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mardi 24 mars 2020

Paris: Hommage à Manu Dibango !

Paris: Hommage à Manu Dibango !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Manu Dibango.jpg, mar. 2020

Les hommages se sont multipliés des quatre coins du monde pour pleurer la légende camerounaise du jazz, Manu Dibango, décédé des suites du Covid-19, survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans.

Rédacteur à l'hebdomadaire protestant "Le Christianisme au XXè siècle", en 1994, j'avais entrepris de faire des interviews de grands artistes d'origine protestante résidant en France. Pour la série j'avais réalisé les interviews de Golden Gate Quartet, Manu Di Bango, Marcel Mboungu et les Palata, les américaines Liz MComb et Roda Scott, puis Francis Bebey. Belle série d'interview et de découvertes.

En 1994, je n'avais que 29 ans, il m'avait reçu chez lui à Champigny sur Marne. il m'avait parlé de sa foi protestante, héritée de ses parents. En effet, né à Douala au Cameroun, en 1933, il s'initie à la musique en fréquentant le temple protestant, où sa mère dirige une chorale, tout en écoutant des disques français, américains et cubains sur le gramophone familial. Après l'obtention de son certificat d'études, il part pour la France poursuivre sa scolarité, avec trois kilos de café dans sa valise pour payer ses premiers mois de pension. À force d'écumer les lieux de concert, il finit par louper une partie de son bac, à la grande fureur du paternel, qui lui coupe les vivres en 1956.

Le jeune Emmanuel n'a pas le choix, il multiplie les contrats, joue dans des cabarets, notamment à Bruxelles, où sa musique s'africanise un peu plus au contact de la communauté congolaise présente dans la capitale. Embauché par le chef d'orchestre de l'African Jazz, Joseph Kabasele, surnommé Le Grand Kalle, il parfait sa formation musicale, enregistre des disques et multiplie les tournées en Afrique. Il me confiait un jour, que les artistes congolais meurent trop jeunes: Franco Lwambo Makiadi , Rochereau Tabu Ley, Madiata...

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vendredi 20 mars 2020

France: Le pasteur Gilbert Suku Molimo mérite la présidence de la pastorale des pasteurs Congolais de France et Europe!

France: Le pasteur Gilbert Suku Molimo mérite la présidence de la pastorale des pasteurs Congolais de France et Europe!

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Gilbert Suku.jpg, mar. 2020


Arrivée en France en 1975, il n'avait que 29 ans, le pasteur Gilbert Suku Molimo Mangando est l'un des pionniers des Eglises Évangéliques de Réveil en France. Il est parmi ceux qui ont contribué à l'évangélisation de France par des pasteurs africains. Ils sont quelques uns à être sorti du lot: pasteur Mathieu Kayeye, pasteur Luzolo, pasteur Mayimona, pasteur Emmanuel Botolo, pasteur Gilbert Suku, pasteur Denis Ndelengo, Couple pastorale Moke, pasteur Bolamba..

Né dans une famille de dix enfants, dont cinq filles et cinq garçons. Dans ma famille élargie, il y a des prêtres, des évêques, et il y a eu un cardinal Frédéric Etshou, Archevêque Kinshasa, décédé le 6 janvier 2007.

Freddy Mulongo-Gilbert Suku 3.jpg, mar. 2020


Le pasteur Gilbert Suku Molimo est parmi ceux qui peuvent témoigner aujourd'hui, que son épouse Maman Emilie Suku, ses enfants et petits enfants sont engagés dans l'Eglise et servent le Seigneur. Même son jeune frère, le pasteur Charlemagne Suku prêche l’Évangile.

Pasteur responsable de l’Église « La Grâce de l’Eternel », dont à Nogent-sur-Oise, postule à la présidence de la pastorale des pasteurs Congolais de France et de l'Europe.

Freddy Mulongo-Gilbert Suku 4.jpg, mar. 2020


Le pasteur Gilbert Suku Molimo n'est un un OVNI venu de nulle part. La traçabilité de son ministère.

Il a vécu à Sarcelles. Ayant découvert la Bible, alors qu'il provient d'une famille catholique, il s'est formé pour devenir pasteur. Il est allé à l’école du pasteur Selvaraj Rajiah, "Parole de Foi et évangélisation mondiale" à La Courneuve. Il a été à l’institut biblique de Nogent-sur-Marne, et enfin, à la Faculté Évangélique de Vaux-sur-Seine.

Sa première et vraie formation aura été le travail de terrain. Évangélisation de rue et prédication dans des maisons.
L'Assemblée Évangélique le Rocher a commence dans une maison vers Marcadet-Poissonniers. L'appartement étant devenu trop étroite. L'Assemblée a demandé à l'Eglise Luthérienne de louer le dimanche après midi, l'église Saint-Paul située 90 boulevard Barbès, métro Marcadet Poissonniers, non loin de Château Rouge, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris.

Or cette église luthérienne dépendait de Mission Mission intérieure luthérienne qui était personnifiée en la personne du pasteur Jacques Fischer. Il s'était investi pour que les Églises luthériennes accueillent les Églises africaines à Paris en région parisienne pour célébrer leurs cultes dans leur liturgie.

Plus tard, Jacques Fischer, avec d'autres pasteurs protestants progressistes, s'est investi pour que les Églises africaines, en majorité congolaises, adhérent à la Fédération Protestante de France. Jacques Fischer était un ami du Zaïre, il aimait le nom Zaïre plutôt que celui de République Démocratique du Congo.

Pour soutenir l'Église du Christ au Zaïre, c'est Jacques Fischer qui, après un séjour à Kinshasa, avait obtenu une bourse d'études, à notre regretté frère Charles Mombaya, pour ses études en musicologie à la Sorbonne.

Et lorsque la délégation de l'Église du Christ au Zaïre conduite par l’Évêque Jean Bokeleale est venue en 1995 invitée par la Fédération Protestante de France, Jacques Fischer était présent et avait plaidé pour le rapprochement de deux plus grandes fédérations d'Églises au niveau francophone, lors d'une réunion organisée au siège du Défap.

L'Eglise luthérienne étant devenue petite, l'Assemblée Évangélique le Rocher déménagea à dans la zone industrielle de Montreuil. Aux côtés du pasteur Emmanuel Botolo, le pasteur Gilbert s'y investi dans les travaux de la diaconie et de l'évangélisation. Il a quitté Sarcelles pour Nogent-sur-Oise. Mais tous les jours, il était à Paris pour enseigner, s'occuper des fidèles et organiser la chorale. Ce travail bénévole et pionnier a été bénéfique, car le pasteur Gilbert Suku Molimo Mangando met sa foi dans le Seigneur. Maman Emilie Suku a été d'un grand soutien pour son mari.

Petite anecdote, c'est à l'Assemblée Évangélique le Rocher à Montreuil, après la rencontre de la COF 5 à Bordeaux, 22 pasteurs Congolais vinrent à Paris. La majorité d'entre eux prêchèrent au Rocher.  Le témoignage de Frère Jacob Dominique Sakombi Inongo à l'Assemblée Évangélique le Rocher à Montreuil  dans la région parisienne est mémorable. C'était le 4 août 1993 ! A l'époque responsable de communication des Eglises Zaïroises en France (CEZAF) auprès de la Fédération Protestante de France, je l'avais interviewé  à Fréquence Protestante , rue Denis-Poisson, Métro Argentine, à proximité de l'aveneue des Grandes Armées dans le 16è arrondissement de Paris. A l'Assemblée Évangélique le Rocher, les pasteurs Emmanuel Botolo, Gilbert Suku Molimo-en veste blanche dans la vidéo qui arrange le micro de Dominique Sakombi Inongo-et moi, nous nous étions mis d'accord pour inviter le couple Sakombi mais surtout Dominique pour son témoignage. Frère Dominique Sakombi Inongo, ancien ministre de Mobutu a témoigné de sa libération par Jésus de l'occultisme. Témoignage époustouflant dont tout Paris s'en était emparé. Et c'est le frère Constant qui avait filmé.

https://www.youtube.com/watch?v=nhozICS75fo

De tous les hommes politiques de ce qui fut le Zaïre, Dominique Sakombi Inongo, mort le 28 septembre à Kinshasa à l’âge de 70 ans, constitue un cas à part. Ministre de l’Information à 30 ans (il dirigera cinq fois le ministère), il devient l’un des piliers du régime du maréchal Mobutu grâce à un bagout sans pareil, un sens de l’emphase poussé à l’extrême, un zèle débordant et un art parfait de la séduction – le propre des démagogues. Son parcours sera celui d’un enfant gâté qui peut tout se permettre, jusqu’à ce générique du journal télévisé où un Mobutu quasi déifié apparaît entouré de nuages.

En 1972, le Zaïre est en plein « recours à l’authenticité ». Sakombi Inongo est nommé secrétaire général du parti unique chargé de la Propagande, de la Presse et de l’Information. Un rôle sur mesure qui lui permet, pendant un an, de relayer la bonne nouvelle de la « révolution zaïroise authentique ». Et, surtout, de convaincre les militants de resserrer les rangs derrière le guide Mobutu. S’il n’est pas le seul dans ce cas, il se distingue des autres par un sens aigu de la communication. Revenu au gouvernement entre 1973 et 1975, on lui confie l’Orientation nationale. Il fait imprimer et graver sur microsillons le discours prononcé par Mobutu aux Nations unies en octobre 1973. Député, gouverneur de Kinshasa, secrétaire général de la jeunesse du parti, membre du bureau politique, du comité central, ambassadeur à Paris puis à Dakar… Sakombi Inongo aura tout été.

C’est au début des années 1990, marquées par la fin du parti unique et la tenue de la Conférence nationale, que Sakombi, ministre de l’Information depuis 1988, décide de rompre avec Mobutu. Il se découvre alors une vocation de prédicateur et demande pardon à ses compatriotes pour avoir contribué à leur appauvrissement. Mobutu devient le diable qui, à l’en croire, s’adonnait à des pratiques occultes. Il affirme même l’avoir trouvé un jour « en train de boire du sang humain ». Ses détracteurs y voient un délire du pasteur Sakombi, peu enclin à assumer son passé. D’autant qu’après la chute de Mobutu, l’homme se met au service du vainqueur, Laurent-Désiré Kabila. Que Dominique Sakombi ait fait son témoignage mémorable à Montreuil et pas ailleurs, cela reste dans les archives des églises africaines en mission en France.

Dès le début, le pasteur Gilbert Suku Molimo s'est toujours investi pour l'unité dans le respect de la diversité au sein des églises membres de la Communauté des Eglises Zaïroises en France (CEZAF) qui devint plus tard, la Communauté des Eglises Africaines de France (CEAF), qui est membre de la Fédération Protestante de France.

Lorsque le pasteur Gilbert Suku Molimo a commencé l'évangélisation en France, dans les années 1980, il n’y avait pas d’Eglises de Réveil comme aujourd’hui. Il n' y avait surtout que des Églises traditionnelles: Catholique, Réformée, Luthérienne, Méthodiste, Mennonite, Baptiste, Armée du salut…Les pasteurs Congolais sont pionniers dans l'implantation des Eglises de Réveil dans les cités en banlieue où les communautés musulmanes sont imposantes. On retrouve la fervente communauté chrétienne congolaise dans toutes les Eglises de France. Il n'est pas rare de retrouver dans un coin de France une chorale française qui chante les cantiques en lingala.

Son Eglise "La Grâce de l’Éternel " est d'abord une "Eglise évangélisatrice", chaque âme gagnée à christ doit gagner d'autres âmes selon l'expression consacrée. On voit l'effet multiplicateur. Le pasteur Gilbert Suku Molimo y tient "l'Eglise " la Grâce de l’Éternel" est cosmopolite l'on y retrouve plusieurs nationalités: angolaises, congolaises, françaises -de souche et des îles, coréennes, tchadiennes... Il faut prêcher l’Évangile à temps et contre temps ne cesse dedéclare le pasteur Gilbert Suku Molimo.

Rien ne peut remplacer le travail sur terrain. Le pasteur Gilbert Suku Molimo fait beaucoup de visites pastorales et cure d'âme pour ses fidèles. Ces derniers proviennent de Montataire, Pont saint Maxens, Chantilly,Compiègne etc. l'Eglise la Grâce de l’Éternel avait commencé dans la maison du Gilbert Suku à Saint-Paul dans l'Oise, aujourd'hui, il explose des kilométrages de sa voiture pour ses visites pastorales. Le dimanche, il cède sa voiture à un fidèle de son Eglise pour aller chercher les personnes âgées et ceux qui n'ont pas de moyen de transport pour le ramener au culte.

L'Eglise vit du Saint-Esprit. Dans la vie mondaine on dit "Miso Makasi Ndoki Té", l'Eglise n'est pas le monde même si elle est dans le monde. Dans une élection, il faut laisser le Saint-Esprit agir. Voyez le Congo aujourd'hui, il y a eu putsch électoral. Un voleur a volé le destin de toute une Nation. La RDC tourne en rond. Elle est dernière sur tous les plans malgré les nombreuses ressources qu'elle regorge.

La pastorale des pasteurs Congolais en france et l'Europe existe depuis une quinzaine d'années. Il faut laisser l'opportunité à ceux qui veulent servir de le faire. La candidature du pasteur Gilbert Suku Molimo est méritoire à plusieurs points de vue. Nous espérons que dieu guidera tous ces pasteurs Congolais à faire le bon choix.

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vendredi 13 mars 2020

France: Allocution du président de la République, Emmanuel Macron sur le Coronavirus-Covid 19 !


Freddy Mulongo-Emmanuel Macron.jpg, mar. 2020


ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

SUR LE CORONAVIRUS - COVID19

 

 

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

 

Depuis quelques semaines, notre pays fait face à la propagation d'un virus, le Covid-19, qui a touché plusieurs milliers de nos compatriotes. J'ai, bien entendu, ce soir, avant toute chose, une pensée émue et chaleureuse pour les familles et les proches de nos victimes. Cette épidémie qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens est la plus grave crise sanitaire qu'ait connu la France depuis un siècle. Dans l'immense majorité des cas, le Covid-19 est sans danger, mais le virus peut avoir des conséquences très graves, en particulier pour celles et ceux de nos compatriotes qui sont âgés ou affectés par des maladies chroniques comme le diabète, l'obésité ou le cancer.

 

Durant plusieurs semaines, nous avons préparé, agi. Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des Samu et de nos hôpitaux, les médecins de ville, l'ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité. Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c'est grâce à eux parce que tous ont répondu présents. Tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale, pour notre santé. C'est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la Nation à ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d'hommes admirables qui n'ont d'autre boussole que le soin, d'autre préoccupation que l'humain, notre bien-être, notre vie, tout simplement.

 

Je veux aussi, ce soir, saluer le sang-froid dont vous avez fait preuve. Face à la propagation du virus, vous avez pu ressentir pour vous-mêmes, pour vos proches, de l'inquiétude voire de l'angoisse, et c'est bien légitime. Tous, vous avez su faire face en ne cédant ni à la colère, ni à la panique. Mieux, en adoptant les bons gestes, vous avez ralenti la diffusion du virus et ainsi permis à nos hôpitaux et nos soignants de mieux se préparer. C'est cela, une grande Nation. Des femmes et des hommes capables de placer l'intérêt collectif au-dessus de tout, une communauté humaine qui tient par des valeurs : la solidarité, la fraternité.

 

Cependant, mes chers compatriotes, je veux vous le dire ce soir avec beaucoup de gravité, de lucidité mais aussi la volonté collective que nous adoptions la bonne organisation, nous ne sommes qu'au début de cette épidémie. Partout en Europe, elle s'accélère, elle s'intensifie. Face à cela, la priorité absolue pour notre Nation sera notre santé. Je ne transigerai sur rien.

 

Un principe nous guide pour définir nos actions, il nous guide depuis le début pour anticiper cette crise puis pour la gérer depuis plusieurs semaines et il doit continuer de le faire : c'est la confiance dans la science. C'est d'écouter celles et ceux qui savent. Les plus grands spécialistes européens se sont exprimés ce matin dans une publication importante. J'ai réuni aujourd'hui, avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, notre comité scientifique de suivi. Nous avons en France les meilleurs virologues, les meilleurs épidémiologistes, des spécialistes de grand renom, des cliniciens aussi, des gens qui sont sur le terrain et que nous avons écouté, comme nous le faisons depuis le premier jour. Tous nous ont dit que malgré nos efforts pour le freiner, le virus continue de se propager et est en train de s'accélérer. Nous le savions, nous le redoutions.

 

Ce qui risque de se passer, c'est que la maladie touchera d'abord les personnes les plus vulnérables. Beaucoup d'entre eux auront besoin de soins adaptés à l'hôpital, souvent d'assistance respiratoire. C'est pourquoi, et j'y reviendrai dans un instant, nous prenons des mesures très fortes pour augmenter massivement nos capacités d'accueil à l'hôpital car l'enjeu est de continuer à aussi soigner les autres maladies. C'est aussi de se préparer à une possible deuxième vague qui touchera un peu plus tard, en nombre beaucoup plus réduit, des personnes plus jeunes, a priori moins exposées à la maladie, mais qu'il faudra soigner également.

 

Dans ce contexte, l'urgence est de protéger nos compatriotes les plus vulnérables. L'urgence est de freiner l'épidémie afin de protéger nos hôpitaux, nos services d'urgence et de réanimation, nos soignants qui vont avoir à traiter, comme je viens de vous l'expliquer, de plus en plus de patients atteints. Ce sont là nos priorités. C'est pour cela qu'il nous faut continuer de gagner du temps et suivre celles et ceux qui sont les plus fragiles. Protéger les plus vulnérables d'abord. C'est la priorité absolue.

 

C'est pourquoi je demande ce soir à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile. Elles pourront, bien sûr, sortir de chez elles pour faire leurs courses, pour s'aérer, mais elles doivent limiter leurs contacts au maximum. Dans ce contexte, j'ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales, dont le premier tour se tiendra dans quelques jours. Ils considèrent que rien ne s'oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes. J'ai aussi demandé au Premier ministre, il l'a fait encore ce matin, de consulter largement toutes les familles politiques, et elles ont exprimé la même volonté. Mais il conviendra de veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires. Je fais confiance aux maires et au civisme de chacun d'entre vous. Je sais aussi que les mairies et les services de l'Etat ont bien organisé les choses. Des consignes renforcées seront données dès demain afin que nos aînés n'attendent pas longtemps, que des files ne se constituent pas, que les distances soient aussi tenues et que ces fameuses mesures barrières soient bien respectées. Mais il est important, dans ce moment, en suivant l'avis des scientifiques comme nous venons de le faire, d'assurer la continuité de notre vie démocratique et de nos institutions. Voilà, la priorité des priorités aujourd'hui est donc de protéger les plus faibles, celles et ceux que cette épidémie touche d'abord.

 

La deuxième, c'est de freiner l'épidémie. Pourquoi ? Le ministre de la Santé et le directeur général de la Santé vous l'ont expliqué à plusieurs reprises : pour éviter l'accumulation de patients qui seront en détresse respiratoire dans nos services d'urgence et de réanimation. Il faut continuer de gagner du temps, et pour cela, je vais vous demander de continuer à faire des sacrifices et plutôt d'en faire davantage, mais pour notre intérêt collectif.

 

Dès lundi et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n'ont parfois pas de symptômes et, heureusement, ne semblent pas aujourd'hui souffrir de formes aiguës de la maladie. C'est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire.

 

Un service de garde sera mis en place région par région, nous trouverons les bonnes organisations pour qu'en effet, les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d'aller au travail pour vous protéger et vous soigner. Cette organisation sera travaillée par le Gouvernement dans les prochains jours avec l'ensemble des élus et tous les responsables sur notre territoire.

 

Quand cela est possible, je demande aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance. Les ministres l'ont déjà annoncé, nous avons beaucoup développé le télétravail. Il faut continuer cela, l'intensifier au maximum. Les transports publics seront maintenus, car les arrêter, ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de soigner. Mais là aussi, c'est à votre responsabilité que j'en appelle, et j'invite tous les Français à limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Le Gouvernement annoncera par ailleurs des mesures pour limiter au maximum les rassemblements.

 

Dans le même temps, notre système de santé, notamment dans les services de réanimation, doit se préparer à accueillir de plus en plus de cas graves de Covid-19 et continuer à soigner les autres malades. Des places doivent se libérer dans les hôpitaux. Pour cela, toutes les capacités hospitalières nationales ainsi que le maximum de médecins et de soignants seront mobilisés. Nous allons aussi mobiliser les étudiants, les jeunes retraités. Des mesures exceptionnelles seront prises en ce sens. Beaucoup, d'ailleurs, ont commencé. Je veux les remercier. J'ai vu il y a quelques jours, au Samu de Paris, une mobilisation magnifique, émouvante, exemplaire, où des étudiants, à quelques mois de leur concours, étaient là pour répondre aux appels, aider, et où des médecins à peine retraités étaient revenus pour prêter main forte. C'est cela que nous allons collectivement généraliser en prenant les bonnes mesures. En parallèle, les soins non essentiels à l'hôpital seront reportés, c'est à dire les opérations qui ne sont pas urgentes, tout ce qui peut nous aider à gagner du temps. La santé n'a pas de prix. Le Gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu'il en coûte. Beaucoup des décisions que nous sommes en train de prendre, beaucoup des changements auxquels nous sommes en train de procéder, nous les garderons parce que nous apprenons aussi de cette crise, parce que nos soignants sont formidables d'innovation et de mobilisation, et ce que nous sommes en train de faire, nous en tirerons toutes les leçons et sortirons avec un système de santé encore plus fort.

 

La mobilisation générale est également celle de nos chercheurs. De nombreux programmes français et européens, essais cliniques, sont en cours pour produire en quantité des diagnostics rapides, performants et efficaces. Nous allons améliorer les choses en la matière, et au niveau français comme européen, les travaux sont lancés. Nos professeurs, avec l'appui des acteurs privés, travaillent d'ores et déjà sur plusieurs pistes de traitement à Paris, Marseille et Lyon, entre autres. Les protocoles ont commencé. J'espère que dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons des premiers traitements que nous pourrons généraliser. L'Europe a tous les atouts pour offrir au monde l'antidote au Covid-19. Des équipes sont également à pied d'œuvre pour inventer un vaccin. Il ne pourra pas voir le jour avant plusieurs mois, mais il est porteur de grands espoirs. La mobilisation de notre recherche française, européenne, est aussi au rendez-vous et je continuerai de l'intensifier.

 

Cette épreuve exige aussi une mobilisation sociale envers les plus démunis, les plus fragiles. La trêve hivernale sera reportée de deux mois, et je demande au Gouvernement des mesures exceptionnelles, dans ce contexte, pour les plus fragiles. Enfin, l'épreuve que nous traversons exige une mobilisation générale sur le plan économique. Déjà, des restaurateurs, des commerçants, des artisans, des hôteliers, des professionnels du tourisme, de la culture, de l'événementiel, du transport souffrent, je le sais. Les entrepreneurs s'inquiètent pour leurs carnets de commandes, et tous, vous vous interrogez pour votre emploi, pour votre pouvoir d'achat. Je le sais, c'est légitime. Avec les décisions que je viens d'annoncer ce soir, cette inquiétude économique va évidemment s'accroître.

 

Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l'angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés. Aussi, tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises quoi qu'il en coûte, là aussi. Dès les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en œuvre. Des premières annonces ont été faites par les ministres. Nous irons beaucoup plus loin. L'Etat prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. Je veux, en la matière, que nous nous inspirions de ce que les Allemands ont su par exemple mettre en œuvre avec un système plus généreux, plus simple que le nôtre. Je veux que nous puissions préserver les emplois et les compétences, c'est à dire faire en sorte que les salariés puissent rester dans l'entreprise, même s'ils sont obligés de rester à la maison, et que nous les payions. Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique.

 

Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité le paiement des cotisations et impôts dus en mars. Nous travaillerons ensuite sur les mesures nécessaires d'annulation ou de rééchelonnement, mais je nous connais collectivement, on prend toujours trop de temps à faire cela. Je veux, pour nos forces économiques, des mesures simples. Les échéances qui sont dues dans les prochains jours et les prochaines semaines seront suspendues pour toutes celles et ceux qui en ont besoin. Nous défendrons nos entreprises de toutes tailles. Nous défendrons l'ensemble des travailleurs et des travailleuses. En parallèle, j'ai demandé au Gouvernement de préparer d'ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l'avenir.

 

Nous devons aussi porter une réponse européenne. La Banque centrale a déjà, aujourd'hui, fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas. Il lui appartiendra d'en prendre de nouvelles. Mais je vais être là aussi très clair avec vous ce soir : nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager. Nous réagirons fort et nous réagirons vite. L'ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l'activité puis de relance quoi qu'il en coûte. La France le fera, et c'est cette ligne que je porterai au niveau européen en votre nom. C'est déjà ce que j'ai fait lors du conseil exceptionnel qui s'est tenu hier. Je ne sais ce que les marchés financiers donneront dans les prochains jours, et je serai tout aussi clair. L'Europe réagira de manière organisée, massive pour protéger son économie. Je souhaite aussi que nous puissions nous organiser sur le plan international, et j'en appelle à la responsabilité des puissances du G7 et du G20. Dès demain, j'échangerai avec le président TRUMP pour lui proposer une initiative exceptionnelle entre les membres du G7, puisque c'est lui qui a la présidence. Ce n'est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd'hui une crise mondiale, mais bien notre capacité à voir juste et tôt ensemble et à agir ensemble.

 

Mes chers compatriotes, toutes ces mesures sont nécessaires pour notre sécurité à tous et je vous demande de faire bloc autour d'elles. On ne vient pas, en effet, à bout d'une crise d'une telle ampleur sans faire bloc. On ne vient pas à bout d'une crise d'une telle ampleur sans une grande discipline individuelle et collective, sans une unité. J'entends aujourd'hui, dans notre pays, des voix qui vont en tous sens. Certains nous disent : "vous n'allez pas assez loin" et voudraient tout fermer et s'inquiètent de tout, de manière parfois disproportionnée, et d'autres considèrent que ce risque n'est pas pour eux. J'ai essayé de vous donner, ce soir, ce qui doit être la ligne de notre Nation tout entière. Nous devons aujourd'hui éviter deux écueils, mes chers compatriotes.

 

D'une part, le repli nationaliste. Ce virus n'a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La France est à pied d'œuvre. La coordination européenne est essentielle, et j'y veillerai. Nous aurons sans doute des mesures à prendre, mais il faut les prendre pour réduire les échanges entre les zones qui sont touchées et celles qui ne le sont pas. Ce ne sont pas forcément les frontières nationales. Il ne faut céder là à aucune facilité, aucune panique. Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, des fermetures de frontières à prendre, mais il faudra les prendre quand elles seront pertinentes et il faudra les prendre en Européens, à l'échelle européenne, car c'est à cette échelle-là que nous avons construit nos libertés et nos protections.

 

L'autre écueil, ce serait le repli individualiste. Jamais de telles épreuves ne se surmontent en solitaire. C'est au contraire en solidaires, en disant nous plutôt qu'en pensant je, que nous relèverons cet immense défi. C'est pourquoi je veux vous dire ce soir que je compte sur vous pour les jours, les semaines, les mois à venir. Je compte sur vous parce que le Gouvernement ne peut pas tout seul, et parce que nous sommes une nation. Chacun a son rôle à jouer. Je compte sur vous pour respecter les consignes qui sont et seront données par les autorités, et en particulier ces fameux gestes barrières contre le virus. Elles sont, aujourd'hui encore, trop peu appliquées. Cela veut dire se laver les mains suffisamment longtemps avec du savon ou avec des gels hydroalcooliques. Cela veut dire saluer sans embrasser ou serrer la main pour ne pas se transmettre le virus. Cela veut dire se tenir à distance d'un mètre. Ces gestes peuvent vous paraître anodins. Ils sauvent des vies, des vies. C'est pourquoi, mes chers compatriotes, je vous appelle solennellement à les adopter.

 

Chacun d'entre nous détient une part de la protection des autres, à commencer par ses proches. Je compte sur vous aussi pour prendre soin des plus vulnérables de nos compatriotes, ne pas rendre visite à nos aînés. C'est, j'en ai bien conscience, un crève-cœur. C'est pourtant nécessaire temporairement. Écrivez, téléphonez, prenez des nouvelles, protégez en limitant les visites. Je compte sur vous, oui, pour aussi aider le voisin qui, lorsqu'il est personnel soignant, a besoin d'une solution de garde pour ses enfants pour aller travailler et s'occuper des autres. Je compte sur les entreprises pour aider tous les salariés qui peuvent travailler chez eux à le faire. Je compte sur nous tous pour inventer dans cette période de nouvelles solidarités. Je demande à ce titre au Gouvernement de travailler avec les partenaires sociaux, avec les associations dans cette direction. Cette crise doit être l'occasion d'une mobilisation nationale de solidarité entre générations. Nous en avons les ressorts. Il y a déjà des actions qui existent sur le terrain. Nous pouvons faire encore plus fort tous ensemble.

 

Je compte évidemment aussi sur tous nos soignants. Je sais tout ce qu'ils ont déjà fait, je sais ce qu'il leur reste à faire. Le Gouvernement et moi-même serons là, nous prendrons toutes nos responsabilités pour vous. Je pense à tous nos soignants à l'hôpital, qui auront les cas les plus graves à traiter mais aussi beaucoup d'urgences. Je pense aux médecins, aux infirmiers, aux infirmières, à tous les soignants qui sont aussi hors de l'hôpital qui se sont formidablement mobilisés et que nous allons de plus en plus solliciter dans les semaines à venir.

Je sais pouvoir compter sur vous. Le ministre de la Santé aura l'occasion aussi de préciser, dans les prochaines heures, les règles pour que nous vous aidions à bien vous protéger contre le virus. C'est le respect que nous avons envers vous, et c'est évidemment ce que la Nation vous doit. Les règles seront claires pour chacun, elles seront là aussi proportionnées et expliquées.

 

Je compte sur vous toutes et tous pour faire Nation au fond. Pour réveiller ce qu'il y a de meilleur en nous, pour révéler cette âme généreuse qui, par le passé, a permis à la France d'affronter les plus dures épreuves.

 

Mes chers compatriotes, il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai.

 

Mais le temps, aujourd'hui, est à la protection de nos concitoyens et à la cohésion de la Nation. Le temps est à cette union sacrée qui consiste à suivre tous ensemble un même chemin, à ne céder à aucune panique, aucune peur, aucune facilité, mais à retrouver cette force d'âme qui est la nôtre et qui a permis à notre peuple de surmonter tant de crises à travers l'histoire.

 

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Face au Coronavirus, soyons unis mais faisons en sorte que Macron soit cohérent !


Communiqué de presse : 
 
Face au Coronavirus, soyons unis mais faisons en sorte que Macron soit cohérent
Freddy Mulongo-Génération S 2.jpg, mar. 2020


Nos premières pensées vont aux victimes et à leurs familles. Nous savons que les personnes âgées, les plus modestes, celles et ceux qui ont le moins accès aux services de soin sont les plus vulnérables. Nous devons d’abord nous préoccuper d’elles.

Le Président de la République a arbitré en faveur d’actions fortes face à l’épidémie de Cov-19 : fermeture des établissements d’éducation, chômage partiel (qui devra être pris en charge à 100%), report de deux mois de la trêve hivernale, report des paiements des cotisations et impôts pour les entreprises.
Si ces mesures sont nécessaires, nous souhaitons qu’elles ne soient accompagnées de mesures fortes d’investissement d’urgence et à moyen terme dans un système hospitalier fragilisé par des années d’austérité, ainsi que de mesures financières d’urgence pour accompagner les soignants, notamment les plus mal rémunérés.
Nous proposons que des mesures en ce sens soient prises rapidement.
Nous proposons également que la scandaleuse réforme de l’Assurance-Chômage soit annulée : devant les difficultés économiques qui nous attendent, la fragilisation de la situation des chômeurs est un déni de solidarité nationale.
Enfin, il apparaît urgent et nécessaire que nos concitoyens les plus fortunés contribuent mieux aux besoins du pays : flat-tax, exit-tax, suppression de l’ISF, leur contribution a manqué aux services publics, il est plus que temps d’en finir avec ces privilèges incompréhensibles.

Au-delà de ces propositions immédiates, nous prenons actes des évolutions du discours politique du Président de la République.
Comme Nicolas Sarkozy lors de la crise économique de 2008, il a paru tourner le dos au néo-libéralisme et au « tout-marché » catastrophiques, origine profonde des déstabilisations du monde et des multiples crises écologiques et sociales que nous vivons.
Cette fois-ci que les mots se traduisent en actes !
Les règles européennes absurdes et dangereuses nous condamnant à l’austérité ne doivent plus être respectées et la France doit proposer un vaste plan d’investissement national et européen
Celui-ci doit obliger le financement de notre changement de modèle productif, vers une transition écologique et sociale intégrale : fin des pesticides, énergie non-polluante, sortie du marché des biens essentiels, plan d’urgence pour les services publics et leur accès, préservation et reconstitution de la bio-diversité.
Soyons conscients que la transmission de plus en plus fréquente des virus des animaux à l’homme est une des conséquences de de la déforestation et l’élevage intensif.

Nous en appelons à la fin de l’obsession de la croissance : notre protection sociale doit s’y adapter, notamment par un revenu minimal pour chacune et chacun, considéré comme un droit inaliénable, particulièrement en cas de crise.

Il faut réunir les partenaires sociaux pour répondre à l’exigence d’augmenter les salaires et de baisser le temps de travail pour éviter une grave crise sociale potentielle.

Tout cela ne sera possible qu’à la condition d’une rupture complète avec le libre-échange anti-écologique et anti-social pratiqué par l’Europe et la France.
En ce sens, Emmanuel Macron doit dénoncer sans tarder tous les acc
ords commerciaux indignes qu’il a soutenu : ceux-ci sont destructeurs pour nos emplois, notre santé et notre souveraineté.

La France traverse une crise sanitaire sans précédent depuis le début du XXème siècle, elle est le produit d’un mode de développement obsolète qu’il faut changer en totalité.

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Face au Coronavirus, soyons unis mais faisons en sorte que Macron soit cohérent !

Communiqué de presse : Face au Coronavirus, soyons unis mais faisons en              sorte que Macron soit cohérent !

Freddy Mulongo-Génération S 1.jpg, mar. 2020
 
 
 

Nos premières pensées vont aux victimes et à leurs familles. Nous savons que les personnes âgées, les plus modestes, celles et ceux qui ont le moins accès aux services de soin sont les plus vulnérables. Nous devons d’abord nous préoccuper d’elles.

Le Président de la République a arbitré en faveur d’actions fortes face à l’épidémie de Cov-19 : fermeture des établissements d’éducation, chômage partiel (qui devra être pris en charge à 100%), report de deux mois de la trêve hivernale, report des paiements des cotisations et impôts pour les entreprises.
Si ces mesures sont nécessaires, nous souhaitons qu’elles ne soient accompagnées de mesures fortes d’investissement d’urgence et à moyen terme dans un système hospitalier fragilisé par des années d’austérité, ainsi que de mesures financières d’urgence pour accompagner les soignants, notamment les plus mal rémunérés.
Nous proposons que des mesures en ce sens soient prises rapidement.
Nous proposons également que la scandaleuse réforme de l’Assurance-Chômage soit annulée : devant les difficultés économiques qui nous attendent, la fragilisation de la situation des chômeurs est un déni de solidarité nationale.
Enfin, il apparaît urgent et nécessaire que nos concitoyens les plus fortunés contribuent mieux aux besoins du pays : flat-tax, exit-tax, suppression de l’ISF, leur contribution a manqué aux services publics, il est plus que temps d’en finir avec ces privilèges incompréhensibles.

Au-delà de ces propositions immédiates, nous prenons actes des évolutions du discours politique du Président de la République.
Comme Nicolas Sarkozy lors de la crise économique de 2008, il a paru tourner le dos au néo-libéralisme et au « tout-marché » catastrophiques, origine profonde des déstabilisations du monde et des multiples crises écologiques et sociales que nous vivons.
Cette fois-ci que les mots se traduisent en actes !
Les règles européennes absurdes et dangereuses nous condamnant à l’austérité ne doivent plus être respectées et la France doit proposer un vaste plan d’investissement national et européen
Celui-ci doit obliger le financement de notre changement de modèle productif, vers une transition écologique et sociale intégrale : fin des pesticides, énergie non-polluante, sortie du marché des biens essentiels, plan d’urgence pour les services publics et leur accès, préservation et reconstitution de la bio-diversité.
Soyons conscients que la transmission de plus en plus fréquente des virus des animaux à l’homme est une des conséquences de de la déforestation et l’élevage intensif.

Nous en appelons à la fin de l’obsession de la croissance : notre protection sociale doit s’y adapter, notamment par un revenu minimal pour chacune et chacun, considéré comme un droit inaliénable, particulièrement en cas de crise.

Il faut réunir les partenaires sociaux pour répondre à l’exigence d’augmenter les salaires et de baisser le temps de travail pour éviter une grave crise sociale potentielle.

Tout cela ne sera possible qu’à la condition d’une rupture complète avec le libre-échange anti-écologique et anti-social pratiqué par l’Europe et la France.
En ce sens, Emmanuel Macron doit dénoncer sans tarder tous les acc
ords commerciaux indignes qu’il a soutenu : ceux-ci sont destructeurs pour nos emplois, notre santé et notre souveraineté.

La France traverse une crise sanitaire sans précédent depuis le début du XXème siècle, elle est le produit d’un mode de développement obsolète qu’il faut changer en totalité.

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mardi 10 mars 2020

RDC : le Rapport Mapping a déjà été discuté à l’Assemblée nationale française !

RDC : le Rapport Mapping a déjà été discuté à l’Assemblée nationale française !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Denis Mukwege Z.jpg, mar. 2020

Sous le support du député Français Vincent Bru, le séminaire intitulé : "Rapport Mapping, un instrument pour la fin de l'impunité" a eu lieu dans la salle Colbert de l'Assemblée nationale, qui paraissait étroite au regard de l'affluence.  Voici le discours de Dr. Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, prononcé par Jean-Jacques Lumumba, à l'Assemblée nationale française, le lundi 2 décembre 2019. Le Dr. Denis Mukwege ayant perdu sa mère s'était absenté.  

Mr Le Président de l’Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les députés, Mr Le Président de l’Institut Francophone pour la Justice et la Démocratie, Distingués invités, Mesdames, Messieurs,
Il nous a été demandé d’évoquer avec vous « Quelles sont nos attentes suite au rapport Mapping » ?
Elles sont grandes et nombreuses, car nous sommes convaincus qu’il n’y aura pas de paix sans la justice en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Je tiens d’abord à remercier l’IFJD et tous ceux qui vont apporter leurs expériences et leur expertise durant ce colloque qui a vocation à faire sortir de son placard le rapport Mapping, et à faire sortir les autorités congolaises et la communauté internationale de leur procrastination face à la nécessité d’exploiter tous les outils de la justice transitionnelle en RDC : l’heure n’est plus à l’attente mais à l’action.
A l’occasion des 20 ans du massacre commis à Lemera, en octobre 2016, j’étais retourné sur place, à l’hôpital où j’ai commencé ma profession de gynécologue obstétricien, et où 30 de mes patients et membres de mon personnel soignant ont été sauvagement assassinés le 6 octobre 1996.

Cette date restera pour toujours gravée dans ma mémoire et marque le début des atrocités de masse commises au Congo. Les troupes de l’AFDL, qui se présentaient comme des « libérateurs », dirigés par Laurent Désiré Kabila et soutenues par le Rwanda, commencèrent leur marche à travers le pays pour chasser les Hutus et mettre fin à l’ère du Maréchal Mobutu.
20 ans plus tard, j’étais de retour à l’hôpital de Lemera avec Sonia Rolley, journaliste à RFI. Nous cherchions à nous entretenir avec des survivants, des témoins de ce crime de guerre.
Aucune plaque commémorative n’a été érigée, pas même une simple croix pour signaler la fosse commune où les restes humains de mes patients et de mes collègues reposent – probablement pas en paix – sur le flanc de l’Hôpital.
Lors de ce voyage à Lemera, j’étais accompagné de la fille d’une victime. C’était la première fois qu’elle retournait sur les lieux du crime où ses parents ont perdu la vie, et son seul souhait était de déposer des gerbes de fleurs sur leur sépulture. Sa déception fut grande de constater qu’aucune trace n’évoquait la vie de ceux qui lui étaient si chers.
Elle m’avait expliqué son incapacité à faire son travail de deuil et confié que dans ses rêves, elle nourrissait toujours l’espoir que ses parents reviendraient…
Mesdames, Messieurs,
L’ambiance est lourde dans ce village, où l’on sent directement le poids d’un traumatisme individuel et collectif, mais aussi de la peur. Personne ne semblait vouloir s’exprimer.

Alors que nous étions en passe de reprendre la route pour rejoindre Bukavu, un infirmier s’approcha, et nous dit : « Docteur, on ne peut pas parler, le Commandant de l’armée en poste ici, était l’un des auteurs du massacre à l’Hôpital il y a 20 ans. Si nous parlons, il nous tuera ».
Vingt ans après, la population est profondément terrorisée, l’absence de la libération de la parole et de la vérité empêche toute possibilité de guérison et de renouer avec le fil d’une vie normale.
Mesdames, Messieurs,
On ne construira pas la paix avec des bourreaux en uniforme qui intimident chaque jour les victimes.
Parmi les mesures les plus urgentes préconisées par le rapport Mapping, il y a donc l’assainissement de nos institutions.
Après 20 ans de présence de la plus grande mission de maintien de la paix des Nations Unies, si la stabilité n’est toujours pas assurée, si les initiatives de paix sont bloquées, si les massacres continuent dans l’impunité en Ituri, dans les Kivus, ou au Mamiema, c’est tout simplement parce que les criminels sont protégés au plus haut niveau de l’Etat et au plus haut niveau de la hiérarchie de nos forces de sécurité et de défense.
Une profonde réforme du secteur de la sécurité s’impose en priorité, et constitue un prérequis indispensable à toute effort visant à apporter la paix et la stabilité.
Cette réforme devra inclure non seulement la police, l’armée et les services de renseignements mais aussi le secteur de la justice.

Cet assainissement est indispensable pour assurer la protection des personnes, des biens et du territoire, et la sécurité tant physique que juridique.
Toutes les tentatives de la communauté internationale visant à réformer le secteur de la sécurité ont échoué car les autorités congolaises ont systématiquement fait preuve de mauvaise foi pour maintenir le chaos organisé et leurs privilèges.
L’Union Européenne a déployé deux missions d’appui à la réforme du secteur de la sécurité, EUSEC et EUPOL, respectivement pour réformer l’armée et la police. Malgré des moyens conséquents et du personnel qualifié, le manque de volonté politique des autorités de la RDC a voué ces missions à l’échec, pour la simple raison que leurs partenaires au niveau des forces de sécurité et de défense et de leurs Ministères de tutelle étaient eux-mêmes impliqués dans des crimes internationaux.
Après des années de formation, de monitorat, de conseils et de projets couteux, toujours pas de loi de programmation pour l’armée congolaise, toujours pas de formation d’un corps d’armée. Les forces de sécurité et de défense sont donc toujours constituées pour protéger les intérêts du régime et de ses protégés, et non la protection de la population, de la loi ou de l’intégrité du territoire.
La dernière tentative de la communauté internationale pour instaurer la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs, l’Accord Cadre d’Addis Abeba pour la Paix, la Sécurité et la Coopération de 2013 – qui bénéficiait du soutien de la résolution 2098 du Conseil de la Sécurité autorisant le déploiement d’une Brigade d’Intervention, prévoyait aussi des dispositions visant à appuyer la réforme du secteur de la sécurité et les efforts de lutte contre l’impunité pour mettre fin à la violence et à l’instabilité.
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Quelle a été la réaction du régime ? Placer des Généraux sous le régime des sanctions des Nations Unies au commandement des FARDC pour empêcher la Brigade d’Intervention de mener à bien son mandat, car la politique de diligence voulue des Nations Unies en matière de droits de l’homme empêche bien évidemment les Casques Bleus de venir en appui à des auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Mesdames, Messieurs,
Depuis 20 ans, la justice a été sacrifiée sur l’autel d’une paix qui n’est toujours pas arrivée.
Les processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR) et de brassage/mixage ont intégré l’indiscipline dans les forces de sécurité et de défense et jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Le niveau de cruauté a servi de tremplin à des promotions. Les criminels bénéficiant de l’impunité poursuivent donc leurs activités criminelles sans gêne.
Ceux qui sont censés protéger la population et le territoire – l’armée, la police, les services de renseignement, constituent en réalité une source de menace pour la population et pour le pays, et sont des acteurs du chaos organisé pour piller les ressources minières et naturelles de l’Est de la RDC.
Il faut non seulement désarmer les milices mais aussi leurs esprits.
Les recherches en neurosciences ont démontré que les enfants soldats entraînés à violer, à piller et à tuer après un lavage de cerveau gardent une mémoire traumatique qui peut se réveiller à tout moment et qui peut donc les pousser à commettre des actes d’une violence extrême.

Ces enfants, qui sont à la fois des bourreaux et des victimes, devaient bénéficier d’une prise en charge psycho-traumatique et sociale pour gérer leur trauma et les rendre moins nuisible pour la société. Leur place n’est pas dans l’armée.
Dans le même registre, comment le débat national actuel autour de la question de l’amnistie de membres du M23 peut-il même exister ?
D’abord l’amnistie est interdite par le droit international pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ; ensuite comment est ce que nos responsables ne sont pas capables de retenir les erreurs du passé et veulent encore intégrer des criminels et des personnes souffrant de troubles psychologiques dans nos forces de sécurité ?

Mesdames, Messieurs,
Un Ministre du gouvernement central, candidat au gouvernorat de la Province du Sud Kivu, s’est publiquement vanté de pouvoir ramener la paix dans la Province avec le concours de sa milice.
Comment est ce possible que de tels propos puissent être exprimés par un soi disant responsable politique sans que la justice ne mène une enquête sur l’existence et la capacité de nuisance d’un tel groupe armé non étatique ?
C’est dans ce contexte d’impunité que des Ministres et des Généraux, mais aussi des dirigeants de la région, continuent d’être les instigateurs des crimes commis par les nombreux groupes armés qui terrorisent l’Est du pays.
Et c’est dans ce contexte qu’il y a encore eu plus de 100 morts en moins d’un mois à Beni, sans que la chaîne de commandement ne puisse être clairement établie.

Nous le disons haut et fort : c’est assez ! La paix maintenant !
Mesdames, Messieurs,
Le temps est venu de briser le cycle de l’impunité qui gangrène tous les efforts de consolidation de la paix et de la société.
Il faut d’abord et avant tout assainir nos institutions et mettre à l’écart de leur position de pouvoir tous les agents de l’Etat, en particulier ceux de l’armée, des services de sécurité, de la police, des services de renseignements et du corps judiciaire, qui ont été impliqués personnellement dans des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire, mais aussi impliqués dans des activités de corruption à grande échelle.
Cet assainissement est un préalable indispensable à tout effort visant à instaurer la paix et l’état de droit en RDC, et contribuera à prévenir la répétition des violations des droits de l’homme. Ensuite, il faut poursuivre et juger les auteurs des crimes les plus graves. Ils sont listés dans le rapport Mapping mais la liste des auteurs présumés a été expurgée du rapport à la demande et sous la pression de certains Etats impliqués dans ces crimes.
Parmi les 617 crimes répertoriés par les Nations Unies qui, rappelons-le, sont imprescriptibles, il y a des femmes qui ont été enterrées vivantes après avoir été empalées, des croyants qui cherchaient refuge dans des Eglises et qui ont été calcinés, et des malades assassinés sur leur lit d’hôpital. Ces crimes ne peuvent être ni oubliés ni rester impunis.
En l’absence de volonté et de capacité de la justice congolaise, le rapport préconise l’établissement d’un Tribunal Pénal International Pénal pour le Congo et/ou de Chambres spécialisées mixtes.

Nous appelons de nos vœux la mise en œuvre de cette recommandation et pensons que la compétence d’une telle juridiction ne devra pas se limiter aux crimes commis de 1993 à 2003 mais devrait s’étendre jusqu’à aujourd’hui.
En parallèle, nous appelons la RDC et les Etats de la région des grands Lacs à poursuivre et à renforcer leur collaboration avec la Cour Pénale Internationale pour les crimes commis après l’entrée en vigueur du Statut de Rome, et nous exhortons les Chefs d’Etats du monde entier à arrêter d’accueillir des criminels sur des tapis rouges, et à mettre en œuvre des lois de compétence universelle, afin de juger ou d’extrader tous les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de génocide.

Mesdames, Messieurs,
Face aux exactions massives commises en RDC, il faudra aussi affronter notre passé, dire la vérité et établir les responsabilités des acteurs étatiques et non étatiques pour éviter la répétition de nouveaux conflits et contribuer à la réconciliation, au sein du pays et dans la région.
Vu la dimension régionale du conflit et la multitude d’acteurs impliqués, qui constituent autant de défis à l’administration de la justice en l’absence d’une franche coopération des Etats et des acteurs concernés, nous appelons donc à l’instauration d’un mécanisme non judiciaire d’établissement des faits, sous la forme d’une Commission de la Vérité, pour déterminer les responsabilités institutionnelles, politiques, militaires de tous les acteurs impliqués dans la commission des crimes de masse en RDC depuis 25 ans, y compris les multinationales.
Mesdames, Messieurs,

Dans un pays où chaque famille a été endeuillée, où chacun a été confronté directement ou indirectement à des actes d’une violence extrême, le nombre de victimes est énorme et pose la question des réparations.
Ainsi nous appelons les autorités congolaises à mobiliser des ressources et une réelle volonté politique pour initier des programmes et des projets de réparation, individuels et collectifs, matériels et symboliques, en vue de contribuer à la réhabilitation des communautés affectées par la violence, faciliter leur réinsertion dans la société et promouvoir la réconciliation.
Le gouvernement actuel à Kinshasa doit se forger une légitimité et prouver qu’il peut apporter le changement. Nous l‘invitons donc à gagner cette légitimité en accompagnant le pays et les générations futures sur le chemin de la paix ; ce chemin existe et il passera par la justice, la vérité, des réparations et des réformes ambitieuses et profondes.
Mesdames, Messieurs,
J’espère que pour les commémorations des 25 ans du massacre commis à Lemera, je retrouverai sur place une communauté apaisée, dont la souffrance aura été reconnue, dont les morts bénéficieront d’une sépulture digne, et dont les bourreaux auront enfin été jugés pour leurs crimes.

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lundi 24 février 2020

ONU: Jean-Yves Le Drian, Ministre Français de l'Europe et des Affaires étrangères intervient devant le Conseil des droits de l’Homme sur le désarmement !

ONU: Jean-Yves Le Drian, Ministre Français de l'Europe et des Affaires étrangères intervient devant le Conseil des droits de l’Homme sur le désarmement !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Yves Le Drian 2.jpg, fév. 2020

Jean-Yves Le Drian est intervenu ce matin dans la salle de Conseil de droits de l'homme à Genève. Il a donné la position de la France, voici son allocution:

Monsieur le Président, Madame la Secrétaire générale, Mesdames et Messieurs les Ministres Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs,

C'est, pour un moi, un très grand honneur de m'exprimer aujourd’hui à la Conférence du désarmement. Car, au fil des années, la Conférence a su édicter des normes et négocier des traités qui ont renforcer notre sécurité collective et la stabilité de notre environnement stratégique.

Je mesure aussi la responsabilité qui est la mienne en m'adressant à vous, car ce que la Conférence a construit, comme d'ailleurs ce qu'elle incarne, est aujourd'hui remis en cause.

Freddy Mulongo-Yves Le Drian.jpg, fév. 2020

Remis en cause, d'abord, par ceux qui ne respectent pas les instruments que nous avons négociés ici-même. Et je pense notamment, dans un passé récent, aux violations caractérisées de la Convention sur les armes chimiques.

Remis en cause, aussi, par ceux qui refusent de s'engager vraiment dans la négociation des nouvelles normes qui doivent nous permettre de contrer le retour d'une course aux armements conventionnels ou nucléaires.

Permettez-moi de prendre un exemple. Il est aujourd'hui urgent de définir collectivement les voies et moyens d'encadrer les risques d'incidents, d'actes délibérés, voire d'actes hostiles dans l'espace extra-atmosphérique. Pourtant, sur ce sujet stratégique majeur qui engage notre sécurité collective, nous ne sommes pas encore parvenus à nous retrouver autour d'un agenda pragmatique conjuguant mesures de confiance et de transparence et négociation juridique.

Freddy Mulongo-Yves Le Drian 1.jpg, fév. 2020

Les Etats qui ont compris qu'il est dans leur intérêt de pouvoir compter sur des règles protectrices et stabilisatrices - c'est-A-dire, en fait, l'immense majorité des Etats - ne sauraient accepter d’être les seuls à respecter nos règles communes et se satisfaire de ces manquements, de ces blocages et, pour dire le fond de ma pensée, de cette crise du désarmement, qui est l'une des plus préoccupantes manifestions de la crise du système multilatéral, de la systématisation des rapports de forces et de l'intensification de la compétition internationale qui caractérisent notre époque.

Pour la France, la Conférence du désarmement demeure une enceinte incontournable. C'est pourquoi j'ai tenu a saisir cette occasion de venir devant vous aujourd'hui pour vous dire, concrètement, ce que peut être, selon nous, un désarmement responsable qui serve la stabilité internationale.

Et j'insiste sur ce mot : <<responsable >>. Car il ne faut jamais perdre de vue une évidence : si le désarmement a pour fin notre sécurité collective, il ne saurait se faire sans prise en compte des intérêts de sécurité de ceux qui le mettent effectivement en oeuvre. C'est particulièrement vrai s'agissant du désarmement nucléaire, qui se construit peu à peu sur la base du principe de sécurité non diminuée pour tous.

La vision de la France sur cette question a été exposée de manière très claire par le Président de la République dans le discours sur la stratégie de défense et de dissuasion de notre pays qu'il a prononcé le 7 février dernier.

C"est cette vision que la France défendra dans quelques semaines à la Conférence d'examen du Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires.

L'agenda que nous défendons est un fonde sur trois piliers. 1) D'abord, le respect strict de la norme centrale que constitue le Traite de non-prolifération nucléaire, que nous appelons tous les Etats à mettre en oeuvre.

C'est pourquoi nous sommes particulièrement vigilants face aux risques de crises de prolifération, qui constituent autant de menaces existentielles pour l'intégrité du TNP. Nous poursuivons ainsi nos efforts pour préserver le JCPoA et obtenir de l'Iran qu'il revienne en conformité avec cet accord. Et nos efforts pour parvenir au démantèlement complet, vérifiable et irréversible des programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord.

2) Deuxième pilier de notre approche : l'approfondissement du travail normatif que nous menons dans cette enceinte. Avec la négociation, ici-même, d'un Traité d'Interdiction de Production de Matières Fissiles à usage militaire (FMCT). Vous avez récemment eu l'occasion de visiter nos installations de Pierrelatte et Marcoule que nous avons démantelées de façon irréversible et vous savez donc que, sur ce sujet, la France a donné l'exemple.

Avec l'universalisation du Traité d'Interdiction Complet des Essais (TICE), négocié avec succès par la Conférence - je tiens :a le rappeler. Avec de nouveaux échanges sur la vérification du désarmement nucléaire, pour garantir que tout accord de désarmement soit vérifié de façon robuste.

3) Enfin, il faut conduire des travaux concrets pour la réduction des risques stratégiques et pour le renforcement de la confiance et de .la transparence sur les arsenaux et les doctrines et stratégies nucléaires des Etats dot's du P5.

Je n'ignore pas la qualité des discussions qui ont lieu a Genève sur ce sujet et je veux en saluer la cheville ouvrière : l'UNIDIR [Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, dont nous célébrons les 40 ans d'activité cette année.

Nous sommes également convaincus de l'importance de définir un nouvel agenda pour la maîtrise des armements. Un agenda dans lequel la France souhaite s'engager et encourage ses partenaires européens à s'engager à ses côtés. C'est indispensable. A la fois pour sauvegarder les instruments existants, avec le renouvellement que nous souhaitons du traité New Start qui lie les Etats-Unis et la Russie. Et pour nous doter d'instruments nouveaux, suite A l'effondrement du Traité FNI et du Traité sur les Forces conventionnelles en Europe.

Dans le domaine, justement, des armes conventionnelles, d'importants travaux se poursuivent au sein du groupe gouvernemental d'experts sur les systèmes d'Armes Létaux Autonomes.

Nous devons travailler à les renforcer. Car, une fois posées les bases d'un accord international sur ce sujet, des inquiétudes sont apparues que les réalités stratégiques actuelles ne justifient en rien. Il faut désormais que chaque pays cherche, sans attendre, à mettre en oeuvre, au niveau national, les onze principes qui ont été agrées dans ce cadre. Avec l'Allemagne, nous plaiderons pour que des engagements politiques précis soient pris lors de la Conférence d'examen de 2021 de la CCAC [Convention sur certaines armes classiques.

Et je n'oublie pas la question des armes explosives dans les conflits urbains. Il faut que leur usage soit encadré par une coopération accrue entre Etats, en particulier grâce à l'échange de bonnes pratiques. C'est ce que doit viser la déclaration, politique qui est actuellement en négociation ici, à Genève.

Mesdames et Messieurs, Je veux, pour conclure, vous redire le plein soutien de la France à la Conférence du désarmement et saluer le travail de tous les experts de la communauté du désarmement, dont je sais l"engagement sincère et exigeant sur ces questions d'importance vitale.

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