Réveil FM, la première radio libre et citoyenne de Kinshasa en République démocratique du Congo !

Mot-clé - centenaire

Fil des billets Fil des commentaires

dimanche 29 mars 2020

RDC: 102 ans de papa Joseph Diangendia Kuntima, bâtisseur et visionnaire de l'Eglise Kimbanguiste !

RDC: 102 ans de papa Joseph Diangendia Kuntima, bâtisseur et visionnaire de l'Eglise Kimbanguiste !

Freddy Mulongo, Réveil FM International

Freddy Mulongo-Simon Kimbangu.jpg, mar. 2020

Tout théologien a eu à étudier les églises africaines, catégorie dans laquelle on classifie l'Eglise Kimbanguiste. Cette catégorisation est biaisée voir caricaturale. Elle est simplement une projection occidentale. Ce formatage d'esprit est lamentable voire catastrophique. Chaque religion mérite respect, surtout pour ceux qui y croient.

Papa Simon Kimbangu plus qu'un Héros national!

Je l'ai déjà écris à plusieurs reprises, le jour que le peuple congolais prendra conscience et remettra papa Simon Kimbangu à sa vraie place, la République démocratique du Congo prend son essor. Le premier Héros national, c'est papa Simon Kimbangu. Le plus vieux prisonnier du continent africain, ce n'est pas Nelson Mandela avec ses 28 ans d'emprisonnement sous l'apartheid en Afrique du Sud. Mais papa Simon Simon Kimbangu qui a fait 30 ans dans les geôles du roi Léopold II, sanguinaire et génocidaire au Congo.
Honorer papa Simon Kimbangu, c'est précipiter la libération du Congo. "Dans les années 1920, le pouvoir colonial belge a voulu voir, dans l’effervescence villageoise et les incidents qui entouraient les agissements d’un certain Simon Kimbangu, l’expression d’un mouvement collectif de révolte contre l’ordre colonial. En procédant à son arrestation, son exil et son emprisonnement pendant plus de trente ans, ce même pouvoir a fait de ce catéchiste de village, un martyr national".

Freddy Mulongo-Diangienda 1.jpg, mar. 2020

Papa Diangienda: Bâtisseur et visionnaire !

Le fils cadet de papa Simon Kimangu aurait eu 100 ans le 22 mars 2018. Papa Joseph Diangienda est décédé le 8 juillet 1992 à Genève à l'hôpital de La Tour. Parler de papa Joseph Diangienda Kuntima, c'est parler de l'Eglise Kimbanguiste. Il est en le bâtisseur et grand visionnaire. Bâtir une église requiert foi et persévérance. Partir de rien, c'est une autre paire de manche. Le centre d'accueil kimbanguiste à Kasa vubu, l'université kimbanguiste...nous les avons vu construire. Papa Joseph Diangienda Kuntima a appris aux Zaïrois que nous étions, Congolais que nous sommes aujourd'hui de ne pas tendre la main à l'extérieur. La majorité des bâtisses de l'Eglise Kimbanguistes sont bâtis grâce aux "Nsinsani", dons et offrandes que même les plus démunis donnent pour leur église.

C'est une valeur essentielle de compter sur soi. C'est aussi une autre valeur de bâtir ensemble dans une vision communautaire.

10% de la population congolaise est kimbanguiste. Dans les coins et recoins de la République, on trouve toujours une église kimbanguiste, en chaumes ou briques. L'église Kimbanguiste est présente en Afrique, jusqu'en Europe via la diaspora congolaise.

Une vie avant de devenir le chef spirituel !

Né le 22 mars 1918 à Nkamba, dans le Kongo-Central, dans le Sud-Ouest de la République Démocratique du Congo.
A l’âge de trois ans, c’est à dire en 1921, il assistera à l’arrestation à Nkamba et la relégation à Elisabethville (actuelle Lubumbashi) de son Père, papa Simon Kimangu, mais aussi la relégation de son frère aîné Charles Kisolokele Lukelo à Boma, puis Moanda, dans le Mayombe, par l’administration coloniale belge. A l’âge de 16 ans il fut, à son tour, relégué à Boma où il fit ses études primaires et moyennes, à la colonie scolaire de Boma. Il y obtient son diplôme le 23 décembre 1943. Il fut engagé dans l’administration coloniale belge à Tsela d’abord puis fut muté successivement à Matadi, le 9 octobre 1946, à Boma, le 26 novembre 1946, à Léopoldville- Kinshasa, actuel, le 19 mai 1947, à Luluabourg-actuel Kananga, le 16 septembre 1950 où il occupa le poste de Secrétaire au Cabinet du Gouverneur Peigneux, le Belge qui avait arrêté papa Simon kimbangu, enfin à Léopoldville, le 17 juillet 1952.

EJCSK !

Le nom officiel de l'Église kimbanguiste est depuis 1987 « Église de Jésus Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu », en sigle EJCSK, anciennement appelée « Église de Jésus-Christ sur la Terre par le prophète Simon Kimbangu ». Les autorités coloniales belges, considérant le kimbanguisme comme un mouvement subversif, prennent pendant plusieurs décennies des mesures répressives à l'égard des membres : envoi dans des camps de relégation, puis, à partir de 1940, dans des "Colonies Agricoles pour Relégués Dangereux" (C.A.R.D.).

Les adeptes parviennent cependant à maintenir des activités clandestines. Le plus jeune fils de Simon Kimbangu, Joseph Diangienda Kuntima, s'emploie à regrouper les sympathisants. L'épouse du prophète, Kimbangu Marie Mwilu, ordonne les premiers pasteurs kimbanguistes en 1955. En janvier 1958, une pétition est adressée au gouverneur général du Congo, en vue d'obtenir la liberté du culte. Cette démarche, dont les auteurs se réclament de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la charte coloniale et de la Constitution belge, aboutit à une première forme de reconnaissance tacite. Le 11 mars 1958, la première constitution de l'Église de Jésus-Christ sur Terre par le Prophète Simon Kimbangu (E.J.C.S.K.) est promulguée. Le 22 juin 1958, lors du premier congrès kimbanguiste, Joseph Diangienda Kuntima est reconnu chef spirituel de l'E.J.C.S.K. Une demande officielle de reconnaissance adressée à la Chambre des représentants et au Sénat de Belgique aboutit enfin à la reconnaissance officielle le 24 décembre 1959.

Papa Joseph Diangienda-Mobutu !

Le 15 septembre 1950 à Kananga , alors qu'il était qu'un jeune soldat à l'école de formation des officiers militaires, Mobutu Sese Seko rencontra papa Joseph Diangienda Kuntima, en mutation à Kananga ex- Luluabourg. Ainsi, naquit une forte amitié entre les deux. Ils étaient membres d'une même association à Kananga dénommée "Bena-Mayi" , qui consistait à subvenir aux besoins des Congolais non originaires.

En 1957, le soldat Mobutu s'en alla de l'armée avec le grade de sous-officier , il devient journaliste pour le quotidien libéral de Léopoldville "L'Avenir". le jeune journaliste, qui signait "De Banzy", Banzyville étant sa province de l'Equateur, s'attaquait à coup d'encre aux belges, évoquant les injustices qu'ils faisaient subir aux congolais et surtout aux Kimbanguistes.

Le journaliste Mobutu devint "wanted", recherché par l'autorité coloniale belge. Mobutu ira chez papa Diangienda, au N°87 de la rue Monkoto 87 dans la commune de Ngiri-Ngiri lui expliquer sa situation , qu'il était recherché , qu'il risquait l'arrestation pour une cause évidement bien-fondé. Papa Diangienda Kuntima le cacha dans sa résidence durant 3 jours. Et papa Diangienda Nkutima va prier pour lui et lui annoncer qu'il deviendra président de la République. C'est ce que Mobutu, Président de la République, avait déclaré lors des obsèques de papa Joseph Diangenda Kuntima, le 12 juillet 1992, au centre d'accueil kimbanguiste à Kasa-Vubu, lorsqu'il rendit son hommage au chef spirituel de l'Eglise Kimbanguiste.

freddy-mulongo-julienciakudia-xx.jpg, mar. 2020

Papa Diangienda-patriarche Julien Ciakudia 

Papa Diangienda Kuntima en tant chef spirituel de l'église kimbanguiste avait un souci permanent pour le devenir de son église. Il aimait des jeunes théologiens qui pouvait asseoir la doctrine kimbanguiste et la défendre théologiquement. Jeune pasteur anglican qui œuvrait pour la théologie de Libération à Montréal, de séjour à Kinshasa, le patriarche Jullien Ciakudia va s’approcher de papa Diangienda Kuntima. Une amitié père fils va naître. Papa Diangenda Kuntima a beaucoup prêché sur "Bolingo" "l'Amour", "Mibeko" "Lois et règles" et "Misala" "Les œuvres". Il avait pris sous ses ailes, le patriarche Julien Ciakudia Sr ne se préoccupant pas de sa province. En 1982, il l'avait logé au centre d'accueil kimbanguiste. Papa Diangienda kuntima l'avait amené avec lui en visite au plateau de Bateke, pour qu'il se rende compte des travaux agricoles et projets de développement de l'église kimbanguiste.

Après ses études au Canada, le Maréchal Mobutu délégua son homme de confiance papa Léon Engulu pour ramener le patriarche julien Ciakudia au pays , afin de le nommer ministre des Affaires étrangères. Arrivée à Kinshasa, Le refus de sa nomination à ce poste, dans une féroce dictature, va attirer des ennuis. Vivant en clandestinité pour ne pas tomber dans les filets des sbires de Mobutu. le patriarche Julien Ciakudia eu la présence d'esprit d'envoyer son épouse au près du chef spirituel kimbanguiste à Monkoto. Et là, papa Diangienda qui revenait d'Abidjan en Côte d'Ivoire où la famille de Mobutu s'est mariée, n'a pas mâcher ses mots: Dites à mon fils théologien de quitter le pays, sinon il sera tué. Qu'il aille en exil. Même Jésus était allé en exil en Egypte avec ses parents. Ce pays est le sien , il reviendra un jour pour contribuer à sa construction.

C'est comme ça qu'en 1986, le patriarche Julien Ciakudia se retrouvera à Brazzaville avant de rejoindre Oslo en Norvège. Depuis Londres où il réside, le patriarche Julien Ciakudia ne cesse de dire "papa Diangienda m'a sauvé la vie" !

Lire la suite...

Partager sur : Partager

dimanche 11 novembre 2018

Centenaire de l'Armistice: Discours du Président Macron !

11 novembre, Emmanuel Macron, Président de la République

Près de 70 chefs d'Etat et de gouvernement sont réunis dimanche à  Paris pour célébrer le centenaire de l'armistice de la Grande guerre. Le chef de l'État a prononcé un discours à  l'Arc de triomphe. Le président français s'avance devant le pupitre et commence son discours. "Le 11 novembre 1918, à  11 heures du matin, il y a 100 ans, jour pour jour, heure pour heure, à  Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches ont sonné. C'était l'Armistice", commence Emmanuel Macron. "Le monde découvrit l`ampleur de blessures que l`ardeur combattante avait occultée. Aux larmes des mourants, succédèrent celles des survivants. Car sur ce sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l`Outre-mer, des jeunes hommes venus d`Afrique, du Pacifique, des Amériques et d`Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient pas même le nom".

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

COMMÉMORATION DU CENTENAIRE DE L`ARMISTICE

Paris - Dimanche 11 novembre 2018

LE PRÉSIDENT : Le 7 novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre SELLIER sonna le premier cessez-le-feu, vers 10 heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à  la volée, dans tout le pays.

Le 11 novembre 1918, à  11 heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à  Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné. C`était l`armistice.

C`était la fin de quatre longues et terribles années de combats meurtriers. L`armistice pourtant n`était pas la paix. Et à  l`Est, pendant plusieurs années, d`effroyables guerres se poursuivirent.

Ici, ce même jour, les Français et leurs Alliés ont célébré leur victoire. Ils s`étaient battus pour leur patrie et pour la liberté. Ils avaient consenti, pour cela, tous les sacrifices et toutes les souffrances. Ils avaient connu un enfer que nul ne peut se représenter.

Nous devrions prendre un instant pour faire revenir à  nous cet immense cortège des combattants où défilent des soldats de la métropole et de l`empire, des légionnaires et des garibaldiens avec des étrangers venus du monde entier, parce que la France représentait, pour eux, tout ce qu`il y avait de beau dans le monde.

Avec les ombres de PEUGEOT, premier tombé, et de TREBUCHON, dernier mort pour la France dix minutes avant l`armistice, voici l`instituteur Kléber DUPUY, défenseur de Douaumont, APOLLINAIRE, Blaise CENDRARS au régiment de marche de la légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de GAULLE que personne alors ne connaissait, Julien GREEN, l`Américain, à  la porte de son ambulance, MONTHERLANT et GIONO, Charles PEGUY et Alain FOURNIER tombés dans les premières semaines, Joseph KESSEL venu d`Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nà´tres, auxquels plutà´t nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à  la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l`anticlérical ont souffert cà´te à  cà´te et dont l`héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l`Europe manqua de se suicider. L`humanité s`était enfoncée dans le labyrinthe hideux d`affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque cà´té qu`ils soient, de quelque nationalité qu`ils soient.

Dès le lendemain, dès le lendemain de l`armistice, commença le funèbre décompte des morts, des blessés, des mutilés, des disparus. Ici en France, mais aussi dans chaque pays, les familles pendant des mois attendirent en vain le retour d`un père, d`un frère, d`un mari, d`un fiancé, et parmi ces absents, il y eut aussi ces femmes admirables engagées auprès des combattants.

10 millions de morts.

6 millions de blessés et mutilés.

3 millions de veuves.

6 millions d`orphelins.

Des millions de victimes civiles.

1 milliard d`obus tirés sur le seul sol de France.

Le monde découvrit l`ampleur de blessures que l`ardeur combattante avait occultée. Aux larmes des mourants, succédèrent celles des survivants. Car sur ce sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l`Outre-mer, des jeunes hommes venus d`Afrique, du Pacifique, des Amériques et d`Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient pas même le nom.

Les millions de témoins de toutes les nations racontèrent l`horreur des combats, la puanteur des tranchées, la désolation des champs de bataille, les cris des blessés dans la nuit, la destruction de campagnes florissantes où ne subsistait plus que la silhouette calcinée des arbres. Beaucoup de ceux qui sont rentrés avaient perdu leur jeunesse, leurs idéaux, le goà»t de vivre. Beaucoup étaient défigurés, aveugles, amputés. Vainqueurs et vaincus furent alors plongés pour longtemps dans le même deuil.

1918, c`était il y cent ans. Cela semble loin. Et pourtant, c`était hier !

J`ai arpenté les terres de France où se sont déroulés les combats les plus rudes. J`ai vu dans ces campagnes de mon pays la terre encore grise et toujours stérile des champs de bataille ! J`ai vu les villages détruits qui n`avaient plus d`habitants pour les reconstruire et qui ne sont aujourd`hui encore que le témoignage, pierre sur pierre, de la folie des hommes !

J`ai vu sur nos monuments la litanie des noms de Français cà´toyant les noms des étrangers morts sous le soleil de France ; j`ai vu les corps de nos soldats ensevelis sous une nature redevenue innocente, comme j`avais vu, dans les fosses communes, se mêler les ossements des soldats allemands et des soldats français cà´te à  cà´te qui, par un hiver glacial, s`étaient entretués pour quelques mètres de terrain…

Les traces de cette guerre ne se sont jamais effacées ni sur les terres de France, ni sur celles de l`Europe et du Moyen-Orient, ni dans la mémoire des hommes partout dans le monde.

Souvenons-nous ! N`oublions pas ! Car le souvenir de ces sacrifices nous exhorte à  être dignes de ceux qui sont morts pour nous, pour que nous puissions vivre libres !

Souvenons-nous : ne retranchons rien de ce qu`il y avait de pureté, d`idéal, de principes supérieurs dans le patriotisme de nos aînés. Cette vision de la France comme Nation généreuse, de la France comme projet, de la France porteuse de valeurs universelles, a été dans ces heures sombres exactement le contraire de l`égoïsme d`un peuple qui ne regarde que ses intérêts. Car le patriotisme est l`exact contraire du nationalisme : le nationalisme en est la trahison. En disant `` nos intérêts d`abord et qu`importent les autres ! », on gomme ce qu`une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre, ce qui la porte à  être grande, ce qui est le plus important : ses valeurs morales.

Souvenons-nous, nous autres Français, de ce que CLEMENCEAU a proclamé le jour de la victoire, il y a cent ans jour pour jour, du haut de la tribune de l`Assemblée nationale, avant qu`en un chœ“ur sans pareil n`éclate la Marseillaise : combattante du droit, combattante de la Liberté, la France serait toujours et à  jamais le soldat de l`idéal.

Ce sont ces valeurs et ces vertus qui ont soutenu ceux que nous honorons aujourd`hui, ceux qui se sont sacrifiés dans les combats où la Nation et la démocratie les avaient engagés. Ce sont ces valeurs, ce sont ces vertus qui firent leur force parce qu`elles guidaient leur cœ“ur. La leçon de la Grande Guerre ne peut être celle de la rancœ“ur d`un peuple contre d`autres, pas plus que celle de l`oubli du passé. Elle est un enracinement qui oblige à  penser à  l`avenir et à  penser à  l`essentiel.

Dès 1918, nos prédécesseurs ont tenté de bà¢tir la paix, ils ont imaginé les premières coopérations internationales, ils ont démantelé les empires, reconnu nombre de Nations et redessiné les frontières ; ils ont même rêvé alors d`une Europe politique.

Mais l`humiliation, l`esprit de revanche, la crise économique et morale ont nourri la montée des nationalismes et des totalitarismes. La guerre de nouveau, vingt ans plus tard, est venue ravager les chemins de la paix.

Ici, aujourd`hui, peuples du monde entier, sur cette dalle sacrée, sépulture de notre Soldat Inconnu, ce `` Poilu » anonyme symbole de tous ceux qui meurent pour la patrie, voyez tant de vos dirigeants rassemblés !

Chacun d`eux mène à  sa suite sa longue cohorte des combattants et des martyrs issus de son peuple. Chacun d`eux est le visage de cette espérance pour laquelle toute une jeunesse accepta de mourir, celle d`un monde enfin rendu à  la paix, d`un monde où l`amitié entre les peuples l`emporte sur les passions guerrières, d`un monde où la parole des hommes doit parler plus fort que le fracas des armes, où l`esprit de conciliation l`emporte sur la tentation du cynisme, où des instances et des forums permettent aux ennemis d`hier d`engager le dialogue et d`en faire le ciment de l`entente, le gage d`une harmonie enfin possible.

Cela s`appelle, sur notre continent, l`amitié forgée entre l`Allemagne et la France et cette volonté de bà¢tir un socle d`ambitions communes. Cela s`appelle l`Union européenne, une union librement consentie, jamais vue dans l`Histoire, et nous délivrant de nos guerres civiles. Cela s`appelle l`Organisation des Nations unies, garante d`un esprit de coopération pour défendre les biens communs d`un monde dont le destin est indissolublement lié et qui a tiré les leçons des échecs douloureux de la Société des Nations comme du Traité de Versailles.

C`est cette certitude que le pire n`est jamais sà»r tant qu`existent des hommes et de femmes de bonne volonté. Soyons sans relà¢che, sans honte, sans crainte ces femmes et ces hommes de bonne volonté !

Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à  accomplir leur œ“uvre de chaos et de mort. Des idéologies nouvelles manipulent des religions, prà´nent un obscurantisme contagieux. L`Histoire menace parfois de reprendre son cours tragique et de compromettre notre héritage de paix, que nous croyions avoir définitivement scellé du sang de nos ancêtres.

Que ce jour anniversaire soit donc celui où se renouvelle l`éternelle fidélité à  nos morts ! Faisons, une fois de plus, ce serment des Nations de placer la paix plus haut que tout, car nous en connaissons le prix, nous en savons le poids, nous en savons les exigences !

Nous tous ici, dirigeants politiques, nous devons, en ce 11 novembre 2018, réaffirmer devant nos peuples notre véritable, notre immense responsabilité, celle de transmettre à  nos enfants le monde dont les générations d`avant ont rêvé.

Additionnons nos espoirs au lieu d`opposer nos peurs ! Ensemble, nous pouvons conjurer ces menaces que sont le spectre du réchauffement climatique, la pauvreté, la faim, la maladie, les inégalités, l`ignorance. Nous avons engagé ce combat et nous pouvons le gagner : poursuivons-le, car la victoire est possible !

Ensemble, nous pouvons rompre avec la nouvelle `` trahison des clercs » qui est à  l`œ“uvre, celle qui alimente les contre-vérités, accepte les injustices qui minent nos peuples, nourrit les extrêmes et l`obscurantisme contemporain.

Ensemble, nous pouvons faire surgir l`extraordinaire floraison des sciences, des arts, des échanges, de l`éducation, de la médecine que, partout dans le monde, je vois poindre car notre monde est, si nous le voulons, à  l`aube d`une époque nouvelle, d`une civilisation portant au plus haut les ambitions et les facultés de l`homme.

Ruiner cet espoir par fascination pour le repli, la violence et la domination serait une erreur dont les générations futures nous feraient, à  juste titre, porter la responsabilité historique. Ici, aujourd`hui, affrontons dignement le jugement de l`avenir !

La France sait ce qu`elle doit à  ses combattants et à  tous les combattants venus du monde entier. Elle s`incline devant leur grandeur.

La France salue avec respect et gravité les morts des autres nations que, jadis, elle a combattues. Elle se tient à  cà´té d`elles.

`` Nos pieds ne se détachent qu`en vain du sol qui contient les morts » écrivait Guillaume APOLLINAIRE.

Que sur les tombes où ils reposent, fleurisse la certitude qu`un monde meilleur est possible si nous le voulons, si nous le décidons, si nous le construisons, si nous l`exigeons de toute notre à¢me.

Lire la suite...

Partager sur : Partager