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mercredi 5 septembre 2007

RDC: Un " Congo Debout " est possible !

Paix à  son à¢me, le père Boka di mpasi qui est l'auteur de notre hymne nationale écrite en mars 1960, savait en son fort intérieur qu'un Congo debout est possible. Pour y parvenir, il nous faut choisir les autoroutes de la démocratie tout en respectant nos valeurs congolaises et quitter sans aucun regret les chemins tortueux de la didacture, de la pensée unique, de la non liberté d'expression, des pillages de nos ressources, des arrestations arbitraires et inopportunes, des menaces et intimidations de tous genres, de l'insécurité de nos frontières etc...

Souvenons-nous !

Le 20 janvier 1989, le pays le plus puissant de la terre, et qui est une grande démocratie, remerciait dans tous les sens du terme le président qu'il avait élu en 1980, réelu en 1984: Ronald Reagan. L'homme qui s'en allait conservait une grande popularité dans son pays et à  77 ans, aurait pu se faire réélire aisément si la Constitution des Etats-Unis avait permis un troisième mandat. Outre Roosevelt, depuis Eisenhower (élu en 1952, réélu en 1956), Ronald Reagan était le premier président américain a avoir accompli deux mandats complets; et aucun de ses prédécesseurs après la guerre de 1939-1945 n'avait quitté la Maison Blanche avec un taux de popularité aussi élevé: 63%. En outre, Reagan a fait élire son vice-président George Bush (père) pour lui succéder. Ce qui ne s'était pas produit aux Etats-unis depuis 1836. L'homme qui avait réussi ce tour de force a quitté le pouvoir au terme de huit ans de règne avec l'affection de la majorité de se compatriotes et, en outre, une grande popularité dans le monde. La où il y a phénomène, c'est que cet homme n'avait pas, lorsqu'il a été élu, les connaissances, la puissance de travail, la force de caractère qu'on pensait nécessaires pour faire un président. Les intellectuels américains en premier lieu et des journalistes se moquaient souvent de ses gaffes, des défaillances de sa mémoire et de sa légendaire paresse: peu de temps par semaine au bureau, peu d'heures par jour au travail. Le soir, sauf obligation impérative, au lieu de lire un livre ou des rapports, assis à  cà´té de sa femme Nancy Reagan il regardait la télévision son plateau de dîner sur les genoux...Comment cet homme simple, son épouse rappelait " Ronald était à  l'aise partout et avec tout le monde. IL ignorait la prétention ", plus simple encore que beaucoup de nos présidents africains - a-t-il pu accéder au pouvoir, y demeurer un maximum et en sortir avec la plus flatteuse des réputations?.

Sous Regan, l'économie américaine a crée 19 millions d'emplois, ramenant le taux de chômage aux environs de 5%, ce qui est très bas. L'inflation a été modérée, la Bourse optimiste, ses politiques ultra-libérales ont profondément marqué l'économie et la société américaine dans les années 80, des " golden boys " de Wall Street ont gagné des dizaines de millions de dollars par an, les entreprises ont été florissantes, il y eut l'apparition d'une nouvelle classe de sans abri. Mais les Américains ont baigné dans une douce euphorie. Les impôts avaient sérieusement diminué mais il y eut l'augmentation des dépenses militaires. Au terme d'une génération de guerre froide, l'URSS a quitté l'Afghanistan, l'Angola, le Cambodge.. Anticommuniste viscéral, Ronald Reagan avec sa guerre des étoiles a épuisé l'Union soviétique et aidé à  la chute de ce qu'il appelait " l'Empire du mal ". Ronald Reagan avait redonné aux américains la fierté d'être américains et la grandeur des Etats-Unis.

L'amérique sous Ronald Reagan montrera sa puissance de feu à  quelques reprises:

Le 25 octobre 1981, l'armée américaine intrevenait à  Grenade, cette petite île des Caraïbes, pour extirper le virus communiste, un coup d'Etat de Cuba a été déjoué.

Le 9 mars 1986, le gouvernement américain bombarde les cibles militaires à  Tripoli en Lybie. Washington puni le gouvernement du général Mouammar Kadhafi d'encourager le terrorisme international.

Dans les années 80, le régime prohibitionniste reaganien s'est vu considérablement renforcé avec la menace de la drogue dans l'agenda de la sécurité des Etats-Unis. Le 8 avril 1986, le président Reagan promulgua un décret-le National Security Decision Directive 221, assimilant la production et le trafic de drogues à  une menace grave affectant l'esemble du continent américain. Ce geste conduira à  la poursuite d'une politique de lutte contre la drogue (tous les décrets présidentiels des Etats-Unis sont disponsibles en ligne: http://www.fas.org/irp/offdocs/direct.htm-page consultéé le 25-04-01). Le 20 decembre 1989, sous George Bush (père) plus de 20.000 militaires américains débarquent au Panama en Amérique centrale, général Manuel Noriega, didacteur-Cocaïne, sera pris , amené aux Etats-Unis et condamné pour trafic de drogues à  40 ans de prison.

Ronald Reagan est l’énigme d'un homme simple, comment un homme aussi simple que Reagan a-t-il pu parvenir au pouvoir et l'exercer ? Lorsqu'on est au pouvoir, a-t-on intérêt à  faire de l'activisme? Doit-on s'épuiser à  la tâche pour tenter d'agir sur les événements et changer les choses? Doit- on abandonner le pouvoir à  ses collaborateurs et laisser les événements suivre leur cours? Faut-il être un homme fort, cultivé, travailleur pour diriger un Etat ? Les intellectuels le croient ; en tout cas, ils tentent de nous le faire croire. Mais est-ce vrai ? Ne connaissons-nous pas tous sur le continent, d'hommes simples mais rusés, roublards, dribbleurs et fourbes qui se jouent des hommes de culture, d'intelligence et de renom, les écartent d'une pichenette, s'installent au pouvoir et le... gardent ?

Trois anédoctes pour mieux expliquer la suite de notre refléxion.

" Auquel de vos généraux confieriez-vous le commandement de vos armées si du sort de la bataille dépendait celui de votre empire? " demande -t-on un jour à  Napoléon. On attendait un nom. La réponse de Napoléon fut un adjectif: " Je confierais le commandement de mes armées à  mon général le plus chanceux..."

" La différence entre l'homme politique et l'homme d'Etat est la suivante: le premier pense à  la prochaine élection, le second à  la prochaine génération" James Freeman Clark.

" Les peuples comme les individus, lorsqu'ils se noient se raccrochent à  des fétus de paille. Apprenons plutà´t à  nager ! ". Anonymes.

Nous, Congolais devons connaitre notre histoire nous l'approprier mais aussi connaitre l'histoire des autres peuples et nous en inspirée.

LE MULTIPARTISME N'EST PAS LA DEMOCRATIE

Nous vivons la continuité, cette dernière prédomine notre espace politique. Avec en guise de " poudre aux yeux " comme disent les Français, de " cosmétique " comme disent plus éloquemment les Anglo-Saxons, le multipartisme et quelques changements d'hommes. On ravale en façade, ici ou là ,sinon une fenêtre au moins une lucarne: on va jusqu'à  abattre, de temps à  autre, une cloison, mais on ne touche ni aux fondations ni aux murs porteurs. Le système en sort intact et les hommes qu'il a sécrétés et dressés à  l'arbitraire demeurent en place, à  l'exception de quelques sacrifiés " pour la galerie ". Si le parti unique est la dictature, le multipartisme n'est pas la démocratie. Il est à  la démocratie ce que le sel est à  la cuisine: un ingrédient nécessaire- il n'est pas de bon repas sans sel-mais qui ne fait pas le repas à  lui seul. Les Congolais qui se contenteront du multipartisme comme pâture démocratique s'apercevront qu'ils sont restés sur leur faim. Car avec le multipartisme " nous avons le sel de la démocratie. Mais pas la chair."

Le pluralisme des partis politiques (293 partis politiques recensées lors de dernières élections ) et des candidatures -33 candidats aux élections présidentielles dont nous ne nous sommes même pas soucier comment chacun a pu payer les 50.000 dollars de caution à  la Commission Électorale Indépendante (CEI) ? S'agissait-il d'un patrimoine personnel par candidat? Des cotisations venant de militants ? D'où les uns et les autres ont trouvé l'argent de la caution, dans un pays où les fonctionnaires sont impayés et ceux qui sont payé les sont à  " la lance pierre ", où toutes les institutions sont sous tutelle de l'Union européenne et d'autres organismes internationaux ?  Depuis 2005, l'Union européenne à  travers un petit dispositif de six personnes, EUSEC, gère le recensement de l'armée congolaise et paie les unités brassées. Mais cette armée est incapable d'affronter les bandes armées incontrôlables dont Laurent Nkunda est , un exemple palpable.

Il n'y a pas de démocratie sans justice indépendante, intègre et respectée ainsi que tous ses auxiliaires. Il n' y a pas de démocratie sans le contre pouvoir d'une presse " non coupagiste ", elle aussi indépendante. Cela, c'est le fondement, mais il n'ya pas non plus de démocratie au sens plein du terme lorsqu'il ya trop de prisonniers politiques au sort obscur et incertain, ou lorsque la liberté de circuler est arbitrairement contrôlée, ou bien encore quand l'éducation et la santé ne pas dispensées à  un niveau décent. Contrairement à  l'eau qui, pourvu qu'on la distille, peut être absolument pure, la démocratie n'est jamais absolue ni parfaite. La dictature non plus, d'ailleurs.

C' EST QUOI UN BON GOUVERNEMENT ?

Gouverner est un art pour lequel il faut, au départ, une vocation et, ensuite du talent. Mais qui est habilité à  reconnaître cette vocation et ce talent à  l'homme politique, où à  les lui dénier ? Constatons , qu'à près de millénaires de vie en société, il n'y a toujours pas " d'exercice illégal de la politique ", de sorte que c'est l'un des métiers où l'on peut continuer à  sévir sans vocation, sans talent et sans avoir appris. On finit par être expulsé,mais après avoir occasionné de considérables dégâts. Bien gouverner est donc terriblement difficile.Ce qu'il est nettement moins, c'est de dire ce qu'est un bon gouvernement, celui que la majorité des citoyens souhaitent sur le continent y compris les Congolais.

1. Un bon gouvernement, plus exactement un bon système de gouvernement est celui qui, sur le plan extérieur, vise-et obtient-que le pays dont il a la charge soit le moins dépendant possible des autres, et, en tout cas, à  bonne distance des grandes puissances, hors du tourbillon de leurs rivalités pour ne pas en être le jouet. Ayant ainsi préservé autant que faire se peut sa liberté d'action, ce qui requiert une sage politique économique, condition de l'indépendance financière, ce bon gouvernement veillera à  vivre en bon terme avec ses voisins et s’intégrera dans les organisations de sa région et du monde qui partagent les valeurs de la paix, de la démocratie et qui respectent les valeurs ancestrales et historiques de chaque pays.

2. Sur le plan intérieur, le plus important, un bon gouvernement se reconnaît à  deux signes principaux: a) Combien de prisonniers politiques ? Depuis combien de temps ? Ayant peu de cadres, un bon gouvernement ne les met pas en prison;il ne les force pas à  l'exil, ni intérieur ni extérieur.Il les utilise tous tous le mieux possible, selon leur compétence, sans trop tenir compte de leur appartenance ethnique ou de leur couleur politique. Dès lors que, à  l'inverse, un régime paralyse, emprisonne ou exile une partie des cadres de son pays, c'est un mauvais pouvoir et il va à  l'échec. Si, dans un pays, les prisonniers politiques se comptent par dizaines ou centaines, s'ils sont maintenus en prison de manière durable, quelles que soient les circonstances ou les excuses, le régime est mauvais. D'autant que, immanquablement,s'y ajoutent l'assassinat politique et la torture, l'hypertrophie des services spéciaux et secrets, celle de toutes les formes de police qui s'arrogent progressivement des pouvoirs exorbitants. Au détriment des citoyens, de la justice, de tout débat d'idées, sans parler de la démocratie.

b) Qui est au service de qui ? Le second critère qui ,permet de classer sans grande difficulté un gouvernement et le système qu'il a mis en place parmi les bons ou dans les mauvais, est bien connu des diplomates et des journalistes. Lorsque les uns ou les autres arrivent dans un pays, et avant d'approfondir l'investigation, ils observent les gens qui ont un pouvoir politique, économique ou même administratif, grand, petit ou moyen. Cela va du ministre à  son chauffeur, en passant par le chef de service, le douanier, le policier...: leur a-t-on inculqué qu'ils servent le citoyen et s'assure -t-on qu'ils sont toujours dans cet état d'esprit? Ou bien sont-ils portés à  se servir et à  opprimer, sans d'ailleurs en être bien conscients ? Dans le premier cas seulement, le gouvernement qu'ils servent est bon ou assez bon.

3. Au- delà  du constatable et de l'instantané, le gouvernement est celui qui prenant la mesure du retard accumulé, fait le choix stratégique de " réveiller" la communauté dont il a la charge, et de la conduire à  la modernité et le progrès. Mais il le fait avec précaution, c'est-à -dire : ° De manière progressive, sans brusquerie ni brutalité, " en laissant au temps le temps " et aux gens, la possibilité de s'adapter.

° Par le changement des conditions de vie-santé (30% des congolais souffrent de la malnutrition), nourriture, logement - et des mentalités par l'éducation, l'incitation au travail et à  la productivité (80% des congolais sont chômeurs !!!).

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