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lundi 6 juillet 2020

Affaire Israël Kaseya: Un jeune banquier de 31 ans, lanceur d'alerte contre la Banque Nigériane "Access Bank" terroriste et blanchisseuse d'argent sale, croupit à la prison de Makala !

Affaire Israël Kaseya: Un jeune banquier de 31 ans, lanceur d'alerte contre la Banque Nigériane "Access Bank" terroriste et blanchisseuse d'argent sale, croupit à la prison de Makala !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Access  Banque Mafia 2.jpg, juil. 2020

Le panafricanisme de Kwame Nkumah soutenu par Patrice Eméry Lumumba et d'autres, est à la fois une vision sociale, économique, culturelle et politique d'émancipation des Africains et un mouvement qui vise à unifier les Africains du continent et de la diaspora africaine en une communauté africaine globale.

Un Congolais peut-il faire arrêter un Nigérian au Nigéria ? Pourquoi Israël Kaseya, un jeune banquier Congolais de 31 ans, qui a un CV élogieux, pour avoir lancé l’alerte contre les pratiques mafieuses et magouilleuses d'Access Bank, pour mieux piller ses clients, est non seulement licencié mais aussi jeté en prison à Makala, comme un va-nu-pieds ?

Son épouse enceinte a été violentée dans sa chambre à coucher, ses deux petites filles traumatisées, le décompte final d'Israël Kaseya ravi sans aménagement. C'est aussi ça l'Etat de droit claironné par Angwalima Tshilombo ?

Access Bank, la banque nigériane à Kinshasa finira-t-elle par fermer ses portes ? Mafieuse et agent du terrorisme au Congo-Kinshasa, Access Bank est mafieuse. Plus de 20 entreprises furtives qui œuvrent dans le terrorisme ont leurs comptes à Access Bank en toute impunité. Nos fins limiers parlent de plus de 25 millions de dollars américains qu' Access Bank a volé sur les comptes de ses clients. Arinze, le Directeur général d'Access Bank en République démocratique du Congo, est un mafieux rançonneur qui serait à la base de la faillite de plusieurs entreprises congolaises dont : Congo frais, Congo matériaux, Galilée...

Israël Kaseya, banquier et lanceur d'alerte n'aurait jamais pris le courage de porter plainte contre des pratiques mafieuses d'Access Bank de Kinshasa auprès du numéro 1 de la banque, Herbert Wige, le pdg d'Access Bank à Lagos, s'il était coupable ! La plainte contre Access Bank a été déposée en date du 13 mai 2020, mais jusqu'au 18 mai, Israël Kaseya allait travailler à sa banque, comme si de rien n'était, afin de finaliser les procédures avec la banque... Il n' y a jamais eu tentative de fuite de la part d'Israël Kaseya.

Comment Access Bank procède-t-elle pour mieux piller et appauvrir les Congolais. Elle miroite des crédits à la consommation. Les Congolais qui y croient tombent dans le piège. Ils hypothèquent leurs biens immobiliers, Access Bank enclenche des vrais de remboursement qui dépassent la somme accordée par la banque.

C'est un certain "Marlon Mupepele" du service juridique d'Access Bank qui est le garçon de course d'Arinze, le corrompu-corrupteur de la justice congolaise. C'est lui qui est en contact permanent avec le procureur général, Pascal Mukonkole Katambwa (Matricule 504.610) et l'avocat général, Christophe Kongolo Bin Muamba (Matricule 505.606) au parquet général de kinshasa-Gombé. Dès qu'il y a une affaire Access Bank, les deux magistrats corrompus entrent dans la danse ? Ils sont soudoyés par Access Bank pour condamner systématiquement les clients de cette banque nigériane et lui donner raison. Access Bank se constitue maintenant un patrimoine immobilier important dans la capitale congolaise. Fruits de la rapine.

Les étrangers se mettent en relation avec des juges congolais corrompus pour mieux piller le Congo et ses enfants.

Le Congo n'a-t-il pas des dignes fils et filles qui peuvent être banquiers au pays ? Ne pas prendre conscience qu'Israël Kaseya a mis en jeu sa vie, en dénonçant les magouilles d'Access Bank au Congo, serait une erreur.

A 31 ans, on a mieux à faire que de croupir en prison !

Rappelons que sous M'zée Laurent-Désiré Kabila, 300 magistrats corrompus étaient virés de la magistrature. Aubin Minaku était parmi ces magistrats virés. La justice congolaise fait fuir des investisseurs au Congo, elle est corrompue jusqu'à la moelle épinière. Access Bank, la mafieuse banque Nigériane a trouvé dans la justice congolaise, une alliée de taille pour couvrir la mafia, blanchiment d'argent et le terrorisme international des Nigérians en République démocratique du Congo. Dossier à suivre !

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dimanche 15 juin 2008

RDC: Combattre la corruption qui sous-tend la Mafia, est-ce possible?

Vue aérienne d'une partie de la commune de la Gombé à  Kinshasa, siège des Institutions de la République Démocratique du Congo

Comme une trainée de poudre la nouvelle a fait le tour du monde et les Congolais dans leur majorité ont trouvé inacceptable qu'un Libanais séquestre les élus du peuple. Dimanche 15 juin dernier, en présence des Ambassadeurs accrédités en République Démocratique du Congo, La plénière de la chambre basse qui marquait aussi la fin de la session parlementaire de mars a été houleuse au Palais du Peuple à  Kinshasa. Le rapport de la commission Roger Lumbala sur la séquestration des députés Gécoco Mulumba Kongolo wa Kongolo, Francis Kalombo a révélé être le gros mensonge à  la manière de pinocchio. En effet, "le député provincial Gérard Mulumba (Gekoko) aurait vu le Président de l'Assemblée Provinciale Roger Nsingi pour lui signifier qu'il avait reçu des coups de fil des étudiants de l'Académie des Beaux arts et de l'IBTP non identifiés lui disant que la société libanaise ZAIDAN installée dans les locaux de la RENAPI polluait l'air. Le Président de l'assemblée provinciale sans vérifier l'information, établira un ordre de mission aux noms de trois personnes de l'assemblée. Gérard Mulumba prendra seul cet ordre de mission semant les deux autres personnes qui devaient l'accompagner. Arrivé sur les lieux, ce dernierse verra interdire l'accès des installations, il restera immobilisé dans son véhicule d'où il appellera son ami Francis Kalombo. Francis Kalombo se fera accompagner d'une deuxième personne et l'accès leur sera aussi interdite, c'est en ce moment que Francis Kalombo contactera les services de la PIR qui, arrivés sur les lieux, se verront aussi interdire l'accès. Ces derniers ont du escalader le mur pour entrer. Ils achemineront toutes ces personnes à  la PIR pour audition. le député Gecoco Mulumba n`en était pas à  sa première visite chez le Libanais Zaidan. "Une pre­mière fois, le député AMP aurait truandé le Libanais en lui soutirant la somme de 25.000 dol­lars américains. L'incident de la séquestration est dà» au fait que le li­banais n`était pas disposé à  céder à  ce qui paraissait à  ses yeux comme un chan­tage. C`est ainsi que lors­que le député est arrivé, le libanais a laissé bel et bien entrer mais lui a fait aussi ­tà´t comprendre que cette fois, il ne céderait point et qu`il n`allait pas le laisser retourner chez lui". Dépassons le trafic d'influence de part et d'autres, les coups de fils des uns et les interventions des autres. Réfléchissons ensemble sur la corruption dans un Etat. Un Etat peut-il basculer de la corruption à  la Maffia? Comment éviter à  la République Démocratique du Congo de tomber dans ce piège?

Dans son ouvrage intitulé "Combattre la corruption", Robert KLITGAARD- traduit de l'américain par Bernard Vincent, Nouveaux Horizons, 1997- pense que la corruption est due à  la conjugaison " des trois facteurs suivants: situation de MONOPOLE plus pouvoir DISCRETIONNAIRE moins RESPONSABILITE publique. " IL formule "ce type de préméditation délictueuse" par l'équation suivante: C=M+D-R.

Le pouvoir politique implique le pouvoir de manger. La manducation étant l'essence du politique africain, cela explique pourquoi "la politique du ventre", "l'économie de prédation" sont, d'après Jean François BAYART, les prédicats ontologiques de l'Etat en Afrique subsaharienne. La politique du ventre a aussi des arrières-plans métaphysiques: l'obésité et la fortune du chef sont des preuves a posstériori que la nature ou le ciel a ratifié son pouvoir. Ainsi, à  "l'ethos de la manducation" il doit associer "la munifence", car "redistribuées", les ressources amassées fournissent au prestige de l'homme au pouvoir et font de lui" un homme d'honneur". S'il n'est pas munificent en soi, le chef a intérêt à  le devenir. Sa sécurité en dépend. La corruption, la prédation Un Etat corrompu est, peut-on le dire avec Platon, celui "où des gueux et des gens affamés de richesses personnelles viennent aux affaires publiques, persuadés que c'est là  qu'ils doivent faire leur main, il n'y a pas de bon gouvernement possible; car ils se battent pour commander et cette guerre intestine les perd, eux et tout l'Etat."( Platon, la République, livre VII, 521a, Paris, Denoà«l/Gonthier, 1977). Lorsque la corruption investit le moeurs politiques, économiques, administratives d'un Etat, elle se déploie comme une machine dont l'engrenage écrase les éléments résistants. Dans une gouvernance corrompue, les citoyens intègres sont des pièces impropres au mécanisme d'une machine qui, pour eux, tourne à  l'envers.

Une gouvernance corrompue est politiquement déterminée par l'action prédatrice d'une faune vorace et violente, constituée de dinosaures à  l'appétit financier gargantuesque, qui jettent aux orties les notions de bien commun et de droit de l'homme. La violence et l'arbitraire sont les principales caractéristiques des gouvernances corrompues. Soumis aux fluctuations des préférences appétitives des personnes au pouvoir et non au pouvoir impersonnel des lois, le peuple vit, dans une gouvernance corrompue, toutes les conséquences néfastes de la négation absolue du droit.

Dans une gouvernance corrompue, les familles mafieuses de l'Etat confisquent le pouvoir politique à  des fins d'exploitation personnelle des institutions. Pour atteindre leur objectif, les familles mafieuses d'un tel système tuent les libertés individuelles, d'où la violence dont toute gouvernance corrompue est nécessairement assortie. Un Etat corrompu est en fait une féodalité qui ne dit pas son nom. C'est pourquoi sa gestion des affaires publiques est fantaisiste. Elle consiste principalement à  privatiser le bien public ou à  présenter comme publics des intérêts réellement privés. Une politique corrompue est essentiellement contradictoire; elle oppose ce qui se dit à  ce qui se fait. Elle n'existe que dans le dédoublement et la confusion, notamment entre le bien en soi et le bien pour soi, l'intérêt général et l'intérêt particulier.

Dans une gouvernance corrompue, le clivage évidemment observé entre la norme officiellement en vigueur et la pratique politique et économique en vigueur s'explique par la prédominance, sur la scène politique et économique, des appétits des dinosaures financiers au pouvoir. Un appareil politique qui assure le triomphe effectif de l'anormal sur le normal, de l'officieux sur l'officiel, en entretenant l'opacité politique dans sa gestion des affaires publiques, en cultivant et en développant les magouilles, les passe-droits, les collusions et les prévarications de toutes sortes, est tout à  fait corrompu. Un Etat corrompu est un appareil politique qui fonctionne de façon antinomique, car il combat effectivement ses propres lois par une pratique politique cynique. Ce masochisme politique apparent s'explique par la contradiction qu'il y a entre les appétits politiques particuliers des corsaires au pouvoir et la constitution de l'Etat. Ainsi, pour confisquer l'essentiel des avantages politiques et économiques de l'Etat, les corsaires au pouvoir existent comme de véritables voyous politiques qui organisent dans l'administration des gangs de contrebandiers, avec pour rà´le de moissonner, à  leur profit, les dividendes politiques et économiques dont le pouvoir de l'Etat est assorti.

Lorsqu'un Etat est sous la détermination politique d'une oligarchie politique de corrompus, cela relativise la souveraineté d'un chef de l'Etat, car ce sont les membres de l'oligarchie qui définissent collégiallement le sens à  donner aux affaires publiques. L'orientation de celle-ci n'est certes pas, dans ces conditions motivée par les aspirations populaires, mais plutà´t par les intérêts du collège des seigneurs de la corruption. Si un chef de l'Etat ou du gouvernement jouit encore d'une quelconque souveraineté par rapport aux autres citoyens, il la perd dans son rapport aux membres d'une oligarchie dont il n'est qu'un primus inter pares. Voila pourquoi il ne peut pas les pénaliser. Il a plutà´t le devoir de les protéger. Car dans le rapport de compromission qui le lie aux autres, dénoncer la délinquance financière et les crimes économiques de ses pairs, revient à  se trahir soi-même.

La gouvernance d'un Etat corrompu est une réelle organisation mafieuse très subtile: l'autorité auprès de laquelle vous vous plaignez est curieusement soit le commandant opérationnel du réseau dont vous dénoncez un membre, soit l'un des maillons de la chaîne. Pour être efficace et raffinée, une telle organisation fonctionne exclusivement. Elle exclut et même chà¢tie sévèrement tous ceux qui ne se soumettent pas au code de la maffia.

Celle-ci essaie de récupérer les résistants soit en se servant des corrompus matériellement aisés comme des vitrines politiques séduisantes, de belles illustrations de réussite sociale, soit en amenant, d'une manière ou d'une autre, certains intègres à  regretter de s'être marginalisés. Les Citoyens marginaux sont la mauvaise conscience des corrompus. Ils sont les miroirs qui réfléchissent leur image et dans lesquels les corrompus, comme les corrupteurs, n'aiment pas se regarder. C'est pourquoi ils organisent à  casser les miroirs qui leur rappellent constamment leur laideur morale et leur cynisme. Les corrompus impliquent alors parfois ou souvent les marginaux dans des scandales considérablement compromettants. Dans ce dernier cas, on les "mouille" pour qu'ils cessent de faire la différence et d'infliger des complexes aux autres. On les adapte au système au moyen des scandales rituels. Par-là  même, le système corrompu réussit à  prendre sa revanche sur les consciences intègres lorsqu'il aliène leur identité en les compromettant moralement ou politiquement, afin de les tenir constamment en laisse.

Une fois mouillé, dans un scandale financier ou sexuel, la personnalité ainsi compromise est pris en otage, afin qu'elle paie chère l'audace d'avoir résisté au système. L'otage a désormais intérêt à  coopérer ou à  voir son honneur publiquement entamé. L'alternative qui s'offre alors à  lui consiste à  choisir entre survivre en captivité en se mettant au service du système qu'il exécrait naguère, ou assister de façon impuissante à  la publication d'un épisode de l'une de ses aventures mondaines. Accepter cette dernière possibilité revient à  se suicider politiquement. Généralement, l'instinct de conservation commande qu'on préfère la survie dans l'opprobre à  une mort honorable. Mais cette survie en cage est celui qui a donné sa liberté en gage pour survivre. Que vaut dans ce cas cette survie qui est dépourvue de tout espoir de libération?

Dans un Etat corrompu, les citoyens de faible personnalité perdent facilement leur intégrité et intègrent aisément ce système par lassitude. Conscients qu'ils ne peuvent pas changer le système, ils mettent fin à  une résistance qu'ils jugent puérile et stérile, ils abandonnent le combat et se conforment au système ambiant. L'idéal d'une politique juste ou d'une cité rationnellement gérée n'est plus pour eux qu'un voeu pieux, une représentation fantastique qui contraste beaucoup avec la réalité politique de l'Etat corrompu. Elles estiment que leur adaptation est réaliste parce qu'il est plus commode pour elles de s'adapter que de combattre un système qu'elles ne peuvent ni réformer ni révolutionner. Elles finissent par intérioriser les us du système et sublimer la pratique de la corruption par des formules sémantiques à  la fois euphémiques et élégantes telles: Sopeka (sombela ngai, kabela ngai, kabela ngai), les offrandes de services (O.S), la motivation, le pot-de-vin, les frais de commissions, le coupage, etc. La formulation sert à  masquer une pratique illégale et immorale qui peut objectivement être la surfacturation, la concussion, les péculats et les autres conditionnalités auxquelles on peut subordonner le service à  rendre ou à  solliciter.

Certains citoyens tentent de résister au système de la corruption qui s'évertue à  les récupérer. Refuser d'intégrer la ligue des corrompus n'est pas chose facile. Ce refus est déjà  une condamnation, celle de l'ordre en vigueur. La condamnation du système se traduit, par exemple, par le refus héroïque de jouir d'éventuelles promotions sociales ou politiques pouvant résulter de son conformisme ou de son opportunisme. L'héroïsme dans cette situation peut être comparable à  celui du loup famélique de la fable de la Fontaine, lequel préfère sa liberté à  la servitude dorée du chien . Socialement, les citoyens de cette envergure morale, passent pour des rêveurs ou des inadaptés sociaux. Ce sont, dit-on vulgairement, des gens qui " n'ont pas les pieds sur terre". Le système corrompu inflige à  ces héros d'une étoffe morale et psychologique particulière des humiliations en assurant la promotion socio-politique des truands ou criminels financiers et autres dépenaillés moraux. Il s'agit de motiver les héros à  regretter leur "bêtise". Le système corrompu ne les détruit pas tant qu'il croit pouvoir les récupérer. Mais lorsqu'ils s'avèrent absolument irrécupérables, il leur fait boire la ciguà«; l'énorme machine de la corruption les écrase littéralement.

Il est utile de préciser qu'il n'y a pas une politique de la corruption, par contre il n'existe qu'une politique corrompue par les appétits des hommes au pouvoir ou à  la conquête du pouvoir. La gestion des affaires publiques n'a pas en,soi pour visée la corruption bien qu'il faille reconnaître que les hommes politiques corrompus subordonnent souvent leur pouvoir à  cette fin. Les politiques corrompus n'existent que sous des prétextes honorables, car les mobiles politiques des pouvoirs corrompus sont inavouables. Aucun homme politique n'avouera jamais qu'il conquiert ou préserve le pouvoir pour s'enrichir.Dans tous les cas, c'est toujours pour le bien du peuple. Les hommes politiques corrompus adoptent toujours l'attitude chevaleresque de héros généreux. Investis d'une double mission historique, celle de libérer le peuple de la misère et celle de lui restaurer son humanité.

Lors des campagnes électorales,celles -ci s'organisent souvent comme des bourses de valeurs politiques où règnent la spéculation, la surenchère démagogique et la corruption des consciences par des promesses fallacieuses. Pour renchérir leurs valeurs politiques, les chasseurs des suffrages promettent la lune et le miel ou même la lune de miel politique et sociale permanence au peuple. Pour donner la preuve a priori de sa bonne foi, le chasseur des suffrages accompagne parfois de telles promesses par de l'argent, de la boisson et de la nourriture. La veille des consultations populaires devient une occasion d'orgies de toutes sortes: on assiste, dans la plupart des cas, à  d'importantes distributions de nourriture, de boisson ou d'argent à  un peuple infantilisé qui n'avait pourtant jamais eu auparavant droit à  un tel débordement de générosité.

Le peuple à  la peau du ventre tendue, parce que ivre de boisson et gavé de nourriture, ne parvient plus souvent à  discerner les méchants des gentils. L'essentiel étant pour lui de manger et de boire d'abord à  sa faim, afin de calmer , pour le moment, les affres d'une faim et d'une soif obsédantes. La dramatisation de la générosité qu'on donne considérablement en spectacle est d'occulter une carence et de persuader un électorat dont on redoute a priori la réticence politique. La manipulation des consciences au moyen de la nourriture, de l'argent et de la boisson par les chasseurs de suffrages à  la veille des consultations populaires, est une corruption politique qui consiste à  distraire les électeurs de l'essentiel, c'est-à -dire de l'analyse des programmes politiques.

Cette corruption vicie le jeu politique, car les populations auxquelles on donne de l'argent, de la nourriture et de la boisson, de surcroît alcoolisée, ne sont plus assez lucides pour juger le projet de société de leurs "bienfaiteurs". La prestidigitation politique des manipulateurs des consciences suscite souvent chez le peuple l'espoir naïf que la faim et la soif qu'il éprouve habituellement vont se dissiper dès que l'un de ces Pères Noà«ls politiques sera au pouvoir. Les populations en délire oublient que certains de ceux qui leur donnent maintenant à  manger et à  boire sont responsables de leur précarité

les manifestations de joie consécutives aux nominations, tout comme les motions de soutien et les remerciements que les communautés claniques ou ethniques adressent au président de la République quand un de leurs ressortissants est nommé à  un poste de responsabilité politique ou administrative traduisent que le nomminé est l'élu à  la grande mangeoire nationale et leur donne droit à  la manducation.

Le fétichisme de l'argent, " ce grand mythe des temps modernes", modifie le rapport des hommes entre eux, puisqu'il substitue au principe de l'humanité et de dignité, le principe de vénalité; aux valeurs humaines, il substitue les valeurs marchandes. L'argent ruine la politique qu'il subjugue au point qu'il" n'y a pas de politique dont l'argent ne décide" (Michel Surya, De l'argent, la ruine de la politique, Paris Payot et Rivages, 2000, p.23)

On ne peut combattre la corruption que par une pédagogie pratique dont l'efficacité dépend du concours de la société qui, au moyen d'une législation pénale ou préventive appropriée doit user de son droit de blà¢mer ou de punir, s'il le faut, ceux qui, par la pratique de la corruption, aliènent leur humanité et compromettent le vivre-ensemble en introduisant le chaos dans la société et l'Etat. L'insolente impunité dans laquelle certains citoyens pratiquent la corruption, pillent les richesses de l'Etat et prédisposent leurs concitoyens à  la misère, est préjudiciable à  l'assainissement de la gouvernance et à  la formation humaine des enfants très enclins à  prendre pour parfait le mode de conduite des adultes, surtout lorsque cette conduite n'émeut plus beaucoup de gens en société.

La gouvernance ne peut être protégée contre la corruption que si les agents de l'Etat s'accoutument à  adopter des attitudes éthiques, en respectant scrupuleusement la personne de l'autre dans le traitement des procédures administratives.

C'est lorsque l'Etat est gérée suivant les principes de la bonne gouvernance qu'il est facile d'instituer le bon gendarme dans l'esprit des citoyens.

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