pour l`ensemble de ceux qui regardent le système universitaire de quelque chose qui s`apparente à  un naufrage. Ce naufrage n`est pas simplement celui d`un outil technique, d`une plate-forme, qui à  l`époque où elle a été constituée constituait un progrès. Ce naufrage, à  mon avis, est celui d`une politique qui faute d`avoir dit la vérité, d`avoir accompagné les bacheliers, d`avoir traité les situations de manière individuelle a conçu un système sélectif, brutal, et profondément inégalitaire. C`est une politique qui s`est souvent cachée derrière de grands mots pour ne pas voir de très dures réalités.

Nous n`avons probablement pas - et quand je dis `` nous », c`est l`ensemble du système depuis de longues années - collectivement pris assez conscience que l'augmentation du nombre de bacheliers devait s'accompagner d'une transformation de l'accès à  l'enseignement supérieur.

On a considéré pendant trop longtemps que l'université pouvait accueillir tout le monde sans lui donner les moyens de repenser ses formations. Or permettre l'inscription, c'est bien mais permettre la réussite, c`est mieux, surtout s'agissant des étudiants.

L`enjeu aujourd'hui est donc de garantir à  ceux qui le souhaitent le droit de suivre des études dans l'enseignement supérieur mais aussi surtout d'aider les futurs bacheliers à  construire leur projet, à  leur indiquer les efforts supplémentaires qu'ils vont devoir fournir pour accéder à  une filière pour laquelle ils peuvent ne pas être suffisamment armés.

L`enjeu est aussi d'augmenter les capacités des filières en tension. L`enjeu est d'investir massivement dans nos universités car la France, la société française, les Français, les lycéens et leurs parents, les étudiants l'ensemble de notre tissu social doivent avoir confiance dans son enseignement supérieur, dans ses universités et dans l'ensemble du système d'enseignement supérieur. Relever le défi de la compétence, de la formation, de l'intelligence et je dirais même de l'épanouissement intellectuel, est véritablement un défi de société. Nous ne tiendrons notre rang, nous ne préparons notre avenir qu`en faisant ce pari de l'intelligence et de l'épanouissement intellectuel.

C`est la volonté du gouvernement et c'est l'ambition du `` plan étudiants » que nous proposons aujourd'hui. Les ministres vont évoquer les points fondamentaux de ce plan, mais je voudrais avant de passer la parole à  Madame VIDAL, donner un certain nombre de directions dans lesquelles nous nous inscrivons.

Le premier axe consiste à  aider les lycéens à  réussir leur orientation. C'est toujours difficile de faire un choix, surtout quand on est jeune et que l`on est traversé par des envies ou par une absence d'envie et qu'au fond, on a du mal à  faire la part entre ce qu'on a entendu de telle ou telle formation et ce qu`on sait véritablement de ce qu'elle est, de ce qu'elle permet, de ce qu'elle exige et de ce qu'elle ouvre comme direction. On peut avoir des envies, on peut en changer. L'exercice d'orientation vers l'enseignement supérieur est un exercice difficile.

Ce choix, il faut l'accompagner, il faut permettre aux lycéens de le murir et pour ça il faut lui donner des moyens. On sait bien que - et c`est cette partie des choses que certains décrivent comme une grande injustice et qui l`est à  certains égards - certains peuvent être accompagnés par leur famille ou par leur milieu au moment de faire ce choix parce que les parcours sont mieux connus, parce que les orientations et les pièges parfois de l'orientation sont mieux identifiés. Pour tous les autres, c'est souvent la solitude qui prévaut face à  ce choix.

Pour réussir l'orientation, il faut deux choses : il faut des interlocuteurs et il faut des informations. Et pour avoir des interlocuteurs et des informations, il faut lier l`humain et numérique pour donner à  la fois une vue panoramique des offres des universités, des offres d'enseignement supérieur qui sont accessibles, de la performance, des conditions dans lesquelles ces offres peuvent être utilisées et puis des conseils individualisés.

Le ministre de l'Education nationale vous indiquera comment les lycéens seront mieux accompagnés dès cette année, parce que l'enjeu de l`orientation est essentiel. Le deuxième défi, la deuxième direction, le deuxième axe consistent à  garantir à  tous les bacheliers un droit à  l'accès à  l'enseignement supérieur.

Je voudrais être aussi clair que possible dans les mots que j'emploie : je n'ai pas et je n'ai jamais eu peur du mot `` sélection » mais ce n`est pas ce que nous proposons aux étudiants et aux lycéens français. L'objectif, ça n'est pas que l'université dise `` non ». Dans la plupart des cas, elle dira `` oui » et dans certains cas, elle dira `` oui si ». Si quoi ? Si le candidat accepte un parcours adapté qui lui permet justement de réussir dans la filière qu'il a choisie.

Sur ce sujet, j'ai deux convictions. D`abord, je ne pense pas que laisser un lycéen s'engager dans une voie dont on sait par avance qu'elle est semée d'embà»ches sans l'alerter, sans lui proposer une aide, un accompagnement, serait lui rendre service. Lui rendre service c'est beaucoup plus lui dire `` vous n'avez pas reçu les apprentissages nécessaires pour suivre en première année dans cette filière, donc si véritablement vous êtes motivé pour cette filière alors on va vous proposer un parcours adapté pour vous donner toutes les chances de réussir dans cette filière. » à‡a pour moi, c'est la différence entre abandonner quelqu'un à  son sort et lui donner les moyens de son ambition. C`est la différence entre un droit et quelque chose qui est effectif, entre un droit qui est déclaré `` vous ferez ce que vous voudrez » et un droit qui est effectif, c'est `` vous aurez effectivement la chance de réussir dans la filière que vous choisissez. »

La deuxième conviction, c'est qu`entre la sélection brutale et le tirage au sort, il existe une palette de solutions beaucoup plus souples, beaucoup plus humaines, beaucoup plus intelligentes aussi qui reposent sur l'engagement des enseignants, des enseignants-chercheurs et des étudiants à  l'égard de ceux qui vont leur succéder, les lycéens, pour accompagner chaque personne vers la réussite.

Nous allons donc, comme je m'y étais engagé dès la déclaration de politique générale, supprimer le tirage au sort, mettre en place une nouvelle plateforme plus simple, plus rapide, plus accueillante et un processus d'accès à  l'enseignement supérieur véritablement organisé pour accompagner les lycéens dans leurs choix. Madame la ministre vous en dira plus dans quelques minutes.

Enfin troisième axe, renforcer l'autonomie des étudiants. Nous le savons, les conditions matérielles sont une des clés de la réussite. Nous devons donc faire en sorte que ces difficultés matérielles - qui ne disparaîtront pas parce que nous disons que nous voulons les faire disparaître - ne constituent pas ou plus un obstacle à  la réussite ou qu`elles viennent perturber trop fortement le déroulement des études.

Santé, logement, pouvoir d'achat, nous avons voulu répondre à  ces défis simples, à  ces défis concrets. Je l`ai dit dès ma déclaration de politique générale : nous allons mettre en place des moyens en face de nos ambitions et nous voulons effectivement simplifier la vie des étudiants.

Je voudrais prendre un seul exemple : la gestion de la Sécurité sociale et du régime étudiant. Je ne critique évidemment pas ceux qui y travaillent. Je note juste et je le note après que bien d'autres avant moi l'ont noté, plus experts, plus connaisseurs encore de ce dispositif : notre système ne marche pas bien. Les étudiants paient une cotisation de 217 euros par an. Elle leur permet de disposer d'un régime spécifique. Nous supprimerons cette cotisation et nous transférerons la couverture des étudiants au régime général dans un calendrier ordonné dont on vous dira un certain nombre d'éléments bientà´t.

Cette opération permettra de dégager plus de pouvoir d'achat pour les étudiants, elle permettra aussi de garantir leur accès aux soins à  des meilleurs coà»ts de gestion et avec un meilleur service.

Voilà , Mesdames et Messieurs, quelles sont la philosophie et les grandes lignes de ce plan. C'est un plan global qui traite de la vie étudiante dans tous ses aspects, du premier cycle de l'enseignement supérieur dans tous ses aspects. C'est un plan ambitieux car malgré une situation budgétaire que chacun connaît et qui reste marquée par le souci de respecter les engagements que nous avons pris devant les Français, nous allons investir pour construire de nouveaux locaux, pour ouvrir des places supplémentaires dans les filières en tension et pour redonner du pouvoir d'achat aux étudiants.

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mardi 3 octobre 2017

Discours du PM Edouard PHILIPPE à  la cérémonie de vœux à  la communauté juive

Discours de Edouard PHILIPPE, Premier ministre à  la Cérémonie de vœ“ux à  la communauté juive, Synagogue Buffault

Monsieur le Premier ministre, Madame et Monsieur les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Madame le Maire de Paris, Messieurs les Préfets, Mesdames et Messieurs les Maires et les élus parisien, Monsieur le Président, Monsieur le Grand Rabbin, Mesdames et Messieurs les Présidents des Communautés et des Institutions juives de France, Messieurs les Rabbins, Mesdames et Messieurs les Représentants des cultes, Mesdames et Messieurs,

Le président a tout dit, le Grand Rabbin a dit le reste, je vous remercie.

Alors, au fond, je voudrais, pour mes premiers mots, vous citer un des Français, un des auteurs qui m`ont le plus impressionné et qui guident très régulièrement, pas seulement mes lectures, mais ma pensée.

`` La France dont certains conspireraient volontiers à  m`expulser aujourd'hui, et peut-être y réussiront, demeurera, quoi qu`il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœ“ur. J`y suis né, j`ai bu aux sources de sa culture, j`ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé à  mon tour, de la défendre de mon mieux ».

J`aime les livres, certains ont laissé en moi une trace incroyablement fugace, d`autres comme vous tous ici, vous forgent et dessinent les visions que vous vous faites, et notamment la vision de la France, de ce qu`elle a pu être, de ce qu`elle peut être, de ce qu`elle doit être. C'est le cas de `` L`étrange défaite », le cas de Marc BLOCH, dont le nom, l`œ“uvre, le souvenir, jalonnent toute ma rapide existence.

Et en préparant ma venue ici, Marc BLOCH s`est assez naturellement rappelé à  mon bon souvenir, en particulier ce passage qui figure au tout début du livre, dans le chapitre qui s`intitule `` Présentation du témoin ». Si je le cite aujourd'hui, c'est qu`il résume en quelques lignes un bon millier d`années d`histoire, l`histoire d`une Nation, la France, et d`une de ses communautés juives de France. Il y a tout dans ces lignes. Il y a l`ironie désolée du citoyen trahi, cet humour triste, un peu acide, que Romain GARY qualifiait d`arme de ceux qui n`ont pas d`arme, et dans lequel il voyait la supériorité de l`homme sur ce qui lui arrivait.

Mais il n`y a pas que cela, il y a aussi le patriotisme viscéral d`un citoyen français issu d`une famille juive `` d`optant », qui a choisi de s`installer en France après l`annexion de l`Alsace. Ces lumineuses intelligences qui depuis des siècles, depuis le talmudiste champenois RACHI, ont nourri le génie français.

Car la France s`est construite, la France s`est pensée avec le judaïsme. Elle s`est pensée avec PROUST, dont j`ai confié récemment que je n`étais pas un lecteur assidu, avec BENDA, avec BERGSON, avec Tristan BERNARD, avec André MAUROIS, mais aussi avec Léon BLUM, et bien sà»r avec Simone VEIL, dont je salue une fois de plus la mémoire aujourd'hui.

Et enfin dans cette phrase il y a l`espoir. `` L`étrange défaite », n'est pas un livre de fiel, c'est un livre d`espoir, écrit dans des circonstances tragiques, mais un livre d`espoir, espoir à´ combien œ“cuménique de voir cette France devenue méconnaissable, défigurée, cette République affaissée, reprendre ses esprits et se redresser.

Mais si je songe à  Marc BLOC aujourd'hui, c'est que son destin de héros de la première Guerre mondiale, et de martyre de la seconde, résonne aussi d`un écho particulier entre les murs de cette synagogue. Une synagogue qui a pleuré et prié pour Nissim de CAMONDO, vous l`avez cité tous les deux, lieutenant de l`Armée française, tué le 5 septembre 1917 lors d`un combat aérien quelque part au-dessus de la Lorraine.

Une synagogue qui a pleuré et prié pour sa sœ“ur, Béatrice de CAMONDO, ses enfants Fanny et Bertrand, morts tous trois à  Auschwitz. Une synagogue qui fut celle d`une famille brillante, les CAMONDO, amis des arts, amis de la culture, amis de la France, en qui elle avait placé sa confiance. Les amoureux des musées, les amoureux de la France, savent ce que nous lui devons.

Cette histoire faite de communion et de fêlures, est notre héritage commun, le và´tre bien sà»r, le mien, celui de la République, celui de tous les Français. Si cet héritage est aujourd'hui solide, s`il demeure si vivant, si actif, nous le devons à  la qualité des institutions cultuelles qui ont vu le jour en 1808, et à  la qualité bien sà»r de ses responsables, autorités religieuses et administrateurs, qui se sont succédé à  leur tête et que vous représentez.

Des institutions, des responsables, qui ont toujours valorisé, favorisé, encouragé, le dialogue interreligieux auquel Monsieur le Grand Rabbin vous prenez toute votre part.

Je peux vous dire combien il est émouvant pour un Premier ministre, de savoir que dans les synagogues de France, comme dans les temples, dans les églises ou dans les mosquées, on prie pour la République.

Comme ici, on prie pour la France et pour son unité, car au fond, qu`est-ce que la laïcité, sinon cela ? La liberté. La liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté de pratiquer un culte ou de n`en suivre aucun, dans l`unité républicaine.

Je sais bien qu`en m`adressant aux représentants du judaïsme français, je m`adresse à  une communauté qui a depuis longtemps fait sien le principe talmudique : `` la loi du royaume est ma loi ». Mais je sais aussi que certains croyants, de très bonne foi d`ailleurs, et sans mauvais jeu de mots, sont parfois troublés par la confusion qui règne dans le débat public, au sujet de la laïcité. Très sincèrement, je ne pense pas que cette confusion soit imputable aux pouvoirs publics ou aux gouvernements qui se sont succédé.

La République, Monsieur le Premier ministre, cher Manuel VALLS, a au contraire fait preuve, par-delà  les alternances, d'une remarquable, et je dirais d'une rassurante constance en la matière. En revanche, des commentateurs, des agitateurs, des provocateurs, se méprennent plus ou moins consciemment sur la portée du principe de neutralité. Une neutralité qui n'est ni défiance, ni offense, ni encore moins indifférence. Une neutralité qui est la simple et juste reconnaissance d'une liberté pour le citoyen, la liberté de conscience, et d'une exigence pour les pouvoirs publics, celle de ne favoriser ou de ne défavoriser aucun culte.

Nous ferons respecter ce principe bien sà»r, nous le ferons avec rigueur, avec vigilance, mais nous le ferons aussi avec confiance et si j'ose dire, avec discernement. Je ne vois pas par exemple ce qui empêche de faire en sorte que le calendrier des examens permette à  un lycéen ou à  un étudiant de vivre sa foi tout en poursuivant ses études et en passant ses examens.

Et il y aurait quelque chose de curieux à  se poser aujourd'hui cette question alors que pendant si longtemps elle n'a jamais été posée. A mon avis, il existe une différence assez nette entre être neutre et l'assumer et le revendiquer, et être tracassier.

Il n'est pas non plus question de remettre en cause des pratiques cultuelles traditionnelles, comme l'abattage rituel. J`ai été, avant d'être Premier ministre, le maire d'une grande ville, dans laquelle il y avait une grande synagogue, mais elle était quand même moins grande qu`ici. Et je sais les difficultés auxquelles sont confrontés, parfois, souvent même, les élus locaux. Je ne les nie pas. Il faut, me semble-t-il, savoir se montrer extrêmement ferme, quand une revendication, quand des comportements sapent les principes mêmes de la République. Pour autant, rien n'interdit de se montrer compréhensif, quand c'est possible, et dans une certaine mesure, pour éviter les maladresses.

L'équilibre, l'équilibre entre la force d'un principe, l'exigence que l'on doit avoir dans l'application de ce principe, et le but qui est recherché. Vous avez parlé, Monsieur le Grand Rabbin de la corne de bélier, on pourrait en dire tout autant sur les principes de la République, tout autant. Les clamer, ou en décliner jour après jour les exigences, ça n'est jamais les avoir complètement à  l'esprit, en tout cas ça n'implique pas qu'on les ait systématiquement et complètement à  l'esprit. Il faut chercher l'équilibre entre la vigueur des principes, la force des principes et le but qui est recherché par l'observation de ces principes.

Le Président de la République l'a dit devant les représentants du protestantisme français : la laïcité n'impose pas d'exclure les religions, leur voix, leur combat de la sphère publique.

Nous sommes évidemment attentifs à  ce que vous nous dites, tous, sur l'état de notre société. C'est parce que nous avons beaucoup de choses à  nous dire que les gouvernements français ont pris l'habitude depuis plusieurs années, d'organiser un dialogue régulier avec les cultes. Vous me permettrez d'ailleurs de partager avec vous ma perplexité, à  la lecture d'une loi votée à  la fin du quinquennat précédent, non pas sur la loi telle qu'elle, sur une disposition de cette loi, sur une interprétation de cette loi. Je crois qu'il faut y voir, non pas autre chose que de la maladresse.

Ce texte, et je sais que ça n'était pas la rédaction proposée initialement par le Gouvernement de l'époque, je le dis très directement, ce texte assimile dans certains cas les cultes à  des groupes d'intérêt ou à  des lobbies. Si on va au bout de sa logique, cette loi impose à  un rabbin, à  un imam, à  un pasteur ou un prêtre de s'inscrire dans le répertoire numérique des lobbies quand il veut nouer des relations avec les élus de sa commune ou avec des élus de la Nation.

Cette règle, pour le moins curieuse, suscite chez les représentants de certains cultes, réserve et incompréhension. J'ignore ce qu'il en est pour chacun d'entre vous, je veux le dire ici, elle ne me paraît pas répondre, là  encore, à  l'objectif qui était initialement recherché par le législateur.

Dialoguer pour s'enrichir, dialoguer pour comprendre, dialoguer pour mieux comprendre le monde qui nous entoure et la société française, mais dialoguer aussi pour nous battre, ensemble, et quand je dis ensemble c'est bien tous ensemble, toutes confessions, toutes philosophies confondues, contre cette bête immonde qu`est l`antisémitisme.

Une bête, mesdames et messieurs, qui emprunte à  la fois à  l`Hydre et au Phénix, c'est dire comme elle est immonde. Quand on le croit disparu, il réapparaît, encore et encore. Je ne pense pas qu'il soit utile d`en rappeler ici les causes, évidemment spécieuses, parce que lui trouver une cause, une origine, un pseudo fondement, c'est déjà  lui retirer un petit peu de son abjection et de son scandale.

Il y a l'ultraviolence du terrorisme islamiste et de la barbarie, celle qui a conduit à  l'enlèvement et au meurtre d'Ilan HALIMI en 2006, celle qui a arraché des enfants à  leurs parents à  Toulouse en mars 2012, et qui est jugée à  partir d'aujourd'hui à  la cour d'assises de Paris. Celle qui a terrorisé et tué des otages en janvier 2015, à  l'Hyper casher de la porte de Vincennes.

Une ultraviolence qui s'est abattue dernièrement sur Madame Sarah HALIMI, un crime dont le Parquet vient de reconnaître la dimension antisémite, ou sur une famille, monsieur, de Livry-Gargan.

Il y a ce que les statistiques, la statistique, appelle pudiquement les actes antisémites, insultes verbales, dégradations de biens, d'édifices religieux, inscriptions injurieuses. Des actes honteux, là¢ches, immondes, toujours trop nombreux, qui comme le rappelle le rapport annuel sur l'antisémitisme en France du Service de protection de la communauté juive, ont baissé en 2016, et assez fortement, j'y vois, je le dis, la conséquence des mesures prises par mes prédécesseurs, à  commencer par vous Monsieur le Premier ministre, dont chacun a salué tout à  l'heure, à  juste titre, la détermination totale dans ce combat.

Je pense à  la protection des écoles et des synagogues, je pense aussi au financement des travaux de sécurisation, et puis bien entendu, je pense au déploiement du dispositif Sentinelle.

Je précise à  cet égard que l'Etat a prévu une très forte mobilisation de policiers, de gendarmes et de militaires pour protéger les sites sensibles de la communauté juive, durant toute cette période. Nous maintiendrons également l'année prochaine, une importante aide financière pour les travaux de sécurisation. Par ailleurs, et au cas où un doute subsisterait, je veux dire combien la refonte du dispositif Sentinelle, maintiendra évidemment au plus haut niveau le caractère prioritaire des lieux de culte et communautaires.

J'en profite d'ailleurs pour rendre hommage à  celles et ceux qui risquent leur vie, parfois dans le grand secret, parfois au grand jour, pour protéger la nà´tre, la và´tre, celle de tous les citoyens français.

Mais le recul jamais suffisant des actes antisémites en 2016, ne doit pas faire oublier une autre réalité. Cette réalité c'est celle de la banalisation de l'antisémitisme, et de sa forme réinventée, pour reprendre les mots du Président de la République qu`est l'antisionisme.

`` Le vrai danger, mon fils, se nomme indifférence. Mon père ne m'avait jamais enseigné tant de choses en si peu de mots », écrit Elie WIESEL dans `` Le Testament d'un poète juif assassiné ».

Une indifférence, une banalisation contre lesquelles nous devons nous battre sans relà¢che, sans faiblesse, et sans retenue. Et j'ajouterai sur tous les fronts, à  l'école, bien sà»r, c'est-à -dire dans les consciences, sur Internet, dans les médias, dans le débat public, sur le terrain. Parce que l`on ne peut pas, et vous me permettrez, cher Manuel VALLS, de reprendre pour me les approprier, les mots que vous aviez prononcés le 13 janvier 2015 à  l'Assemblée nationale : `` On ne peut pas accepter qu'en France, terre d'émancipation des juifs, il y a deux siècles, mais qui fut aussi il y a 70 ans l'une des terres de son martyre, l'on puisse entendre dans nos rues, crier Mort aux juifs ». Parce que le réveil de l'antisémitisme est le symptà´me d'une crise de la démocratie.

Vous le savez mieux que moi, une lutte durable contre l'antisémitisme, passe nécessairement par la prévention, par l'éducation et par la culture. C`est, Monsieur le Président, le projet du Centre européen du judaïsme à  Paris, lieu de culture, lieu de mémoire qui enrichira le patrimoine commun des Parisiens et des Français, mais ce sont aussi -là  c'est le Normand qui parle - les travaux engagés pour la sauvegarde de la Maison sublime. C'est important la culture, non pas simplement parce que ce serait au fond l'expression d'un credo, c'est important la culture, c'est parce que c'est la culture qui fait que nous pouvons nous parler, et d'une certaine façon c'est la culture qui fait que nous pouvons nous aimer, entre nous, tous ensemble, parce que nous partageons quelque chose. On s`aime dans une famille, parfois on s`aime peu, dans une famille, ça arrive. On s`aime dans une famille parce qu'on partage un lien familial. On s`aime dans une Nation, on s`aime dans un peuple, parce qu'on partage une culture. Et si on ne partage pas cette culture, si on ne l`apprend pas, si on ne la cultive pas, si j'ose dire, alors on ne partage rien. Et si on ne partage rien, on est un ensemble, une addition, une agrégation d'individus, mais on n'est ni un peuple ni une Nation.

C'est le travail remarquable du Mémorial de la Shoah, qui je crois a récemment décidé d'étendre son action de sensibilisation aux établissements scolaires, c'est la nouvelle impulsion qu'a donné l'Etat à  une délégation interministérielle que vous connaissez bien, la DILCRAH. J`ai demandé l'été dernier à  l'Inspection générale de l'administration et à  l'Inspection générale de l'Education nationale, de procéder à  l'évaluation du plan national pluriannuel que mes prédécesseurs avaient mis en place. Mais je peux d'ores et déjà  vous dire qu'un nouveau plan de lutte contre l'antisémitisme, qui portera cette fois sur la période 2018/2020, prendra sa suite. Nous devons nous en emparer.

J'ai demandé qu'il soit conçu et rédigé en partenariat étroit avec la société civile et évidemment avec vous. Un de ses objectifs sera de combattre l'antisémitisme sur Internet, en particulier le déferlement de haine qui s`abat sur les réseaux sociaux, et qui, je dois dire, est malheureusement généralisé. Un déferlement proprement inacceptable qui ne doit pas demeurer impuni et qui ne doit pas nous décourager.

Nous ne laisserons rien passer et vous ne serez pas seuls dans ce combat car ce combat c'est évidemment celui de toute la République. Là  encore, ce n'est pas qu'une formule, c`est une phrase qui veut dire ce qu'elle veut dire. Quand on s'attaque à  un citoyen français en raison de ses origines ou de ses croyances, on s'attaque à  la France en ce qu'elle a de plus précieux : son art de vivre, ses valeurs, son héritage, celui des Lumières, de la Révolution française, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Et lorsqu'on insulte un citoyen français pour ces raisons, on insulte la mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie pour que ces valeurs triomphent.

On insulte Marc BLOCH, on insulte Nissim de CAMONDO, on insulte nos militaires, nos gendarmes, nos policiers et nous ne pouvons pas l'accepter. Nous voici donc à  l'aube de l'année 5778, une année qui va coïncider du moins en partie avec la saison croisée France-Israà«l qui se déroulera des mois de juin à  novembre 2018.

Il s'agit d'un événement important que la France n'organise qu'avec ses partenaires les plus proches. Israà«l est évidemment de ceux-là . Nous tenons à  cette relation, nous voulons l'approfondir dans tous ses aspects économiques numériques, culturels. C'est le souhait du Président de la République qui a annoncé sa visite en Israà«l au printemps prochain. J'aurais moi aussi le plaisir de m`y rendre l'année prochaine.

Et si j`y vais, ce sera pour saluer les 150 000 Français qui vivent là -bas et qui sont, au fond, un lien vivant entre la France et Israà«l et les meilleurs ambassadeurs de notre langue et de notre culture. Pour renforcer aussi notre présence économique dans la région, en particulier dans le domaine du numérique, et bien sà»r pour relayer notre espoir, notre volonté même de voir s'instaurer un jour une paix durable et respectueuse.

L`heure tourne et j'ai déjà  été trop long. Si, si, je le vois bien, je le vois bien. C`est gentil, mais je vois bien. En cette période de Yom Kippour, je vais devoir vous demander pardon. Pardon de ne pas avoir su faire preuve de la même concision que Rachid dans ses commentaires. On lui doit, je crois, cette phrase : `` Une goutte d'encre vaut de l'or. » Je dois reconnaître que j`ai été assez prodigue.

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lundi 2 octobre 2017

Edouard Philippe annonce un plan pluriannuel de lutte contre l'antisémitisme "cette bête immonde" !

Edouard Philippe, Premier ministre à  la synagogue Bullault à  Paris

Lors d'une allocution devant les représentants de la communauté juive, à  la synagogue de la rue Buffault à  Paris, le Premier ministre français a annoncé la mise en oeuvre à  partir de 2018 d'un nouveau plan de lutte contre l'antisémitisme.

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le soir du 2 octobre que l'Etat mettrait en oeuvre à  partir de 2018 un nouveau plan pluriannuel de lutte contre l'antisémitisme, ``cette bête immonde» qui, quand on la croit disparue, ``réapparaît encore».

Le chef du gouvernement s'exprimait lors des vœ“ux à  la communauté juive à  l'occasion du Nouvel an juif, à  la synagogue de la rue Buffault à  Paris, en présence notamment du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer et de représentants des cultes.

Edouard Philippe a plaidé l'exigence de se ``battre ensemble», avant d'ajouter : ``Et quand je dis ensemble c'est bien tous ensemble, toutes confessions, toutes philosophies confondues, contre cette bête immonde qu'est l'antisémitisme.»

Emmanuel Macron Emmanuel Macron : ``Nous ne céderons rien à  l'antisionisme, forme réinventée de l'antisémitisme» ``[Cette bête] emprunte à  la fois à  l'hydre et au phénix [...] quand on le croit disparu, il réapparaît encore et encore», a-t-il encore détaillé.

Le Premier ministre a cité, au titre des causes de cet antisémitisme, ``l'ultraviolence du terrorisme islamiste», énumérant l'assassinat d'Ilan Halimi en 2006 et la tuerie dans une école juive de Toulouse en 2012, pour laquelle le frère du djihadiste Mohamed Merah, accusé de complicité, comparaît depuis le 2 octobre devant la cour d'assises spéciales de Paris.

Edouard Philippe a également rappelé l'attaque contre l'Hyper Cacher en janvier 2015, l'assassinat par défenestration de Sarah Halimi en avril dernier, puis la séquestration d'une famille en septembre à  Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.

Pour le chef du gouvernement, si les actes antisémites ont baissé en 2016 (-58,5%), ce recul ne devrait pas faire oublier une autre réalité, celle de la ``banalisation de l'antisémitisme et de sa forme réinventée [...] qu'est l'antisionisme».

Rendant hommage à  Manuel Valls - présent et très applaudi - et à  son plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme de 100 millions d'euros lancé au printemps 2015, Edouard Philippe a annoncé qu'un nouveau plan du même type serait mis en oeuvre pour la période 2018-2020.

``Un de ses objectifs sera de combattre l'antisémitisme sur internet, en particulier le déferlement de haine qui s'abat sur les réseaux sociaux», a-t-il précisé.

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