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mardi 11 mars 2008

Sursaut des intellectuels Africains!

La parution le jeudi 21 février 2008, à  Paris, du livre `` L`Afrique répond à  Sarkozy - Contre le discours de Dakar » Editions Philippe Rey, 480 pages, aura été un véritable événement littéraire. Le livre-réponse, qui se vend à  de milliers d'exemplaires d'après l'éditeur que nous avons réussi à  joindre, est écrit par vingt-trois intellectuels Africains dont le professeur Lye M.Yoka de la République Démocratique du Congo qui a écrit sur le thème " la francophonie: alibi et doute". L'ouvrage est dedié à  Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, Mongo beti, Amadou Hampà¢te Ba et joseph ki-Zerbo, publié sous la direction de Makhily Gassama,ancien conseiller du président Sénégalais Léopold Sédar Senghor et responsable de plusieurs instances de la francophonie. IL est également professeur de letrre, animateur radio, Makhily Gassama a passé 40 ans de sa vie à  sillonner le continent..." L'Afrique répond à  Sarkozy, contre le discours de Dakar " ne se veut pas un exercice de polémique intellectuelle. La publication est avant tout soucieuse d'ouvrir des perspectives et d'indiquer des pistes de réflexion. Car l'intérêt de ce livre, signale-t-on, dépasse le cadre d'une simple réponse au discours du président français tenu le 26 juillet 2007 à  Dakar, lors de sa première visite en Afrique subsaharienne. Il décrit sans concession les véritables défis qui interpellent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain, et l'appelle avec confiance à  trouver à  travers, par elle-même, les moyens de se relever ". Le célèbre " discours de Dakar " du président Nicolas Sarkozy a provoqué une légitime levée de boucliers au Sénégal même, en Afrique et dans le monde. Ce discours est situé dans la lignée des messages " historiques " délivrés à  l'Afrique par ses prédecesseurs-Charles de Gaulle à  Brazzaville (1944) et François Mitterrand à  La Baule (1990). Le service que le président Français a rendu à  l`Afrique est d`avoir provoqué le sursaut de nos intellectuels trop longtemps endormis et parfois complices du déclin de l`Afrique pour leur silence assourdissant dans le débat international sur l`Afrique et la mondialisation. Les intellectuels africains ont laissé le champ libre aux politiques, connus pour leur incapacité à  défendre les intérêts de leur pays et de l`Afrique. Quel homme politique africain s`est publiquement offusqué de 5.000.000 des Congolais tués par la guerre, de l`affaire de l`Arche de Zoé au Tchad ou plus proche et encore plus dramatique, de la situation post électorale au Kenya ?

Le 30 juin 2007, un confrère Sénégalais affirmait `` qu`il n`y avait pas d`intellectuels en Afrique mais des diplà´més et chasseurs de primes ». Car de nombreux d`intellectuels africains ont longtemps été et sont encore des chasseurs de primes ou de `` per-diem », s`ils ne sont pas tout simplement des caisses de résonance du Pouvoir en place... Le retrait presque coupable des intellectuels africains du débat international explique aussi et prolonge le manque de considération des Africains à  l`égard des autres peuples, d'autres continents, pourtant indépendante depuis près d`un demi siècle. Si les intellectuels africains avaient investi le champ des idées et du débat international, le mépris, la condescendance, la haine des Africains n'auraient pas la portée qu'elle a.

Un livre-réponse écrit par 23 intellectuels africains

Comment l`Afrique, continent le plus riche du monde en ressources minières, continue-t-elle à  être cet espace de la misère, des maladies, des guerres ethniques et tribales, des fraudes électorales, qui a fini par convaincre la jeunesse que le seul espoir qui lui reste est s`embarquer dans des pirogues de fortune pour un voyage, souvent sans retour, vers un hypothétique eldorado européen. Certes on peut `` reconnaître que les artistes, dans le combat pour une Afrique prospère, sont en avance de plusieurs années sur les intellectuels africains, depuis la disparition des grands panafricanistes ». C`est aussi la preuve que le combat pour restaurer la dignité des Africains et de l`Afrique n`est pas qu`une affaire d`intellectuels au sens étriqué.

Pour gagner en légitimité et en respect, ils (les intellectuels) devraient aussi s`en prendre à  nos vaillants dictateurs. Les intellectuels africains doivent-ils seulement avoir l`attitude de militaires défendant leur chère Afrique ? Ne devraient-ils pas aussi jouer au policier ou au gendarme pour contrà´ler la bonne gouvernance, le respect des droits de l`homme et la liberté d`expression en Afrique ?

Plus que jamais l`espoir se conjugue au présent. Lorsque les intellectuels s`impliquent et ne renoncent pas au combat pour défendre des idées, ils sont capables de réveiller la conscience des citoyens. Le drame actuel de l`Afrique, c`est aussi l`absence de débat sur les enjeux véritables du continent ? Sur qui nous sommes ? Que voulons-nous léguer aux générations futures ? En tout cas, les ingrédients sont là  pour nous donner des raisons d`espérer. Nous n'avons pas en souvenir dans l`Histoire qu`autant d`intellectuels (23) acceptent de travailler tous ensemble et de manière spontanée sur un même sujet et produisent une œ“uvre aussi pertinente et sans complaisance aucune. Il est vrai que lorsque les intellectuels africains tirent tous dans le même sens, l`Afrique avance à  pas de géant et les Africains retrouvent leur fierté et leur énergie. Il est impensable que les intellectuels africains et plus particulièrement les 23 co-auteurs du livre s`arrêtent en si bon chemin.

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