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vendredi 13 mars 2020

France: Allocution du président de la République, Emmanuel Macron sur le Coronavirus-Covid 19 !


Freddy Mulongo-Emmanuel Macron.jpg, mar. 2020


ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

SUR LE CORONAVIRUS - COVID19

 

 

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

 

Depuis quelques semaines, notre pays fait face à la propagation d'un virus, le Covid-19, qui a touché plusieurs milliers de nos compatriotes. J'ai, bien entendu, ce soir, avant toute chose, une pensée émue et chaleureuse pour les familles et les proches de nos victimes. Cette épidémie qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens est la plus grave crise sanitaire qu'ait connu la France depuis un siècle. Dans l'immense majorité des cas, le Covid-19 est sans danger, mais le virus peut avoir des conséquences très graves, en particulier pour celles et ceux de nos compatriotes qui sont âgés ou affectés par des maladies chroniques comme le diabète, l'obésité ou le cancer.

 

Durant plusieurs semaines, nous avons préparé, agi. Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des Samu et de nos hôpitaux, les médecins de ville, l'ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité. Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c'est grâce à eux parce que tous ont répondu présents. Tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale, pour notre santé. C'est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la Nation à ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d'hommes admirables qui n'ont d'autre boussole que le soin, d'autre préoccupation que l'humain, notre bien-être, notre vie, tout simplement.

 

Je veux aussi, ce soir, saluer le sang-froid dont vous avez fait preuve. Face à la propagation du virus, vous avez pu ressentir pour vous-mêmes, pour vos proches, de l'inquiétude voire de l'angoisse, et c'est bien légitime. Tous, vous avez su faire face en ne cédant ni à la colère, ni à la panique. Mieux, en adoptant les bons gestes, vous avez ralenti la diffusion du virus et ainsi permis à nos hôpitaux et nos soignants de mieux se préparer. C'est cela, une grande Nation. Des femmes et des hommes capables de placer l'intérêt collectif au-dessus de tout, une communauté humaine qui tient par des valeurs : la solidarité, la fraternité.

 

Cependant, mes chers compatriotes, je veux vous le dire ce soir avec beaucoup de gravité, de lucidité mais aussi la volonté collective que nous adoptions la bonne organisation, nous ne sommes qu'au début de cette épidémie. Partout en Europe, elle s'accélère, elle s'intensifie. Face à cela, la priorité absolue pour notre Nation sera notre santé. Je ne transigerai sur rien.

 

Un principe nous guide pour définir nos actions, il nous guide depuis le début pour anticiper cette crise puis pour la gérer depuis plusieurs semaines et il doit continuer de le faire : c'est la confiance dans la science. C'est d'écouter celles et ceux qui savent. Les plus grands spécialistes européens se sont exprimés ce matin dans une publication importante. J'ai réuni aujourd'hui, avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, notre comité scientifique de suivi. Nous avons en France les meilleurs virologues, les meilleurs épidémiologistes, des spécialistes de grand renom, des cliniciens aussi, des gens qui sont sur le terrain et que nous avons écouté, comme nous le faisons depuis le premier jour. Tous nous ont dit que malgré nos efforts pour le freiner, le virus continue de se propager et est en train de s'accélérer. Nous le savions, nous le redoutions.

 

Ce qui risque de se passer, c'est que la maladie touchera d'abord les personnes les plus vulnérables. Beaucoup d'entre eux auront besoin de soins adaptés à l'hôpital, souvent d'assistance respiratoire. C'est pourquoi, et j'y reviendrai dans un instant, nous prenons des mesures très fortes pour augmenter massivement nos capacités d'accueil à l'hôpital car l'enjeu est de continuer à aussi soigner les autres maladies. C'est aussi de se préparer à une possible deuxième vague qui touchera un peu plus tard, en nombre beaucoup plus réduit, des personnes plus jeunes, a priori moins exposées à la maladie, mais qu'il faudra soigner également.

 

Dans ce contexte, l'urgence est de protéger nos compatriotes les plus vulnérables. L'urgence est de freiner l'épidémie afin de protéger nos hôpitaux, nos services d'urgence et de réanimation, nos soignants qui vont avoir à traiter, comme je viens de vous l'expliquer, de plus en plus de patients atteints. Ce sont là nos priorités. C'est pour cela qu'il nous faut continuer de gagner du temps et suivre celles et ceux qui sont les plus fragiles. Protéger les plus vulnérables d'abord. C'est la priorité absolue.

 

C'est pourquoi je demande ce soir à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile. Elles pourront, bien sûr, sortir de chez elles pour faire leurs courses, pour s'aérer, mais elles doivent limiter leurs contacts au maximum. Dans ce contexte, j'ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales, dont le premier tour se tiendra dans quelques jours. Ils considèrent que rien ne s'oppose à ce que les Français, même les plus vulnérables, se rendent aux urnes. J'ai aussi demandé au Premier ministre, il l'a fait encore ce matin, de consulter largement toutes les familles politiques, et elles ont exprimé la même volonté. Mais il conviendra de veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires. Je fais confiance aux maires et au civisme de chacun d'entre vous. Je sais aussi que les mairies et les services de l'Etat ont bien organisé les choses. Des consignes renforcées seront données dès demain afin que nos aînés n'attendent pas longtemps, que des files ne se constituent pas, que les distances soient aussi tenues et que ces fameuses mesures barrières soient bien respectées. Mais il est important, dans ce moment, en suivant l'avis des scientifiques comme nous venons de le faire, d'assurer la continuité de notre vie démocratique et de nos institutions. Voilà, la priorité des priorités aujourd'hui est donc de protéger les plus faibles, celles et ceux que cette épidémie touche d'abord.

 

La deuxième, c'est de freiner l'épidémie. Pourquoi ? Le ministre de la Santé et le directeur général de la Santé vous l'ont expliqué à plusieurs reprises : pour éviter l'accumulation de patients qui seront en détresse respiratoire dans nos services d'urgence et de réanimation. Il faut continuer de gagner du temps, et pour cela, je vais vous demander de continuer à faire des sacrifices et plutôt d'en faire davantage, mais pour notre intérêt collectif.

 

Dès lundi et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n'ont parfois pas de symptômes et, heureusement, ne semblent pas aujourd'hui souffrir de formes aiguës de la maladie. C'est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire.

 

Un service de garde sera mis en place région par région, nous trouverons les bonnes organisations pour qu'en effet, les personnels qui sont indispensables à la gestion de la crise sanitaire puissent faire garder leurs enfants et continuer d'aller au travail pour vous protéger et vous soigner. Cette organisation sera travaillée par le Gouvernement dans les prochains jours avec l'ensemble des élus et tous les responsables sur notre territoire.

 

Quand cela est possible, je demande aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance. Les ministres l'ont déjà annoncé, nous avons beaucoup développé le télétravail. Il faut continuer cela, l'intensifier au maximum. Les transports publics seront maintenus, car les arrêter, ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de soigner. Mais là aussi, c'est à votre responsabilité que j'en appelle, et j'invite tous les Français à limiter leurs déplacements au strict nécessaire. Le Gouvernement annoncera par ailleurs des mesures pour limiter au maximum les rassemblements.

 

Dans le même temps, notre système de santé, notamment dans les services de réanimation, doit se préparer à accueillir de plus en plus de cas graves de Covid-19 et continuer à soigner les autres malades. Des places doivent se libérer dans les hôpitaux. Pour cela, toutes les capacités hospitalières nationales ainsi que le maximum de médecins et de soignants seront mobilisés. Nous allons aussi mobiliser les étudiants, les jeunes retraités. Des mesures exceptionnelles seront prises en ce sens. Beaucoup, d'ailleurs, ont commencé. Je veux les remercier. J'ai vu il y a quelques jours, au Samu de Paris, une mobilisation magnifique, émouvante, exemplaire, où des étudiants, à quelques mois de leur concours, étaient là pour répondre aux appels, aider, et où des médecins à peine retraités étaient revenus pour prêter main forte. C'est cela que nous allons collectivement généraliser en prenant les bonnes mesures. En parallèle, les soins non essentiels à l'hôpital seront reportés, c'est à dire les opérations qui ne sont pas urgentes, tout ce qui peut nous aider à gagner du temps. La santé n'a pas de prix. Le Gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu'il en coûte. Beaucoup des décisions que nous sommes en train de prendre, beaucoup des changements auxquels nous sommes en train de procéder, nous les garderons parce que nous apprenons aussi de cette crise, parce que nos soignants sont formidables d'innovation et de mobilisation, et ce que nous sommes en train de faire, nous en tirerons toutes les leçons et sortirons avec un système de santé encore plus fort.

 

La mobilisation générale est également celle de nos chercheurs. De nombreux programmes français et européens, essais cliniques, sont en cours pour produire en quantité des diagnostics rapides, performants et efficaces. Nous allons améliorer les choses en la matière, et au niveau français comme européen, les travaux sont lancés. Nos professeurs, avec l'appui des acteurs privés, travaillent d'ores et déjà sur plusieurs pistes de traitement à Paris, Marseille et Lyon, entre autres. Les protocoles ont commencé. J'espère que dans les prochaines semaines et les prochains mois, nous aurons des premiers traitements que nous pourrons généraliser. L'Europe a tous les atouts pour offrir au monde l'antidote au Covid-19. Des équipes sont également à pied d'œuvre pour inventer un vaccin. Il ne pourra pas voir le jour avant plusieurs mois, mais il est porteur de grands espoirs. La mobilisation de notre recherche française, européenne, est aussi au rendez-vous et je continuerai de l'intensifier.

 

Cette épreuve exige aussi une mobilisation sociale envers les plus démunis, les plus fragiles. La trêve hivernale sera reportée de deux mois, et je demande au Gouvernement des mesures exceptionnelles, dans ce contexte, pour les plus fragiles. Enfin, l'épreuve que nous traversons exige une mobilisation générale sur le plan économique. Déjà, des restaurateurs, des commerçants, des artisans, des hôteliers, des professionnels du tourisme, de la culture, de l'événementiel, du transport souffrent, je le sais. Les entrepreneurs s'inquiètent pour leurs carnets de commandes, et tous, vous vous interrogez pour votre emploi, pour votre pouvoir d'achat. Je le sais, c'est légitime. Avec les décisions que je viens d'annoncer ce soir, cette inquiétude économique va évidemment s'accroître.

 

Nous n'ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l'angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés. Aussi, tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises quoi qu'il en coûte, là aussi. Dès les jours à venir, un mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en œuvre. Des premières annonces ont été faites par les ministres. Nous irons beaucoup plus loin. L'Etat prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. Je veux, en la matière, que nous nous inspirions de ce que les Allemands ont su par exemple mettre en œuvre avec un système plus généreux, plus simple que le nôtre. Je veux que nous puissions préserver les emplois et les compétences, c'est à dire faire en sorte que les salariés puissent rester dans l'entreprise, même s'ils sont obligés de rester à la maison, et que nous les payions. Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique.

 

Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter sans justification, sans formalité, sans pénalité le paiement des cotisations et impôts dus en mars. Nous travaillerons ensuite sur les mesures nécessaires d'annulation ou de rééchelonnement, mais je nous connais collectivement, on prend toujours trop de temps à faire cela. Je veux, pour nos forces économiques, des mesures simples. Les échéances qui sont dues dans les prochains jours et les prochaines semaines seront suspendues pour toutes celles et ceux qui en ont besoin. Nous défendrons nos entreprises de toutes tailles. Nous défendrons l'ensemble des travailleurs et des travailleuses. En parallèle, j'ai demandé au Gouvernement de préparer d'ores et déjà un plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités et nos engagements pour l'avenir.

 

Nous devons aussi porter une réponse européenne. La Banque centrale a déjà, aujourd'hui, fait part de ses premières décisions. Seront-elles suffisantes ? Je ne le crois pas. Il lui appartiendra d'en prendre de nouvelles. Mais je vais être là aussi très clair avec vous ce soir : nous, Européens, ne laisserons pas une crise financière et économique se propager. Nous réagirons fort et nous réagirons vite. L'ensemble des gouvernements européens doit prendre les décisions de soutien de l'activité puis de relance quoi qu'il en coûte. La France le fera, et c'est cette ligne que je porterai au niveau européen en votre nom. C'est déjà ce que j'ai fait lors du conseil exceptionnel qui s'est tenu hier. Je ne sais ce que les marchés financiers donneront dans les prochains jours, et je serai tout aussi clair. L'Europe réagira de manière organisée, massive pour protéger son économie. Je souhaite aussi que nous puissions nous organiser sur le plan international, et j'en appelle à la responsabilité des puissances du G7 et du G20. Dès demain, j'échangerai avec le président TRUMP pour lui proposer une initiative exceptionnelle entre les membres du G7, puisque c'est lui qui a la présidence. Ce n'est pas la division qui permettra de répondre à ce qui est aujourd'hui une crise mondiale, mais bien notre capacité à voir juste et tôt ensemble et à agir ensemble.

 

Mes chers compatriotes, toutes ces mesures sont nécessaires pour notre sécurité à tous et je vous demande de faire bloc autour d'elles. On ne vient pas, en effet, à bout d'une crise d'une telle ampleur sans faire bloc. On ne vient pas à bout d'une crise d'une telle ampleur sans une grande discipline individuelle et collective, sans une unité. J'entends aujourd'hui, dans notre pays, des voix qui vont en tous sens. Certains nous disent : "vous n'allez pas assez loin" et voudraient tout fermer et s'inquiètent de tout, de manière parfois disproportionnée, et d'autres considèrent que ce risque n'est pas pour eux. J'ai essayé de vous donner, ce soir, ce qui doit être la ligne de notre Nation tout entière. Nous devons aujourd'hui éviter deux écueils, mes chers compatriotes.

 

D'une part, le repli nationaliste. Ce virus n'a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La France est à pied d'œuvre. La coordination européenne est essentielle, et j'y veillerai. Nous aurons sans doute des mesures à prendre, mais il faut les prendre pour réduire les échanges entre les zones qui sont touchées et celles qui ne le sont pas. Ce ne sont pas forcément les frontières nationales. Il ne faut céder là à aucune facilité, aucune panique. Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, des fermetures de frontières à prendre, mais il faudra les prendre quand elles seront pertinentes et il faudra les prendre en Européens, à l'échelle européenne, car c'est à cette échelle-là que nous avons construit nos libertés et nos protections.

 

L'autre écueil, ce serait le repli individualiste. Jamais de telles épreuves ne se surmontent en solitaire. C'est au contraire en solidaires, en disant nous plutôt qu'en pensant je, que nous relèverons cet immense défi. C'est pourquoi je veux vous dire ce soir que je compte sur vous pour les jours, les semaines, les mois à venir. Je compte sur vous parce que le Gouvernement ne peut pas tout seul, et parce que nous sommes une nation. Chacun a son rôle à jouer. Je compte sur vous pour respecter les consignes qui sont et seront données par les autorités, et en particulier ces fameux gestes barrières contre le virus. Elles sont, aujourd'hui encore, trop peu appliquées. Cela veut dire se laver les mains suffisamment longtemps avec du savon ou avec des gels hydroalcooliques. Cela veut dire saluer sans embrasser ou serrer la main pour ne pas se transmettre le virus. Cela veut dire se tenir à distance d'un mètre. Ces gestes peuvent vous paraître anodins. Ils sauvent des vies, des vies. C'est pourquoi, mes chers compatriotes, je vous appelle solennellement à les adopter.

 

Chacun d'entre nous détient une part de la protection des autres, à commencer par ses proches. Je compte sur vous aussi pour prendre soin des plus vulnérables de nos compatriotes, ne pas rendre visite à nos aînés. C'est, j'en ai bien conscience, un crève-cœur. C'est pourtant nécessaire temporairement. Écrivez, téléphonez, prenez des nouvelles, protégez en limitant les visites. Je compte sur vous, oui, pour aussi aider le voisin qui, lorsqu'il est personnel soignant, a besoin d'une solution de garde pour ses enfants pour aller travailler et s'occuper des autres. Je compte sur les entreprises pour aider tous les salariés qui peuvent travailler chez eux à le faire. Je compte sur nous tous pour inventer dans cette période de nouvelles solidarités. Je demande à ce titre au Gouvernement de travailler avec les partenaires sociaux, avec les associations dans cette direction. Cette crise doit être l'occasion d'une mobilisation nationale de solidarité entre générations. Nous en avons les ressorts. Il y a déjà des actions qui existent sur le terrain. Nous pouvons faire encore plus fort tous ensemble.

 

Je compte évidemment aussi sur tous nos soignants. Je sais tout ce qu'ils ont déjà fait, je sais ce qu'il leur reste à faire. Le Gouvernement et moi-même serons là, nous prendrons toutes nos responsabilités pour vous. Je pense à tous nos soignants à l'hôpital, qui auront les cas les plus graves à traiter mais aussi beaucoup d'urgences. Je pense aux médecins, aux infirmiers, aux infirmières, à tous les soignants qui sont aussi hors de l'hôpital qui se sont formidablement mobilisés et que nous allons de plus en plus solliciter dans les semaines à venir.

Je sais pouvoir compter sur vous. Le ministre de la Santé aura l'occasion aussi de préciser, dans les prochaines heures, les règles pour que nous vous aidions à bien vous protéger contre le virus. C'est le respect que nous avons envers vous, et c'est évidemment ce que la Nation vous doit. Les règles seront claires pour chacun, elles seront là aussi proportionnées et expliquées.

 

Je compte sur vous toutes et tous pour faire Nation au fond. Pour réveiller ce qu'il y a de meilleur en nous, pour révéler cette âme généreuse qui, par le passé, a permis à la France d'affronter les plus dures épreuves.

 

Mes chers compatriotes, il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai.

 

Mais le temps, aujourd'hui, est à la protection de nos concitoyens et à la cohésion de la Nation. Le temps est à cette union sacrée qui consiste à suivre tous ensemble un même chemin, à ne céder à aucune panique, aucune peur, aucune facilité, mais à retrouver cette force d'âme qui est la nôtre et qui a permis à notre peuple de surmonter tant de crises à travers l'histoire.

 

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samedi 21 juin 2008

10 Questions à  Maurice-Blondel BOKOKO

10 Questions à Maurice-Blondel Bokoko !

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM international 
Mieux vaut un chien vivant qu'un lion mort nous dit l'Ecclésiaste 9:4. Maurice-Blondel Bokoko est l'alter ego de Stéphane Kitutu O'leontwa. Après avoir été durant 14 son vice-président à  l'Union de la Presse zaïroise (UPZA) devenue depuis le congrès du centre Nganda, Union Nationale de la Presse Congolaise (UNPC). Il a été le Directeur de l'information de Canal Congo Télévision (CCTV) et Radio Liberté -kinshasa (RALIK) appartenant à  Jean Pierre Bemba. Et Stéphane Kitutu, le Directeur général des médias bembistes. Maurice-Blondel Bokoko a quitté la République Démocratique du Congo, le 08 mai dernier avec sa femme et ses enfants. Il ne supportait plus la vie des menaces, intimidations, convocations à  l'Agence Nationale de Renseignements (ANR). Entré en clandestinité, Maurice-Blondel BOKOKO a pu quitté la République Démocratique du Congo , il est en exil au Québec.

Maurice-Blondel BOKOKO, Directeur d'information de CCTV et RALIK à  Kinshasa, quelques mois avant son entré en clandestinité

1. Réveil FM International: En quittant kinshasa avec votre épouse et vos enfants, n'est-ce pas une façon pour vous de dire Adieu le Congo?

Maurice-Blondel BOKOKO: Ce n'est pas sans regret et peine que moi et ma famille avons quitté la République Démocratique du Congo. On n'est jamais mieux que chez soi, dit-on! Mon départ n'est pas un adieu à  Kinshasa encore moins à  la République Démocratique du Congo, mon pays. J'y retournerai sans doute lorsque les conditions de vie et de travail se seront améliorées. Pour le moment, j'estime que les conditions de vie et de travail sous le régime de Joseph Kabila et du premier ministre Antoine Gizenga ne sont pas du tout rassurantes. En tout cas pas pour un journaliste qui veut jouer pleinement son rà´le d'une façon libre, objective et indépendante.

L'insécurité étant totale pour les journalistes congolais dont l'intégrité physique est régulièrement menacée, une lutte de l'extérieur pour que les droits de l'homme soient respectés et pris en considération en République Démocratique du Congo me parait efficace. Mon départ est donc stratégique. Il faut reculer pour mieux sauter! Mieux vaut dans certaines circonstances "être un chien vivant qu'un lion mort".

2. Réveil FM International: En que Directeur d'information de CCTV/RALIK (Canal Congo Télévision / Radio Liberté Kinshasa) appartenant à  Jean Pierre Bemba vous avez vécu de l'intérieur le plastification de votre site d'émissions avant les élections de 2006. Le président Stéphane Kitutu O'leontwa qui est le Directeur général des chaines Bembistes a failli y perdre sa vie, où en es-t-on avec l'enquête promise par les autorités de Kinshasa?

Maurice-Blondel BOKOKO: Le 18 septembre 2006 vers 15 heures, les installations de Canal Congo Télévision (CCTV), de Canal Kin Télévison (CKTV) et de Radio Liberté Kinshasa (RALIK) avaient été littéralement détruites par un grave incendie. Le feu était parti du plateau de CCTV situé au 3e étage de l'immeuble situé au n°6 de l'avenue du Port à  Kinshasa- Gombe, notre bà¢timent est mitoyen avec le siège de Lignes aériennes Congolaises (LAC). L'incendie s,était déclenché pendant que notre ancien collègue Marius BOLEKO recevait le professeur Kasongo NUMBI, un membre de PPRD, parti au pouvoir. Ce dernier était venu apporter un démenti. Il avait en ses mains un ordinateur portatif qu'il utilisait de temps en temps pendant ses interventions. 25 minutes plus tard, une forte détonation se produit au plateau et va détruire en moins de 10 minutes tout l'immeuble.

Dans cette situation confuse, le directeur général Stéphane Kitutu O'leontwa brulé au 2e degré a 25% va être évacué d'urgence à  l'hôpital général de Kinshasa et sera pris en charge par une équipe des médecins et infirmiers belges en séjour a Kinshasa. Dans l'entre temps, les enquêtes avaient été diligentées pour déterminer l'origine de cet incendie et éventuellement identifier les auteurs.

A l'époque, on avait parlé tantôt de l'origine criminelle tantôt de mauvaises installations électriques. Tout le monde attendait les résultats des enquêtes pour être fixé. Malheureusement, jusqu'au moment ou j'ai quitté la République Démocratique du Congo le 8 mai dernier, les conclusions sur les différentes enquêtes n'avaient jamais été rendues publiques.Avec le recul du temps on comprend aujourd'hui que l'origine de cet incendie était criminelle et avait pour objectif principal celui de saboter les organes de presse appartenant a Jean Pierre Bemba Gombo, candidat à  l'élection présidentielle de 2006 de manière à  ce que ce dernier soit privé des moyens médiatiques pour sa campagne électorale.

3. Réveil FM International: La HAM  de Modeste Mutinga avait accusé les journalistes notamment de CCTV, Canal Kin et Ralik de promouvoir la Congolité. S'agissait-il d'une fausse accusation?

Maurice-Blondel BOKOKO: Il me parait important,avant de répondre a votre question de préciser une chose: la régulation des médias en soi n'est pas une chose mais à la manière dont cette régulation a fonctionné sous la transition nous avons le droit d'être plus vigilant. Les journalistes et médias congolais avions été cocufié par Modeste Mutinga  et la HAM. La volonté de diaboliser les médias notamment ceux appartenant à  Jean Pierre Bemba, avait un objectif précis: attirer la commisération de la communauté internationale à  l'égard de la HAM, le financer davantage pour justifier la difficulté pour la HAM à  remplir sa mission. Les dérives et dérapages de la HAM provenaient du fait qu'elle faisait de la régulation des médias et de l'autorégulation de la profession. Le président de la HAM agissait comme s'il était le président des journalistes et des médias. C'est cette confusion qui a laissé un goût amer à  des nombreux professionnels des médias Congolais. La théâtralisation des décisions de la HAM ne pouvaient impressionner que ceux qui ne connaissaient pas Modeste MUTINGA. Où est-il aujourd'hui? Il est le rapporteur au Sénat pour le compte de l'AMP, les accointances de MUTINGA avec le parti au pouvoir ne date pas d'aujourd'hui. Seuls les naïfs ont cru que la HAM pouvait être une institution impartiale, neutre et équitable.

Concernant la Congolité. Bien avant la campagne électorale en 2006, l'opinion congolaise voulait bien connaitre qui était vraiment Joseph Kabila. A l'époque on ne s'était pas empêché de dire que Joseph Kabila Kabange n'était pas le fils biologique de Laurent Désiré Kabila, le feu président congolais tué le 16 janvier 2001 a Kinshasa. Cette thèse était fortement défendue par un certain Etienne KABILA qui passait pour le fils biologique de Laurent-Désiré Kabila. On disait de Joseph Kabila qu'il était Rwandais et ne devait pas se présenter comme candidat à  l'élection présidentielle de 2006. Bien entendu, cette situation ne devait qu'exaspérer les kabilistes qui ont mené une forte campagne contre les allégations mensongères, selon eux, des détracteurs de Joseph Kabila. Malheureusement ces nombreuses campagnes ne sont jamais parvenues à dissiper totalement le doute qui planait dans le chef des congolais sur la nationalité congolaise de Joseph KABILA.

L'occasion faisant le larron, les autres candidats potentiels à  l'élection présidentielle de 2006 en ont profité pour se prévaloir tous des congolais authentiques, un peu comme à  l'époque de MOBUTU, par des slogans et autres affiches ou annonces publicitaires. Au lendemain du lancement de la campagne électorale, la Commission Électorale Indépendante (CEI) interdira formellement aux candidats de faire allusion, pendant toute la campagne, à tout ce qui se rapportait à la nationalité congolaise, prétextant éviter ainsi les troubles éventuelles, semblables à celles que la Côte d'Ivoire avait connues à  la suite de ce qui était appelé la-bas '' IVOIRITÉ ''. Cette décision de la CEI sera relayée par la HAM qui, à son tour, interdira pendant toute la durée de la campagne électorale, la diffusion ou la publication à  travers la presse, de tout propos relatif à  la nationalité congolaise.

Comme les organes de presse appartenant a Jean Pierre Bemba Gombo avaient repris avec force après l'incendie de septembre 2006, et que cela n'avait pas arrangé le pouvoir, la HAM cherchant à  obtenir la fermeture d'un ou de l'autre organe de Bemba, accusera faussement le groupe de presse bembiste de promouvoir la''congolité''. La "Congolité" est une invention des animateurs de la HAM.

4. Réveil FM International : Quel est votre regard en rapport de ce qui se passe dans notre pays: les journalistes informent-ils librement les populations congolaises?

Mauricel-Blondel BOKOKO: Il est difficile d'affirmer que les journalistes congolais informent librement les populations de la République Démocratique du Congo. D'abord les journalistes congolais n'ont pas l'accès facile aux sources d'information étant donné que beaucoup de congolais qui ont souvent peur des mesures de représailles qu'ils subissent de la part du pouvoir, ne livrent pas d'informations au journaliste même si celui-ci est sensé ne pas divulguer sa source.Mais dans un pays ou la liberté de presse est bafouée, la protection de la source d'information devient aléatoire. Ensuite, les journalistes qui peuvent avoir l'information craignent de la publier parce que souvent ils sont soit menacés, soit interpellés par des agents de sécurité. Enfin, les journalistes ne sont pas suffisamment protégés et sécurisés dans l'exercice de leur métier. Leur intégrité physique est toujours en danger.

5. Réveil FM International: Que vous reprochent -ils?

Maurice-Blondel BOKOKO: Les reproches faites a la presse congolaise sont liées essentiellement a la déontologie et a l'éthique professionnelle.Je pense que les critiques sont fondées et les journalistes congolais ne devraient pas se voiler la face.Les journalistes congolais devraient faire un effort pour redorer l'image de la presse congolaise.Mais la mission n'est pas aussi facile qu'on le pense.Cette mission est rendue difficile a cause du développement rapide de la presse en RDC tangible ces derniers temps.Avec cette évolution rapide de la presse en RDC, le nombre des journalistes s’accroît chaque jour davantage si bien que l'encadrement de ces derniers sur le plan de la pratique professionnelle pose problème. Les salles de rédaction sont pour le travail et non pour l'apprentissage ou pour une quelconque formation,même si pendant les conseils de rédaction,on est appelé a encadrer les journalistes. Maintenant que les jeunes journalistes prennent la relève des anciens, il est impérieux que les établissements d'enseignement de journalisme ou les centres de formation en journalisme mettent un accent particulier sur la place prépondérante que devraient occuper l'éthique et la déontologie professionnelle dans l.exercice du métier de journaliste d'une part.D'autre part, il est également impérieux que les syndicats de presse, les instances de régulation et d'auto-régulation se dotent des moyens financiers et logistiques adéquats pour l'encadrement des journalistes dans l'exercice de leur noble métier.Cela, avec la bonne volonté du gouvernement qui doit s'acquitter de ses droits vis-a-vis de la presse.

6. Réveil FM International : Comment voyez-vous l'avenir de la presse dans notre pays?

Maurice-Blondel BOKOKO: Une question difficile a répondre, j'avoue.Mais je ne voudrais pas, sur base du principe selon lequel les hommes passent les institutions restent, juger l'avenir de la presse en République Démocratique Congo en fonction de la situation actuelle et des hommes actuellement au pouvoir.Mais je pense que l'avenir de la presse dépend de ce que les journalistes congolais veulent que la presse de leur pays soit.Je crois que les journalistes congolais devraient s'assumer en prenant en mains leur destin,leur avenir et leur devenir.

L'exercice de la profession aujourd'hui devrait les aider a préparer l'avenir de la presse de demain.Et pour cela il faut me semble-t-il répondre a quelques questions qui se posent aujourd'hui telles que: -les entreprises de presse existent-elles en République Démocratique du Congo? Comment fonctionnent-elles? Les journalistes ont-ils un salaire qui les mettent à  l'abri de la corruption et de la mendicité?  L'avenir de la presse en République Démocratique du Congo, c'est également le sérieux du journaliste, son comportement vis-a-vis de la communauté. L'avenir de la presse en République Démocratique du Congo, c'est enfin la maîtrise par les journalistes des instruments tant nationaux qu' internationaux relatifs a la profession.Je pense qu'a ce stade, les journalistes congolais ne semblent pas y accorder de l'attention et de l'importance . Par expérience de mes 15 ans au comité directeur de l'Union de la Presse du Zaire-Congo de 1989 à 2004, je sais que la plupart des journalistes n'avaient jamais lu ni les statuts de l'Union de la Presse Zaïroise (UPZA), ni les ordonnances relatives aux statuts des journalistes congolais.

Aujourd'hui, j'observe la même situation quand je vois certains membres du Comité directeur de l'Union Nationale de la Presse Congolaise et de certains organes de celle-ci agir sans tenir compte des dispositions statutaires ou réglementaires de l'Union, je m'inquiète quant à  l'avenir de la presse en République Démocratique du Congo. La presse en République Démocratique du Congo existera tant qu'existera le monde. Mais je pense que son avenir radieux ou sombre dépend essentiellement du journaliste congolais qui devra se mettre au centre de toutes les préoccupations de sa profession en privilégiant également les intérêts du public. Et je pense que ce type de journaliste existe en République Démocratique du Congo. Il suffit qu'il prenne conscience de son existence et qu'il agisse.

7. Réveil FM International: Une année après les élections dites libres, démocratiques et transparentes, quelles les évolutions constatées sur le terrain? 

Maurice-Blondel BOKOKO:  Après les élections, il y a installation de différentes institutions du pays tant au niveau national qu'au niveau des provinces. Mais la vie des congolais n'a pas pour autant connu un changement significatif.On déplore le statu quo dans presque tous les secteurs de la vie nationale en dépit de l'existence des institutions. A Kinshasa comme à  l'intérieur du pays, le transport est un casse-tête pour les populations.Les routes sont impraticables et ne permettent pas la circulation des personnes et des biens.

Le pouvoir d'achat est toujours insignifiant si bien que la population a de la peine pour nouer les 2 bouts du mois. L'insécurité est toujours au rendez-vous tant a Kinshasa que dans des provinces.Mais surtout a l'est du pays malgré la tenue à  Goma de la conférence sur la paix et le développement. Les grèves incessantes a la Fonction Publique démontrent que le secteur social est le cadet des soucis du pouvoir actuel en République Démocratique du Congo.

8. Réveil FM International: Quelles sont les failles dans le fonctionnement actuel de notre pays, qui empêchent l'éclosion d'une vraie démocratie?

Maurice-Blondel BOKOKO: Je ne saurai évoquer les failles qui existent a l'intérieur du pays.Je vais me contenter de ne parler que des failles au niveau de Kinshasa.Je pense qu'a partir de ce qui fait a la capitale, on peut bien se faire une idée sur ce qui pratique a travers tout le pays. Parmi les failles qui empêchent le fonctionnement de la démocratie, il y a entre autres les violations incessantes des droits de l'homme. Il faut aussi signaler l'intolérance.Si la corruption reste la faille la plus importante,il faut mentionner également l'obsession à  s'accrocher au pouvoir;ce qui combat forcément l'alternance politique.

9. Réveil FM International:  Vous dites-vous comme certains compatriotes: "j'ai sauvé ma peau les problèmes de la République Démocratique du Congo ne me concernent plus" ou plutôt l'expérience acquise vous allez le mettre au service de la diaspora au Quebec?

Maurice-Blondel BOKOKO: Puisque je vis actuellement au Canada, à  Québec spécialement, je pense que les congolais du Québec seront naturellement les les premiers bénéficiaires de ma modeste expérience acquise sur la RDC.Mais je pense que la situation dramatique actuelle que connaissent les congolais de la RDC ne devrait pas etre la seule affaire de la diaspora congolaise au Québec,au Canada.

Les Congolais disséminés à  travers le monde doivent s'intéresser à  la situation malheureuse de la RDC et s'associer à  leurs frères et sœurs restés au pays pour se mobiliser comme un seul homme afin de sauver le Congo démocratique qui se meurt d'une belle et réelle mort.Et cette mort se situe à  3 niveaux:

-premièrement,le pouvoir en place est incapable de maîtriser les guerres de l'Est du pays et pourtant Kabila avait pendant la campagne électorale, assuré la population de l'Est, qu'il mettrait fin à ces guerres s'il était élu président de la République.Son incapacité à  mettre fin à  ces guerres est tellement tangible que même les résultats de la conférence sur la paix et le développement tenue à  Goma et dont il était l'initiateur, ne sont ni visibles ni palpables nulle part à  l'Est Toujours à  ce registre,nous assistons maintenant à  la déstabilisation de notre pays au niveau des frontières. A ce jour, les congolais ne savent pas toujours à  quel stade se trouvent les discussions qui ont opposé la RDC à  certains de ses voisins. La situation en veilleuse aujourd'hui ne serait pas rassurante.

-La mort de la RDC, c'est aussi au niveau de sa jeunesse. La jeunesse, c'est l'avenir de demain, dit-on! Mais quelle jeunesse qui assurera l'avenir de la RDC? Une jeunesse corrompue, mal instruite et mal formée à  cause de la démotivation des enseignants?  Qu'il soit du primaire, du secondaire ou de l'université, l'enseignant congolais est clochardisé et incite à  la pitié tant son salaire modique le rend ridicule aux yeux, non seulement de la société en général, mais et surtout aux yeux de ceux qu'il enseigne. A ce niveau, il faut regretter que la plupart des jeunes congolais n'ont plus envie d'étudier et se disent à  quoi servent les études, car Kabila qui préside aujourd'hui à  la destinée de la RDC, a un cursus universitaire nébuleux. Par manque de modèle à suivre, à  imiter, la jeunesse congolaise n'a plus d'émulation. C'est donc grave pour l'avenir d'un jeune pays comme la RDC. Il n'est donc pas étonnant que les vautours venant d'ailleurs viennent imposer leurs lois chez nous.

-Enfin la mort de la RDC, c'est la liquidation systématique des acquis qui ont fait la fierté de notre pays sous Mobutu Sese Seko. Il s'agit de l'unité du peuple congolais et de la cohésion nationale. L'attention trop focalisée à  l'Est tant par le pouvoir local que par la communauté internationale, me parait une mauvaise stratégie politique, car cela fait qu'à  l'Est ou se déroule pourtant la guerre, le niveau de vie est de loin meilleur à celui de l'Ouest ou il n'y a pas de guerre. Cet état des choses est mal perçu à l'Ouest et pourrait, à  la longue, pousser les habitants de ce coin (Ouest) à  se désolidariser de leurs frères et sœurs de l'Est qu'ils croient être choyés en dépit des guerres. La lutte de BDK, la déclaration du gouverneur José Makila de l'Equateur à  l'issue de la visite qu'il avait rendue au musicien Evoloko à  la prison centrale de Makala, sont des signes annonciateurs de cet esprit qui bouillonne. Les choses pourraient se précipiter avec l'arrestation, l'on ne peut plus injuste, du grand leader Jean Pierre Bemba Gombo.

10. Réveil FM International: Vous revenez au Canada après y avoir passé une partie de votre vie. C'est au Canada que sont nées les radios communautaires, c'est dans ce pays que vous avez connu l'importance des médias du tiers secteur, proximité, démocratie participative...Que pensez-vous de l'implication des radios associatives et communautaires dans notre pays?

Maurice-Blondel BOKOKO: Les médias communautaires tels que nous les connaissons aujourd'hui et dont l'importance n'a plus à  démontrer, ont fait leur première apparition en Amérique du nord, au Canada, précisément. Ils avaient un rôle primordial, celui de sensibiliser le plus grand nombre de personnes pour la lutte qu'il fallait mener contre le sous-développement, surtout dans la province de Québec. Après le Canada, l'expérience a été tentée en Amérique latine. En Afrique, l'apparition des médias communautaires date d'il y a quelques décennies. En République Démocratique du Congo, le mouvement est né en 1990, mais le secteur ne sera réellement libéralisé qu'en 1996 avec la loi n0 96-002 du 22 juin 1996 qui fixe les modalités sur l'exercice de la liberté de la presse en RDC. Alors que le secteur est libéralisé, alors que le pays disposerait aujourd'hui de près de 200 radios communautaires, pourquoi la RDC ne se développe-t-elle pas? elle qui regorge d'un nombre impressionnant des médias communautaires?

La réponse est claire. Le secteur de l'audiovisuel congolais, bien que libéralisé, reste nébuleux et mérite une thérapeutique sans complaisance ni atermoiement. Pour que ce secteur joue pleinement son rôle, il faut, premièrement que le statut auquel appartient une radio ou une télévision implantée dans un site, soit bien connu: s'agit-il d'une radio privée commerciale, publique ou communautaire? Deuxièmement, il faut voir si, en fonction de leurs statuts respectifs, les médias travaillent sur base des missions leur assignées au moment de leur implantation.

A noter que les statuts et les missions sont en rapport avec les lois du pays relatives soit à  l'exercice du commerce, soit aux asbl et aux Établissements d'utilité publique. Ainsi, une radio ou une télévision publique est, selon l'AMARC, Association Mondiale des Raiodiffuseurs Communautaires, désigne un service de radio ou de télévision fourni par un organe de droit public, habituellement financé par l'Etat mais de propriété publique. Toujours selon l'AMARC, une radio ou tv commerciale est un service privé dont l'objectif est de réaliser des bénéfices et qui est contrôlé par des groupes commerciaux indépendants ou des individus du secteur privé. Tandis que l'audiovisuel communautaire est un service à  but non lucratif. Il est contrà´lé par une communauté précise qui en est le propriétaire, laquelle communauté est définie en vertu des critères géographiques et/ou d'intérêts communs. Mais il faut souligner que souvent, ce terme "communautaire" sert de terme générique pour désigner un audiovisuel associatif, coopératif, confessionnel, communautaire, etc selon que le média en question, se conformant au décret 002 du 2 avril 2002 portant dispositions générales et applicables aux absl et aux établissements d'utilité publique,appartient à  une association,à  une coopérative,à  une confession religieuse,`a une communauté.

l'Etat Congolais ne devrait pas empêcher les radios communautaires de s'améliorer ou d'améliorer la qualité de leurs produits en leur interdisant de ne pas faire de la publicité, par exemple. Par ailleurs, il faut souligner et rappeler les efforts combien louables réalisés par l'ARCO, Association des radios associatives et communautaires du Congo au début de 2001 à  2007, pour son travail précurseur dans notre pays, lesquels efforts ont consisté à  l'encouragement, la défense et l'implantation presqu'à  travers tout le pays, des radios communautaires. En dépit du fait que souvent, le ministère de l'information ne cessait de combattre l'ARCO , celle-ci a fini par s'imposer et grâce à  elle les radios communautaires sont aujourd'hui présentes en  RDC. On n'oubliera pas non plus l'apport très appréciable des radios communautaires pendant le règne de 1+4. Il faut donc regretter que l'association ait été combattue par certains partenaires qui cherchaient plus à  assouvir leurs propres intérêts que ceux des radios.

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