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mardi 14 août 2007

RDC: La Peine de mort, sacrilège contre la vie

Dans un pays comme la République Démocratique du Congo où la justice est très politisée, où " les commanditaires de crimes ne sont jamais inquiétés". Dans un pays où " les loups lettrés tondent et égorgent les moutons ignares ", le refus d'une justice qui tue doit être encourager et appliquer. La peine de mort fait sienne la pratique de l'assassin en l'assassinant à  son tour. La peine de mort tombe dans le piège secret que lui tend le crime: celui de verser le sang en l'appelant châtiment. Elle ne protège pas la société des hommes et femmes libres, elle la déshonore. Le danger est que par son exécution, l'acte du criminel devient celui de la justice. La peine de mort est vengeance et non pas justice.

Peine de mort, héritage de l'esclavage et colonisation Belge

En 1885, lors de la conférence de Berlin où l'Afrique fut partager comme un gâteau d'anniversaire aux puissances de l'époque, contre les revendications de la France et le Portugal, le souverain des Belges , Léopold II aura le Congo qui en superficie est 80 fois la Belgique, pour lui tout seul: sa possession personnelle. En une vingtaine d'année, le pillage des richesses du Congo, notamment l'ivoire et le caoutchouc, délégué à  des compagnies privées, vont assurer au monarque une fabuleuse fortune. Mais des voix vont s’élever et dénoncer l'exploitation éhontée à  l'origine de cette richesse: travaux forcés imposés aux Congolais, mutilations de tous ceux, y compris les femmes et enfants, qui ne respectent pas les quotas de production. En 1908, Léopold II sera contraint par les britanniques de céder " sa colonie " à  la Belgique. La politique esclavagiste de Léopold II aurait fait des millions de victimes congolaises a en croire les écrits de joseph Conrad, Hearl of Darkness (Au cœur des ténèbres) ou encore Adam Horchschild, les fantômes du Roi Léopold. A l'époque coloniale, le droit en vigueur était un ensemble des règles mises au point afin de réaliser , sauvegarder et développer les intérêts du colonisateur, fut ce au prix d'indicibles humiliations pour le colonisé. Le droit pénal n'était pas congolais mais belge. La colonisation fut un régime de terreur, d'intimidation pour assurer la pérennité de son oeuvre. La condamnation de Msiri, qui n'était pas aussi un enfant de cœur, à  Bunkeya dans le Katanga, coupable de s'être opposé à  la " civilisation " qui n'était au fait que la colonisation est un exemple patent.

Sous Mobutu Sese Seko

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 24 novembre 1965, Mobutu Sese seko ira plus loin que ses maîtres colonisateurs. Pour mieux asseoir son pouvoir qui ne deviendra qu'une dictature. Le 2 juin 1966, après un procès qui n'avait duré en tout et pour tout que quelques minutes, les conjurés de la pentecôte: Evariste Kimba, Anany, Bamba, et Mahamba seront pendus au pont Gabu, au lieu où est érigé le stade des martyrs. Sous Mobutu, Le code pénal va porter de 9 à  16 le nombre d'infractions politiques. Présenté comme l'ennemi public n°1, l'homme le plus haï de la communauté nationale. La mort tragique de Pierre Mulele marquera les esprits. En accord avec les autorités du Congo-Brazzaville, pierre Mulele, le ministre de l'éducation nationale du gouvernement Lumumba accepta de retourner dans son pays accompagné de Justin MBOMBOKO, premier ministre de l'époque. Le 2 octobre 1968, le lendemain de sa traversée du fleuve congo pour Léopoldville-Kinshasa,vers 17h, officiellement on va li annoncer que la population l'attend au stade et se prépare à  le saluer comme l'un des dignes fils du pays. Pierre MULELE sera acheminé au camp KOKOLO où les militaires l'attendaient pour le torturer: " on va lui arracher les oreilles, coupé le nez, tiré les yeux des orbites pour les jeter à  terre. On lui arrachera les organes génitaux. Toujours vivant, on lui amputera les bras, puis les jambes, les restes humains seront noués dans un sac et immergés dans le fleuve Congo". Seule personnalité a avoir échappé à  la peine de mort, Sous le régime dictatoriale de MOBUTU, seule une personnalité échappera à  la peine de mort prononcée, Nguz Karl -I -Bond. Arrêté le 13 août 1977 pour haute trahison, le Ministre des affaires étrangères n'aura la vie sauve que grâce à  sa notoriété et la pression internationale.

Le régime de l'AFDL

On ne fait jamais une révolution pour se venger mais plutôt pour apporter les correctifs nécessaires pour un véritable changement. Or sous l'ALFDL, la Cour d'Ordre Militaire (COM) juridiction d'exception aura battu tous les records en matière d'exécution. Jugeant les militaires et les civils, la COM hautement liberticide sera une juridiction de terreur. Le colonel Charles Alamba, ancien procureur général près de la Cour d'Ordre Militaire aura semé la terreur par une répression judiciaire aveugle. Qualifié de " Boucher ", les congolais le craignaient tellement qu'ils le croyaient capable d'exécuter, lui même les personnes qu'il venait de condamner à  mort dans un procès. La COM a symbolisée la dictature de l'AFDL et Charles Alamba a envoyé plus d'une personne à  la potence, par la cruauté de ses réquisitoires qui étaient dans l'ensemble moutonièrement suivis par la cour. Contre les présumés assassins de M'zée Laurent Désiré Kabila, le procureur de la COM, Charles Alamba avait requis pour 115 des 135 accusés la peine de mort. Sur les 30 condamnés à  mort, le 7 janvier 2003, à  l'issue d'un procès fleuve, 30 personnes seront condamnées à  mort, dont Eddy Kapend. D'après les informations en notre possession, 16 sont dans les couloirs de la mort, 2 personnes sont décédées après la condamnation et d'autres se sont évadées. Rappelons qu'Amnesty International et les Ong de droits de l'homme avaient dénoncés les exécutions à  la même date où semble t-il , 15 personnes condamnées à  mort par la COM avaient été exécutées en secret à  la périphérie de Kinshasa. S'agit-il des évadés dont nous parlons?. Retour de la manivelle, dans l'affaire Steve Nyembo, le colonel Alamba sera condamné à  la peine de mort par la Haute Cour Militaire (HCM). Plusieurs préventions ont été mises à  sa charge: assassinat, association des malfaiteurs, terrorisme...

Les pièges de la peine de mort pour les journalistes congolais

Les autorités congolaises actuelles proviennent des " élections libres, démocratiques et transparences", la 3e République devra être celle de la démocratie, de la liberté et celle du respect des droits de l'homme. Or les tribunaux militaires , celui de Butembo en plein stade condamnant six étrangers, quatre ougandais et deux kényans, présumés assasins du compatriote d'AL Qahida, commerçant de rénom dans cette contrée de la République mais aussi cité dans les rapports des nations-unies sur le trafic d'armes; celui des assassins du confrère Bampuwa wa Muamba, et même ceux présumés de Franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka, prouvent à  dessein que la peine de mort n'est pas encore abolie en République Démocratique du Congo. Où se situent les pièges :

1. Dans un pays où les militaires sont impayés comment comprendre que les hommes en uniformes puissent refuser l'argent qu'on leur propose pour laisser les journalistes en vie. La nuit du du 2 au 3 novembre 2005, Lorsque Franck Ngyke sortit de sa voiture mercedes pour ouvrir le portail de sa maison au quartier Mombele dans la commune de Limete. Il avait été abordé par 4 hommes cagoulés et armés, en civils, qui attendaient le couple dans la rue, selon les témoins occulaires. Le rédacteur en chef du quotidien la Réfrence Plus, Franck Kangundu avait tenté de négocier avec ses tortionnaires, en leur proposant de les emmener dans voiture pour leur offrir de l'argent, mais les quatre hommes lui avait répondu qu'ils avaient été envoyer pour le tuer. Le couple avait été abattu par balles, sous les yeux de plusieurs voisins. Quant à  Bampuwa wa Muamba, certes, il y a eu vol le 8 mars 2006 dans la résidence familiale du quartier Malandi dans la commune de Matete où il résidait avec son neveu. Les assaillants avaient acceptés l'argent proposer. Mais dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 juillet 2006, où Bampuwa fut assassiné, les meurtriers avaient refusé l'argent et lui avaient signifié qu'il venait pour le tuer.

2. Le 3 novembre 2005, le lendemain de l'assassinat de Franck Ngyke et son épouse Hélène Mpaka, une marche pacifique de protestation avait été organiser; de même une marche pacifique de colère, une journée sans médias la veille de l'inhumation Bampuwa le 17 juillet 2005 par les professionnels des médias. A chaque fois, la marche avait pour finalité le dépôt d'un mémorandum auprès du vice président Azarias Ruberwa, en présence de tous les ministres membres de sa commission politique, défense et sécurité. Ce dernier a toujours promis de diligenter une enquête sérieuse en vue de traquer les assassins et d'organiser un procès public et leurs commanditaires allaient être lourdement sanctionnés. Mais nous sommes tous d'accord pour dénoncer les manoeuvres dilatoires et parodie de procès. Dès le départ notre démarche a toujours été pacifique, et nous n'avons jamais céder à  la violence car les journalistes congolais sont dans la majorité acquise à  la paix. Exemple pendant que le corps de Bampuwa était encore sous la tente ardente à  YMCA, les policiers nous avaient gazés avec des bombes lacrymogènes. Le corbillard étant bien entouré qui l'escortait à  pas de tortue, les policiers utiliseront plus d'une fois les bomes lacrymogènes pour disperser les professionnels des médias, ils finiront par encadrer le corbillard par deux camions et le cortège roulera à  tombeau ouvert jusqu'au cimetière de la Gombé. Plusieurs confrères arrivèrent en retard au cimetière.

3. L'Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC), l'Observatoire des Médias Congolais (OMEC), l'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), Journalistes en danger (JED) ainsi que toutes les organisations professionnels des médias doivent réfuter que les présumes assassins de nos confrères soient des condamnés à  mort. Il nous faut de vrais commanditaires et non pas des fretins qui par leur métier sont habitués à  obéir et à  tuer sur ordre. La démocratie défend la liberté et reconnaît toute vie comme sacrée. L'homme , on le sait est un animal qui tue. Sacrilège contre la vie, la peine de mort, est de surcroît inutile. Jamais, nulle part, elle n'a réduit la criminalité sanglante. Réaction et non dissuasion, la peine de mort n'est que l'expression légalisée de l'instinct de la mort. Si nous nous battons pour la dépénalisation des délits de presse en République Démocratique du Congo, c'est pour mieux remplir nos missions notamment celle d'informer les populations congolaises sans qu'à  chaque fois nous soyons inquiété pour nos écrits ou nos dires. La démocratie doit bénéficier à  tous les congolais sans exception et non seulement à  une frange de la population.

4. Journalistes de la paix et pour la paix, les journalistes congolais doivent accompagner notre pays pour la naissance et l'instauration de la démocratie. Véritable chemin de croix car face au crime et à  l'outrage , la justice d'une démocratie doit refuser la vengeance et la mort. La justice doit mettre les assassins hors d'état de nuire et respecter leur vie. Elle doit punir mais pas tuer. Accepter que les présumés de nos confrères soient exécutés pour leur crime, la profession sera perdante aujourd'hui, demain et pour toujours.

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