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jeudi 26 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Connivence journalistes et politiques ?

Au Festival International du journalisme, c'est l'un des ateliers qui attirent du monde: l'atelier politique ! Avec des thèmes aussi variés: les journalistes sont-ils vraiment indépendants du monde politique ? Quand journalistes et politiques échangent leurs places, connivence: comment ça commence, être journaliste politique à  l'ère Macron, sous Macron, la communication l'emporte-t-elle sur l'information ? Peut-on exiger la transparence totale du pouvoir ? Les Français sont politiques, ils aiment et s'informent sur la politique. Ils sont nombreux, certains n'ont pas hésité à  s'asseoir sur de la paille. L`appétit de lire, de comprendre et d`interpeller les professionnels de l`information est une caractéristique que les festivaliers de Couthures-sur-Garonne partagent bien volontiers. Durant trois jours à  partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures s'était transformer en forum à  ciel ouvert où l`on a parlé journalisme et actualité, Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d`actualité se cà´toieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016.

Les deux modérateurs de l'atelier politique, journalistes d'investigation au Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont connus par leur livre: Un président ne devrait pas dire ça..., sous-titré Les secrets d'un quinquennat, consacré aux cinq années d'entretiens privés des deux hommes avec le président de la République française François Hollande. L'ouvrage est à  l'origine d'une importante polémique notamment au sein de la gauche républicaine, et est considéré comme l'un des facteurs conduisant au renoncement de François Hollande à  se présenter à  l'élection présidentielle française de 2017.

Le Basque, avec son accent reconnaissable et voix familière, Jean-Michel Apathie, en trente ans de journalisme politique, a écumé les titres de la presse écrite, les radios et les chaînes de télévision. A la rentrée, il sera sur Europe 1. Témoin privilégié, il interviewe le monde politique français. Mieux que quiconque, il a vu "l`ancien monde" muter. A Couthures-sur-Garonne, Jean-Michel Aphatie était l'un des animateur de l'atelier politique au Festival International du Journalisme. Objectif pour être en contact direct avec ses téléspectateurs, auditeurs et lecteurs. Mais aussi écouter les critiques que les citoyens font de journalistes politiques. Nous apprenons de Jean-Michel Apathie qu'il vote toujours blanc depuis 1988, qu'il vouvoie ses amis politiques à  l'antenne, qu'il déjeune mais ne dîne jamais avec les hommes politiques..." !

Le présentateur de télévision David Pujadas sur LCI, qui a été présentateur vedette de France Télévision, qui a présenté le journal de 20h de France 2 durant 16 ans, raconte la remontée du journal de 20 heures sur la chaîne publique grà¢ce à  l`investissement délibéré de sa rédaction sur les sujets présumés compliqués comme la politique, l`économie ou l`actualité internationale. Il y a quarante ans, la télévision en France était aux ordres, elle est plus indépendante aujourd'hui. Vient le moment, pour le public, d`interroger les panélistes. Première question sur la connivence et sur le ``formatage» de médias trop souvent semblables. Seconde question sur le besoin de s`extirper de l`engrenage des ``news» instantanées.

Sonia Devillers de France Inter au Festival International du Journalisme

Présentatrice iconoclaste de 41 ans, Sonia Devillers est à  l`antenne de France Inter, chaque matin à  6 h 53 puis 9 h 40 pour L`Instant télé puis L`Instant M. “Enthousiaste ou mordant, L`Instant M n`est jamais dans le règlement de comptes ni le copinage. Les gens que je reçois ne sont ni mes amis, ni mes ennemis”. C'est elle qui rassure parmi les panélistes que malgré le fait que Nicolas Sarkozy, élu président de la République, s'était permis de nommer les présidents de chaines de télévisions et stations de radios publiques, y compris les membres du Conseil Supérieur de l`Audiovisuel (CSA). Cela n'a pas empêché d'être battu par François Hollande en 2012.

Toujours le contact et toujours la distance" ce sont encore les règles du journalisme! Le journaliste dit pratiquer sa profession comme un `` sport de combat rapproché ». Il reprend la formule `` le contact et la distance » d`Hubert Beuve-Méry (fondateur du Monde - NDLR) mais revendique la volonté d`être d`abord au contact pour, ensuite, prendre de la distance. Beuve-Méry disait, lui, qu`il faut être l`un et l`autre. Il expliquait à  ses journalistes qu`ils avaient le droit d`être invités par le pouvoir politique `` à  condition de cracher dans les plats ».

Lors d`une conférence de presse de janvier 2008, Laurent Joffrin pose une question à  Nicolas Sarkozy sur la `` monarchie élective ». Les autres journalistes ont ri. Ce qui a choqué les Anglo-Saxons, car, chez eux, quand un homme politique ne répond pas à  une question, le prochain la repose, et ainsi de suite, jusqu`à  obtenir une réponse.

En France, à  Sciences-Po se cà´toient les futures élites politiques et médiatiques. Journalistes et personnalités politiques appartiennent souvent au même milieu sociologique. Une presse plus indépendante du pouvoir, qui ressemble à  la population, est impérative pour une revitalisation démocratique.

Les grands patrons rachètent la presse, non pour faire de l`argent, mais pour obtenir un outil d`influence.

Entre le pouvoir politique, médiatique et économique, les médias sont le parent pauvre, à  la merci des deux autres. Et cette interdépendance croissante entre pouvoir économique et politique se fait au détriment de l`indépendance de la presse.

Le journalisme est un métier de grande précarité économique, ce qui rend les journalistes plus faibles lorsqu`ils proposent des articles. La prise de conscience des journalistes se heurte à  cette réalité économique, car l`ubérisation du métier fragilise les tentatives de contestation de ces deux pouvoirs.

Le problème plus général, c`est celui de ce contact, de cette relation entre journalistes et personnalités politiques, contact qui est nécessaire puisqu`on n`a pas l`information si on n`a pas un minimum de contact avec les personnalités politiques, alors qu`on a un besoin de distance pour préserver l`indépendance sans laquelle il n`y a pas d`objectivité.

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mercredi 25 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Christophe Nigean raconte Liberia !

Christophe Nigean au Festival International du Journalisme

Nous sommes attablés pendant plus de deux heures avec Christophe Nigean au ptit roquet à  Couthures-sur-Garonne et nous parlions "Liberia", la saga des anciens esclaves devenus oppresseurs mais aussi de George Weah, le président Libérien, qui a reçu le livre. Le deuxième tome est en préparation. Le nom `` Liberia » a pour racine le mot `` Liberté ». La devise de la République proclame fièrement : `` L`amour de la liberté nous a amenés ici ». Le pays est né d`un très beau rêve, celui de Paul Cuffe, un nom on ne peut plus akan : faire revenir sur les terres de leurs ancêtres, les Noirs mis en esclavage aux Etats-Unis ! Un rêve qui arrangeait aussi les Blancs racistes, de plus en plus nombreux. Las ! La République indépendante, proclamée en 1847, sera à  son tour raciste, car les colons `` américano-libériens » refusent aux `` indigènes » les droits de la citoyenneté, sur leurs propres terres !

Christophe Nigean et Pierre Haski, président de Reporters sans frontières

Liberia est un roman de Christophe Nigean qui comporte toutes les qualités d`un livre d`histoire avec, en plus, une belle dose d`inventions crédibles. Fondé sur ce genre d`enquêtes dont les policiers ont le secret, c`est l`histoire en trois temps d`un drame inattendu mais prévisible : d`abord, le rêve de `` la Terre promise » ; puis, l`indépendance, Negroland devient Liberia ; enfin, l`invention de privilèges réservés aux seuls Américano-Libériens. Tout ce qu`il faut pour comprendre la tragédie libérienne. Depuis longtemps spécialiste de l`Afrique, Christophe Naigeon s`est appuyé sur une documentation rigoureuse, sur des livres de mémoires, des échanges de lettres oubliés dans des bibliothèques, et sur un encadrement académique dans le cadre de la prestigieuse Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, pour nous raconter sur cinq cent pages cette histoire.

Julius Washington, le premier reporter noir de Nouvelle-Angleterre s'embarque en 1811 pour l'Afrique sur un navire du capitaine Paul Cuffee, riche armateur, métis d'ancien esclave et d'Indienne, qui rêve du Grand Retour des affranchis vers l'Afrique, "continent de leurs ancêtres". Il doivent y établir une colonie pour vivre en liberté et mettre fin au trafic d'humains. Julius sera toute sa vie le témoin de la réalisation de ce rêve dont les colons venus d'Amérique feront un cauchemar pour les indigènes, leurs "frères de couleur". Une parabole sur la "race" et la culture.

Le héros: Julius Washington

Journaliste débutant à€ New Bedford, un grand port baleinier du Massachusetts, Julius Washington, fils d'une Noire émancipée férue de lecture et d'un marin africain parti sans laisser d'adresse, rêve de naviguer et d`écrire. Un jour de 1807 il couvre le départ pour Londres d'un navire chargé de coton "ambassadeur des esclaves du Sud". Son capitaine, Paul Cuffee, noir riche et influent, veut convaincre les Anglais d'accueillir dans leur comptoir de Sierra Leone les "frères de couleur" qui voudraient "retourner sur le continent de leurs ancêtres" et y produire de quoi remplacer le fret humain de la Traite par des cargaisons morales. Julius va consacrer sa vie à  témoigner de ce qu'il adviendra de l'idée du "Retour".

Il participe aux expéditions de Paul Cuffee et, après sa mort, a celles organisées par l'American Colonization Society créée par les planteurs du Sud pour se débarrasser de leur trop-plein de Nègres turbulents. Ils cherchent un lieu pour les débarquer. Julius participe aux recherches, aux marchandages avec les "Rois nègres" plus rusés que ne le pensent les "civilisés", aux tentatives lamentables où la plupart des colons meurent. Il traverse des tempêtes sur la mer, découvre la violence, la veulerie, la générosité et le courage des protagonistes, blancs et noirs, américains et africains. Parmi eux, un capitaine négrier, cynique au grand cœ“ur, un planteur sudiste qui ne voit pas d`avenir à  l'esclavage, un aventurier africain qui veut que la Traite se poursuive jusqu`à  ce que les Noirs chassent les Blancs d'Amérique... et des femmes de caractère, cultivées et militantes, ou trafiquantes d'armes et d'ivoire.

Quand enfin les colons, au prix d'une hécatombe, bà¢tissent ce qui ressemble à  un pays qu`ils appellent "Liberté", Julius s`y installe. Il regarde cette graine d'Amérique germer en terre africaine. Elle pousse de travers. Introduit dans la caste dirigeante des Mulà¢tres comme parmi petits Blancs - les indigènes les nomment ainsi - il décrit dans ses livres publiés en Amérique la naissance d'une dictature de ceux qui, puisqu'ils ne sont plus esclaves, doivent être les maîtres. Absolus. Sous prétexte que leurs "frères d'Afrique" sont sans Dieu et continuent de vendre des esclaves, ils les soumettent et en font leurs serfs.

Julius, a la fin de sa vie, va explorer l'intérieur des terres à  la recherche de plus de vérité et de son père. Il y découvre des colons perdus, rendus à  moitié fous par la vie dans la forêt, des hommes-léopards, redoutables et mystérieux gardiens de l'Afrique irréductible. Julius meurt peu après la guerre de Sécession. L'esclavage est aboli en Amérique. Le Liberia n'a plus d'utilité. Oublié, il est livré à  ses démons. Ruth, sa fille, repart en Amérique où commence la lutte pour les droits civiques. Ceci une autre histoire.

Les noirs : Afro-Américains ou Americo-Libériens ?

Qui est blanc, qui est noir ? Qui est américain, qui est africain ? Qui est maître, qui est esclave ? LIBERIA, au-delà  de l`histoire du “retour” en Afrique de Noirs affranchis, est une parabole sur l`identité, la couleur de la peau, les origines, la culture et la manière que nous avons de regarder le monde avec les lunettes déformantes de la “race”.

Ce roman raconte les premières décennies du Libéria, connu pour les macabres scènes d`une guerre commencée en 1980 quand les “indigènes” afro-libériens fusillèrent tout le gouvernement des descendants des colons américo-libériens sur la plage où ils avaient débarqué en 1822. Les autochtones les avaient aussità´t appelés Blancs. Ils voyaient en eux des Américains, semblables à  ces négriers à  qui ils vendaient d`autres Africains. La notion de “race” n`était une évidence qu`en Amérique où la couleur désignait le serf, elle n`existait pas sur cette cà´te d`Afrique où maîtres et esclaves étaient noirs.

L`histoire du Libéria est celle d`une cruelle escroquerie raciale, d`un travestissement identitaire de la part des planteurs blancs du Sud qui revêtirent leurs esclaves noirs en surnombre des oripeaux du colon civilisateur et prosélyte de la foi qu`ils avaient été eux-mêmes pour les renvoyer en Afrique. Ainsi, en faisant dans l`autre sens le voyage transatlantique, ceux qui n`étaient qu`une marchandise puisqu`ils avaient été achetés, les plus mal traités des habitants de l`Amérique, coupés de toute racine africaine depuis plusieurs générations, anglophones et chrétiens par contrainte, interdits d`éducation, devenaient ambassadeurs de Dieu et de la Civilisation. Alors qu`il n`avaient en Amérique aucun autre avenir que l`esclavage pour leurs enfants et pour eux-mêmes l`espoir de devenir le garde-chiourme qui tient le fouet ou la servante qui accouchera des bà¢tards du maître, ces sous-hommes entraient dans l`American legend, semblable aux proscrits, putains et puritains d`Europe qui avaient fait l`Amérique, s`imposant aux Indiens par la foi et le fusil. On leur offrait la liberté, l`Afrique, le retour vers leurs racines. Roots, déjà  un mythe.

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mardi 24 juillet 2018

Festival International du Journalisme: Danielle Maillefer était présente !

Danielle Maillefer au Festival International du journalisme

Couthure-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne, ce village de 380 habitants s'investissent tous pour la réussite du troisième édition du Festival International de journalisme. Il y a du monde pour les ateliers journalisme et politique. Intérêt pour l`actualité ou simple proximité géographique, promesse de rencontres originales, besoin de comprendre le travail des journalistes, engagement écologique ou féministe… autant de raisons qui a mobilisé de milliers de personnes à  s'y rendre.

Suissesse, Danielle Maillefer y a été par sa passion du journalisme et de la communication. Elle a été responsable de l'Unicef en République démocratique du Congo, à  l'époque de la dictature mobutienne finissante. Danielle Maillefer connait la majorité des personnalités congolaises de la société civile, dont certains ornent la politicaillerie congolaise actuelle. Le virement à  800% de ceux qui défendaient le respect des droits de l'homme sous la dictature de Mobutu, sont à  la mangeoire du régime d'Alias Joseph Kabila, crachant sur leurs convictions antérieures. Elle écrit ses mémoires sur la RDC et garde des contacts au Congo. Après un bref mandat au CICR, elle a travaillé pendant 12 ans, dans le cadre des Nations Unies, avec l'OMS puis l`UNICEF, au niveau managérial, sur les terrains de conflits (ex-Yougoslavie, Afrique, Moyen-Orient). Elle a travaillé sur plusieurs des fronts qui ont marqués la décennie 90 - décennie de bouleversements suite à  la chute du mur de Berlin et le rééquilibrage des forces politiques.

Ses responsabilités l`ont amenée à  voyager sur les cinq continents et à  gérer bon nombre de crises. Avec Danielle Maillefer et "Françoise", nous avons passé trois jours de rencontres, de débats et de rendez-vous festifs, d`échanges entre festivaliers et journalistes, dans une ambiance conviviale et le cadre exceptionnel du village de Couthures-sur-Garonne.

Faire du journalisme en public et en plein air sur des sujets d`actualité, échanger sans filtre avec celles et ceux qui nous lisent, nous regardent et nous écoutent, discuter des enjeux actuels de l`information et du journalisme, refaire le monde à  minuit en bord de Garonne, c`est l`esprit du festival international du journalisme.

En Suisse, Danielle Maillefer fut la communication faite femme avec une voix très radiophonique, en parfait adéquation avec sa vocation pour la communication et l`information, même si sa vie commence d`abord comme photographe-reporter aux Etats-Unis, en Europe, Asie et Océanie.

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