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samedi 9 octobre 2021

RDC : Jeune cinéaste-producteur en kilubaKat, Christian Tshaba est de Malemba-Nkulu!

RDC : Jeune cinéaste-producteur en kilubaKat, Christian Tshala est de Malemba-Nkulu

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

christian-tshaba-3.jpg, oct. 2021

Il est notre coup de cœur ! Christian Tshaba, jeune cinéaste, réalisateur et producteur est un Katangais originaire de Malembe-Nkulu. Toutes ses productions sont en KilubaKat. Cinéaste du peule, Christian Tshaba est révolté contre la pauvreté qu'affiche son peuple face aux apparatchiks politicailleurs qui affichent leur mépris et ne viennent à Malemba-Nkulu que pour voler des voix.

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Le coup de coeur de Réveil FM international et son projecteur est braqué sur le cinéaste Chritian Tshaba, qui est endeuillé par la disparition de son son ami et caméraman Roméo Nkulu Kanyama décédé à Lubumbashi, son corps est à la morgue de la Kenya et son enterrement est prévu pour demain à Kashamata. Il est le premier cinéaste connu qui produits ses vidéos en KilubaKat: les acteurs parlent le Kilubat sans complaisance et ils n'ont pas besoin de traducteurs. L'enjeu est risqué car il limite l'accès qu'à ceux qui ne parlent que le KilubaKat. Mais cette prise de position courageuse a plusieurs aspects positifs: montrer que le KilubaKat a ses locuteurs, il est une langue vernaculaire au Katanga et contribue à sa préservation.   Le jeune cinéaste et réalisateur Christian Tshaba est né le 24 avril 1998 à Mukanga qui est une chefferie. Il a  quitté Malemba-Nkulu à l'âge de 13 ans pour aller poursuivre ses études à Lubumbashi, il est retourné à Malemba-Nkulu à chacun de ses vacances pour rendre visite à ses parents.

Tshaba Christian dans Monsieur le politicien © Tshaba Christian Officiel

Le regard de Christian Tshaba est implacable: les politicailleurs ventriotes sont des profito-situationnistes. Son constat est amère:  la misère de la population locale est oubliée. Elle est misérable alors qu'elle a plusieurs ministres, députés, sénateurs..... en République démocratique du Congo, c'est pire. Quémandeurs de voix, auprès des paisibles citoyens, une fois élu, les politicailleurs se volatilisent. Ils ne contribuent à aucune amélioration des conditions de vie de leurs citoyens. On fait la politique pour s'enrichir et dominer sur les pauvres concitoyens. La politique en RDC est le monde des magouilleurs, menteurs, assoiffés de pouvoir, immoraux. Les politiciens pensent frics en lieu et place du développement. Christian Tshaba et ses amis pensent éveiller la conscience de ceux qui ont fui Malemba-Nkulu, après des promesses mielleuses des élections ou encore ceux qui sont en fonction mais se comportent en colons à l'égard de leurs propres concitoyens. Des autorités ventriotes de pacotille. La ventripotence est leur religion politique. Le jeune cinéaste Christian Tshaba et ses amis espèrent éveiller la conscience de chacun. Ils se font la voix des sans voix.

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Malemba-Nkulu, qui est une cité du Haut-Lomami connait aussi des tracasseries sous diverses formes. Il y a aussi une forme de violence de rançonner les gagnepetits, de les soumettre aux desiderata de ceux qui ont le pouvoir. Tout ce que nous avons filmé et réalisé à Malemba-Nkulu est une réalité.  Il  y a une certaine forme de violences non mentionnées dans film faute de temps. La situation économique du territoire s'est complètement dégradée. Le territoire de Malemba Nkulu a connu plusieurs événements qui ont contribué à la dégradation de son tissu économique. Il y a 2 ans, des champs ont été dévastés par des éléphants, une situation qui a entraîné une diminution sensible de la production.  Il y a  quelques jeunes qui font la pêche et surtout ceux, qui n'ont pas passé sur les bancs de l'école mais un bon nombre de jeunes, qui ont étudié ont du mal a faire la pêche, ils sont de chômeurs.

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A Malemba-Nkulu, la population vit sous la pesanteur de la tradition.  la précarité y est à 95% concernant l'avenir des jeunes. L'avenir est incertain si rien n'est fait. Christian Tshaba et ses amis  ont pris la décision de s'y rendre pour éveiller la conscience de ses contemporains, surtout des jeunes. L'avenir est bouché si les jeunes ne prennent pas leur destin en main.  s'il n'y a pas d'action sûr l'avenir est incertain, raison pour laquelle j'avais jugé bon d'aller éveiller conscience de la jeunesse pour un avenir meilleur.

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Il faut que les jeunes se prennent en charge. Il faut les encourager et les soutenir. Nombreux jeunes sont animés de bonne volonté et ont le souci de développement de Malemba-Nkulu. Le développement est d'abord mental mais doit s'accompagner des actes concrets. Malemba-Nkulu ne se développera jamais avec ceux qui viennent avec des polos, casquettes...pendant la période électorale et disparaissent à jamais une fois élus. Ils ne sont ressortissants de Malemba-Nkulu que prendre des voix. Cette façon d'appliquer l'histoire du Corbeau et le Renard des Fables de la Fontaine est lamentable pour notre territoire.   

Haut Lomami Nouveau; un film de Tshaba Christian. © Tshaba Christian Officiel

Dans nos films, nous les réalisions en Kiluba pour permettre aux gens, qui sont souvent des victimes de la situation décriée. Nous éveillons leur conscience dans une langue qu'ils maîtrisent bien le Kiluba Kat. Nous venons de terminer le film sur le mariage précoce. En République Démocratique du Congo, la situation de la jeune fille demeure préoccupante au regard des violences de toutes sortes dont la jeune fille est victime. Malgré l’adoption de la Convention pour l’élimination de toutes sortes de discriminations à l’égard des femmes et de la Loi portant Protection de l’Enfant en 2009, les jeunes et les petites filles sont encore victimes de violences, particulièrement le mariage d’enfants et le travail domestique. Beaucoup de jeunes filles meurent des suites d’un accouchement difficile. Leurs parents sont alors accusés de sorcellerie. Pourtant, la vérité est que le corps d’une fille de 13 ans ne peut que difficilement supporter une grossesse. Notre film: Mariage précoce est pour conscientiser les parents et la jeunesse de Malemba-Nkulu à ne tomber dans ce trou béant !

Film tourné en kiluba intitulé mariage précoce, par Tshaba Christian. © Tshaba Christian Officiel

Nous sommes au service de toutes les communautés de BalubaKat en général et ceux de Malemba-Nkulu en particulier. Nous filmons et réalisons nos films dans un but éducatif et culturel. Nous ne ne sommes en quête des bénéfices financiers. Nous avions besoins des moyens pour exercer nos objectifs et missions. Nous louons des matériels de filmage, nous déplaçons les artistes de Lubumbashi à Malemba-Nkulu...toutes les aides seront les bienvenues. 

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dimanche 3 février 2008

Le Cinéma africain est à  l'honneur à  Paris

Dans le cadre d'Africamania, 50 ans de cinéma africain, la cinémathèque de Paris propose une soixantaine de films d'Afrique francophone retraçant la jeune histoire de ce cinéma né de l'indépendance et ayant révélé de multiples talents. Jusqu'au 29 février, l'occasion est offerte de redécouvrir les grands cinéastes africains: Sembene Ousmane, Désiré Ecaré, Djibril Diop Mambecty, Soulemane Cissé, Idrissa Ouedraogo, Gaston Kaboré....25 pays sont représentés.

Sembene Ousmane, le père fondateur du cinéma sénégalais

C'est dans le contexte troublé de l'indépendance que naît le cinéma africain,ce qui n'est pas sans influence sur les thèmes qu'il aborde et la manière dont les cinéastes les traitent. Parmi les quatre réalisateurs choisis pour illustrer cette période, certains abordent évidemment la question coloniale de manière plus ou moins frontale.

C'est le cas notamment de Sembene Ousmane, souvent présenté comme le père fondateur du cinéma sénégalais. Ecrivain passéà  la caméra, dans un souci miltant de se rapprocher de son peuple, il développe son cinéma qu'il définit comme politique, polémique et populaire. Libre, Sembene Ousmane l'a été jusqu'au bout. "Je ne mettrai jamais à  génoux", disait-il en 2003 dans un reportage du confrère burkinabé Yacouba Traoré.

Dans son premier long-métrage, la Noire de..., il fustige l'attitude de coopérants techniques rentrés en France, qui emploient une jeune sénégalaise comme bonne à  tout faire dans des conditions proches de l'esclavage. La dimension parfois caricaturale que prend la dénonciation de l'attitude néocoloniale ne doit pas occulter la beauté de cette oeuvre aride qui donne à  sentir l'immensité du vide né du déracinement et de l'enfermement. Ce film est aussi emblématique de la reconnaissance officielle du jeune cinéma africain. La Noire de...recevra le prix Jean-Vigo en 1966.

Le Mandat, que Sembene Ousmane tourne deux ans plus tard, sera primé au Festival de Venise. Derrière l'apparente solidarité qui unit les habitants d'un quartier pauvre, chacun est engagé dans une quête vitale pour l'argent. Avec le Mandat, l'auteur appuie sur le détonateur et fait exploser toutes les hypocrisies. Le synopsis: dans une banlieue pauvre de Dakar où nourrir sa famille relève de l'exploit quotidien, l'arrivée d'un mandat pour Ibrahim Dieng fut l'effet d'une bombe. Ses femmes, ses cousins, sa famille...chacun voit dans ce petit bout de papier la réponse à  ses problèmes, la porte de sortie-au moins temporaire-d'une existence faite de dettes, de crédits impayés, de privations et d'humiliations. A peine la lettre parvenait-elle à  son destinataire que l'argent du Mandat est déjà  dépensé dix fois, cents fois, mille fois en imagination.

Ibrahim Dieng et ses femmes dans " le Mandat " de Sembene Ousmane

Faudrait-il que Dieng puisse au moins toucher son Mandat? Alors que tous ses proches l'assaillent, espérant glaner quelques miettes du fameux mandat, le viel homme s'enfonce dans un parcours administratif qui prend l'allure d'odysée. La poste lui demande une carte d'identité. Mais pour obtenir cette carte, il lui faut de l'argent. Et de l'argent personne n'en a. Alors, lui aussi se met en quête d'amis à  qui il peut quémander les sommes qui lui manquent. Mais dès qu'un billet tombe dans sa main, un oncle, un mendiant, une cousine lointaine, sont toujours là  pour le solliciter. Et il donne. Et doit à  nouveau trouver de l'argent. Et redonne. Et redemande. Comme tout le monde. Le temps presse pourtant, au bout de 15 jours, le Mandat ne sera plus valide. La tension monte aussi. l'argent virtuel de Dieng attire de plus en plus de convoitises.

La plume de Sembene se fait scalpel, et montre à  vif les liens serrés de solidarité dans lesquels s'emmêlent les individus, les petits mensonges et les mesquineries quotidiennes qui permettent à  chacun de se débrouiller avec la misère. A travers un mandat envoyé de Paris par un sénégalais émigré à  sa famille restée à  Dakar, Sembene Ousmane traduit à  l'écran les séquelles du colonialisme. Entre humour noire et satire, l'oncle analphabète qui doit toucher le mandat est spolié. victime d'une société neuve gangrenée par les travers des nantis et fonctionnaires. Regard lucide sur l'indépendance désacralisée par la mécanique de l'argent.

Les rapports Afrique-Occident, entre fascination et rejet, donnent lieu à  quelques morceaux de choix. Dans " le retour d'un aventurieur ", par exemple, le réalisateur nigérien Mustapha Alassane campe un western avec tous les codes du genre. Jimmy reveient d'un long voyage, les bras chargés de cadeaux, en l'occurrence tout l'attrait des parfaits cow-boys, qu'il distribue à  ses copains du village, "pour jouer au western ". Mais le jeu tourne à  l'aigre et la bande de mauvais garçons sème la terreur, volant chevaux et bétail,molestant les passants. La remise au pas sera sévère mais efficace...

Le plus intéressant dans les films africains des années 60-70 est sans conteste le regard que portent les cinéastes sur les blocages internes de nos propres sociétés. Dans " Cabascabo ", le nigérien Oumarou Ganda dresse le portrait d'un soldat revenu du pèlerinage d'Indochine victime des nombreux rapaces jusqu'au dénuement. Dans le trè beau " Le Wazzou polygame ", c'est au pouvoir de l'islam en Afrique noire qu'Oumarou Ganda s'attaque. Un fidèle revenu du pélérinage à  la Mecque, à  qui la prospérité des on commerce confère le pouvoir de l'argent, prend pour troisième femme une jeune fille promise à  un autre villageois pauvre. Le drame se noue sur fond de rapports de domination des hommes sur les femmes soumises à  la loi de la dot.

On retrouve cette géométrie des relations dans le magnifique film du Camerounais Jean-Pierre Dikongué-Pipa, " Muna Moto ". Deux jeunes gens s'aiment Ngando, orphelin et misérable, ne peut s'acquitter de la dot, ce dont profite son oncle déjà  marié à  trois femme stériles. De cet amour impossible naît une jeune fille que Ngando veut à  tout prix reprendre. La beauté de ce drame poétique tient à  sa narration très particulière faite de flash-back enchâssés à  son image d'un superbe noir et blanc, à  la quasi-absence de dialogues, à  sa proximité avec le documentaire ethnographique, brouillant les limites entre réalité et fiction. Un film qui n'a pas pris une ride.

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