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samedi 29 décembre 2018

Prix Nobel de Paix: Nadia Murad et Denis Mukwege, l'intégralité de la conférence de presse !

Denis Mukwege montrant son prix Nobel à  Oslo

à‚gé de 63 ans, Denis Mukwege est sacré Prix Nobel de la paix 2018 en compagnie de Nadia Murad, ancienne otage yézidie de l`organisation Etat islamique. Gynécologue-obstétricien, Denis Mukwege est aujourd`hui le porte-parole des millions de congolais victimes des exactions de la soldatesque rwandaise et des soudards congolais à  l'Est de la République démocratique du Congo.

Courageux, depuis l'Europe, avant son retour au pays, le Prix Nobel Congolais n'a pas hésité de réclamer la démission d'Alias Kabila, Président illégitime depuis le 19 décembre 2016 et Corneille Nangaa, Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), qui prépare des élections "boutiquées", grugées et truquées d'avance. Le chaos est prévisible en République démocratique du Congo.

Denis Mukwege est rentré à  Bukavu, le jeudi 27 décembre. Lorsqu`il prend la parole au collège Alfajiri, Denis Mukwege présente le prix Nobel à  la foule et rappelle que ce prix d`un peu plus de 400 000 dollars est une preuve que le monde a enfin reconnu la souffrance des femmes de République démocratique du Congo, particulièrement celles de l`est du pays, et d`autres régions du monde, qui ont été victimes de viols et violences sexuelles.

Dimanche 9 décembre, je suis le seul journaliste d'origine congolaise et nous sommes plusieurs journalistes internationaux à  être accrédites au Nobel Institute à  Oslo pour couvrir le prix Nobel de la paix.

Voici l'intégralité de la conférence de presse du prix Nobel 2018 à  Oslo. Je suis le premier et le seul à  poser ma question en français. L'exposé de Dénis Mukwege et ses réponses sont en français également.

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lundi 17 décembre 2018

Patriarche Julien Ciakudia : "Le prix Nobel de Denis Mukwege, une fierté pour tous les Congolais" !

Au Burkina Faso, cette affiche géante fait la fierté des hommes intègres et devrait réjouir Thomas Sankara et Patrice Emery Lumumba. En République démocratique du Congo, silence radio et la télévision parle d'autres choses. A la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), pas un mot ni une image de la remise du prix Nobel de la paix au Dr. Denis Mukwege à  Oslo, le lundi 10 décembre 2018. Le régime dictatorial de Kinshasa a décidé un black out total sur cet événement mondial. La méchanceté est dans l'ADN de toute dictature. Et aucun officiel congolais n'a pris la peine de se déplacer jusqu'à  Oslo pour encourager Mukwege pour son prix. Parmi les invités, nous cherchons des notables et mêmes chefs coutumiers congolais, personne ! Nous nous disons que nous verrons ne fut-ce que la présence du Cardinal Laurent Monsengo Pansiya, qui a longtemps joué un rà´le politique de premier plan en République démocratique du Congo, qui a été durant 5 ans membre du prestigieux conseil de neuf cardinaux-conseillers de tous les continents, baptisé "C9", chargé d'aider le pape François à  réformer l'administration du Saint-Siège, et qui vient de céder son fauteuil d'archevêque de Kinshasa, à  l'à¢ge de 79 ans...il n'est pas là  ! Nous recherchons des compatriotes que nous connaissons qui 7 ans avant que les lobbyistes et profito-situationnistes ne s' engouffrent et en fassent leur affaire, ceux de ces braves combattants et résistants femmes et hommes qui avaient marché contre les viols des femmes congolaises en RDC, de Paris à  Bruxelles 309 Km, durant 14 jours du 30 juin au 13 juillet 2011, nous n'en trouvons pas. Nous voyons des compatriotes inconnus, la majorité parlant Swahili, qui n'ont jamais bravé le froid de l'hiver pour la cause du Congo. Nous passons notre chemin.

Patriarche Julien Ciakudia devant le parlement norvégien à  Oslo. Photo Réveil FM International

Nous retrouvons en plein cœ“ur d'Oslo, à  à  l'hà´tel Continental: le Patriarche Julien Ciakudia Sr, avec Me Bamenga Musingatalu son Dircab , Maman Adèle Bala Kapi la conseillere et toujours dans cet l'hà´tel Continental d'Oslo nous y rencontrons Stefan Carlson, qui est venu de Gjavle en Suède, 12 heures de train... C'est bien lui Stefan Carlson qui avait fait des démarches depuis Brazzaville en 1987, à  l'époque il était comptable de la mission de l'Eglise Évangélique du Congo, pour l'évacuation de celui que l'on dénomme aujourd'hui le De Gaulle Congolais, dans la résistance patriotique congolaise mondiale, il est en même temps le président national du parti politique Union pour la République (UPR), lui c'est Le Patriarche Julien Ciakudia Sr , le Premier Pasteur Noir de l'Eglise d'Etat du Royaume de la Norvège.

1. Réveil FM International: Patriarche Julien Ciakudia, pourquoi êtes-vous à  Oslo ? Est-ce que c'est pour le Prix Nobel de Denis Mukwege ?

Patriarche Julien Ciakudia: Le prix Nobel de paix remis à  Denis Mukwege ce jour a Oslo, Norvège est la fierté de toutes les Congolaises et de tous les Congolais. Nous devons être là . Ce prix remet le Congo sur la table internationale. Ce prix est aussi celui des larmes et douleurs de toutes femmes congolaises victimes de viols en République démocratique du Congo. Ce n'est pas un prix de joie, loin de là . C'est pourquoi j'ai décidé de ne pas m'associer au banquet ou Gala en association avec le Belge léopodien Louis Michel que je considère comme le violeur par excellence du Congo, pas différent d'un terroriste extrémiste, un néo-colonialiste, néo-esclavagiste raciste blanc qui ne veut nullement de l`émancipation de l'homme noir, de la femme noire et des tous Africains, j'ai décidé ainsi de rester dans un lieu calme comme cet hà´tel Continental d'Oslo en face du Grand hà´tel du recipiendaire Dr Mukwege pour mieux réfléchir: Oui Le prix Nobel et après ? Il faut maintenant que je collabore stratégiquement avec mon compatriote et frère le Nobel Dr. Mukwege en tant qu'un chevronné lobbyiste international ayant sillonne plus d'une de trois décennies les capitales des trois continents avec le dossier du Congo pour ramener tous les décideurs internationaux au chevet du Congo comme nous l'avions fait a l`époque toujours d'Oslo avec mon respectueux ami un autre Nobel, le sud Africain Archevêque Desmond TUTU Mpilo pour mettre fin au règne d'apartheid en Afrique du Sud , la libération de Nelson Mandela et de nos camarades de l'ANC. Au chevet du Congo malade, les décideurs du monde doivent dire ensemble : PLUS JAMAIS CA EN RDC, LES CONGOLAIS DOIVENT VIVRE ET VIVRE DIGNEMENT AVEC UN LEADERSHIP NATIONAL PROMOTEURS DES VALEURS ÉTHIQUES DE BONNE GOUVERNANCE, DE RESPECT DES DROITS HUMAINS ET DEMOCRATIQUES. Le pillage des ressources de la RDC doit s'arrêter. Il nous faut discuter avec eux pour que la paix revienne au Congo, que le coltan soit exploité de manière normale en payant le juste prix, que le lithium pour la fabrication des voitures électriques le soit aussi. Les viols des femmes congolaises ne sont que les conséquences de pillages de ressources. S'ils veulent des minerais, ils doivent discuter avec les congolais. Nous devons avec eux mettre fin aux rebellions et aux seigneurs des rebellions et aussi nous déterminer contre l`impunité. C'est bien ça mon combat de plus de 35 ans de ma vie qui a culminer ce jour à  Oslo au prix Nobel de la paix donner par le Comite Nobel à  un de notre digne fils Dr Denis Mukwege dans sa courageuse intervention pour soigner les femmes victimes de la barbarie humaine à  l`hà´pital de Panzi à  Bukavu, à  l'Est de la RDC.

Le Patriarche Julien Ciakudia devant le Grand Hà´tel à  Oslo. Photo Réveil FM International

2. Réveil FM International: Vous êtes le Premier Pasteur Noir de l'Eglise d'Etat en Norvège ...

Patriarche Julien Ciakudia: Je n'avais que 27 ans, lorsque venant du Canada je suis rentré au Zaïre avec mon doctorat de l`université de Montréal. A Montreal, j'ai fus président des étudiants et stagiaires Africains au Quebec. Le Maréchal Mobutu qui voulait bénéficiait de la coopération avec le Canada avait organisé le rapatriement de tous mes biens du Canada au Zaïre. Il voulait me nommer Ministre des Affaires étrangères. Une fois à  Kinshasa, avec un background des spécialiste de théologie de libération, j'ai répondu que j'étais trop jeune et qu'il me fallait encore du temps, J'avais oublié que dans une dictature, on ne négocie pas la décision du chef éclairé. Sans le savoir j'avais signé mon arrêt de mort ! Suite à  plusieurs tracasseries et même risque d'assassinat, j'ai donc fuis à  Brazzaville. Deux ans après, je suis arrivé à  Oslo en Norvège comme réfugié politique contre l'ex-dictateur de l'ex-Zaïre, avec ma famille, le 29 Juin 1988 en provenance de Brazzaville avec un "Sauf Conduit" signé par la présidence de la République du Congo. A l'aéroport de Maya Maya, devant 50 amis missionnaires Suédois et Norvégiens incluant leurs enfants, le Colonel Ngolondele, général aujourd'hui chef des services de sécurité à  l`époque du président Dénis Sassou Nguesso est venu à  ma rencontre et m'a dit ceci: "Vous avez de la chance car nous ne voulons pas d'un autre Pierre Mulele ici. Là  où vous partez si on vous refuse l'asile ne remettait plus vos pieds ici. Sinon c'est Kinshasa qui va vous cueillir " ! Les 50 missionnaires qui m'avaient accompagné ont attendu une heure à  l'aéroport pour être sà»r que l'avion avait décollé sans retour. Le parlement norvégien a mis 6 mois avant de décider que j'oeuvre comme Pasteur dans son Eglise d'Etat. Sur recommandation de Sa Majesté le Roi OLAV V père de l'actuel Roi Sa Majeste le ROI HARALD V, dès novembre 1988, j'ai commencé à  travailler comme Invandrerprest ( Prêtre en charge de l'intégration des étrangers , de l'immigration et des réfugiés ) pour Det Norke Kirke, EGLISE d'Etat du Royaume de Norvège avec comme Chef Suprême, Bishop AArflot. Je suis ainsi le Premier Pasteur noir et étranger i det Norske Kirke au Royaume de Norvège. Il n'y avait pas beaucoup d'étrangers comme aujourd'hui. La Norvège était un pays fermé contre l'immigration. les Norvégiens ne connaissaient même pas le Zaïre. Il fallait les montrer sur une carte géographique où se situait le Zaïre, au cœ“ur du continent africain. J'ai dà» batailler fort pour que les étrangers aient leur place dans ce pays. J'ai convaincu par exemple Bishop AArflot que les musulmans devraient avoir leur cimetière. En même temps, je n'ai pas oublié mon pays. Il fallait combattre la dictature de Mobutu. J'ai ouvert à  Oslo, KONGO-ZAIRE INFORMATION OFFICE OF SCANDINAVIA afin de mettre le Zaïre sur l'agenda politique de la Norvège, des pays Scandinaves et tous les pays Nordiques.

Le Patriarche Julien Ciakudia à  l'entrée du parlement norvégien à  Oslo. Photo Réveil FM International

3. Réveil FM International: C'est vous qui aviez installé l'Udps en Scandinavie, pourquoi seulement ce parti politique ?

Patriarche Julien Ciakudia: A l'époque, nous sommes sous la dictature Mobutu. Le seul parti de la masse populaire qui regroupait toutes les tribus et provinces du pays, c'était l'Udps avec ses 13 parlementaires d'horizons divers. Donc pour combattre la dictature de Mobutu qui avait décapité l'Udps en reléguant les 13 parlementaires Fondateurs dans leurs villages respectifs, j'ai contribué à  sauver ce parti en installant la représentation de l'Udps en Scandinavie, sous le Président Prof Marcel Liyawu Ebwa, qui était à  Boston aux Etats-Unis ! C'est moi, qui ait amené à  la fin de sa relégation, mon oncle Isidore Kanana Tshiongo a Minanga, l'un des 13 parlementaires fondateuirs de l'Udps, au parlement norvégien ici. Lors de la rencontre avec le Comité parlementaires des Affaires étrangères et de la défense ici au parlement de Norvège, devant les autorités du ministères des Affaires étrangères, les leaders des églises, les organisations de la défense de droits humains. Je lui ai demandé d`enlever sa veste et chemise pour montrer aux parlementaires des séquelles de sévices corporelles du régime Mobutu. Je me suis battu en mettant en place des stratégies avec mes amis Norvégiens et Sud Africains pour le boycott international des produits miniers et autres venant de l'Afrique du Sud et même de la surveillance du dictateur Mobutu dans ses rapports d'affaires avec les Peter Botha et autre Declerk tentant à  contourner le boycott économique. Avec mes amis de l'ANC, peu avant la libération de Nelson Mandela, j'ai eu à  proposer à  ma camarde Madame Thandi LUYABA RANKOE, la représentante de l'ANC à  OSlo pendant l`apartheid, la cooptation du Zaïre, un pays francophone comme membre de SADC et même contribuer avec nos amis au prix Nobel de Nelson Mandela et Frederik Willem de Clerk en 1993.

Je voulais aussi un prix Nobel à  l'époque pour mon pays. Le travail de démocratisation des 13 parlementaires était significatif et donc un prix pour l'Udps n'était pas exclut. A l'époque, ils étaient encore 13 parlementaires unis et soudés. J'ai entrepris des démarches en ce sens. Sur recommandation du Comité Nobel, des amis parlementaires et autres autorités du ministère des Affaires étrangères du royaume de la Norvege. Je suis même rendu à  plusieurs reprises, à  mes frais, en Afrique du Sud, pour que mon ami l`archevêque Desmond Tutu Prix Nobel soutienne ma démarche en proposant Etienne Tshisekedi. J'ai envoyé l'invitation à  Etienne Tshisekedi "Mula Nkwasa", il a préféré envoyé Maman Marthe, son épouse me rejoindre à  Johannesburg. Mes démarches pour un prix Nobel pour la RDC ne date pas d'aujourd'hui. J'ai eu a dépense, pendant plus de trois décennies: temps, argents et énergies pour y arriver. Je suis content que 30 ans après mon arrivée à  Oslo en Norvège, et de toutes ces nombreuses démarches et stratégies que ce prix soit remis enfin aujourd'hui 10 décembre 2018 au Dr. Denis Mukwege, un congolais.

Le Patriarche Julien Ciakudia avec le premier laïc étranger à  Oslo Domkirke. Photo Réveil FM International

4. Réveil FM International: Est-ce que c'est cet échec qui vous rend très jaloux de Félix Tshilombo et son Udps ? Pourquoi soutenez-vous Martin Fayulu qui n'est pas Muluba du Kasaï ?

Patriarche Julien Ciakudia: Etre jaloux de qui et de quoi ? Lorsque j'appelais à  l'époque depuis Oslo, c'est ce jeune de Félix Tshilombo qui me répondait et allait remettre le téléphone et mes messages fidèlement et avec respect à  son père, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba ou parfois à  sa maman mon amie à  l`époque, maman Marthe Kasalu.

Vous noterez que Je ne suis esclave de personne. J'ai vendu mes maisons en Europe pour investir dans des démarches que je faisais pour mon pays. J'ai privé ma famille surtout de ma présence par des multiples voyages à  travers 3 continents. J'ai été toujours entre deux avions car je croyais bien faire pour sauver mon peuple et mon pays. J'ai fais entrer l'UDPS dans international socialiste ; lors du passage de mon oncle Isidore Kanana à  Oslo en 1992. Pendant son séjour d'un mois chez moi à  Oslo, sur recommandation de son ami Etienne Tshisekedi à  l`époque Premier ministre élu, de la Conférence Nationale Souveraine. Felix Tshisekedi doit se souvenir de la cassette vidéo ramener par lui de Kinshasa à  Bruxelles et présentée par lui même dans son appartement à  la représentation de l'UDPS Benelux; s'il est sincère, il vous dira la recommandation faite par le plus influent des ces hommes d'affaires du Kasaï, en réunion avec le Premier ministre Tshisekedi au sujet du prix des vivres pour apaiser la tension sociale. Oui par la bouche du plus influent d'entre eux, le Premier ministre élu de la conférence nationale souveraine s'est vu renvoyer à  un certain pasteur Julien Ciakudia à  Oslo pour l'aider ,car eux aussi recours à  ses relations pour acheter les mêmes vivres à  l`extérieur du pays et que ce pasteur pourra vous être très utile pour stabiliser votre plan économique.

Mon oncle Isidore Kanana Tshiongo a Minanga m'avait demandé un vœ“ux de ne pas critiquer son ami Etienne Tshisekedi. J'ai respecté mon engagement ! Vous vous souvenez de votre confrère Roger Bongos-Afrique Rédaction qui m'avait titillé avec ses questions tatillonnes sur Etienne Tshisekedi, je n'avais rien répondu et cela m'avait fait apparaître comme un individu qui ne connaissait rien. Etienne Tshisekedi étant encore vivant, je ne pouvais rien répondre. Avec mon oncle Isidore Kanana Tshiongo a Minanga, j'avais pris l'engagement pour son ami Etienne Tshisekedi, pas pour toute la famille Tshisekedi ! Félix Tshilombo ne sait-il pas que je résides à  Londres ? Sa Maman non plus ? Pourquoi Félix Tshilombo au lieu de ramasser le parti, n'a-t-il pas pris la peine de rassembler tous les enfants de 13 parlementaires Fondateurs de l'Udps pour reconstruire l'avenir de l'Udps ? Et aussi de s'ouvrir aux anciens du parti, les fondateurs vivants et autres caciques abandonnés à  leur propre sort, après avoir investi autant d`énergie pour ce parti.

Aujourd'hui, Je suis attaqué sur les réseaux sociaux que je suis jaloux et haineux de Félix Tshilombo alors que moi j'ai investi mon argent , temps, énergie, intelligence et mon carnet d'adresse pour sauver internationalement ce parti. Qui est ingrat ? Moi ou Felix Tshisekedi et sa maman avec leur format familial de l'Udps actuel ? Je ne suis esclave de personne ! Je m'étais engagé pour Etienne Tshisekedi seul et pour l'UDPS de 13 parlementaires qui représentaient l'ensemble des ethnies et tribus de la RDC, pas pour le fils à  qui que ce soit ou pour la famille de quiconque encore moins pour les membres d'une ethnies ou tribu quelconque.

Le problème du Grand Kasaï, nous avons voulu un seul leader "Mula Nkwasa" maintenant qu'il n'est plus là . Certains Kasaïens pensent automatiquement que je dois me mettre au service du fils d'Etienne Tshisekedi. A mon à¢ge, après avoir travaillé près de 30 ans de ma vie avec le père, je suis sorti sans aucune reconnaissance, avec un constat de mépris et d'ingratitude et je dois travaillé pour l'incapacitaire de fils, qui n'écoute pas, qui est imbu de lui-même dans son orgueil de fils à  papa.. et qui va faire des incantations nocturnes sur le corps de son père, alors que ce dernier doit être enterré selon nos us et coutumes luba pour le repos de son à¢me après avoir rendu le compte à  ses collaborateurs qui lui ont précédé en lui laissant un parti et un peuple ...assassinés par le pouvoir dictatorial.

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mercredi 12 décembre 2018

Denis Mukwege à  Oslo: "C`est au nom du peuple congolais que j`accepte le prix Nobel de la paix"

A l`hà´tel de Ville d`Oslo, le roi Harald, la reine Sonja, le prince héritier Haakon et la princesse héritière Mette Marit de Norvège ont assisté à  la remise du Prix Nobel de la Paix 2018 à  Nadia Murad et Denis Mukwege. La famille royale norvégienne a été présente au prix Nobel de la Paix 2018. Il faut dire que c`est le jour même de la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l`Homme par l`ONU que l`Académie Nobel a remis son Prix Nobel de la Paix 2018 au Congolais Denis Mukwege et à  la Yazidi Nadia Murad Basee.

Un standing ovation de la famille royale norvégienne présente, les applaudissements mêlés à  l`explosion de joie collective dans la salle ont salué la distinction accordée au gynécologue congolais surnommé `` l`Homme qui répare les femmes » et `` l`ex-esclave sexuelle » des fanatiques de l`État islamique en Irak. Tous deux inscrits dans la prestigieuse catégorie des défenseurs des droits des opprimés à  cause de leur combat pacifique.

Devant le couple royal, il a indiqué que la lutte contre l`impunité peut briser la spirale des violences. A l`en croire, fermer les yeux devant ce drame, c`est être complice. "Le pays est systématiquement pillé avec la complicité des gens qui prétendent être nos dirigeants", a-t-il déclaré. Car, le peuple congolais est humilié depuis plus de deux décennies au vu et au su de la communauté internationale. Profitant de cette occasion, il a invité le peuple à  construire l`avenir du pays.

"Comment construire la paix sur des fosses communes, comment construire la paix sans justice et réconciliation, ayons le courage de révéler le nom de ceux qui ont commis des crimes" s`est interrogé Denis Mukwege dans son discours de circonstance devant la famille royale et tous les invités de marque. Ce qui ne l`a pas empêché de dénoncer que le `` Mapping report » de l`ONU sur les exactions au Congo est toujours dans un tiroir à  New York.

Prix Nobel, une victoire de la diaspora congolaise !

La mémoire fait souvent défaut. Et les historiens congolais ne jouent pas vraiment leur rà´le. En tant que journaliste, il est important de rappeler des faits, de faire des croisements et recoupements sur un événement. Et à  Réveil FM International, nous n'avons pas honte de le dire: Le Prix Nobel remis à  Denis Mukwege est aussi le fruit de l'engagement de la diaspora congolaise contre le viol en RDC. C'est Roger Bongos qui a été l'inspirateur et chef d'orchestre de la grande marche Paris-Bruxelles 309 Km contre le viol des femmes congolaises! Organisée par l`Action des Journalistes de l`Espace Schengen (AJES)-Roger Bongos, Marie Iyongo, FreddyMulongo, en partenariat avec l`association Ni Putes Ni Soumises, cette marche mondiale contre les viols des Congolaises pour la justice avait traversé 14 villes de France et de Belgique avec pour objectif : briser un silence de 14 ans sur sur les violences sexuelles en République démocratique du Congo.

L'affiche de la marche mondiale contre le viol. STOP AUX VIOLS EN RDC ! 48 FEMMES VIOLÉES PAR HEURE ! Photo Réveil FM International, archives

La marche mondiale contre les viols en République démocratique du Congo avait débuté jeudi 30 juin 2011 à  Paris. 14 jours de marche pour 14 années de silence. Chaque jour 1152 femmes sont violées en République démocratique du Congo dans l'indifférence générale. Pour dénoncer ce féminicide oublié des médias, une grande marche de plus de 309 km Paris à  Bruxelles a été organisée pour sensibiliser l'opinion internationale au drame des femmes congolaises victimes de viols. L'un des objectifs était de remettre une plainte à  la Cour Pénale Internationale, engageant cette dernière à  faire naître un procès contre les génocidaires congolais.

La marche s'était divisé en 14 étapes dans des villes françaises et belges: Paris, Goussainville, Senlis, Compiègne, Noyon, Tergnier, Saint Quentin, Bohain en Vermandois, Solesmes, Valenciennes, Boussu, Mons, Soignies, Hal, Bruxelles et avait rassemblé jusqu'à  2000 personnes par palier. Elle a été menée par un cortège symbolique de femmes congolaises et de leaders d'opinion français et internationaux, et composée majoritairement par la diaspora congolaise et des jeunes des quartiers populaires.

Des femmes congolaises de la diaspora ont marché de Paris à  Bruxelles contre les viols au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Des femmes congolaises de la diaspora ont marché de Paris à  Bruxelles contre les viols au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Des femmes congolaises de la diaspora ont marché de Paris à  Bruxelles contre les viols au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Une marche mondiale contre les viols en RD Congo a débuté jeudi 30 juin 2011 à  Paris. Cette marche reliera Paris à  Bruxelles, afin de remettre une plainte à  la Cour Pénale Internationale, engageant cette dernière à  faire naître un procès contre les génocidaires congolais.

Toujours en juin 2011, une belle initiative de l'association OBJECTIF CONGO, avec une chanson "Mama Congo" contre le viol. Dans cette vidéo on reconnait Sam Tshintu, Mimi Mavatiku, Olivier Tshimanga maestro en guitare et d'autres.

Le 23 décembre 2013, Me Hamuli Rety a été reçu à  l'Elysée avec les marraines par le président François Hollande pour plaider la cause des femmes violées et pour la création d'un Tribunal Pénal International pour la République démocratique du Congo et c'est notre confrère Roger Bongos d'Afrique Rédaction qui a couvert cette réception. Le Président François Hollande avait sur sa table plusieurs dossiers brà»lants: le viol des femmes congolaises utilisé comme arme de guerre, l'assassinat de Floribert Chebeya, l`icà´ne des droits de l'homme et Fidèle Bazana en République démocratique du Congo.

Paris, mercredi 16 juin 2011, Roger Bongos, Afrique Rédaction et Me Hamuli Rety au centre d'Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) avant la marche Paris-Bruxelles 309 km contre le viol au Congo. Photo Réveil FM International, archives

Paris, mercredi 16 juin 2011, Sihem Habchi, présidente de Ni Putes, Ni Soumises: "ces massacres sont en train de déshumaniser l'Afrique. Il est temps de se mobiliser pour ses femmes et de porter plainte en leur nom". Marie Inyongo, présidente de l'AJES, "Il est temps de dire stop !". Photo Réveil FM International

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lundi 10 décembre 2018

Oslo: Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege son discours engagé pour le Congo !

Oslo, 10 décembre, Nadia Murad et Denis Mukwege, lauréats du Prix Nobel de la Paix 2018

Discours fort, émouvant de Denis Mukwege qui braque des projecteurs sur la République démocratique du Congo en dénonçant l`impéritie du régime d'Alias Joseph Kabila Kanambe Kazembere Mtwale et l'hypocrisie de la communauté internationale qui s'est toujours de voir les crimes au Congo. Le gynécologue fait un réquisitoire sévère contre les gouvernants congolais, complices des violences sexuelles. Mukwege appelle à  l`application du principe de responsabilité de protéger et à  la relance Rapport Mapping de 2010 et ses recommandations.

C'est sous l`initiative du Révérend-Pasteur Jean-Ruhigita Ndagora, qui assuma pendant 32 ans le rà´le de Représentant légal et Président de la 8 ème Communauté des Eglises de Pentecà´te en Afrique Centrale `` 8ème CEPAC », jadis Communauté des Eglises de Pentecà´te au Zaïre ``CEPZA » qui fera agrandir le dispensaire de Lemera en hà´pital de Panzi, transféré à  Bukavu. Cet hà´pital deviendra célèbre par la dextérité du gynécologue Denis Mukwege qui va y soigner des femmes victimes de viol à  l'Est de la République démocratique du Congo. Le chemin a été long certes, mais dédié son Prix Nobel aux populations congolaises, Denis Mukwege montre son attachement pour le Congo. Il fait la fierté de tous les Congolais avec ce prix !

Voici l'intégralité du discours de Denis Mukwege à  Oslo:

Dans la nuit tragique du 6 octobre 1996, des rebelles ont attaqué notre hà´pital à  Lemera, en République Démocratique du Congo (RDC). Plus de trente personnes tuées. Les patients abattus dans leur lit à  bout portant. Le personnel ne pouvant pas fuir tué de sang-froid.

Je ne pouvais pas m`imaginer que ce n`était que le début.

Obligés de quitter Lemera, en 1999 nous avons créé l`hà´pital de Panzi à  Bukavu où je travaille encore aujourd`hui comme gynécologue-obstétricien.

La première patiente admise était une victime de viol ayant reçu un coup de feu dans ses organes génitaux.

La violence macabre ne connaissait aucune limite. Cette violence malheureusement ne s`est jamais arrêtée.

Un jour comme les autres, l`hà´pital a reçu un appel. Au bout du fil, un collègue en larmes implorait : `` S`il vous plaît, envoyez-nous rapidement une ambulance. S`il vous plait, dépêchez-vous. » Ainsi, nous avons envoyé une ambulance comme nous le faisons habituellement.

Deux heures plus tard, l`ambulance est revenue. A l`intérieur une petite fille de tout juste dix-huit mois. Elle saignait abondamment et a été immédiatement emmenée en salle d`opération.

Quand je suis arrivé, les infirmières étaient toutes en larmes. La vessie du nourrisson, son appareil génital, son rectum étaient gravement endommagés. Par la pénétration d`un adulte.

Nous prions en silence : mon Dieu, dites-nous que ce que nous voyons n`est pas vrai.

Dites-nous que c`est un mauvais rêve.

Dites-nous qu`au réveil tout ira bien.

Mais, ce n`était pas un mauvais rêve.

C`était la réalité.

C`est devenu notre nouvelle réalité en RDC.

Quand un autre bébé est arrivé, j`ai réalisé que ce problème ne pouvait pas trouver une solution au bloc opératoire, mais qu`il fallait se battre contre les causes profondes de ces atrocités.

Je me suis rendu au village de Kavumu pour parler avec les hommes : pourquoi vous ne protégez pas vos bébés, vos filles et vos femmes ? Où sont les autorités ?

à€ ma grande surprise, les villageois connaissaient le suspect. Tout le monde avait peur de lui, car il était membre du Parlement provincial et jouissait d`un pouvoir absolu sur la population.

Depuis plusieurs mois sa milice terrorisait le village entier. Elle avait instillé la peur en tuant un défenseur des droits humains qui avait eu le courage de dénoncer les faits. Le député s`en est tiré sans conséquences. Son immunité parlementaire lui permettait d`abuser en toute impunité.

Ces deux bébés ont été suivis de dizaines d`autres enfants violés.

Lorsque la quarante-huitième victime est arrivée, nous étions désespérés.

Avec d`autres défenseurs des droits humains, nous avons saisi un tribunal militaire. Finalement, ces viols ont été poursuivis et jugés comme crimes contre l`humanité. Les viols des bébés à  Kavumu ont cessé.

Les appels à  l`hà´pital de Panzi aussi. Mais l`avenir psychologique, sexuel et génésique de ces bébés est hypothéqué.

Ce qui s`est passé à  Kavumu et qui continue aujourd`hui dans de nombreux autres endroits au Congo, tels que les viols et les massacres à  Béni et au Kasaï, a été rendu possible par l`absence d`un État de droit, l`effondrement des valeurs traditionnelles et le règne de l`impunité, en particulier pour les personnes au pouvoir.

Le viol, les massacres, la torture, l`insécurité diffuse et le manque flagrant d`éducation, créent une spirale de violence sans précédent.

Le bilan humain de ce chaos pervers et organisé a été des centaines de milliers de femmes violées, plus de 4 millions de personnes déplacées à  l`intérieur du pays et la perte de 6 millions de vies humaines. Imaginez, l`équivalent de toute la population du Danemark décimée.

Les gardiens de la paix et les experts des Nations Unies n`ont pas été épargnés. Plusieurs ont trouvé la mort dans l`accomplissement de leur mandat. La Mission des Nations Unies en RDC reste présente jusqu`à  ce jour afin que la situation ne dégénère pas davantage. Nous leur en sommes reconnaissants.

Cependant, malgré leurs efforts, cette tragédie humaine se poursuit sans que tous les responsables ne soient poursuivis. Seule la lutte contre l`impunité peut briser la spirale des violences.

Nous avons tous le pouvoir de changer le cours de l`Histoire lorsque les convictions pour lesquelles nous nous battons sont justes.

Vos Majestés, Vos Altesses Royales, Excellences, Distingués membres du Comité Nobel, Chère Madame Nadia Murad, Mesdames et Messieurs, Amis de la paix,

C`est au nom du peuple congolais que j`accepte le prix Nobel de la Paix. C`est à  toutes les victimes de violences sexuelles à  travers le monde que je dédie ce prix.

C`est avec humilité que je me présente à  vous portant haut la voix des victimes des violences sexuelles dans les conflits armés et les espoirs de mes compatriotes.

Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux qui pendant ces années ont soutenu notre combat. Je pense, en particulier, aux organisations et institutions des pays amis, à  mes collègues, à  ma famille et à  ma chère épouse, Madeleine.

Je m`appelle Denis Mukwege. Je viens d`un des pays les plus riches de la planète. Pourtant, le peuple de mon pays est parmi les plus pauvres du monde.

La réalité troublante est que l`abondance de nos ressources naturelles - or, coltan, cobalt et autres minerais stratégiques - alimente la guerre, source de la violence extrême et de la pauvreté abjecte au Congo.

Nous aimons les belles voitures, les bijoux et les gadgets. J`ai moi-même un smartphone. Ces objets contiennent des minerais qu`on trouve chez nous. Souvent extraits dans des conditions inhumaines par de jeunes enfants, victimes d`intimidation et de violences sexuelles.

En conduisant votre voiture électrique, en utilisant votre smartphone ou en admirant vos bijoux, réfléchissez un instant au coà»t humain de la fabrication de ces objets.

En tant que consommateurs, le moins que l`on puisse faire est d`insister pour que ces produits soient fabriqués dans le respect de la dignité humaine.

Fermer les yeux devant ce drame, c`est être complice.

Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard.

Mon pays est systématiquement pillé avec la complicité des gens qui prétendent être nos dirigeants. Pillé pour leur pouvoir, leur richesse et leur gloire. Pillé aux dépens de millions d`hommes, de femmes et d`enfants innocents abandonnés dans une misère extrême… tandis que les bénéfices de nos minerais finissent sur les comptes opaques d`une oligarchie prédatrice.

Cela fait vingt ans, jour après jour, qu`à  l`hà´pital de Panzi, je vois les conséquences déchirantes de la mauvaise gouvernance du pays.

Bébés, filles, jeunes femmes, mères, grands-mères, et aussi les hommes et les garçons, violés de façon cruelle, souvent en public et en collectif, en insérant du plastique brà»lant ou en introduisant des objets contondants dans leurs parties génitales.

Je vous épargne les détails.

Le peuple congolais est humilié, maltraité et massacré depuis plus de deux décennies au vu et au su de la communauté internationale.

Aujourd`hui, grà¢ce aux nouvelles technologies de l`information et de la communication, plus personne ne peut dire : je ne savais pas.

Avec ce prix Nobel de la Paix, j`appelle le monde à  être témoin et je vous exhorte à  vous joindre à  nous pour mettre fin à  cette souffrance qui fait honte à  notre humanité commune.

Les habitants de mon pays ont désespérément besoin de la paix.

Mais :

Comment construire la paix sur des fosses communes ?

Comment construire la paix sans vérité ni réconciliation ?

Comment construire la paix sans justice ni réparation ?

Au moment même où je vous parle, un rapport est en train de moisir dans le tiroir d`un bureau à  New York. Il a été rédigé à  l`issue d`une enquête professionnelle et rigoureuse sur les crimes de guerre et les violations des droits humains perpétrés au Congo. Cette enquête nomme explicitement des victimes, des lieux, des dates mais élude les auteurs.

Ce Rapport du Projet Mapping établi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits Humains, décrit pas moins de 617 crimes de guerre et crimes contre l`humanité et peut-être même des crimes de génocide.

Qu`attend le monde pour qu`il soit pris en compte ? Il n`y a pas de paix durable sans justice. Or, la justice ne se négocie pas.

Ayons le courage de jeter un regard critique et impartial sur les événements qui sévissent depuis trop longtemps dans la région des Grands Lacs.

Ayons le courage de révéler les noms des auteurs des crimes contre l`humanité pour éviter qu`ils continuent d`endeuiller cette région. Ayons le courage de reconnaître nos erreurs du passé.

Ayons le courage de dire la vérité et d`effectuer le travail de mémoire.

Chers compatriotes congolais, ayons le courage de prendre notre destin en main. Construisons la paix, construisons l`avenir de notre pays, ensemble construisons un meilleur avenir pour l`Afrique. Personne ne le fera à  notre place.

Mesdames et Messieurs, Amis de la paix,

Le tableau que je vous ai brossé offre une réalité sinistre. Mais permettez-moi de vous raconter l`histoire de Sarah.

Sarah nous a été référée à  l`hà´pital dans un état critique. Son village avait été attaqué par un groupe armé qui avait massacré toute sa famille, la laissant seule.

Prise en otage, elle a été emmenée dans la forêt. Attachée à  un arbre. Nue. Tous les jours, Sarah subissait des viols collectifs jusqu`à  ce qu`elle perde connaissance.

Le but de ces viols utilisés comme armes de guerre étant de détruire Sarah, sa famille et sa communauté. Bref détruire le tissu social.

à€ son arrivée à  l`hà´pital, Sarah ne pouvait ni marcher ni même tenir debout. Elle ne pouvait pas retenir ni ses urines ni ses selles.

A cause de la gravité de ses blessures génito-urinaires et digestives couplées à  une infection surajoutée, personne ne pouvait imaginer qu`elle serait un jour en mesure de se remettre sur ses pieds.

Pourtant, chaque jour qui passait, le désir de continuer à  vivre brillait dans les yeux de Sarah. Chaque jour qui passait, c`était elle qui encourageait le personnel soignant à  ne pas perdre espoir. Chaque jour qui passait, Sarah se battait pour sa survie.

Aujourd`hui, Sarah est une belle femme, souriante, forte et charmante.

Sarah s`est engagée à  aider les personnes ayant survécu à  une histoire semblable à  la sienne.

Sarah a reçu cinquante dollars américains, une allocation que notre maison de transit Dorcas accorde aux femmes souhaitant reconstruire leur vie sur le plan socioéconomique.

Aujourd`hui, Sarah dirige sa petite entreprise. Elle a acheté un terrain. La Fondation Panzi l‘a aidée avec des tà´les pour faire un toit. Elle a pu construire une maison. Elle est autonome et fière.

Son histoire montre que même si une situation est difficile et semble désespérée, avec la détermination, il y a toujours de l`espoir au bout du tunnel.

Si une femme comme Sarah n`abandonne pas, qui sommes-nous pour le faire ?

Ceci est l`histoire de Sarah. Sarah est Congolaise. Mais il y a des Sarah en République Centrafricaine, en Colombie, en Bosnie, au Myanmar, en Iraq et dans bien d`autres pays en conflit dans le monde.

A Panzi, notre programme de soins holistiques, qui comprend un soutien médical, psychologique, socioéconomique et juridique, montre que, même si la route vers la guérison est longue et difficile, les victimes ont le potentiel de transformer leur souffrance en pouvoir.

Elles peuvent devenir des actrices de changement positif dans la société. C`est le cas déjà  à  la Cité de la Joie, notre centre de réhabilitation à  Bukavu où les femmes sont aidées pour reprendre leur destin en main.

Cependant, elles ne peuvent pas y arriver seules et notre rà´le est de les écouter, comme nous écoutons aujourd`hui Madame Nadia Murad.

Chère Nadia, votre courage, votre audace, votre capacité à  nous donner espoir, sont une source d`inspiration pour le monde entier et pour moi personnellement.

Le prix Nobel de la Paix qui nous est décerné aujourd`hui n`aura de valeur réelle que s`il peut changer concrètement la vie des victimes de violences sexuelles de par le monde et contribuer à  ramener la paix dans nos pays.

Alors, que pouvons-nous faire ?

Que pouvez-vous faire ?

Premièrement, c`est notre responsabilité à  tous d`agir dans ce sens.

Agir c`est un choix.

C`est un choix :

- d`arrêter ou non la violence à  l`égard des femmes,

- de créer ou non une masculinité positive qui promeut l`égalité des sexes, en temps de paix comme en temps de guerre.

C`est un choix :

- de soutenir ou non une femme,

- de la protéger ou non,

- de défendre ou non ses droits,

- de se battre ou non à  ses cà´tés dans les pays ravagés par le conflit.

C`est un choix : de construire ou non la paix dans les pays en conflits.

Agir, c`est refuser l`indifférence.

S`il faut faire la guerre, c`est la guerre contre l`indifférence qui ronge nos sociétés.

Deuxièmement, nous sommes tous redevables vis-à -vis de ces femmes et de leurs proches et nous devons tous nous approprier ce combat ; y compris les États qui doivent cesser d`accueillir les dirigeants qui ont toléré, ou pire, utilisé la violence sexuelle pour accéder au pouvoir.

Les États doivent cesser de les accueillir avec le tapis rouge et plutà´t tracer une ligne rouge contre l`utilisation du viol comme arme de guerre.

Une ligne rouge qui serait synonyme de sanctions économiques, politiques et de poursuites judiciaires.

Poser un acte juste n`est pas difficile. C`est une question de volonté politique.

Troisièmement, nous devons reconnaître les souffrances des survivantes de toutes les violences faites aux femmes dans les conflits armés et les soutenir de façon holistique dans leur processus de guérison.

J`insiste sur les réparations ; ces mesures qui leur donnent compensation et satisfaction et leur permettent de commencer une nouvelle vie. C`est un droit humain.

J`appelle les États à  soutenir l`initiative de la création d`un Fonds global de réparation pour les victimes de violences sexuelles dans les conflits armés.

Quatrièmement, au nom de toutes les veuves, tous les veufs et des orphelins des massacres commis en RDC et de tous les Congolais épris de paix, j`appelle la communauté internationale à  enfin considérer le Rapport du Projet `` Mapping » et ses recommandations.

Que le droit soit dit.

Cela permettrait au peuple congolais d`enfin pleurer ses morts, faire son deuil, pardonner ses bourreaux, dépasser sa souffrance et se projeter sereinement dans le futur.

Finalement, après vingt ans d`effusion de sang, de viols et de déplacements massifs de population, le peuple congolais attend désespérément l`application de la responsabilité de protéger les populations civiles lorsque leur gouvernement ne peut ou ne veut pas le faire. Il attend d`explorer le chemin d`une paix durable.

Cette paix passe par le principe d`élections libres, transparentes, crédibles et apaisées.

`` Au travail, peuple congolais ! » Bà¢tissons un État où le gouvernement est au service de sa population. Un État de droit, émergent, capable d`entraîner un développement durable et harmonieux, non seulement en RDC mais dans toute l`Afrique. Bà¢tissons un État où toutes les actions politiques, économiques et sociales sont centrées sur l`humain et où la dignité des citoyens est restaurée.

Vos Majestés, Distingués membres du Comité Nobel, Mesdames et Messieurs, Amis de la paix,

Le défi est clair. Il est à  notre portée.

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