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mardi 12 octobre 2021

RDC: Le Rapport Mapping pour nuls par Raymond-Camille Inwen Langan !

RDC: Le Rapport Mapping pour nuls par Raymond-Camille Inwen Langan !

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

roger-lumbala-1.png, oct. 2021

Le Rwanda domine sur le Congo en partie à cause des seigneurs de guerre et criminels Congolais. Ces conquistadors ont l'appétence de la tenue militaire, se sont autoproclamés des généraux sans être passés par une académie militaire: JP Bemba, Roger Lumbala, Lambert Mende, Thomas Luhaka... la rébellion dans des zones minières, c'est du business aussi pour des criminels Congolais.

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Roger Lumbala, seigneur de guerre et criminel en RDC.
Je vais me pencher, ce jour, sur les raisons pour lesquelles le rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo publié par l’ONU en août 2010 est resté coincé dans les bureaux de l’ONU, dans les ministères des affaires étrangères et toutes les juridictions nationales et internationales sensés s’en saisir et en assurer l’exécution.

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Jean-Pierre Bemba, seigneur de guerre et criminel en RDC

Curieusement, 18 ans après sa publication, ce condensé factuel, indépendant, documenté et clair sur toutes les meurtrissures infligées au peuple congolais par ses voisins et ses fils égarés, ralliés aux forces étrangères mus  par  leur cupidité et leur soif du pouvoir, ne semble pas intéresser les grands de ce monde.

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En 2000 à Bunia, de gauche à droite: Thomas Mathe Kombi, Thomas Luhaka Losanjola, chef Kisembo et Suddim Bin Museme, cadres du RCD-K/ML

Je vais, dans cet article, sans être un spécialiste ou journaliste, livrer mon analyse de cette léthargie ou de ce refus d’agir, cette criante non-assistance à peuple en danger. J’ai épinglé trois raisons essentielles, notamment, le prétexte du conflit rwandais cachant une invasion économique et sociale et territoriale, les intérêts économiques de grandes puissances et la géopolitique de l’Afrique Centrale ainsi que la trahison et la niaiserie des certains compatriotes qui ont vendu leur âme aux envahisseurs et aux pilleurs des richesses de notre pays.

L’INFILTRATION RWANDAISE

Ces massacres, ces viols, ces pillages des richesses tirent leur origine de l’éclatement des bisbilles larvées entre les Hutus et Tutsi au Rwanda dans leur lutte pour l’hégémonie du pouvoir, leur soif d’extension du territoire pour palier à leur démentielle croissance démographique et leur quête de nouvelles ressources  pour combler la pauvreté de leur  agriculture ou de leur élevage, leurs seules sources de revenus.
 Il fallait, pour ce faire, envahir leur riche voisin, le ronger de l’intérieur d’abord par une politique savante d’infiltration. La première guerre des années 1950 fut l’occasion d’une première vague qui va se déferler dans le Kivu (dont les soi-disant Banyamulenge), les travailleurs des mines dans le Katanga. Il y aura une ruée vers les instances politiques, les administrations, les services de santé, l’éducation nationale et le secteur économique.

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Lambert Mende Omalanga, un rebelle du RCD-Goma.

C’est ainsi que vont se retrouver des personnalités rwandaises au sommet. Quelques exemples : Bisengimana est nommé directeur du bureau du Président  de la République, Kayitenkore s’accapare le monopole du ciment (dans un pays en construction), Rwakabuba prendra le café, Ndayitabi trône aux cliniques universitaires, Mujinya à l’éducation  (il deviendra ministre de l’éducation nationale). Dans les collèges prestigieux, les universités et les instituts supérieurs, il y a un afflux des élèves et étudiants rwandais. Ils sont boursiers du gouvernement de notre pays, mais la plupart bénéficient, en plus, des subsides du Haut Commissariat de l’ONU pour  les Réfugiés. Des professeurs et professeurs assistants sont ramassés à la pelle pour s’approprier ce secteur vital du pays.

J’ai personnellement eu, dans ma promotion à l’université de Lubumbashi, au département des Langue et littérature Anglaises,  des condisciples « rwandaleux »  comme on les appelait sur tout le campus. Ils vivaient entre eux et parlaient anglais alors que nous apprenions et le s cours et la langue anglaise. Ils avaient pour noms, Kayiranga, Munyakazi, Wamwezi, Nkwaya et Kabangabe. Nous avions pour professeurs –assistants Rwakazina et Rwigamba.

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John Tshibangu, un rebelle autoproclamé!

Subsidiairement se propage le mythe de la femme rwandaise. Des congolais, mariés ou célibataires vont convoler en noces avec des femmes Tutsi qui, disait-on avaient un charme exceptionnel et faisaient de leurs élus des dirigeants du régime.
Cette imbrication sociale et  le maillage de tous les secteurs de la vie nationale a facilité la conquête militaire car l’AFDL a allégrement cueilli le fruit pourri de l’intérieur lors de la promenade de santé des troupes rwandaises qui ont traversé, sans résistance, le pays depuis la frontière rwandaise jusqu’à Kinshasa semant la mort  des paisibles congolais, terrorisant la population par le viol  et assassinat des femmes et jeunes filles utilisées comme arme de guerre


LA CONQUETE ECONOMIQUE ET PILLAGE DES RICHESSES DU PAYS

L’avancée de ces troupes coïncida avec la conquête économique, la signature des contrats commerciaux et  le pillage systématique des matières primaires. Au nom de Paul Kagame, le chef d’orchestre et l’instigateur de cette entreprise macabre, étaient associés ceux de Tony Blair et Bill Clinton pour légitimer ces actes de brigandages. Les pays africains officiellement venus prêter main forte aux troupes conquérantes pour libérer le Congo, l’Ouganda de Museveni, allié de Kagame, l’Angola et le Zimbabwe, s’étaient arrogés le droit de piller les minerais du sol et du sous-sol congolais.

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En 2001 à Nyakunde dans le territoire d'Irumu, Thomas Luhaka du MLC de Jean-Pierre Bemba et le général Ougandais Mohamed Bule, lors des opérations de pacification de l'Ituri.

Il était de notoriété publique que le sous-sol de l’est du Congo regorgeait des minerais dont l’or et le sol  volcanique était très fertile et permettait des prouesses agricoles. Jamais il n’a été fait mention des minerais aussi stratégiques que sont le coltan et le cobalt. Pendant que les soldats avançaient, des tracteurs  se livraient l’extraction de ces matières précieuses qui étaient expédiées vers ces pays libérateurs.
Il est clair que tant que ces richesses ne seront pas épuisées, le peuple congolais continuera à ployer sous la misère, l’exploitation et la domination étrangère. L’histoire de notre pays nous apprend que « quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre » : Il en a été ainsi avec notre ancêtre, l’Etat indépendant du Congo avec le développement de l’industrie automobile où la sève de l’hévéa, l’or forestier du sol congolais de cette époque, a été recueilli au prix des millions de morts et estropiés congolais.

Le sous-sol congolais a été, encore une fois, la cause de la maltraitance de sa population car il fallait extraire l’uranium congolais pour confectionner la bombe atomique qui a été larguée à Hiroshima et Nagasaki pour obtenir la reddition du Japon afin de mettre un terme à la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui, le coltan, matière stratégique dans la composition  des ordinateurs et l’industrie aérospatiale est la cause de notre malheur. Le cobalt lui, aussi, indispensable dans la fabrication des batteries pour les voitures électriques nous apporte son lot de malheur. L’herbe n’est pas seulement écrasée, elle a disparu parce que la terre est devenue aride.

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Thomas Luhaka, en tenue militaire, lors d'un match de football à Beni.

C’est ici qu’il sied d’invoquer la fameuse géopolitique régionale et sous-régionale. Depuis les indépendances  des pays africains héritière de la guerre froide entre lest et l’ouest, les protagonistes principaux, les USA et la défunte URSS, ont toujours choisi des têtes de pont en Afrique pour asseoir et garantir leur mainmise sur le continent. Les Américains ont jeté le dévolu sur Mobutu qui a géré en maître absolu au Congo pour discipliner tous ses voisins, notamment l'Angola, le Rwanda et le Burundi.

A ce titre, Mobutu a été l’acteur principal dans la guerre de libération de l’Angola ou au Tchad. Charles Taylor et Blaise Compaoré avaient le  même rôle en Afrique de l’ouest, intervenant jusque dans le soutien des opposants congolais au président Mobutu. Khaddafi, le président libyen a eu, avec la bénédiction de Moscou, les mains libres pour contrer les ardeurs américaines partout où leur présence était signalée. Tous ces roitelets se sont écroulés ou ont disparu avec les méandres de l’histoire.

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Jean-Pierre Ondekane, ancien officier de Forces Armées Zaïroises (FAZ), passé par le RCD-Goma avant de réintégrer les FARDC après l’accord de paix signé à Sun City en Afrique du Sud, ancien ministre de la défense, chef d’état-major, Directeur Général de la DGM et président de Daring Club Motema Pembe de Kinshasa...Jean-Pierre Ondekane  est un général retraité à 58 ans au lieu de 65 ans comme le prévoit la loi dans les Fardc. 

Aujourd’hui, c’est à Kagame revient cette lourde tache. Il s’en sort avec maestria et apparait comme le champion increvable du renouveau rwandais et, par ruissellement, celui de l’Afrique. Il est l’empereur de l’Afrique centrale et maître du Congo dont il désigne les dirigeants, en imposant son diktat sur les  élections, sur la signature des contrats miniers : Ce proconsul a annexé un pays quatre-vingt fois plus grand que le sien. La grenouille de la fable n’a jamais réussi égaler le bœuf : Il finira comme tous ses prédécesseurs, garçons de courses américains.


LA TRAHISON DES COMPATRIOTES CONGOLAIS.

Si dans les années 1980 les opposants congolais au régime de Mobutu accouraient vers la Lybie, la sierra Leone ou le Burkina Faso, les dirigeants actuels tirent leur légitimité par une allégeance à Kagame. Toutes les rébellions et tous les partages du pouvoir ont leur origine chez Kagame. Le RCD Goma qui a ensanglanté le pays avant de s’imposer comme des ayant-droit au partage du pays : Tous les généraux de pacotille comme Lambert Mende, Roger Lumbala, Mbusa Nyamuisi, Kin Kiey Mulumba, Thomas Lubanga, Lunda Bululu, Etienne Ngagura, Jean Pierre Ondekane, Moïse Nyarugabo... ont porté l’uniforme, sans être  militaires de formation ou de métier à partir du Rwanda : C’est au Rwanda qu’ils ont reçu l’onction pour diriger le pays : C’est du Rwanda qu’ils ont obtenu l’autorisation de se rendre à Sun City en Afrique du Sud pour imposer au pays la formule ubuesque d’un président assisté de quatre vice-présidents, même si Bemba, lui, a eu Museveni comme parrain à un moment où le binôme Museveni-Kagame fonctionnait bien.

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Le 14 novembre 2002, le RCD-Goma élève en grade ses officiers supérieurs en prélude de la mise en place de nouveaux états-majors de l’armée en RD Congo.  en prélude de la formation de la nouvelle armée congolaise conformément aux prescrits du Dialogue Intercongolais, le RCD-Goma procède à la nomination de 9 généraux, 28 colonels et 48 lieutenants colonels. Furent promus au rang de Général de division le président du RCD à l’époque (Adolphe Onusumba), le chef d’état-major de l’ANC-RCD (Sylvain Buki) et l’ancien chef du Haut Commandement Militaire du RCD (Jean-Pierre Ondekane). Malik Kijege et Gabriel Amisi (Tango Four) furent nommés généraux de brigade.

Le pionnier de l’AFDL, Kisase Ngandu, rejoint par Laurent-Désiré Kabila a démarré sa guerre de libération au Rwanda. N’ayant pas réussi à cacher durablement ses velléités nationalistes, il a été froidement abattu par les Rwandais : Laurent-Désiré Kabila a échappé une première fois quand il a dénoncé la fourberie des Rwandais qui, en vrai, occupaient le pays. Il n’a pas échappé au deuxième et fatal coup de boutoir.
Presque tous ces dirigeants cooptés par le Rwanda ont en première ou en secondes noces une femme Tutsi, fit-elle rwandaise, ougandaise ou burundaise. Ils vont tous en pèlerinage à Kigali, s'inclinent devant les cranes du massacre de la guerre entre Tutsi et Hutu alors qu’ils n’ont ni un mot, ni un regard pour les millions de morts congolais, victime de l’expansion économico-territoriale rwandais dans notre pays. 


Aujourd’hui, le régime en place signe des accords avec le Rwanda sans passer par le Parlement : Les termes des accords, comme ceux du deal avec Kabila, ne sont pas connus. Plusieurs voyages au très,  haut niveau sont organisés vers le Rwanda  VISIT RWANDA : Le Rwanda, non producteur de l’or,  construit une usine de raffinement de l’or qui traitera l’or congolais de même que, non seulement, il commercialise le coltan, il construit une usine de purification.


Les conditions sont réunies pour maintenir nos têtes sous l’eau. Notre avenir dépendra de la longévité de Kagame au pouvoir : Le rapport Mappy, qui est la concrétisation du costume que s’est taillé Kagame pour avaler la République démocratique du Congo, ne pourra être exécuté que quand  les Congolais décideront de se libérer du joug rwandais et de l’étreinte létale de Kagame, le jour où l’occident comprendra qu’il est temps de soutenir des pays forts et non des hommes forts.

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Raymond-Camille Inwen Langan

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mardi 3 août 2021

RDC : 2 août journée du génocide des Congolais sans exécution du Rapport Mapping!

RDC : 2 août journée du génocide des Congolais sans exécution du Rapport Mapping!

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

Freddy Mulongo-2août.jpg, août 2021

2 août journée commémorative du silencieux génocide congolais. A Paris, la diaspora congolaise s'est retrouvée sur la place Reine Astrid, non loin du pont Alma, de 12h00 à 17h00. A Kinshasa, une messe a été organisée dans la cathédrale Notre-Dame. Pour le régime d'occupation, d'imposture et d'usurpation de Tshilombo, aucune manifestation commémorative. Circulez il n'y a rien à voir !

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Le régime d'occupation, d'imposture et d'usurpation de Tshilombo ne célèbre ni la fête d'indépendance du 30 juin ni le 2 août, journée commémorative du génocide congolais. Le régime odieux de Tshilombo est pour le bannissement de la mémoire collective. Rien n'unit les Congolais entre eux. Pourtant nous avons dépassé le chiffre de 12 millions des morts congolais. Tshilombo en signant des accords économiques et s'alliant aux bourreaux du peuple congolais ne fait que creuser un fossé entre lui l'imposteur-usurpateur et le peuple congolais souverain. N'a-t-il pas écrit dans le livre d'or à Kigali, que les Congolais étaient morts par effets collatéraux ? 

Les Warriors ont choisi leur camp, celui d'occupation. Pourquoi Tshilombo avec son fameux Etat de droit ne fait pas de l'application du Rapport Mapping une priorité pour mettre fin à l'impunité ? Le problème est que Tshilombo depuis sa nomination électorale va de boulet en boulet. Son quinquennat volé et son pouvoir usurpé sont une calamité pour la République démocratique du Congo. 

Ce jour-là, 2 août comme aujourd’hui, mais en 1998, C’était un dimanche…Affres de la guerre, ses instigateurs, les traumatismes psychiques et ses conséquences sociopolitiques, économiques et culturelles sont fruits du génocide congolais. En plus les génocidés n'ont pas des tombes !

On ne peut parler du génocide congolais sans ignorer le mouvement rebelle, RCD-Goma, soutenu par le Rwanda. 


TOUT A COMMENCÉ LE 2 AOÛT 1998 !


 C’était un dimanche…Avec sa voix autoritaire, le commandant devenu plus tard Général Sylvain Buki , de triste mémoire (alors commandant du 10ème bataillon des Forces Armées Congolaises, basé à Goma) annonce sur les ondes de la voix du peuple (RTNC-Goma) qu’une partie de l’armée vient de décider de déchoir le président M'Zée Laurent-Désiré Kabila.

Il le dit à travers une phrase tristement célèbre, en Swahili : “TUNA MUONDOWA MADARAKANI”.

Et c’était ainsi le début d’une des plus meurtrières rebellions de l’histoire de la République démocratique du Congo. 

Une rébellion qui changera, pendant cinq ans, le paysage sécuritaire et politique de la région des grands lacs.

Cette rébellion née clandestinement avec l’appui du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi, s’appellera plus tard, RCD, composé, d’une part des anciens de l’AFDL, des Mobutistes et des recrues politiques de tous horizons.

Certains offices de droits humains et de la politique internationale qualifieront, quelque temps après, la guerre lancée par le RCD, de “première guerre internationale Africaine” qui aurait fait plus de six million des morts à l'époque.

Cette fameuse rébellion a engendré plusieurs "conflits armés qui se déroulent sur le territoire de la RDC, anciennement Zaïre" de 1998 à 2002 avec une fin formelle le 30 juin 2003.

Elle impliqua neuf pays africains, et une trentaine de groupes armés, ce qui en fait la plus grande guerre entre États dans l’histoire de l’Afrique contemporaine.

Nombreux viols et massacres, tueries et déplacement des populations touchées par la famine et la maladie.

Des informations à notre possession indiquent que la présence de troupes rwandaises en RDC était motivée par le projet de piller les ressources minières dans la région. Ceci est confirmé par un rapport de l’ONU demandé par le Conseil de sécurité qui indique, à partir des interviews menées par le groupe d’experts, que l’armée rwandaise est restée essentiellement pour se procurer des biens.

Le rapport décrit également la stratégie des groupes armés présents dans la zone pour piller les ressources du sous-sol à leur profit, dans un contexte de massacres et de viols.

Malheureusement, aucune manifestation commémorative n’a été organisée au pays en mémoire des victimes de cette guerre d’agression, à l’occasion de ce triste anniversaire du massacre des millions des Congolais.

LES DATES SIGNIFICTIVES

Le 2 août 1998, dans la province du Kivu, des soldats banyamulenge – Congolais tutsi d’origine rwandaise –, aidés par des troupes rwandaises, se soulèvent contre le régime de Laurent-Désiré Kabila dont ils dénoncent le « népotisme », la « corruption » et « le manque de gouvernance ». C’est de cette même région de l’est du pays qu’était partie la rébellion, soutenue par les Banyamulenge, le Rwanda et l’Ouganda, qui a abouti à l’éviction du président Mobutu Sese Seko, en mai 1997. Les Banyamulenge reprocheraient au président Kabila de ne pas avoir tenu sa promesse de leur céder le contrôle du Kivu. Le Rwanda et l’Ouganda dénoncent, quant à eux, depuis plusieurs mois l’incapacité de Kinshasa à mettre fin aux agissements des rébellions dirigées depuis le Kivu contre les régimes de Kigali et de Kampala. En juillet, le président Kabila a rompu avec ses anciens alliés en ordonnant le retrait des troupes étrangères de la république démocratique du Congo (R.D.C.).

Le 4 août 1998, des forces rebelles aéroportées prennent position dans la province du Bas-Congo, à l’ouest de Kinshasa.

Le 5 août 1998, Arthur Z’Ahidi Ngoma, opposant au régime du président Mobutu puis à celui du président Kabila, est « élu » à la tête de la rébellion. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Bizima Karaha, proche du Rwanda et réfugié en Afrique du Sud, s’y rallie.

Le 6 août 1998, le président M'zée Laurent-Désiré Kabila, qui confirme la chute de Goma et de Bukavu, chefs-lieux du Kivu, déclare que son pays « est victime d’une agression du Rwanda et d’un vaste complot des Tutsi qui veulent diriger le gouvernement et occuper le pays ». Kigali dément toute responsabilité, de même que Kampala, mis en cause le 9 par Kinshasa.

Le 13 août 1998, les rebelles s’emparent du barrage d’Inga, sur le fleuve Congo, en aval de Kinshasa, privant la capitale d’électricité et d'eau potable. Des nourrissons meurent dans des couveuses. Des lits et meubles sont transformés en feu de bois pour cuire de la nourriture. "Tozangi Mayi Solo, Tozangi Mwinda Solo Likolo Ya Ba Nyangalakata" chantera plus tard Papa Wendo Kolosoy, pionnier de la musique congolaise moderne.  

Le 15 août 1998, les étrangers commencent à quitter Kinshasa, au premier rang desquels les Français, qui sont la cible de l’hostilité des autorités et de la population.

Le 16 août , les divers courants de la rébellion regroupés au sein du Rassemblement congolais pour la démocratie  RCD annoncent la constitution d’un comité directeur dirigé par Ernest Wamba dia Wamba. M'Zée Laurent-Désiré Kabila quitte Kinshasa pour Lubumbashi, dans le sud-ouest du pays.

Le 18 août, à Harare, à l’issue d’une réunion de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (S.A.D.C.), le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, annonce l’envoi d’une aide à M'Zée Laurent-Désiré Kabila pour « rétablir la paix et la stabilité ». De son côté, l’Organisation de l’unité africaine condamne toute intervention extérieure et appelle les rebelles à déposer les armes et à engager un « dialogue constructif » avec le gouvernement.

Le 20 août 1998, des soldats zimbabwéens débarquent à Kinshasa. L’Afrique du Sud se désolidarise de cette initiative.

Le 22 août 1998, l’Angola, voisin de la R.D.C. lui apporte à son tour son aide militaire. Ses forces prennent à revers les positions des rebelles dans l’ouest du pays. Les jours suivants, ceux-ci annoncent la prise de Kisangani, dans l’est du pays et de Kalemie, dans le sud-est.

Le 23 août 1998, les pays de la S.A.D.C., réunis à Pretoria sur l’initiative du président sud-africain Nelson Mandela, appellent au cessez-le-feu et à l’organisation d’élections en République démocratique du Congo.

Le 26 août 1998 et les jours suivants, des affrontements opposent des rebelles aux forces congolaises, zimbabwéennes et angolaises aux abords de Kinshasa.

Le 29 août 1998, la rébellion abandonne ses positions dans l’ouest du pays et se replie sur Goma.

Comment un pays, comme la République démocratique du Congo, qui a connu tant des morts n'encourage-t-elle pas l'exécution des résolutions du Rapport Mapping parmi lesquelles, l'instauration d'un Tribunal Pénal international pour la RDC ? 

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