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samedi 9 octobre 2021

Danièle Obono en esclave : “Valeurs actuelles” condamnées pour injure raciste!

Danièle Obono en esclave : “Valeurs actuelles” condamnées pour injure raciste

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

obono-freddy-mulongo.jpg, oct. 2021

Une femme politique noire a été décrite comme une esclave enchaînée dans un magazine de droite, déclenchant une enquête criminelle sur le racisme. Mme Obono, qui est franco-gabonaise, a déclaré qu’elle était écœurée par le dessin animé et a qualifié les responsables "d'odieux, stupides et cruels". Elle vient de gagner son procès contre "Valeurs Actuelles".

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Danielle Obono, députée France Insoumise à Chateauneuf-sur-Isère. Photo Freddy Mulongo-Réveil FM International 

“Obono l’Africain”. La soi-disant histoire, qui a été publiée en août 2020 dans le cadre d’une “série d’été” de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, avait indigné une grande partie de la classe politique. S’en est suivi une plainte de La France insoumise (LFI) Danièle Obono et son parti contre le magazine et l’ouverture d’une enquête préliminaire pour “injure publique raciste” par le procureur de la République de Paris.

Ce mercredi 29 septembre, le pouvoir judiciaire a initialement tranché en sa faveur. Le directeur de publication du magazine Erik Monjalous, le rédacteur en chef Geoffroy Lejeune et le rédacteur en chef de l’article condamnés pour complicité ont été condamnés à 1 500 € d’amende et 5 000 € de dommages et intérêts chacun à Danièle Obono.

À l’été 2020, la rédaction reconnaissait une “grave erreur”. Une ligne que la direction avait tenté de faire respecter lors du procès tout en prônant “la liberté de la presse” – notamment à travers la voix de l’ancien directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val, qui a été cité comme témoin. “Au pire, c’était maladroit ou contre-productif, mais il n’y avait aucune intention raciste”, avait objecté le rédacteur en chef Geoffroy Lejeune et arguait que le but de cette production était “la polémique […] la question de réinterprétation historique”.

“Je suis ici pour réclamer justice pour les violences racistes et sexistes qui ont été perpétrées contre moi, l’humiliation et le déni de mon humanité”, a fait valoir l’eurodéputé Danièle Obono, dont l’avocat Me Xavier Sauvignet un usage flagellé avait prétexte de satire, “out of the hat”. Les sept avocats des parties civiles (SOS Racisme, Ligue des droits de l’Homme…) avaient pointé du doigt le “racisme commun” de la production et revendiqué de fortes demandes de dommages et intérêts dans le but “que ce commerce ne soit plus rentable, ndlr. ]”.

Communiqué de Danièle Obono et de La France insoumise.

En condamnant le directeur de publication, le chef de la rédaction et l’auteur de l’infâme article de Valeurs Actuelles “Obono l’Africain” qui avait choqué la France entière et même au-delà, le tribunal correctionnel de Paris marque un coup d’arrêt à la diffusion des discours racistes et xénophobes.

Le tribunal a très justement exclu d’accorder la libre expression des idées nauséabondes diffusées depuis trop longtemps dans ce journal ouvertement réactionnaire, et condamne les trois prévenus à des amendes pour « injure raciale ».

La liberté d’expression, fondamentale dans une démocratie, ne peut être utilisée comme faux-nez pour injurier, stigmatiser, déshumaniser celles et ceux à qui est déniée leur appartenance à la nation républicaine.

Danièle Obono tient à remercier toutes les personnes qui lui ont témoigné leur soutien, les associations qui se sont constituées parties civiles à ses côtés et l’ensemble des avocat·es qui l’ont brillamment défendue.

Désormais, une décision de justice nous donne raison, ainsi qu’à toutes celles et ceux, victimes au quotidien de ce genre de propos. Cette victoire est la nôtre à tous et toutes collectivement.

Que les propagateurs de haine soient prévenus : le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Nous ne laisserons rien passer !

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