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jeudi 14 octobre 2021

RDC: Maréchal Mobutu Sese Seko dictateur, TELECEL prédateur sous la dictature!

RDC: Maréchal Mobutu Sese Seko dictateur, TELECEL prédateur sous la dictature!

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International


Telecel a servi le Maréchal Mobutu Sese Seko et ses dinosaures Mobutistes pour sa dictature. En même temps, Telecel a contribué à la chute de Mobutu. Il est bizarre que toute l'élite zaïroise qui entourait Mobutu que personne n'ait jamais alerté le Maréchal contre l'espionnage. Télécel-Congo, société privée de téléphonie mobile, a été accusée en août 1998 de "haute trahison".

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Au cours d'une allocution prononcée le 16 octobre 1998 devant les ambassadeurs et les corps diplomatiques, le ministre de l'information de la République démocratique du Congo (RDC), M. Didier Mumengi, a déclaré que l'entreprise de télécommunication Télécel (téléphones cellulaires) était contrôlée à 80 % par des Rwandais et, faisant allusion à l'invasion de la RDC par des unités régulières des armées ougandaise, rwandaise et burundaise en août 1998, a soutenu que cette société « a pris part au complot ourdi contre l'État congolais ».

Par ailleurs, une dépêche de l'agence International Press Service (IPS) datée du 13 juillet 1999 signale qu'environ 500 Tutsis de la RDC, ou Banyamulenge, ont été arrêtés peu après le début des hostilités en août 1998 et déportés pour la plupart au Rwanda, malgré le fait que nombre d'entre-eux se réclamaient de la nationalité congolaise. De plus, 109 autres Tutsis, internés dans des bases militaires à Kinshasa et à Lubumbashi depuis août 1998, ont été conduits le 4 juillet 1999 à l'aéroport international de Ndjili à Kinshasa et placés à bord d'un avion à destination du Rwanda (ibid.).  La dépêche indique également qu'un ancien employé de Télécel, Rusake Munguiko, qui figurait parmi les passagers, s'est dit peiné de quitter son Congo natal mais heureux de retrouver sa liberté après onze mois de détention.

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Joseph Gatt, l'américain de TELECEL

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Didier Miko Rwayitare, espion Rwandais de TELECEL

Aujourd'hui tout le regard est tourné vers l'escroquerie du RAM, personne ne soulève le fait qu'aucune société de télécommunication n'est Rdcienne. Toutes sont étrangères ! Le gouvernement de Tshilombo Tshintuntu préfère racquetter le peuple congolais à travers ces sociétés de télécommunication plutôt d'envisager le changement de paradigme doter la RDC des opérateurs téléphoniques 100% RDC. 

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En 1989, Miko Rwayitare crée "TELECEL". Le Maréchal Mobutu Sese Seko va lui faciliter la tâche en autorisant l'implantation au Zaïre du premier réseau mobile africain. Il s'agit d'une aubaine pour le Zaïre, car à cette époque, il n'existe aucune licence de télécommunications privées en Afrique. Dès sa première année d'implantation au Zaïre, TELECEL enregistre 3k abonnés et, dès 1992, Miko crée "TELECEL International" qu'il étendra, progressivement, dans 13 pays africains (Burundi, Bénin, Burkina, RCA, Côte d'Ivoire, Gabon, Niger, Ouganda, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe). "TELECEL International" deviendra, historiquement parlant, le premier opérateur privé de téléphonie mobile en Afrique. En avril 2000, Miko vend "TELECEL", pour 413 Mio USD, au groupe égyptien Orascom Telecom. Il décède le 25 septembre 2007 des suites d’une opération à l’intestin.

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Et si nous parlions de l'histoire TELECEL !

Lors d'une visite d'État officielle aux États-Unis, le président zaïrois Mobutu Sese Seko s'est vu remettre un téléphone portable Motorola et a été invité à appeler chez lui. C'était en 1985, il fallait donc le persuader que l'appareil - qui pesait autant qu'une bouteille de vin et se vantait d'une antenne rétractable - n'était pas un talkie-walkie. Mais une fois qu'il avait parlé à sa famille à Kinshasa, il n'avait plus besoin de convaincre. Le plan de Joseph Gatt et Miko Rwayitare se concrétisait. Ils ont fait cadeau à Mobutu de 10 appareils téléphoniques de marque Motorola, pour son usage personnel et son entourage. Les premiers téléphones présentés à Mobutu étaient lourds comme des briques. Mais le fait que le Maréchal Mobutu était désormais capable d'appeler partout où il était ses proches conseillers et sa famille, ayant reçu à le séduire le reste était facile. Personne dans son entourage ne s'est interrogé qui contrôlait désormais les appels du président Fondateur du MPR ! Qui avait intérêt à écouter ses conversations ? Que pouvait-on faire des informations de Mobutu ? 

Telecel, la société qu'ils ont officiellement fondée un an plus tard, compterait bientôt 3 000 abonnés au Zaïre, aujourd'hui la République démocratique du Congo – bien avant que les téléphones portables ne soient omniprésents en Amérique. L'infrastructure de ligne fixe presque disparue du Zaïre signifiait que l'élite du pays était prête à dépenser 5 000 $ pour un combiné et jusqu'à 16 $ par minute pour rester connectée. "J'avais une; il rentre juste dans mon sac », explique Michela Wrong, auteur de Sur les traces de M. Kurtz et journaliste indépendant pour Reuters à Kinshasa au début des années 90. "Je n'aurais pas pu travailler sans ça."

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Didier Miko Rwayitare, l'espion Rwandais de TELECEL !

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Joseph Gatt, son associé Américain de TELECEL !

Mais l'entreprise était aussi un hommage à l'ingéniosité humaine. Miko Rwayitare a fait des d'études d'ingénieur à l'université de Kinshasa au Zaïre, avant de bénéficier d'une bourse de la République du Zaïre pour l'université de Karlsrube en Allemagne. Ingénieur d'origine rwandaise, pistonné par Barthos, Barthelemy Bisengimana, directeur de cabinet de Mobutu, à son retour, Miko Rwayitare va successivement travailler au service de l'informatique à la présidence du Zaïre de Mobutu, puis dans la société minière d'État du Zaïre-Sozacom à Kinshasa, avec le pillage il devient prospère. Il aura le monopole d'être le distributeur au Zaïre, des ordinateurs Helwett-Packard et de Rank Xerox. Il fondera par la suite Mini Motors Zaïre (Suzuki) et Joseph Gatt, un Américain dont le travail avec Pan Am, il sera même pdg de Zaïre Airlines et l'hôtel Intercontinental...lui avait donné accès aux meilleurs cuivres du Zaïre ! Didier Miko Rwayitare et Joseph Gatte vont identifier lacune sur le marché et vont l'exploiter  à la perfection: Manque de pénétration du téléphone fixe au sein de la population Kinoise et zaïroise.  Lorsque le premier réseau cellulaire au monde a été installé à Washington, D.C., en 1983, les deux entrepreneurs savaient instinctivement que le cellulaire pouvait résoudre de nombreux problèmes de communication en Afrique. Mais ils ont également reconnu la pénurie totale de connaissances et de législation sur le continent. « Comment éduquer un gouvernement sur ce qu'est le cellulaire ? » a demandé Gatt dans une interview de 2008 avec AllAfrica.com. Vous lui donnez un téléphone portable et l'obligez à appeler à la maison, bien sûr.

Le moment de la visite de Mobutu aux États-Unis était fortuit, mais Gatt devait encore persuader National Car Rental de louer 10 combinés sans les voitures qui les accompagnaient, et Miko Rwayitare devait toujours programmer les téléphones sur la bonne fréquence. "Dieu merci, cela a fonctionné", a déclaré Joseph Gatt à propos du premier appel du président Mobutu.

Bien qu'impressionné, le dictateur - comme la plupart des gens en 1985 - n'avait pas pleinement compris à quel point la technologie allait changer la vie et il a d'abord refusé d'accorder une licence d'exploitation à Telecel.

En 1986, Miko Rwayitare acquiert une entreprise de technologie mobile américaine en difficulté, la cellular Development Technology-CDT, qui avait déjà crée une plate-forme de réseau AMPS Analogie aux Etats-Unis. Il va débourser 200.000 $ ( qui lui avait donné cette somme ? Et qui était derrière ?) et bénéficier d'un prêt d'un fonds d'investissement canadien pour acquérir la CDT. Pourquoi l'entreprise était américaine et le fonds devrait venir du Canada ? Pour brouiller des pistes.

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En 1987, après avoir accepté le projet et l'avoir promulgué comme loi, le gouvernement zaïrois accorde à TELECEL une licence d'exploitation en échange 1,5 million de dollar. Dès sa première année d'exploitation, TELECEL enregistre 3.000 abonnés sur l'étendue du Zaïre. A ce moment là, le service était limité à Kinshasa et ses clients étaient entièrement composés des dinosaures Mobutistes, hauts responsables du gouvernement zaïrois, des chefs d'entreprises et expatriés. Il ne restait plus qu'à acheter quelques centaines de combinés de vieux Motorola pour ériger un petit système à Kinshasa – à 3 000 $ la pièce – et les donner à Mobutu et à son entourage. "Ces 200 responsables zaïrois se sont téléphonés et se sont téléphonés à l'étranger au cours de l'année suivante sans payer un seul appel", écrit Sean Ndiho Obedih dans un profil de Miko Rwayitare. A la fin de la période d'essai, et face à la perspective de perdre ce qui était devenu un rouage essentiel de l'appareil étatique, Mobutu a accepté de leur donner leur licence… à condition qu'ils puissent proposer une législation pour l'industrie naissante. Joseph Gatt et Miko Rwayitare ont contracté les services d'un cabinet d'avocats parisien, qui a rédigé le règlement à partir de zéro. Bientôt, tous ceux qui étaient n'importe qui au Zaïre avaient un Telecel. Le coût exorbitant des deux combinés, Joseph Gatt et Miko Rwayitare les ont marqués jusqu'à 5 000 $) et des appels (ce tarif international de 16 $ était de courte durée, mais même les appels locaux coûtaient en moyenne 0,36 $ par minute) ne les rendait que plus désirables parmi l'élite zaïroise. Faux « savait [elle] était en présence de la grandeur quand [elle] a regardé le principal homme d'affaires du Zaïre jongler avec une rangée de Telecels sur la table basse devant lui. » (Les batteries n'ont duré que 60 minutes, il avait donc une excuse.)

Alors que Telecel a connu un énorme succès - au début, il faisait à ses propriétaires une moyenne de 800 $ par utilisateur et par mois - l'entreprise a rencontré des défis.  Quelque temps après, Miko étend son réseau sur l'ensemble du territoire zaïrois et, au début des années 90, il créé "TELECEL International" (en s'associant avec d'autres investisseurs privés). Le réseau est alors étendu dans 13 pays africain, en plus du Zaïre : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Gabon, Niger, Ouganda, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe. "TELECEL International" deviendra, historiquement parlant, le premier opérateur privé de téléphonie mobile en Afrique. En 2000, Telecel comptait plus de 400.000 abonnés dans les 13 pays, avant que 80% des actions détenues par les actionnaires fondateurs ne soient vendues, en avril 2000, pour 413 millions de dollars au groupe égyptien Orascom Telecom.

Lors d'un pillage militaire en 1991, des tas de matériel désinstallé ont été volés dans un entrepôt. Les soldats "ont découvert plus tard qu'ils ne pouvaient rien faire avec", a déclaré Gatt. "Personne ne savait comment l'assembler." Néanmoins, cela a coûté à Telecel 3 millions de dollars. En 1994, une société rivale appelée COMCELL a vu le jour pour contester le monopole de TELECEL. Très bien, sauf le gros patron de Comcell, Jean-Pierre Bemba, qui sera plus tard inculpé de crimes de guerre mais acquitté par la Cour pénale internationale, a choisi d'utiliser exactement la même fréquence que Telecel, brouillant ainsi toutes les communications pendant des mois. Finalement, COMCELL  a fait faillite, dit Wrong, qui « soupçonne » que « Mobutu a clairement indiqué qu'il avait besoin de TELECEL pour travailler ». Alors que la technologie mobile devenait moins chère et plus avancée et que les infrastructures de téléphonie fixe sur le continent continuaient de s'effondrer , Telecel et d'autres opérateurs mobiles se sont efforcés de conquérir le marché africain en croissance rapide. En 2000, une entreprise égyptienne a acheté 80 pour cent de Telecel, qui avait alors des opérations dans 14 pays africains, pour 413 millions de dollars. Miko Rwayitare, qui est devenu propriétaire de l'hôtel rendu célèbre par le film Hotel Rwanda, est décédé en Afrique du Sud en 2007. Joseph Gatt, qui n'a pas répondu aux demandes de commentaires, est retourné aux États-Unis et reste impliqué dans les télécommunications, selon son profil LinkedIn. 

Pendant ce temps, l'industrie qu'ils avaient engendrée s'est renforcée. Au cours de la première décennie du nouveau millénaire, la croissance mobile en Afrique a atteint en moyenne 30 % par an et il y a maintenant un demi-milliard d'utilisateurs sur le continent. Gatt n'avait pas tort lorsqu'il a dit - en 1983 - que la technologie mobile serait "très bonne pour l'Afrique".

Télécel-Congo, société privée de téléphonie mobile, est accusée en août 1998 de "haute trahison" par le Chef de l'Etat. Le mal qui gangrène depuis 1960 la Nation et l'Etat congolais: une classe politicienne prédatrice, lâche, corrompue, irresponsable, dépourvue de patriotisme, incompétente et prête à toutes les compromissions pour servir une dictature sanguinaire. TELECEL est un exemple  la prédation nationale dont l'enrichissement individuel illicite est l'incitatif et l'absence d'Etat la cause favorable. Le plan national du numérique Horizon 2025 est un fourre-tout, il n'est pas projectiviste. Pour preuve, le RAM n'est qu'une escroquerie du gouvernement Tshilombo sur des pauvres citoyens. La Télécommunication relève de la souveraineté d'un pays. Abandonner sa télécommunication aux opérateurs étrangers privés  est une irresponsabilité. A MBANZA NZAMBI ou KONGO DIA NTOTILA aucune société privée fut-elle internationale ne s'occupera de la Télécommunication ! 

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 Miko Rwayitare décède à 66 ans, le 25 septembre 2007 dans une clinique bruxelloise de suite d’une opération à l’intestin. Il était déjà établi en Afrique du Sud depuis 1997, depuis la chute du Président Mobutu et l'arrivée de M'Zée Laurent-Désiré Kabila.

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mardi 12 octobre 2021

RDC: Télécommunication, Didier Miko Rwayitare l'espion Rwandais de TELECEL !

RDC: Télécommunication, Didier Miko Rwayitare l'espion Rwandais de TELECEL !

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Le régime du Maréchal Mobutu Sese Seko était gangrené et métastasé par la corruption. Didier Miko Rwayitare et Joe Gatt, devenus des associés vont à la recherche de solutions techniques au Japon puis aux Etats-Unis. Les téléphones portables, en forme de briques, des années 1980 seront bientôt présentés par Miko Rwayitare et son associé au dictateur Mobutu Sese Seko !

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

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Didier Miko Rwayitare, l'espion Rwandais de TELECEL

La Télécommunication est de l'ordre de la souveraineté d'un Etat. L'escroquerie du RAM par Augustin Kibassa, ministre PT-NTIC, en complicité avec  Tshilombo Tshintuntu, Athony Tshisekedi et Isabelle Kibassa escroquerie familiale Le régime dictatorial et sanguinaire du Maréchal Mobutu Sese Seko était gangrené et métastasé par la corruption. Et bien, un fruit ne tombe que quand il est mûr! Mais devant l'ouragan ou la tempête de l'histoire, mûr ou pas mûr, il tombe quand même! L'histoire de TELECEL en République démocratique du Congo est prédation, spoliation, espionnage... d'après l'ouvrage de notre compatriote Frédéric Bola Ki-Khuabi dans son ouvrage TELECEL-CONGO "La Prédation en République Démocratique du Congo", Harmattan 2004.

TELECEL-CONGO, société privée de téléphonie mobile, a été accusée en août 1998 de "Haute Trahison" par le chef d'Etat. La position privilégiée de l'auteur va le mettre en contact direct avec le mal qui gangrène depuis 1960 la Nation et l'Etat congolais: une classe politicienne prédatrice, lâche, corrompue, irresponsable, dépourvue de patriotisme, incompétente et prête à toutes les compromissions pour servir une dictature sanguinaire. L'auteur décortique ici un exemple de la prédation nationale dont l'enrichissement individuel illicite est l'incitatif et l'absence d'Etat la cause favorable.

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D'origine rwandaise, Miko Rwayitare , le richissime homme d’affaires rwandais, était porteur d'un passeport de la République démocratique du Congo, lorsqu'il quitta l'Afrique du Sud pour Bruxelles en Belgique. Il était âgé de 66 ans âgé lorsqu'il a succombé, lundi le 24 septembre 2007, à une hémorragie suite à son opération intestinale dans un hôpital de Bruxelles en Belgique. C'est un des amis de sa famille, Servilien Sebasoni, qui était chargé de la communication au sein du Front Patriotique Rwandais (FPR) qui avait confirmé sa mort à la presse. Miko Rwayitare venait d’acheter l’Hôtel des Mille Collines, en plein centre de Kigali, par le biais d’une compagnie des hôtels appelée MIKHOR, avait sa famille au Rwanda mais sa femme vivait avec lui en Afrique du Sud. "Mille Collines" est très connu notamment dans un célèbre film controversé "Hôtel Rwanda", une œuvre qui a été inspirée d’un témoignage d’un Hutu, ancien directeur de cet hôtel, Paul Rusesabagina, aujourd'hui condamné à 25 ans de prison par le régime autocratique de Paul Kagamé,  qui pendant près de cent jours, entre avril et juin 1994, selon ses déclarations, avait tenté de sauver les 1.268 Tutsis et Hutus modérés réfugiés dans son hôtel. Une affirmation contestée par les rescapés du génocide de 1994.

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Barthos Barthélemy Bisengimana Rwema qui a acquis la nationalité zaïroise aux Rwandais.

Barthos Barthélemy Bisengimana Rwema, le tout-puissant directeur de cabinet du président Mobutu Sese Seko, de mai 1969 jusqu'en février 1977, fut aussi un grand mafieux. Rwandais de Cyangungu, il profita de sa position à la Présidence de la République pour n'accorder des bourses d'études qu'aux réfugiés Rwandais qui résidaient au Congo. C'est comme ça que Didier Miko Rwayitare, né au Rwanda en 1942 va bénéficier d'une bourse d'études à l'université de Lovanium où il a fait des études d’ingénieur et il va poursuivre ses études à l'Université de Karlsruhe en Allemagne. A son retour au Zaïre, aujourd'hui la République démocratique du Congo, il a travaillé successivement au Service Informatique de la Présidence du Zaïre et à la Sozacom, sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa, avant de devenir un prospère entrepreneur. Distributeur au Zaïre des ordinateurs Hewlett-Packard et de Rank Xerox, il fondera, par la suite, Mini Motors Zaïre (Suzuki) qui en réalité l’aidera à mettre sur pied TELECEL.

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Miko Rwayitare, l'espion Rwandais de TELECEL

Plusieurs années auparavant, Barthos Barthélemy Bisengimana Rwema va convaincre le Président Mobutu Sese Seko, en complicité avec Léonbitch Kengo Wa Dondo de garder Baligaza au poste de Président-Directeur-Général de l'Office National de Poste et Télécommunication du Zaïre (ONPTZ). On fit en sorte que rien ne puisse fonctionner à l'ONPTZ: plus de distribution des courriers, plus de téléphone fixe, les agents sont impayés donc démotivés...pourrissement de la situation !

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ONPTZ sera cannibalisé au profit de TELECEL

Didier Miko Rwayitare avait fait sa fortune en République démocratique du Congo (Ex-Zaïre). On dit de lui, qu'il était créateur de la première grande compagnie de téléphonie portable africaine, TELECEL, mais aussi le premier homme noir, à avoir passé un coup de fil sur un téléphone portable en Afrique ...L'américain Joe Gatt était un homme d'affaires prospère dans le Zaïre du Maréchal-Dictateur Mobutu Sese Seko. Il était même qui le Président-directeur-général de la compagnie nationale Air Zaïre à Kinshasa. Joe Gatt a fait la connaissance de Miko Rwayitare, en 1977, alors que Barthos Barthélemy Bisengimana Rwema est encore Directeur de cabinet du Président Mobutu Sese Seko, pour quelques mois encore.

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Joe Gatt, l'américain associé de Miko Rwayitare pour TELECEL

Six ans plus tard, Miko Rwayitare qui dirige alors une société d' importation de systèmes bureautiques, va proposer comme par la magie de réfléchir à Joe Gatt, qui est devenu l'ex-patron d'Air-Zaïre, d'installer un réseau de téléphones portables dans un pays où le réseau de lignes fixes est en train de s' écrouler. Vingt-quatre mille lignes pour 30 millions d'habitants, c'est six cents fois moins qu'aux Etats-Unis.

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La valise de Mobutu

Aucun des deux hommes n'a la moindre compétence dans ce domaine si neuf à l'époque . Dans les pays où les premiers réseaux de portables ont été mis en place, les tarifs sont si élevés que "même mes avocats de New York me disaient que c'était au-dessus de leurs moyens", raconte Joe Gatt devant la famille et les amis. Le téléphone portable au Zaïre ? Cela ressemble à une mauvaise blague. Impossible de trouver des téléphones, impossible de définir la licence.

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Didier Miko Rwayitare et Joe Gatt, devenus des associés vont à la recherche de solutions techniques au Japon puis aux Etats-Unis. Les téléphones portables - en forme de briques - des années 1980 seront bientôt présentés par Miko Rwayitare et son associé au président Mobutu Sese Seko en voyage aux Etats-Unis en 1985.

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"Quand il l'a essayé et qu'il a appelé la présidence, j'ai su qu'il était tombé sur quelqu'un de la famille. Il disait : peux-tu répéter pourquoi tu as besoin que je t'envoie de l' argent. Pour acheter un nouveau quoi ?"

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Miko Rwayitare et Joseph Gatt, font cadeau au Maréchal-Dictateur Mobutu Sese Seko 10 téléphones portables de marque Motorola, pour son usage personnel et celui de son entourage. Les premiers téléphones cellulaires présentés au dictateur Mobutu étaient lourds comme des briques. Mais Mobutu était désormais capable d'appeler de partout où il était ses proches conseillers et sa famille. Ayant parvenu à le séduire, le reste était facile.

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En 1986, Miko Rwayitare acquiert une entreprise de technologie mobile américaine en difficulté, la Cellular Development Technology (CDT), qui avait déjà créé la plate-forme de réseau analogique AMPS aux États-Unis. Il va injecter, pour ce faire 200.000 $ et un prêt d'un fonds d'investissement canadien pour acquérir la CDT. Puis, le Président Mobutu va lui faciliter la tâche en autorisant l'implantation au Zaïre du premier réseau mobile africain. C'était une aubaine pour le Zaïre car à cette époque-là, il n'y avait pas de licences de télécommunication privées en Afrique et le gouvernement zaïrois ne savait pas comment en construire un.

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Miko Rwayitare avait engagé un cabinet d'avocats français pour rédiger une législation qui permettrait à TELECEL d'exploiter officiellement et légalement un réseau de télécommunications au Zaïre.

En 1987, après avoir accepté le projet et l'avoir promulgué comme loi, le gouvernement zaïrois accorde à TELECEL une licence d'exploitation en échange de 1,5 million de dollars. Dès sa première année d'implantation, TELECEL enregistre 3.000 abonnés sur l'étendue du Zaïre. A ce moment-là, le service était limité à la région de Kinshasa et ses clients étaient entièrement composés de hauts responsables du gouvernement zaïrois, des chefs d'entreprises et d'expatriés.

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Quelque temps après, Miko étend son réseau sur l'ensemble du territoire zaïrois et, au début des années 90, il créé "TELECEL International" (en s'associant avec d'autres investisseurs privés). Le réseau est alors étendu dans 13 pays africain, en plus du Zaïre : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Gabon, Niger, Ouganda, Tchad, Togo, Zambie et Zimbabwe. "TELECEL International" deviendra, historiquement parlant, le premier opérateur privé de téléphonie mobile en Afrique. En 2000, TELECEL comptait plus de 400.000 abonnés dans les 13 pays, avant que 80% des actions détenues par les actionnaires fondateurs ne soient vendues, en avril 2000, pour 413 millions de dollars au groupe égyptien Orascom Telecom.

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Mai 1997, Mobutu Sese Seko, Nelson Mandela et Laurent-Désiré Kabila dans le bateau SAS Outeniqua

Qui tient la communication d'un Etat, tient le pays. TELECEL a fonctionné à ses débuts avec les équipements de l'ONPTZ qui a été cannibalisé au profit d'une société privée. Le Maréchal-Dictateur pour son intérêt personnel a vendu le pays. De 1986 à 2000, la communication de la République démocratique du Congo était entre les mains de Didier Miko Rwayitare et de son associé américain. Le Front Patriotique Rwandais de Paul Kagamé a bénéficié des services de Miko Rwayitare. Tous les dignitaires étaient abonnés de TELECEL. Lorsque le Maréchal-Dictateur Mobutu Sese Seko s'est ravisé et a autorisé COMCELL pour faire concurrence à TELECEL s'était déjà trop trop tard. Miko Rwayitare avait plus d'abonnés que Jean-Pierre Bemba. En 1996, lorsque la guerre a commencé à l'Est avec le prétexte de chasser Mobutu parce que la Conférence Nationale Souveraine (CNS) a décidé de retirer la nationalité congolaise aux Banyamulenge, le pays était déjà miné.

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Au Kivu, Mulenge est une colline qui ne peut jamais engendrer ! Hier, ils étaient des Banyamulenge et aujourd'hui, ils s'autoproclament Tutsis-congolais. Une ethnie qui n'a jamais existe en RDC. Durant toute la guerre d'agression-invasion Rwando-Ougando-Burundaise, les Tutsis et leurs alliés congolais vont emboucher la trompette de la défense des Banyamulenge. Avec des généraux devenus des commerçants, des politicailleurs rêveurs, des dignitaires corrompus...TELECEL entre les mains de Miko Rwayitare qui soutenait Paul Kagamé au Rwanda, comment pouvait-on faire face ? Le Maréchal-Dictateur Mobutu Sese Seko en prononçant cette phrase: "J'ai été poignardé dans le dos ! Avait-il pensé à ses anciens partenaires et soutiens qui l'avaient abandonné...y compris Miko Rwayitare avec son TELECEL ?

 

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Un pays se protège. Lorsqu'on voit des dinosaures Mobutistes qui ont tourné casaque pour devenir des Mammouths Joséphistes aujourd'hui Tshilomboïstes patentés et soutiennent  un régime d'imposture et d'occupation dont Tshilombo Tshintuntu n'est qu'un pantin marionnette de Kigali. Sans se tromper on peut affirmer que la classe politique congolaise est irresponsable, corrompue, opportuniste et ventriote.

La guerre éclaire de l'Afdl et ses Kagodos en bottes de jardinier prouve à dessein que le Zaïre était infiltré jusque dans sa colonne vertébrale.

Le Rwanda de Juvénal Habyarimana fut attaqué en 1990 par le Front Patriotique Rwandais depuis l'Ouganda, et son gouvernement fut renversé en 1994. Le Zaïre de Mobutu fut attaqué en 1996 par des troupes Rwando-Ougando-Burundaise avec une fausse couverture de Banyamulenge, et le Maréchal-Dictateur a été renversé en 1997. Un coup d'Etat du Zaïre par des envahisseurs et occupants. Guerre contre le Zaïre camouflée en une guerre de libération. 

La République démocratique du Congo est sous occupation. Elle est infiltrée dans toutes les institutions républicaines et services administratives.

Barthos Barthélemy Bisengimana Rwema et Miko Rwayitare ont réussi d'infiltrer la République et ils ont joué un rôle prépondérant et ont contribué à la déliquescence d'un Etat corrompu et failli.

20 ans que les Congolais n'ont pas une carte d'identité nationale, des fausses rébellions, des élections frauduleuses, le refus de recensement des populations...sont faits exprès.

Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale est entrain d'accomplir sa néfaste mission au Congo. Il règne par défi avec des Mobutistes , ceux-là mêmes qui étaient censés protégés le Congo. En bon jouisseur, ils jouissent en toute impunité car ils n'ont jamais répondu de leurs crimes.

A Mbanza Nzambi ou Kongo Diantotila, la Télécommunication sera Kongo. Aucune entreprise étrangère gérera notre communication. 

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mercredi 21 avril 2021

Le Maréchal Idriss Déby s'en va ! Folie de grandeur, ces maréchaux dieux d'Afrique !

Le Maréchal Idriss Déby s'en va ! Folie de grandeur, ces dieux d'Afrique ! 

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

Idriss-Déby-se-voit-Napoléon.jpg, avr. 2021

Maréchal, ce grade se perçoit désormais comme étant le dernier trône des dictateurs avant leurs chutes. En Afrique, on a connu Jean Bedel Bokassa qui ne voulait pas qu'on lui parle de la mort. En Ouganda, il y a eu un certain Idi Amin Dada, lui aussi maréchal. Chez nous au Congo, l'ancien Zaïre donc, tout a été dit sur Mobutu Sese Seko, sauf rien. Le maréchal aimait le pouvoir !

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La plupart des grands tyrans de l'histoire furent des personnages extravagants, dont l'évocation garantit le spectacle. Mégalomanie, folie et monstruosité sont des traits de caractère susceptibles de vicier les images d'ambiguïté, pour peu qu'on succombe à leur fascination. Il y a sur terre des hommes qui pensent être devenus immortels. Le pouvoir parfois rend fou. En Afrique, on a connu Jean Bedel Bokassa qui ne voulait pas qu'on lui parle de la mort. Après Dieu c'était lui, le maréchal centrafricain. En Ouganda, il y a eu un certain Idi Amin Dada, lui aussi maréchal. Une légende raconte qu'il connaissait le goût de la chair humaine, et du sang. Chez nous au Congo, l'ancien Zaïre donc, tout a été dit sur Mobutu Sese Seko, sauf rien. Le maréchal aimait le pouvoir et n'avait vraiment aucune intention de passer la main. Lui aussi maréchal, le dernier grade au sein de l'armée. En Afrique du Nord, le général président égyptien Hussein Mohamed s'était fait bombarder maréchal lui aussi. Décidément, ce grade se perçoit désormais comme étant le dernier trône des dictateurs avant leurs chutes.

1. Idriss Déby Itno: L’ogre du Sahel et Maréchal du Lac Tchad !

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Le Maréchal-président tchadien, Idriss Deby Itno, à la tête du pays depuis plus de 30 ans, est décédé alors que l'on vient d'annoncer sa réélection pour un sixième mandat.

Idriss Déby Itno, maréchal et Président du Tchad n’est plus. C’est une évidence. Mais les circonstances de sa mort demeurent encore floues et soulèvent des interrogations qui suscitent des hypothèses. L’homme pourrait avoir été purement et simplement éliminé… par les siens.

Coup de théâtre au Tchad! Le président depuis plus de 30 ans, en passe d'être largement réélu, est décédé après avoir été blessé dans les combats contre des rebelles. «Idriss Déby Itno vient de donner son dernier souffle en défendant l'intégrité territoriale sur le champ de bataille. C'est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad», a annoncé le porte-parole de l'armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l'antenne de la télévision tchadienne.

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Peu après, l'armée a annoncé à la radio d'Etat qu'un des fils du président, Mahamat Idriss Déby Itno, commandant de la garde présidentielle, avait été nommé à la tête d'un conseil militaire chargé de prendre la succession du président défunt.

La veille au soir, la commission électorale tchadienne avait annoncé que l'indéboulonnable président, au pouvoir depuis 1990, avait été réélu avec 79,32% des voix. Cette victoire électorale ne faisait aucun doute après l'élection verrouillée du 11 avril. Mais la précipitation des autorités à annoncer des résultats encore partiels avait interpellé. 

Le jour du scrutin, un mouvement rebelle avait mis ses menaces à exécution en entrant dans le nord du Tchad depuis la Libye. Ces derniers jours, le Front pour l'alternance et la concorde du Tchad (FACT) avait progressé dans le désert jusqu'à la province du Kanem, à quelques centaines de kilomètres seulement de la capitale N'Djamena.

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Idriss Déby, qui était lui-même parvenu au pouvoir par les armes, s'était personnellement rendu sur le front. Malgré les communiqués victorieux de son armée, faisant état de centaines de rebelles tués, c'est dans ces circonstances que le président a été blessé. Idriss Déby avait été confronté à plusieurs reprises à des rébellions. En 2018, son régime avait été sauvé in extremis par une intervention militaire française, alors que les rebelles étaient sous les fenêtres du palais présidentiel.

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Au fil de son règne, Idriss Déby a su se rendre indispensable aux yeux des Occidentaux, et en particulier de la France. Le Tchad accueille en effet plusieurs bases miliaires françaises. Il est un allié clef de Paris dans la lutte contre les djihadistes au Sahel. Malgré son instabilité, le Tchad n'a pas hésité à envoyer ses soldats dans les pays voisins, comme au Mali et au Nigeria, pour combattre les groupes djihadistes.

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Quelles sont les réactions suite au décès de cet allié clé qui a positionné le Tchad comme une puissance militaire dans la sous région ?

Idriss Deby Itno sera inhumé ce vendredi 23 avril dans son village d'Amdjarass, dans l'intimité familiale, après avoir reçu un hommage militaire en présence des chefs d'Etat.

Considéré comme un autocrate par certains, il était aussi vu comme un rempart contre le terrorisme et instabilité dans le Sahel.

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2. Jean Bedel Bokassa: Un soudard autoproclamé Empereur qui a fini comme prophète en Centrafrique !

Jean Bedel Bokassa (22 février 1921 - 3 novembre 1996) était considérait comme un soudard par le Général de Gaulle qu'il appelait "Papa". Il se disait lui-même "Gaulliste". Ancien président de la République centrafricaine (de 1966 à  1976), par mégalomanie il s'était autoproclamé empereur sous le nom de Bokassa Ier de 1976 à  1979. A Bangui, plus rien ne subsiste des fastes grand-guignolesques du couronnement, le 4 décembre 1977. Le maréchal-président à  vie Bokassa avait pourtant vu grand, engloutissant une année du budget de l'État dans la fête. Une partie des fonds était allée aux prisons, pour y entasser les derniers opposants. ``A l`occasion de la fête nationale du 1er décembre 2010 et des festivités du cinquantenaire de la proclamation de l`indépendance de la République Centrafricaine, Jean-Bedel Bokassa, ancien président de la République condamné, gracié et décédé, est réhabilité dans tous ses droits, indique ce décret daté du mardi 30 décembre 2010 lu à  la radio nationale centrafricaine. Le président centrafricain François Bozizé a réhabilité dans tous ses droits l`ex-président et empereur Jean-Bedel Bokassa décédé en 1996, qui avait été condamné à  mort en 1987 puis gracié et libéré. ``Cette réhabilitation de droit (...) efface les condamnations pénales, notamment les amendes et les frais de justice, et fait cesser pour l`avenir toutes les incapacités qui en résultent, poursuit le décret.

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Bangui novembre 1986, procès de Jean-Bedel Bokassa, un procès à  grand spectacle.

Accusez Bokassa: Levez-vous !

En 1965, lors du `` coup d`État de la Saint-Sylvestre, un cousin de Dacko, le colonel Jean-Bedel Bokassa, s`empare du pouvoir. Il abroge la Constitution et se déclare président-maréchal à  vie. Le 4 décembre 1976, le congrès extraordinaire du MESAN rénové  proclame l`Empire centrafricain. Le maréchal Bokassa devient l`empereur Bokassa Ier. Il est couronné le 4 décembre 1977. La liberté d`expression est supprimée et les opposants sont jugés par des tribunaux militaires et, pour la plupart, condamnés à  mort.

Ce 26 novembre 1986, date à  laquelle s'ouvre, à  Bangui, la première audience de l'ex-empereur Jean-Bedel Bokassa. Onze chefs d'accusation sont inscrits sur la feuille du président du tribunal, Édouard Franck. Ils ont déjà  valu à  l'ex-empereur d'être condamné à  mort par contumace, le 19 décembre 1980, pour `` assassinat, recel de cadavres, anthropophagie, atteinte aux libertés individuelles, coups et blessures volontaires et détournement de fonds publics. Conscient de risquer sa tête pour de bon, celui que les journalistes appellent maintenant Papa Bok , en référence au tyran haïtien Papa Doc, a appelé à  la rescousse quatre avocats dont deux as du barreau de Paris, Mes Francis Szpiner et François Gibault. Au palais de justice de Bangui, la foule – ou plus exactement ceux qui ont eu la chance de pouvoir se glisser dans la salle – gronde en sourdine. On se pousse du coude pour voir l'homme grisonnant devant lequel, dix ans auparavant, tous rampaient, de peur ou de servilité.

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Chef d'État destitué, maréchal dégradé, le roi est nu ou, plutôt, vêtu misérablement de la tenue des prisonniers du fort de Roux, à  sa première sortie de prison. Il renoue ensuite avec le complet veston. Le miracle qu'il espérait en rentrant au pays ne s'est pas produit: la foule ne l'a pas acclamé tel le nouveau Napoléon qu'il rêvait d'incarner. Le mythe a vécu, il n'aura droit ni à  ses Cent-Jours , ni à  la tribune qu'il réclamait, le stade de 10000 places où sa comparution était initialement prévue, les lieux mêmes qui avaient vu se jouer son sacre.

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Bokassa se couronna finalement empereur le 4 décembre 1977 au cours d'une cérémonie à  laquelle 5 000 invités assistèrent, notamment le ministre français de la Coopération, Robert Galley ; aucun chef d'État ne fit cependant le déplacement. Il revêtit pour l'occasion le même costume que le maréchal Ney lors du sacre de Napoléon Ier. Son titre complet était `` Empereur de Centrafrique par la volonté du peuple centrafricain, uni au sein du parti politique national : le MESAN  ("Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire"). Ce dernier épisode lui valut une réputation de mégalomane. Bokassa justifiait ses actions en déclarant que la création d'une monarchie aiderait la Centrafrique à  se distinguer des autres pays africains et à  gagner le respect des autres pays du monde. Il prétendit mettre en place une monarchie constitutionnelle, mais son régime demeura une dictature violente.

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En 1979, Jean Bedel Bokassa ne jouissait plus de sa popularité passée. En janvier, il réprima dans le sang des manifestations de lycéens. Amnesty International et une commission de juristes internationaux établirent qu'il participa au massacre dans la prison de Bangui de 100 enfants qui avaient été arrêtés pour avoir protesté contre le coût trop élevé des uniformes scolaires imposés par l'empereur ; Bokassa nia toujours farouchement son implication dans ce massacre. Des rumeurs prétendaient que Bokassa s'adonnait au cannibalisme à  l'occasion, ce qui lui valut le surnom de  l'Ogre de Berengo , mais ces accusations furent rejetées lors de son procès et jugées improbables par les nombreux enquêteurs dépêchés sur place à  la suite de son renversement. Il semblerait que cette histoire ait été inventée par les services secrets français pour ajouter du crédit à  l'image de monstre qu'on voulait donner de Bokassa à  l'époque pour justifier son renversement.

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3. Idi Amin Dada, le roi de la bouffonneries !

« Son excellence le Président à vie, Maréchal  Alhadji Docteur Idi Amin Dada, titulaire de la Victoria Cross, DSO, titulaire de la Military cross et Conquérant de l’Empire britannique. » Rien a priori ne prédisposait l'Ouganda, un Etat sans débouchés maritimes et aux faibles ressources, à la célébrité. Et pourtant, un homme, le maréchal Idi Amin Dada, va faire connaître son pays dans le monde entier dans les années 70 avec ses frasques et ses bouffonneries, mais aussi avec les dizaines voire centaines de milliers de personnes disparues ou assassinées pendant ses huit années passées au pouvoir. Retour sur la vie de celui que l'on surnommait à l'époque le «boucher de l'Afrique».

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C’est avec toute cette déférence qu’il faut le nommer. Idi Amin Dada restera, de mémoire africaine, l’un des dictateurs les plus sanguinaires et fous de l’histoire de la politique. C’est en Ouganda, son pays, qu’il exercera pendant huit ans, du 25 janvier 1971 au 11 avril 1979, une répression sans limites, mettant les citoyens au service de sa mégalomanie et de sa cruauté.

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Idi Amin Dada serait né le 17 mai 1928 dans le village de Kampala (Ouganda), sous l e nom d’Idi Awo-Ongo Angoo. Son père se serait convertit à l’Islam en 1910 et aurait alors prit le nom d’Amin Dada. Après une carrière de soldat dans l’armée britannique, il rentre en Ouganda et intègre la police. Sa mère serait originaire du Congo Kinshasa, et guérisseuse-chamane, fille d’un chef tribal. Elle sera pendant des années au service de la famille royale traditionnelle du pays. En 1931, ses parents se séparent, Amin soupçonnant sa femme de le tromper avec le roi, qui est selon lui le père d’Idi Amin et de ses cadets. Elevé seul par une mère aux pratiques mystiques, il baigne durant toute son adolescence dans un monde entre occultisme et réalité, ce qui influence certainement sa stabilité psychique.

Idi Amin effectue différentes tâches avant d’être recruté comme aide-cuisinier par un régiment colonial britannique de la King’s African Rifles en 1946. Comme il est robuste et impressionnant (1m91 pour 100 kg), il est démit de ses fonctions à la cuisine et à la buanderie pour être réquisitionné comme soldat. Il combattra en Somalie et au Kenya  et demeurera plusieurs années dans ce dernier. C’est d’ailleurs au Kenya qu’il acquiert le grade de Caporal puis de Sergent, en 1953. Soldat docile, champion de boxe ougandais (catégorie poids-lourds), champion de natation mais  surtout analphabète, il prend rapidement du galon au sein de l’armée après son retour au pays en 1954. En 1958, il est nommé chef de peloton puis atteint le plus haut grade de l’armée pour un noir au sein d’un régiment coloniale. Etant donné son faible niveau scolaire, c’est grâce à des pitreries et à une efficacité sans failles, qu’il obtient de l’avancement, échouant à tous les examens formels.

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L’indépendance est proclamée le 9 octobre 1962 et le roi Mutesa II devient le premier président de la République. Soutenu par Idi Amin, il le récompense en étendant son pouvoir au sein de l’armée. Il le nomme capitaine en 1963, puis, commandant-adjoint de l’armée ougandaise l’année suivante. Milton Oboté, le premier ministre, entretient une proximité  corrosive avec Idi Amin et très vite, les deux sont impliqués dans une affaire de trafique de matières premières en provenance du Congo Kinshasa. Irrité par l’ingérence de Mutesa II, Oboté fomente un coup d’Etat : Idi Amin, le  nouveau chef des Etats-Majors, le soutient et se rend au Bouganda, fief du roi et président, avec l’armée en 1966. Le Roi est destitué, plusieurs ministres sont arrêtés et Oboté suspend la constitution de 1962, abolissant le fédéralisme, les royaumes et anéantissant ainsi le pouvoir du roi. Mutesa II sera contraint à l’exile chez ses anciens colons, en Grande-Bretagne, où il décède en 1969.

Oboté impose la dictature avec la naissance d’un parti unique exclusivement contrôlé par lui. Etant originaire du nord du pays, comme son compère Dada, ce coup d’Etat signifie également une revanche tribale sur les ethnies du Sud que les nordistes trouvent privilégiés. Dada a autorité pour choisir les membres de son armée. Ainsi, il privilégie les ougandais de son ethnies et quelques musulmans de la région du Nil.

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Pourtant, les relations entre les deux hommes se détériorent rapidement. En effet, Oboté ne tarde pas à comprendre que Dada est un allié incontrôlable. Ce dernier rêve de pouvoir et prépare alors un coup d’éclat. En 1969, un coup d’état se prépare contre Milton Oboté. Le brigadier général Okoya en informe Idi Amin Dada et l’avertit qu’il s’apprête à déjouer le méfait, seulement, il est le seul opposant militaire déclaré de Dada. Le 25 janvier 1970, Okoya est assassiné à son domicile, avec son épouse ; ce drame dégrade définitivement l’entente entre Oboté et Dada… Le président soupçonne son sous-fifre de prendre des libertés et cherche alors à l’évincer de sa sphère politique. Il le fait d’abord placer en résidence surveillée, puis, le rétrograde en lui retirant le commandement de l’armée au profit de tâches administratives sans réelle envergure. La prochaine étape étant de l’arrêter pour le neutraliser définitivement, Idi Amin Dada réagit en lui arrachant le pouvoir par un Coup d’Etat le 25 janvier 1971, soit un an après le meurtre d’Okoya. Milton Oboté se trouve alors à Singapour afin d’assister à une réunion des états du Commonwealth.

Comme à l’accoutumée, la communauté internationale soutient Idi Amin Dada dans cette prise de pouvoir brutale. En effet, des la fin des années cinquante, l’indépendance des états d’Afrique s’annonce comme suite logique de la période de décolonisation. Les britanniques, comme les autres occidentaux, sont désireux de porter au pouvoir des pions sur lesquels ils pourront compter pour garder le contrôle de leurs anciennes colonies. Aussi, un analphabète tel que Dada, brutal et  intellectuellement limité, représente le candidat parfait pour donner au peuple ougandais l’illusion d’une souveraineté autonome, tout en gardant la mainmise sur l’Etat. Néanmoins, personne n’aurait pu prédire le carnage…

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Au départ, il ne se montre pas le tyran sanguinaire qu’il sera durant huit années consécutives. Les ougandais placent également leur confiance en ce nouveau gouvernement. Idi Amin organise même des funérailles nationales pour le roi Mutesa II, libère des prisonniers, détruit la police secrète ougandaise et promet même d’organiser des élections libres. Mais, le vent tourne rapidement et, progressivement il révèle sa barbarie en montant un service d’intelligence nationale, The State Research Bureau. Ce dernier est chargé d’assassiner les opposants, avérés comme potentiels, d’emprisonner quiconque n’ayant pas soutenu sa venue au pouvoir ou proche de l’ex-président Oboté. Ce dernier tente d’ailleurs, depuis la Tanzanie où il est exilé, de reprendre le contrôle par invasion en 1972, sans succès. En représailles, Dada fait bombarder plusieurs villages tanzaniens et une véritable chasse ethnique est déclarée. Déjà psychologiquement perturbé, Dada devient paranoïaque à un degré tel que tous, même ceux de sa propre garde, sont suspectés de vouloir l’assassiner. Le 4 août 1972, il décrète que tous les asiatiques présents sur le territoire doivent partir sous 90 jours, d’après un rêve que dans lequel dieu lui serait apparu. 50 000 trouvent asile sur des terres britanniques, les autres, indiens, encore présents, seront en proie aux pillages et aux exactions. Le délire impériale du dictateur va jusqu’à déclarer qu’une grande partie du Kenya, ainsi qu’une grande partie du Sud Soudan appartiennent historiquement à l’Ouganda. Nairobi refuse et mobilise son armée, Dada abandonne cette idée de conquête. Le régime devient ultra-militaire et près de 20 000 personnes composent le staff de sécurité personnelle d’Amin Dada. Chaque jour, il se procure des armes et annonce des décrets, par voix radiophonique, qui entérinent la chasse à l’ennemi imaginaire et alourdissent la répression. La Grande-Bretagne interrompt ses financements et ferme son ambassade à Kampala en 1976, comme l’avaient fait  les Etats-Unis en 1973.

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Boycotté par l’oligarchie occidentale, Dada se rapproche de la Libye de Khadafi, ses relations avec Israël, anciennement ami, se dégradent au profit du rapprochement de Dada avec la Palestine, où il financera les nationalistes révolutionnaires. Il devient de plus en plus incontrôlable, faisant exécuter chaque jour des travailleurs libéraux (professeurs, journalistes, juges…) ; des villages sont rasés ; les tribunaux militaires remplacent les tribunaux civils.C’est à partir de 1975 qu’il s’autoproclame d’abord maréchal, puis, président à vie et prend également la tête de l'OUA (Organisation pour l’Unité Africaine). Durant le sommet qui a lieu à Kampala, il organise des démonstrations de puissance et défile en automobile pour symboliser sa consécration. De plus en plus mégalomane, il s’invente différents titres, accompagnés de décorations militaires, et finit même par se proclamer Roi d’Ecosse. En 1977, alors que le Royaume-Uni a définitivement interrompu ses relations diplomatiques avec l’Ouganda, Idi Amin Dada retourne la situation et se convainc d’une victoire contre le régime britannique. Ainsi, il se fait décoré avec le titre de « Conquérant de l’empire britannique. Il souffre en effet de troubles mentaux qui ne vont qu’en s’aggravant.

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La situation économique du pays devient alarmante et atteint un point catastrophique en 1978, avec la chute du cours du café. Parallèlement, la Libye diminue son aide financière. Le tyran perd lentement son contrôle ; la même année, le sud-ouest de l’Ouganda est en proie à des mutineries. Les acteurs de ces perturbations se réfugient en Tanzanie, ce qui donne un prétexte à Idi Amin Dada pour attaquer le territoire de Nyerere, une guerre éclate entre les deux états. Ne pouvant éviter son inexorable renversement, Dada fuit la capitale le 11 avril 1979. Il s’exile d’abord en Libye, puis, en Arabie saoudite, qui l’accepte par solidarité islamique. La condition de sa prise en charge par le gouvernement saoudien est qu’il ne prenne plus part aux affaires politiques, les assaillants ougandais décident de ne pas engager de traque mais de le condamner pour tous les crimes commis, au nom desquels il devra se soumettre à une sentence en cas de retour. Yuweri Museveni prend la tête du pays.

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Dix ans plus tard, en 1989, il tente de revenir en Ouganda en passant par la République Démocratique du Congo, qui le refoule et le renvoie en Arabie Saoudite. En juillet 2003, l’une de ses épouses (il en avait cinq en tout), prie le président Museveni de laisser son mari, gravement malade alors, rentrer mourir au pays. Le président ne refuse pas mais promet qu’il aura d’abord à répondre de ses actes devant la justice. Il ne rentre pas et meurt le 16 août 2003 en Arabie Saoudite. Le lendemain, le secrétaire d’état britannique aux affaires étrangères de l’époque, David Owen, admettra publiquement, lors d’une interview donnée à la BBC, avoir suggéré l’assassinat d’Idi Amin Dada (refusé par les autres membres du gouvernement) qui selon lui, n’aurait jamais dû rester aussi longtemps au pouvoir.

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4. Mobutu Sese Seko: Le Maréchal à la toque de léopard !

Il y a vingt-quatre ans disparaissait Mobutu Sese Seko. Tyran sanguinaire, mais allié fidèle de l’Occident, il avait fait de la colonie belge du Congo le Zaïre, un immense Etat dont il ne sut pas faire fructifier les richesses et unifier les populations et qui sombra dans le chaos. Une imposante biographie retrace l’existence de ce personnage hors normes.

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Zaïre, années soixante-dix. Une curieuse séquence apparaît sur les écrans de télévision. Un charismatique homme noir, lunettes au nez et toque de léopard sur la tête, descend du ciel et surgit du fond des nuages. Cette scène céleste sera répétée chaque soir, juste avant le journal national. Spot de propagande, l’animation kitsch met en scène un homme bien trop grand pour le petit écran.

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Celui qui émerge de la lumière s’appelle Mobutu. Mais ses surnoms –  le Guide suprême”, le Tigre ou le roi du Zaïre – ou son titre officiel Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga  (“Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter”) révèlent la mégalomanie du personnage et l’aura qu’il était parvenu à acquérir auprès de ses concitoyens.

De l’élimination de son rival charismatique Lumumba en 1960, son coup d’Etat de 1965 puis sa chute en 1997, Joseph-Désiré Mobutu est resté 32 ans à la tête de cet Etat immense, aux richesses potentielles énormes. Né en octobre 1930, il a pris le contrôle de la colonie belge du Congo, dont il a “africanisé” le nom en Zaïre avant de le faire sombrer dans la misère, la violence et la corruption.  Son culte aigu de la personnalité, son nationalisme exacerbé et son éloquence lui ont permis d’incarner pendant une période une forme de renouveau de l’Afrique à la naissance des indépendances. La biographie que lui consacre aujourd’hui le journaliste Jean-Pierre Langellier met cependant en lumière sa mégalomanie assassine.

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« Moi ou le chaos » est son adage. « Moi et le chaos », corrigèrent les citoyens indignés. En 1965, le commandant Mobutu souhaite concrétiser la promesse du roi Baudouin : garantir l’indépendance du Congo. Et sur le papier,  faire renaître un pays brisé par le système esclavagiste du roi de la Belgique Léopold II.

Mais il commence par trahir, dès 1960, le père de l’indépendance, le militant  Patrice Lumumba, qu’il accuse de vouloir céder le pays aux Soviétiques et qu’il livre à ses pires ennemis les sécessionistes katangais, soutenus par la Belgique.  En 1965, son coup d’Etat à l’encontre de Joseph Kasa-Vubu, président du Congo, marque le début d’un règne immoral. Mobutu écrit le récit du Zaïre en lettres de sang, en fait une édifiante fresque où se succèdent massacres et richesses flamboyantes.

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Six mois seulement après son putsch, le militaire fait pendre sur la place publique quatre anciens ministres accusés de complot. En 1969, il réprime une révolte estudiantine. Suite à l’intervention brutale de l’armée, les cadavres des étudiants jonchent les rues. Qu’à cela ne tienne, le dictateur élude le massacre et s’autoproclame « père de la nation« .

Le cynisme d’un assassin ? Le portrait dressé par Jean-Pierre Langellier tend plutôt vers l’ambivalence : Mobutu est à la fois un leader lucide et un tyran aveugle. Chef stratégique, il prétend écraser la « menace communiste » et consolide des années durant ses amitiés avec les dirigeants occidentaux les plus influents, de Valéry-Giscard d’Estaing – qui adopte à ses côtés la toque de léopard – à François Mitterrand, de Reagan à George Bush, cet ex-directeur de la CIA et ami de longue date.

Aux quatre coins du monde, Mobutu vante la force économique du Congo, et reçoit les compliments de Mao Zedong – qui admire son « courage » –  comme de Richard Nixon. « Nous pouvons apprendre beaucoup de choses de vous”,  affirme le président américain. Mais plus encore que de louer à l’international sa fierté nationale, Mobutu crée l’événement sur ses propres terres, et fait de son pays le symbole d’une Afrique fière de ses traditions et confiante en son avenir.

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Le 30 octobre 1974 se tient à Kinshasa le match de boxe du siècle, opposant George Foreman et Mohammed Ali. A raison de 10 millions de dollars de budget, Mobutu appuie la médiatisation de l’événement. Opportuniste, il érige la victoire de Mohammed Ali en apogée du mobutisme. On a déjà vu pire marketing.

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Mais sous ses oripeaux d’ami de l’Occident (surnommé « le fils de Jacques Chirac« ), Mobutu est tiraillé par les contradictions.

A 26 ans, Joseph-Désiré Mobutu n’a pas encore changé de nom et vit de sa plume de journaliste. L’éditorialiste épingle le « paternalisme » blanc, les « buveurs« , les marabouts et les polygames. Une fois au pouvoir, il accumulera les richesses, érigera les maraboutages en institution et traînera une réputation peu reluisante de prédateur sexuel.

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Et si l’ennemi de Mobutu était Mobutu lui-même ? Sa lutte contre l’Eglise catholique illustre ce conflit intérieur. Mobutu passe ses années d’études à se rebeller contre les missionnaires flamands. Quand l’Eglise reconnaît son autorité, le « Messie noir » exprime son mépris du « Dieu des Occidentaux » et qualifie les prêtres d’ « agents subversifs« .

Apaisé lorsqu’il accueille Jean-Paul II au Zaïre en 1980, il s’échine pourtant à faire du mobutisme l’unique religion, Mégalo, il fait remplacer les crucifix par son propre portrait et érige une chapelle, Notre-Dame de la Miséricorde, dans l’un des deux magnifiques palais qu’il fait construire en pleine forêt équatoriale.

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Entre la légende et le réel 

« Mobutu parle comme un homme mais c’est un fauve, un félin. Cet animal n’attaque pas de face. Il est dans l’arbre. Il saute sur sa proie« . A en croire le mathématicien Aubert Mukendi, Mobutu est un être romanesque, le support de toutes les fables et métaphores. C’est ce fantasme que scrute Jean-Pierre Langellier.

Mobutu n’a pas simplement conduit le Zaïre vers la déchéance, de la répression du MRP – Mouvement populaire de la révolution (surnommé  Mourir pour rien) à la nationalisation brutale d’une économie en chute libre. S’il ignore la misère du bas peuple qu’il prétend défendre, Mobutu se rêve en pèlerin du Zaïre « authentique« , berceau d’une unité nationale renaissante, d’une culture populaire congolaise brillante et vertueuse. Une culture qu’il nourrit en fictions propagandistes.

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Dès son putsch – une « élection triomphale » – Mobutu s’obstine à déformer le réel, affirmant qu’un parti unique « peut représenter la forme la plus élaborée de la démocratie« . Gouverner était pour lui un jeu, ce dont témoigne le slogan martial qu’il impose aux joueurs de l’équipe nationale de football, les bien nommés Léopards : « Vaincre ou mourir !« .

Ses origines, il les réécrit sous forme d’images d’Epinal, au gré de bandes dessinés massivement diffusées dans les écoles, le dévoilant, encore enfant, terrassant un léopard. Sur sa fin de règne, reclus sur ses terres de Gbadolite, au cœur de la forêt équatoriale, il passe ses jours dans son somptueux palais, loin des troubles, tel un lion en son royaume. Son « Versailles de la jungle » le sacre en Louis XIV du Zaïre.

Figure chaotique, le Guide Suprême s’apparente davantage à Kurtz, cet aventurier mystique et sanguinaire d’Au cœur des ténèbres, incarné par Marlon Brandon, terré dans sa jungle et sa folie dans Apocalypse Now, transposition du célèbre roman de Conrad. Se réfugiant aux bords de la rivière Oubangui, il aime se faire appeler appelé  Noé, – « Je suis né sur le fleuve, je vis sur le fleuve » disait-il. Carnassier, l’homme-fauve boit le sang encore chaud des poulets qu’il égorge. Une façon de conjurer le mauvais sort, mais aussi de quêter l’immortalité.

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Quelques années avant que le cancer ne le terrasse, Mobutu assure pouvoir présider le Zaïre jusqu’au XXIe siècle. Tout en conservant sur sa table de chevet un livre qu’il ne quitte plus depuis l’aube des années soixante : Le Prince de Machiavel.

Son besoin de toute-puissance surpasse le terrestre. En mai 1977, le despote rêve de toucher les étoiles. Il fait décoller une fusée de six mètres du Zaïre. Celle-ci monte péniblement jusqu’à 20 000 mètres d’altitude puis s’écrase. De quoi conférer au destin de Mobutu des allures de mythe d’Icare. A ses yeux, le Zaïre est un roman dont il est le démiurge. « L’institution, c’est moi » dira-t-il. Lorsque son ami Nicolas Ceaucescu est exécuté en décembre 1989, le Congolais, stupéfait, est persuadé que cette mort préfigure la sienne, imminente. La vision du corps sans vie du dictateur roumain inonde les écrans de télévision, elle le hante. Mobutu est à ce point obsédé par son image qu’il se reconnaît dans celle des autres.

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« Les petits Mobutu »

Marqué par les « éléphants blancs« , projets d’infrastructure au coût massif, le régime de Mobutu a normalisé la corruption, comme le dévoile cette biographie exhaustive. Adepte de la manière forte et obsédé par son culte, l’homme-léopard était un dirigeant colérique et populiste.Tout en revendiquant son goût pour le faste, se baladant avec des valises Vuitton emplies de diamants dans les mains, Mobutu n’a cessé de louer son “parler vrai” à l’égard du peuple, en fustigeant par exemple ces élites politiques qui « sacrifient le pays et leurs compatriotes à leurs propres intérêts« .

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Une contradiction qui n’est pas sans évoquer un actuel leader occidental. Selon la journaliste belge Colette Braeckman, le mal du « mobustime », tels les esprits perturbateurs des légendes locales, n’a jamais cessé de planer sur le peuple congolais :

« La pratique du mensonge, la vénalité, le goût du pouvoir ont engendré, à tous les niveaux, des milliers de  “petits Mobutu« . Ils ont partagé les avantages du système, reproduit le comportement du chef et s’en inspireront longtemps après la disparition du Guide ».

Mobutu de Jean-Pierre Langellier, Editions  Perrin.

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lundi 22 mars 2021

RDC: Catherine Nzuzi wa Mbombo affabulatrice, jongleuse avec l'histoire du Zaïre!

RDC: Catherine Nzuzi wa Mbombo affabulatrice qui jongle avec l'histoire du Zaïre!

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International 

freddy-mulongo-catherine-nzuzi-wa-mbombo-2.jpg, mar. 2021

Catherine Nzuzi Mbombo a toujours jonglé avec l'histoire du Zaïre. Danseuse de ventre de Mobutu, cette femme s'est diablement enrichie avec les 32 ans de la dictature de Mobutu. Apparatchik, Catherine Nzuzi wa Mbombo droit la vérité au peuple zaïrois. Comment une femme qui se clame politique peut être en même temps commerçante ? La politique, c'est la gestion de la chose publique !

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Catherine Nzuzi wa Mbombo est une affabulatrice qui jongle avec l'histoire du Zaïre. Elle s'est diablement enrichie avec la dictature de Mobutu.  Femme forte à tout point de vue, l’acariâtre Catherine Nzuzi wa Mbombo est hautaine et méprisante. Le problème de la dame forte et  ex-danseuse de ventre de Mobutu, Catherine Nzuzi Wa Mbombo, c'est son insolence outrancière. Elle ne dit pas la vérité sur l'arrestation de son Frère Emmanuel Nzuzi, un grand Lumumbiste. Comment  pouvait-elle comme mineure se retrouver dans le bureau de Victor Nendaka , chargé de la sûreté nationale pour demander les nouvelles de son son frère Emmanuel Nzuzi arrêté ? Pourquoi c'est au bureau  de Victor Nendaka, comme par hasard,   que Catherine Nzuzi wa Mbombo rencontre le général Mobutu Sese Seko ?  A-t-elle vendu et sacrifier  son frère Emmanuel Nzuzi pour bénéficier des biens ? Pourquoi le général Mobutu a-t-il  envoyer à Bruxelles, avant l'exécution de son frère Emmanuel Nzuzi ? Rappelons que Victor Nengaka à Kananga mangeait à la table du père de Catherine Nzuzi wa Mbombo. Et comment une fille mineure dont le père était sénateur pouvait-elle une fois à Kinshasa logeait au Guest House en face de la prison de Ndolo ? Catherine Nzuzi wa Mbombo travaillait-elle pour Nendaka puis Mobutu ? Son Nzuzi Henri a été Président de l’Association Lulua-Frères à Luluabourg (Kananga), il a été le premier noir élu bourgmestre de la commune de la Ndesha (Kananga) avant l’indépendance,  tandis que son frère aîné, Emmanuel Nzuzi,  étudiant fut le président de la jeunesse du MNC-LUMUMBA et a été  assassiné à la suite de Patrice Lumumba, Premier ministre congolais.

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 Avoir connu Mobutu, lui donne droit au mépris. Comme si Mobutu était un demi-dieu. Bénéficiaire de l'impunité depuis Mobutu jusqu'à Tshilombo, la dinosaure Mobutiste est d'une effroyable arrogance. Elle se croit tout permis. Catherine Nzuzi Wa Mbombo est l'incarnation de l'arrogance mobutienne, un mépris pour le peuple congolais. C'est quoi réussir sa vie ? C'est en pillant la république et volant le peuple zaïrois, que les apparatchiks Mobutistes se sont enrichis. Qu'est-ce que Catherine Nzuzi wa Mbombo a crée comme écoles, infrastructures pour des femmes zaïroises ? Tous ses  immeubles, villas et maisons, fruits de sa rapine de l'Etat zaïrois sont pour sa famille. Elle n'a vécu que pour elle, pas pour le peuple zaïrois.  Sa vie est étroitement liée à celle de Mobutu qui a fait son coup d'état, le 24 novembre 1965.

Arrivée à Kinshasa à l'âge de 19 ans, sous l'aile de Mobutu...elle sera catapultée à 22 ans comme Bourgmestre de la Commune de la Gombé en 1967, puis vice-gouverneur de la ville province de Kinshasa, la capitale congolaise. C'est comme ça que Catherine NZuzi wa Mbombo va s'accaparer de toutes les belles maisons, villas et immeubles  des colons belges qu'elle a Kinshasa.  En 1967, Justin Bomboko,  Mobutu, Etienne Tshisekedi et Singa Udjuu rédigèrent le Manifeste de la Nsele. Le 20 mai de cette année, le MPR est né. Il succède au Corps des volontaires de la République (CVR) qu’animaient Joseph Kabayidi et Gaston N’sengi Biembe. Et Catherine Nzuzi wa Mbombo était déjà à la CVR. Elle était de tous les coups. 

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La grande réunion du Corps des Volontaires de la République (CVR) en 1967.

Voici la lettre historique d' Etienne Tshisekedi wa Mulumba, adressée à l’empereur Mulopwe Albert Kalondji touchant l’assassinat de Patrice Lumumba (assassiné à Lubumbashi) et ceux de ses camarades combattants du MNC/L assassinés à Bakwanga, sous la règne de Kalondji Albert. A savoir :  Elengesa Pierre, Jean Pierre Finat (le père de Abeti Masikini), Nzuzi Emmanuel ( le grand frère de Nzuzi wa Mbombo), Muzungu Christophe, Mbuyi Joseph sans oublier aussi Camile Yangala qui était aussi de nombre…

 

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La lettre criminelle d'Etienne Tshisekedi au Mulopwe Albert Kalonji :

CABINET DU MINISTRE DE LA JUSTICE

N°1.399/ETSH/ ME/CAB

A Sa Majesté l’Empereur du Sud Kasaï « Le Mulopwe »

à Bakwanga

Je présente mes révérences renouvelées à Votre Majesté Maintenant que le crapaud (LUMUMBA) a été maîtrisé, toute l’action de notre Equipe reste concentrée sur le sort à réserver à ses anciens collaborateurs pour empêcher la pérennisation de son oeuvre de destruction. Très prochainement, le Gouvernement de Sa Majesté sera en possession des principaux Lieutenants du crapeau dont Elengesa Pierre, Finant Jean Pierre, Nzuzi Emmanuel, Muzungu Christophe, Mbuyi Joseph aux fins de leur faire subir un châtiment exemplaire. C’est de cette manière que nous serons utiles à la cause que vous défendez. Je présente l’hommage de mon profond respect à Votre Majesté.

Le Commissaire Général Adjoint à la Justice

E. Tsisekedi 

MÉMOIRE Mama Catherine Nzuzi Wa Mbombo © TOP CONGO FM

Catherine Nzuzi Wa Mbombo clame à qui veut l’entendre qu'elle est extrêmement riche. Sans doute pour avoir pillé la République du Zaïre sous Mobutu. Elle se veut femme politique sans résultats ni bilans, Catherine Nzuzi wa Mbombo est une commerçante rien de plus. Sa société Maicofroid (Maison Industrielle de Commerce et du Froid) a été pillée à deux reprises par des Zaïrois, en 1991 et 1993, sous la dictature de Mobutu. Elle recherche encore l'indemnisation par l'Etat congolais de cette période. Bien avant la zaïrianisation, la bonne femme qui n'a que 23 ans va mettre main basse sur des maisons des colons de la capitale congolaise. Catherine Nzuzi wa Mbombo a littéralement pillé le Zaïre. Deux ans plus tard, elle exerce comme gouverneur dans l’ex-Bas-Zaïre où elle trois bonnes années. En parallèle à ses activités dans l’administration territoriale, Nzuzi wa Mbombo s’occupe du groupe d’animation de la province. En 1975, elle se met à la réserve du ministère de l’Intérieur. A la création, en janvier 1980, du Comité central du MPR, elle en devient membre et siégera concomitamment au Bureau politique (1985) jusqu’à sa disparition en 1990. Durant son mandat au Comité central, elle est revenue sur ses pas au gouvernorat de Kinshasa entre 1986 et 1987.

Après la chute du maréchal Mobutu, en 1997, elle s’installe un moment en Afrique du Sud où elle avait acheté un hôtel et plusieurs maisons, qu'elle a depuis vendu.  De retour au Congo, elle exhume le MPR fait privé et participe au Dialogue intercongolais en 2002 et obtient son dernier poste politique en qualité de ministre de la Solidarité et des Affaires humanitaires.

A 77 ans, Catherine Nzuzi wa Mbombo vit sa retraite avec des biens pillés de la République du Zaïre. Elle se mue en donneuse des leçons, après avoir contribué à affaiblir le pays. La dinosaure ventriote a encore toute sa tête, elle sait enfariner. Catherine Nzuzi wa Mbombo est falsificatrice de l'Histoire du Zaïre.

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jeudi 3 décembre 2020

Valéry Giscard d'Estaing, les Zaïrois se souviennent du Concorde et de Kolwezi !

Valéry Giscard d'Estaing, les Zaïrois se souviennent du Concorde et de Kolwezi !

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, âgé de 94 ans, est décédé mercredi soir « entouré de sa famille » dans sa propriété d’Authon dans le Loir-et-Cher. Les Français rendent hommage, un adieu à un homme brillant ministre des Finances à 36 ans et président de la République à 48, qui voulait réunir deux Français sur trois mais ne se remettra jamais de la chute, de sa défaite en 1981.

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Les Français vont s'en doutent se souvenir de sa phrase à François Mitterrand lors du débat présidentiel: "Vous n'avez pas le monopole de cœur !" Mais aussi « Au revoir… » Dans cette pièce totalement vide de l’Élysée, à l’exception d’un ridicule pot de fleurs, Valéry Giscard d'Estaing  se lève et sort lentement du champ de la caméra alors que La Marseillaise retentit sur une chaise et une table vides. Pourquoi nous reste-t-il en mémoire cette image grandiloquente neuf jours après sa défaite face à François Mitterrand en mai 1981 ?

C'est à bord du Concorde, vol 070875 F Paris-Kinshasa que le président Valéry Giscard D'Estaing accompagné de son épouse débarquent au Zaïre de Mobutu. Nous sommes en août 1975.  Valéry Giscard d’Estaing est en visite officielle, de deux jours, à Kinshasa. Il  a fait le voyage en Concorde.  C'est pour la première fois que des les Zaïrois découvrent l'avion supersonique le Concorde. Lors qu’il atterrit à Ndjili, le président français Giscard donne à son ami Mobutu  l’opportunité de visiter l’intérieur du supersonique avec son épouse Mama Sese.

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Le bain de foule au stade du 20 mai à Kinshasa est inoubliable et mémorable. Les Kinois scandent le nom du  jeune président Français Valéry Giscard d'Estaing qui n'a que 49 ans, élu une année plutôt en France.  

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Valéry Giscard d'Estaing - Campagne présidentielle 1974 (2ème tour) | Archive INA © INA Politique

Il y a 42 ans, la Légion sautait sur Kolwezi au Zaïre du Maréchal Mobutu ("Bonite") !

Il y a 42 ans, le 19 mai 1978, six cents légionnaires sautaient sur Kolwezi (province du Shaba, ex-Katanga, Zaïre), pour secourir des milliers d'Africains et d'Européens en butte aux exactions des rebelles katangais qui avaient pris le contrôle de cette ville minière.

De toutes les interventions de la France en Afrique post-coloniale, c'est la plus légendaire: le 19 mai 1978, la Légion sautait sur Kolwezi au Zaïre (actuel République démocratique du Congo) officiellement pour sauver 2 000 Européens menacés voire massacrés par des rebelles séparatistes.

Six jours plus tôt, 4 000 « Katangais » commandés par Nathanaël Mbumba, venus d’Angola via la Zambie, s’étaient emparés de Kolwezi, ville stratégique au cœur du Katanga minier, gisement des richesses du Congo et haut-lieu de l’industrie métallurgique où sont extraits et transformés cuivre, zinc, cobalt et uranium.

De nombreux Français et Belges, employés par la société minière Gécamines, se retrouvent pris en étau et en otages par les « Tigres du Shaba » qui veulent renverser le maître du Zaïre, le Maréchal Mobutu.

Cette intervention au cœur de l'Afrique à 8.000 km de la France, la plus grande opération aéroportée depuis Suez (octobre 1956), fut riche d'enseignements pour l'armée française.

Le Katanga, prospère province minière du sud de l'ex-Congo belge, près de l'Angola et de la Zambie, avait été le théâtre d'une sécession au début des années soixante, marquée par l'intervention des Casques bleus.

En avril 1977, une première tentative de renversement, depuis l'Angola, de Mobutu Sese Seko, à la tête de la République du Congo depuis novembre 1965 après un coup d'Etat, avait échoué.

Le 13 mai 1978, plusieurs milliers d'anciens gendarmes Katangais, les "Tigres", commandés par Nathanaël Mbumba, s'emparent de Kolwezi où vivent 2.000 Belges et Français, employés à la société minière La Gécamines.

Intervention militaire en solo

Le 16 mai, l'intervention manquée de parachutistes zaïrois et les rumeurs insistantes d'une opération occidentale mettent Kolwezi (80.000 habitants) à feu et à sangEn trois jours, 700 civils, dont une centaine d'Européens sont massacrés.

Le 17, le président Valéry Giscard d'Estaing, à la demande de Mobutu et avec le feu vert des Etats-Unis et de nombreux Etats africains, lance une intervention militaire française en solo, face aux hésitations du gouvernement belge.

Giscard d'Estaing mobilise le 2e régiment étranger de parachutistes (REP), commandé par le colonel Philippe Erulin et basé à Calvi (Corse).

L'opération "Bonite" est lancée dans la nuit du 17 au 18 mai en liaison avec la mission française de coopération militaire à Kinshasa, dirigée par le colonel Yves Gras.

A la base de Solenzara (Corse), 600 légionnaires embarquent dans trois DC-8 d'UTA, un Boeing 707 d'Air France et quatre DC-8 du transport militaire. Direction Kinshasa, en évitant l'Algérie et la Libye, soit huit heures de vol.

Les leçons de "Bonite"

Les huit appareils sont tellement chargés que les légionnaires ne peuvent emporter leurs parachutes. Ils s'équiperont à Kinshasa de parachutes américains de l'armée zaïroise.

Le 19 mai à 15h40, trois compagnies de combat et un état-major (400 hommes) sautent sur Kolwezi après six heures de vol dans quatre C-130 Hercules zaïrois et un C-130 Transall français. En quelques heures, ils contrôlent la ville, au prix de durs combats, et mettent sous leur protection les populations civiles.

Le 20, 200 autres légionnaires, dont une section de mortiers, les rejoignent. Chaque légionnaire saute avec 30 kg (arme individuelle, munitions, vivres) et un obus de mortier. Six légionnaires se blessent en touchant le sol. Au même moment, les paras-commandos belges se posent sur l'aérodrome de Kolwezi pour préparer l'embarquement des civils occidentaux.

Bilan : cinq légionnaires tués et une quinzaine de blessés, un para-commando belge tué, 247 rebelles tués, deux prisonniers, plus de 500 armes individuelles et lourdes saisies. Le 15 juin, les derniers légionnaires quittent Kolwezi, relevés par les Zaïrois et une force panafricaine.

Trois leçons seront tirées de "Bonite" : nécessité de posséder des unités professionnelles très entraînées, des transmissions par satellite protégées et des appareils de transport à long rayon d'action. Vingt gros porteurs de l'US Air force durent acheminer, de Solenzara à Lubumbashi, les 88 véhicules du 2e REP.

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mardi 5 mai 2020

RDC: Vassaux de pays voisins agresseurs, où est passée la fierté zaïroise?

RDC: Vassaux de pays voisins agresseurs, où est passée la fierté zaïroise?

Freddy Mulongo, Réveil FM International 

Freddy Mulongo-Mobutu 30.jpg, mai 2020

Sans être nostalgique ni dithyrambique de l'époque Mobutu, le fierté et dignité du Zaïrois hier n'a rien à voir avec l’opprobre, l'indignité, le mépris dont est victime le Congolais d'Aujourd'hui. Qui a détruit le grand Zaïre redevenu la République démocratique du Congo ? Il doit y en avoir un responsable ou des responsables...Nous étions Zaïrois, fier de l'être et un peuple uni.freddy-mulongo-mobutu-30

La force et la faiblesse des dictateurs est d'avoir fait un pacte avec le désespoir des peuples. Paul Kagamé, le dictateur rwandais massacre, tue des Congolais et pille les ressources de la République démocratique du Congo. Et pourtant hier, le gringalet tremblait devant Mobutu Sese Seko. 


"Depuis mon départ le 17 mai 1997, je ne me suis jamais prononcé sur la crise qui fouette le pays. Donc je suis sur Twitter pour en parler"
. C'est ce que l'on peut du tweet de Mobutu Sese Seko @Mobutuofficiel tweeté le 4 janvier 2016. Il faut qu'à son départ du pouvoir Facebook, Twitter, Instragram, Whatsapps, Flicker...tous les réseaux sociaux n'existaient pas. Mobutu a rejoint Twitter avec fureur pour décrier ses successeurs qui, prétendant l’avoir chassé pour rendre le Congo plus beau qu’avant, ont par contre immergé encore le pays dans une profonde misère.

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Il n'en demeure pas moins que Mobutu fut le plus grand Chef d'État de la République démocratique du Congo-ex Zaïre,  malgré ses erreurs. Ses trois successeurs par contre ne  sont  que des "Erreurs de l'histoire" !  Le Zaïre de l'époque, pour ceux qui n'ont pas vécu dans le pays, n'est pas la République démocratique du Congo  d'aujourd'hui. 

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Aujourd'hui, c'est le désenchantement à outrance. L'Udps qui a lutté durant 37 ans pour la démocratie et l'Etat de droit avec un slogan "Le peuple d'abord", au pouvoir, c'est pire qu'à l'époque de Mobutu. D'abord pour accéder au pouvoir, Tshilombo de l'Udps est allé nuitamment négocier sa Nomination Electorale, ce pantin-marionnette nommé fout la honte à toute une nation. Tshilombo qui a pensé égaler Mobutu en un an et quatre mois en jouant au Magellan s'est avéré un piètre troubadour avec ses checkuleurs de conseillers.Sous Mobutu, la diplomatie zaïroise était existante.  

Mobutu ne voyageait pas sous prétexte d'aller chercher des investisseurs. Comment Tshilombo pizzaïolo à Bruxelles n'a jamais milité dans un parti politique, ignore le fonctionnement des partis politiques Belges, comment en président nommé peut-il trouver des investisseurs ? Quelqu'un qui a investi son argent peut-il accepter du jour au lendemain voir des policiers piller son bureau comme la résidence de Muanda Nsemi ? Après avoir braqué 370 millions de dollars de la République, Tshilombo prépare la libération provisoire sournoise de Vital Kamerhe, son allié et directeur de cabinet. C'est ça l'Etat de droit. 

Un président fait l'honneur et la fierté d'un Etat. Mobutu, tout dictateur qu'il était, il faisait la fierté du Zaïre. Le fils Tshisekedi est un apprenti en tout. Mais apprendre à la présidence est le comble. Angwalima Tshilombo et Alias kabila sont liés par leur odieux deal contre le peuple congolais.

On ne peut pas critiquer le barbu de Kingakati et épargner son colistier Tshilombo. les deux méritent le même traitement. Ils sont associés et doivent partager les mêmes mécontentements du peuple.  Voilà 23 ans, que Mobutu Sese Seko a quitté le Zaïre, est-il responsable de tout. Ceux qui  combattaient son régime s'avèrent être des goujats, profito-situationnistes, girouettes politiques, politicailleurs et ventriotes. Ils sont agents du  népotisme, tribalisme, pillards de la République. En 32 ans de dictature de Mobutu, les banques suisses n'avaient trouvé que 5 millions de francs suisses. Combien à Alias Kabila en 18 ans du régime d'imposture et d'occupation ? En 1 an et 4 mois, combien a déjà Tshilombo ?

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mardi 14 août 2007

RDC: La Peine de mort, sacrilège contre la vie

Dans un pays comme la République Démocratique du Congo où la justice est très politisée, où " les commanditaires de crimes ne sont jamais inquiétés". Dans un pays où " les loups lettrés tondent et égorgent les moutons ignares ", le refus d'une justice qui tue doit être encourager et appliquer. La peine de mort fait sienne la pratique de l'assassin en l'assassinant à  son tour. La peine de mort tombe dans le piège secret que lui tend le crime: celui de verser le sang en l'appelant châtiment. Elle ne protège pas la société des hommes et femmes libres, elle la déshonore. Le danger est que par son exécution, l'acte du criminel devient celui de la justice. La peine de mort est vengeance et non pas justice.

Peine de mort, héritage de l'esclavage et colonisation Belge

En 1885, lors de la conférence de Berlin où l'Afrique fut partager comme un gâteau d'anniversaire aux puissances de l'époque, contre les revendications de la France et le Portugal, le souverain des Belges , Léopold II aura le Congo qui en superficie est 80 fois la Belgique, pour lui tout seul: sa possession personnelle. En une vingtaine d'année, le pillage des richesses du Congo, notamment l'ivoire et le caoutchouc, délégué à  des compagnies privées, vont assurer au monarque une fabuleuse fortune. Mais des voix vont s’élever et dénoncer l'exploitation éhontée à  l'origine de cette richesse: travaux forcés imposés aux Congolais, mutilations de tous ceux, y compris les femmes et enfants, qui ne respectent pas les quotas de production. En 1908, Léopold II sera contraint par les britanniques de céder " sa colonie " à  la Belgique. La politique esclavagiste de Léopold II aurait fait des millions de victimes congolaises a en croire les écrits de joseph Conrad, Hearl of Darkness (Au cœur des ténèbres) ou encore Adam Horchschild, les fantômes du Roi Léopold. A l'époque coloniale, le droit en vigueur était un ensemble des règles mises au point afin de réaliser , sauvegarder et développer les intérêts du colonisateur, fut ce au prix d'indicibles humiliations pour le colonisé. Le droit pénal n'était pas congolais mais belge. La colonisation fut un régime de terreur, d'intimidation pour assurer la pérennité de son oeuvre. La condamnation de Msiri, qui n'était pas aussi un enfant de cœur, à  Bunkeya dans le Katanga, coupable de s'être opposé à  la " civilisation " qui n'était au fait que la colonisation est un exemple patent.

Sous Mobutu Sese Seko

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 24 novembre 1965, Mobutu Sese seko ira plus loin que ses maîtres colonisateurs. Pour mieux asseoir son pouvoir qui ne deviendra qu'une dictature. Le 2 juin 1966, après un procès qui n'avait duré en tout et pour tout que quelques minutes, les conjurés de la pentecôte: Evariste Kimba, Anany, Bamba, et Mahamba seront pendus au pont Gabu, au lieu où est érigé le stade des martyrs. Sous Mobutu, Le code pénal va porter de 9 à  16 le nombre d'infractions politiques. Présenté comme l'ennemi public n°1, l'homme le plus haï de la communauté nationale. La mort tragique de Pierre Mulele marquera les esprits. En accord avec les autorités du Congo-Brazzaville, pierre Mulele, le ministre de l'éducation nationale du gouvernement Lumumba accepta de retourner dans son pays accompagné de Justin MBOMBOKO, premier ministre de l'époque. Le 2 octobre 1968, le lendemain de sa traversée du fleuve congo pour Léopoldville-Kinshasa,vers 17h, officiellement on va li annoncer que la population l'attend au stade et se prépare à  le saluer comme l'un des dignes fils du pays. Pierre MULELE sera acheminé au camp KOKOLO où les militaires l'attendaient pour le torturer: " on va lui arracher les oreilles, coupé le nez, tiré les yeux des orbites pour les jeter à  terre. On lui arrachera les organes génitaux. Toujours vivant, on lui amputera les bras, puis les jambes, les restes humains seront noués dans un sac et immergés dans le fleuve Congo". Seule personnalité a avoir échappé à  la peine de mort, Sous le régime dictatoriale de MOBUTU, seule une personnalité échappera à  la peine de mort prononcée, Nguz Karl -I -Bond. Arrêté le 13 août 1977 pour haute trahison, le Ministre des affaires étrangères n'aura la vie sauve que grâce à  sa notoriété et la pression internationale.

Le régime de l'AFDL

On ne fait jamais une révolution pour se venger mais plutôt pour apporter les correctifs nécessaires pour un véritable changement. Or sous l'ALFDL, la Cour d'Ordre Militaire (COM) juridiction d'exception aura battu tous les records en matière d'exécution. Jugeant les militaires et les civils, la COM hautement liberticide sera une juridiction de terreur. Le colonel Charles Alamba, ancien procureur général près de la Cour d'Ordre Militaire aura semé la terreur par une répression judiciaire aveugle. Qualifié de " Boucher ", les congolais le craignaient tellement qu'ils le croyaient capable d'exécuter, lui même les personnes qu'il venait de condamner à  mort dans un procès. La COM a symbolisée la dictature de l'AFDL et Charles Alamba a envoyé plus d'une personne à  la potence, par la cruauté de ses réquisitoires qui étaient dans l'ensemble moutonièrement suivis par la cour. Contre les présumés assassins de M'zée Laurent Désiré Kabila, le procureur de la COM, Charles Alamba avait requis pour 115 des 135 accusés la peine de mort. Sur les 30 condamnés à  mort, le 7 janvier 2003, à  l'issue d'un procès fleuve, 30 personnes seront condamnées à  mort, dont Eddy Kapend. D'après les informations en notre possession, 16 sont dans les couloirs de la mort, 2 personnes sont décédées après la condamnation et d'autres se sont évadées. Rappelons qu'Amnesty International et les Ong de droits de l'homme avaient dénoncés les exécutions à  la même date où semble t-il , 15 personnes condamnées à  mort par la COM avaient été exécutées en secret à  la périphérie de Kinshasa. S'agit-il des évadés dont nous parlons?. Retour de la manivelle, dans l'affaire Steve Nyembo, le colonel Alamba sera condamné à  la peine de mort par la Haute Cour Militaire (HCM). Plusieurs préventions ont été mises à  sa charge: assassinat, association des malfaiteurs, terrorisme...

Les pièges de la peine de mort pour les journalistes congolais

Les autorités congolaises actuelles proviennent des " élections libres, démocratiques et transparences", la 3e République devra être celle de la démocratie, de la liberté et celle du respect des droits de l'homme. Or les tribunaux militaires , celui de Butembo en plein stade condamnant six étrangers, quatre ougandais et deux kényans, présumés assasins du compatriote d'AL Qahida, commerçant de rénom dans cette contrée de la République mais aussi cité dans les rapports des nations-unies sur le trafic d'armes; celui des assassins du confrère Bampuwa wa Muamba, et même ceux présumés de Franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka, prouvent à  dessein que la peine de mort n'est pas encore abolie en République Démocratique du Congo. Où se situent les pièges :

1. Dans un pays où les militaires sont impayés comment comprendre que les hommes en uniformes puissent refuser l'argent qu'on leur propose pour laisser les journalistes en vie. La nuit du du 2 au 3 novembre 2005, Lorsque Franck Ngyke sortit de sa voiture mercedes pour ouvrir le portail de sa maison au quartier Mombele dans la commune de Limete. Il avait été abordé par 4 hommes cagoulés et armés, en civils, qui attendaient le couple dans la rue, selon les témoins occulaires. Le rédacteur en chef du quotidien la Réfrence Plus, Franck Kangundu avait tenté de négocier avec ses tortionnaires, en leur proposant de les emmener dans voiture pour leur offrir de l'argent, mais les quatre hommes lui avait répondu qu'ils avaient été envoyer pour le tuer. Le couple avait été abattu par balles, sous les yeux de plusieurs voisins. Quant à  Bampuwa wa Muamba, certes, il y a eu vol le 8 mars 2006 dans la résidence familiale du quartier Malandi dans la commune de Matete où il résidait avec son neveu. Les assaillants avaient acceptés l'argent proposer. Mais dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 juillet 2006, où Bampuwa fut assassiné, les meurtriers avaient refusé l'argent et lui avaient signifié qu'il venait pour le tuer.

2. Le 3 novembre 2005, le lendemain de l'assassinat de Franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka, une marche pacifique de protestation avait été organiser; de même une marche pacifique de colère, une journée sans médias la veille de l'inhumation Bampuwa le 17 juillet 2005 par les professionnels des médias. A chaque fois, la marche avait pour finalité le dépôt d'un mémorandum auprès du vice président Azarias Ruberwa, en présence de tous les ministres membres de sa commission politique, défense et sécurité. Ce dernier a toujours promis de diligenter une enquête sérieuse en vue de traquer les assassins et d'organiser un procès public et leurs commanditaires allaient être lourdement sanctionnés. Mais nous sommes tous d'accord pour dénoncer les manoeuvres dilatoires et parodie de procès. Dès le départ notre démarche a toujours été pacifique, et nous n'avons jamais céder à  la violence car les journalistes congolais sont dans la majorité acquise à  la paix. Exemple pendant que le corps de Bampuwa était encore sous la tente ardente à  YMCA, les policiers nous avaient gazés avec des bombes lacrymogènes. Le corbillard étant bien entouré qui l'escortait à  pas de tortue, les policiers utiliseront plus d'une fois les bomes lacrymogènes pour disperser les professionnels des médias, ils finiront par encadrer le corbillard par deux camions et le cortège roulera à  tombeau ouvert jusqu'au cimetière de la Gombé. Plusieurs confrères arrivèrent en retard au cimetière.

3. L'Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC), l'Observatoire des Médias Congolais (OMEC), l'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), Journalistes en danger (JED) ainsi que toutes les organisations professionnels des médias doivent réfuter que les présumes assassins de nos confrères soient des condamnés à  mort. Il nous faut de vrais commanditaires et non pas des fretins qui par leur métier sont habitués à  obéir et à  tuer sur ordre. La démocratie défend la liberté et reconnaît toute vie comme sacrée. L'homme , on le sait est un animal qui tue. Sacrilège contre la vie, la peine de mort, est de surcroît inutile. Jamais, nulle part, elle n'a réduit la criminalité sanglante. Réaction et non dissuasion, la peine de mort n'est que l'expression légalisée de l'instinct de la mort. Si nous nous battons pour la dépénalisation des délits de presse en République Démocratique du Congo, c'est pour mieux remplir nos missions notamment celle d'informer les populations congolaises sans qu'à  chaque fois nous soyons inquiété pour nos écrits ou nos dires. La démocratie doit bénéficier à  tous les congolais sans exception et non seulement à  une frange de la population.

4. Journalistes de la paix et pour la paix, les journalistes congolais doivent accompagner notre pays pour la naissance et l'instauration de la démocratie. Véritable chemin de croix car face au crime et à  l'outrage , la justice d'une démocratie doit refuser la vengeance et la mort. La justice doit mettre les assassins hors d'état de nuire et respecter leur vie. Elle doit punir mais pas tuer. Accepter que les présumés de nos confrères soient exécutés pour leur crime, la profession sera perdante aujourd'hui, demain et pour toujours.

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