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dimanche 29 décembre 2019

France: Troisième tombeau de la chrétienté, Marie-Madeleine à  Saint-Maximin-la-Sainte-Baume !

Après Jérusalem et Rome, le troisième tombeau de la chrétienté, celui de Marie-Madeleinse se trouve à  Saint-Maximin dans le Sud-Est de la France. Photo Réveil FM International

Pécheresse repentie, prostituée délivrée de sept démons, croyante au regard d`extase dont quelques apocryphes croustillants affirmèrent qu`elle fut la compagne de Jésus - une thèse relancée en 2003 par le roman Da Vinci Code de Dan Brown -, cette Marie née à  Magdala, en Galilée, fascine depuis l`aube de notre ère.

Basilique Sainte-Marie-Madeleine à  Saint-Maximin. Photo Réveil FM International

Située dans le Var, à  Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, petit village provençal teinté de pierres ocres et de tuiles rouges, la basilique Sainte-Marie-Madeleine est un chef d`oeuvre unique en son genre. Construite à  partir de 1295 dans un siècle encore dominé par l`art roman, elle est l`un des rares édifices d`architecture gothique du Midi et le seul laissé inachevé.

Le chef-reliquaire de bronze doré émaillé qui contient actuellement le crà¢ne de Marie-Madeleine date de 1860 et a été sculpté par l`orfèvre Didron. L`ancien, fait d`or et d`argent, surmonté d`une couronne de pierres précieuses, a disparu pendant la Révolution française.

Depuis l`époque romaine, la tradition populaire a imaginé le destin d`une Marie Madeleine fuyant les persécutions d`Hérode, franchissant la Méditerranée sur un radeau de fortune et accostant aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Elle aurait alors évangélisé la Provence, avant de se réfugier dans une grotte du massif de la Sainte-Baume pour y mener une vie de pénitence. A sa mort, des anges l`auraient transportée sur le site de l`actuelle basilique (à  vingt-cinq kilomètres au nord de la grotte, tout de même !) pour l`ensevelir en compagnie d`autres saints : Maximin, Marcelle, Suzanne…

Ce récit s`imposa avec la découverte fortuite en 1279 à  Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, par Charles II d`Anjou, futur comte de Provence, de quatre sarcophages. L`une des sépultures dégageait, dit-on, une ``odeur suave» : le squelette qui s`y trouvait fut illico attribué à  Marie Madeleine. Dès lors, un important pèlerinage s`organisa. La construction de la basilique fut lancée dans la foulée, ainsi que celle d`un couvent attenant pour accueillir les dominicains qui, sur ordre du pape, devinrent les gardiens du ``troisième tombeau de la chrétienté» après Jérusalem et Rome.

A Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le Var, on vénère les reliques de cette figure énigmatique de la Bible qui fut, pour certains, comme la femme que Jésus aimait: Marie-Madeleine.

Marie de Magdala, la femme délivrée de sept démons par Jésus, fidèle parmi les fidèles du Christ, est morte en Provence. Elle mena une vie de contemplation et de pénitence dans une simple grotte à  flanc de montagne. Sept fois par jour, comme une insigne faveur du Ciel, les anges l`élevaient jusqu`à  la cime du massif. à€ sa mort, elle fut ensevelie dans le village de Saint-Maximin. L`endroit fut appelé Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, du provençal "Bauma" qui signifie "Grotte".

Dans l`ombre d`une crypte glaciale, au sous-sol de la basilique gothique qui porte le nom de la sainte et se dresse en plein centre de la commune varoise de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (15 000 habitants), les restes de la plus sensuelle des figures féminines du Nouveau Testament ne paraissent pas à  la hauteur de la réputation du personnage. La gracieuse Marie Madeleine, un crà¢ne rangé dans une chà¢sse dorée. A vrai dire, on ne l`aurait pas reconnue si le reliquaire n`était escorté d`un tube de cristal renfermant un lambeau de chair dont la tradition affirme qu`il fut cette petite parcelle du front de la sainte touchée du bout des doigts par Jésus au matin de sa résurrection alors qu`il la repoussait de son célèbre ``Ne me touche pas» (``Noli me tangere», en latin). Quiconque goà»te l`art de la Renaissance italienne ne l`imagine autrement qu`à  travers la douceur poudrée des fresques padouanes de Giotto ou florentines de Fra Angelico, ou encore dans la volupté vénitienne d`un Bellini, d`un Titien, d`un Véronèse. Dans la basilique varoise, rien de tout cela.

Lorsqu`en 1274, le comte d`Anjou Charles II met au jour les sarcophages, il trouve dans l`un deux un manuscrit : `` Ici se trouve le corps de Marie-Madeleine ». Il entreprend alors la construction d`une chà¢sse immense pour les conserver : cette basilique, dont la première pierre fut posée en 1295, après l`authentification des saintes reliques par le pape Boniface VIII. Pour accueillir les nombreux pèlerins et démontrer sa puissance et sa richesse, Charles II opta pour un splendide édifice à  l`architecture gothique.

L`église fut élevée sur un tombeau paléochrétien bouché vers 710 pour protéger les reliques qu`il contenait des invasions sarrasines. Redécouvert 500 ans plus tard, il abrite toujours ses quatre sarcophages de l`Antiquité gallo-romaine et les saintes reliques de Marie de Magdala. Les abords austères de la basilique contrastent avec un décor intérieur foisonnant, dont le choeur, tout de bois sculpté, et son magnifique maître-autel, en marbre polychrome.

Réputées à  travers le monde, elles sont parmi les seules à  avoir conservé leur mécanisme d`origine. Les orgues de Sainte-Marie-Madeleine font la fierté de la basilique: les 2 692 tuyaux qui les composent chantent depuis le XVIIIe siècle ! Sauvées de la destruction pendant la Terreur grà¢ce à  l`astucieux organiste Fourcade qui y jouait la Marseillaise chaque fois qu`un conventionnel passait le portail.

L`accès à  la crypte a longtemps été interdit aux femmes. à€ son retour de Marignan, auréolé de gloire, François Ier s`arrête vénérer les reliques. Le reliquaire fut extrait de la crypte pour être présenté à  la reine et aux princesses de la cour. Dans l`opération, il manqua de tomber et de se briser plusieurs fois, un diamant fut même perdu ! Depuis cette mésaventure, personne ne s`est plus opposé à  ce que les femmes descendent dans la crypte.

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