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mardi 5 mars 2019

Emmanuel Macron: "Pour une renaissance européenne"

Le président français Emmanuel Macron précise son credo sur l`Europe, à  quelques semaines des élections européennes. Voici son texte tel que reçu par les Médias dont Réveil FM International:

Citoyens d`Europe,

Si je prends la liberté de m`adresser directement à  vous, ce n`est pas seulement au nom de l`histoire et des valeurs qui nous rassemblent. C`est parce qu`il y a urgence. Dans quelques semaines, les élections européennes seront décisives pour l`avenir de notre continent.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, l`Europe n`a été aussi nécessaire. Et pourtant, jamais l`Europe n`a été autant en danger.

Le Brexit en est le symbole. Symbole de la crise de l`Europe, qui n`a pas su répondre aux besoins de protection des peuples face aux grands chocs du monde contemporain. Symbole, aussi, du piège européen. Le piège n`est pas l`appartenance à  l`Union européenne ; ce sont le mensonge et l`irresponsabilité qui peuvent la détruire. Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l`accès au marché européen ? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à  la frontière du passé ? Le repli nationaliste ne propose rien ; c`est un rejet sans projet. Et ce piège menace toute l`Europe : les exploiteurs de colère, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.

Face à  ces manipulations, nous devons tenir debout. Fiers et lucides. Dire d`abord ce qu`est l`Europe. C`est un succès historique : la réconciliation d`un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. Ne l`oublions jamais. Et ce projet continue à  nous protéger aujourd`hui : quel pays peut agir seul face aux stratégies agressives de grandes puissances ? Qui peut prétendre être souverain, seul, face aux géants du numérique ? Comment résisterions-nous aux crises du capitalisme financier sans l`euro, qui est une force pour toute l`Union ? L`Europe, ce sont aussi ces milliers de projets du quotidien qui ont changé le visage de nos territoires, ce lycée rénové, cette route construite, l`accès rapide à  Internet qui arrive, enfin. Ce combat est un engagement de chaque jour, car l`Europe comme la paix ne sont jamais acquises. Au nom de la France, je le mène sans relà¢che pour faire progresser l`Europe et défendre son modèle. Nous avons montré que ce qu`on nous disait inaccessible, la création d`une défense européenne ou la protection des droits sociaux, était possible.

Mais il faut faire plus, plus vite. Car il y a l`autre piège, celui du statu quo et de la résignation. Face aux grands chocs du monde, les citoyens nous disent bien souvent : `` Où est l`Europe ? Que fait l`Europe ? ». Elle est devenue à  leurs yeux un marché sans à¢me. Or l`Europe n`est pas qu`un marché, elle est un projet. Un marché est utile, mais il ne doit pas faire oublier la nécessité de frontières qui protègent et de valeurs qui unissent. Les nationalistes se trompent quand ils prétendent défendre notre identité dans le retrait de l`Europe ; car c`est la civilisation européenne qui nous réunit, nous libère et nous protège. Mais ceux qui ne voudraient rien changer se trompent aussi, car ils nient les peurs qui traversent nos peuples, les doutes qui minent nos démocraties. Nous sommes à  un moment décisif pour notre continent ; un moment où, collectivement, nous devons réinventer politiquement, culturellement, les formes de notre civilisation dans un monde qui se transforme. C`est le moment de la Renaissance européenne. Aussi, résistant aux tentations du repli et des divisions, je vous propose de bà¢tir ensemble cette Renaissance autour de trois ambitions : la liberté, la protection et le progrès.

Défendre notre liberté

Le modèle européen repose sur la liberté de l`homme, la diversité des opinions, de la création. Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là  où, à  chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à  peser sur nos votes. Je propose que soit créée une Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à  chaque Etat membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. Dans cet esprit d`indépendance, nous devons aussi interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères. Nous devrons bannir d`Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l`individu est le fondement de notre civilisation de dignité.

Protéger notre continent

Fondée sur la réconciliation interne, l`Union européenne a oublié de regarder les réalités du monde. Or aucune communauté ne crée de sentiment d`appartenance si elle n`a pas des limites qu`elle protège. La frontière, c`est la liberté en sécurité. Nous devons ainsi remettre à  plat l`espace Schengen : tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrà´le rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d`asile, avec les mêmes règles d`accueil et de refus). Une police des frontières commune et un office européen de l`asile, des obligations strictes de contrà´le, une solidarité européenne à  laquelle chaque pays contribue, sous l`autorité d`un Conseil européen de sécurité intérieure : je crois, face aux migrations, à  une Europe qui protège à  la fois ses valeurs et ses frontières.

Les mêmes exigences doivent s`appliquer à  la défense. D`importants progrès ont été réalisés depuis deux ans, mais nous devons donner un cap clair : un traité de défense et de sécurité devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l`OTAN et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires, clause de défense mutuelle rendue opérationnelle, Conseil de sécurité européen associant le Royaume‑Uni pour préparer nos décisions collectives.

Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence. Quelle puissance au monde accepte de poursuivre ses échanges avec ceux qui ne respectent aucune de ses règles ? Nous ne pouvons pas subir sans rien dire. Nous devons réformer notre politique de concurrence, refonder notre politique commerciale : sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à  nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles, comme les normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l`impà´t ; et assumer, dans les industries stratégiques et nos marchés publics, une préférence européenne comme le font nos concurrents américains ou chinois.

Retrouver l`esprit de progrès

L`Europe n`est pas une puissance de second rang. L`Europe entière est une avant‑garde : elle a toujours su définir les normes du progrès. Pour cela, elle doit porter un projet de convergence plus que de concurrence : l`Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d`Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à  chaque pays et discuté chaque année collectivement.

Renouer avec le fil du progrès, c`est aussi prendre la tête du combat écologique. Regarderons-nous nos enfants en face, si nous ne résorbons pas aussi notre dette climatique ? L`Union européenne doit fixer son ambition - 0 carbone en 2050, division par deux des pesticides en 2025 - et adapter ses politiques à  cette exigence : Banque européenne du climat pour financer la transition écologique ; force sanitaire européenne pour renforcer les contrà´les de nos aliments ; contre la menace des lobbies, évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l`environnement et la santé... Cet impératif doit guider toute notre action : de la Banque centrale à  la Commission européenne, du budget européen au plan d`investissement pour l`Europe, toutes nos institutions doivent avoir le climat pour mandat.

Le progrès et la liberté, c`est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l`Europe doit anticiper. C`est pour cela qu`elle doit non seulement réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à  la concurrence, transparence de leurs algorithmes…), mais aussi financer l`innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l`innovation d`un budget comparable à  celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l`intelligence artificielle.

Une Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l`Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d`avenir. En assumant un destin commun, en soutenant son développement de manière ambitieuse et non défensive : investissement, partenariats universitaires, éducation des jeunes filles…

Liberté, protection, progrès. Nous devons bà¢tir sur ces piliers une Renaissance européenne. Nous ne pouvons pas laisser les nationalistes sans solution exploiter la colère des peuples. Nous ne pouvons pas être les somnambules d`une Europe amollie. Nous ne pouvons pas rester dans la routine et l`incantation. L`humanisme européen est une exigence d`action. Et partout les citoyens demandent à  participer au changement. Alors d`ici la fin de l`année, avec les représentants des institutions européennes et des Etats, mettons en place une Conférence pour l`Europe afin de proposer tous les changements nécessaires à  notre projet politique, sans tabou, pas même la révision des traités. Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels. Elle définira une feuille de route pour l`Union européenne traduisant en actions concrètes ces grandes priorités. Nous aurons des désaccords, mais vaut-il mieux une Europe figée ou une Europe qui progresse parfois à  différents rythmes, en restant ouverte à  tous ?

Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrà´le de leur destin ; dans cette Europe, le Royaume-Uni, j`en suis sà»r, trouvera toute sa place.

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jeudi 17 janvier 2019

La lettre de Benoît Hamon au Président Emmanuel Macron !

Benoit Hamon et Emmanuel Macron lors du grand débat de l'élection présidentielle en 2017

Alors qu'Emmanuel Macron a écrit aux Français pour mettre en place le cadre du grand débat national, Benoît Hamon, membre fondateur du mouvement Génération.s a écrit au président de la République pour "lui dire au nom de [son] mouvement que nous considérons que la question démocratique suppose que l'on discute de tout, y compris du rà´le du président de la République parce que c'est un des sujets qu'il écarte par principe de la discussion".

Monsieur le Président de la République,

Le contraire de la connaissance, ce n`est pas l`ignorance, c`est la certitude. Vous avez trop de certitudes. J`ai lu la lettre que vous avez adressée à  tous les Français. Vous leur proposez un débat mais c`est vous qui fixez la teneur des questions, leur nombre et leur champ restrictif. Ce débat public commence mal quand les membres du gouvernement passent plus de temps à  énoncer la liste des questions interdites plutà´t que de laisser nos concitoyens exprimer sans entrave leurs doléances.

Je vois dans votre méthode, une nouvelle manifestation de la méfiance intrinsèque de votre quinquennat à  l`égard du peuple. Comme si les Français étaient en retard sur leurs élites, comme s`ils n`étaient pas les meilleurs experts de leur propre vie. Et pourtant, nous avons tant besoin de retrouver une communauté de destin.

La planète n`est plus assez grande pour héberger la civilisation vorace et productiviste dont vous êtes un des derniers apà´tres. Les buts de cette civilisation, posséder, produire, consommer, exploiter la nature sans limite, ne sont plus soutenables et pourtant, en dépit du cri d`alarme des scientifiques relayé par des millions de citoyens signataires de la pétition pour l`affaire du siècle, en dépit des dizaines de millions de femmes et d`hommes jetés sur les routes de l`exil par la pauvreté et le dérèglement climatique, en dépit de la colère qui monte partout en réponse à  l`accaparement de la richesse par une minorité d`ultra-riches, vous continuez à  fixer comme but à  notre civilisation, la croissance du PIB et d`indexer le bonheur des êtres humains sur la seule richesse matérielle.

Jamais vous ne dites à  nos concitoyens qu`il faudrait radicalement changer de cap, trier et choisir dans nos modes de vie `` ce dont nous ne pouvons et dont nous ne voulons pas nous passer » pour engager sereinement et démocratiquement les transitions indispensables.

La crise que nous vivons, n`est pas un épisode social parmi d`autres, c`est une crise sur l`essence même et les buts de notre civilisation.

A force d`injustices, votre présidence est devenue celle du désordre. A force d`inégalités, votre quinquennat est désormais celui de la révolte des Français. Le mouvement des Gilets jaunes vous a contraint à  écouter le désespoir qui gagne, chaque jour davantage, notre peuple. Une écoute contrainte, à  défaut, hélas, d`être attentive car à  la question de la redistribution des richesses, vous répondez par une charité financée par les Français eux-mêmes ; à  la question démocratique, vous apportez une réponse sécuritaire ; à  la question écologique, votre réponse est une politique minée par vos liens avec les lobbies les plus polluants et votre gabegie fiscale au profit des plus fortunés.

Il est urgent, Monsieur le Président de la République, de vous hisser enfin à  la hauteur des fonctions que nos concitoyens vous ont confiées. Elu face à  l`extrême-droite grà¢ce à  l`esprit responsable de républicains de toutes convictions, vous n`avez eu de cesse d`abîmer cette concorde pour appliquer sans discernement ni retenue un programme au service exclusif d`une minorité privilégiée.

Notre pays a besoin de retrouver l`espoir et les voies d`un dialogue national apaisé. Notre nation doit être mobilisée vers notre avenir collectif autour d`un grand projet de société à  la fois écologique, social et profondément démocratique. Les Français ne demandent qu`à  partager une communauté de destin dont votre politique de division les prive. La situation grave de notre pays appelle en effet un grand débat démocratique. Mais celui-ci ne peut se résumer à  un artifice de communication de la part d`un pouvoir qui a continà»ment méprisé les corps intermédiaires, le Parlement et, par vos excès de langage récurrents, les citoyens eux- mêmes.

Soyez pour une fois, humble devant la clairvoyance des Français à  vous dire ce qui est bon pour eux, pour notre pays, pour notre destin, quelles sont les bonnes questions et les bonnes réponses. Je porte au nom de Génération·s, les propositions suivantes :

Je vous demande que ce débat national ouvre un processus constituant. La Vème République connait à  l`évidence son crépuscule. Mais dans cette interminable agonie, le risque le plus grand est qu`elle emporte avec elle notre liberté. Les Français veulent respirer l`air d`une démocratie qui ne soit plus vicié par les lobbies privés ou la technocratie. Il faut renouer avec l`ambition de la `` démocratie constante » chère à  Pierre Mendès- France. Je vous demande donc de vous engager en faveur de la création d`une assemblée constituante qui au terme du débat national engagera la rédaction de la constitution d`une VIème République soumise à  l`approbation du peuple français par referendum.

Je vous demande que ce débat national permette une nouvelle répartition des richesses. Si les salaires et les pensions sont si bas, si les entreprises licencient et multiplient les contrats précaires, si la souffrance au travail augmente, si les services publics désertent la France rurale, si l`hà´pital public se tiermondise, si les associations mettent la clé sous la porte, si l`école ne parvient plus à  enrayer les inégalités sociales, c`est en raison d`une richesse qui se concentre entre les mains d`une toute petite minorité plutà´t que de servir l`intérêt général. Vous deviez être le Président de tous les Français mais c`est à  cette minorité privilégiée que vous avez réservé toutes vos bontés. Il est l`heure d`un choc positif pour le revenu des Français grà¢ce à  l`expérimentation du revenu universel d`existence, au rétablissement de l`indexation des retraites sur les prix, à  la hausse du SMIC et l`ouverture d`une négociation sur l`augmentation des salaires dans le secteur privé comme dans la fonction publique. Il faut aussi éradiquer la pauvreté qui est une honte pour un pays aussi riche que le nà´tre grà¢ce à  la taxation massive des contrats précaires, des résidences secondaires inoccupées et des logements insalubres. Pour cela, il faudra mieux redistribuer la richesse grà¢ce au rétablissement immédiat de l`ISF, à  la taxation des GAFA, à  la montée en puissance d`une véritable taxe sur les transactions financières ou à  élargissement de l`assiette des cotisations sociales patronales à  la valeur ajoutée, c`est à  dire la mise en place d`une taxe sur les robots pour financer les retraites.

Je vous demande enfin d`engager un changement de notre modèle de développement. L`économiste américain, Kenneth E.Boulding, prétendait que `` celui qui croit qu`une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». Epargnez à  nos enfants de devoir un jour vous infliger le jugement tragique de l`Histoire parce que vous n`auriez pas été capable d`engager la nation dans la mutation de ses modes de production et de consommation. Vous avez opposé justice sociale et transition écologique. Comment pouvez-vous ignorer que les premières victimes de la malbouffe, ceux qui respirent l`air le plus pollué à  proximité des grands axes routiers, ceux qui vivent dans des passoires énergétiques, ceux dont la santé est menacée, sont les Français les plus modestes. Les inégalités environnementales sont des inégalités sociales. Quelle responsabilité grave, avez-vous pris vis-à -vis des générations futures, de nos enfants et de ceux qu`ils feront, en retardant l`engagement total de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour la biodiversité et l`amélioration de la qualité de l`air.

Il faut une opération `` mains propres », et tant pis si cela doit frapper d`abord ces grandes entreprises qui dissimulent leur impact négatif sur le climat derrière les parades sans lendemain de vos grand-messes environnementales. Je vous demande la taxation intégrale des profits des banques issus de leur soutien aux énergies fossiles, de la création d`une contribution financière des entreprises qui exploitent les biens communs de l`humanité (eau, ressources fossiles, axes de communication, information, etc...) et la fin du droit à  polluer gratuitement alloué aux grandes entreprises. Il vous revient aussi de mettre un terme à  l`impunité des évadés fiscaux qui spolient la France de ses ressources. Monsieur le Président de la République, à  vous observer résister par tous les moyens de l`Etat, parmi lesquels une répression de plus en plus brutale, à  l`irruption du peuple dans l`histoire de notre pays, je pense à  Albert Camus qui disait qu`il revenait à  sa génération, une tà¢che plus grande encore que celle de refaire le monde, qui consistait à  empêcher que le monde ne se défasse. Depuis le mois de mai 2017, vous défaites la France et ce qui fait la modernité de ses valeurs. Les Français vous ont stoppé dans votre œ“uvre de démolition.

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mardi 15 janvier 2019

Lettre aux Français d'Emmanuel Macron !

Emmanuel Macron écrit à  ses compatriotes

Près de deux mois après le début du mouvement de contestation sociale des `` gilets jaunes », la `` lettre aux Français » d`Emmanuel Macron, rendue publique par l`Elysée dimanche 13 janvier, a pour but de cadrer les enjeux du `` grand débat national », voulu par le président, qui doit s`ouvrir mardi

Lettre aux Français

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d`interrogations et d`incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes. La France n`est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu`ailleurs. L`exigence d`entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impà´t sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l`éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à  tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chà´mage, peuvent être surmontés, grà¢ce à  l`effort partagé par tous. C`est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. C`est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d`opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à  prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à  décider du destin de tous : c`est tout cela, la nation française. Comment ne pas éprouver la fierté d`être Français ?

Je sais, bien sà»r, que certains d`entre nous sont aujourd`hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impà´ts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n`offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d`où l`on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d`effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n`accepter aucune forme de violence. Je n`accepte pas, et n`ai pas le droit d`accepter la pression et l`insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n`accepte pas et n`ai pas le droit d`accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir. C`est pourquoi j`ai proposé et je lance aujourd`hui un grand débat national qui se déroulera jusqu`au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J`ai eu de nombreux retours que j`ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à  des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l`Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à  l`étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à  l`initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rà´le essentiel car ils sont vos élus et donc l`intermédiaire légitime de l`expression des citoyens.

Pour moi, il n`y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d`accord sur tout, c`est normal, c`est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n`a pas peur de parler, d`échanger, de débattre. Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d`accord, majoritairement, au-delà  de nos préférences, plus souvent qu`on ne le croit.

Je n`ai pas oublié que j`ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu`il faut rendre à  la France sa prospérité pour qu`elle puisse être généreuse, car l`un va avec l`autre. Je pense toujours que la lutte contre le chà´mage doit être notre grande priorité, et que l`emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu`il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu`il faut rebà¢tir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à  la racine. Je pense toujours que l`épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à  repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n`a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d`envisager l`avenir, de nouvelles idées.

à€ ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d`entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à  des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C`est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l`organisation de l`Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d`ores et déjà  exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n`épuisent pas le débat mais me semblent au cœ“ur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impà´ts, nos dépenses et l`action publique. L`impà´t est au cœ“ur de notre solidarité nationale. C`est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œ“uvrent à  votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d`avenir, notre recherche, notre culture, ou d`entretenir nos infrastructures. C`est aussi l`impà´t qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l`impà´t, lorsqu`il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s`investir dans les entreprises, créant ainsi de l`emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d`encourager l`investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d`être votées et commencent à  peine à  livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impà´ts faut-il à  vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu`il en soit, poursuivre les baisses d`impà´t sans baisser le niveau global de notre dépense publique. Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à  faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à  leur utilité ? A l`inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d`autres trop cher en raison des cotisations qu`ils paient. L`efficacité de la formation comme des services de l`emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à  y répondre, après de larges concertations, à  travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chà´mage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c`est l`organisation de l`Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coà»t, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hà´pitaux, tribunaux sont indispensables à  notre cohésion sociale. Y a-t-il trop d`échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d`action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l`Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l`administration et comment ?

Comment l`Etat et les collectivités locales peuvent-ils s`améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à  notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l`air. Aujourd`hui personne ne conteste l`impérieuse nécessité d`agir vite. Plus nous tardons à  nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l`impà´t, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à  tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutà´t au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à  nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à  cet égard ? Comment faire partager ces choix à  l`échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à  leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu`il nous faut redonner plus de force à  la démocratie et la citoyenneté. àŠtre citoyen, c`est contribuer à  décider de l`avenir du pays par l`élection de représentants à  l`échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à  l`issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d`élus ?

Quel rà´le nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d`écouter plus souvent la voix de ses citoyens. Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à  la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l`initiative ?

La citoyenneté, c`est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c`est le devoir de l`asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s`est aussi toujours ouverte à  ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à  la recherche d`un avenir meilleur : c`est comme cela qu`elle s`est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd`hui bousculée par des tensions et des doutes liés à  l`immigration et aux défaillances de notre système d`intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l`intégration dans notre Nation ? En matière d`immigration, une fois nos obligations d`asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à  ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d`importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu`elle permet à  chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l`Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à  débattre pour répondre à  ces questions déterminantes pour l`avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà  de ces sujets que je vous propose, évoquer n`importe quel sujet concret dont vous auriez l`impression qu`il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j`ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n`est ni une élection, ni un référendum. C`est votre expression personnelle, correspondant à  votre histoire, à  vos opinions, à  vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d`à¢ge ni de condition sociale. C`est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

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lundi 1 octobre 2018

Emmanuel Macron rend hommage à  Charles Aznavour !

Le président Emmanuel Macron (g), sa femme Brigitte et le chanteur Charles Aznavour (d) lors du dîner officiel en l'honneur du prince héritier du Japon au chà¢teau de Versailles, le 12 septembre 2018

Emmanuel Macron, Président de la République a rendu un vibrant hommage à  Charles Aznavour, décédé lundi à  94 ans, affirmant que "ses chefs d'oeuvre, son timbre, son rayonnement unique lui survivront longtemps".

"Profondément français, attaché viscéralement à  ses racines arméniennes, reconnu dans le monde entier, Charles Aznavour aura accompagné les joies et les peines de trois générations"LeCharles Aznavour, c'était avant tout un "timbre de voix". Le chanteur est décédé à  l'à¢ge de 94 ans, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2018. Sur scène, il impressionnait par sa vitalité intacte. Voici son texte tel que parvenu à  la rédaction de Réveil FM International:

Charles Aznavour, l`une des plus belles plumes et l`une des voix les plus émouvantes de la chanson française, nous a quitté aujourd`hui. Il chantait si bien les élans du cœ“ur, les joies et les peines du quotidien, il posait des mots si justes et si forts sur ce que nous sommes, et depuis tant de temps, que même les moins de vingt ans ne peuvent pas ne pas être endeuillés.

Auteur éloquent et élégant, ses mots nous racontaient avec poésie. Mélodiste hors pair, ses airs accompagnaient nos vies. Lui, le fils d`immigrés, était le chantre de l`esprit français et de la vie parisienne, capable de croquer comme nul autre la vie de bohème des artistes de Montmartre ou de décrire la vie de scène qu`il aimait tant. Il était l`exégète des grands sentiments, chantant aussi bien l`appel du large, le temps qui passe et la nostalgie d`une jeunesse envolée, la perte et le deuil, que l`incompréhension d`un jeune homosexuel face aux conservatismes.

Puisant son inspiration au plus profond de ses racines, il signa plus de 1000 titres qui traversèrent les époques, les langues et les frontières. Amoureux de tous les arts, Charles Aznavour était aussi un grand comédien, sur scène comme à  l`écran, ciselant des gestes précis et inspirés pour faire vibrer ses chansons par-delà  les mots, par-delà  sa voix, par toutes les fibres de son corps, et incarnant avec justesse des personnages complexes pour le septième art. Il reçut en 1997 un César d`honneur pour l`ensemble de son œ“uvre et notamment pour son travail avec François Truffaut et Henri Verneuil. Mais c`est sans doute son rà´le dans Ararat, ce film relatant le génocide arménien, qui fut le plus bouleversant. Car Charles Aznavour incarnait là  son histoire, celle d`une Arménie qu`il ne cessa jamais de défendre, au travers de sa fondation, de chanter, et de faire rayonner en tant que représentant de cette jeune République auprès des Nations Unies. L`Arménie était sa cause, mais la France était sa vie : Charles Aznavour soulignait toujours ce qu`il devait à  notre patrie où, de scènes de café en cabarets, de premières parties en enregistrements, et de grands succès en tournées triomphales, il façonna, lui à  qui on avait dans sa jeunesse déconseillé de chanter, sa légende de poète de la langue française et de monument de la chanson. Combien eut-il raison, contre beaucoup d`abord, pour le bonheur de tous ensuite, de se voir tout en haut de l`affiche !

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