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samedi 10 mai 2008

Marche des libertés à  Paris !

La Journée nationale de commémoration consacrée à  la mémoire de l'esclavage, de la traite négrière et des abolitions a été instaurée il y a trois ans, le 10 mai. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi 10 mai 2008 à  Paris à  l'occasion des cérémonies officielles de l'abolition de l'esclavage, aux cris de "A bas les préjugés". Les manifestants arboraient des pancartes sur lesquelles était écrit: "non aux discriminations" ou "discriminés jusqu'à  quand?" "Les chaînes sont dans nos têtes", "Non au contrà´le de faciès" et "Ouvrier ou député, tout doit être possible". La manifestation se base sur la loi du 21 mai 2001 dite "loi Taubira", du nom de la députée de Guyane Christiane Taubira, qui reconnaît l'esclavage comme un crime contre l'humanité. Christiane Taubira qui a été bien encadré lors de la marche des libertés du samedi dernier de République à  la Bastille. 

- Dicriminés jusqu'à  quand? Photo Alexandre CHEVALLIER

"Nous sommes ici pour commémorer l'abolition de l'esclavage mais aussi pour dénoncer ce qui se passe aujourd'hui", a déclaré le président du Conseil représentatif des associations noires (Cran) Patrick Lozès, pour qui "il ne faut pas attendre 160 ans pour s'occuper des gens qui souffrent aujourd'hui".

Un peu plus tà´t, le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy avait évoqué lors d'une cérémonie de commémoration à  Paris la "souffrance que l'esclavage a engendrée, les blessures qu'il a laissées dans l'à¢me". Dans les jardins de Luxembourg, à  Paris, évoquant une "blessure profonde qui pèse encore sur les consciences", un "crime contre l'humanité", M. Sarkozy a exhorté à  regarder "cette histoire telle qu'elle a été", "lucidement", car "c'est l'histoire de France".

Le président de la République Française a annoncé que "la traite des Noirs, l'esclavage ainsi que leurs abolitions" seraient enseignées à  l'école primaire, pour les enfants de six à  dix ans, dès la rentrée de septembre 2008.

Aboli une première fois en 1794 puis rétabli par Napoléon, l'esclavage a été définitivement interdit en France en 1848. "Regardons cette histoire telle qu'elle a été, regardons-la lucidement, car c'est l'Histoire de France", a déclaré Nicolas Sarkozy devant plusieurs centaines de personnes. "Parce que les Français l'auront comprise, cette histoire, alors, deviendra notre histoire commune, l'histoire de tous les Français, pas simplement l'histoire d'une partie d'entre eux", a-t-il poursuivi.

La traite des Noirs "est une blessure profonde qui pèse encore sur nos consciences et les mémoires portent le poids de cette histoire", a fait remarquer le chef de l'Etat, qui s'est dit conscient "qu'il existe encore aujourd'hui des inégalités qui trouvent leur origine dans cet héritage si douloureux".

"Ayons le courage d'en parler pour assumer ensemble notre Histoire", a-t-il demandé. "Je voudrais qu'on mette cette lucidité au service de l'apaisement", a ajouté le président, pour qui "le devoir de mémoire ne peut souffrir des concurrences et des clivages". Cette volonté se traduira à  l'école afin, a dit Nicolas Sarkozy, "que nos enfants puissent comprendre ce qu'a été l'esclavage" et "mesurer les souffrances que l'esclavage a engendrées, les blessures qu'il a laissées dans l'à¢me de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique".

Le Code noir "En ravalant les esclaves au rang de "biens meubles", le Code noir, promulgué en France en 1685, leur déniait la qualité d`homme. La légende biblique elle-même fut pervertie, pour légitimer ce trafic odieux : certains prétendirent que les Noirs descendaient de Cham, maudit par son père Noé. Et voilà  comment l`on essaya de justifier l`infà¢me et l`injustifiable." "Ne nous y trompons pas : aujourd`hui encore, cette tragédie a des échos. En Occident notamment, elle a donné corps aux thèses racistes les plus insupportables, en contradiction absolue avec les idées des Lumières. En privant l`Afrique d`un sang vigoureux, elle a épuisé ce continent. Et, aujourd`hui encore, des formes d`esclavage et de travail forcé subsistent dans le monde, contre lesquelles nous devons plus que jamais nous mobiliser."

En 1848, la France abolissait la servitude. 160 ans plus tard, la mémoire est omniprésente. A cette occasion, L`Humanité a édité un hors-série exceptionnel "Esclavage, l`histoire inavouée" qui a été vendu aux manifestants lors de la marche. "Qu`un être humain puisse être la propriété d`un autre devenant son maître, ayant sur lui pouvoir absolu, est une abomination. C`est le comble de l`antihumanisme. Une injure faite au genre humain." Patrick Le Hyaric, directeur de l`Humanité

Plusieurs manifestants n'ont pas hésité à  se référer de la pensée d'Aimé Césaire.

Universel, Césaire a réussi à  lier avec génie les populations noires à  un universel dont on avait longtemps essayé de les exclure. Il a toujours refusé d`évincer les intellectuels blancs du combat des Noirs des Antilles ou d`Afrique.

Pour lui, l`identité noire était universelle et non synonyme de clivage entre les hommes. C`est pourquoi certains penseurs blancs ont adhéré a sa pensée, à  l`image de Jean-Paul Sartre qui déclarait : "La négritude est la négation de la négation de l`Homme noir".

Césaire, qui disait `` Nègre je suis, nègre je resterai », disait aussi `` ma race est celle de tous les opprimés ».

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