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vendredi 13 mars 2020

Face au Coronavirus, soyons unis mais faisons en sorte que Macron soit cohérent !

Communiqué de presse : Face au Coronavirus, soyons unis mais faisons en              sorte que Macron soit cohérent !

Freddy Mulongo-Génération S 1.jpg, mar. 2020
 
 
 

Nos premières pensées vont aux victimes et à leurs familles. Nous savons que les personnes âgées, les plus modestes, celles et ceux qui ont le moins accès aux services de soin sont les plus vulnérables. Nous devons d’abord nous préoccuper d’elles.

Le Président de la République a arbitré en faveur d’actions fortes face à l’épidémie de Cov-19 : fermeture des établissements d’éducation, chômage partiel (qui devra être pris en charge à 100%), report de deux mois de la trêve hivernale, report des paiements des cotisations et impôts pour les entreprises.
Si ces mesures sont nécessaires, nous souhaitons qu’elles ne soient accompagnées de mesures fortes d’investissement d’urgence et à moyen terme dans un système hospitalier fragilisé par des années d’austérité, ainsi que de mesures financières d’urgence pour accompagner les soignants, notamment les plus mal rémunérés.
Nous proposons que des mesures en ce sens soient prises rapidement.
Nous proposons également que la scandaleuse réforme de l’Assurance-Chômage soit annulée : devant les difficultés économiques qui nous attendent, la fragilisation de la situation des chômeurs est un déni de solidarité nationale.
Enfin, il apparaît urgent et nécessaire que nos concitoyens les plus fortunés contribuent mieux aux besoins du pays : flat-tax, exit-tax, suppression de l’ISF, leur contribution a manqué aux services publics, il est plus que temps d’en finir avec ces privilèges incompréhensibles.

Au-delà de ces propositions immédiates, nous prenons actes des évolutions du discours politique du Président de la République.
Comme Nicolas Sarkozy lors de la crise économique de 2008, il a paru tourner le dos au néo-libéralisme et au « tout-marché » catastrophiques, origine profonde des déstabilisations du monde et des multiples crises écologiques et sociales que nous vivons.
Cette fois-ci que les mots se traduisent en actes !
Les règles européennes absurdes et dangereuses nous condamnant à l’austérité ne doivent plus être respectées et la France doit proposer un vaste plan d’investissement national et européen
Celui-ci doit obliger le financement de notre changement de modèle productif, vers une transition écologique et sociale intégrale : fin des pesticides, énergie non-polluante, sortie du marché des biens essentiels, plan d’urgence pour les services publics et leur accès, préservation et reconstitution de la bio-diversité.
Soyons conscients que la transmission de plus en plus fréquente des virus des animaux à l’homme est une des conséquences de de la déforestation et l’élevage intensif.

Nous en appelons à la fin de l’obsession de la croissance : notre protection sociale doit s’y adapter, notamment par un revenu minimal pour chacune et chacun, considéré comme un droit inaliénable, particulièrement en cas de crise.

Il faut réunir les partenaires sociaux pour répondre à l’exigence d’augmenter les salaires et de baisser le temps de travail pour éviter une grave crise sociale potentielle.

Tout cela ne sera possible qu’à la condition d’une rupture complète avec le libre-échange anti-écologique et anti-social pratiqué par l’Europe et la France.
En ce sens, Emmanuel Macron doit dénoncer sans tarder tous les acc
ords commerciaux indignes qu’il a soutenu : ceux-ci sont destructeurs pour nos emplois, notre santé et notre souveraineté.

La France traverse une crise sanitaire sans précédent depuis le début du XXème siècle, elle est le produit d’un mode de développement obsolète qu’il faut changer en totalité.

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vendredi 29 novembre 2019

Rwanda: Le Président Macron "Négationniste" pour son hommage à  Pierre Péan?

Lorsque le président Emmanuel Macron s'exprime, c'est au nom du peuple Français et toujours au nom de la France. Cela mérite du respect. Du toupet, de l'outrecuidance et du culot, cela est inadmissible ! Une nébuleuse, la fameuse Communauté Rwandaise de France (CRF), le faux nez du régime mono-ethnique de Kigali, vient de franchir le Rubicon, en qualifiant le Président Macron de "Négationniste" pour avoir rendu un hommage à  Pierre Péan ! Ce dernier n'était-il pas un Grand Français ? Pierre Péan n'était-il pas un journaliste d'investigation de renommé international ? Diabolisé à  outrance, Pierre Péan avait gagné son procès contre le négationnisme professé par les membres de la Communauté Rwandaise de France, soutenus par des Français qui ont épousé des Tutsi-rwandaises. Ses accusateurs qui se clamaient tous comme rescapés du génocide du Rwanda (IBUKA), n'avaient pas hésité à  ramener des "femmes pleureuses" de Kigali à  Paris pour pleurer devant les juges Français. Homme de vérité, analyste des faits, journaliste d'investigation engagé, Français universel, Pierre Péan n'était pas un "Négationniste"!

La Communauté Rwandaise de France, qui n'est Rwandaise que de nom, puis qu'elle ne défend exclusivement que des Tutsi, et comme Paul Kagamé, elle fait du génocide rwandais son fonds de commerce. La Communauté Rwandaise de France voudrait-elle museler le président Macron ? Au Rwanda, tout Hutu est génocidaire, c'est cette dérive que la Communauté Rwandaise de France veut instaurer en France ? Comment une association fut-elle instrumentalisée par le régime pro-Kagamé-Kigali peut-elle penser un instant prendre en otage la République française ? La France est-elle encore la France ? La France n'est pas le Rwanda avec ses trois tribus: Hutus, Tsutis et Twas. La France bientà´t transformée en "Goulag" pour des journalistes et libres penseurs.

Le CRF qui a ses tentacules menace et on peut lire: "LBS-CRIAEAU : IL semble bien que la boucle soit bouclée : et les négationnistes bientà´t aussi, en prison. Les nouveaux Faurisson, tous admirateurs de Péan, s'étalent donc en France, de l'extrême droite à  la FI et le Monde Diplomatique, en passant par la Présidence de la République, de Védrine-Macron à  Mélenchon-Ramonet donc ...et jusque Sciences Po..." Diversion et manipulation. Alors que le journal belge le Soir titre: "La Belgique, terrain de jeu des espions rwandais" En France, le CRF fait pleuvoir une pluie de plainte sur des journalistes et médias pour intimidation. La France, c'est République avec sa devise: Liberté, Egalité, Fraternité ! La France, c'est des valeurs et idéaux. Pays des droits de l'homme, la France a accueilli des milliers et millions d'exilés sur sol: Arméniens, Vietnamiens, Italiens, Espagnols, Chiliens, Colombiens, Algériens, Brésiliens, Ivoiriens, Russes, Chinois, Congolais...Elle a intégré tout le monde et c'est cette diversité qui fait sa force. Les Arméniens n'ont-ils pas de génocide ? Pourquoi la fameuse CRF estime le génocide rwandais est particulier ? Le CRF croit vraiment museler le Président Macron ? C'est le monde à  l'envers.

Voici l'hommage du Président Emmanuel Macron à  Pierre Péan publié le 26 juillet 2019, qui révulsent la Communauté Rwandaise de France: "Pierre Péan, l`un des plus grands journalistes d`enquête français, nous a quittés hier. Il incarnait la grande tradition du journalisme d`investigation quoiqu`il ne goà»tait guère ce mot dans lequel il décelait des accents inquisitoriaux. Cet amoureux de Tintin était, comme son idole, toujours en reportage. Il menait de longues enquêtes avec patience et passion, avec le souci constant de l`expertise et de la justesse. Puis il publiait le fruit de ses recherches dans des ouvrages qui furent régulièrement de grands succès de librairie, d`autant que son écriture les rendait aussi haletants que des romans policiers. Pierre Péan avait signé sa première grande révélation dans les pages du Canard enchaîné : c`était l`affaire des diamants qu`aurait offert le dictateur centrafricain Bokassa à  Valéry Giscard d`Estaing. Spécialiste de l`Afrique, il publia aussi Affaires africaines sur les relations entre la France et le Gabon et Noires fureurs et Blancs menteurs au sujet du génocide contre les Tutsi au Rwanda dans lequel il remettait en cause les accusations portées contre le gouvernement français. Pierre Péan s`intéressait également aux coulisses des médias, enquêtant aussi bien sur TF1 que sur Le Monde. Il n`hésitait pas non plus à  sonder les parcours des personnalités politiques les plus éminentes. C`est avec Une Jeunesse française, son enquête sur le passé trouble de François Mitterrand durant l`Occupation, qu`il connut son succès le plus retentissant. Il y révélait que celui qui était encore Président de la République avait d`abord frayé avec le Régime de Vichy avant de rejoindre le chemin de l`honneur et de s`engager dans la Résistance. Mais jamais Pierre Péan ne cherchait à  s`ériger en procureur, encore moins en moraliste. Il lui importait trop de restituer toute la complexité des êtres et des situations. Sa boussole, c`était la vérité des faits. Son cap, la vérité tout court. Farouchement libre et indépendant, rétif aux sujets en vogue et aux modes médiatiques, il n`avait jamais peur de soulever les couvercles qui recouvrent parfois les événements du passé, la marche des Etats et la vie des puissants. Mais il avait aussi le respect du secret défense et savait que la transparence absolue pouvait devenir une tyrannie. Lui qui exerçait un journalisme aussi exigeant que patient, qui menait des enquêtes au long cours, craignait la servitude de la vitesse qui s`est abattue sur nos sociétés contemporaines et s`inquiétait de la dérive des temporalités médiatiques qui tendent à  clouer toute information à  ce qu`il avait appelé le `` pilori de l`instantané ». L`œ“uvre de journalisme qu`il a bà¢tie en plus de 50 années de carrière a révélé des trésors d`informations. Elle constitue aujourd`hui un héritage plein de leçons pour les temps présents. Le Président de la République salue la quête inlassable de vérité de Pierre Péan et adresse à  sa famille, à  ses proches et à  tous ceux qui ont travaillé avec lui ses respectueuses condoléances.

La Communauté Rwandaise de France croit que les journalistes ont une pensée délinquante. Lorsqu'elle n'entre pas dans le rang de la pensée hégémonique pro-régime Kagamé-Kigali. Paul Kagamé est le bourreau du peuple congolais (12 millions des morts), pillard et receleur des ressources en République démocratique du Congo. Le dictateur Rwandais commet des crimes contre l'humanité en toute impunité en RDC. Il foule aux pieds toutes les conventions internationales sur le respect des droits humains. Paul Kagamé qui fait sa loi et terrorise tout le monde, espère faire la loi en France ? La Communauté Rwandaise de France estime que ceux qui critiquent la dictature de Kigali, sont des délinquants! Pour la Communauté Rwandaise de France, il est inacceptable que la France Libre et tolérante absolue dans lequel nous vivons ne peut se permettre un son de cloche dissident sur le régime de Kigali. Oui, la pensée dissidente. Elle aussi, la dissidence, existe. Il faut en tenir compte et la respecter. La Communauté Rwandaise de France doit en tenir compte. Cette association rwandaise, faux nez du régime pro-Kagamé et intolérante ne tolère pas la pensée libre, dont le caractère non-formaté est trop dangereux, la Communauté Rwandaise de France ne fonctionne que par la répétition de slogans, bien estampillés sur le Rwanda.

A Réveil FM International nous disons "NON" ! Un "NON" de convictions et valeurs républicaines. Un "NON" de la liberté d'expression et de la presse. Un "NON" de la déclaration universelles des droits de l'homme de 1948.

Certes, il y a des "NON" qui ne sont que des postures, des conforts ou des là¢chetés. Il suffit de se mettre à  l'écoute du discours dominant pour s'en convaincre: les lynchages à  répétition, les bouffées de nihilisme de la bourgeoisie compradore, les défis lancés à  des adversaires virtuels ou fantasmés, les assauts donnés à  des ennemis déjà  à  terre, les hallalis et les aboiements, autant d'alibis gesticulatoires destinés à  justifier l'acceptation de tout, y compris du pire.

Nous prenons exemple de ceux qui à  un moment ou à  un autre de leur vie ont dit "NON" tout en connaissant au préalable ce que ce NON leur coà»terait.

Un "Non" qui n'induit pas ou qui ne sous-tend pas un "Oui" n'a aucun intérêt. C'est un "Non" inconsistant parce qu'irresponsable, médiocre parce que sans danger ! La force et la richesse d'un "Non" dépend à  la fois de la nature du "Oui" qu'il implique et du risque que l'on prend en le proférant.

-Le "NON" du général de Gaulle fut un "OUI" à  la France. L'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940 à  la radio Londres de la BBC est historique. Depuis sa retraite en Angleterre, De Gaulle avait appelé les Français et Françaises à  la résistance contre l'occupation allemande.

-Le "NON" de Zola fut un "OUI" à  la démocratie. Le NON d'Emile Zola est cathartique- il crie dans son article "J'accuse " que le capitaine Dreyfus n'est pas coupable. Zola assène qu'il y a eu forfaiture de la part des hauts placés de l'armée. Zola dit non à  la nomenklatura sacralisée. Par son NON Zola sauve la crédibilité de l'Etat, l'image de la patrie, l'à¢me de la République et peut être aussi l'honneur de l'armée.

- Le "NON" de Mirabeau à  Dreux-Brézé fut un "OUI" au droit du peuple. Le 23 juin 1789, alors que Louis XVI décide de disperser l'Assemblée. Devant le refus des députés du tiers et de quelques députés. Dreux-Brézé vient rappeler l'ordre du Roi à  Bailly, le doyen du tiers. C'est alors que Mirabeau s'avança et dit " Allez dire à  votre Maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes".

Il y a aussi le " NON" de ceux qui se mettent en travers d'une oppression, d'une répression ou d'une régression. Ces "NON" emblématiques comme de Galiléé: tout le monde voit bien que le soleil se lève à  l'est pour se coucher à  l'ouest, tourne autour d'une terre qui ne bouge pas, sans quoi nous nous retrouverons la tête en bas. Qu'un kilo de plomb tombe plus vite qu'un kilo de plume, que l'immobilité est l'état naturel des choses et que seul un choc peut mettre en mouvement, avant que tout naturellement, elles s'immobilisent de nouveau. que les choses tombent parce qu'ils ont tendance à  se diriger du haut vers le bas.

Michel Servet, théologien et médecin, fut brulé vif pour ses idées NON conformistes à  l'égard de l'Eglise le 27 octobre 1553 à  Champel Banlieue de Genève. Sa théologie anti-trinitaire fut comparée à  l'adoptianisme, au sabellianisme ou encore au modalisme qui étaient des anciennes hérésies du christianisme. Michel Servet fut victime d'un crime de la Réforme.

La publication des "Versets Sataniques" de Salman Rushdie en septembre 1988 a déclenché immédiatement une vive réaction dans le monde islamique en raison de sa description jugée irrévérencieuse du prophète Mahomet. Le 14 janvier 1989, le roman a été l'objet d'un autodafé à  Bradford au Royaume Uni. Et le le 14 février 1989, une fatwa réclamant l'exécution de Rushdie a été proclamé par l'Ayatollah Khomeini sur la Radio Téhéran.

Les "NON" emblématiques eurent au moins en commun de leur valoir le martyr ou la proscription dès lors que se déchaînèrent contre eux les foudres conjuguées de l'inquisition et de la raison d'Etat. IL faut dire Non à  l'absolutisme clérical, à  la dictature militariste, à  la tyrannie féodale, au fanatisme intégriste, à  l'oppression oligarchique. Dire NON à  Paul Kagame et sa dictature sans frontières. Et de ses crimes et pillages de ressources en République démocratique du Congo.

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vendredi 21 juin 2019

Commission européenne: Emmanuel Macron face aux ``Spitzenkandidaten» !

Pour Macron, les Spitzenkandidaten sont à  la démocratie ce que le Canada Dry est à  l`alcool : une simple apparence, puisque les têtes de liste sont désignées par les seuls partis européens et ne sont pas élues par l`ensemble des citoyens européens, mais seulement par ceux du pays dans lequel elles se présentent. C`est une belle victoire pour Emmanuel Macron et une défaite en rase campagne pour Angela Merkel. Les vingt-huit dirigeants européens, réunis jeudi soir à  Bruxelles, ont acté le décès du système des Spitzenkandidaten (têtes de liste) que le président français combattait depuis deux ans, alors que la chancelière allemande le défendait bec et ongles.

Bonjour Mesdames Messieurs

Nous venons d`achever un Conseil européen et un sommet de la zone euro qui étaient importants pour les enjeux de fond d`abord qu`ils comportaient. Même si je sais que ce ne sont pas forcément les enjeux les plus commentés, je veux néanmoins ici les rappeler, en tout cas insister sur quelques points.

Hier nous avons adopté, moins d`un mois après les élections européennes, un agenda stratégique pour 5 ans, qui contient à  mes yeux les lignes les plus structurantes. Les prochaines semaines, les prochains mois seront décisifs, et je continue pour ma part à  penser qu`une fois la nouvelle équipe - si je puis dire d`Europe - nommée, il sera essentiel d`avoir autour de ce document une réflexion stratégique pour véritablement installer nos priorités des 5 années à  venir.

Je pense évidemment à  la priorité climatique qui a été réaffirmée dans ce document. Je vais y revenir aussi au regard de nos discussions d`hier et elle demeure extrêmement importante. Ensuite, sur la défense européenne, la protection des frontières, c`est-à -dire tout ce qui permet de protéger l`Europe, d`assurer sa souveraineté, les priorités ont été réaffirmées dans ce document stratégique pour les 5 années à  venir parce que nous avons des décisions très structurantes à  prendre. En matière de droits sociaux là  aussi des avancées ont été faites et j`ai défendu l`idée que dans les 5 années à  venir nous avons à  bà¢tir un nouveau modèle économique et social pour notre Europe, qui passe par de la compétitivité, par de la capacité à  investir sur nos priorités mais dans le même temps aussi à  bà¢tir de la convergence sociale que nous avons pu parfois oublier. C`est pour ça que durant la campagne européenne nous avons défendu cette idée d`avoir des salaires minimums dans chaque pays. Nous avons un agenda social qui doit reprendre son importance, ce document le reconnaît. Et enfin la défense de l`Etat de droit, qui est évidemment un combat largement porté d`ailleurs dans la Commission actuelle mais sur lequel nous devons gagner en efficacité et sur lequel l`ambiguïté ne doit en aucun cas gagner les esprits ou les pratiques.

Ce document stratégique a fait l`objet, je dois le dire, d`un fort consensus. Maintenant ce sont les étapes à  venir qui seront déterminantes et notre capacité à  tirer 3-4 objectifs concrets clairs pour la Commission, le Conseil et le Parlement qui vont s`installer dans les mois prochains. Nous l`avons vu il y a 5 ans quand ses priorités sont définies, qu`on décide tout de suite, qu`on prend des décisions fortes on peut avoir des résultats très concrets : le plan d`investissements en est une bonne illustration, qui avait été lancé par le président JUNCKER dès ses premières semaines aux responsabilités.

Je le disais une priorité absolue de cette feuille de route doit être l`ambition climatique et c`est le message très concret que notre jeunesse depuis des mois porte partout en Europe. C`est le message aussi que nos concitoyens nous ont adressé lors de ces élections européennes. C`est le message que nos scientifiques du monde entier portent depuis plusieurs années. Et je considère que l`engagement que nous devons prendre et continuer de prendre et de mettre en œ“uvre est à  cet égard structurant. La réunion d`hier a permis non pas d`obtenir l`unanimité mais une avancée structurante sur ce point. En effet, au mois de mars dernier, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et la France, nous étions donc 4, ont défendu la neutralité carbone en 2050, ce qui fait partie de l'agenda - je le rappelle - de l'accord de Paris et qui est ce vers quoi nous devons aller, ce que nous sommes engagés à  faire. Nous étions 4. à€ Sibiu en mai dernier nous avons réussi à  commencer à  bà¢tir une coalition de 8 Etats membres et hier nous avons constaté que 24 Etats membres adhéraient à  cet objectif de neutralité carbone en 2050. C'est ce que reflète le texte de nos conclusions. J'aurais préféré l'unanimité mais nous n'avons pas voulu sacrifier cette ambition pour 2050 en affaiblissant nos objectifs pour que tout le monde soit d'accord.

Je pense que ce combat nous devons le poursuivre, les derniers mois montrent qu'il y a eu une vraie avancée et une dynamique et nous le poursuivrons au niveau européen en parachevant ces travaux, en prenant aussi les décisions qu`il nous revient de prendre en matière de prix du CO2, de taxation aux frontières. à‡a fera partie des débats des prochains mois. Mais c'est aussi le combat que nous mènerons au G20, où évidemment l'ambition climatique sera discutée, au G7 cet été, que préside la France à  Biarritz où plusieurs initiatives seront prises et aux Nations Unies puisque le Secrétaire général des Nations Unies a fait du climat sa priorité et a organisé un sommet pour le climat en septembre, où comme vous le savez la France a été chargée en particulier des sujets financiers avec la Jamaïque, mais où nous devons être fortement mobilisés. Et il est clair que l'Europe dans ce contexte-là  ne peut pas donner le sentiment ni agir sans prendre en compte nos priorités, les évidences scientifiques et cet engagement international sur lequel nous devons être leader.

La discussion d'hier a permis également d'échanger sur les relations extérieures, je reviendrai sans doute sur plusieurs aspects dans les questions, mais je voulais ici également redire l'engagement réitéré par l'ensemble du Conseil en soutien et solidarité à  Chypre suite aux incursions turques dans la zone économique exclusive et le fait que nous avons tenu un langage clair en la matière pour qu'aucune ambiguïté ne soit permise. Je veux ici redire à  nos amis chypriotes en effet tout ce soutien.

Nous avons évoqué ce matin le renforcement de la zone euro en présence de Mario DRAGHI et Mario CENTENO, le président de l'Eurogroupe. Après l'accord franco-allemand de Meseberg, je vous le rappelle en juin 2018, nous avions scellé un accord à  27 en décembre 2018 pour renforcer nos mécanismes de sauvetage en cas de crise, créer un budget de la zone euro pour favoriser la convergence de nos économies. Et donc le sommet de ce matin faisait le bilan du travail de nos ministres des finances. Un accord d'ensemble pour mettre cela en œ“uvre a été trouvé la semaine dernière par nos ministres et nous l'avons soutenu ce matin. Mais je vais être ici très clair : c'est une bonne avancée, elle est en ligne avec nos demandes, c'est une avancée qui forme un tout à  mes yeux. Il y a les avancées qui ont été faites sur le mécanisme européen de stabilité, avec en particulier la simplification de ces mécanismes en cas de crise, et il y a les avancées faites sur le budget de la zone euro avec cet objectif de convergence et de compétitivité. C'est un ensemble et l'un ne peut pas fonctionner sans l'autre.

Néanmoins l'accord de la semaine dernière va dans la bonne direction mais n'est pas suffisant. Il n'est pas suffisant parce qu'il n'a pas répondu à  plusieurs sujets qui sont évidemment indispensables pour faire fonctionner un tel budget : la question de la gouvernance, la question du financement. Il est clair que nous devons pouvoir dans ce budget faire appel à  des financements additionnels et il est clair que nous avons besoin d'une gouvernance à  19 si nous voulons que ce soit un budget de la zone euro et donc j'ai demandé et réaffirmé ce matin que le travail puisse se poursuivre pour que ces questions soient clarifiées. Il nous faut en effet un budget de taille suffisante, crédible, respectant ses ambitions et à  la gouvernance propre pour ne pas être confondu avec une ligne budgétaire des 28. J'ai aussi rappelé qu`il n'y avait pas eu de consensus en décembre dernier pour assigner à  ce budget un objectif de stabilisation, ce qui avait été acté en franco-allemand, parce que plusieurs de nos collègues n'étaient pas en accord avec cela. Je considère pour ma part qu'il ne faut pas perdre cet objectif de stabilité, de stabilisation. Pourquoi ? Parce que la convergence est une chose que nous avons réaffirmée, qui est un des objectifs de ce budget mais la stabilisation est indispensable : si nous voulons que la zone euro puisse dà»ment fonctionner, toutes les théories montrent que quand on partage la même monnaie on doit pouvoir avoir des instruments qui permettent de répondre aux chocs asymétriques et donc avoir un mécanisme de stabilisation. De fait aujourd'hui cette fonction d'un budget est remplie par le MES, le mécanisme européen de stabilité que je rappelais tout à  l'heure et que nous avons modifié, mais ce dispositif on le voit n'est pas complet. Et donc il nous faudra aussi poursuivre cette fonction de stabilisation et c'est pourquoi le texte d'aujourd'hui a fait l'objet d'un consensus. Il va dans la bonne direction, il permet d'avancer en ligne avec nos conclusions de décembre mais il n'est pour moi qu'une étape et la nouvelle Commission comme les 5 années qui viennent doivent nous permettre de porter, d'aller beaucoup plus loin sur ces ambitions, d'aller au bout de la fonction de stabilisation, d'acter évidemment la réforme du mécanisme européen mais de bà¢tir un véritable budget avec gouvernance propre et financement suffisant.

Enfin nous avons bien évidemment évoqué durant le dîner d'hier et dans beaucoup de conversations séparées le sujet des nominations européennes et donc des femmes et des hommes qui devront porter ce projet avec les chefs d'Etat et de gouvernement durant les années qui viennent. Nous n'avons pas fini ce travail hier soir, vous le savez, mais nous avons progressé en clarifiant la situation et en nous donnant des règles. Qu'est-ce qui ressort des discussions d'hier soir ? Plutà´t d'hier. D'abord il est apparu hier matin clairement qu'il n'y avait pas de majorité au Parlement européen pour le candidat du parti arrivé en tête. Ce sont des discussions rendues publiques par les chefs de groupes qui en ont fait état avant même le début de nos réunions.

Ensuite, le président TUSK a clairement établi en début de notre discussion qu'il n'y avait pas de majorité claire et donc qu'il y avait au moins des minorités de blocage, voire plus, contre l'ensemble des candidats qui sortaient du système des Spitzenkandidat. Ce qui veut dire que ce système n'a pas été retenu comme valide puisque, je le rappelle, et je l'ai constamment rappelé, pour pouvoir être président de la Commission il faut une double majorité : il faut une majorité au Conseil qui propose et il faut une majorité au Parlement qui accepte et aucun des trois candidats qui sortaient de cette procédure de fait née il y a 5 ans n`est apparu comme faisant l'objet d'un consensus. Fort de cela nous avons acté l'impossibilité que ces trois candidats puissent exercer en particulier la présidence de la Commission et nous avons décidé de relancer une procédure qui sera pilotée par Donald TUSK, qui consiste à  ce que d'autres noms émergent et que des équilibres soient trouvés entre les chefs d'Etat et de gouvernement autour de la table pour que les sensibilités qui sortent de nos élections européennes puissent permettre de faire émerger en particulier les quatre noms principaux, je dirais plutà´t les trois qui sur lesquels le Conseil a un rà´le tout particulier durant la semaine qui vient. Cette procédure qui va donc faire l'objet de consultations tout au long de la semaine par le président TUSK sera doublée de consultations des familles politiques au Parlement, conformément d'ailleurs à  l'esprit et la lettre de nos traités, pour pouvoir aboutir à  un résultat. Ce qui veut dire que nous sommes libérés de noms contraints, mais que ce choix se fera dans le cadre de cette concertation en reflétant les sensibilités politiques qui sortent des élections.

L'autre élément important qui ressort de notre discussion d'hier c'est l'engagement de tous les chefs d'Etat et de gouvernement pour que nous puissions achever ce travail le 30 juin. C'est un élément d'abord de crédibilité un mois après les élections européennes, c'est un élément de bon fonctionnement institutionnel puisque c'est prendre l'engagement de le faire avant la première session du Parlement européen et donc de pouvoir avoir un Parlement qui se réunit avec une pleine visibilité sur les choix faits par le Conseil pour ce qui dépend de lui.

Pour ma part je tiens à  ce qu'on respecte dans ce processus plusieurs critères qui ont été rappelés et qui font l'objet d`ailleurs d'engagements communs. Le premier, je viens de le dire, c'est une décision rapide, qu'on tienne cet objectif du 30 juin, et je ne crois pas une seule seconde que procrastiner aidera à  trouver une solution. Nous avons montré par le passé qu`à  chaque fois qu'on essayait, cette méthode était peu productive. Le deuxième c'est que l'on aille vers un choix d'équilibre sur les quatre postes, d'équilibre d'une part entre femmes et hommes, pour ma part je ne soutiendrai pas une solution qui ne serait pas équilibrée sur ce sujet, et d'équilibre géographique aussi, nous devons respecter l'ensemble des composantes géographiques européennes et il est clair que, en particulier les Etats de l'est comme ceux du sud doivent avoir une représentation, en tout cas être reflétés dans cet équilibre d'ensemble. Et puis le troisième critère c`est une exigence de compétence au plus haut niveau, d'expérience pour porter ce projet en l`incarnant dans un monde où l'Europe doit faire entendre une voix forte.

Je l'ai dit à  plusieurs reprises, moi je ne me bats pas pour une nationalité. On m'a plusieurs fois posé la question. On a toujours évidemment quand on est chef d'Etat ou de gouvernement, on veille à  ce que des équilibres soient tenus et que l'on ne soit ni marginalisé ni que tel ou tel autre soit surreprésenté. Parce qu'à  ce moment-là  l'Europe avance mal, ce n'est pas une histoire d'hégémonie notre Union européenne, mais je pense que le critère que nous devons tous poursuivre ce sont les critères de compétence et de qualité. Parce que trop souvent par le passé nous avons trouvé des compromis vers des personnalités qui ne portaient peut-être pas avec le plus de force le projet et donc je suis pour qu'on puisse avoir les meilleurs autour de la table.

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mardi 11 juin 2019

Vidéo: Emmanuel Macron, son discours à  l'OIT à  Genève!

Emmanuel Macron à  la Tribune de l'OIT

Une allocution lucide du président Macron qui veut une réforme du capitalisme pour éviter une guerre ! Emmanuel Macron a lancé à  Genève un appel à  réformer le capitalisme pour résorber ``les inégalités» qui alimentent les extrêmes.

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mardi 14 mai 2019

Aux Invalides: Emmanuel Macron a présidé l'hommage aux deux soldats d'élite tués au Burkina Faso!

Hà´tel des Invalides, Emmanuel Macron lors de son hommage aux deux soldats d'élite !

Le Président Emmanuel Macron a présidé l'hommage aux deux soldats d'élite tués au Burkina Faso à  l'hà´tel des Invalides à  Paris. Les deux commandos de marine reçoivent à  titre posthume le titre de Chevaliers de la Légion d'Honneur des mains du chef d'Etat.

La France a rendu ce 14 mai un hommage national, lors d'une cérémonie dans la cour des Invalides à  Paris en présence du président de la République, aux deux commandos de marine tués au Burkina Faso en libérant des otages enlevés au Bénin. Les cercueils de Cédric de Pierrepont, 33 ans et Alain Bertoncello, 28 ans, recouverts du drapeau tricolore, traversent d'abord la Seine sur le pont Alexandre III, où ``tous ceux qui veulent saluer une dernière fois les militaires pourront venir se recueillir», a fait savoir le ministère des Armées.

Les cercueils et les portraits des deux militaires sont ensuite disposés cà´te à  cà´te dans la cour d'honneur des Invalides, où le président Emmanuel Macron a fait une brève allocution, suivie de la sonnerie aux morts et de la Marseillaise.

Une cérémonie d'honneurs militaires, réservée aux familles et aux proches des deux membres des Forces spéciales, a déjà  eu lieu le 13 mai aux Invalides, au cours de laquelle le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Christophe Prazuck, a présenté ses condoléances aux familles et a décoré les soldats, à  titre posthume, de la médaille militaire et de la Croix de la valeur militaire.

Le 10 mai, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, deux membres du commando de marine Hubert de Saint-Mandrier ont été tués au Burkina Faso en participant à  une opération victorieuse de libération de quatre otages - deux Français, une sud-Coréenne et une Américaine. Une enquête a été confiée à  la DGSI, ainsi qu'à  la sous-direction antiterroriste, sur ces événements.

10h35 Interrogée par TF1, la secrétaire d'Etat auprès du ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, a déclaré : ``On rend hommage à  leur action, on rend hommage à  leur courage, on rend hommage aux valeurs qu'ils ont déployées dans leur action, c'est-à -dire, la défense de la France, l'honneur de la France et c'est un moment très important.»

10h54 Les deux prédécesseurs d'Emmanuel Macron, François Hollande et Nicolas Sarkozy, sont aussi présents à  l'hommage rendu aux deux militaires aux Invalides.

10h55 Les familles des deux militaires ont pris place. Emmanuel Macron a été accueilli par le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Armées Florence Parly. Les notes de la Marseillaise ont ensuite retenti. Le chef de l'Etat va passer les troupes en revue, puis les cercueils des deux défunts, venus de la cathédrale Saint-Louis, seront disposés cà´te-à -cà´te dans la cour d'honneur. Ils seront décorés de la Légion d'Honneur à  titre posthume.

11h07 Emmanuel Macron est allé saluer les familles des deux victimes, venues aux Invalides avec les portraits des deux militaires tombés au Burkina Faso. Les cercueils font leur entrée dans la cour d'honneur, recouverts du drapeau français, dans le silence. Ils seront reliés symboliquement par une ``sangle de vie» utilisée lors des plongées difficiles par les nageurs de combat, un brevet que seuls possèdent les membres du prestigieux commando Hubert auquel appartenaient les deux défunts. Les cercueils étaient portés par des membres des forces spéciales au visage entouré d'une écharpe pour protéger leur anonymat.

11h29 ``Ceux qui attaquent un Français doivent savoir que jamais notre pays ne plie», a affirmé Emmanuel Macron lors de son discours d'hommage aux deux militaires, ``morts en héros», expliquant poursuivre implacablement la lutte contre le terrorisme. ``La mission était périlleuse, les ravisseurs déterminés», a-t-il ajouté. Une ``mission difficile» et ``nécessaire», car ``l'immensité plate et aride du Sahel ne laissait aucune opportunité aux militaires de s`approcher sans se dévoiler».

Les deux bérets verts ``n`hésitèrent pas un seul instant, défiant la mort pour sauver des vies, et ont mené l'assaut dans les tentes», sans faire feu. Le chef de l'Etat explique qu'ils ont pu exfiltrer les otages mais se sont ensuite fait abattre à  bout portant.

Le président français a loué les qualités de bravoure et d'excellence au combat des deux bérets verts et énuméré leurs décorations. ``La mort ne vous faisait pas peur [...] car vous aviez la volonté de servir les autres, y compris au prix de votre propre vie», a commenté Emmanuel Macron.

``Nous ne céderons rien des combats pour lesquels nous nous sommes engagés et pour lesquels vous avez donné votre vie», a-t-il ajouté.

HOMMAGE NATIONAL AUX PREMIERS MAàŽTRES CÉDRIC DE PIERREPONT ET ALAIN BERTONCELLO

Allocution d`Emmanuel MACRON

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le président du Sénat,

Monsieur le président de l'Assemblée nationale,

Messieurs les présidents,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Monsieur le chef d'état-major des armées,

Monsieur le chef d'état-major de la marine,

Mesdames et Messieurs les officiers généraux, officiers, officiers mariniers, sous-officiers, quartier-maitres et matelots, soldats, aviateurs, gendarmes,

Mesdames et Messieurs,

Chères familles,

La France était encore endormie en cette nuit du 9 au 10 mai lorsqu`à  plusieurs milliers de kilomètres de Paris, au nord du Burkina Faso nos forces spéciales s'engagèrent, pour neutraliser un groupe de terroristes islamistes et pour libérer deux de nos compatriotes capturés 8 jours plus tà´t au Bénin. La mission était périlleuse, les ravisseurs déterminés avaient les mains encore ensanglantées de l'assassinat du guide béninois Fiacre GBÉDJI. La mission était difficile. L`immensité plate et aride du Sahel elle ne laissait à  nos militaires nulle possibilité d'approcher le campement des terroristes sans se dévoiler, sans s`exposer. Mais la mission était nécessaire. Encore quelques heures et les otages seraient aux mains des terroristes maliens avec le risque de perdre complètement leurs traces. Et je pense en cet instant à  Sophie PETRONIN, toujours aux mains de ces ravisseurs. Nous ne l`oublions pas, la France ne l'oublie pas. Car la France est une nation qui n'abandonne jamais ses enfants quelles que soient les circonstances et fusse à  l'autre bout de la planète. Ceux qui attaquent un Français doivent savoir que jamais notre pays ne plie, que toujours ils trouveront notre armée, ces unités d`élites, nos alliés, sur leur chemin. Et nous continuerons ainsi à  lutter sans relà¢che contre le terrorisme, au Sahel comme au Levant, et sur le sol français. L'opération fut donc décidée. Des Français étaient menacés, il fallait les secourir. En-tête de la colonne d'assaut deux hommes, deux militaires d'expérience, deux guerriers d'exception le maître Cédric DE PIERREPONT et le maître Alain BERTONCELLO. Dans la nuit, ces deux hommes et à  leur suite leurs frères d'armes du Commando Hubert et du 1er régiment parachutiste d'infanterie de marine progressent sans se faire repérer de la sentinelle qui veillait. Soudain le silence absolu du désert cessa, brisé par le claquement des culasses et le fracas mécanique des armes. Après avoir neutralisé l'homme qui guettait, le groupe commando parvint au seuil du campement, les ravisseurs se tenaient là  derrière la toile épaisse des tentes, prêts à  en découdre, prêts à  faire feu sans discernement. Alors dans l'obscurité d'un ciel sans étoile, la clarté fulgurante de l'évidence. Pour sauver la vie des otages, une seule solution mener l'assaut sans ouvrir le feu. Le maître Cédric DE PIERREPONT et le maître Alain BERTONCELLO n'hésitèrent pas un seul instant. Défiant la mort pour sauver des vies, faisant preuve d'une bravoure inouïe, ils pénétrèrent, armes tenues silencieuses, dans les tentes, pour sauver les vies des nà´tres et ne prendre aucun risque pour eux. Rapidement les otages furent extraits. Mais l'ennemi tira à  bout portant. Le maître Cédric DE PIERREPONT et le maître Alain BERTONCELLO tombèrent. La mission était un succès, mais nos deux soldats n'étaient plus. Ils étaient morts en héros, pour la France, morts en héros parce que pour eux rien n'est plus important que la mission rien de plus précieux que la vie des otages.

Le maître Cédric DE PIERREPONT s'était engagé dans la marine nationale dès l'à¢ge de 18 ans. Major de son cours à  l'école des fusiliers-marins de Lorient ce jeune breton avait dès ses débuts tout d'un héros de la nation. L`abnégation, débutant au sein du commando de Penfentenyo, il travailla sans relà¢che, suivi les entraînements les plus sélectifs pour rejoindre le Commando Hubert qu`il rallia en 2012. La bravoure, engagé au Levant, au Sahel, le maître Cédric DE PIERREPONT fit très vite de la libération des otages plus qu`un métier, sa raison d`être. Prendre tous les risques pour que ses compatriotes vivent, c`était son serment. Le goà»t de l`excellence. Equipier contre le terrorisme lors de l`opération Chammal en 2016, son engagement fut distingué maintes fois par de nombreuses citations valant titres de guerre et par des décorations dans la Croix de la valeur militaire et la médaille d'or de la Défense nationale. Oui, il avait l'à¢me d'un chef. Cette nuit de mai, dans l'obscurité du désert donc, Cédric n'était pas seul au-devant du groupe qu'il commandait. Sous l'eau les nageurs sont sanglés. Sur terre, ils sont liés. Et cette nuit de mai, au bout de ce lien se tenait Alain BERTONCELLO.

Le maître Alain BERTONCELLO rejoignit les rangs de la marine national à  20 ans. Alain BERTONCELLO avait la rigueur, celle acquise au contact de sa montagne natale. Seulement cinq années après avoir intégré le commando d`assaut Jaubert, il fut projeté au levant comme chef d`équipe Commando. Membre du Commando Hubert depuis deux ans, sa technique et son niveau opérationnel était au dire de tous, remarquable. Il avait la bravoure aussi. Également appelé au sein de l`opération Chammal, il se distingua par son engagement dans le combat contre Daesh, lequel lui valut une citation avec attribution de la médaille d`or de la Défense nationale. Enfin, la générosité. L`homme toujours disponible, le sourire toujours là  qui rendait souvent service aux autres sans bien que cela ne se sache. De ces soldats qui façonnent la cohésion d`un groupe. Alain BERTONCELLO incarnait l`avenir du Commando Hubert fauché en pleine jeunesse il en sera lui aussi pour toujours un des symboles, oui, ces officiers mariniers étaient des soldats hors normes comme peu d`armée dans le monde ont la chance d`en compter.

Maître Cédric DE PIERREPONT, Maître Alain BERTONCELLO. Vous qui vous êtes entraînés ensemble, vous qui avez combattu ensemble, vous que la mort à  jamais a uni. Voyez la Nation rassemblée dans cette cour des Invalides pour rendre l'hommage que vous méritez. Si nous sommes réunis aujourd'hui devant vos dépouilles drapées des couleurs de la France, c'est pour nous incliner devant la douleur digne de vos familles. Et je sais que ceux qui vous doivent la vie, nos deux compatriotes comme les ressortissantes américaine et sud coréenne s'associent à  ce geste. C'est pour dire aussi notre solidarité avec vos frères d'armes. Ceux qui, des groupes commandos comme des autres, étaient avec vous au contact de l'ennemi et à  qui nous pensons, plus particulièrement ce jour. Les autres nageurs de combat d'Hubert avec qui au Cannier sur la presqu'île de Saint-Mandrier, vous avez partagé tant et tant d'épreuves, d'entraînements difficiles pour mériter cet insigne formé de deux hippocampes enlacés autour d'une ancre, le plus prestigieux de tous. Regardez, ils sont là  ce matin. Et les anciens, aussi, à  qui vous étiez reliés par cette longue chaîne de solidarité unissant tous ceux qui dans leur vie ont porté l'illustre béret vert. Nous pensons à  tous vos camarades des forces spéciales qui exposent si souvent leur vie - ils sont venus en nombre pour ce dernier adieu. A tous ceux de l'opération Barkhane engagés dans les dunes du Sahel, comme à  tous vos camarades militaires déployés partout dans le monde car ce sont les armées tout entières qui ce jour sont en deuil. Et nous sommes là  pour affirmer avec toute l'énergie que donne la rage de la tristesse que nous ne céderons rien. Des combats pour lesquels vous vous êtes engagés et avez donné votre vie.

Maître Cédric DE PIERREPONT, Maître Alain BERTONCELLO, la mort ne vous faisait pas peur parce que vous aviez ancré en vous, dans le mystère insondable de vos à¢mes, la volonté de servir les autres y compris au prix de votre propre vie. Parce que vous aviez fait le choix intime de consacrer cette existence à  une cause plus grande que vous, celle de la France, celle de la liberté. Parce que affronter le feu de l'ennemi comme un seul homme est l'ultime valeur du soldat. Surgis du ventre de la nuit, ils sont porteurs des foudres de Neptune. Ce sont les mots que de génération en génération, les membres de votre unité se transmettent avant d'engager le combat. Les mots du mystère, les mots du secret.

Une vie arrêtée n'est pas une vie perdue. Une vie arrêtée en pleine jeunesse, en pleine conscience aussi, n'est pas une vie perdue. Une vie donnée n`est pas une vie perdue. Celui qui meurt au combat, dans l'accomplissement de son devoir, n'a pas seulement accompli son devoir, il a rempli sa destinée. Ce n'est pas un sacrifice, non. C'est le sens même de l'engagement, la part tragique de la mission et vous le saviez. Et avec vous, je le savais. Cette indicible part obscure de l'engagement, celle qui fait sa force et sa clarté, celle du don que chaque soldat à  chaque mission consente à  la nation. Et notre pays sent bien, notre pays sait bien dans ses profondeurs que votre exemple nous sauve tous car il nous maintient à  la hauteur de nous-mêmes, de ce que nous avons à  être. Oui, une nation n`est libre et forte que par la fraternité et la solidarité qui l`unissent. Une nation est libre et forte que d'avoir des héros dont elle doit se montrer digne en s'élevant à  leur hauteur et en restant soudés tel est le sens profond de votre combat. Aujourd'hui, par votre mort, vous entrez dans la lumière éclatante de l'histoire de notre pays. Et voilà  qu'en écho, jaillit une succession de figures qui ont donné leur vie pour notre nation. Voilà , surgissant de l'eau salée de la Manche, les soldats du commandant KIEFFER et, parmi ses hommes qui débarquèrent à  Ouistreham le 6 juin 1944, la silhouette du lieutenant de vaisseau Augustin HUBERT, celui-là  même qui donna son nom à  votre commando et se dresse les ombres du capitaine de frégate François JAUBERT de l'enseigne de vaisseau Alain DE PENFENTENYO voilà  encore le capitaine de corvette Charles TREPEL, l'enseigne de Vaisseau Louis DE MONFORT et l'amiral Pierre PONCHARDIER et voilà  que les rejoignent tous ceux qui ont fait don de leur jeunesse pour le pays, pour la liberté. De Valmy à  Verdun, de Patay à  Camerone, de Basey au maquis, ceux dont on dit qu'ils sont tombés mais qui chaque fois ont élevé la France, c'est la cohorte de cette grande histoire, cette histoire de Français qui se sont battus pour d'autres Français, cette histoire de Français qui se sont battus pour les valeurs de la France, pour la part d'universel qui tient notre pays, que vous rejoignez aujourd'hui l'un et l'autre.

Vos familles vous pleureront toujours, avec la fierté triste qui accompagne le souvenir de celui dont l'horizon fut le sacrifice suprême. Vos frères d'armes n'oublieront jamais, et ils accompagneront vos dépouilles en entonnant ce chant, loin de chez nous, en Afrique, ils pleureront aussi en regardant droit devant pour vous rendre l'honneur qui vous est dà». Et la nation tout entière qui, en ce jour, vous rend hommage, se souviendra. Vos deux noms seront gravés au monument aux morts de vos communes, et la nation saura que vous avez fait votre devoir, car pour les peuples libres, pour les grandes nations, les noms des héros ne s'effacent jamais.

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lundi 29 avril 2019

Elysée: La conférence de presse d'Emmanuel Macron !

Emmanuel Macron lors de la conférence de presse

Au palais de l'Elysée, les présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient toujours debout lors de la conférence de presse. Le président Emmanuel Macron était assis. Le jeudi 25 avril, le chef de l'État a dévoilé, devant un parterre de plus de 300 journalistes, ses quatre grandes orientations qui permettront une réforme de l'organisation du pays dans les prochains mois de son mandat. Emmanuel Macron a finalement parlé pendant une heure, raccourcissant la séance de questions-réponses, qui a duré 1h30 environ. Démocratie, fiscalité, éducation et immigration ont notamment été évoquées par Emmanuel Macron dans un discours deux fois plus long que prévu. Contraint d`annuler son allocution le 15 avril après l`incendie de Notre-Dame de Paris, le chef de l`Etat a vu son discours publié dans les médias et la quasi-totalité des annonces dévoilées. Dix jours plus tard, il a présenté ces mêmes annonces sur la fiscalité, la décentralisation, les services publics...

Emmanuel Macron lors de la conférence de presse

Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames, Messieurs. J`ai souhaité vous rencontrer devant les Français qui nous écoutent et nous regardent pour tirer les conclusions du Grand débat national et proposer au pays les orientations du nouvel acte qu`appelle l`attente de nos concitoyens, nouvel acte de notre République. Que s'est-il passé au fond depuis le mois d'octobre dernier dans notre pays ? Un mouvement inédit, le mouvement des gilets jaunes qui a dit sa colère, son inquiétude, qui a dit aussi son impatience que les choses changent plus vite, plus radicalement et que le peuple français puisse avoir sa part de progrès dans un monde incertain et où il faut bien le dire, il a eu le sentiment durant plusieurs années de plutà´t subir des reculs. Ce mouvement s'est ensuite progressivement transformé, tiraillé entre les injonctions contradictoires, la démocratie absolue et permanente d'un cà´té ou la fascination autoritaire de l'autre, le plus de services publics, tout à  fait légitime, et le moins d'impà´ts, tout aussi légitime mais difficilement compatibles. Et ce mouvement a ensuite été récupéré, nous l'avons tous vu, par les violences de la société : l'antisémitisme, l'homophobie, les attaques contre les institutions, les journalistes parfois, les forces de l'ordre. Aujourd'hui, l'ordre public doit revenir avant tout et avec lui l'indispensable concorde. Mais je ne veux pas que les dérives de quelques-uns occultent les justes revendications portées à  l'origine de ce mouvement et profondément soutenues.

Emmanuel Macron lors de la conférence de presse

C`est pour cela que j`ai apporté une première réponse dès le 10 décembre dernier, une réponse d`ampleur parce qu`elle me paraissait juste et qu`elle était cohérente avec les orientations que nous avions d`ailleurs retenues au début du quinquennat : donner plus de pouvoir d`achat mais plus vite aux classes moyennes et à  celles et ceux qui travaillent. C`est aussi pour cela que j`ai voulu ce Grand débat national, exercice inédit dans les démocraties contemporaines, dans lequel je me suis personnellement engagé aux cà´tés des maires, et qui a permis à  plusieurs millions de nos concitoyens de participer. Et je dois dire la grande fierté qui est la mienne d`avoir vu durant ces mois nos concitoyens prendre part à  ces débats, dire leur part de vérité, proposer, réfléchir et j`ai moi-même beaucoup appris de notre pays, aux cà´tés des maires, sur la fonction qui est également la mienne durant ces mois. J`ai beaucoup appris et cette fierté que j`évoquais m`a convaincu d`une chose : nous sommes avant toute chose les enfants des Lumières et c`est de ce débat, de ces délibérations, de cette capacité à  dire et contredire mais dans le respect de l`autre que peuvent naître les bonnes solutions pour le pays et en aucun cas dans l`obscurantisme ou le complotisme. On ne bà¢tit pas sur la haine de soi, la jalousie de l`autre mais bien plus dans la juste compréhension de ce que nous sommes et des défis qui sont devant nous.

Emmanuel Macron lors de la conférence de presse

Alors qu`a dit ce mouvement et qu`est-ce que j`ai saisi de ce Grand débat ? D`abord, on l`a tous entendu, un profond sentiment d`injustice : injustice fiscale, injustice territoriale, injustice sociale. Ce sentiment est là , il est installé, il faut lui apporter une réponse. Ensuite un sentiment de manque de considération : beaucoup de nos concitoyens qui ne se sentent pas respectés dans leur quotidien, dans ce qu`ils vivent par nos institutions, parfois notre organisation collective, nos manières de décider, de faire ; un manque de confiance aussi dans les élites, toutes les élites, votre serviteur au premier chef mais l`ensemble de ceux qui sont élus, exercent des responsabilités, représentent, parfois même cherchent à  décrypter l`actualité. Il est difficile de construire quelque chose lorsque la confiance n`est pas rétablie à  l`égard de celles et ceux qui doivent être des tiers de confiance ou qui décident dans la société. Un sentiment d`abandon. Sentiment d`abandon qui se nourrit que du fait que de plus en plus de vies de nos concitoyens sont comme oubliées ou inadaptées à  l`organisation du monde tel qu`il est, tel qu`il s`est fait.

Nous vivons dans une société avec des politiques publiques qui ont largement été pensées au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. La famille a changé, la manière de travailler a changé, nos organisations ont changé et nous ne l`avons pas totalement vu. On a découvert, il faut bien le dire avec beaucoup d`humilité durant ce mouvement, ce qu`on appelle aujourd`hui les familles monoparentales, la plupart du temps ces femmes seules qui élèvent leurs enfants et travaillent. Très peu de choses sont faites dans la société pour elles, pour ne pas dire rien. On a vu s`exprimer les enfants victimes de harcèlement à  l`école, les personnes vivant en situation de handicap qui ont dit aussi tout ce que la société avait de béances, celles et ceux qui travaillent dans les grandes villes où on a créé l`essentiel des emplois ces 20 dernières années mais n`ont pas les moyens d`y vivre et habitent parfois à  trois-quarts d`heure ou une heure de route sans qu`il y ait de transport collectif. On n`avait pas non plus conçu de politique publique pour eux et donc il y a comme des plis de la société qui se sont en quelque sorte révélés, des angles morts, ces vies un peu oubliées de nos politiques publiques, de beaucoup de nos discours qui ont dit “moi je participe, je travaille, je vis mal malgré ce travail et je veux non seulement qu`on me reconnaisse mais qu`on apporte des solutions concrètes à  ma vie.” Et évidemment je n`oublie pas parmi ces quelques portraits chinois que je viens de brosser les retraités modestes dont j`ai un moment cru moi-même que leurs protestations n`étaient pas totalement légitimes - “vous me parlez de la CSG, regardez c`est quelques euros par mois” - mais qui vivent aujourd`hui avec l`angoisse de parfois devoir aider les générations suivantes qui ne s`en sortent pas totalement, de devoir subvenir aux besoins de leurs propres aînés qui vivent encore et sont en dépendance et qui voient devant eux ce que va coà»ter la maison de retraite, l`EHPAD, entre 1800 et 2000 euros par mois là  où leur retraite est à  1300 euros, et qu`ils ont travaillé toute leur vie. Ces cas concrets se sont dits à  nous, se sont exprimés et ont nourri ce sentiment d`abandon. Enfin c`est la peur des grands changements : le climat avec son urgence mais aussi son lot d`inquiétudes parce qu`il faut changer des habitudes prises pour se déplacer, produire ; l`immigration ; le numérique ; le déclassement social ; le vieillissement que je viens rapidement d`évoquer.

Alors face à  toutes ces inquiétudes qui se sont exprimées, ces sentiments que je voulais rassembler pour dire un peu ce que j`avais compris et entendu : est-ce qu`il faudrait tout arrêter de ce qui a été fait depuis 2 ans ? Je me suis posé la question : “est-ce qu`on a fait fausse route ?” Je crois tout le contraire, je crois que les transformations en cours et les transformations indispensables à  faire dans notre pays ne doivent pas être arrêtées parce qu`elles répondent profondément à  l`aspiration de nos concitoyens. Elles n`ont pas été suffisamment rapides à  l`endroit de certains, pas suffisamment radicales, pas suffisamment humaines - je vais y revenir - mais je pense très profondément que les orientations prises durant ces deux premières années, à  bien des égards, ont été justes. Mettre l`école, le mérite, le travail au cœ“ur de notre ambition était indispensable. Décider à  investir, produire davantage pour redevenir une nation forte en menant toutes les réformes nécessaires pour cela était indispensable aussi pour pouvoir financer la solidarité ensuite qu`on veut pouvoir se payer. Moderniser notre économie, réduire nos déficits publics, réarticuler une vraie ambition européenne face à  toutes ces menaces étaient, je le crois très profondément, de bonnes orientations. Je crois donc que ces fondamentaux des deux premières années doivent non seulement être préservés, poursuivis et intensifiés. Et d`ailleurs les premiers résultats sont là  au moment même où nous vivons cette crise : nous recréons des emplois, plus de 500 000 durant ces deux premières années y compris dans le secteur industriel où depuis plus de 10 ans nous étions en train de détruire constamment des emplois en France. Les investissements repartent et continuent de repartir et pour la première fois depuis bien longtemps en ce moment même notre croissance est supérieure à  celle de bien de nos pays voisins donc les résultats commencent à  être là .

Alors la réponse n`est pas dans le reniement mais je crois dans la définition plus profonde d`une nouvelle ambition, dans la réponse aux questions profondes que se pose notre pays et que se posent d`ailleurs dans nombre d`autres démocraties dans le monde qui vivent partout des crises qui se traduisent de manière différente, qui sont des crises de l`efficacité, de la représentation. D`abord face au sentiment d`injustice, nous devons apporter une réponse qui place l`homme au cœ“ur de notre projet bien davantage que nous ne l`avons fait. Notre projet national doit être plus juste, plus humain afin de rassembler et de réunir et face aux grands changements il nous faut retrouver, par le projet national et européen, la maîtrise de notre destin et de nos vies. Je crois que ce à  quoi aspire très profondément le peuple français c`est de comprendre pourquoi on décide les choses, qu`on puisse en tant que gouvernants dire à  un moment “nous ne sommes pas d`accord”, de ne pas tout subir ou d`avoir le sentiment qu`on s`adapte constamment au cours du monde.

Alors ce nouveau temps, de cette mandature et de notre République, je veux lui assigner un objectif simple : redonner une espérance de progrès à  chacun, en demandant à  chacun le meilleur de lui-même, et c`est ainsi que nous pourrons reconstruire ensemble très profondément ce que j`appellerais l`art d`être Français qui est une manière très particulière d`être ce que nous sommes. L`art d`être Français c`est à  la fois être enraciné et universel, être attaché à  notre histoire, nos racines mais embrasser l`avenir, c`est cette capacité à  débattre de tout en permanence et c`est, très profondément, décider de ne pas nous adapter au monde qui nous échappe, de ne pas céder à  la loi du plus fort mais bien de porter un projet de résistance, d`ambition pour aujourd`hui et pour demain.

Et pour ce faire il y a quatre orientations que je voulais brosser ce soir devant vous avant de répondre à  vos questions et qui sont, en quelque sorte, celles sur lesquelles je veux construire cette nouvelle étape.

La première orientation c`est de changer, beaucoup plus en profondeur et rapidement, notre démocratie, notre organisation, notre administration. Au fond le sentiment de beaucoup de nos concitoyens, c`est comme ça que je l`ai entendu, c`est de dire “vous nous avez demandé des changements à  nous mais vous avez très peu changé. Vous vous êtes toujours avec les mêmes organisés de la même manière, on n`a rien vu bouger. Ce n`est pas faux. Alors, sur le plan démocratique, les citoyens veulent être mieux représentés participer davantage, avoir au fond une organisation plus efficace. Là -dessus, on a vu fleurir beaucoup de débats et je veux dire, très franchement, après avoir beaucoup écouté et réfléchi où je me situe. Je crois aux élus. Je crois aux élus de la République parce que l`élu a une légitimité, celle que lui procure l`élection. Si on se met à  dire, quand il s`agit des décisions de la cité, la vie d`un citoyen est aussi importante que celle du maire, elle l`est en tant que citoyen mais le maire est allé à  l`élection. Il a obtenu une légitimité et donc je pense qu`il faut consolider cette place de nos élus dans la République sinon il n`y a plus de décision possible, plus d'arbitrage qui se forme et au premier chef, les maires qui sont le visage, le quotidien de la République à  portée parfois "d'engueulades" si vous m`autorisez cette expression, de remerciements et d'attachement aussi et qui sont essentiels. Je veux conforter leur rà´le par un statut digne de ce nom, simplifier les règles qu'ils ont parfois subies lorsque le pouvoir, les responsabilités se sont par trop éloignés sans qu'ils l'aient choisi. Mais la démocratie représentative est aussi essentielle et je ne veux pas que de cette crise, le rà´le du Parlement ne soit, en aucun cas, fragilisé. Cependant, nous pouvons l'améliorer. Nous pouvons le rendre plus représentatif avec une part significative de proportionnelle pour que toutes les familles politiques soient représentées, toutes les sensibilités en limitant aussi le nombre de mandats dans le temps. Nous pouvons le rendre plus efficace et je fais confiance aux assemblées pour renforcer leur contrà´le indispensable, pour avoir aussi des procédures plus rapides, plus adaptées aux contraintes actuelles et aux attentes de nos concitoyens. L'efficacité, c'est aussi la réduction du nombre de parlementaires, comme je m'y étais engagé et qui est beaucoup revenue dans le débat. Mais nos citoyens veulent participer davantage, au-delà  de ce que je viens de dire sur les élus et de notre démocratie représentative, et plusieurs questions ont émergé qu'il faut considérer.

D'abord, la question du vote obligatoire qui est souvent revenue. Je ne retiendrai pas cette option, je ne la retiendrai pas pour deux raisons. La première, c'est que je ne crois pas qu'on répond à  la crise démocratique par la contrainte. Je ne crois pas que lorsqu'il y a de la désaffection pour une élection et du désintérêt, on y répond en rendant la chose obligatoire. On y répond en redonnant du sel à  la vie démocratique et à  cet égard, la période que nous vivons, je le crois, est une partie de la solution. Ensuite, c'est qu'une fois qu'on a mis l'obligation quand je regarde nos voisins, il est très dur de la faire respecter. Généralement, elle n'est pas suivie. Est-ce qu'on met des amendes ? C'est très dur. Alors, certains proposent de priver leurs droits civiques ceux qui ne vont pas voter. C'est un peu étrange en tout cas ça éloigne encore davantage du civisme et de la vie politique, ce qui ne se rendrait pas à  cette obligation. Je n'y crois pas.

Ensuite, il y a la question du vote blanc. C'est une question qui, depuis longtemps, on travaille notre démocratie. Elle n'est pas négligeable et à  juste titre les gens qui votent blanc nous disent : “Je veux être entendu. Je veux que ce soit pris en compte”. Est-ce qu'il faut lui donner une reconnaissance particulière ? J'ai, à  un moment, été tenté par cette option, j'y ai beaucoup réfléchi et je ne la retiendrai pas. Je ne la retiendrai pas parce qu`au fond la crise de notre démocratie est aussi une crise d'efficacité et de capacité à  prendre les décisions. Alors, on peut avoir des projets dont aucun ne nous plaît totalement à  une élection mais on doit choisir parfois le moindre mal ou le mieux possible et ce choix est important parce que dans les moments difficiles de la démocratie, il faut prendre des options et il faut choisir et je sais une chose : c'est quand on vit une période difficile, blanc ça ne décide pas. Blanc c'est l'agrégation des rejets, des refus. C'est trop facile. Moi, je veux bien être le candidat du blanc. On a toutes les voies dans la période que nous vivons mais Blanc ne résoudra aucun problème. Monsieur X, Mme Y oui ! Qu'on soit d'accord ou pas.

Enfin, il y a eu la question du référendum d'initiative citoyenne. Tel qu'il est proposé, il me semble remettre en cause la démocratie représentative mais je crois malgré tout nous devons donner plus de place à  la voie référendaire dans notre démocratie et ce que je souhaite, c'est que dans le cadre de notre réforme constitutionnelle, nous puissions aller plus loin sur le référendum d'initiative partagée qui a été créé il y a maintenant 11 ans dans notre constitution en en simplifiant les règles, en permettant que l'initiative puisse venir de citoyens, un million de citoyens qui signeraient une pétition et qu'elle puisse prospérer en projet de loi et si elle n'était pas examinée par les assemblées, aller au référendum. Je crois que c'est une bonne voie qui respecte la démocratie représentative mais qui permet à  un million de citoyens qui se rassemblent de pousser le parlement à  discuter d'un texte ou bien d'aller au référendum. Je souhaite ensuite qu'au niveau local on puisse renforcer le droit de pétition. Au niveau local en définissant une forme de droit d'interpellation des élus au-delà  d'un certain seuil qui sera à  définir les citoyens doivent pouvoir obtenir d'inscrire un sujet à  l'ordre du jour d'une assemblée locale. Là  aussi je pense que c'est important et ça permet d'articuler la place légitime des élus. Mais ce que les citoyens peuvent vouloir amener dans le débat public et voir pleinement reconnu.

Enfin je souhaite que cette place de nos concitoyens dans notre démocratie ainsi revitalisée puisse aussi se faire par la réforme que nous devons conduire du Conseil économique social et environnemental. Ce Conseil existe depuis la Constitution de 1958 c'est une présence qui a des antériorités pour représenter la société civile. Nous en réduirons le nombre mais à  cà´té des grandes forces vives économiques sociales associatives qui y sont présentes et qui portent les grands sujets. Je souhaite que l'on puisse avoir des citoyens tirés au sort qui viennent compléter cette assemblée et qui ainsi permettra à  celle-ci de représenter pleinement la société dans toute sa diversité et sa vitalité. Et je souhaite que ce conseil de la participation citoyenne ainsi refondé puisse reprendre l'ensemble des compétences de consultation qui sont émiettées entre plusieurs comités parfois devant lesquels nos lois doivent passer qui sont souvent peu clairs pour nos concitoyens qui créent beaucoup de complexité administrative. Je propose que cette réforme constitutionnelle ainsi simplifiée, clarifiée, repensée puisse être soumise par le gouvernement au Parlement à  l'été. Je fais confiance à  l'Assemblée nationale au Sénat pour qu'elle puisse dans les meilleurs délais prospérer et être pleinement effective. Mais sans attendre, dès le mois de juin nous tirons au sort 150 citoyens pour constituer ce début de conseil de la participation citoyenne. Ce sera organisé au CESE actuel avant sa réforme et nous commencerons à  innover avec ce nouveau travail qui je crois répond aux aspirations profondes et permet de mobiliser l'intelligence collective de manière différente.

Nous devons ensuite changer de méthodes d'organisation de notre République. Ce qui s'est exprimé très profondément c'est un besoin de proximité d'enracinement de l'action que nous devons conduire dans beaucoup de domaines. Et j'ai pleinement conscience que la politique que nous avons parfois menée a été perçue comme lointaine parfois trop froide, venant de Paris et donc technocratique. C'est parfois injuste c'est parfois vrai. En tout cas il faut le regarder en face. Et donc je souhaite que nous puissions ouvrir un nouvel acte de décentralisation adapté à  chaque territoire. Les Français ont confiance dans leurs élus locaux et ce nouvel acte de décentralisation doit porter sur des politiques de la vie quotidienne, le logement, le transport, la transition écologique, pour garantir des décisions prises au plus près du terrain. Ce nouvel acte de décentralisation devra s'appuyer sur quelques principes simples. D'abord responsabilité, lisibilité et financement. Quand je regarde nos décentralisations passées, elles sont tout sauf claires. Et elles n'ont pas permis, ni de faire de véritables économies ni d'avoir une culture de la responsabilité démocratique. On a souvent transféré des bouts de compétences avec une partie des financements qui allaient avec. L'État a gardé une partie de ses compétences ce qui crée un imbroglio absolument terrible mais surtout on n'a jamais transféré la responsabilité démocratique qui va avec jamais. Et donc on a parfois transféré des compétences mais quand les ennuis sont là  c'est toujours l'état ce qui est un peu simple. Et donc une vraie république décentralisée c'est des compétences claires que l'on transfère totalement en supprimant les doublons on transfère clairement les financements et on transfère clairement la responsabilité démocratique et la question que nous devons nous poser c'est à  quelle élection on vote pour quoi. Moi je suis convaincu que sur les sujets que j'évoquais, le logement quotidien, le transport beaucoup de sujets de la vie quotidienne, quand on vote pour le président de la République on ne vote pas pour cela. Quand on décide de la politique sociale de la nation ce n'est pas au moment où on vote pour le conseil départemental. Or aujourd'hui ce sont des compétences des départements. Vous voyez qu'il y a une perte de repères et de clarté démocratique dans le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui.

Donc nous devons là -dessus profondément refonder notre modèle. Mais je souhaite qu'il puisse y avoir un geste de décentralisation extrêmement clair et avec celui-ci un principe : la différentiation territoriale. Nous avons commencé à  le pratiquer avec le gouvernement en signant des contrats ad hoc collectivité par collectivité. Mais pour répondre aux défis de nos outremers, qui sont très spécifiques, pour répondre aux défis de l`insularité et la montagne que connaît la Corse mais que des régions comme la Normandie ou l`Occitanie vivent qui peuvent être différentes, on doit différencier, adapter nos règles, notre organisation, trouver plus de liberté. Nous avons commencé à  le faire, nous devons aller plus loin et c`est aussi un des éléments de l`indispensable réforme constitutionnelle qui est devant nous. Cette réforme, cet acte de décentralisation devra aboutir pour le premier trimestre 2020. L'État lui-même, l'ensemble de ce qui est en quelque sorte la présence de la nation sur le terrain doit aussi savoir s'adapter dans ce contexte : recréer de la proximité, être accessible à  tous dans tous les territoires qu'il s'agisse des territoires ruraux ou des quartiers "politique de la ville" comme des métropoles. Sur le terrain, on a besoin de fonctionnaires, de médecins, d'instituteurs, de professeurs, d'artistes, de toutes celles et ceux qui font vivre la nation.

J'aurai progressivement à  redéfinir un nouveau pacte territorial et nous avons commencé à  l`esquisser : un agenda rural arrive qui permettra de l'ancrer dans notre ruralité. Mais nous devons sur ce point remettre de la présence de services publics, assurer l'accès aux services publics à  moins de 30 minutes avec un accompagnement personnalisé pour les démarches de la vie quotidienne, assurer l'accès aux soins pour tous en luttant contre les déserts médicaux, ce qui est au cœ“ur du projet de santé qui est en cours de discussion au Parlement et ne plus avoir d'ici à  la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d'hà´pitaux ni d'écoles, sans l`accord du maire. Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de réorganisation. On le sait très bien. Elles sont parfois indispensables. Cela veut dire qu'il n'y aura plus de disparition comme on l'a aussi trop vécu. Mais nous devons, dans le cadre de ce nouveau projet territorial, également développer les projets patrimoniaux, culturels qui, sur le terrain, font vivre. Nombre de ces territoires sont portés par nos artistes, nos associations et sont au cœ“ur de la vitalité de ces-derniers et ce que vivent nos concitoyens. Nous allons aussi développer des campus connectés pour les études universitaires dans les villes moyennes ce qui est au cœ“ur de cette ambition territoriale. Et ce que je veux à  travers ce nouveau projet pacte territorial, c'est réconcilier la métropole, la ville moyenne et le rural car ce sont des mêmes projets qu'il faut faire émerger dans ces espaces que l'on a trop longtemps divisés. Ce qui veut dire que l'état lui-même doit repenser son action sur le terrain. Je le disais en cessant la fermeture des services publics mais en ayant une autre approche de sa présence au territoire. Nous avons trop de monde à  Paris et je l'ai souvent dit dans les débats et on le perçoit, il y a trop de monde à  Paris qui prend des décisions ou décide des règles sans jamais voir les problèmes ou les gens et il n'y a plus assez de monde sur le terrain à  régler les problèmes concrets de nos concitoyens, de nos entreprises et de nos associations. Donc, je veux qu'on remette plus de fonctionnaires sur le terrain qui apportent des solutions contrairement à  la tendance depuis plusieurs décennies et qu'on supprime plus de postes en administration centrale. Avec cela le Premier ministre dès le mois prochain aura à  présenter une profonde réorganisation de notre administration qui vise à  donner plus de pouvoirs et de responsabilités au terrain, à  ceux qui sont au contact de ces réalités. Et je veux que dans chaque département, on ait maintenant une grande clarté autour du préfet avec tous les services de l'État ainsi coordonnés qui puissent répondre aux aspirations du territoire, des élus et je veux que dans chaque canton d'ici à  la fin du quinquennat, nous ayons pour tous nos concitoyens un endroit où on puisse trouver réponse aux difficultés qu'on rencontre. On a commencé à  développer ces maisons de services au public. Quand on regarde ce qui se fait ailleurs, les Canadiens sont toujours très inspirants. Je veux qu'on mette en place quelque chose qui ressemble un peu à  ce qu'ils ont fait, cette maison qui s'appellerait “France Service” ou dans chaque canton, en moyenne, on pourrait avoir un lieu où sont regroupés l'accueil pour le public de services de l'État mais on propose aux collectivités locales d'y être aussi présentes et à  tous les opérateurs parce que pour nos concitoyens, c'est devenu illisible quand ils ont un problème de savoir s'il faut aller à  la CAF, à  Pà´le emploi ou si c'est la préfecture ou si c'est la mairie et la Mission locale. La simplicité, c'est la vraie protection, c'est la vraie protection et c'est le vrai service au public.

Enfin, cette transformation de ce que nous sommes de notre organisation suppose une réforme de notre haute fonction publique. J'ai vu que des rumeurs ces derniers temps avaient beaucoup animés les discussions sur ce sujet. Il ne s`agit pas de supprimer telle ou telle chose pour en faire des symboles. Non. Le gouvernement s'est engagé dans une réforme profonde des règles de la fonction publique pour le bien des fonctionnaires, c'est une très bonne chose. Mais notre haute fonction publique pourrait être tenue à  l'écart d'une modernisation indispensable. Nous lui devons beaucoup. Elle a bà¢ti ce que nous sommes, elle a pris beaucoup de responsabilités et je suis profondément attaché au modèle méritocratique, un élitisme républicain qui fait qu`on attire dans l'Etat les meilleurs pour pouvoir régler les problèmes les plus complexes. Néanmoins, des changements sont à  faire. En termes de recrutement d'abord, est-ce que notre haute fonction publique ressemble à  la société que nous sommes ? Non. Ce n`est pas vrai. Elle ne lui ressemble pas. Et dans notre recrutement, notre formation, nous avons plutà´t reculé durant ces dernières décennies par rapport à  la situation du début de la Ve République. Ce ne sont plus des filières méritocratiques où quand on vient d'une famille d'ouvriers, de paysans, d'artisans, on accède facilement à  l'élite de la République, ça n'est plus si vrai. C'est vrai pour les grands-parents et arrière-grands-parents, plus si vrai pour les parents. Il faut s'interroger : le mode de recrutement crée un biais. Ensuite la formation qui y est dispensée. J'ai été touché, ému en tant qu'ancien haut fonctionnaire du soutien massif que beaucoup ont apporté. Enfin néanmoins les mêmes qui apportent le soutien disent depuis des décennies, c'est “un mot, la pensée unique et la haute fonction publique nous a parfois menés dans l'ornière, c'est terrible.” Ce n'est pas totalement faux non plus. Il se peut que j`aie cotisé moi-même. Si on veut que les hauts fonctionnaires soient formés différemment, il faut repenser la formation, qu'elle soit plus ouverte au monde académique, à  la recherche, à  l'international qu`il y ait dans le parcours plus d'expériences de terrain, qu`elle soit sans doute plus ouverte aussi au monde universitaire et à  ce qu'il apporte, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et enfin, il y a la gestion des carrières de notre haute fonction publique. Aujourd'hui, quand on a réussi les bons concours, on est garantie d'un succès ou d'une protection à  vie. Est-ce que c'est totalement juste et est-ce que c'est totalement bénéfique ? Non. Nous devons gérer très différemment les carrières de nos hauts fonctionnaires, avoir davantage de passerelles tout au long de la vie professionnelle pour permettre, avec des règles de déontologie extrêmement strictes, à  des gens qui viennent du privé et du monde associatif, d'intégrer la haute fonction publique à  différents moments mais on doit aussi mettre à  l'épreuve les jeunes hauts fonctionnaires, ils ne peuvent pas tout de suite accéder aux postes suprêmes et être garantie de ne jamais les quitter. Je souhaite que nous mettions fin aux grands corps. Je pense que nous avons besoin de services d'excellence, de filières d'excellence. Nous n'avons plus besoin de protections à  vie et elles ne correspondent plus à  notre capacité à  attirer les talents et même à  les garder. Sur ce sujet, nous mandaterons dès demain Monsieur THIRIEZ qui aura à  proposer au gouvernement des réformes ambitieuses sur la base de ce que je viens de dire.

La deuxième orientation que je souhaite poursuivre pour les prochaines années, c'est de remettre l'humain et la justice au cœ“ur du projet national. Nous l'avons tous entendu et je l'évoquais, il y a un sentiment d'injustice et d'abord d'injustice fiscale qui est là . Alors, il s'est exprimé face à  l'évasion fiscale qui est une réalité ou l'optimisation fiscale excessive et cette réalité d'évasion de l'impà´t mine l'adhésion à  l'impà´t. Alors, je crois très profondément que sur ce sujet le gouvernement et le Parlement ont fait beaucoup de choses : des lois très importantes permettant de revenir sur ce qu'on appelle le verrou de Bercy, introduisant des règles de déchéance civique dans certains cas ont été prises mais il faut lever toute forme de soupçons. Aussi vais-je confier à  la Cour des comptes, la mission d'évaluer précisément les sommes qui échappent à  l'impà´t et de proposer des mesures précises pour qu'en France chacun respecte les mêmes règles. Si nous pouvons aller plus loin nous le ferons sur ce sujet.

J'ai aussi entendu combien la réforme de l'impà´t sur la fortune menée au début du quinquennat était perçue comme un cadeau fait aux plus fortunés et comme une vraie injustice fiscale. C'est vrai, c'est exprimé partout et largement. Je veux d'abord dire que cette réforme n'a pas été la suppression de l'impà´t sur la fortune, elle a conduit à  créer un impà´t sur le patrimoine immobilier qui continue, au même taux, à  taxer les détentions immobilières de nos concitoyens mais elle a supprimé la partie du patrimoine qui était investie dans l'économie. Pour faire quoi ? Pour encourager l'investissement en direction de l'économie réelle, de la recherche, des usines, de la production. Parce que s'il n'y a pas d'investissement national, il n'y a pas d'économie ou alors il y a une économie qui se vend aux investisseurs étrangers et notre pays à´ combien sensible. Cette partie de la réforme, je juge de mon devoir de la défendre. Et elle relève du simple pragmatisme mais comme une réforme pragmatique elle sera évaluée en 2020 et nous regarderons son efficacité, si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons, si elle est trop large qu'elle a des effets pervers, ils seront corrigés. Mais je le dis très clairement : c'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés. Et il me semble que la meilleure orientation pour répondre au besoin de justice fiscale n`est pas d'augmenter les impà´ts de tel ou tel non mais plutà´t de baisser les impà´ts du maximum de nos concitoyens, en particulier de toutes celles et ceux qui travaillent au premier chef des classes moyennes. Celles et ceux qui travaillent, qui payent l'impà´t sur le revenu ont été largement mises à  contribution durant les dernières décennies. Je serais donc simple, je ne veux pas de hausse d'impà´ts. Je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l'impà´t sur le revenu. Enfin ces baisses, il faut expliquer comment on va les faire et comment les finances. J'ai donc demandé au gouvernement de mettre en œ“uvre cette baisse d'impà´ts en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique. Nous pouvons faire aussi bien en dépensant moins et donc supprimer nombre d'organismes inutiles. Alors nous pourrons rendre aux classes moyennes très légitimement ces parts de réformes.

Mais les inégalités, quand je regarde la situation de notre pays, les vraies inégalités ne sont pas fiscales. Nous avons un système fiscal qui corrige déjà  énormément les inégalités, beaucoup plus que dans d'autres pays et que dans la plupart des autres pays. Nous avons un système fiscal qui met déjà  largement à  contribution les classes moyennes et les classes les plus aisées. Non. Les vraies inégalités sont les inégalités d'origine, les inégalités de destin, les inégalités à  la naissance. C'est ça les vraies inégalités françaises et qui ne se sont pas améliorées quant à  elles. Aussi pour traiter de ce sujet, il faut agir dès la petite enfance. Le gouvernement a commencé à  apporter des réponses à  travers ce qu`on a appelé le plan pauvreté. Je crois qu'il faut aller beaucoup plus loin. Certains États européens nous donnent l'exemple, je regarde la Finlande faire, elle investit massivement dans la petite enfance. Les 1000 premiers jours de vie d'un citoyen français sont décisifs, sur le plan affectif, sur le plan cognitif, c'est là  qu'on construit parfois le pire et qu'on peut bà¢tir le meilleur. Nous devons avoir, construire, imaginer beaucoup plus loin que ce qu'on a fait jusque-là .

Ensuite c'est l'éducation. Donner à  chacun les mêmes chances pour réussir et donner les moyens de mieux enseigner. Depuis 2 ans c'est ce que nous avons largement commencé à  faire. Là  aussi je souhaite que nous puissions aller plus loin et j'ai demandé au gouvernement d'y travailler, de pouvoir étendre le dédoublement des classes qui fonctionnent et il y a déjà  de très bons résultats dans les quartiers défavorisés, de l'étendre à  la grande section de maternelle mais de pouvoir dans toutes les écoles de la République, de la grande section de maternelle au CE1 avoir des classes à  taille humaine c'est-à -dire qui ne dépassent jamais 24 élèves. C'est une vraie organisation, un vrai travail, une transformation en profondeur. Mais c'est le moment où on apprend à  lire, à  écrire, à  compter, à  bien se comporter, il est absolument essentiel et c'est un investissement dans nos enfants en lequel je crois profondément. Ensuite par ce biais nous devons rendre notre école plus accueillante bienveillante à  l'égard de celles et ceux qui jusqu'alors trop souvent n'y avaient pas leur place. Les décrocheurs scolaires, les enfants en situation de handicap, là  aussi beaucoup de choses ont été faites. On doit aller beaucoup plus loin, c'est indispensable à  la fois pour ce que doit être notre République et pour la réussite de chacun. Et puis enfin cela suppose de mieux former les professeurs, de rendre leurs carrières plus attractives. Et donc dès à  présent de progressivement rebà¢tir, revaloriser ce métier essentiel à  la République et à  la vie de la nation qu'est l'enseignant, le professeur, le maître. La République s'est construite comme ça. Et de toute façon en vue de la réforme des retraites que nous aurons à  conduire, il faudra revoir en profondeur et revaloriser cette profession. Il faut donc que nous enclenchions cette stratégie dès à  présent. Ce même investissement nous allons le poursuivre dans l'enseignement supérieur en développant massivement les formations professionnelles courtes, en donnant accès partout sur le territoire à  une large offre de formation de premier cycle et en construisant un système de formation supérieure tout au long de la vie et plus simplement une formation initiale. Par les réformes que nous avons portées, par les investissements que nous sommes en train de faire souvent aux cà´tés des régions, des branches professionnelles. C'est un changement profond de la formation tout au long de la vie qui est en train d'être faite sur notre territoire.

Cet investissement dans l'école, dans l'université, dans le savoir c`est la première politique de lutte contre les injustices dans notre pays. La deuxième c'est le travail, le travail et le mérite. Là  aussi beaucoup de choses ont été faites, je n'y reviendrai pas. Des réformes essentielles dès le début du quinquennat, un investissement massif à  l'endroit des jeunes décrocheurs comme des demandeurs d'emploi peu qualifiés, 15 milliards d'euros avec des premiers résultats, comme je l'évoquais à  l`instant, une politique résolue d'aide aux entreprises pour les pousser à  investir et à  embaucher, de simplification avec encore une loi récente. Mais là  aussi nous devons aller plus loin et corriger les injustices qui existent encore au moins à  deux égards, la première et j'ai demandé au gouvernement de le porter dès cet été par la réforme la plus ambitieuse possible de notre système d'assurance chà´mage. C'est un devoir, c'est une justice, c'est bà¢tir les droits et devoirs pour les entreprises et les demandeurs d'emploi. Et c`est un levier profond de retour à  l'emploi et de lutte contre les injustices qui parfois existent dans notre pays. Ensuite c'est en luttant de manière beaucoup plus efficace contre les injustices qui parfois existent encore dans l'accession à  l'emploi. Et ça rejoint ce que je vous disais tout à  l'heure sur ces vies oubliées ou ces sentiments d'oubli que beaucoup de nos concitoyens ont exprimé. Quand on est jeune et qu'on vit dans une famille modeste et une petite ville de province, il est parfois très dur d'obtenir un contrat en apprentissage de son premier emploi parce qu'il n'est bien souvent pas proposé dans la ville où on est et nous n'avons pas pensé les politiques pour accompagner ce jeune soit pour se loger soit pour se déplacer là  où il obtient un emploi. On doit le faire et le systématiser. Lorsqu'on est une mère seule qui élève ses enfants, que Pà´le emploi vous trouve un travail bien souvent le frein, je dis bien souvent c`est parfaitement mesuré, c'est la garde des enfants. Et là  aussi les réponses elles sont incertaines, elles sont au gré de l'entreprise. Dans les grandes entreprises souvent on propose des solutions, dans beaucoup d'autres ce n'est pas le cas. On doit là  aussi à  Pà´le emploi comme dans les conventions que les partenaires sociaux ont à  bà¢tir trouver des solutions pour corriger cette injustice. Et enfin il y a les déplacements : lorsqu'on travaille à  une heure de l'endroit où on habite, lorsqu'on propose un emploi à  une heure de l'endroit où on habite, bien souvent c'est un frein et c'est un frein parce qu'on doit se déplacer à  ses frais et parce que ni Pà´le emploi ni l'employeur n'ont apporté des solutions concrètes pour vous accompagner au quotidien. Il faut que nous répondions à  ces sujets très concrets. Et pour ce faire je souhaite que nous travaillions de manière large.

Je souhaite que les partenaires sociaux, les associations les élus puissent travailler ensemble avec le gouvernement sous l'autorité du Premier ministre et puissent proposer d'ici à  septembre des solutions concrètes. Le Premier ministre réunira dans les prochains jours l'ensemble de ses parties prenantes pour cette mobilisation générale pour le travail, l'emploi et ses grandes transitions. Et bien entendu, il faut aussi si on veut corriger ces injustices que le travail paye. C'est ce qui est attendu et nous l'avons beaucoup entendu. Là -dessus, nous avons aussi fait beaucoup : les baisses de cotisations, la défiscalisation des heures supplémentaires, la prime d'activité largement augmentée. Il nous faut aller plus loin avec les baisses d'impà´t sur le revenu que j'évoquais à  l`instant, avec aussi une meilleure association des salariés aux résultats de l'entreprise par la réforme de l'intéressement et de la participation qui vient d'être conduite, par la répétition cette année de la prime exceptionnelle sans charges ni impà´ts décidée l'année dernière dans le cadre de l'intéressement des entreprises si elle décide d'apporter 1000 euros de plus. C'est aussi par le revenu universel d'activité que nous devons créer dans les prochains mois pour tourner vraiment nos prestations sociales vers l'incitation à  la reprise d'un emploi. Puis dire que le travail paye c`est aussi dire que le travail qui a été fait doit payer. Et là -dessus je dois dire que les décisions que nous avons prises à  l'automne non seulement ont été mal comprises, elles ont été bien comprises mais mal vécues, elles ont été vues comme injustes et elles doivent donc être corrigées.

C'est pourquoi au 1er janvier prochain je souhaite que nous réindexions les retraites de moins de 2000 euros et qu'il n'y ait plus de sous indexation de quelque retraite que ce soit à  partir de l'année 2021. Je pense qu'il faut rebà¢tir cette clarté, cette lisibilité pour nos retraités. La troisième orientation que je souhaite donner c'est face aux peurs que j'évoquais tout à  l'heure, d'assumer la clarté, la force d'un investissement dans les grandes transitions pour bà¢tir la confiance. Nous sommes face à  des défis, des grands changements et ils suscitent de la crainte parce que nous sommes comme un “miguet” (phon.) on prend beaucoup de décisions mais elles ne sont pas suffisamment lisibles.

La première de ces transitions, la plus urgente, la plus impérieuse c'est évidemment le climat. Le climat doit être au cœ“ur du projet national et européen. L`état d`urgence climatique il est là , notre jeunesse nous le dit à  chaque instant et nos concitoyens veulent agir. Ils agissent déjà  au quotidien, ils veulent qu`on les aide à  aller plus loin, qu`on les accompagne, qu`on les aide à  trouver des solutions concrètes mais il y a une conscience citoyenne sur ces sujets qui s`est profondément transformée ces dernières années et qui va beaucoup plus vite que nombre de politiques publiques. Alors beaucoup a été fait ces deux dernières années, je pourrai y revenir en répondant à  vos questions. Dès la semaine prochaine nous irons plus loin en matière de politique énergétique puis dans les semaines à  venir en matière d`économie circulaire pour lutter contre toutes les formes de gaspillage. Mais je veux qu`on puisse changer plus fortement de méthode pour répondre plus concrètement et de manière plus radicale aux attentes. Changer de méthode c`est d`abord utiliser davantage l`intelligence collective sur ce sujet. On a beaucoup de solutions, je l`ai souvent dit, mais elles sont souvent trop complexes pour nos concitoyens, pas utilisées, peu connues, peu adaptées, qu`il s`agisse des aides pour changer la chaudière, pour changer de véhicule, c`est en train de s`améliorer m`enfin il y a beaucoup à  faire. C`est pourquoi la convention citoyenne, 150 citoyens tirés au sort dès le mois de juin, aura pour première mission de travailler sur ce sujet, de redessiner toutes les mesures concrètes d`aides aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements (qu`il s`agisse de l`isolation ou du chauffage) pour les rendre plus efficace, de définir si besoin était d`autres mesures incitatives ou contraignantes et, si besoin était, de définir aussi des ressources supplémentaires et de proposer des financements pour se faire. Ce qui sortira de cette convention, je m`y engage, sera soumis sans filtre soit au vote du parlement soit à  référendum soit à  application réglementaire directe. Et puis le deuxième changement de méthode c`est que je veux que nous mettions en place un Conseil de défense écologique qui réunira le Premier ministre, les principaux ministres chargés de cette transition, les grands opérateurs de l`Etat que je présiderai de manière régulière pour à  la fois prendre les choix stratégiques et mettre au cœ“ur de toutes nos politiques cette urgence climatique et m`assurer du suivi dans tous les changements ministériels lorsqu`une orientation est prise. Enfin la réussite de cette transition elle passe par notre ambition européenne, c`est-à -dire notre capacité à  défendre au niveau européen enfin, à  obtenir un prix minimum du carbone, une taxe carbone aux frontières et une finance verte plus ambitieuse. Là  aussi je pourrai y revenir si vous avez des questions.

Mais au-delà  du sujet climatique, sur toutes les grandes transformations que j`évoquais au fond il nous faut bà¢tir - et c`est la tà¢che que j`assigne au gouvernement - un agenda 2025 pour donner de la visibilité à  chacun. Depuis deux ans énormément de choses ont été faites : pour notre agriculture après des états généraux nourris et pour avoir une stratégie alimentaire et agricole ; pour définir notre ambition en matière numérique ou d`intelligence artificielle ; pour réindustrialiser notre pays. Mais parfois ces stratégies parce qu`elles se multiplient sont devenues illisibles pour beaucoup de nos concitoyens, nos artisans, nos agriculteurs, nos industriels, nos entrepreneurs ont besoin d`y voir clair et l`esprit français a besoin que tout ça soit ramassé dans une forme de stratégie collective de la nation. Et nous avons besoin, je crois, de bà¢tir une ambition à  2025 où on se donne des objectifs clairs et on mobilise en fonction de ces moyens.

Face au vieillissement nous devons rebà¢tir un système de retraite juste par point. C`est l`engagement que j`ai pris pendant la campagne présidentielle, c`est ce à  quoi travaille, auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé, Jean-Paul DELEVOYE depuis le début du quinquennat. Cette refondation profonde elle sera présentée à  l`été, elle se fera sur plusieurs années mais c`est une transformation radicale qui doit remettre de la confiance, de la justice, de l`efficacité dans notre système de retraite. Ensuite face au grand à¢ge nous devons là  aussi assumer, donner de la visibilité. Depuis des années on fait comme semblant que ça n`existe pas totalement, il y a près d`un million et demi de nos concitoyens qui sont en situation de dépendance ce qui est une charge énorme pour leur famille. C`est un système qui est peu structuré, où on a du mal à  recruter parce que les emplois y sont difficiles et mal payés. Aussi finaliserons-nous pour cet automne une stratégie c`est-à -dire la définition des moyens publics qu`on met pour financer ce nouveau risque, de la réorganisation d`une filière qui va permettre de créer des emplois peu qualifiés et qualifiés, de toute une filière industrielle qui va avec et de la réduction du reste à  charge pour les familles avec une ambition qu`on doit se donner et qui montera progressivement en charge pour qu`à  horizon 2025 cette politique soit pleinement déployée.

Et face au numérique, au changement climatique, tout ce qu`on a commencé à  faire, on a besoin de bà¢tir un pacte productif permettant de viser en 2025 le plein emploi. C`est à  notre portée, complètement, et pour cela il nous faut un plan clair : produire, se déplacer, se nourrir, se soigner avec des objectifs en matière d`investissements dans notre recherche publique et privée, des priorités technologiques claires au niveau français comme au niveau européen. Et donc à  l`automne nous devons finaliser ce nouveau pacte et bà¢tir cette nouvelle stratégie. Je crois que nos concitoyens dans tous les secteurs ont besoin de cet agenda des transitions qui donnera de la clarté avec des objectifs, des normes, des accompagnements financiers et une mobilisation des acteurs publics et privés qui va avec.

Enfin la quatrième orientation que je souhaite donner aux années qui viennent pour faire face à  ce doute, cette colère, que nous voyons dans notre société et pour retrouver l`indispensable contrà´le que j`évoquais tout à  l`heure, c`est aussi en quelque sorte de savoir défendre, réaffirmer les permanences du projet français, de ce qui est la trame de notre nation. Il y a beaucoup de changements auxquels nos concitoyens sont confrontés et il y a beaucoup de transformations que nous sommes en train de faire, parfois qu`on aurait dà» faire depuis longtemps et donc il faut aussi savoir dire ce qu`on veut préserver, ce qu`on veut garder, ce qu`on veut consolider dans une nation. Sinon, je l`ai bien senti, nos concitoyens ont l`impression que, en quelque sorte, tout est cul par-dessus tête et que plus rien ne tient. Cet art d`être français que j`évoquais c`est un attachement particulier à  notre langue, à  notre culture et à  quelques permanences : la famille d`abord.

Je veux que dans les prochains temps nous puissions redéfinir une véritable ambition et la force d`une politique familiale pour accompagner nos familles qui se sont profondément transformées ces dernières années - ce n`est pas le visage des familles françaises d`il y a 20 ans - mais qu`on doit accompagner pour retrouver une dynamique de notre natalité qui commençait à  baisser ces derniers temps et aussi pour accompagner bien mieux qu`on ne le fait des situations familiales particulières. Je veux juste en citer deux : ces fameuses familles monoparentales, souvent ces mères vivant seules, je veux que nous mettions en place de manière très rapide un système où on donnera la prérogative de puissance publique à  la Caisse d`allocation familiale pour qu`elle puisse aller prélever directement les pensions alimentaires dues quand elles ne sont pas versées. On ne peut pas faire reposer sur les mères seules qui élèvent leurs enfants et ce faisant qui construisent la république de demain, l`incivisme de leurs anciens conjoints or aujourd`hui c`est ce qui se passe.

Ensuite je veux ici parler des aidants familiaux parce qu`il y a des millions de nos concitoyens qui sont là  aussi comme oubliés, ce sont celles et ceux - et là  aussi ce sont souvent les femmes - qui ont mis entre parenthèses ou sacrifié leur vie professionnelle pour s`occuper d`un enfant en situation de handicap, d`un proche, une personne de la famille devenue dépendante. Nous devons d`abord les reconnaître, les nommer mais aussi dans nos politiques publiques leur bà¢tir une place, dans notre réforme des retraites leur construire des droits, c`est indispensable. Ensuite une des permanences à  laquelle je crois très profondément et qu`il faut même raviver c`est l`engagement. Nous ne sommes pas nous Français une société d`individus, nous sommes une nation de citoyens. à‡a veut dire des solidarités particulières, ça veut dire un engagement dans la société qui fait d`ailleurs que parfois quand tout a disparu quelque chose est encore là  qui tient. Je crois dans notre tissu associatif, il joue un rà´le formidable, dans notre ruralité comme dans les quartiers les plus en difficulté. Je veux que le gouvernement bà¢tisse une politique beaucoup plus ambitieuse pour accompagner nos associations, en particulier les plus petites associations, dans le travail formidable qu`elles font. Et puis l`engagement c`est le service national universel, je l`ai voulu, il est en train de commencer, c`est la matrice indispensable au cœ“ur de notre école d`abord mais qui va irriguer des vocations, l`engagement soit vers le service civique soit vers le bénévolat, vers ce qui fait très profondément cette nation de citoyens que j`évoquais et je souhaite qu`on accélère le déploiement de cette initiative, elle est indispensable et notre nation en a besoin.

Ensuite une de ces permanences c`est la laïcité. J`avais posé la question aux Français, elle est revenue dans quelques débats, moi j`en ai entendu à  plusieurs reprises parler. La laïcité c`est la possibilité de croire en Dieu ou de ne pas y croire, de pouvoir vivre ensemble dans la concorde, le respect et de respecter absolument les règles de la République, de n`être jamais ennuyé par ce que l`on croit mais de ne jamais imposer à  la société sa religion ou déroger aux règles de la République pour se faire. A ce titre, la loi de 1905 est notre pilier. Elle est pertinente, elle est le fruit de bataille, elle doit être réaffirmé et pleinement appliqué et je dis ici avec force. Et d`ailleurs, nous avons renforcé son application ces derniers temps. Nous l`avons renforcé en fermant des écoles lorsqu`elles ne respectaient pas les lois de la République, en fermant davantage d'associations ou d'établissements culturels lorsqu'ils ne respectent pas les règles de la République au titre même de ce principe de l'ordre public ou de la lutte contre le terrorisme. Mais aujourd'hui, nous ne devons pas nous masquer : quand on parle de laïcité, on ne parle pas vraiment de laïcité. On parle du communautarisme qui s'est installé dans certains quartiers de la République. On parle d'une sécession qui fait parfois sournoisement installée parce que la République avait déserté ou n'avait pas tenu ses promesses. On parle de gens qui au nom d'une religion poursuivent un projet politique, celui d'un islam politique qui veut faire sécession avec notre république. Et là -dessus, j'ai demandé au gouvernement d'être intraitable. Nous avons commencé à  le faire avec une politique ambitieuse de reconquête républicaine dans plusieurs quartiers. Je souhaite que nous allions plus loin en renforçant le contrà´le sur les financements venant de l'étranger en étant beaucoup plus dure à  l'égard de toutes les formes de cet islamisme politique, de ce communautarisme, de cette sécession au sein de notre République parce que c'est une menace sur la capacité à  tenir la nation ensemble.

Enfin une nation, elle se tient aussi par ses limites et ses frontières. Je crois très profondément dans un patriotisme ouvert, dans une France qui rayonne à  l'international qui est conquérante mais pour être ouverts, il faut avoir des limites. Pour accueillir il faut avoir une maison donc il faut des frontières, il faut qu'elles soient respectées, il faut des règles. Et aujourd'hui force est de constater que les choses ne tiennent pas comme elle devrait. D'abord au niveau européen, nous avons décidé d'avoir des frontières communes, c`est le fameux espace Schengen avec les règles des accords de Dublin. Cela ne marche plus. Et pour moi, c'est le deuxième grand combat européen avec le climat, c'est le combat en matière de migration. Nous devons profondément refonder notre politique de développement et notre politique migratoire. L'Europe à  laquelle je crois, l'Europe souveraine forte, c'est une Europe qui repense une ambition de coopération de développement à  l'égard de l'Afrique et de toutes celles et ceux qui en ont besoin pour éviter l'émigration subie mais c'est aussi une Europe qui tient ses frontières, qui les protège. C'est une Europe qui a un droit d'asile refondé et commun et où la responsabilité va avec la solidarité. C'est sur ces bases qu'on doit refonder Schengen quitte à  ce que ce soit un Schengen avec moins d'Etat. Je ne veux plus avoir dans l'espace Schengen des États qui vous disent j'en suis quand c'est pour la liberté de circulation mais moi je ne veux pas en être quand il s'agit de répartir la charge. Pas de solidarité chez moi. Qu'est-ce que c'est que cette affaire ? Je ne veux plus non plus des gens qui ne veulent pas tenir la frontière commune et sont dans le laxisme. Cette refondation est indispensable. De même qu'au niveau national, nous avons commencé à  mener beaucoup de réformes et le gouvernement a fait un très gros travail sur ce point mais nous sommes aujourd'hui confrontés à  des détournements, très profonds du regroupement familial comme des migrations liées à  l'asile. Je crois très profondément à  l'asile. C'est un devoir, c'est dans notre Constitution. Mais pour bien accueillir ceux qui y ont droit, on doit lutter plus efficacement contre ceux qui en abusent, contre les filières de passeurs qui utilisent ce droit. Et donc poursuivre le travail qui a été commencé en la matière mais avoir aussi une politique d'accueil, d'intégration de celles et ceux qui ont droit à  l'asile ou qui veulent rejoindre la vie de la nation. Et c'est pour ça que ce contrà´le, cette reprise en main doit aussi passer par les nouveaux choix que j'ai demandés au gouvernement en la matière et je souhaite que nous puissions instaurer chaque année au Parlement, un débat sur la politique migratoire. Je pense que c'est une bonne discipline et ce sera une bonne règle nouvelle.

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mardi 16 avril 2019

Emmanuel Macron, Notre-Dame de Paris et la France!

Emmanuel Macron, président de la République !

`` Nous sommes ce peuple de bà¢tisseurs. » Mardi soir, Emmanuel Macron a souhaité, dans une adresse à  la Nation, que la cathédrale Notre-Dame soit rebà¢tie `` plus belle encore » d'`` ici cinq années », après avoir été ravagée par un incendie lundi.

Voici l'allocution du Président de la République:

Françaises, Français,

Mes chers compatriotes, l`incendie de Notre-Dame de Paris a profondément atteint dans leur esprit, dans leur cœ“ur les Parisiens, les Français et le monde entier.

Cette nuit, nous sommes entrés dans cette cathédrale qui est celle de tout un peuple et de son histoire millénaire. Le feu venait d`être vaincu à  peine. Les pompiers avaient arrêté l`incendie en prenant les risques les plus extrêmes et ils étaient là , autour de nous, avec leurs chefs, explorant les toitures dévastées. Ils avaient 20 ou 25 ans et venaient de tous les endroits de France, de tous les milieux mais ce que nous avons vu cette nuit ensemble à  Paris c`est cette capacité de nous mobiliser, nous unir pour vaincre. Au cours de notre histoire, nous avons bà¢ti des villes, des ports, des églises. Beaucoup ont brà»lé ou ont été détruites par les guerres, les révolutions ou les fautes des hommes. A chaque fois, à  chaque fois, nous les avons reconstruites.

L`incendie de Notre-Dame nous rappelle que notre histoire ne s`arrête jamais, jamais et que nous aurons toujours des épreuves à  surmonter et que ce que nous croyons, en quelque sorte, indestructible peut aussi être atteint. Tout ce qui fait la France matérielle et spirituelle est vivant et, pour cette raison même, est fragile et nous ne devons pas l`oublier. Et c`est à  nous les Françaises et les Français d`aujourd`hui qu`il revient d`assurer au long du temps cette grande continuité qui fait la nation française et c`est pour cela que ce soir je voulais de manière directe m`adresser à  vous parce que c`est notre devoir aujourd`hui et c`est celui qu`il nous faut avoir en tête, rien de moins.

Je reviendrai vers vous comme je m`y étais engagé dans les jours prochains pour que nous puissions agir collectivement suite à  notre grand débat mais ça n`est pas le temps aujourd`hui. Demain la politique et ses tumultes reprendront leur droit, nous le savons tous, mais le moment n`est pas encore venu. Souvenons-nous plutà´t de ces dernières heures. Hier soir, cette nuit, ce matin, chacun a donné ce qu`il avait. Les pompiers ont combattu au péril de leur vie avec héroïsme. Les policiers, les soignants étaient là , comme à  chaque fois. Les Parisiens se sont réconfortés. Les Français ont tremblé, émus. Les étrangers ont pleuré. Les journalistes ont écrit, les écrivains ont rêvé, les photographes ont montré au monde ces images terribles. Des riches comme des moins riches ont donné de l`argent. Au fond, chacun a donné ce qu`il a pu, chacun à  sa place, chacun dans son rà´le, et je vous le dis ce soir avec force nous sommes ce peuple de bà¢tisseurs. Nous avons tant à  reconstruire. Alors oui, nous rebà¢tirons la cathédrale Notre-Dame plus belle encore, et je veux que cela soit achevé d`ici 5 années. Nous le pouvons, et là  aussi, nous mobiliserons. Après le temps de l`épreuve viendra celui de la réflexion, puis celui de l`action, mais ne les mélangeons pas.

Ne nous laissons pas prendre au piège de la hà¢te.

J`entends, comme vous, je sais toutes les pressions. Je sais, en quelque sorte, l`espèce de fausse impatience qui voudrait qu`il faille réagir à  chaque instant, pouvoir dire les annonces qui étaient prévues à  telle date, comme si être à  la tête d`un pays n`était qu`administrer des choses, et pas être conscient de notre histoire, du temps des femmes et des hommes. Je crois très profondément qu`il nous revient de changer cette catastrophe en occasion de devenir tous ensemble, en ayant profondément réfléchi à  ce que nous avons été et à  ce que nous avons à  être, devenir meilleurs que nous ne le sommes. Il nous revient de retrouver le fil de notre projet national, celui qui nous a fait, qui nous unit, un projet humain, passionnément français.

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dimanche 11 novembre 2018

Centenaire de l'Armistice: Discours du Président Macron !

11 novembre, Emmanuel Macron, Président de la République

Près de 70 chefs d'Etat et de gouvernement sont réunis dimanche à  Paris pour célébrer le centenaire de l'armistice de la Grande guerre. Le chef de l'État a prononcé un discours à  l'Arc de triomphe. Le président français s'avance devant le pupitre et commence son discours. "Le 11 novembre 1918, à  11 heures du matin, il y a 100 ans, jour pour jour, heure pour heure, à  Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches ont sonné. C'était l'Armistice", commence Emmanuel Macron. "Le monde découvrit l`ampleur de blessures que l`ardeur combattante avait occultée. Aux larmes des mourants, succédèrent celles des survivants. Car sur ce sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l`Outre-mer, des jeunes hommes venus d`Afrique, du Pacifique, des Amériques et d`Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient pas même le nom".

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

COMMÉMORATION DU CENTENAIRE DE L`ARMISTICE

Paris - Dimanche 11 novembre 2018

LE PRÉSIDENT : Le 7 novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre SELLIER sonna le premier cessez-le-feu, vers 10 heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à  la volée, dans tout le pays.

Le 11 novembre 1918, à  11 heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à  Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné. C`était l`armistice.

C`était la fin de quatre longues et terribles années de combats meurtriers. L`armistice pourtant n`était pas la paix. Et à  l`Est, pendant plusieurs années, d`effroyables guerres se poursuivirent.

Ici, ce même jour, les Français et leurs Alliés ont célébré leur victoire. Ils s`étaient battus pour leur patrie et pour la liberté. Ils avaient consenti, pour cela, tous les sacrifices et toutes les souffrances. Ils avaient connu un enfer que nul ne peut se représenter.

Nous devrions prendre un instant pour faire revenir à  nous cet immense cortège des combattants où défilent des soldats de la métropole et de l`empire, des légionnaires et des garibaldiens avec des étrangers venus du monde entier, parce que la France représentait, pour eux, tout ce qu`il y avait de beau dans le monde.

Avec les ombres de PEUGEOT, premier tombé, et de TREBUCHON, dernier mort pour la France dix minutes avant l`armistice, voici l`instituteur Kléber DUPUY, défenseur de Douaumont, APOLLINAIRE, Blaise CENDRARS au régiment de marche de la légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de GAULLE que personne alors ne connaissait, Julien GREEN, l`Américain, à  la porte de son ambulance, MONTHERLANT et GIONO, Charles PEGUY et Alain FOURNIER tombés dans les premières semaines, Joseph KESSEL venu d`Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nà´tres, auxquels plutà´t nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à  la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l`anticlérical ont souffert cà´te à  cà´te et dont l`héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l`Europe manqua de se suicider. L`humanité s`était enfoncée dans le labyrinthe hideux d`affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque cà´té qu`ils soient, de quelque nationalité qu`ils soient.

Dès le lendemain, dès le lendemain de l`armistice, commença le funèbre décompte des morts, des blessés, des mutilés, des disparus. Ici en France, mais aussi dans chaque pays, les familles pendant des mois attendirent en vain le retour d`un père, d`un frère, d`un mari, d`un fiancé, et parmi ces absents, il y eut aussi ces femmes admirables engagées auprès des combattants.

10 millions de morts.

6 millions de blessés et mutilés.

3 millions de veuves.

6 millions d`orphelins.

Des millions de victimes civiles.

1 milliard d`obus tirés sur le seul sol de France.

Le monde découvrit l`ampleur de blessures que l`ardeur combattante avait occultée. Aux larmes des mourants, succédèrent celles des survivants. Car sur ce sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l`Outre-mer, des jeunes hommes venus d`Afrique, du Pacifique, des Amériques et d`Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient pas même le nom.

Les millions de témoins de toutes les nations racontèrent l`horreur des combats, la puanteur des tranchées, la désolation des champs de bataille, les cris des blessés dans la nuit, la destruction de campagnes florissantes où ne subsistait plus que la silhouette calcinée des arbres. Beaucoup de ceux qui sont rentrés avaient perdu leur jeunesse, leurs idéaux, le goà»t de vivre. Beaucoup étaient défigurés, aveugles, amputés. Vainqueurs et vaincus furent alors plongés pour longtemps dans le même deuil.

1918, c`était il y cent ans. Cela semble loin. Et pourtant, c`était hier !

J`ai arpenté les terres de France où se sont déroulés les combats les plus rudes. J`ai vu dans ces campagnes de mon pays la terre encore grise et toujours stérile des champs de bataille ! J`ai vu les villages détruits qui n`avaient plus d`habitants pour les reconstruire et qui ne sont aujourd`hui encore que le témoignage, pierre sur pierre, de la folie des hommes !

J`ai vu sur nos monuments la litanie des noms de Français cà´toyant les noms des étrangers morts sous le soleil de France ; j`ai vu les corps de nos soldats ensevelis sous une nature redevenue innocente, comme j`avais vu, dans les fosses communes, se mêler les ossements des soldats allemands et des soldats français cà´te à  cà´te qui, par un hiver glacial, s`étaient entretués pour quelques mètres de terrain…

Les traces de cette guerre ne se sont jamais effacées ni sur les terres de France, ni sur celles de l`Europe et du Moyen-Orient, ni dans la mémoire des hommes partout dans le monde.

Souvenons-nous ! N`oublions pas ! Car le souvenir de ces sacrifices nous exhorte à  être dignes de ceux qui sont morts pour nous, pour que nous puissions vivre libres !

Souvenons-nous : ne retranchons rien de ce qu`il y avait de pureté, d`idéal, de principes supérieurs dans le patriotisme de nos aînés. Cette vision de la France comme Nation généreuse, de la France comme projet, de la France porteuse de valeurs universelles, a été dans ces heures sombres exactement le contraire de l`égoïsme d`un peuple qui ne regarde que ses intérêts. Car le patriotisme est l`exact contraire du nationalisme : le nationalisme en est la trahison. En disant `` nos intérêts d`abord et qu`importent les autres ! », on gomme ce qu`une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre, ce qui la porte à  être grande, ce qui est le plus important : ses valeurs morales.

Souvenons-nous, nous autres Français, de ce que CLEMENCEAU a proclamé le jour de la victoire, il y a cent ans jour pour jour, du haut de la tribune de l`Assemblée nationale, avant qu`en un chœ“ur sans pareil n`éclate la Marseillaise : combattante du droit, combattante de la Liberté, la France serait toujours et à  jamais le soldat de l`idéal.

Ce sont ces valeurs et ces vertus qui ont soutenu ceux que nous honorons aujourd`hui, ceux qui se sont sacrifiés dans les combats où la Nation et la démocratie les avaient engagés. Ce sont ces valeurs, ce sont ces vertus qui firent leur force parce qu`elles guidaient leur cœ“ur. La leçon de la Grande Guerre ne peut être celle de la rancœ“ur d`un peuple contre d`autres, pas plus que celle de l`oubli du passé. Elle est un enracinement qui oblige à  penser à  l`avenir et à  penser à  l`essentiel.

Dès 1918, nos prédécesseurs ont tenté de bà¢tir la paix, ils ont imaginé les premières coopérations internationales, ils ont démantelé les empires, reconnu nombre de Nations et redessiné les frontières ; ils ont même rêvé alors d`une Europe politique.

Mais l`humiliation, l`esprit de revanche, la crise économique et morale ont nourri la montée des nationalismes et des totalitarismes. La guerre de nouveau, vingt ans plus tard, est venue ravager les chemins de la paix.

Ici, aujourd`hui, peuples du monde entier, sur cette dalle sacrée, sépulture de notre Soldat Inconnu, ce `` Poilu » anonyme symbole de tous ceux qui meurent pour la patrie, voyez tant de vos dirigeants rassemblés !

Chacun d`eux mène à  sa suite sa longue cohorte des combattants et des martyrs issus de son peuple. Chacun d`eux est le visage de cette espérance pour laquelle toute une jeunesse accepta de mourir, celle d`un monde enfin rendu à  la paix, d`un monde où l`amitié entre les peuples l`emporte sur les passions guerrières, d`un monde où la parole des hommes doit parler plus fort que le fracas des armes, où l`esprit de conciliation l`emporte sur la tentation du cynisme, où des instances et des forums permettent aux ennemis d`hier d`engager le dialogue et d`en faire le ciment de l`entente, le gage d`une harmonie enfin possible.

Cela s`appelle, sur notre continent, l`amitié forgée entre l`Allemagne et la France et cette volonté de bà¢tir un socle d`ambitions communes. Cela s`appelle l`Union européenne, une union librement consentie, jamais vue dans l`Histoire, et nous délivrant de nos guerres civiles. Cela s`appelle l`Organisation des Nations unies, garante d`un esprit de coopération pour défendre les biens communs d`un monde dont le destin est indissolublement lié et qui a tiré les leçons des échecs douloureux de la Société des Nations comme du Traité de Versailles.

C`est cette certitude que le pire n`est jamais sà»r tant qu`existent des hommes et de femmes de bonne volonté. Soyons sans relà¢che, sans honte, sans crainte ces femmes et ces hommes de bonne volonté !

Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à  accomplir leur œ“uvre de chaos et de mort. Des idéologies nouvelles manipulent des religions, prà´nent un obscurantisme contagieux. L`Histoire menace parfois de reprendre son cours tragique et de compromettre notre héritage de paix, que nous croyions avoir définitivement scellé du sang de nos ancêtres.

Que ce jour anniversaire soit donc celui où se renouvelle l`éternelle fidélité à  nos morts ! Faisons, une fois de plus, ce serment des Nations de placer la paix plus haut que tout, car nous en connaissons le prix, nous en savons le poids, nous en savons les exigences !

Nous tous ici, dirigeants politiques, nous devons, en ce 11 novembre 2018, réaffirmer devant nos peuples notre véritable, notre immense responsabilité, celle de transmettre à  nos enfants le monde dont les générations d`avant ont rêvé.

Additionnons nos espoirs au lieu d`opposer nos peurs ! Ensemble, nous pouvons conjurer ces menaces que sont le spectre du réchauffement climatique, la pauvreté, la faim, la maladie, les inégalités, l`ignorance. Nous avons engagé ce combat et nous pouvons le gagner : poursuivons-le, car la victoire est possible !

Ensemble, nous pouvons rompre avec la nouvelle `` trahison des clercs » qui est à  l`œ“uvre, celle qui alimente les contre-vérités, accepte les injustices qui minent nos peuples, nourrit les extrêmes et l`obscurantisme contemporain.

Ensemble, nous pouvons faire surgir l`extraordinaire floraison des sciences, des arts, des échanges, de l`éducation, de la médecine que, partout dans le monde, je vois poindre car notre monde est, si nous le voulons, à  l`aube d`une époque nouvelle, d`une civilisation portant au plus haut les ambitions et les facultés de l`homme.

Ruiner cet espoir par fascination pour le repli, la violence et la domination serait une erreur dont les générations futures nous feraient, à  juste titre, porter la responsabilité historique. Ici, aujourd`hui, affrontons dignement le jugement de l`avenir !

La France sait ce qu`elle doit à  ses combattants et à  tous les combattants venus du monde entier. Elle s`incline devant leur grandeur.

La France salue avec respect et gravité les morts des autres nations que, jadis, elle a combattues. Elle se tient à  cà´té d`elles.

`` Nos pieds ne se détachent qu`en vain du sol qui contient les morts » écrivait Guillaume APOLLINAIRE.

Que sur les tombes où ils reposent, fleurisse la certitude qu`un monde meilleur est possible si nous le voulons, si nous le décidons, si nous le construisons, si nous l`exigeons de toute notre à¢me.

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vendredi 21 septembre 2018

Salzbourg: Emmanuel Macron a pointé du doigt "les pays qui ne veulent pas davantage d'Europe"!

Emmanuel Macron, Président de la République à  Salzbourg en Autriche

Migrants-"L'Europe n'est pas un menu à  la carte". Lors de son discours le jeudi 20 septembre à  l'issue du sommet européen de Salzbourg (Autriche), consacré à  la question des migrants mais aussi du Brexit, Emmanuel Macron a pointé la responsabilité des pays les plus inflexibles sur les réfugiés, et notamment ceux qui refusaient d'accueillir des bateaux malgré la proximité de leurs ports.

"Les pays qui ne veulent pas davantage de Frontex ou de solidarité ils sortiront de Schengen, les pays qui ne veulent pas davantage d'Europe, ils sortiront des fonds structurels", a prévenu le président français, opposé sur le dossier des migrants à  l'Italie de Salvini ou à  la Hongrie d'Orban. "L'Europe n'est pas un menu à  la carte, c'est un projet politique", a-t-il lancé.

Déclaration d'Emmanuel Macron au sommet de Salzbourg, Autriche

Nous étions depuis hier en fin d`après-midi réunis à  Salzbourg pour ce sommet européen de rentrée et de travail et je voulais en quelques instants rendre compte de nos échanges. Avant toute chose, je tiens ici à  remercier le chancelier autrichien pour son accueil et l`organisation de ce sommet et le cadre dans lequel il a pu organiser ces travaux aussi bien hier soir que ce matin.

Notre discussion a porté ce matin tout particulièrement sur un thème que nous avions prévu de discuter de longue date dans le cadre de l`agenda arrêté l`an dernier après les propositions que j`avais pu faire à  la Sorbonne : la question de la sécurité de l`Union européenne et de la lutte contre le terrorisme notamment. Nous avons fait ces derniers mois des progrès majeurs, par exemple dans la lutte contre le financement du terrorisme, la coordination des services de renseignement et c`est ce que ce matin, nous avons collectivement acté. Et je veux ici tout particulièrement saluer la proposition de la Commission que la France a promue tout au long de ces derniers mois et qui était à  l`origine une initiative franco-britannique du 13 juin 2017, qui est le retrait obligatoire des contenus sur Internet qui incitent au terrorisme.

Pendant plusieurs années, on avait pensé que les incitations suffisaient, on avait pensé qu`on pouvait attendre, nous allons maintenant avancer vers le retrait obligatoire des contenus sur Internet qui incitent au terrorisme. La législation sera adoptée - je souhaite que ce soit le cas au plus vite - et ils seront retirés au maximum dans l`heure après leur mise en ligne. C`est une avancée majeure et la Commission l`a largement défendue et portée.

La Commission a aussi proposé de doter le futur parquet européen d`une compétence en matière de terrorisme, ce que la France soutient pleinement. Donc, toutes ces discussions en matière de sécurité ont permis à  mes yeux des avancées, des concrétisations très concrètes comme celles que je viens d`évoquer et surtout des avancées sur un agenda multiple.

Cette réunion de travail a aussi été consacrée à  deux autres grands thèmes d`actualité que sont la question migratoire d`une part et le `` Brexit » d`autre part. Sur la question migratoire, j`ai eu l`occasion de le rappeler hier soir, c`est un sujet sur lequel nous avons au fond quatre défis à  relever. Le premier, c`est la question des arrivées qui sont cette année en moins grand nombre que l`année précédente ou que ce que l`Europe a pu connaître en 2015, par exemple, mais qui continuent, en particulier par la voie occidentale, par le Maroc et l`Espagne, et la voie orientale. Et donc, régler le problème des arrivées qui se poursuivent, en particulier pour les migrants illégaux.

Deuxième point, c`est la question du retour. Aujourd`hui, ce qui pèse en réalité sur plusieurs pays européens - je prends, par exemple, le cas de l`Italie qui a manqué de solidarité européenne ces dernières années -, c`est la présence de 500 à  600.000 migrants qui ne sont pas en situation d`obtenir l`asile et qu`on doit raccompagner chez eux.

Le troisième sujet réel qui pèse sur l`Europe sur le plan migratoire, c`est ce qu`on appelle les mouvements secondaires. Si, par exemple, en 2017, l`Allemagne et la France ont été les principaux pays de demande d`asile, ce n`est pas parce que des non-Européens arrivaient dans ces pays, c`est parce que des gens qui avaient demandé l`asile dans d`autres pays y étaient rentrés, circulent au sein en particulier de l`espace Schengen et arrivent et le redemandent bien souvent en France et en Allemagne. Et donc c`est le troisième sujet, celui des voies secondaires.

Et puis, nous avons un quatrième sujet politique à  régler, celui-ci qui est principalement le sujet de sensibilité italien : les arrivées venant de la Libye. Je dis qu`il est politique parce que les flux ont fortement diminué durant les mois passés et que c`est essentiellement un sujet lié à  des choix unilatéraux de certains.

Je veux bien distinguer ces quatre points pour toujours vous rappeler de quoi on parle et les sujets que nous avons à  traiter. Face à  cela, il y a eu dans la discussion d`hier, qui a été à  mes yeux beaucoup plus apaisée, ouverte, analytique que celle que nous avions pu avoir en juin dernier, des éléments de convergence que nous avons largement poussés.

D`abord, je crois qu`il y a une convergence forte pour renforcer nos discussions et notre dialogue avec les pays d`origine de transit, en particulier pour ce qui est de l`Afrique. Je rappelle que l`Union européenne a déjà  un plan d`investissement de 44 milliards d`euros avec l`Afrique, un peu plus de 22 ont déjà  été décaissés ou sont en cours de décaissement. Il faut donc poursuivre ce travail mais avoir un dialogue complet avec les pays d`origine et de transit pour pouvoir, d`une part, par notre politique de développement, éducative... prévenir les départs, pour d`autre part, dans le cadre de cette relation, lutter beaucoup plus efficacement contre les trafiquants parce que derrière ces mouvements, il y a des réseaux organisés de trafiquants et pour améliorer notre politique de retour vers les pays d`origine qui, comme je le disais, manque d`efficacité.

Donc, nous avons décidé de, d`abord, renforcer notre coordination sur ces trois volets de la discussion avec les pays africains et de donner mandat à  la présidence pour, en particulier avec les pays de transit que sont les pays frontaliers avec la Méditerranée, organiser un dialogue au nom de l`Union européenne - ça a été commencé il y a quelques jours avec l`Egypte - mais poursuivre celui-ci. En aucun cas ce dialogue ne saurait promouvoir des solutions qui ne sont pas conformes à  nos valeurs et nos droits, en particulier des plateformes de débarquement qui ne seraient pas conformes à  ce que promeut le HCR, mais c`est un dialogue pertinent, utile pour justement réussir à  être plus efficace.

Le deuxième sujet important en termes migratoires, au-delà  de ce dialogue avec l`Afrique, c`est le renforcement de nos frontières communes. Il a pu y avoir des voix divergentes ou dissonantes qui se sont élevées sur ce sujet mais il y a quand même eu un large consensus pour avancer sur la base de la proposition faite par la Commission européenne de renforcer Frontex, c`est-à -dire l`agence européenne de protection de nos frontières.

Nous avons en effet un espace de libre circulation, nous en avons tous les avantages. Si nous voulons mieux protéger nos concitoyens, ce qui est ce que nous recherchons, il faut investir, nous organiser mieux pour protéger nos frontières communes. Et à  ce titre, je soutiens pleinement la proposition de la Commission européenne et je crois que c`est d`ailleurs la seule réponse cohérente aux défis que nous avons.

Troisième sujet sur lequel il y a eu une forte convergence, c`est la proposition faite par la Commission européenne d`accélérer la directive sur les retours. Je l`évoquais tout à  l`heure pour souligner le manque d`efficacité que nous avons sur ce point, cela passe par un dialogue réorganisé avec les pays d`origine en Afrique, mais ça passe aussi par un changement de nos règles. La Commission a fait des propositions efficaces en la matière, je souhaite qu`elles puissent être adoptées dans les meilleurs délais et il y a eu là  aussi une forte convergence sur ce point.

Enfin nous souhaitons avancer - et la Commission s`est montrée positive, encourageante sur ce point - sur la réforme en profondeur de Dublin, c`est-à -dire nos règles internes pour organiser au sein de notre espace la responsabilité et la solidarité. Toutefois, avec l`Allemagne et quelques autres pays, nous avons indiqué qu`évidemment, notre priorité restait de mettre en place un mécanisme durable, organisé de prise en charge solidaire des migrants en besoin de protection qui sont sauvés en mer tout en respectant notre droit, c`est-à -dire le débarquement dans le port sà»r le plus proche, et en reconduisant rapidement les personnes qui n`ont pas vocation à  l`asile. Et nous avons indiqué notre disponibilité à  travailler à  ce mécanisme dès les prochains jours et semaines avec les Etats qui souhaiteraient avancer.

A ce titre, je considère donc qu`au-delà  des propositions, de la mise en œ“uvre des accords de juin sur lesquels la Commission a commencé à  faire des propositions, il y a plusieurs voies efficaces d`avancées qui ont été aujourd`hui discutées et qui doivent maintenant donner lieu à  la finalisation qui revient aux ministres et à  la Commission.

Nous avons enfin discuté ce midi de la question du `` Brexit ». Après un échange, une présentation par Theresa MAY hier soir, nous avons, à  27, en présence de Monsieur BARNIER, discuté de ce sujet. Je veux ici redire la grande qualité des travaux conduits par Michel BARNIER et redire aussi que je suis particulièrement attaché à  la méthode que, depuis le début, nous avons retenue en l`espèce, c`est-à -dire une organisation à  27 avec un négociateur unique. Et je souhaite que jusqu`au bout, cette méthode soit préservée.

Sur ce sujet, il s`agit d`être tout à  la fois clair et simple et calme parce qu`il y a beaucoup de nervosité. Clair et simple pour dire que le Gouvernement britannique a proposé un certain nombre d`avancées cet été dans son plan de Chequers. J`ai eu l`occasion d`en discuter longuement avec la Première ministre britannique au début du mois d`aoà»t. C`est une bonne chose et c`est une démarche courageuse de la Première ministre que je veux ici saluer. Mais de manière très claire, je veux également dire - et ça a fait l`objet d`un consensus ce midi - que les propositions faites en l`état aujourd`hui ne sont pas acceptables, tout particulièrement dans le domaine économique et, en l`état, le plan Chequers ne saurait être un plan à  prendre ou à  laisser.

Nous nous devons de défendre le marché unique, sa cohérence et nous avons réaffirmé notre volonté de ne rien céder sur ce point. C`est à  la fois notre intérêt de court terme mais aussi de moyen et long termes. C`est un intérêt vital, politique, économique pour l`Union européenne. Vital parce que c`est ce qui fait la cohérence de son fonctionnement chaque jour, politique parce que c`est ce qui fait notre crédibilité quand nous échangeons avec les autres puissances.

Alors il faut maintenant utiliser les prochaines semaines pour avancer dans le respect de nos intérêts fondamentaux que sont l`intégrité du marché unique, la force du projet européen et l`unité de l`Irlande. A cet égard, nous sommes aujourd`hui à  l`heure de vérité et nous ne saurions davantage attendre compte tenu des délais qui sont familiers à  chacun et je souhaite donc que nous puissions en octobre avoir une discussion sur de nouvelles propositions britanniques qui permettront de régler ces sujets et tout particulièrement l`accord de retrait et le sujet du backstop irlandais.

Il y a un an jour pour jour, je prononçais un discours sur l`Europe à  la Sorbonne. Nul besoin de souligner que le contexte est difficile mais c`est précisément parce que l`Europe est en danger, bousculée par certains, qu`il faut oser, qu`il faut s`engager sans relà¢che et qu`il faut tout refonder. Depuis un an, les avancées ont été réelles et importantes en matière de défense, en matière de numérique européen, on l`a encore vu la semaine dernière avec une victoire que d`aucuns pensaient inenvisageable il y a quelques mois sur le droit d`auteur, en matière de protection sociale avec la réforme du détachement, d`économie et de croissance avec un accord franco-allemand historique sur le budget de la zone euro, de sécurité - j`évoquais à  l`instant les contenus terroristes, mais également la force européenne de protection civile, contre les catastrophes naturelles -, d`éducation et de culture avec le lancement cet automne des premières universités européennes...

Nombre des propositions que la France a faites il y a un an sont en cours d`application ou sont d`ores et déjà  devenues réalité, ce qui montre que proposer, oser, se battre est possible en Europe et l`Europe s`arrête lorsqu`on ne propose plus ou qu`on n`a plus d`ambition pour elle et l`Europe se perd dans les querelles et laisse les uns ou les autres être séduits par les pires messages de facilité ou de violence lorsqu`elle oublie ce qui l`a toujours portée, une ambition d`être.

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lundi 28 mai 2018

Paris: Emmanuel Macron a reçu le président angolais Joà£o Lourenço à  l'Elysée !

Le Président Emmanuel Macron et Président Angolais Joà£o Lourenço

Arrivée à  l'Elysée avec vingt minutes de retard, la déclaration du Président Angolais Joà£o Lourenço doit faire siffler les oreilles des apparatchiks, barons et Mammouths du régime d'imposture de Kinshasa : "Kabila ne doit pas se représenter conformément à  l'accord, il doit prendre des mesures de décrispation et créer un climat propice à  des élections crédibles, libres et inclusives. L'accord doit être respecté." Les relations entre Kinshasa et Paris, Luanda et Kigali se sont crispées la semaine dernière après le soutien apporté par Emmanuel Macron à  l'initiative prise par le président de l`Union africaine, le Rwandais Paul Kagame, en lien avec le président angolais, sur la RDC. Les ambassadeurs des trois pays ont été convoqués samedi par le ministre congolais des Affaires étrangères.

Voici ce qu'a déclare le Président Emmanuel Macron

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Je suis très heureux d`accueillir ici, à  l`Elysée, le président de l`Angola, Monsieur le Président LOURENà‡O, et je suis très sensible - et je veux l`en remercier - au fait qu`il ait choisi la France comme destination pour son premier déplacement officiel en Europe depuis son élection.

Nous avons déjà  eu l`occasion de nous voir à  plusieurs reprises avant ce jour et je me réjouis d`avoir pu approfondir nos échanges aujourd`hui. Je suis en effet très attaché au renforcement des relations entre la France et l`Angola qui est pour moi un des partenaires essentiels de la région, mais aussi au rà´le que l`Angola joue dans la région et je vais y revenir dans un instant.

Les accords signés à  l`instant devant nous et tous ceux qui ont été discutés, préparés durant ce déplacement sont de nature, en effet, à  permettre de franchir une étape supplémentaire dans cette relation et renforcer dans tous les domaines notre coopération. En matière politique et sécuritaire, nous venons de le voir, où je considère que nous devons renforcer notre coopération : en matière de formation, mais également de sécurité maritime, avec un travail qui a été lancé sur ce point compte tenu de l`importance de votre rà´le en la matière, de coopération opérationnelle, avec des engagements qui seront pris en matière d`équipement, de surveillance maritime et d`aéronautique, mais aussi de continuer de coopérer dans la perspective d`une contribution de l`Angola aux opérations de maintien de la paix, notamment au travers de notre action d`enseignement du français en milieu militaire et de vous impliquer pleinement dans ce cadre.

La relation bilatérale a aussi été renforcée en matière économique où plusieurs accords ont été signés, marquant un engagement, nous l`avons vu à  l`instant, de l`Agence française de développement, avec une convention de 100 millions de dollars dans le domaine de l`agriculture qui est une première déclinaison opérationnelle de l`accord de coopération signé le 1er mars, ainsi qu`une subvention de 500 000 euros de l`AFD pour l`identification de nouveaux projets.

Je me réjouis aussi de la conclusion d`un accord permettant à  la filiale privée de l`Agence française de développement, Proparco, de s`établir en Angola avec également plusieurs accords partenaires privés signés dans ce cadre, comme les accords entre Total et la Compagnie pétrolière angolaise.

Le cadre que nous développons, avec l`implication de l`Agence française de développement, de Proparco et les initiatives que nous lançons s`inscrivent pleinement dans la stratégie du président LOURENà‡O de diversifier l`économie angolaise et viennent accompagner aussi un effort extrêmement important et que je veux ici saluer qui, durant ces derniers mois, a conduit à  lutter activement contre la corruption et améliorer le climat des affaires. Votre engagement personnel et vos décisions courageuses en la matière sont à  mes yeux un signal très fort que nous ne pouvons mésestimer.

Et donc nous accompagnons cette diversification, en particulier en matière agricole, mais aussi sur plusieurs sujets de formation et je souhaite que nous continuions à  le faire activement. Nous travaillons aussi sur des sujets de convention fiscale qui sont déterminants pour vous aider dans ce cadre et poursuivre ce travail.

Notre volonté est aussi d`élargir ce partenariat. Votre visite d`ailleurs l`illustre à  elle seule : vous vous êtes rendu ce matin à  l`Ecole polytechnique ; cet après-midi, vous aurez l`occasion d`échanger avec plus de 80 entreprises françaises ; et demain, vous irez à  Toulouse pour voir des grands projets industriels mais aussi des sites de formation, de recherche et de production agricole dans la région toulousaine. Notre souhait est aussi de renforcer la coopération en matière universitaire et étudiante avec le développement de mobilités étudiantes entre nos deux pays et de nouer des partenariats entre établissements d`enseignement supérieur.

Notre rencontre de ce jour a également permis d`évoquer plusieurs sujets régionaux. Comme vous le savez, je suis convaincu que la valeur ajoutée de la France n`est pas de se substituer aux pays de la région dans le règlement des crises mais de leur venir en appui. Et l`Angola est, comme je l`ai dit, dans ce cadre un partenaire essentiel, en particulier en Afrique centrale. Et je veux saluer ici le rà´le tout à  fait spécifique joué par le président LOURENà‡O sur plusieurs des situations difficiles de la région. Nous avons eu l`occasion de revenir sur la situation de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine. J`avais eu l`occasion la semaine dernière d`échanger sur ces deux mêmes sujets avec le président en charge de l`Union africaine, le président KAGAME, dans le droit fil de nos échanges.

Sur la République démocratique du Congo, nous partageons les mêmes préoccupations et les mêmes volontés. La France viendra en soutien des initiatives qui seront prises par les pays de la région et l`Union africaine qui sont simplement celles de faire appliquer les accords qui, seuls, permettront une clarification de la situation politique sans aucune complaisance, dans le calme et avec clarté. Et je souhaite que les réunions prévues dans les prochaines semaines nous permettent d`aboutir à  un résultat clair et le président LOURENà‡O sait le plein soutien de la France et notre engagement en la matière.

Nous avons également évoqué la situation en République centrafricaine et convenu de rester étroitement en contact pour accompagner les autorités centrafricaines et éviter un nouveau cycle de déstabilisation dans le pays. Il nous faut procéder en effet à  un équipement et une meilleure défense pour le président TOUADERA mais en lien direct avec les Nations unies et en étroite coopération avec la Minusca, en même temps qu`il faut lancer un processus de réconciliation et de désarmement des différents groupes dans le pays, conformément là  aussi aux accords qui ont été signés et comme le souhaite l`Union africaine. Et là  aussi, la France accompagnera ces initiatives.

Voilà , Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais rappeler en renouvelant mes remerciements pour le président LOURENà‡O et en vous redisant, Monsieur le Président, tout le plaisir et l`honneur de vous recevoir aujourd`hui. Je souhaite que nous puissions continuer à  approfondir nos relations et à  œ“uvrer ensemble et vous remercier d`avoir aussi décidé de jouer un rà´le accru dans la Francophonie.

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samedi 26 mai 2018

Saint-Pétersbourg: Ce qu'a dit Emmanuel Macron à  Vladimir Poutine !

Dialogue, dialogue, dialogue...La France et la Russie sont deux membres permanents du Conseil de sécurité sur les cinq. Ils ont plusieurs canaux diplomatiques pour se parler, surtout pour des sujets qui fà¢chent. Comme dit l'adage africain: "Quand deux éléphants se battent, ce sont des fourmis qui meurent et l'herbe en souffre" ! Le Président Emmanuel Macron a terminé vendredi soir sa visite officielle de deux jours en Russie. Selon l`Elysée, la visite du président français en Russie a permis d`avancer sur plusieurs dossiers, comme la Syrie et le nucléaire iranien. Emmanuel Macron a salué "un dialogue extrêmement direct et franc" avec Vladmir Poutine.

Voici ce qu'a déclaré le Président Français lors de la conférence de presse commune avec son homologue Russe:

LE PRÉSIDENT : Merci beaucoup Monsieur le Président, cher Vladimir.

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs,

Je veux avant tout remercier le président POUTINE pour son accueil et nous venons en effet, il vient d`en rendre compte, d`avoir un échange en tête-à -tête, puis un échange élargi qui a été, comme c`est toujours le cas entre nous, extrêmement direct et franc mais je dois dire plus long que nos équipes ne l`avaient initialement prévu parce que très fructueux et qui nous a permis, je crois pouvoir le dire, d`échanger en profondeur la vision aussi que nous avons de nos histoires et de nos devoirs contemporains.

Il y a un peu plus d`un an, nous étions ensemble à  Versailles et nous avons ensuite cheminé pour voir cette exposition Pierre le Grand qui était organisée et qui racontait le voyage de Pierre le Grand en France auprès de Louis XV puisque avec Louis XIV, ce fut un rendez-vous manqué. Et nous voilà  aujourd`hui dans sa ville et dans un lieu qui n`a rien d`innocent au regard de cette Histoire, dans cette ville de Saint-Pétersbourg qu`il avait voulu comme une fenêtre sur l`Europe, où il avait fait venir nombre d`artistes, d`intellectuels de son temps, comme ensuite Catherine II le fera aussi.

Et ce lieu, cette ville, je crois, nous rappelle ce qui nous lie très profondément et c`est aussi pour cela que lorsqu`en 1966, le général de GAULLE avait voulu venir prononcer un grand discours et faire un grand geste politique, il avait choisi Saint-Pétersbourg pour rendre hommage à  la résistance héroïque des soldats soviétiques et des civils russes assiégés par l`armée hitlérienne. Et je me rendrai demain à  mon tour à  la nécropole pour rendre hommage aux soldats qui se sont battus et qui sont tombés, mais aussi aux civils et à  toutes les victimes du siège de Leningrad durant la Seconde Guerre mondiale.

L`escadrille Normandie-Niemen avait une devise et elle n`est jamais loin lorsque nous pensons à  ces moments de l`Histoire. Nous avons volé dans le même ciel. Et c`est un peu de cela aussi dont il s`agit, pensant également aux quelques combattants français qui ont été aux cà´tés de votre ville et de votre peuple. Votre ville, Monsieur le Président, parce que Saint-Pétersbourg, c`est en effet la ville qui vous a vu naître, grandir, étudier, administrer et qui, aujourd`hui, nous réunit à  l`occasion de ce Forum économique international auquel la France, en effet, participe cette année en tant qu`invitée d`honneur aux cà´tés du Japon et je tiens à  vous remercier pour cette invitation.

Et nous poursuivons ce faisant le fil historique dans lequel nous avons fait le choix d`inscrire nos échanges et je suis convaincu que nos deux pays ont vocation et intérêt à  définir, pour reprendre les termes de DOSTOIEVSKI dont nous parlions tout à  l`heure dans son discours sur POUCHKINE, un vrai terrain de conciliation pour toutes les contradictions européennes. C`est sans doute un peu de cela dont il s`agit lorsque nous parlons de la relation entre nos deux pays. Nous avons toutes les contradictions européennes qui habitent nos peuples à  relever mais nous savons et nous avons su par le passé - et nous le saurons demain aussi - construire un vrai terrain de conciliation.

Nous avons un partenariat historique, il est là  et il est fort et la France et la Russie ont en commun d`avoir hérité du combat de leurs aînés une place à  part, celle de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Et cette place à  part dans les temps que nous vivons nous oblige et nous en avons parlé avec le président POUTINE. Elle nous oblige parce que je crois qu`aujourd`hui, nous n`avons pas d`autre choix l`un et l`autre que de croire et défendre ce que j`ai pu appeler il y a quelques semaines un multilatéralisme fort, c`est-à -dire une grammaire de nos relations internationales qui croit à  la coopération, qui croit aux règles dont nous nous sommes dotés, qui veut les respecter, mais qui considère que ces règles ne sont pas simplement des mots qui vaudraient pour les plus faibles ou ceux qui ne savent pas les faire respecter.

Cette responsabilité qui est la nà´tre implique un dialogue construit, constant et une indépendance. Et le président POUTINE le sait, la politique étrangère de la France, sous ma direction, est pleinement indépendante. Nous ne nous alignons jamais sur personne, nous prenons nos décisions par nous-mêmes et pour nous-mêmes, nous croyons dans l`Europe pour en démultiplier la force, nous souhaitons aussi que ces décisions, lorsqu`elles sont prises, puissent être respectées en prenant en compte les intérêts de nos partenaires. Et notre dialogue avec la Russie est un élément de cette indépendance, comme l`est notre appartenance à  une Europe démocratique et souveraine, comme l`est la relation que nous avons aussi avec notre allié des Etats-Unis d`Amérique et c`est constitutif de ce multilatéralisme fort que j`évoquais.

Nous parlons à  tous et c`est la marque de notre indépendance. Nous le faisons de manière directe et franche, c`est la marque de notre fiabilité. Je suis très lucide sur les incompréhensions qui ont pu exister et s`installer entre nous. Une part de ces incompréhensions, je dois dire même l`essentiel, ne nous est pas imputable mais elles sont là  et il nous faut donc savoir y revenir. Nous connaissons les termes du débat mais je souhaite ici que nous puissions avancer ensemble et, dès nos premiers échanges avec le président POUTINE, c`est sur cette base que nous avons souhaité travailler.

Ce multilatéralisme fort, cette indépendance de la politique étrangère française va aussi avec quelques principes auxquels je crois. Je crois que nous devons œ“uvrer, que c`est notre intérêt conjoint, pour défendre notre sécurité collective, que nous devons aussi défendre nos valeurs partout, mais que nous devons également respecter partout la souveraineté des peuples et je m`oppose clairement à  je ne sais quelle prétention de vouloir se substituer à  leurs choix. Et sur ce terrain, j`ai été clair dès le premier jour, la France prend des positions, elle construit des alliances, elle peut intervenir quand le non-respect est évident quant à  certaines règles qui avaient été édictées avec une légitimité internationale réelle, mais jamais pour se substituer à  la souveraineté d`un peuple.

Je respecte aussi le rà´le renforcé que la Russie se donne dans son environnement régional et dans le monde, en particulier au Moyen-Orient. Et avec ce rà´le retrouvé, vient aussi davantage de responsabilité et je suis pleinement conscient et je sais que le président POUTINE l`a en tête. En même temps - et le président le sait -, j`attends de la Russie qu`elle respecte elle aussi nos intérêts, notre souveraineté, celle de nos partenaires européens avec lesquels notre solidarité sera toujours sans faille et de cela aussi nous avons parlé. Je pense que nous pouvons collectivement cheminer.

Au fond, ce qu`il nous faut aujourd`hui, compte tenu de notre Histoire, de ce moment et des règles que nous avons fixées et des intérêts qui sont les nà´tres, continuer à  bà¢tir une confiance commune et je souhaite pour ma part que la Russie comprenne que la France est son partenaire européen crédible, ouvert et fiable pour préparer l`avenir. Et je crois que la discussion que nous avons eue allait dans ce sens. J`ai proposé au président POUTINE de s`engager avec la France dans la définition justement de ce multilatéralisme fort qui doit nous permettre de poser les fondements de l`ordre mondial contemporain, un multilatéralisme qui ne soit plus la coquille vide des affrontements idéologiques, mais qui produise des résultats sur des bases claires et qui permette d`obtenir des solutions concrètes. C`est l`intérêt de nos pays et, je crois, ce qui également nous anime.

C`est forts de ces principes et dans cet esprit que nous avons abordé les grands dossiers internationaux sur lesquels le président POUTINE vient de revenir. Sur le dossier iranien, les trois pays signataires européens, comme la haute représentante MOGHERINI, ont très clairement dit dès la décision américaine que nous restions dans l`accord et que l`accord du 14 juillet 2015 était pour nous un accord que nous avions signé et que nous devions respecter. Et je souhaite que l`ensemble des signataires reste dans l`accord et le préserve. Nous avons ainsi décidé la semaine dernière à  Sofia, au niveau européen, de nous doter des instruments et des garanties à  l`égard des entreprises pour s`assurer de la pleine efficacité à  tous égards, y compris sur le plan économique, de cet accord. Mais je souhaite aussi que nous puissions travailler avec toutes celles et ceux qui y ont intérêt pour que cette efficacité soit pleine et entière et que nos entreprises puissent aussi trouver des solutions pragmatiques avec d`autres pays et d`autres entreprises qui ont intérêt, comme certaines entreprises d`ailleurs l`ont fait ces derniers jours, pour préserver leurs intérêts lorsqu`elles sont très exposées aux Etats-Unis, au marché américain, mais qu`on puisse garantir à  l`Iran la viabilité des projets qui ont été lancé.

Dans le même temps, je souhaite que l`Iran reste pleinement engagé dans l`accord nucléaire et ne reprenne aucune activité. A cet égard, je considère que les dernières informations transmises par l`AIEA vont dans la bonne direction et sont réconfortantes. J`ai dit au président POUTINE cette volonté, je crois que nous la partageons et nous avons l`un et l`autre acté de cette volonté commune de préserver ce cadre qui nous semble être un cadre utile pour la sécurité régionale. J`ai dit aussi au président POUTINE quelles étaient nos autres préoccupations et je crois là  aussi pouvoir dire que nous les partageons : l`activité nucléaire après 2025, l`activité balistique et l`activité régionale de l`Iran. Je souhaite que nous puissions engager avec l`Iran - et j`ai eu l`occasion de le dire à  deux reprises au président ROHANI - un dialogue sur ces sujets. Mais il est évident que ce dialogue n`est possible que si nous savons collectivement aménager ce cadre crédible de l`accord de 2015, ce que nous sommes en train de faire.

Et donc je crois qu`il est cohérent que nous œ“uvrions ensemble à  l`égard de l`Iran pour engager dès maintenant un dialogue franc, sincère, mais indispensable pour la sécurité régionale qui permette d`avancer sur l`ensemble de ces sujets. Vous avez reçu il y a quelques jours le Premier ministre israélien, je pense qu`il vous en a aussi parlé. Nous connaissons l`un et l`autre toutes les puissances amies, alliées ou que nous respectons de la région. Elles n`ont pas forcément la même lecture que nous de la situation mais nous ne pouvons mésestimer leurs inquiétudes et leurs intérêts. Et donc, pour éviter toute escalade, notre volonté est de construire cet accord plus large dans la région avec l`Iran et d`œ“uvrer ensemble pour ce faire.

En Syrie, l`intensification des tensions entre Israà«l et l`Iran démontre le risque là  aussi d`une escalade de grande ampleur. Le moment est clairement venu de mettre autour de la table toutes les puissances concernées par la crise syrienne pour parvenir à  un règlement politique du conflit. Le président POUTINE l`a dit, il y a aujourd`hui deux formats qui existent : le Format dit d`Astana et le Format dit du Small Group que nous avons constitué il y a maintenant quelques mois. Ces deux formats sont complémentaires et sur le sujet syrien, j`ai toujours été clair, notre priorité, notre volonté, c`est l`éradication du terrorisme et la lutte contre le terrorisme islamiste. Et même si nous avons pris des décisions très claires et toujours eu des positions claires vis-à -vis de Bachar EL-ASSAD et de sa politique, la politique française n`est pas de procéder depuis l`extérieur à  quelque changement de régime que ce soit ou à  quelque transition. Ce n`est pas ça depuis le mois de mai 2017 notre politique, c`est celle qui consiste à  construire une solution politique inclusive qui permettra d`élaborer le cadre constitutionnel, qui permettra à  tout le peuple syrien, y compris les Syriens ayant dà» fuir, de voter et de choisir leurs gouvernants.

C`est cela le point d`aboutissement du processus politique qui est le nà´tre et je crois pouvoir dire que notre discussion à  cet égard était extrêmement instructive, en tout cas pour moi. Et donc nous avons souhaité, comme l`a dit le président POUTINE, mettre en place un mécanisme de coordination entre le groupe d`Astana et le Small Group. C`est pour moi une avancée très importante en termes de gestion du dossier syrien. Nous pouvons avoir des sensibilités différentes, bien sà»r, mais nous avons une même volonté de stabilisation, un même respect de la souveraineté des peuples, une même volonté de faire aboutir le dossier en étant inclusif et en construisant la stabilité à  long terme. Et donc ce mécanisme de coordination, nos équipes vont le construire dans les prochaines semaines mais il aura pour finalité d`avoir un agenda de discussions parallèle mais commun pour les deux groupes et de construire ensemble - et ce sera notre responsabilité aussi - les convergences qui permettront, je l`espère, cette solution politique. En tout cas, je crois beaucoup à  cette option que j`appelle de mes vœ“ux depuis plusieurs mois et je suis à  cet égard, je dois le dire, extrêmement satisfait des avancées de notre discussion.

J`ai également proposé au président POUTINE que nous puissions travailler concrètement ensemble sur le terrain sur le plan humanitaire. En effet, j`ai décidé il y a quelques semaines maintenant, à  la fin du mois d`avril, de réinvestir en matière d`engagement humanitaire et en particulier de réinvestir à  hauteur de 50 millions d`euros pour financer les organisations non gouvernementales présentes sur le sol syrien. Sur ce sujet, nous allons travailler au nord-ouest et au nord-est avec ces organisations et j`ai souhaité que nous puissions le faire en coordination étroite, y compris dans la zone qui est sous le contrà´le du régime syrien, le faire de manière étroite avec la Russie. Je pense que c`était ce que vous appeliez aussi de vos vœ“ux depuis plusieurs mois et que cette avancée est de nature également à  nous rendre collectivement utiles sur le terrain et permettre à  ces organisations non gouvernementales de mieux travailler et d`accéder aux populations qui ont les besoins les plus sévères.

Sur la lutte contre le terrorisme en Syrie, la coalition achève de réduire les derniers bastions de Daesh et nous sommes d`accord pour que dans les décisions que nous prenons sur la Syrie, la nécessité de prévenir toute résurgence de cette organisation soit pleinement prise en compte. Sur le chimique, nous avons des désaccords, nous les connaissons, nous les avons partagés, mais je souhaite que nous puissions travailler sur le plan international afin de mettre en place un nouveau mécanisme indépendant, impartial et permanent qui permette d`attribuer la responsabilité d`emploi des armes chimiques et que les prochains mois puissent être utilement mis à  contribution sur ce point.

Sur la situation en Ukraine enfin, le règlement pacifique de la crise au Donbass est l`élément clé d`un retour à  des relations apaisées entre l`Europe et la Russie, nous y avons tous intérêt. J`ai dit au président POUTINE que les mois à  venir seraient décisifs si nous voulons mettre fin à  ce conflit. Le président vient de le dire, il n`y a pas d`autre solution que la mise en œ“uvre des Accords de Minsk par toutes les parties sur la base des propositions très concrètes que nous avons faites avec l`Allemagne. Il y aura une réunion des groupes techniques dans les prochaines semaines, puis une réunion des ministres des Affaires étrangères en Format Normandie et je souhaite que nous puissions trouver des avancées concrètes sur ce point là  aussi.

Sur le plan de la relation bilatérale, nous avons - et le président POUTINE l`a également évoqué - discuté de ce sujet toujours sensible de l`activité dans le cyberespace et des cyberattaques et nous avons souhaité l`un et l`autre inaugurer un processus qui jusqu`alors n`existait pas mais que nous allons mettre en œ“uvre d`échange d`informations et de traitement très concret des situations pour construire un cadre commun qui permette de réguler ce cyberespace déjà  entre nos deux pays et avec l`ambition d`essayer de travailler avec nos partenaires sur ce sujet absolument déterminant.

Nous avons une relation économique extrêmement vivace, le président l`a rappelé, qui fait de la France l`un des tout premiers partenaires économiques en termes d`emploi comme en termes d`investissement et sans doute le partenaire économique le plus fiable dans la durée, y compris dans les temps les plus difficiles. Demain au Forum de Saint-Pétersbourg, la délégation française sera très importante, preuve que nos entreprises sont là  et souhaitent accompagner la modernisation économique et sociale de la Russie, la diversification de son économie, son développement scientifique et technologique et continuer à  jouer ce rà´le de premier employeur étranger dans le pays. Et malgré les sanctions, malgré les difficultés, elles sont présentes, comme le sont nos chercheurs, nos artistes, nos penseurs et je crois que c`est une présence indispensable.

Nous avons aussi constaté la très bonne avancée des travaux que nous avions lancés il y a un an. Nous avons fait des progrès important. Le Dialogue de Trianon qui est cette enceinte dans laquelle nous avons voulu rassembler justement les représentants de la société civile, du monde académique, culturel. Intellectuels et scientifiques ont travaillé de manière active. Il a permis des échanges renouvelés entre nos sociétés civiles. Deux plateformes numériques ont été lancées en France et en Russie pour faciliter la circulation des initiatives et des idées et les membres français et russes du Conseil de coordination du Dialogue se réunissent tous pour la première fois ensemble physiquement à  l`occasion de cette visite demain. C`est un résultat important pour développer ces liens et il a d`ailleurs permis à  plusieurs jeunes Français d`être sélectionnés dans le cadre d`un concours et de découvrir votre pays, ce qui forge aussi ces relations dans la durée.

Aujourd`hui et demain, nous actons plusieurs accords, une cinquantaine au total d`accords-cadre. Et au-delà  des accords d`entreprise signés devant nous, des accords de nos grands acteurs de recherche, quel que soit le secteur, le spatial, le nucléaire civil, l`énergie sont mis à  l`honneur en même temps que les sciences, la recherche, la culture, le patrimoine, l`enseignement supérieur, avec la création de nouveaux doubles diplà´mes pour nos étudiants à  Saint-Pétersbourg, ici même. L`année 2018 est aussi l`Année des Langues et Littératures marquée par le succès du Salon du Live de Paris qui succède à  l`Année du Tourisme culturel en 2017, avec l`immense succès aussi de plusieurs expositions consacrées à  la collection CHTCHOUKINE à  Paris et Saint-Louis et les Reliques de la Sainte-Chapelle au musée du Kremlin à  Moscou.

C`est également la culture que nous sommes ici venus accompagner dans le cadre de ce Dialogue avec entre autres la ministre. Nous serons demain justement pour célébrer l`anniversaire de Monsieur PETIPA dont beaucoup de monde en Russie pense qu`il est Français, qu`il est, pardon, Russe, mais il était avant tout Français et Marseillais, je dois dire, mais il a eu un rà´le, parce que la Russie lui a fait confiance, essentiel au Mariinsky en particulier et dans la création de nombreux ballets qui ont forgé notre histoire culturelle commune, notre identité.

Sur tous ces sujets, nous souhaitons continuer à  œ“uvrer ensemble, continuer à  dialoguer, continuer à  avancer et c`est dans ce dialogue exigeant mais volontaire que nous souhaitons, avec le président POUTINE, dessiner un peu de ce siècle qui s`ouvre. Les enfants français ont appris l`immensité du territoire russe en lisant `` Michel STROGOFF », ils ont parfois eu peur en écoutant `` Pierre et le loup », ils ont rêvé justement grà¢ce aux ballets de Marius PETIPA. Il y a beaucoup de monde lorsqu`on voyage dans les villes de la Volga, on demande justement aux visiteurs les hà´tels où a résidé l`auteur des `` Trois Mousquetaires ». Les héros russes ont habité l`imaginaire français et DOSTOIEVSKI n`aurait sans doute pas été lui-même sans l`influence de la France et des auteurs français.

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dimanche 22 avril 2018

Etats-Unis: Emmanuel Macron, le plus rouge des tapis rouges !

Donald Trumps et Emmanuel Macron, deux chefs d'Etats qui ont tissé des liens surprenants

En parcourant "Aujourd'hui en France Dimanche" du 22 avril 2018, N°6001 qui ne coà»te 1,30 euros, on apprend beaucoup sur les coulisses d'une visite d'Etat du président Emmanuel Macron aux Etats-Unis. Le président français, qui arrive demain aux Etats-Unis, est le premier dirigeant étranger à  être reçu avec de tels honneurs par Donald Trump.

Air France One, l'Airbus A330 présidentiel

Air France One, l'Airbus A330 présidentiel

L'invitation est tombée à  l`automne. Émanant de Donald Trump en personne ! Et qui plus est pour une visite d`État… La cellule diplomatique de l`Elysée est en joie, l`attention du président américain à  l`endroit de son homologue est manifeste. Emmanuel Macron sera son tout premier invité pour une rencontre de ce niveau depuis la prise de fonction du président américain, il y a un an et demi. `` Le plus rouge des tapis rouge », dans le monde codifié de la diplomatie. Non pas un simple déplacement privé, de travail ou officiel… Mais une visite d`État, avec ses passages obligés, ses rites inamovibles.

Donald Trumps et Emmanuel Macron, deux chefs d'Etats qui ont tissé des liens surprenants

Sa lourdeur protocolaire, aussi. Pour être la plus importante, elle implique quatre étapes non négociables : la visite d`accueil à  la Maison-Blanche, un entretien de travail ainsi qu`un déjeuner et un dîner d`Etat. `` Cherry on the cake » (cerise sur le gà¢teau), un dîner privé entre les deux couples se tiendra dès lundi soir, dans un lieu chargé d`histoire : Mount Vernon, la maison du premier président des Etats-Unis, George Washington,. La `` puissance invitante » a la haute main sur le déroulement de ces 48 heures conçues pour sceller l`amitié franco-américaine. L`invité tente toutefois d`imprimer sa marque.

Lundi soir, les couples Trump et Macron dîneront à  Mount Vernon, demeure du premier président américain , George Washington. /AFP/Saul Loeb

Il y a les séquences obligées, le respect dà» à  ses hà´tes… et la volonté du chef de l`Etat de personnaliser son passage. C`est une nouveauté de l`ère Macron : son chef de cabinet adjoint, Rodrigue Furcy, est désormais chargé de donner une coloration plus singulière à  cet exercice. L`équation est épineuse : comment sortir du cadre officiel inhérent à  cet événement très formel, dans un agenda extrêmement contraint, pour que le président puisse imprimer son style, tant sur le fond que sur la forme ? C`est cette volonté qui explique, notamment, les temps d`échange qu`Emmanuel Macron a pu avoir au Burkina Faso avec des étudiants. Il le fera à  nouveau mercredi, avec ceux de l`université George Washington, très mobilisés contre les armes à  feu.

Aux Etats-Unis, il a aussi tenu à  ce que des patrons de grandes entreprises américaines soient présents, avec une idée en tête : lors du toast (préparé avec ses collaborateurs), leur expliquer les réformes mises en œ“uvre sur le Vieux continent, tout en prenant soin de leur adresser un message bienveillant. Ces géants ne seraient-ils pas susceptibles de venir investir en France ? D`autres aspects, plus anecdotiques, font encore l`objet d`échanges entre Paris et Washington, comme le `` dress code ». Outre-Atlantique, il est extrêmement standardisé. Les dîners d`État se partagent ainsi en smoking ! Un habit qu`Emmanuel Macron préférerait ne pas revêtir…

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mardi 10 avril 2018

L'Etat et l'Eglise séparés en 1905, Emmanuel Macron veut réparer le lien abîmé!

Emmanuel Macron, Président de la République

Sous la nef prestigieuse du collège des Bernardins, à  Paris, les 400 invités de la Conférence des évêques de France (CEF), triés sur le volet et représentant les forces vives du catholicisme. D'entrée de jeu, le président de la République, Emmanuel Macron déclare en s'adressant aux catholiques: `` Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l`Église et l`État s`est abîmé et qu`il nous importe à  vous comme à  moi de le réparer » (...) `` De l`Église, je n`attends pas de leçons », a-t-il ajouté, mais `` une sagesse d`humilité ».

Tollé à  gauche et extrême gauche. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure se sont exprimés dès lundi soir pour critiquer avec force le discours d`Emmanuel Macron devant la Conférence des évêques de France.

La gauche dénonce une atteinte à  la loi de séparation de l`Église et de l`État de 1905. L`opposition de gauche a accusé lundi 9 avril au soir Emmanuel Macron d'`` atteinte sans précédent » à  la laïcité après le souhait exprimé par le chef de l`État de `` réparer le lien abîmé » entre l`Église et l`État lors d`un discours devant la Conférence des évêques de France.

`` Le discours tenu par le président de la République […] est profondément contraire aux principes fondamentaux de la laïcité dont il devrait être le premier garant », a estimé le mouvement Génération. s fondé par Benoît Hamon. `` Il constitue un affront inédit et dangereux de la part d`un chef de l`État à  la loi de 1905. Que veut dire Emmanuel Macron lorsqu`il affirme que le 'lien entre la République et l`Église a été abîmé'? Fait-il référence au mariage et à  l`adoption pour tous ? » autorisé depuis l`adoption d`une loi sous le quinquennat précédent, a-t-il ajouté. `` Macron va trop loin. C`est irresponsable ! », a-t-il écrit sur son compte Twitter. `` Macron en plein délire métaphysique. Insupportable. On attend un président, on entend un sous-curé. »

Partisan d'une laïcité libérale "apaisée", hostile à  ce qui s'apparenterait à  une radicalité laïcarde, Emmanuel Macron se démarque de ses prédécesseurs à  l'Elysée, qu'ils aient été croyants ou pas, par un itinéraire fluctuant au sein de la communauté des croyants. Ni athée ni pratiquant, le président de la République a raconté comment, à  l'à¢ge de 12 ans, il a demandé le baptême contre l'avis de sa famille "de tradition plutà´t laïque". Un acte de rébellion qui le pousse dans une démarche spirituelle.

Emmanuel Macron, Président de la République

Discours du Président de la République devant les Évêques de France

Collège des Bernardins - Lundi 9 avril 2018

Monsieur le Ministre d`Etat,

Mesdames les ministres,

Mesdames, messieurs les parlementaires,

Monsieur le Nonce,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et messieurs les responsables des cultes,

Monseigneur,

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie vivement, Monseigneur, et je remercie la Conférence des Évêques de France de cette invitation à  m`exprimer ici ce soir, en ce lieu si particulier et si beau du Collège des Bernardins, dont je veux aussi remercier les responsables et les équipes.

Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, vous et moi bravé, les sceptiques de chaque bord. Et si nous l`avons fait, c`est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l`Eglise et l`Etat s`est abîmé, et qu`il nous importe à  vous comme à  moi de le réparer.

Pour cela, il n`est pas d`autre moyen qu`un dialogue en vérité.

Ce dialogue est indispensable, et si je devais résumer mon point de vue, je dirais qu`une Eglise prétendant se désintéresser des questions temporelles n`irait pas au bout de sa vocation ; et qu`un président de la République prétendant se désintéresser de l`Eglise et des catholiques manquerait à  son devoir.

L`exemple du colonel BELTRAME par lequel, Monseigneur, vous venez d`achever votre propos, illustre ce point de vue d`une manière que je crois éclairante.

Beaucoup, lors de la journée tragique du 23 mars, ont cherché à  nommer les ressorts secrets de son geste héroïque : les uns y ont vu l`acceptation du sacrifice ancrée dans sa vocation militaire ; les autres y ont vu la manifestation d`une fidélité républicaine nourrie par son parcours maçonnique ; d`autres enfin, et notamment son épouse, ont interprété son acte comme la traduction de sa foi catholique ardente, prête à  l`épreuve suprême de la mort.

Ces dimensions en réalité sont tellement entrelacées qu`il est impossible de les démêler, et c`est même inutile, car cette conduite héroïque c`est la vérité d`un homme dans toute sa complexité qui s`est livrée.

Mais dans ce pays de France qui ne ménage pas sa méfiance à  l`égard des religions, je n`ai pas entendu une seule voix se lever pour contester cette évidence, gravée au cœ“ur de notre imaginaire collectif et qui est celle-ci : lorsque vient l`heure de la plus grande intensité, lorsque l`épreuve commande de rassembler toutes les ressources qu`on a en soi au service de la France, la part du citoyen et la part du catholique brà»lent, chez le croyant véritable, d`une même flamme.

Je suis convaincu que les liens les plus indestructibles entre la nation française et le catholicisme se sont forgés dans ces moments où est vérifiée la valeur réelle des hommes et des femmes. Il n`est pas besoin de remonter aux bà¢tisseurs de cathédrales et à  Jeanne d`Arc : l`histoire récente nous offre mille exemples, depuis l`Union Sacrée de 1914 jusqu`aux résistants de 40, des Justes aux refondateurs de la République, des Pères de l`Europe aux inventeurs du syndicalisme moderne, de la gravité éminemment digne qui suivit l`assassinat du Père HAMEL à  la mort du colonel BELTRAME, oui, la France a été fortifiée par l`engagement des catholiques.

Disant cela, je ne m`y trompe pas. Si les catholiques ont voulu servir et grandir la France, s`ils ont accepté de mourir, ce n`est pas seulement au nom d`idéaux humanistes. Ce n`est pas au nom seulement d`une morale judéo-chrétienne sécularisée. C`est aussi parce qu`ils étaient portés par leur foi en Dieu et par leur pratique religieuse.

Certains pourront considérer que de tels propos sont en infraction avec la laïcité. Mais après tout, nous comptons aussi des martyrs et des héros de toute confession et notre histoire récente nous l`a encore montré, et y compris des athées, qui ont trouvé au fond de leur morale les sources d`un sacrifice complet. Reconnaître les uns n`est pas diminuer les autres, et je considère que la laïcité n`a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens.

Je suis, comme chef de l`Etat, garant de la liberté de croire et de ne pas croire, mais je ne suis ni l`inventeur ni le promoteur d`une religion d`Etat substituant à  la transcendance divine un credo républicain.

M`aveugler volontairement sur la dimension spirituelle que les catholiques investissent dans leur vie morale, intellectuelle, familiale, professionnelle, sociale, ce serait me condamner à  n`avoir de la France qu`une vue partielle ; ce serait méconnaître le pays, son histoire, ses citoyens ; et affectant l`indifférence, je dérogerais à  ma mission. Et cette même indifférence, je ne l`ai pas davantage à  l`égard de toutes les confessions qui aujourd`hui habitent notre pays.

Et c`est bien parce que je ne suis pas indifférent, que je perçois combien le chemin que l'Etat et l'Eglise partagent depuis si longtemps, est aujourd'hui semé de malentendus et de défiance réciproques.

Ce n`est certes pas la première fois dans notre histoire. Il est de la nature de l`Eglise d`interroger constamment son rapport au politique, dans cette hésitation parfaitement décrite par MARROU dans sa Théologie de l`histoire, et l`histoire de France a vu se succéder des moments où l`Eglise s`installait au cœ“ur de la cité, et des moments où elle campait hors-les-murs.

Mais aujourd'hui, dans ce moment de grande fragilité sociale, quand l`étoffe même de la nation risque de se déchirer, je considère de ma responsabilité de ne pas laisser s`éroder la confiance des catholiques à  l`égard de la politique et des politiques. Je ne puis me résoudre à  cette déprise. Et je ne saurais laisser s'aggraver cette déception.

C`est d`autant plus vrai que la situation actuelle est moins le fruit d`une décision de l`Eglise que le résultat de plusieurs années pendant lesquelles les politiques ont profondément méconnu les catholiques de France.

Ainsi, d`un cà´té, une partie de la classe politique a sans doute surjoué l`attachement aux catholiques, pour des raisons qui n`étaient souvent que trop évidemment électoralistes. Ce faisant, on a réduit les catholiques à  cet animal étrange qu`on appelle l``` électorat catholique » et qui est en réalité une sociologie. Et l`on a ainsi fait le lit d`une vision communautariste contredisant la diversité et la vitalité de l`Eglise de France, mais aussi l`aspiration du catholicisme à  l`universel - comme son nom l`indique - au profit d`une réduction catégorielle assez médiocre.

Et de l`autre cà´té, on a trouvé toutes les raisons de ne pas écouter les catholiques, les reléguant par méfiance acquise et par calcul au rang de minorité militante contrariant l`unanimité républicaine.

Pour des raisons à  la fois biographiques, personnelles et intellectuelles, je me fais une plus haute idée des catholiques. Et il ne me semble ni sain ni bon que le politique se soit ingénié avec autant de détermination soit à  les instrumentaliser, soit à  les ignorer, alors que c`est d`un dialogue et d`une coopération d`une toute autre tenue, d`une contribution d`un tout autre poids à  la compréhension de notre temps et à  l`action dont nous avons besoin pour faire que les choses évoluent dans le bon sens.

C`est ce que votre belle allocution a bien montré, Monseigneur. Les préoccupations que vous soulevez - et je tà¢cherai pour quelques-unes d`y répondre ou d`y apporter un éclairage provisoire - ces préoccupations ne sont pas les fantasmes de quelques-uns. Les questions qui sont les và´tres ne se bornent pas aux intérêts d`une communauté restreinte. Ce sont des questions pour nous tous, pour toute la nation, pour notre humanité toute entière.

Ce questionnement intéresse toute la France non parce qu`il est spécifiquement catholique, mais parce qu`il repose sur une idée de l`homme, de son destin, de sa vocation, qui sont au cœ“ur de notre devenir immédiat. Parce qu`il entend offrir un sens et des repères à  ceux qui trop souvent en manquent.

C`est parce que j`entends faire droit à  ces interrogations que je suis ici ce soir. Et pour vous demander solennellement de ne pas vous sentir aux marches de la République, mais de retrouver le goà»t et le sel du rà´le que vous y avez toujours joué.

Je sais que l`on a débattu comme du sexe des anges des racines chrétiennes de l`Europe. Et que cette dénomination a été écartée par les parlementaires européens. Mais après tout, l`évidence historique se passe parfois de tels symboles. Et surtout, ce ne sont pas les racines qui nous importent, car elles peuvent aussi bien être mortes. Ce qui importe, c`est la sève. Et je suis convaincu que la sève catholique doit contribuer encore et toujours à  faire vivre notre nation.

C`est pour tenter de cerner cela que je suis ici ce soir. Pour vous dire que la République attend beaucoup de vous. Elle attend très précisément si vous m`y autorisez que vous lui fassiez trois dons : le don de votre sagesse ; le don de votre engagement et le don de votre liberté.

L`urgence de notre politique contemporaine, c`est de retrouver son enracinement dans la question de l`homme ou, pour parler avec MOUNIER, de la personne. Nous ne pouvons plus, dans le monde tel qu`il va, nous satisfaire d`un progrès économique ou scientifique qui ne s`interroge pas sur son impact sur l`humanité et sur le monde. C`est ce que j`ai essayé d`exprimer à  la tribune des Nations unies à  New York, mais aussi à  Davos ou encore au Collège de France lorsque j`y ai parlé d`intelligence artificielle : nous avons besoin de donner un cap à  notre action, et ce cap, c`est l`homme.

Or il n`est pas possible d`avancer sur cette voie sans croiser le chemin du catholicisme, qui depuis des siècles creuse patiemment ce questionnement. Il le creuse dans son questionnement propre dans un dialogue avec les autres religions.

Questionnement qui lui donne la forme d`une architecture, d`une peinture, d`une philosophie, d`une littérature, qui toutes tentent, de mille manières, d`exprimer la nature humaine et le sens de la vie. `` Vénérable parce qu`elle a bien connu l`homme », dit PASCAL de la religion chrétienne. Et certes, d`autres religions, d`autres philosophies ont creusé le mystère de l`homme. Mais la sécularisation ne saurait éliminer la longue tradition chrétienne.

Au cœ“ur de cette interrogation sur le sens de la vie, sur la place que nous réservons à  la personne, sur la façon dont nous lui conférons sa dignité, vous avez, Monseigneur, placé deux sujets de notre temps : la bioéthique et le sujet des migrants.

Vous avez ainsi établi un lien intime entre des sujets que la politique et la morale ordinaires auraient volontiers traités à  part. Vous considérez que notre devoir est de protéger la vie, en particulier lorsque cette vie est sans défense. Entre la vie de l`enfant à  naître, celle de l`être parvenu au seuil de la mort, ou celle du réfugié qui a tout perdu, vous voyez ce trait commun du dénuement, de la nudité et de la vulnérabilité absolue. Ces êtres sont exposés. Ils attendent tout de l`autre, de la main qui se tend, de la bienveillance qui prendra soin d`eux. Ces deux sujets mobilisent notre part la plus humaine et la conception même que nous nous faisons de l`humain et cette cohérence s`impose à  tous.

Alors, j`ai entendu, Monseigneur, Mesdames et Messieurs, les inquiétudes montant du monde catholique et je veux ici tenter d`y répondre ou en tout cas de donner notre part de vérité et de conviction.

Sur les migrants, on nous reproche parfois de ne pas accueillir avec assez de générosité ni de douceur, de laisser s`installer des cas préoccupants dans les centres de rétention ou de refouler les mineurs isolés. On nous accuse même de laisser prospérer des violences policières.

Mais à  dire vrai, que sommes-nous en train de faire ? Nous tentons dans l`urgence de mettre un terme à  des situations dont nous avons hérité et qui se développent à  cause de l`absence de règles, de leur mauvaise application, ou de leur mauvaise qualité - et je pense ici aux délais de traitement administratif mais aussi aux conditions d`octroi des titres de réfugiés.

Notre travail, celai que conduit chaque jour le ministre d`Etat, est de sortir du flou juridique des gens qui s`y égarent et qui espèrent en vain, qui tentent de reconstruire quelque chose ici, puis sont expulsés, cependant que d`autres, qui pourraient faire leur vie chez nous, souffrent de conditions d`accueil dégradées dans des centres débordés.

C`est la conciliation du droit et de l`humanité que nous tentons. Le Pape a donné un nom à  cet équilibre, il l`a appelé `` prudence », faisant de cette vertu aristotélicienne celle du gouvernant, confronté bien sà»r à  la nécessité humaine d`accueillir mais également à  celle politique et juridique d`héberger et d`intégrer. C`est le cap de cet humanisme réaliste que j`ai fixé. Il y aura toujours des situations difficiles. Il y aura parfois des situations inacceptables et il nous faudra à  chaque fois ensemble tout faire pour les résoudre.

Mais je n`oublie pas non plus que nous portons aussi la responsabilité de territoires souvent difficiles où ces réfugiés arrivent. Nous savons que les afflux de populations nouvelles plongent la population locale dans l`incertitude, la poussent vers des options politiques extrêmes, déclenchent souvent un repli qui tient du réflexe de protection. Une forme d`angoisse quotidienne se fait jour qui crée comme une concurrence des misères.

Notre exigence est justement dans une tension éthique permanente de tenir ces principes, celui d`un humanisme qui est le nà´tre et de ne rien renoncer en particulier pour protéger les réfugiés, c`est notre devoir moral et c`est inscrit dans notre Constitution ; nous engager clairement pour que l`ordre républicain soit maintenu et que cette protection des plus faibles ne signifie pas pour autant l`anomie et l`absence de discernement car il y a aussi des règles qu`il faudra faire valoir et pour que des places soient trouvées, comme c`était dit tout à  l`heure, dans les centres d`hébergement, ou dans les situations les plus difficiles, il faut aussi accepter que prenant notre part de cette misère, nous ne pouvons pas la prendre tout entière sans distinction des situations et il nous faut aussi tenir la cohésion nationale du pays où parfois d`aucuns ne parlent plus de cette générosité que nous évoquons ce soir mais ne veulent voir que la part effrayante de l`autre, et nourrissent ce geste pour porter plus loin leur projet.

C`est bien parce que nous avons à  tenir ces principes, parfois contradictoires, dans une tension constante, que j`ai voulu que nous portions cet humanisme réaliste et que je l`assume pleinement devant vous.

Là  où nous avons besoin de votre sagesse c'est pour partout tenir ce discours d'humanisme réaliste c'est pour conduire à  l'engagement de celles et ceux qui pourront nous aider et c'est d'éviter les discours du pire, la montée des peurs qui continueront de se nourrir de cette part de nous car les flux massifs dont vous avez parlé que j'évoquais à  l'instant ne se tariront pas d'ici demain, ils sont le fruit de grands déséquilibres du monde.

Et qu'il s'agisse des conflits politiques, qu'il s'agisse de la misère économique et sociale ou des défis climatiques, ils continueront à  alimenter dans les années et les décennies qui viennent des grandes migrations auxquelles nous serons confrontés et il nous faudra continuer à  tenir inlassablement ce cap, à  constamment tenter de tenir nos principes au réel et je ne céderai en la matière ni aux facilités des uns ni aux facilités des autres. Car ce serait manquer à  ma mission.

Sur la bioéthique, on nous soupçonne parfois de jouer un agenda caché, de connaître d`avance les résultats d`un débat qui ouvrira de nouvelles possibilités dans la procréation assistée, ouvrant la porte à  des pratiques qui irrésistiblement s`imposeront ensuite, comme la Gestation Pour Autrui. Et certains se disent que l`introduction dans ces débats de représentants de l`Eglise catholique comme de l`ensemble des représentants des cultes comme je m`y suis engagé dès le début de mon mandat est un leurre, destiné à  diluer la parole de l`Eglise ou à  la prendre en otage.

Vous le savez, j`ai décidé que l`avis du Conseil consultatif national d`Ethique, Monsieur le président, n`était pas suffisant et qu`il fallait l`enrichir d`avis de responsables religieux. Et j`ai souhaité aussi que ce travail sur les lois bioéthiques que notre droit nous impose de revoir puisse être nourri d`un débat organisé par le CCNE mais où toutes les familles philosophiques religieuses, politiques, où notre société aura à  s`exprimer de manière pleine et entière.

C'est parce que je suis convaincu que nous ne sommes pas là  face à  un problème simple qui pourrait se trancher par une loi seule mais nous sommes parfois face à  des débats moraux, éthiques, profonds qui touchent au plus intime de chacun d'entre nous. J'entends l`Eglise lorsqu'elle se montre rigoureuse sur les fondations humaines de toute évolution technique ; j'entends votre voix lorsqu'elle nous invite à  ne rien réduire à  cet agir technique dont vous avez parfaitement montré les limites ; j'entends la place essentielle que vous donnez dans notre société, à  la famille - aux familles, oserais-je dire -, j'entends aussi ce souci de savoir conjuguer la filiation avec les projets que des parents peuvent avoir pour leurs enfants.

Nous sommes aussi confrontés à  une société où les formes de la famille évoluent radicalement, où le statut de l'enfant parfois se brouille et où nos concitoyens rêvent de fonder des cellules familiales de modèle traditionnel à  partir de schémas familiaux qui le sont moins.

J'entends les recommandations que formulent les instances catholiques, les associations catholiques, mais là  encore, certains principes énoncés par l'Eglise sont confrontés à  des réalités contradictoires et complexes qui traversent les catholiques eux-mêmes ; tous les jours, tous les jours les mêmes associations catholiques et les prêtres accompagnent des familles monoparentales, des familles divorcées, des familles homosexuelles, des familles recourant à  l'avortement, à  la fécondation in vitro, à  la PMA , des familles confrontées à  l'état végétatif d'un des leurs, des familles où l`un croit et l'autre non, apportant dans la famille la déchirure des choix spirituels et moraux, et cela je le sais, c'est votre quotidien aussi.

L`Eglise accompagne inlassablement ces situations délicates et tente de concilier ces principes et le réel. C'est pourquoi je ne suis pas en train de dire que l`expérience du réel défait ou invalide les positions adoptées par l'église ; je dis simplement que là  aussi il faut trouver la limite car la société est ouverte à  tous les possibles, mais la manipulation et la fabrication du vivant ne peuvent s'étendre à  l'infini sans remettre en cause l'idée même de l'homme et de la vie.

Ainsi le politique et l'Eglise partagent cette mission de mettre les mains dans la glaise du réel, de se confronter tous les jours à  ce que le temporel a, si j`ose dire, de plus temporel.

Et c`est souvent dur, compliqué, et exigeant et imparfait. Et les solutions ne viennent pas d`elles-mêmes. Elles naissent de l`articulation entre ce réel et une pensée, un système de valeur, une conception du monde. Elles sont bien souvent le choix du moindre mal, toujours précaire et cela aussi est exigeant et difficile.

C`est pourquoi en écoutant l`Eglise sur ces sujets, nous ne haussons pas les épaules. Nous écoutons une voix qui tire sa force du réel et sa clarté d`une pensée où la raison dialogue avec une conception transcendante de l`homme. Nous l`écoutons avec intérêt, avec respect et même nous pouvons faire nà´tres nombre de ses points. Mais cette voix de l`Eglise, nous savons au fond vous et moi qu`elle ne peut être injonctive. Parce qu`elle est faite de l`humilité de ceux qui pétrissent le temporel. Elle ne peut dès lors être que questionnante. Et sur tous ces sujets et en particulier sur ces deux sujets que je viens d`évoquer, parce qu`ils se construisent en profondeur dans ces tensions éthiques entre nos principes, parfois nos idéaux et le réel, nous sommes ramenés à  l'humilité profonde de notre condition.

L`Etat et l`Eglise appartiennent à  deux ordres institutionnels différents, qui n`exercent pas leur mandat sur le même plan. Mais tous deux exercent une autorité et même une juridiction. Ainsi, nous avons chacun forgé nos certitudes et nous avons le devoir de les formuler clairement, pour établir des règles, car c`est notre devoir d`état. Aussi le chemin que nous partageons pourrait se réduire à  n`être que le commerce de nos certitudes. Mais nous savons aussi, vous comme nous, que notre tà¢che va au-delà . Nous savons qu`elle est de faire vivre le souffle de ce que nous servons, d`en faire grandir la flamme, même si c`est difficile et surtout si c`est difficile.

Nous devons constamment nous soustraire à  la tentation d`agir en simples gestionnaires de ce qui nous a été confié. Et c`est pourquoi notre échange doit se fonder non sur la solidité de certaines certitudes, mais sur la fragilité de ce qui nous interroge, et parfois nous désempare. Nous devons oser fonder notre relation sur le partage de ces incertitudes, c`est-à -dire sur le partage des questions, et singulièrement des questions de l`homme.

C`est là  que notre échange a toujours été le plus fécond : dans la crise, face à  l`inconnu, face au risque, dans la conscience partagée du pas à  franchir, du pari à  tenter. Et c`est là  que la nation s`est le plus souvent grandie de la sagesse de l`Eglise, car voilà  des siècles et des millénaires que l`Eglise tente ses paris, et ose son risque. C`est par là  qu`elle a enrichi la nation.

C`est cela, si vous m`y autorisez, la part catholique de la France. C`est cette part qui dans l`horizon séculier instille tout de même la question intranquille du salut, que chacun, qu`il croie ou ne croie pas, interprétera à  sa manière, mais dont chacun pressent qu`elle met en jeu sa vie entière, le sens de cette vie, la portée qu`on lui donne et la trace qu`elle laissera.

Cet horizon du salut a certes totalement disparu de l`ordinaire des sociétés contemporaines, mais c`est un tort et l`on voit à  bien à  des signes qu`il demeure enfoui. Chacun a sa manière de le nommer, de le transformer, de le porter mais c`est tout à  la fois la question du sens et de l`absolu dans nos sociétés, que l`incertitude du salut apporte à  toutes les vies même les plus résolument matérielles comme un tremblé au sens pictural du terme, est une évidence.

Paul RICœ’UR, si vous m`autorisez à  le citer ce soir, a trouvé les mots justes dans une conférence prononcée à  Amiens en 1967 : `` maintenir un but lointain pour les hommes, appelons-le un idéal, en un sens moral, et une espérance, en un sens religieux».

Ce soir-là , face à  un public où certains avaient la foi, d`autres non, Paul RICœ’UR invita son auditoire à  dépasser ce qu`il appela `` la prospective sans perspective » avec cette formule qui, je n`en doute pas, nous réunira tous ici ce soir : `` Viser plus, demander plus. C`est cela l`espoir ; il attend toujours plus que de l`effectuable. »

Ainsi, l`Eglise n`est pas à  mes yeux cette instance que trop souvent on caricature en gardienne des bonnes mœ“urs. Elle est cette source d`incertitude qui parcourt toute vie, et qui fait du dialogue, de la question, de la quête, le cœ“ur même du sens, même parmi ceux qui ne croient pas.

C`est pour cela que le premier don que je vous demande est celui de l`humilité du questionnement, le don de cette sagesse qui trouve son enracinement de la question de l`homme et donc dans les questions que l`homme se pose.

Car c'est cela l'Eglise à  son meilleur ; c'est celle qui dit : frappez et l'on vous ouvrira, qui se pose en recours et en voix amie dans un monde où le doute, l'incertain, le changeant sont de règle ; où le sens toujours échappe et toujours se reconquiert ; c'est une église dont je n'attends pas des leçons mais plutà´t cette sagesse d'humilité face en particulier à  ces deux sujets que vous avez souhaité évoquer et que je viens d`esquisser en réponse parce que nous ne pouvons avoir qu'un horizon commun et en cherchant chaque jour à  faire du mieux, à  accepter au fond la part `` d'intranquillité » irréductible qui va avec notre action.

Questionner, ce n'est pas pour autant refuser d'agir ; c'est au contraire tenter de rendre l'action conforme à  des principes qui la précèdent et la fondent et c'est cette cohérence entre pensée et action qui fait la force de cet engagement que la France attend de vous. Ce deuxième don dont je souhaitais vous parler.

Ce qui grève notre pays - j'ai déjà  eu l'occasion de le dire - ce n'est pas seulement la crise économique, c'est le relativisme ; c'est même le nihilisme ; c'est tout ce qui laisse à  penser que cela n'en vaut pas la peine. Pas la peine d'apprendre, pas la peine de travailler et surtout pas la peine de tendre la main et de s'engager au service de plus grands que soit. Le système, progressivement, a enfermé nos concitoyens dans `` l'à  quoi bon » en ne rémunérant plus vraiment le travail ou plus tout à  fait, en décourageant l'initiative, en protégeant mal les plus fragiles, en assignant à  résidence les plus défavorisés et en considérant que l'ère postmoderne dans laquelle nous étions collectivement arrivés, était l'ère du grand doute qui permettait de renoncer à  toute absolu.

C'est dans ce contexte de décrue des solidarités et de l'espoir que les catholiques se sont massivement tournés vers l'action associative, vers l`engagement. Vous êtes aujourd'hui une composante majeure de cette partie de la Nation qui a décidé de s'occuper de l'autre partie - nous en avons vu des témoignages très émouvants tout à  l'heure - celle des malades, des isolés, des déclassés, des vulnérables, des abandonnés, des handicapés, des prisonniers, quelle que soit leur appartenance ethnique ou religieuse. BATAILLE appelait ça `` la part maudite » dans un terme qui a parfois été dénaturé mais qui est la part essentielle d'une société parce que c'est à  cela qu'une société, qu'une famille, qu`une vie se juge… à  sa capacité à  reconnaître celle ou celui qui a eu un parcours différent, un destin différent et à  s'engager pour lui. Les Français ne mesurent pas toujours cette mutation de l'engagement catholique ; vous êtes passés des activités de travailleurs sociaux à  celles de militants associatifs se tenant auprès de la part fragile de notre pays, que les associations où les catholiques s'engagent soient explicitement catholiques ou pas, comme les Restos du Cœ“ur.

Je crains que les politiques ne se soient trop longtemps conduits comme si cet engagement était un acquis, comme si c'était normal, comme si le pansement ainsi posé par les catholiques et par tant d'autres sur la souffrance sociale, dédouanait d'une certaine impuissance publique.

Je voudrais saluer avec infiniment de respect toutes celles et tous ceux qui ont fait ce choix sans compter leur temps ni leur énergie et permettez-moi aussi de saluer tous ces prêtres et ces religieux qui de cet engagement ont fait leur vie et qui chaque jour dans les paroisses françaises accueillent, échangent, œ“uvrent au plus près de la détresse ou des malheurs ou partagent la joie des familles lors des événements heureux. Parmi eux se trouvent aussi des aumà´niers aux armées ou dans nos prisons et je salue ici leurs représentants ; eux aussi sont des engagés. Et permettez-moi d'associer se faisant également tous les engagés des autres religions dont les représentants sont ici présents et qui partagent cette communauté d'engagement avec vous.

Cet engagement est vital pour la France et par-delà  les appels, les injonctions, les interpellations que vous nous adressez pour nous dire de faire plus, de faire mieux, je sais, nous savons tous, que le travail que vous accomplissez, n'est pas un pis-aller mais une part du ciment même de notre cohésion nationale. Ce don de l'engagement n'est pas seulement vital, il est exemplaire. Mais je suis venu vous appeler à  faire davantage encore car ce n'est pas un mystère, l'énergie consacrée à  cet engagement associatif a été aussi largement soustrait à  l'engagement politique.

Or je crois que la politique, si décevante qu'elle ait pu être aux yeux de certains, si desséchante parfois aux yeux d'autres, a besoin de l'énergie des engagés, de votre énergie. Elle a besoin de l'énergie de ceux qui donnent du sens à  l'action et qui placent en son cœ“ur une forme d'espérance. Plus que jamais, l'action politique a besoin de ce que la philosophe Simone WEIL appelait l'effectivité, c'est-à -dire cette capacité à  faire exister dans le réel les principes fondamentaux qui structurent la vie morale, intellectuelle et dans le cas des croyances spirituelles.

C'est ce qu'ont apporté à  la politique française les grandes figures que sont le Général de GAULLE, Georges BIDAULT, Robert SCHUMAN, Jacques DELORS ou encore les grandes consciences françaises qui ont éclairé l'action politique comme CLAVEL, MAURIAC, LUBAC ou MARROU et ce n'est pas une pratique théocratique ni une conception religieuse du pouvoir qui s'est fait jour mais une exigence chrétienne importée dans le champ laïc de la politique. Cette place aujourd'hui est à  prendre non parce qu'il faudrait à  la politique française son quota de catholiques, de protestants, de juifs ou de musulmans, non, ni parce que les responsables politiques de qualité ne se recruteraient que dans les rangs des gens de foi, mais parce que cette flamme commune dont je parlais tout à  l'heure à  propos d'Arnaud BELTRAME, fait partie de notre histoire et de ce qui toujours a guidé notre pays. Le retrait ou la mise sous le boisseau de cette lumière n'est pas une bonne nouvelle.

C'est pourquoi, depuis le point de vue qui est le mien, un point de vue de chef d'Etat, un point de vue laïc, je dois me soucier que ceux qui travaillent au cœ“ur de la société française, ceux qui s'engagent pour soigner ses blessures et consoler ses malades, aient aussi une voix sur la scène politique, sur la scène politique nationale comme sur la scène politique européenne. Ce à  quoi je veux vous appeler ce soir, c'est à  vous engager politiquement dans notre débat national et dans notre débat européen car votre foi est une part d'engagement dont ce débat a besoin et parce que, historiquement, vous l'avez toujours nourri car l'effectivité implique de ne pas déconnecter l'action individuelle de l'action politique et publique.

A ce propos, il me faut rappeler la clarté parfaite du texte proposé par la Conférence des évêques en novembre 2016 en vue de l'élection présidentielle, intitulé `` Retrouver le sens du politique ». J'avais fondé En Marche quelques mois plus tà´t et sans vouloir engager, Monseigneur, une querelle de droits d'auteur, j'y ai lu cette phrase dont la consonance avec ce qui a guidé mon engagement, m'a alors frappé ; il y était ainsi écrit - je cite - `` Nous ne pouvons pas laisser notre pays voir ce qui le fonde, risquer de s'abîmer gravement, avec toutes les conséquences qu'une société divisée peut connaître ; c'est à  un travail de refondation auquel il nous faut ensemble nous atteler ».

Recherche du sens, de nouvelles solidarités mais aussi espoir dans l'Europe ; ce document énumère tout ce qui peut porter un citoyen à  s`engager et s'adresse aux catholiques en liant avec simplicité la foi à  l'engagement politique par cette formule que je cite : `` Le danger serait d'oublier ce qui nous a construits ou à  l'inverse, de rêver du retour à  un à¢ge d'or imaginaire ou d'aspirer à  une église de purs et à  une contre-culture située en dehors du monde, en position de surplomb et de juges ».

Depuis trop longtemps, le champ politique était devenu un théà¢tre d'ombres et aujourd'hui encore, le récit politique emprunte trop souvent aux schémas les plus éculés et les plus réducteurs, semblant ignorer le souffle de l'histoire et ce que le retour du tragique dans notre monde contemporain exige de nous.

Je pense pour ma part que nous pouvons construire une politique effective, une politique qui échappe au cynisme ordinaire pour graver dans le réel ce qui doit être le premier devoir du politique, je veux dire la dignité de l'homme.

Je crois en un engagement politique qui serve cette dignité, qui la reconstruise où elle a été bafouée, qui la préserve où elle est menacée, qui en fasse le trésor véritable de chaque citoyen. Je crois dans cet engagement politique qui permet de restaurer la première des dignités, celle de pouvoir vivre de son travail. Je crois dans cet engagement politique qui permet de redresser la dignité la plus fondamentale, la dignité des plus fragiles ; celle qui justement ne se résout à  aucune fatalité sociale - et vous en avez été des exemples magnifiques tous les six à  l'instant - et qui considère que faire œ“uvre politique et d'engagement politique, c'est aussi changer les pratiques là  où on est de la société et son regard.

Les six voix que nous avons entendues au début de cette soirée, ce sont six voix d'un engagement qui a en lui une forme d'engagement politique, qui suppose qu'il n`est qu`à  poursuivre ce chemin pour trouver aussi d`autres débouchés, mais où à  chaque fois j'ai voulu lire ce refus d'une fatalité, cette volonté de s'occuper de l'autre et surtout cette volonté, par la considération apportée, d'une conversion des regards ; c'est cela l'engagement dans une société ; c`est donner de son temps, de son énergie, c`est considérer que la société n'est pas un corps mort qui ne serait modifiable que par des politiques publiques ou des textes, ou qui ne serait soumise qu'à  la fatalité des temps ; c'est que tout peut être changé si on décide de s'engager, de faire et par son action de changer son regard ; par son action, de donner une chance à  l'autre mais aussi de nous révéler à  nous-mêmes, que cet autre transforme.

On parle beaucoup aujourd'hui d'inclusivité ; ce n'est pas un très joli mot et je ne suis pas sà»r qu'il soit toujours compris par toutes et tous. Mais il veut dire cela ; ce que nous tentons de faire sur l`autisme, sur le handicap, ce que je veux que nous poursuivions pour restaurer la dignité de nos prisonniers, ce que je veux que nous poursuivions pour la dignité des plus fragiles dans notre société, c`est de simplement considérer qu'il y a toujours un autre à  un moment donné de sa vie, pour des raisons auxquelles il peut quelque chose ou auxquelles il ne peut rien, qui a avant tout quelque chose à  apporter à  la société. Allez voir une classe ou une crèche où nous étions il y a quelques jours, où l'on place des jeunes enfants ayant des troubles autistiques et vous verrez ce qu'ils apportent aux autres enfants ; et je vous le dis Monsieur, ne pensez pas simplement qu'on vous aide… nous avons vu tout à  l'heure dans l'émotion de votre frère tout ce que vous lui avez apporté et qu'aucun autre n'aurait pu apporter. Cette conversion du regard, seul l'engagement la rend possible et au cœ“ur de cet engagement, une indignation profonde, humaniste, éthique et notre société politique en a besoin. Et cet engagement que vous portez, j'en ai besoin pour notre pays comme j'en ai besoin pour notre Europe parce que notre principal risque aujourd'hui, c'est l'anomie, c'est l'atonie, c'est l'assoupissement.

Nous avons trop de nos concitoyens qui pensent que ce qui est acquis, est devenu naturel ; qui oublient les grands basculement auxquels notre société et notre continent sont aujourd'hui soumis ; qui veulent penser que cela n'a jamais été autrement, oubliant que notre Europe ne vit qu`au début d'une parenthèse dorée qui n'a qu'un peu plus de 70 ans de paix, elle qui toujours avait été bousculée par les guerres ; où trop de nos concitoyens pensent que la fraternité dont on parle, c'est une question d'argent public et de politique publique et qu'ils n'y auraient pas leur part indispensable.

Tous ces combats qui sont au cœ“ur de l'engagement politique contemporain, les parlementaires ici présents les portent dans leur part de vérité, qu'il s'agisse de lutter contre le réchauffement climatique, de lutter pour une Europe qui protège et qui revisite ses ambitions, pour une société plus juste. Mais ils ne seront pas possibles si à  tous les niveaux de la société, ils ne sont accompagnés d'un engagement politique profond ; un engagement politique auquel j'appelle les catholiques pour notre pays et pour notre Europe.

Le don de l'engagement que je vous demande, c'est celui-ci : ne restez pas au seuil, ne renoncez pas à  la République que vous avez si fortement contribué à  forger ; ne renoncez pas à  cette Europe dont vous avez nourri le sens ; ne laissez pas en friche les terres que vous avez semées ; ne retirez pas à  la République la rectitude précieuse que tant de fidèles anonymes apportent à  leur vie de citoyens. Il y a au cœ“ur de cet engagement dans notre pays a besoin la part d'indignation et de confiance dans l'avenir que vous pouvez apporter.

Cependant, pour vous rassurer, ce n'est pas un enrà´lement que je suis venu vous proposer et je suis même venu vous demander un troisième don que vous pouvez faire à  la Nation, c'est précisément celui de votre liberté.

Partager le chemin, ce n'est pas toujours marcher du même pas ; je me souviens de ce joli texte où Emmanuel MOUNIER explique que l'Eglise en politique a toujours été à  la fois en avance et en retard, jamais tout à  fait contemporaine, jamais tout à  fait de son temps ; cela fait grincer quelques dents mais il faut accepter ce contretemps ; il faut accepter que tout dans notre monde n'obéisse pas au même rythme et la première liberté dont l'Eglise peut faire don, c'est d'être intempestive.

Certains la trouveront réactionnaire ; d`autres sur d'autres sujets bien trop audacieuse. Je crois simplement qu'elle doit être un de ces points fixes dont notre humanité a besoin au creux de ce monde devenu oscillant, un de ces repères qui ne cèdent pas à  l'humeur des temps. C'est pourquoi Monseigneur, Mesdames et Messieurs, il nous faudra vivre cahin-caha avec votre cà´té intempestif et la nécessité que j'aurai d'être dans le temps du pays. Et c'est ce déséquilibre constant que nous ferons ensemble cheminer.

`` La vie active, disait GREGOIRE, est service ; la vie contemplative est une liberté ». Je voudrais ce soir en rappelant l'importance de cette part intempestive et de ce point fixe que vous pouvez représenter, je voudrais ce soir avoir une pensée pour toutes celles et tous ceux qui se sont engagés dans une vie recluse ou une vie communautaire, une vie de prière et de travail. Même si elle semble pour certains à  contretemps, ce type de vie est aussi l'exercice d'une liberté ; elle démontre que le temps de l'église n'est pas celui du monde et certainement pas celui de la politique telle qu'elle va - et c'est très bien ainsi.

Ce que j'attends que l'Eglise nous offre, c'est aussi sa liberté de parole.

Nous avons parlé des alertes lancées par les associations et par l'épiscopat ; je songe aussi aux monitions du pape qui trouve dans une adhésion constante au réel de quoi rappeler les exigences de la condition humaine ; cette liberté de parole dans une époque où les droits font florès, présente souvent la particularité de rappeler les devoirs de l'homme envers soi-même, son prochain ou envers notre planète. La simple mention des devoirs qui s'imposent à  nous est parfois irritante ; cette voix qui sait dire ce qui fà¢che, nos concitoyens l'entendent même s'ils sont éloignés de l'Eglise. C'est une voix qui n'est pas dénuée de cette `` ironie parfois tendre, parfois glacée » dont parlait Jean GROSJEAN dans son commentaire de Paul, une foi qui sait comme peu d'autres subvertir les certitudes jusque dans ses rangs. Cette voix qui se fait tantà´t révolutionnaire, tantà´t conservatrice, souvent les deux à  la fois, comme le disait LUBAC dans ses `` Paradoxes », est importante pour notre société.

Il faut être très libre pour oser être paradoxal et il faut être paradoxal pour être vraiment libre. C'est ce que nous rappellent les meilleurs écrivains catholiques, de Maurice CLAVEL à  Alexis JENNI, de Georges BERNANOS à  Sylvie GERMAIN, de Paul CLAUDEL à  François SUREAU ; de François MAURIAC à  Florence DELAY, de Julien GREEN à  Christiane RANCE. Dans cette liberté de parole, de regard qui est la leur, nous trouvons une part de ce qui peut éclairer notre société.

Et dans cette liberté de parole, je range la volonté de l'Eglise d`initier, d'entretenir et de renforcer le libre dialogue avec l'islam dans le monde a tant besoin et que vous avez évoqué.

Car il n'est pas de compréhension de l'islam qui ne passe par des clercs comme il n'est pas de dialogue interreligieux sans les religions. Ces lieux en sont le témoin ; le pluralisme religieux est une donnée fondamentale de notre temps. Monseigneur LUSTIGER en avait eu l`intuition forte lorsqu'il a voulu faire revivre le Collège des Bernardins pour accueillir tous les dialogues. L`Histoire lui a donné raison. Il n'y a pas plus urgent aujourd'hui qu'accroître la connaissance mutuelle des peuples, des cultures, des religions ; il n'y a d'autres moyens pour cela que la rencontre par la voix mais aussi par les livres, par le travail partagé ; toutes choses dont Benoît XVI avait raconté l'enracinement dans la pensée cistercienne lors de son passage ici en 2008.

Ce partage s'exerce en pleine liberté, chacun dans ses termes et ses références ; il est le socle indispensable du travail que l'Etat de son cà´té doit mener pour penser toujours à  nouveaux frais, la place des religions dans la société et la relation entre religion, société et puissance publique. Et pour cela, je compte beaucoup sur vous, sur vous tous, pour nourrir ce dialogue et l'enraciner dans notre histoire commune qui a ses particularités mais dont la particularité est d'avoir justement toujours attaché à  la Nation française cette capacité à  penser les universels.

Ce partage, ce travail nous le menons résolument après tant d'années d'hésitations ou de renoncements et les mois à  venir seront décisifs à  cet égard.

Ce partage que vous entretenez est d'autant plus important que les chrétiens payent de leur vie leur attachement au pluralisme religieux. Je pense aux chrétiens d'Orient.

Le politique partage avec l'Eglise la responsabilité de ces persécutés car non seulement nous avons hérité historiquement du devoir de les protéger mais nous savons que partout où ils sont, ils sont l`emblème de la tolérance religieuse. Je tiens ici à  saluer le travail admirable accompli par des mouvements comme l'œ’uvre d'Orient, Caritas France et la communauté Sant'Egidio pour permettre l'accueil sur le territoire national des familles réfugiées, pour venir en aide sur place, avec le soutien de l`Etat.

Comme je l`ai dit lors de l'inauguration de l'exposition `` Chrétiens d'Orient » à  l'Institut du Monde arabe le 25 septembre dernier, l'avenir de cette partie du monde ne se fera pas sans la participation de toutes les minorités, de toutes les religions et en particulier les chrétiens d'Orient. Les sacrifier, comme le voudraient certains, les oublier, c'est être sà»r qu'aucune stabilité, aucun projet, ne se construira dans la durée dans cette région.

Il est enfin une dernière liberté dont l'Eglise doit nous faire don, c`est de la liberté spirituelle

Car nous ne sommes pas faits pour un monde qui ne serait traversé que de buts matérialistes. Nos contemporains ont besoin, qu`ils croient ou ne croient pas, d`entendre parler d`une autre perspective sur l`homme que la perspective matérielle.

Ils ont besoin d`étancher une autre soif, qui est une soif d`absolu. Il ne s`agit pas ici de conversion mais d`une voix qui, avec d`autres, ose encore parler de l`homme comme d`un vivant doté d`esprit. Qui ose parler d`autre chose que du temporel, mais sans abdiquer la raison ni le réel. Qui ose aller dans l`intensité d`une espérance, et qui, parfois, nous fait toucher du doigt ce mystère de l`humanité qu`on appelle la sainteté, dont le Pape François dit dans l`exhortation parue ce jour qu`elle est `` le plus beau visage de l`Eglise ».

Cette liberté, c`est celle d`être vous-mêmes sans chercher à  complaire ni à  séduire. Mais en accomplissant votre œ“uvre dans la plénitude de son sens, dans la règle qui lui est propre et qui depuis toujours nous vaut des pensées fortes, une théologie humaine, une Eglise qui sait guider les plus fervents comme les non-baptisés, les établis comme les exclus.

Je ne demanderai à  aucun de nos concitoyens de ne pas croire ou de croire modérément. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Je souhaite que chacun de nos concitoyens puisse croire à  une religion, une philosophie qui sera la sienne, une forme de transcendance ou pas, qu`il puisse le faire librement mais que chacune de ces religions, de ces philosophies puisse lui apporter ce besoin au plus profond de lui-même d`absolu.

Mon rà´le est de m'assurer qu'il ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire mais je lui demanderai de la même façon et toujours de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République. C'est cela la laïcité ni plus ni moins, une règle d`airain pour notre vie ensemble qui ne souffre aucun compromis, une liberté de conscience absolue et cette liberté spirituelle que je viens d'évoquer.

`` Une Eglise triomphant parmi les hommes ne devrait-elle pas s`inquiéter d`avoir déjà  tout compromis de son élection en ayant passé un compromis avec le monde ? »

Cette interrogation n`est pas mienne, ce sont mots de Jean-Luc MARION qui devraient servir de baume à  l`Eglise et aux catholiques aux heures de doute sur la place des catholiques en France, sur l`audience de l`Eglise, sur la considération qui leur est accordée.

L`Eglise n`est pas tout à  fait du monde et n`a pas à  l`être. Nous qui sommes aux prises avec le temporel le savons et ne devons pas essayer de l`y entraîner intégralement, pas plus que nous ne devons le faire avec aucune religion. Ce n`est ni notre rà´le ni leur place.

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mardi 13 mars 2018

Bénarès en Inde: Le discours de Macron avant son retour à  Paris !

Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi

Mesdames et Messieurs,

Je ne vais pas faire un long propos introductif puisque la plupart d`entre vous ou la totalité était présente depuis le début de ce déplacement en Inde, qui s`achève donc à  cet instant à  Bénarès.

Déplacement qui a permis d`avancer sur plusieurs sujets de fond et qui, je crois, a montré la force qu`il y avait dans la relation entre l`Inde et la France. Et la nature de l`accueil, l`enthousiasme inédit aux dires de nos hà´tes indiens aujourd`hui a manifesté quelque chose de très particulier à  l`endroit de notre pays, que je considère comme un signe fort l`intérêt pour la France et de la nouvelle étape dans le partenariat que nos deux pays peuvent aujourd`hui consolider.

Le premier élément sur lequel nous avons avancé qui était le premier objectif de ce déplacement, c`est le partenariat stratégique entre l`Inde et la France, un partenariat de sécurité collective pour toute la sous-région et en particulier évidemment l`océan Indien.

Sur ce sujet, nous avons non seulement confirmé des engagements passés, avec une volonté indienne de poursuivre dans le cadre des contrats actés, qu`il s`agisse des avions de combat ou des sous-marins.

Mais nous avons également défini des partenariats nouveaux, un partenariat stratégique renforcé, des échanges militaires, des échanges d`informations sensibles, une coopération satellitaire, une coopération cadre sur les moteurs d`avions de combat à  venir qui ont permis de passer une nouvelle étape et qui correspond bien au moment géopolitique que nous vivons.

L`Inde est aujourd`hui notre allié stratégique dans la sous-région et la France en tant que puissance de l`océan Indien et du Pacifique a tout intérêt à  assurer la stabilité de cet espace et d`éviter toute forme d`hégémonie qui viendrait le déséquilibrer. Je pourrai là  aussi revenir si vous le souhaitez sur tous les détails.

Le deuxième pilier de cet échange, de ce déplacement c'est évidemment la relation bilatérale. Celle-ci se structure à  mes yeux autour de quelques sujets fondamentaux, le premier ce sont nos coopérations en matière énergétique, j`y reviendrai sur le plan international. Nous avons - sur à  la fois le renouvelable et le nucléaire - passé une étape qui était très structurante. Et les deux sont cohérents avec une stratégie de réduction des émissions de CO² qu`a acté l`Inde.

Quand on veut décarboner son économie, on passe par le renouvelable mais qui demeure, je le rappelle, une énergie intermittente et par le nucléaire, la France étant à  cet égard un modèle, qui est une énergie qui permet de produire de l'électricité de manière non carbonée.

C'est à  ce titre que nous avons acté de nouveaux financements de l`Agence française de développement en matière justement de grands projets énergétiques, que nous avons tout à  l`heure inauguré un champ de solaire donc dans l`Uttar Pradesh, qui est un projet dans lequel la France a été partenaire avec l'entreprise ENGIE, et qui a permis dans un lot plus large de 600 mégawatts d'ouvrir 100 mégawatts, qui donnera des opportunités de travail à  environ 800 personnes.

Et à  cà´té de cela, nous avons passé une étape dans la coopération nucléaire, puisque sur le nucléaire civil nous avons posé les bases d'un accord industriel qui devra être donc finalisé dans les prochains mois par les opérateurs industriels eux-mêmes, mais qui acte justement de ce partenariat, ses termes stratégiques et qui permettra à  EDF - sous réserve des finalisation à  négocier dans les mois qui viennent - de déployer 6 EPR à  Jaitapur, ce qui est une étape extrêmement importante dans le cadre de cette stratégie.

Au-delà  du sujet de l'énergie et en parfaite cohérence avec celui-ci, c'est une stratégie commune en termes de mobilité nouvelle et de villes intelligentes. L'Inde s`est lancée dans un grand programme de villes intelligentes parce que l`une des grandes transformations dans ce pays continent, c`est le fait que dans les prochaines années, le nombre d'urbains va doubler. L'Inde va passer d'environ 410 millions d'habitants vivant en ville à  un peu plus de 820 millions.

Il est donc indispensable d'accompagner cette transition et la France a toutes les qualités pour le faire. Nous avons des groupes et des grands groupes internationaux qui sont structurés dans tout ce qui correspond à  l`offre des villes nouvelles et des villes intelligentes, qu'il s'agisse de la construction, des transports, de la maintenance des transports, du traitement des eaux usées jusqu'au logiciel de gestion des villes intelligentes.

Nous avons donc acté les trois villes qui étaient attribuées à  l`offre française, nous allons aller au-delà . Nous avons d'ores et déjà  lancé des projets très structurants de mobilité, en particulier financés par l'Agence française de développement, qui impliquent là  aussi plusieurs de nos acteurs, Delhi - Chandigarh étant un exemple parfait de ces nouvelles mobilités avec une ligne qui sera ouverte et qui permettra là  aussi de penser ces nouvelles mobilités et de les mettre en œ“uvre.

Et donc sur l'ensemble de cette famille de sujets, la France est présente et apparaît comme l'un des partenaires stratégiques de l'Inde. Nous allons donc poursuivre le travail, qu`il s`agisse des entreprises de transport, des Smart Cities et ce que le Forum des dirigeants d'entreprise que nous avons conclu avec le Premier ministre MODI a permis de consacrer.

Le troisième élément clé de cette relation bilatérale, ce sont les échanges de personnes et, donc, l'éducation, la culture, les liens académiques et de recherche. Nous avons en effet de nombreuses opportunités à  saisir pour aller plus loin, d'abord en développant davantage le français en Inde, il y a 500.000 apprenant, nous pouvons - et c`est notre objectif - doubler dans les prochaines années le nombre d`apprenants.

Le réseau d'alliance française est vivace, mais nous souhaitons le développer encore, lui donner plus de moyens, renforcer l'offre scolaire dans le pays et réussir à  multiplier nos initiatives pour arriver à  1 million d`apprenants.

Cela passe aussi par une plus grande visibilité de la France et un travail d'explication de ce que permet la France et l'accès à  la francophonie, c'est-à -dire l'accès à  des marchés nouveaux, l'accès à  des géographies que ne permet pas forcément la langue anglaise, ce que je me suis employé à  faire durant tout ce déplacement.

Et je crois qu`à  cet égard, l'attraction pour la France, ce goà»t de France que nous avons pu voir est un élément important que nous allons cristalliser à  travers les initiatives qui seront prises en la matière.

Donner davantage d`attractivité à  la France, c`est aussi renforcer nos liens culturels et humains. C`est pourquoi je nous ai fixés l`objectif dans les 2 années à  venir de doubler le nombre d'étudiants indiens venant justement poursuivre leurs études en France.

Nous sommes aujourd'hui à  5.000, ce qui est très faible parce que les Indiens ont historiquement choisi beaucoup plus d`aller ou en Grande-Bretagne et même en Allemagne. Je souhaite que nous puissions le doubler au moins, c`est aussi pour cela que nous avions fait venir avec nous les universités comme les grandes écoles.

Cela passe également par des filières que nous allons structurer ensemble et cet objectif, nous l'avons acté dans la feuille de route commune avec le Premier ministre MODI. Nous avons aussi défini plusieurs partenariats de recherche, qui permettront des échanges entre nos chercheurs et entrepreneurs.

Nous avons lancé un programme de Young Leaders, qui a permis d'identifier des talents Indiens, la réciproque sera vraie, en leur donnant des opportunités en France avec des accès facilités, soit pour leurs travaux de recherche soit pour le développement de leur entreprise, ce qui contribue d`une stratégie complète justement d`une plus grande attractivité pour la France et d`un déploiement de ses relations personnelles.

La culture et la gastronomie sont aussi des leviers importants, la délégation qui m'accompagnait en témoignait à  elle seule. Et je souhaite que nous puissions aller plus loin et le Premier ministre MODI s`est montré très allant sur ce sujet, en développant les liens entre notre cinéma et Bollywood, ce qui nous donnera à  la fois des opportunités économiques sur lesquelles s'est fortement engagé le Premier ministre, encore tout à  l`heure lorsque j`ai échangé avec lui, mais ce qui permet aussi de défendre deux grands cinémas non-anglo-saxons au monde.

Et je crois que c`est important pour développer un imaginaire conjoint, Bollywood est extrêmement actif, développe énormément de projets, est porteur d'un imaginaire indien qui s'est ouvert au monde, rayonne d'ailleurs dans toute la région comme dans la région Golfe. Et je crois qu'il est important pour nous stratégiquement, je crois beaucoup moi à  cette stratégie culturelle et de l'imaginaire, d'être des partenaires de Bollywood et de développer aussi la présence du cinéma français en Inde, comme les options de tournage dans nos deux pays, comme il est important - et je le dis en présence de Jean-Claude CARRIERE qui l`a fondée, de développer justement nos relations en termes de formation sur le plan cinématographique, la FEMIS étant considérée comme une école de référence à  ce titre.

Les opérations que nous avons conduites ces derniers mois en termes de gastronomie ont montré toute la vitalité de cette relation, en tout cas la curiosité réciproque. Et donc nous allons continuer à  développer cela parce que nous sommes ici dans une grande puissance agroalimentaire, où la capacité à  développer la gastronomie française est aussi un levier de développement, de relations humaines mais également économiques.

Ensuite, je souhaite que nous puissions intensifier les liens culturels, c'est pour ça que des éditeurs, des écrivains, des artistes, des créateurs de mode français m`accompagnaient et que j`ai pu voir hier soir dans l`atelier de Subodh GUPTA nombre d`équivalents indiens, parce que je pense que c`est très important qu`il y ait une fertilisation croisée, en tout cas des échanges beaucoup plus intenses entre nos artistes, les imaginaires ne sont pas voisins mais ils ont des choses à  se dire. Et je considère pour ma part que c`est un élément de la relation stratégique extrêmement important, qui permet à  tous niveaux de créer des ponts entre nos cultures, mais également des opportunités.

Ce déplacement a également permis d'avoir des échanges multiples et d'envoyer aussi des éléments clairs d`intérêt profond que nous portons à  l`égard de ce qui compose l`Inde dans sa pluralité. J`ai pu rencontrer l`écrivain Arundhati ROY il y a deux jours à  Delhi, nous avons eu un échange artistique et politique. J'ai pu me rendre hier donc au Taj Mahal pour voir ce qui est l'un des héritages de la période moghole et, donc, de l'art islamique dans ce pays. Et nous avons passé une partie de la journée avec nombre d`entre vous dans une ville emblématique de l`hindouisme et d`une autre racine culturelle, civilisationnelle même de ce pays.

Ces différents visages montrent la variété de l'Inde, ce qui est aussi sa force, ce qui doit nous conduire à  une humidité constante quand on aborde un tel pays, ce qui nourrit la fascination mais me conforte dans l`idée que la France a beaucoup à  faire, elle qui sait penser la complexité et qui sait la faire vivre avec un pays comme l'Inde.

Enfin, nous avons pu hier matin lancer l'Alliance Solaire Internationale avec le Premier ministre MODI, qui a acté un engagement pris lancé par l`Inde en 2015 ; et que nous avions conforté ensemble en juin dernier à  Paris lorsque le Premier ministre MODI m'avait rendu visite.

Cette Alliance Solaire Internationale qui a un peu plus de 100 pays signataires a pour objectif de produire un térawattheure d'énergie solaire, mobiliser 1.000 milliards de dollars de financement. C`est un objectif qui est réalisable si la mobilisation est à  hauteur des signataires et de ce que nous avons commencé à  démontrer hier, avec la volonté d'avoir des projets concrets et, donc, d'ouvrir une bourse de projets en ligne, les 100 premiers sont déjà  identifiés, de démultiplier les financements publics et privés.

Et à  ce titre, nous nous sommes dit avec le Premier ministre MODI justement que nous allions dans la foulée à  la fois de ce Sommet et du One Planet Summit le 12 décembre dernier mobiliser les philanthropes qui ont acté justement de leur pleine application.

Et cela suppose une mobilisation en termes de formation, l'exemple des Solar Mamas que nous avons eu hier était emblématique au premier chef, comme en termes de développement de la recherche fondamentale comme appliquée, parce que la recherche c`est ce qui permet de baisser drastiquement le coà»t de l`énergie solaire comme de toutes les énergies.

Sur ce sujet, je considère que c'est une mobilisation extrêmement importante, qui est à  la fois efficace sur le plan économique et juste sur le plan social et climatique.

Voilà  ce que je souhaitais en quelques mots rappeler de ces trois jours de déplacement qui, je crois, ont consolidé une relation ancienne entre nos deux pays, m`ont permis également d`ouvrir une phase peut-être encore plus chargée d'émotion, de liens personnels et d'un nouveau visage que la France a décidé de prendre.

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samedi 10 mars 2018

Emmanuel Macron en Inde: Déclaration conjointe Franco-Indienne !

Emmanuel Macron, Président de la République et le Premier ministre Narendra Modi

Emmanuel Macron et son épouse Brigitte sont arrivés vendredi soir en Inde pour une visite de trois jours.

Déclaration conjointe franco-indienne à  l`occasion de la visite d`État du Président Emmanuel Macron en Inde.

1. à€ l`invitation du Premier ministre Shri Narenda MODI, M. Emmanuel Macron, Président de la République française, s`est rendu en visite d`État en Inde du 10 au 12 mars 2018. Les deux dirigeants ont coprésidé le premier sommet de l`Alliance solaire internationale qui s`est tenu le 11 mars 2018 à  New Delhi. Ils ont eu des discussions constructives sur un grand nombre de sujets et souligné la convergence croissante des positions de leurs deux pays sur les questions régionales et internationales.

2. à€ l`occasion du vingtième anniversaire du partenariat stratégique entre la France et l`Inde, le premier partenariat stratégique mis en place par l`Inde, les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de de lui donner un nouvel élan et encore plus d`ampleur en organisant des sommets biannuels entre le Président de la République française et le Premier ministre indien. Les deux dirigeants sont convenus d`approfondir et de renforcer les liens bilatéraux, qui reposent sur des valeurs et principes communs de démocratie, de liberté, de primauté du droit et de respect des droits de l`homme.

3. Rappelant les sacrifices courageux consentis par les soldats français et indiens durant la Première Guerre mondiale, le Premier ministre Modi a exprimé la volonté que l`Inde participe aux cérémonies de clà´ture du centenaire de la Première Guerre mondiale qui auront lieu à  Paris le 11 novembre 2018. Il a également salué l`organisation à  cette occasion du Forum pour la Paix à  Paris. Le Président Macron a remercié le Premier ministre Modi du soutien de l`Inde à  cette initiative.

I. Partenariat stratégique

4. Les dirigeants se sont félicités de la signature de l`Accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de l`Inde relatif à  l`échange et à  la protection réciproque des informations classifiées ou protégées, qui reflète le haut niveau de confiance stratégique entre les deux pays. Les deux parties sont également convenues d`instaurer un dialogue annuel en matière de défense au niveau ministériel.

5. Les deux dirigeants ont salué l`interaction croissante des deux pays dans le domaine maritime, en vue d`une coopération accrue dans la région de l`océan Indien. à€ cet égard, ils se sont félicités de la signature d`une Vision stratégique commune de la coopération franco-indienne dans la région de l`océan Indien, qui servira de fil conducteur à  ce partenariat. Ils ont réaffirmé le rà´le essentiel de cette coopération pour maintenir la sécurité des voies maritimes internationales, en vue d`assurer des échanges commerciaux et des communications sans entrave conformément au droit international, de lutter contre le terrorisme et la piraterie maritimes, de renforcer la surveillance du domaine maritime et les capacités, et de mieux coordonner leur action au sein des instances régionales et internationales dans la région.

6. Les deux dirigeants se sont félicités de la signature de l`Accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de l`Inde relatif au soutien logistique réciproque entre leurs forces armées qui vise à  accorder un soutien logistique pour l`accès des forces armées françaises et indiennes aux installations réciproques des deux pays. Cet accord est emblématique de la profondeur et de la maturité stratégiques de la relation entre la France et l`Inde en matière de défense.

7. Les deux dirigeants ont souligné l`importance des exercices militaires réguliers conjointement menés entre les deux pays. Ils ont salué la réussite de l`exercice naval Varuna mené en France en avril 2017, et de l`exercice terrestre Shakti mené en France en janvier 2018. Les deux parties attendent avec intérêt le prochain exercice naval Varuna, qui aura lieu en Inde dans les semaines à  venir et l`exercice aérien Garuda prévu en France en 2019. Les deux parties ont affirmé leur intention de rehausser le niveau de leurs exercices militaires conjoints tout en maintenant leur niveau de qualité opérationnelle à  l`avenir.

8. Les deux dirigeants ont noté avec satisfaction les progrès, conformes au calendrier prévu, de la mise en œ“uvre des accords relatifs aux acquisitions, y compris l`accord signé en 2016 pour l`avion de combat Rafale. Ils ont également noté la mise en service de l`INS Kalvari, le premier sous-marin Scorpene fabriqué en Inde par le chantier naval Mazagon Dock Ltd., en collaboration avec le chantier naval français Naval Group.

9. Ils ont souhaité poursuivre leurs discussions sur le développement et l`approfondissement des partenariats industriels de défense en cours. Ils reconnaissent que l`initiative Make in India offre une opportunité intéressante pour les entreprises françaises et indiennes du secteur de la défense d`entrer dans des accords de codéveloppement et de coproduction d`équipements de défense en Inde, y compris à  travers le transfert de savoir-faire et de technologies, au bénéfice mutuel de toutes les parties. Dans ce contexte, les dirigeants ont salué les divers accords industriels entre entreprises françaises et indiennes et réaffirmé leur engagement à  en faciliter de nouveaux.

10. Les dirigeants ont noté les discussions en cours entre Safran et le DRDO sur un moteur pour avion de combat, et ont encouragé l`adoption des mesures nécessaires et une approche proactive pour permettre leur conclusion rapide.

11. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur ferme condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, y compris le terrorisme transfrontalier et les actes terroristes en France et en Inde. Ils ont également rappelé que le terrorisme ne saurait en aucun cas être justifié et qu`il ne peut être associé à  aucune religion, croyance, nationalité ou ethnie. Rappelant la déclaration conjointe sur le terrorisme adopté par les deux pays en janvier 2016, les deux dirigeants ont réaffirmé leur ferme détermination à  éradiquer le terrorisme partout où il se manifeste. Ils ont estimé d`un commun accord que la communauté internationale devait redoubler d`efforts pour enrayer le financement du terrorisme et ont salué l`organisation par le Gouvernement français d`une conférence internationale pour la lutte contre le financement du terrorisme à  Paris en avril 2018.

12. Ils ont également appelé tous les pays à  agir pour détruire les refuges et les infrastructures terroristes, démanteler les réseaux terroristes, bloquer leurs canaux de financement et mettre fin aux mouvements transfrontaliers de groupes tels qu`Al-Qaïda, Daech, Jaish-e-Mohammed,Hizb-ul Mujahideen, Lashkar-e-Taiba et leurs affiliés, ainsi que des groupes terroristes qui menacent la paix et la sécurité en Asie du Sud et dans la région du Sahel.

13. Au-delà  de la poursuite de l`excellente coopération en place entre les forces d`intervention (GIGN et NSG) et les services d`investigation des deux pays, les deux dirigeants sont convenus d`approfondir la coopération opérationnelle entre les organismes français et indien de lutte contre le terrorisme et de lancer une nouvelle coopération afin de prévenir et de lutter contre la radicalisation, notamment sur l`internet. Ils sont convenus de renforcer la lutte anti-terroriste au sein des instances multilatérales telles que les Nations Unies, le Forum mondial de lutte contre le terrorisme, le Groupe d'action financière internationale et le G20. Ils ont appelé tous les États membres des Nations Unies à  mettre en œ“uvre la résolution 1267 du Conseil de sécurité et les autres résolutions pertinentes désignant des entités terroristes. Ils sont également convenus d`œ“uvrer ensemble à  l`adoption rapide de la Convention générale sur le terrorisme international aux Nations Unies.

14. Ils se sont félicités de la conclusion d`un Accord sur la prévention de la consommation illicite et la réduction du trafic illicite de stupéfiants, de substances psychotropes et de leurs précurseurs chimiques entre les deux pays, qui vise à  mettre en place une coopération institutionnelle efficace et à  endiguer le trafic transnational de stupéfiants, qui contribue entre autres au financement du terrorisme.

Coopération nucléaire civile

15. Dans le prolongement de l`accord de 2008 pour le développement des utilisations pacifiques de l`énergie nucléaire entre l`Inde et la France, ainsi que de la feuille de route de coopération de janvier 2016, les deux dirigeants ont noté avec satisfaction la conclusion d`un Accord industriel entre EDF et NPCIL en vue de la mise en œ“uvre de six réacteurs nucléaires à  Jaitapur, dans le Maharashtra en Inde.

16. Les deux dirigeants ont réaffirmé l`objectif de débuter les travaux sur le site de Jaitapur fin 2018 et ont encouragé EDF et NPCIL à  accélérer les négociations contractuelles y afférent. Une fois achevé, le projet de Jaitapur constituera la plus grande centrale nucléaire du monde avec une capacité totale de 9,6 GW. En sus de la fourniture d`énergie renouvelable, elle permettra à  l`Inde d`atteindre son objectif de 40 % d`énergie non fossile d`ici à  2030. Dans ce contexte, ils ont souligné la nécessité d`aboutir à  une production d`électricité rentable, d`assurer un financement économe et compétitif du cà´té français, de garantir un approvisionnement en combustible fiable, ininterrompu et constant sur toute la durée de vie des centrales nucléaires de Jaitapur, et de coopérer en matière de transferts de technologie et de localisation d`unités de fabrication rentables en Inde. Ce dernier point comprend le transfert de droits de brevet, à  établir d`un commun accord.

17. Ils se sont félicités de la compréhension commune entre les deux parties au sujet de la mise en œ“uvre de la réglementation indienne relative à  la responsabilité civile en cas de dommages nucléaires applicable au projet Jaitapur. La compréhension commune repose sur la loi de 2010 relative à  la responsabilité civile en cas de dommages nucléaires, sur les réglementations de 2011 relatives à  la responsabilité civile en cas de dommages nucléaires, et sur le respect par les lois et réglementations indiennes de la convention sur la compensation additionnelle des dommages nucléaires, régulièrement ratifiée et notifiée à  l`AIEA.

18. Les deux dirigeants se sont félicités des échanges réguliers entre les agences de l`énergie atomique de leurs deux pays et de leur collaboration croissante dans le cadre d`activités scientifiques et de formation mutuellement avantageuses liées aux usages pacifiques de l`énergie nucléaire, en particulier la coopération entre le CEA/INSTN et le DAE/GCNEP. Ils se sont également félicités des rapports établis de longue date entre leurs autorités de régulation nucléaire, l`Autorité de sà»reté nucléaire (ASN) en France et l`Atomic EnergyRegulatoryBoard(AERB) en Inde, et de la poursuite de leur action conjointe qui favorise le partage d`expériences précieuses, de bonnes pratiques et de nouveaux acquis en lien avec la sà»reté nucléaire et les questions réglementaires.

Coopération spatiale

19. Construisant sur les liens historiques exceptionnels entre les deux pays dans le secteur des programmes spatiaux civils, les deux dirigeants ont adopté une Vision commune de la coopération spatiale entre la France et l`Inde qui précise les domaines concrets de la coopération à  venir dans ce domaine. Ils ont noté, en particulier, de la coopération en cours entre leurs agences spatiales en vue de la réalisation de la mission Trishna, troisième mission satellitaire conjointe destinée au suivi de la pression sur les écosystèmes et de l`utilisation des eaux, ainsi que de l`accueil d`un instrument français à  bord du satellite indien Oceansat-3.

II. Coopération économique, éducative, scientifique et technique, culturelle et entre les peuples

20. Le Président Macron et le Premier ministre MODI ont noté avec satisfaction la profondeur des liens entre les deux pays, en particulier dans les secteurs de l`économie, de l`éducation, des sciences, de la culture et du tourisme.

21. Ils se sont félicités de la signature d`un Accord bilatéral de partenariat en matière de migration et de mobilité, qui facilitera la mobilité étudiante et professionnelle entre la France et l`Inde en simplifiant les conditions d`entrée et de long séjour dans les deux pays.

22. Le Président Macron et le Premier ministre Modi ont salué le rà´le des échanges entre les sociétés civiles des deux pays et ont souligné la nécessité de développer les programmes d`échange pour la jeunesse afin de promouvoir la compréhension mutuelle des cultures. à€ cet effet, ils se sont félicités du lancement d`un programme franco-indien pour l`avenir, initiative française destinée à  promouvoir les échanges de jeunes, essentiels à  l`approfondissement futur des liens entre la France et l`Inde.

Échanges économiques

23. Les deux dirigeants ont noté avec satisfaction l`implication de sociétés françaises dans plusieurs projets partenariaux nouveaux ou en cours dans le secteur de la fabrication en Inde. Ils se sont félicités de la vitalité du développement des activités de recherche et développement réalisées par ces sociétés en Inde. Ils ont également souligné l`attractivité de la France pour les investisseurs indiens.

24. Les deux parties ont noté avec satisfaction la croissance du commerce bilatéral au cours de la période récente et ont exprimé le souhait de voir cette dynamique se poursuivre dans l`objectif de porter les échanges de biens à  15 milliards d`euros d`ici à  2022. Ils ont encouragé les PME et les sociétés de taille intermédiaire à  jouer un rà´le croissant dans les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays. Tout en réaffirmant leur engagement de faciliter la mise en place d`un environnement propice au développement des échanges bilatéraux et des investissements, ils ont :

- souligné l`importance d`un dialogue régulier et durable en matière de coopération économique dans le cadre de la Commission mixte franco-indienne ;

- accueilli avec satisfaction les nouvelles recommandations présentées par les coprésidents du CEO Forum, qui s`est tenu à  Delhi en marge de la visite.

25. Les deux dirigeants ont souligné l`importance de la tenue d`un dialogue annuel au niveau ministériel afin d`approfondir la coopération dans les domaines économique et financier.

Coopération éducative, scientifique et technique

26. Les deux dirigeants ont noté avec satisfaction l`existence d`une coopération éducative dynamique dans le cadre gouvernemental et entre les universités et établissements d`enseignement et ont encouragé ces derniers à  accroître en nombre et en qualité les échanges d`étudiants, dans le but de parvenir à  10.000 étudiants d`ici à  2020. Ils ont, à  cet égard, salué la signature d`un Accord de reconnaissance mutuelle des diplà´mes qui facilitera la poursuite des études supérieures d`étudiants français en Inde et d`étudiants indiens en France et favorisera leur employabilité. Ils ont également salué la tenue du KnowledgeSummit, première conférence franco-indienne sur la recherche et l`enseignement supérieur, les 10 et 11 mars 2018 à  New Delhi.

27. Reconnaissant que le développement des compétences constitue une priorité essentielle pour les deux pays, les deux dirigeants ont salué l`importance du rà´le joué par les entreprises françaises en Inde dans la formation et le renforcement des compétences de la main-d`œ“uvre indienne, et ont encouragé ces entreprises à  s`impliquer davantage dans ce secteur. Les deux parties attendent avec intérêt la création de nouveaux liens et la conclusion d`accords formels entre les structures et organismes de formation des deux pays.

28. Les deux dirigeants ont reconnu avec satisfaction le rà´le joué par le Centre franco-indien pour la promotion de la recherche avancée (CEFIPRA) et l`ont félicité à  l`occasion de son trentième anniversaire, célébré en 2017. Ils ont encouragé le CEFIPRA à  élargir son rà´le grà¢ce à  la mise en place d`un continuum interactif alliant la recherche aux besoins du marché et de la société, en établissant un lien entre les découvertes de la recherche fondamentale et leurs applications technologiques. Afin d`élargir l`ampleur et le contenu de la coopération bilatérale en matière de sciences, de technologie et d`innovation, ils ont souligné la nécessité de réunir le Comité mixte sur les sciences et techniques en 2018.

Échanges culturels

29. Les deux dirigeants ont applaudi la réussite du festival `` Namasté France » organisé en 2016, qui avait réuni 83 manifestations dans 41 villes de France et mis ainsi en lumière le patrimoine culturel indien en France, ainsi que la réussite de la troisième édition de `` Bonjour India » qui a vu la réalisation de 300 projets dans 33 villes d`Inde. Ils ont salué la tenue des festivités `` India@70 » organisées tout au long de l`année par l`Inde en France.

30. Reconnaissant l`importance de la littérature dans la promotion de relations amicales entre les deux pays, les deux dirigeants se sont félicités de la participation de l`Inde en tant qu`invité d`honneur au 42e Salon du livre de Paris en 2020. Réciproquement, la France sera l`invitée d`honneur de la Foire internationale du livre de New Delhi en 2022.

31. Le Président Macron et le Premier ministre Modi ont noté avec satisfaction la forte hausse des échanges touristiques entre les deux pays (+ 69 % de touristes indiens en France depuis 2014). Les deux pays se fixent pour objectif d`atteindre un million de touristes indiens en France et 335.000 touristes français en Inde d`ici à  2020.

III. Partenariat pour la planète

32. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement de lutter contre le changement climatique sur la base des principes de justice climatique, d`amélioration de la résilience climatique et d`un développement à  faible émission de gaz à  effet de serre. Ils se sont engagés à  mettre pleinement en œ“uvre l`Accord de Paris pendant et après la COP24, conformément à  la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et dans le cadre d`un processus mondial irréversible de lutte contre les changements climatiques pour le bien de toute l`humanité. Ils ont souligné la contribution positive du One Planet Summit, tenu à  Paris le 12 décembre 2017, dans la réalisation de cet objectif.

33. Le Président français a remercié le Premier ministre indien pour le soutien de l`Inde à  l`initiative visant à  œ“uvrer en faveur d`un Pacte mondial pour l`environnement.

Alliance solaire internationale

34. Les deux dirigeants se sont félicités de l`entrée en vigueur de l`Accord-cadre de l`Alliance solaire internationale (ASI) et se sont réjouis de coprésider le sommet inaugural de l`ASI le 11 mars 2018 à  New Delhi. Ils ont souligné leur engagement en faveur de l`élargissement et de l`approfondissement de projets et de programmes concrets sous l`égide de l`ASI, en vue de mobiliser des financements abordables au service d`un déploiement massif de l`énergie solaire.

Énergies renouvelables

35. Les deux dirigeants ont réaffirmé que le renforcement de la coopération technologique entre la France et l`Inde dans le domaine des énergies renouvelables était une priorité commune visant à  encourager l`émergence et la diffusion de l`innovation dans tous les secteurs. Ils ont souligné qu`il importait de mobiliser des fonds publics et privés à  l`appui du déploiement de l`énergie solaire. Ils ont, à  cet égard, salué la mise en place au sein de l`Alliance solaire internationale d`un comité international des Chambres de commerce et d`industrie et la volonté du MEDEF, du SER, de la FICCI et de la CII, entre autres, d`en faire partie.

Mobilité durable

36. Les deux dirigeants ont noté que des moyens de transport efficaces et à  faible émission de gaz à  effet de serre constituent une condition essentielle du développement et de la croissance économique de la France et de l`Inde. Ils ont rappelé les vastes ambitions des deux pays en matière de mobilité électrique. à€ cet égard, ils se sont félicités de la signature d`une Déclaration d`intention entre le ministère français de la Transition écologique et solidaire et le NITI Aayog, qui sera appuyée par une assistance technique française fournie par l`Agence française de développement (AFD).

37. Les deux dirigeants ont réaffirmé l`engagement des deux pays en faveur du renforcement de leur coopération dans le domaine ferroviaire et ont noté avec satisfaction de l`achèvement de l`étude de fiabilité sur la modernisation de la ligne de voyageurs Delhi-Chandigarh en semi-grande vitesse et de l`étude sur la rénovation des gares d`Ambala et de Ludhiana. Les deux parties sont convenues que les discussions techniques à  venir sur l`accroissement de la vitesse sur le tronçon DelhiChandigarh devront nécessairement prendre en compte les enjeux liés à  la fréquentation de ce tronçon et l`importance du trafic de fret. Les deux dirigeants se sont également félicités de la mise en place d`un Forum ferroviaire permanent franco-indien regroupant le ministère français de la Transition écologique et solidaire et la SNCF, d`une part, et le ministère indien des Chemins de fer, de l`autre, en vue d`ouvrir la voie à  une coopération industrielle entre les deux pays.

Villes intelligentes

38. Le Président Macron et le Premier ministre Modi ont noté avec satisfaction l`excellence de la coopération franco-indienne en matière de villes durables et intelligentes, caractérisée par de nombreux projets de partage d`innovations et par des collaborations fructueuses entre acteurs français et indiens. Ils ont salué le programme de coopération exemplaire en matière de Ville intelligente mené dans les trois villes de Chandigarh, Nagpur et Pondichéry, ainsi que la reconduction du programme d`assistance technique de l`AFD dans le cadre de cette mission. Ils se sont félicités de la signature d`un Accord de prêt de 100 millions d`euros entre l`AFD et le Gouvernement indien en appui à  la mission `` Villes intelligentes ».

IV. Renforcement des convergences stratégiques mondiales

39. En tant que partenaires stratégiques, les deux pays ont des avis convergents sur des questions régionales et mondiales essentielles, se consultent et coordonnent étroitement leurs actions sur les questions d`intérêt commun.

40. La France a réaffirmé son soutien à  la candidature de l'Inde à  un statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. La France et l`Inde partagent les mêmes préoccupations et objectifs en matière de non-prolifération des armes de destruction massive.

41. La France a salué l`adhésion de l`Inde au MTCR en juin 2016, à  l'Arrangement de Wassenaar en décembre 2017 et au Groupe Australie en janvier 2018. Le Premier ministre Modi a remercié le Président Macron pour le rà´le moteur joué par la France afin de permettre l`adhésion de l`Inde à  l`Arrangement de Wassenaar. Il a également remercié la France d`avoir soutenu l`adhésion de l`Inde au Groupe Australie. Afin de renforcer à  l`avenir les régimes de non-prolifération à  l`échelle mondiale, la France a réaffirmé son soutien ferme et actif à  la recherche d`un consensus parmi les membres de ces régimes au sujet de l`adhésion de l`Inde au Groupe des fournisseurs nucléaires, reconnaissant que cette adhésion renforcerait les buts et les objectifs de ces régimes.

42. Les deux dirigeants ont estimé d`un commun accord que la poursuite des programmes nucléaires et balistiques de la RPDC, ainsi que leur prolifération, menaçaient gravement la paix et la sécurité internationales, et ont appelé à  une dénucléarisation totale, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne, entérinée par la RPDC. Les deux parties ont souligné la nécessité d`amener ceux qui soutiennent ou ont soutenu les programmes nucléaires et de missiles de la RPDC à  rendre des comptes. Ils ont également souligné l`importance de l`unité de la communauté internationale face à  ce défi pour faire en sorte que toutes les sanctions décidées par le Conseil de sécurité des Nations Unies soient pleinement mises en œ“uvre par l`ensemble de la communauté internationale, afin d`exercer la pression la plus forte possible en vue d`une solution pacifique et globale par le dialogue.

43. La France et l`Inde ont réaffirmé leur soutien à  la poursuite de la pleine mise en œ“uvre du Plan d`action global commun signé entre l`Iran et les E3+3. Ils ont reconnu que l`Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait confirmé que l`Iran respectait les engagements en matière nucléaire qui découlent pour lui de ce Plan. Les deux pays ont appelé à  l`application intégrale et effective de cet accord approuvé par le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui constitue une contribution essentielle au régime de non-prolifération ainsi qu`à  la paix, à  la stabilité et à  la sécurité internationales. Ils ont appelé toutes les parties à  mettre pleinement en œ“uvre la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

44. Les deux dirigeants ont réaffirmé la primauté du processus de Genève mené par les Nations Unies en vue d`une résolution globale et pacifique du conflit syrien grà¢ce à  un processus politique ouvert à  tous et mené par les Syriens, tenant compte des aspirations légitimes du peuple syrien. La protection des civils et l`accès à  l`aide humanitaire sont fondamentaux, et il est attendu de toutes les parties au conflit et de ceux qui les soutiennent qu`ils respectent leurs engagements. Les deux dirigeants ont affirmé qu`il ne saurait y avoir aucune solution militaire au conflit et que l`intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie devaient être protégées. Ils ont également mis l`accent sur l`importance de l`OIAC et souligné que les armes chimiques ne devaient en aucun cas être employées.

45. Les deux dirigeants ont réitéré leur soutien au partenariat stratégique entre l`Union européenne et l`Inde, qui repose sur des principes et des valeurs communes ainsi que sur leur engagement en faveur d`un ordre international fondé sur le droit. Ils ont estimé d`un commun accord que l`Inde et l`UE devaient approfondir leur coopération sur les questions multilatérales et de sécurité, ainsi que sur les questions relatives à  l`économie, aux échanges commerciaux et au changement climatique, et ont accueilli favorablement les résultats du 14e Sommet UE-Inde tenu à  New Delhi le 6 octobre 2017. Ils ont exprimé leur soutien aux efforts menés par les deux parties pour relancer rapidement les négociations en vue d`un accord global sur le commerce et les investissements, mutuellement avantageux, entre l`UE et l`Inde.

46. La France et l`Inde ont reconnu l`importance de la connectivité à  l`ère de la mondialisation. Ils ont souligné que les initiatives dans ce domaine devaient reposer sur les principes essentiels du droit international, de bonne gouvernance, de primauté du droit, d`ouverture et de transparence, être conformes aux normes sociales et environnementales, aux principes de responsabilité financière et aux pratiques responsables de financement de la dette, et être mises en œ“uvre de manière à  respecter les principes de souveraineté et d`intégrité territoriale.

47. La France et l`Inde s`engagent à  mettre en œ“uvre les décisions du G20 et à  agir de concert avec ses autres membres afin de parvenir à  une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive.

48. Les deux dirigeants ont réaffirmé le rà´le essentiel d`un système commercial multilatéral fondé sur des règles et l`importance de promouvoir un commerce libre, équitable et ouvert en faveur d`une croissance et d`un développement durables. Ils ont réaffirmé leur volonté d`agir de concert avec tous les membres de l`OMC, ce qui réaffirmerait le rà´le central d`un système commercial multilatéral fondé sur des règles et son importance pour des échanges commerciaux ouverts et inclusifs.

49. La France et l`Inde sont désireuses d`œ“uvrer ensemble à  améliorer l`architecture mondiale de gouvernance économique et financière, à  réduire les déséquilibres mondiaux excessifs, à  favoriser un développement inclusif et interconnecté et faire face aux défis mondiaux communs tels que le terrorisme, la pauvreté, la faim, la création d`emplois, les changements climatiques, la sécurité énergétique et les inégalités, notamment les inégalités entre les sexes, pour poser les fondements d`un développement durable.

50. La France et l`Inde partagent un même intérêt à  coopérer et à  collaborer en faveur de la stabilité et de la prospérité de l`Afrique, notamment dans le cadre d`initiatives de développement telles que des programmes de renforcement des capacités et des projets conjoints. S`appuyant sur leur premier dialogue sur l`Afrique, qui a eu lieu en juin 2017 à  Paris, les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de mettre en œ“uvre des projets communs sur le terrain. Ils se sont également félicités de la création de la force conjointe G5 Sahel qui témoigne de la volonté des États d`Afrique de prendre en charge leur propre sécurité pour faire face à  la menace terroriste ainsi qu`aux graves problèmes que pose la criminalité organisée transnationale dans la région.

51. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur soutien à  l`Association des États riverains de l'océan Indien (IORA) et aux valeurs qu`elle promeut. Ils s`engagent tous deux à  contribuer activement à  la réalisation de ses priorités.

52. Dans le but d`élargir le spectre de ces convergences, il a été convenu d`instaurer des dialogues officiels et réguliers entre experts sur l`Asie de l`Est et le Moyen-Orient. Un dialogue annuel en matière de prospective a également été mis en place entre les deux ministères des Affaires étrangères.

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mercredi 21 février 2018

France: Emmanuel Macron félicite Cyril Ramaphosa, le nouveau président d`Afrique du Sud

Le Président Emmanuel Macron, Président de la République.

Le Président de la République a appelé mardi 20 février, M. Cyril Ramaphosa, nouveau Président d`Afrique du Sud, pour le féliciter pour son élection. Les deux Présidents se sont accordés pour travailler dès à  présent au renforcement de la relation bilatérale et à  un engagement commun dans la lutte contre le changement climatique. Le Président de la République a assuré M. Ramaphosa de sa volonté de faire de l`Afrique du Sud un partenaire majeur pour une approche renouvelée des liens entre l`Afrique et la France. Le Président de la République a invité M. Rampahosa à  se rendre prochainement en France.

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jeudi 21 décembre 2017

Immigration : Macron "a été vallsisé", dit Hamon

Bénoit Hamon à  Bercy lors de la campagne présidentielle 2017

L'ancien candidat PS à  la présidentielle Benoît Hamon, fondateur du mouvement "Générations.s", juge sévèrement jeudi dans un entretien au Parisien la politique migratoire d'Emmanuel Macron, estimant qu'il "a été 'vallsisé".

En pleine polémique sur la politique migratoire du gouvernement, Benoît Hamon, qui vient de lancer son mouvement Génération.s, dénonce des mesures `` inhumaines ».

Le Parisien: La circulaire Collomb sur le `` tri » des migrants a créé une importante polémique. Qu'en pensez-vous ?

Benoît Hamon: Emmanuel Macron, parce que c'est sa décision, pas celle de Gérard Collomb, remet en cause un droit fondamental : celui, pour toute personne en situation de détresse, de pouvoir être hébergée. On ne peut pas, comme le fait Macron, faire de grands discours, évoquer l'héritage des Lumières et parallèlement abattre ce droit fondamental. Ces personnes, en situation de grande détresse, n'iront plus dans ces centres d'hébergement de peur d'y être attrapées, expulsées. Simplement parce que ces lieux deviennent des pièges à  migrants.

Le Parisien: Manuel Valls a affirmé que cette politique était le prolongement de ce que lui avait engagé comme Premier ministre...

Benoît Hamon: à‡a correspond, en effet, à  la vision de Manuel Valls. Macron a été vallsisé sur les questions d'immigration. Il faut reconnaître à  Valls une honnêteté que Macron n'a pas. Valls a dénoncé la politique d'hospitalité à  l'égard des migrants portée par Merkel. Macron, lui, l'applaudit, et finalement fait du Valls. Macron est malhonnête sur ces questions. Sa politique est malveillante à  l'égard de ceux qui sont les plus vulnérables. Ce que fait Macron, Sarkozy n'a même pas osé le faire ! Voilà  où nous en sommes.

Le Parisien: Comment résoudre cette crise ?

Benoît Hamon: Au sein de Génération.s, nous proposons de créer plus de places dans les Cada (NDLR : centres d'accueil des demandeurs d'asile), dans les centres d'hébergement d'urgence (NDLR : mesure annoncée par le gouvernement), de faciliter le passage de ces centres vers les logements très sociaux. Également d'autoriser les demandeurs d'asile à  travailler au bout de trois mois.

Le Parisien: La solution doit aussi être pensée à  l'échelle européenne ?

Benoît Hamon: L'essentiel des moyens consacrés par l'Europe sont des moyens de police aux frontières. On se débarrasse du problème. L'Europe doit abonder le fonds vert pour le climat par la taxe sur les transactions financières pour résoudre la question des migrations climatiques. Elle devrait décider d'avoir une politique au niveau européen de visas humanitaires, de remettre en cause les accords de Dublin (NDLR : un migrant doit faire sa demande d'asile dans le premier pays par lequel il entre en Europe). On se défausse en permanence sur les mêmes pays, alors que nous devrions assumer collectivement une politique migratoire, répartie entre tous. La France doit avoir un rà´le de leadership, être exemplaire en la matière. Or, aujourd'hui, il n'y a exemplarité ni en termes d'hospitalité ni en termes de droits de l'homme.

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