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dimanche 24 juin 2018

RDC: Alias Joseph Kabila a enfariné le pape, le COE réagit !

Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale a enfariné le pape François en ne respectant pas sa parole. Et pourtant, lorsque le pape François l'a reçu au Vatican, pour un entretien d'une vingtaine de minutes et pour la dernière fois au Vatican, le lundi 26 septembre 2016, quelques mois avant la fin du second mandat usurpé, dans un langage franc, le Saint-Père lui avait demandé de "Respecter la Constitution et de cesser la violence" ! Or la violence est la seconde nature du régime de Kinshasa...Pour remercier le Pape François, l'Eglise Catholique est la cible privilégiée du régime lors des manifestations pacifiques: Des paroisses sont profanées, des prêtres sont bastonnés, humiliés, déshabillés, des fidèles sont assassinés dans des paroisses, tabassés et gazés au lacrymogène... !

Le Vatican a toujours condamné et dénoncé les exactions de chrétiens de la part d'un régime. Or, l'excès de zèle et violence des autorités congolaises- illégitimes qui règnent par défi, sont exercés pour terroriser des citoyens paisibles non armés et sans défense. La foi dans l'instauration de la démocratie bafouée dans le pays, étant la seule arme non visible.

Après la mobilisation des associations et des citoyens organisée au travers des réseaux sociaux tout au long de 2016 et de 2017, celle des catholiques est devenue l`ultime recours des Congolais contre l`obstination du président à  se maintenir par la force, en toute illégitimité et impunité au pouvoir. L`Église catholique, qui avait joué la médiatrice a été flouée !

République démocratique du Congo, tous les signaux sont au rouge ! Dans notre pays extraordinairement riche qui compte plus de 75 millions d'habitants, le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolue (1,25 dollar par jour et par personne) s'établit à  82%. Dans ces conditions, la violence somnole et ne demande qu'à  dégénérer. L'impunité pour les crimes commis sonne presque comme un encouragement.

Dans ce délitement général, ce chaos qui dure, l'église catholique représente un fusible et jouit d'un indiscutable pouvoir d'influence : Avec plus de 5.000 prêtres et 47 diocèses, l`église catholique est représentée sur toute l`étendue du territoire national. Près de 60% de la population est catholique. L`église catholique gère beaucoup d`écoles (les meilleures du pays et les intellectuels de la première génération ont été formés par elles) et plusieurs hà´pitaux à  travers le pays.

L‘église catholique a toujours joué un grand rà´le dans la politique depuis l`époque de Mobutu. Elle a lutté contre la dictature sous Mobutu et a organisé en février 1992 la marche des chrétiens qui a conduit à  la réouverture de la conférence nationale souveraine.

Depuis le 31 décembre 2017, les manifestations de militants catholiques se multiplient en République démocratique du Congo. Ils réclament la tenue d`élections libres avant fin 2018. Le pouvoir réplique violemment : au moins une vingtaine de morts, difficiles à  dénombrer précisément, des arrestations arbitraires et des lieux de culte profanés. Alors que son mandat usurpé a officiellement pris fin le 19 décembre 2016, Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale préside toujours, en toute illégitimité, illégalité et impunité, la République démocratique du Congo. L'imposteur de Kingakati a reporté le scrutin deux fois déjà , en dépit de l`accord de la Saint-Sylvestre, passé en 2016 entre le gouvernement et l`opposition, qui prévoyait un calendrier électoral.

Le 4 octobre 2016, le régime Kabila a justifié un premier report par le fait que dix millions de personnes — pour la plupart de jeunes électeurs, dits `` nouveaux majeurs » — n`avaient pas été inscrites sur les listes.

Le 7 juillet 2017, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, homme lige d'Alias Joseph Kabila, qui est sur le pas de Malu Malu, abbé tricheur de l'élection Louis Michel de 2006 et de Daniel Ngoy Mulunda, pasteur fraudeur de l'élection novembre 2011, ses deux prédécesseurs corrompus, a annoncé un nouveau report, arguant que les conditions de sécurité dans plusieurs provinces, notamment le Kasaï, n`étaient pas réunies. Pour mieux corser ses éhontés mensonges, il arguera que la diaspora congolaise doit participer au vote. Sans doute pour apaiser la grogne et gagner du temps !

à€ l`initiative du Comité laïque de coordination (CLC), la mobilisation pour l`organisation d`élections se déploie dans la capitale, Kinshasa, mais également en province, comme à  Kisangani. Ce 21 janvier 2018, les marcheurs brandissent des banderoles sur lesquelles on peut lire : `` Nous, fidèles laïques, demandons l`application complète et intégrale des accords de la Saint-Sylvestre 2016 », avant d`être dispersés par la police, qui blesse plusieurs membres de la paroisse Saint-Esprit. Le même jour, une manifestation prévue à  Lubumbashi a été annulée en raison de la présence importante de militaires armés, que les autorités justifient par le besoin de prévenir un prétendu complot `` terroriste ».

La marche des fidèles catholiques prévue du dimanche 25 février 2018 pour dénoncer le maintien au pouvoir d'Alias Joseph Kabila a été durement réprimée. On parle d'un mort et de quelques blessés graves. La manifestation qui n'a pas été autorisée par le gouverneur de la ville comme, a eu lieu au terme d'une prière pour la paix dans le pays, effectuée suivant l'appel du pape François.

La police a de nouveau réprimé une marche de l'opposition programmée par le Comité laïc de coordination (CLC, un collectif proche de l'Église catholique). Les organisateurs prévoyaient au cours de cette manifestation, demander à  Kabila de déclarer publiquement qu'il va ''bien quitter le pouvoir''.

Comme lors de leurs précédentes marches, dès leurs sorties de messe, les fidèles ont été dispersés par les forces de l'ordre dans la capitale Kinshasa et dans plusieurs autres grandes villes du pays. Plusieurs sources dénoncent déjà  des tirs de gaz lacrymogènes et des tirs à  balles réelles ayant fait selon les hà´pitaux, un mort et deux blessés.

`` La situation a vraiment dégénéré. On est en face d'une barbarie qui n'a pas son nom. Des forces de l'ordre sont venues et ont commencé à  tirer et, comme la fois dernière à  balles réelles. Nous attendions les amis de la paroisse Saint-Augustin et de Saint-Laurent. Dès leur arrivée, la police a commencé à  tirer des gaz lacrymogènes, cherchant à  disperser les gens. Les gens ont commencé à  résister et je pense que c'est à  ce moment-là  qu'ils ont commencé à  tirer à  balles réelles parce qu'il y a des blessés », a confié le père Tabu, curé de la paroisse Saint-Benoît à  Lemba. Il ajoutera qu'à  l'instant où il parlait, les manifestants et les paroissiens sont enfermés dans l'enceinte de la paroisse, barricadée par les forces de l'ordre. Un autre fidèle témoin oculaire apeuré, parle d'une répression ''terrible''.

Kinshasa, la cathédrale du centenaire protestant

Mgr. Jean Bokeleale alors Président de l'Eglise du Christ au Zaïre, fut attaché à  l`œ“cuménisme et au Conseil œ’cuménique des Eglises (COE). Pasteur issu de la Communauté des disciples du Christ au Congo (CDCC), Mgr. Jean Bokeleale était à¢gé de 83 ans, il est décédé en 2001 à  Kinshasa, il avait dirigé pendant plus de 30 ans l'Eglise du Christ au Congo (ECC) dont il fut cofondateur, en 1968. C'est sous son mandat que de nombreuses oeuvres ont été réalisées, notamment la construction à  Kinshasa du Temple du Centenaire (cathédrale protestante de Kinshasa). C'est encore lui qui dota l'ECC d'un siège administratif digne de ce nom.

Mgr. Jean Bokeleale fut remplacé en 2000, par Mgr. Marini Bodho, dont les accointances et la justification des dérives autocratiques du avec le régime d'Alias Joseph Kabila Kanamabe Kazembere Mtwale, n'ont fait qu'éloigner l'ECC du Conseil œ’cuménique des Eglises.

André Bokundoa, président de l'ECC et François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France

Les Congolais ne doivent pas minimiser la déclaration du Conseil œ’cuménique des Eglises sur la situation politique en République démocratique du Congo, la veille de l'arrivée du Pape François à  Genève, pour les 70 ans de sa fondation. L'arbre qui va tomber donner des signes. Les feuilles jaunissent, les branches s`élaguent toutes seules, il suffit d'un petit coup de vent...Il y a peu de temps, la Fédération de Protestante de France a fait une déclaration de soutien à  l'Eglise du Christ au Congo, la première fédération protestante au monde. Sous le lobbying accru de notre compatriote, le pasteur Roger Puati, les Eglises de Suisse ont fait la même chose.

Le pasteur Philippe Kabongo M'Baya et André Bokundoa, président de l'ECC

En République Démocratique du Congo, plusieurs Eglises protestantes y compris l'Eglise Kimbanguiste sont membres du Conseil œ“cuménique des Eglises: 1. Communauté baptiste au centre de l`Afrique

2. Église du Christ au Congo - Communauté anglicane du Congo

3. Église du Christ au Congo - Communauté baptiste du Congo

4. Église du Christ au Congo - Communauté évangélique au Congo

5. Église du Christ au Congo - Communauté mennonite au Congo

6. Église du Christ au Congo - Communauté presbytérienne du Congo

7. Église du Christ au Congo - Communauté presbytérienne de Kinshasa

8. Église du Christ Lumière du Saint Esprit

9. Église du Christ au Congo - Église protestante baptiste en Afrique / Communauté épiscopale baptiste en Afrique

10. Église de Jésus Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu

11. Église évangélique luthérienne au Congo

12. Église du Christ au Congo - Communauté des disciples du Christ

Membres du COE présents en République Démocratique du Congo

1. Église de Norvège

2. Patriarcat orthodoxe grec d'Alexandrie et de toute l'Afrique

3. Église méthodiste unie

4. Église méthodiste épiscopale africaine

Qu'est-ce que le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) ?

Le Conseil œ“cuménique des Églises rassemble près de 350 Églises chrétiennes du monde en une `` communauté fraternelle ».

Le Conseil propose un lieu de rencontres des différentes Églises pour qu`elles puissent travailler ensemble, se connaître et parler d`une seule voix.

Comment est né le COE ?

Si plusieurs mouvements œ“cuméniques existaient déjà  au début du XXe siècle, c`est en 1920 que, pour la première fois, le patriarcat de Constantinople - orthodoxe - lance un appel pour la création d`une `` Société des Églises », sur le même principe que la Société des Nations, créée quelques mois plus tà´t. En 1937, des représentants de plus de 100 Églises manifestent leur volonté d`un Conseil œ“cuménique des Églises. Mais la guerre éclate. Le projet est suspendu. Ce n`est qu`en 1948 que le Conseil œ“cuménique voit le jour, à  Amsterdam (Pays-Bas). Il célèbre cette année ses 70 ans.

Que fait le COE ? Le COE agit dans différents domaines :

- La solidarité, le secours caritatif aux sans-abri, aux migrants, aux prisonniers et le respect de la dignité humaine.

- La consolidation de la paix dans les pays et régions instables.

- L`aide au développement des pays du tiers-monde.

- La formation des personnes impliquées dans le mouvement.

Tout au long de la Guerre froide (1947-1991), le Conseil œ“cuménique a servi de lieu de rencontre au dialogue Est/Ouest. En 1969, le Conseil s`est engagé contre le racisme et a fortement contribué à  mettre fin à  l`apartheid en Afrique australe.

Le centre administratif se trouve à  Genève, en Suisse. Mais le COE dispose de bureaux partout dans le monde : au Nations unies à  New York, à  Jérusalem (Israà«l), à  Nairobi (Kenya)…

Le Conseil tient une assemblée générale tous les huit ans. La dernière s`est déroulée en 2013, à  Busan (Corée du Sud).

Qui siège au COE ?

à€ ses débuts, en 1948, le COE comptait 147 églises. Elles étaient en majorité protestantes et occidentales. Aujourd`hui, elles sont 348 et majoritairement orthodoxes (chalcédoniennes et orientales). Mais la COE rassemble aussi un grand nombre d`Églises anglicanes, baptistes, luthériennes, méthodistes… Toutes reconnaissent Jésus comme `` Dieu et sauveur » et croient au mystère de la Trinité. Au total, plus de 500 millions de chrétiens de 120 pays différents sont représentés.

Et l'Eglise catholique dans tout cela ?

L`Église catholique romaine ne siège pas au COE. Elle n`a jamais demandé son admission. Lors des premières années, les relations entre Rome et le COE étaient tendues. Mais le concile Vatican II a permis d`établir un dialogue. En 1966, pour la première fois, une rencontre est organisée. Un groupe de travail `` mixte » a été mis en place dans la foulée. Aujourd`hui, Rome collabore avec le conseil à  titre d`observateur et de nombreux théologiens catholiques sont intégrés dans différentes commissions et groupes de travail

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vendredi 22 juin 2018

Clameurs et tonnerre d'applaudissements pour le pape François à  Palexpo !

C'est à  20h10 que le pape François a décollé de Genève. Dans l'avion qui le ramène à  Rome, depuis Genève, un vol de 90 minutes. Le pape François parle aux journalistes et déclare: "Vous ne pouvez pas avoir ensemble l'œ“cuménisme et le prosélytisme ! Ce dernier mot est à  supprimer du dictionnaire !"

Le pape François fêtera dans quelques mois ses 82 ans ! Le Saint-Père a salué ``le pardon» entre chrétiens lors de sa messe. Le pape François a appelé ses dizaines de milliers d'ouailles réunies pour une grande messe à  Palexpo à  Genève à  faire preuve de solidarité avec les plus vulnérables. Dans son homélie, il a salué les bienfaits du ``pardon» des dernières décennies entre chrétiens. ``Chacun doit prendre soin des frères de l'unique famille humaine», a insisté le Saint-Père en présence de près de 530 prêtres, dont des dizaines à  ses cà´tés, et des catholiques venus surtout de Suisse romande, d'Italie et de France. Clameurs et tonnerre d'applaudissements pour le pape François à  Palexpo dans sa papamobile ! A 17H20, la messe a commencé plus tà´t que prévu. La première lecture se fait en anglais. Un passage du livre des Ecclésiastes a été choisi. S'en suit le psaume 96.

Arrivée du pape François dans sa papamobile à  Palexpo

La première visite papale en Suisse a eu lieu en 1969, lorsque le pape Paul VI a visité les Nations Unies à  Genève. Y a-t-il beaucoup de catholiques romains en Suisse? La majorité de la population suisse est chrétienne, mais le christianisme est en déclin et le pourcentage de non-croyants augmente. Les catholiques constituent le groupe confessionnel le plus important 37 % des résidents permanents en 2016, contre 47 % en 1970, selon l'Office fédéral de la statistique. Plus d'un quart des catholiques suisses assistent à  un service religieux de six à  douze fois par an. Une enquête commandée par la Conférence des évêques catholiques suisses sur les questions relatives au mariage et à  la famille en 2014 a révélé des attitudes libérales à  l'égard de la sexualité et du mariage. Le pourcentage de protestants suisses a fortement diminué depuis 1970, passant de 49% à  25% en 2015. Genève, la ville de Jean Calvin, est parfois appelée la Rome protestante. Cependant, les temps ont changé. En 2016, environ 35 % des habitants de la ville se disaient catholiques, tandis que 24% se disaient protestants.

Père, pain, pardon. Trois paroles, que l`Evangile d`aujourd`hui nous donne. Trois paroles, qui nous conduisent au cœ“ur de la foi.

`` Père ». Ainsi commence la prière. On peut poursuivre avec des paroles différentes, mais on ne peut pas oublier la première, parce que la parole “Père” est la clé d`accès au cœ“ur de Dieu ; parce que c`est seulement en disant Père que nous prions en langue chrétienne. Nous prions “en chrétien” : non un Dieu générique, mais Dieu qui est surtout Papa. Jésus, en effet, nous a demandé de dire `` Notre Père qui es aux Cieux », non “Dieu des cieux qui es Père”. Avant tout, avant d`être infini et éternel, Dieu est Père.

De lui vient toute paternité et maternité (cf. Ep 3 15). En lui est l`origine de tout le bien et de notre vie-même. `` Notre Père » est alors la formule de la vie, celle qui révèle notre identité : nous sommes des enfants bien-aimés. C`est la formule qui résout le théorème de la solitude et le problème d`être orphelin. C`est l`équation qui indique que faire : aimer Dieu, notre Père, et les autres, nos frères. C`est la prière du nous, de l`Eglise ; une prière sans je et sans mien, toujours au tu de Dieu (`` ton nom », `` ton règne », `` ta volonté ») et qui se conjugue seulement à  la première personne du pluriel. `` Notre Père », deux paroles qui nous offrent la signalétique de la vie spirituelle.

Ainsi, chaque fois que nous faisons le signe de la croix au début de la journée et avant toute activité importante, chaque fois que nous disons `` notre Père », nous nous réapproprions les racines qui nous fondent. Nous en avons besoin dans nos sociétés souvent déracinées. Le `` notre Père » fortifie nos racines. Quand il y a le père, personne n`est exclu ; la peur et l`incertitude n`ont pas le dessus. La mémoire du bien réapparaît, parce que dans le cœ“ur du Père nous ne sommes pas des figurants virtuels, mais des enfants aimés. Il ne nous rassemble pas en groupes de partage, mais il nous régénère ensemble comme famille.

Ne nous fatiguons pas de dire `` notre Père » : cela nous rappellera qu`il n`existe aucun enfant sans Père et donc qu` aucun de nous n`est seul dans ce monde. Mais cela nous rappellera aussi qu`il n`y a pas de Père sans enfants : aucun de nous est enfant unique, chacun doit prendre soin des frères de l`unique famille humaine. En disant `` notre Père » nous affirmons que tout être humain nous appartient, et devant les méchancetés si nombreuses qui offensent le visage du Père, nous ses enfants, sommes appelés à  réagir comme des frères, comme de bons gardiens de notre famille, et à  faire en sorte qu`il n`y ait pas d`indifférence envers le frère, envers chaque frère : de l`enfant qui n`est pas encore né comme de la personne à¢gée qui ne parle plus, de celui qu`on connaît et à  qui on n`arrive pas à  pardonner comme du pauvre rejeté. Le Père nous demande cela, il nous commande : de nous aimer avec des cœ“urs d`enfants, qui sont entre eux des frères.

Pain. Jésus dit de demander chaque jour au Père le pain. Cela ne sert à  rien de demander plus : seulement le pain, c`est-à -dire l`essentiel pour vivre. Le pain est d`abord la nourriture suffisante pour aujourd`hui, pour la santé, pour le travail d`aujourd`hui ; cette nourriture qui malheureusement manque à  tant de nos frères et sœ“urs. Pour cela je dis : attention à  qui spécule sur le pain ! La nourriture de base pour la vie quotidienne des peuples doit être accessible à  tous.

Demander le pain quotidien c`est dire aussi : “Père, aide-moi à  avoir une vie plus simple”. La vie est devenue si compliquée. Je voudrais dire qu`aujourd`hui, pour beaucoup elle est comme “droguée” : on court du matin au soir, parmi mille appels et messages, incapables de s`arrêter devant les visages, immergés dans une complexité qui rend fragiles et dans une rapidité qui alimente l`anxiété. Un choix de vie sobre, libre des boulets superflus s`impose. Un choix à  contre-courant, comme le fit en son temps saint Louis de Gonzague, dont nous rappelons le souvenir aujourd`hui. Le choix de renoncer à  tant de choses qui remplissent la vie mais vident le cœ“ur. Frères et sœ“urs, choisissons la simplicité, la simplicité du pain pour retrouver le courage du silence et de la prière, levain d`une vie véritablement humaine. Choisissons les personnes par rapport aux choses, parce qu`elles suscitent des relations personnelles, non virtuelles. Revenons à  aimer le parfum naturel de qui nous entoure. Quand j`étais petit, à  la maison, si le pain tombait de la table, on nous apprenait à  le ramasser tout de suite et à  l`embrasser. Apprécier ce que nous avons de simple chaque jour : ne pas prendre et jeter, mais apprécier et garder.

Le `` Pain quotidien », ensuite, ne l`oublions pas, c`est Jésus. Sans lui nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 5). C`est Lui l`aliment de base pour bien vivre. Parfois, cependant, nous réduisons Jésus à  une garniture. Mais s`il n`est pas notre nourriture de vie, le centre de nos journées, la respiration de notre quotidien, tout est vain, tout est garniture. En demandant le pain nous demandons au Père et nous nous disons à  nous-même chaque jour : simplicité de vie, souci de ceux qui nous entourent , Jésus en tout et avant tout.

Pardon. Il est difficile de pardonner, nous portons toujours en nous un peu de regret, de rancune, et quand nous sommes provoqués par celui à  qui nous avons déjà  pardonné, la rancœ“ur revient avec les intérêts. Mais le Seigneur exige comme don notre pardon. Cela fait penser que l`unique commentaire original du Notre Père, celui de Jésus, se concentre en une seule phrase : `` Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes » (Mt 6, 14-15). L`unique commentaire que fait le Seigneur ! Le pardon est la clause contraignante du Notre Père. Dieu nous libère le cœ“ur de tout péché, Dieu pardonne tout, tout, mais il demande une chose : que nous ne nous fatiguions pas de pardonner à  notre tour. Il veut de la part de chacun de nous une amnistie générale des fautes d`autrui. Il faudrait faire une belle radiographie du cœ“ur, pour voir si en nous, il y a des blocages, des obstacles au pardon, des pierres à  enlever. Et alors dire au Père : “Vois ce bloc de pierre, je te le confie et je te prie pour cette personne, pour cette situation ; même si j`ai de la peine à  pardonner, je te demande la force de le faire”.

Le pardon renouvelle, le pardon fait des miracles. Pierre a fait l`expérience du pardon de Jésus et il devint pasteur de son troupeau ; Saul est devenu Paul après le pardon reçu d`Etienne ; chacun de nous renaît créature nouvelle quand, pardonné par le Père, il aime ses frères. Alors seulement nous introduisons dans le monde de vraies nouveautés, parce qu`il n`y a pas de nouveauté plus grande que le pardon, ce pardon qui change le mal en bien. Nous le voyons dans l`histoire chrétienne. Nous pardonner entre nous, nous redécouvrir frères après des siècles de controverses et de déchirures, que de bien cela nous a fait et continue à  nous faire ! Le Père est heureux quand nous nous aimons et nous pardonnons d`un cœ“ur sincère (cf. Mt 18, 35) Et alors, il nous donne son Esprit. Demandons cette grà¢ce : de ne pas nous retrancher avec un cœ“ur endurci, en exigeant toujours des autres, mais de faire le premier pas, dans la prière, dans la rencontre fraternelle, dans la charité concrète. Ainsi nous serons plus semblables au Père, qui nous aime sans rechercher son avantage ; et il répandra sur nous l`Esprit d`unité. »

Remerciements à  la fin de la messe

Je remercie de tout cœ“ur Monseigneur Morerod et la Communauté diocésaine de Lausanne-Genève-Fribourg. Merci pour votre accueil, pour la préparation et pour la prière, que je vous demande, s`il vous plaît, de continuer. Moi aussi, je prierai pour vous, afin que le Seigneur accompagne votre cheminement, en particulier votre cheminement œ“cuménique. J`étends ma salutation reconnaissante à  tous les Pasteurs des diocèses suisses et aux autres Évêques présents, ainsi qu`aux fidèles venus de divers endroits de la Suisse, de la France et d`autres pays.

Je salue les citoyens de cette belle ville, où il y a exactement 600 ans a séjourné le Pape Martin V et qui est le siège d`importantes institutions internationales, parmi lesquelles l`Organisation Internationale du Travail, qui célébrera l`année prochaine le centenaire de sa fondation.

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Pourquoi le pape François a visité le Conseil œ’cuménique des Eglises ?

Le pape François est arrivé à  Genève pour une visite apostolique de dix heures visant à  renforcer l`unité des chrétiens. L'avion du pape François a atterri à  l'aéroport de Genève Contrin à  10h10, où il a été accueilli par une délégation du gouvernement suisse, dont le président Alain Berset et les ministres Doris Leuthard et Ignazio Cassis.

Après des entretiens officiels avec les responsables suisses, le Saint-Père s'est rendu au siège du Conseil œ’cuménique des Eglises (COE) pour une session de prière œ“cuménique avec des représentants des Eglises locales.

Arrivée du pape François au siège du COE

Le pape François est arrivé à  Genève pour ce qu`il a décrit comme un ``voyage vers l`unité» célébrant le 70e anniversaire du Conseil œ“cuménique des Églises (COE), qui rassemble 350 Églises protestantes, orthodoxes, anglicanes et autres, et représente plus de 550 millions de chrétiens dans plus de 120 pays.

Fondé en 1948, le Conseil œ“cuménique des Eglises (COE) rassemble les Eglises orthodoxes, anglicanes, méthodistes, baptistes, luthériennes et réformées du monde entier, mais pas l'Eglise catholique, avec laquelle il a entretenu des relations complexes. La visite du pape s'inscrit dans son programme ``Marcher, prier et travailler ensemble». Elle est le résultat de cinq années d'efforts de la part des responsables du COE pour le persuader de venir à  Genève après sa nomination en 2013. Une cinquantaine d'observateurs du Vatican participent aux travaux des comités du COE traitant de questions telles que la promotion de la paix, la doctrine religieuse et l'éducation.

Le voyage du pape est donc considéré comme une visite de travail très importante et une tentative de renforcer l'unité des chrétiens. Après un déjeuner à  l'Institut œ“cuménique au Chà¢teau Bossey dans le canton de Vaud voisin, il est retourné au COE pour des entretiens.

Il s`agit de la troisième visite d`un pontife romain au COE. Toutefois, quand le pape Paul VI était venu en 1969, c`était dans le cadre d`un voyage à  Genève pour le 50e anniversaire de l`Organisation internationale du Travail et, en 1984, le pape Jean Paul II effectuait une visite pastorale en Suisse.

Genève offrait beaucoup de tribunes à  partir desquelles le pape François aurait pu aborder les sujets qui lui tiennent à  cœ“ur:

l`Organisation mondiale de la Santé pour ce qui touche à  la vie et à  l`avenir de la santé, l`Organisation internationale du Travail pour la thématique de la dignité du travail, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour les questions ayant trait aux réfugiés et à  la migration, ou encore l`ONU elle-même pour aborder le thème de la paix.

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