Réveil FM, la première radio libre et citoyenne de Kinshasa en République démocratique du Congo !

lundi 3 décembre 2007

Silence, On désinforme et On discrimine !

Marie-Soleil Frère autoproclammée experte des médias africains ! Foutaise

"Africultures", qui fête ses dix ans, vient de consacrer le n° 71 de sa revue sur les médias africains avec un titre " Médias sur le métier ", un ouvrage de 232 pages. On peut y lire plusieurs articles des différents auteurs. L'éditorial est de Thierry Perret, "Medias: de la liberté à  l'émancipation"; Un excellent article de Emmanuel Adjovi " la voix des sans-voix: la radio communautaire, vecteur de citoyenneté et catalyseur de développement en Afrique". Marie Soleil Frère qui signe trois articles dont deux sur la RDC. " Quand le pluralisme déraille: images et manipulations télévisuelles à  Kinshasa " puis " Les médias au Congo: un pluralisme quantitatif ". Elle a choisi un prisme déformant, un traitement tendancieux et une vision manichéenne occidentalisée pour écrire et présenter les médias congolais. Les articles de Marie Soleil Frère sont condescendants, avec un mépris pour le travail des journalistes congolais. Il faut arrêter de parler à  la place des autres sans jamais se mettre soi-même en question. De même dans une démocratie, on n'admettrait pas qu'un seul parti politique s'exprime; on ne devrait pas admettre que les seuls "spécialistes autoproclamés" sur l'Afrique aient la parole, écrivent sur le continent africain.

Rarement continent n'a fait autant l'objet d'appropriation de la part des occidentaux. Que ce soit du point de vue humain- avec l' exploitation des populations, matériel- avec les pillages des ressources ou du point de vue de l'imaginaire, l'Afrique constitue un terrain particulier que les étrangers se permettent d'investir, d'exploiter, de commenter et sur lequel ils n'hésitent pas à  porter des jugements de valeurs, positifs ou négatifs. Le continent noir demeure objet et non sujet de ces récits ou analyses qui le concernent au premier chef. On se permet avec l'Afrique ce qu'on ne se permettrait avec aucune partie du globe.

17 ans déjà  !

depuis le discours du 24 avril 1990 du maréchal Mobutu à  la cité de la N'selé proclamant la démocratie au pays de Patrice Emery Lumumba. Ce jour- là , le " père de la nation zairoise " fondait publiquement en larmes, en démissionnant officiellement de ses fonctions du Président du MPR, Parti-Etat. Le "comprenez mon émotion" qui fut la fin du pouvoir de coup d'Etat du 24 novembre 1965, était aussi la fin du monopole de la voix de son Maitre. A Kinshasa, la première radio privée à  émettre fut la Radio Sango Malamu en 1993, la radio catholique Elykia deux ans plus tard. Le pluralisme médiatique de la République Démocratique du Congo avec ses 74 chaines de télévisions, 200 titres de presse déclarés, 160 stations reparties sur l'ensemble du territoire congolais ne doit pas être consideré comme offert par le pouvoir politique aux congolais; mais ce pluralisme acquis au prix de beaucoup de sacrifices, de privations, d' arrestations et emprisonnements, de repressions politiques et administratives, d' assassinats. Accepter de miniminiser comme le fait Marie Soleil-Frère, est un mépris contre le travail des professionnels des médias congolais qui travaillent dans une situation de précarité et d'insécurité croissante.

Classification biaisée et dangereuse

La classification de Marie Soleil-Frère est edulcorée, partisane et acerbe . Elle stigmatise les journaux kinois en les regroupant en 3 catégories: " D'une part les " pro-kabila" appartenant en général à  des députés proches de la famille politique du président de la République: l'Avenir ( de Pius Muabilu Mbayu), Uhuru ( de Colette Tshomba), le Soft International ( de Tryphon Kin Kiey Mulumba), le Palmarès ( de Michel Lady Luya). D'autre part, la "presse rouge", proche de l'opposition UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social, le vieux parti d'opposition historique d'Etienne Tshisekedi), très critique vis-à  vis du récent processus électoral et de la communauté internationale, comme Le Phare ( de Polydor Muboyayi Mubanga) et la Tempête des Tropiques ( d'Alexis Mutanda). Enfin, une troisième catégorie de titres se montrent favorables au pouvoir en place, mais manifestent un réel effort d'ouverture aux autres tendances: l'Observateur (de Makenda Voka), le Potentiel ( de Modeste Mutinga), le Forum des As (de José Nawej), la Prospérité (de Marcel Ngoyi) ". Quelles sont les intentions de Marie Soleil en classifiant le Phare et la Tempête des Tropiques dans la catégorie de la "presse-rouge"? Si les arrestations intempestives s'abattaient sur les journalistes du Phare et de la Tempête des Tropiques, Marie Soleil Frère se sentirait t-elle responsable? Poser les vraies questions sur la relation Belgo-Congolais signifie pour Mme Soleil que l'on critique la communauté internationale? La Belgique a elle seule représente-elle la communauté internationale? A-telle une définition claire sur cette communauté qui aux yeux de beaucoup d'intellectuels africains apparait comme une nébuleuse. Pourquoi " la Référence Plus" qui est aussi un grand quotidien congolais n' est pas classifié? S'agit-il d'un oubli? ou de la volonté manifeste de la part de Marie Soleil Frère d'ignorer le travail qu'abat ce quotidien dont le redacteur en chef franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka furent assassinés? Faut-il croire Marie Soleil lorsqu'elle considère que les hébdomadires (Le Révélateur, Numérica, Demain le Congo, the post ( c'est nous qui l'ajoutons) ne sont pas beaucoup lus puisqu'ils tirent à  très faible tirage ?

Le journal du citoyen et la Radio Okapi magnifiés

Elle exalte le Journal du Citoyen qui tire à  15.000 exemplaires financé par Panos, alors même que ce journal de 4 feuillets doit son existence à  la contribution rédactionnelle et les caricatures des différents journalistes congolais de la presse kinoise prêtés par leur rédaction pour écrire les articles du Journal du Citoyen. " les journalistes sont en outre insuffisamment formés dans un pays où même s'il existe une diversité de structures de formation...". Les journalistes congolais sont-ils les moins formés du globe? Les Stéphane kitutu O'leantua, Polydor Muboyayi, Kabeya Mpindi Pasi, Fidel Musangu wa Ntumba, Cyrillle Kileba Pok Ames, Jacques Kimponzo, Kamanda wa kamanda, Eugène Kota Odiekila, Roger Kalala Mihuta, Béatrice Kwale, Ngombwa Tshipamba, Francine Mukoko, Michel Digeluka kibungu, Guy Kasongo Kilembwe, Gustave Kalenda, Kasongo Tshilundé, Arthur Kayumba Mutoka, Michel Digeluka, Felly Mukendi, jean paul ilopi,Georges Tamba et plusieurs autres sont-ils vraiment des journalistes non formés?.

La République Démocratique du Congo ayant une superficie de 2.345.410 km2, avec différents reliefs, aucune radio même pas la Radio Okapi ne peut se targuer qu'elle couvre toute la République. Les zones d'ombres sont nombreuses et les populations Congolaises ne sont pas que dans les centres urbains. Etre " relayée soit par le biais d'une de ses propres antennes provinciales, soit en décrochage sur une station locale " signifie-t-elle qu'on couvre toute la RDC?. Les Congolais savent que 18. 000 soldats constituent la Monuc qui chapeaute avec la fondation suisse Hirondelle, la Radio Okapi, radio internationale "humanitaire". Quel est le bugdet de fonctionnement de la radio Okapi ? La spécialiste de la République Démocratique du Congo a oublié d'informer aux lecteurs d'Africultures que la majorité des journalistes qui travaillent à  Okapi ont été débauchés dans toutes les stations des radios locales: Rtnc, Radio Sango Malamu, Réveil FM, Radio Elykia...Et dans les provinces ça été pareille. Ces journalistes ont été formés dans les structures existantes mais aussi sur les tas par un accompagnement efficace, pourquoi lorsqu'elle parle de la radio Okapi, elle occulte cet aspect? Son article manque de perspective, que va devenir la Radio Okapi, une fois que la Monuc quittera le sol congolais? Sera-t-elle " congolisée "? Que deviendront tous ces journalistes dont les salaires vont rétrécir considérablement. plus

La HAM, la poule aux œufs d'or

Lorsqu'on a eu l'occasion de lire Guy Durandin," l'information, la désinformation et la réalité", Ed. PUF 1993 ou encore Remi Kauffer," l'arme de la désinformation", Grasset 2000 on comprend vite que Marie Soleil Frère n'a fait que sélectionner des nouvelles allant dans le sens de ses intentions, elle n'a fait que défigurer les informations vraies, elle n' a fait que laisser s'échapper des lambeaux de la vérité en désinformant ses lecteurs. Marie Soleil Frère n'a pas osé dire que c'est pendant qu'il était Président de la Haute Haurité des Médias (HAM) que Modeste Mutinga a monté sa propre station de radio et sa chaîne de télévision. Le fait d'être juge et partie ça ne gène pas notre spécialiste des médias africains. Pourquoi le cas de Jean Pierre Kibambi Shintwa, ancien correspondant de RFI, patron de Tropicana Tv, qui a concouru à  la députation doit être mis en exergue? Et taire volontairement ceux qui ont agi sournoisement? Dans " Quand le pluralisme déraille: images et manipulations télévisuelles à  Kinshasa ", on peut lire " certaines radios et télévisions confessionnelles soutiennet des politiciens affiliés aux églises évangéliques..(..). Le Pasteur Sony Kafuta, propriétaire de la RTAE a mis sa foi et ses médias au service de Joseph Kabila, se faisant, en août 2006, rappeler à  l'ordre par la HAM pour " incitation à  la violence". Sans doute n'est-ce donc pas un hasard si l'amphithéâtre de son Eglise a été pillé par des militants du MLC de Jean-Pierre Bemba le 27 juillet, à  la veille du premier tour ". Il y a un mélange de vrai et de faux dans ce récit, lorsqu'on n'a pas été à  Kinshasa, on peut croire les balivernes de Soleil Frère.

.Primo. Tous ceux qui ont accompagné Jean-Pierre Bemba à  son retour à  Kinshasa, de l'aéroport de N'djili au Stade Tata Raphaël n'étaient pas tous des militants du MLC. Beaucoup des shégués s'étaient infiltrés dans le cortège. Pour être militant il faut posséder la carte du parti. A-t-elle vérifié que tout ce monde était en possession du MLC?

.Secundo. On ne peut en aucun encourager la violence d'où qu'elle vienne. Mais avant d'arriver à  l’amphithéâtre du Pasteur Sony Kafuta, c'est la HAM qui a été le premier bâtiment a être pillé. Pourquoi la HAM a connu le pillage? Les shégués qui voulaient traverser son siège pour atteindre le stade Tata Raphaël, ignoraient que ce bâtiment abritait la HAM. Pour dissuader les shégués, un policier commis de garde a tiré sur la foule il a eu une personne qu a été grièvement blessée. C'est entrant dans l'enceinte du bâtiment ou le bus avec son inscription " Haute Autorité des Médias " a attiré leur attention. Les jeunes qui ont pillé la HAM ont décrié le coté partisan de cette institution.

Tierso. La violence a était inouie: la HAM fut pillée et brà»lée, une femme travaillant à  la HAM a été brutalisée et violée; les églises des Pasteurs Sony Kafuta et Ngalasi pillées et brûlées, la Samba Playa, lieu de répétition de Werrason " Wenge Musica Maison Mère " mise à  sac, 4 policiers tués.

Quatro. A part la HAM, aucun média se trouvant dans le parage des pilleurs n'a été leur cible: La Référence PLus, Radio télé Puissance...

Le vrai problème avec Marie Soleil Frère c'est que ces articles sont orientés, déforment la vérité. L'un des objectifs est qu'il faut cacher les insuffisances, les dérives autoritaires, les prises de positions en faveur d'un camp au détriment de la majorité d'autres candidats,dans les élections qui se sont tenues en République Démocratique du Congo car il faut que son patron Panos trouve les financements pour continuer à  régenter les journalistes et les médias congolais.

La Belgique peine à  trouver un gouvernement, les journalistes belges ont-ils droit d'en parler? Jean Marie Le Pen dont on connait les dérives oratoires, son antisémitisme, son racisme déclaré, pourquoi les journalistes français lui donnent-ils la parole? Pourquoi les journalistes congolais n'ont-ils pas eu droit d'inviter les acteurs congolais pour de grands débats contradictoires, sans que la HAM suspende les journalistes, les médias et même l'acteur politique invité. La HAM a échoué car elle n'a jamais réussi à  organiser un grand débat entre les deux candidats restés en lice sur les 33 aux élections présidentielles. Ce débat était inscrit noir sur blanc dans la constitution de la transition. La viabilité financière des médias en RDC dépendent de la santé économique de ce grand pays au cœur de l'Afrique. Fouler au pied le travail qu'abatte au quotidien les journalistes congolais dans un pays post-conflit est un mépris.

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